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Algérie : Salah Goudjil, 91 ans, deuxième personnage de l’État

mars 14, 2022
Salah Goudjil, président du Conseil de la nation. © Louiza Ammi/ABACAPRESS.COM

À la tête du Sénat depuis la chute de Bouteflika, ce vieux routier du FLN s’est fait le fidèle porte-voix du président Abdelmadjid Tebboune. Itinéraire.

En franchissant le seuil du Sénat, le 24 février 2022, Salah Goudjil, 91 ans, est certain d’être réélu quelque heures plus tard à la présidence de la chambre haute du Parlement. C’est que, lors de cette plénière également consacrée à la validation du mandat des nouveaux sénateurs du quota présidentiel, aucun concurrent n’a présenté sa candidature.

Même dans un pays où la moyenne d’âge élevée des hauts responsables n’est plus un sujet d’étonnement, l’événement n’est pas anodin. Le vieux routier du FLN a été maintenu, le 15 février, par le chef de l’État Abdelmadjid Tebboune dans le tiers présidentiel et a reçu l’assurance, selon son entourage, de demeurer à la tête du Sénat.

La veille du scrutin, les secrétaires généraux du FLN, Abou el-Fadl Baadji, et du RND, Tayeb Zitouni, ainsi que le chef du groupe parlementaire du tiers présidentiel, Saad Arous, ont transmis à leurs troupes une consigne claire. Voilà donc Salah Goudjil reparti pour un mandat de trois ans au terme duquel il aura 94 ans. En cas de vacance du pouvoir présidentiel, c’est lui qui serait amené à assurer l’intérim.

« Pérennité et stabilité »

Doyen des sénateurs, Salah Goudjil est, en réalité, à la tête du Conseil de la nation depuis avril 2019, lorsque son prédécesseur, Abdelkader Bensalah, décédé depuis, a dû assurer l’intérim de la présidence de la République après la démission d’Abdelaziz Bouteflika.

Après l’élection à la présidence d’Abdelmadjid Tebboune, en décembre 2019, Abdelkader Bensalah, souffrant d’un cancer au stade terminal, renonce à reprendre la tête du Sénat. De toute façon, Salah Goudjil n’entend pas céder sa place d’intérimaire.

« J’y suis, j’y reste », martèle-t-il fin janvier 2020 devant les sénateurs frondeurs qui le pressent de respecter le règlement intérieur du Sénat, lequel prévoit la convocation d’une séance plénière dans un délai de quinze jours après la constatation de la vacance du poste afin d’élire un nouveau président. Abdelkader Bensalah a démissionné le 4 janvier 2020, mais le bureau du Conseil ne s’est pas réuni pour entériner cette vacance.

J’AI COMPRIS QUE L’IDÉE D’UN DEUXIÈME PERSONNAGE DE L’ÉTAT JEUNE N’AVAIT PAS ENCORE MÛRI… »

Pour ce qui reste, malgré tout, un tour de force, Salah Goudjil a pu compter sur les alliés de poids que sont les sénateurs FLN et RND. Leurs arguments ? « Assurer la pérennité et la stabilité du Sénat. » Le flou juridique durera un an. Précisément jusqu’au 24 février 2021, quand, par 126 votes favorables sur 127, il est officiellement désigné président du Conseil de la nation.

Les sénateurs Mustapha Djeghdali (RND) et Mahmoud Kessari (FLN) ont retiré leurs candidatures quelques minutes avant le vote. « Quand j’ai appris que le président de la République portait son choix sur Salah Goudjil, j’ai compris que l’idée d’un deuxième personnage de l’État jeune n’avait pas encore mûri… », tance Mahmoud Kessari.

Absences fréquentes

Au milieu des applaudissements, Goudjil rejoint péniblement le perchoir en s’appuyant sur son chargé de protocole. Membre influent du FLN, le voila propulsé, cette fois très officiellement, deuxième personnage de l’État.

Il est donc réélu le 24 février 2022 sans aucune résistance. Ces derniers mois pourtant, ses absences fréquentes à l’hémicycle sont remarquées et commentées. Même à ses plus proches collaborateurs, Salah Goudjil évite d’évoquer les raisons de ce problème d’assiduité.

Natif de Batna, il est décrit par ses proches collaborateurs comme un homme têtu goûtant peu la contradiction. Invariablement vêtu de costumes sombres et d’une chemise blanche, Goudjil a une forte tendance à éviter le contact avec des journalistes.

Ses interventions publiques se limitent à ses prises de parole lors de la réunion du bureau du Sénat, ou lors des séances plénières consacrées aux projets de loi, ou encore à l’ouverture et à la clôture des sessions parlementaires.

Sans talent oratoire particulier, trébuchant même sur certains mots, l’ancien ministre des Transports (de 1979 à 1985) défend systématiquement le programme du président de la République et l’agenda du pouvoir.

Durant son parcours au sein du FLN, le nonagénaire a eu « peu de contacts avec les jeunes militants », confie un ancien mouhafedh (responsable du FLN au niveau d’une wilaya). Il a été ancien chef de daira (arrondissement), membre du comité central, puis inspecteur général du parti et membre du bureau politique.

Sa bête noire ? L’ancien secrétaire général du FLN Abdelaziz Belkhadem, qu’il accuse en 2011 d’avoir « ouvert la voie au sein du parti aux détenteurs de fortunes et autres responsables cooptés par effraction » au détriment des militants historiques du FLN. Goudjil ne ménage pas ses efforts pour faire invalider le congrès de 2005 qui a porté Belkhadem à la tête du parti.

Rencontre avec Saddam Hussein

Goudjil prend même la tête du mouvement dit « de redressement » du vieux parti. Des militants séduits par son discours de rupture se sont ralliés à lui en signant des pétitions et en participant à des rassemblements devant les locaux du FLN à travers le territoire national. Mais en 2011, l’ex-président Bouteflika siffle la fin du match et exhorte Belkhadem et Goudjil à enterrer la hache de guerre.

LE VIEUX ROUTIER DU FLN RACONTE SOUVENT LES DÉTAILS DE SA VISITE À L’EX-PRÉSIDENT IRAKIEN, NON SANS UNE POINTE DE FIERTÉ

« Les militants se sont sentis alors trahis par Goudjil, qui a rendu le tablier après avoir passé trois ans à chauffer les esprits », regrette un membre du comité central. Maquisard de la première heure, Goudjil était chargé pendant la guerre d’indépendance de l’achat des tenues militaires américaines issues des surplus pour équiper les moudjahidine.

Plus tard, il sera désigné président de la commission d’enquête sur le crash de l’avion de Mohammed Seddik Benyahia, ministre des Affaires étrangères, près de la frontière irano-turque, en 1982.

C’est dans ce cadre qu’il est envoyé par le président Chadli Bendjedid rencontrer Saddam Hussein pour tenter de déterminer les circonstances qui ont conduit les Irakiens à abattre l’avion algérien. Le vieux routier du FLN raconte souvent les détails de cette mission à ses visiteurs au Sénat, non sans une pointe de fierté.

Très imprégné de l’histoire de l’Algérie, le désormais président du Conseil de la nation jusqu’à 2024 estime que le règlement du contentieux mémoriel entre la France et l’Algérie « ne saurait être compartimenté en des périodes, pas plus que ne pourrait l’être la période d’occupation coloniale de l’Algérie de 1830 à 1962 ».

Avec Jeune Afrique par Rania Hamdi – à Alger

Congo-Parlement : la procédure de révision de la Constitution en examen

décembre 29, 2021

Le Sénat et l’Assemblée nationale ont ouvert, le 29 décembre, à Brazzaville leur session extraordinaire pour examiner, entre autres, le projet de loi fixant la procédure de révision de la Constitution du 25 octobre 2015.

La démarche consiste, à en croire le président de l’Assemblée nationale, Isidore Mvouba, qui a présidé la cérémonie d’ouverture de la seizième session extraordinaire de sa chambre, à consolider les dispositions de l’article 242 de la loi fondamentale. «Il s’agit tout simplement de définir la procédure de révision de la Constitution.  C’est une décision politique importante pour adapter, d’une part, notre gouvernance aux aléas imposés par la pandémie à nouveau coronavirus et, d’autre part, limiter toutes les dépenses engendrées par les récurrentes prorogations de l’Etat d’urgence sanitaire », a expliqué le président de la chambre basse du Parlement. Il a appelé, à l’ouverture de la seizième session extraordinaire, à la réflexion sur l’amendement de l’article 157 de la Constitution afin de rallonger la durée de l’état d’urgence. 

Sénateurs et députés examineront également le projet de loi relatif au Plan national de développement (PND) 2022-2026. Selon Isidore Mvouba, le nouveau programme national s’appuie essentiellement sur six axes stratégiques de développement, à même de porter la croissance. Il s’agit notamment de promouvoir les secteurs de l’agriculture au sens large du mot; de l’industrie en lien avec les Zones économiques spéciales; du tourisme, de l’immobilier, du numérique et des zones franches commerciales.

« Le PND 2022-2026, en harmonie avec les engagements sous-régionaux, régionaux et internationaux en matière de réformes économiques et financières, aidera le pays à passer d’une économie de rente vers une économie forte, diversifiée et résiliente. A noter qu’une innovation majeure est adossée à cette politique nationale de développement, il s’agit du mécanisme de suivi-évaluation visant à rendre le PND plus dynamique, selon le contexte socio-économique aux plans national et international », a poursuivi le président de l’Assemblée nationale, précisant que le nouveau document prévoit la mise en place d’un schéma de financement innovant.

Les parlementaires se prononceront également sur les projets de lois relatives à l’affacturage, au crédit-bail ainsi qu’à la prorogation de l’état d’urgence sanitaire. L’affacturage permettra, en effet, d’accroître la capacité des entreprises d’emprunter auprès des banques et de faire face, de manière générale, aux risques des créances commerciales. Le crédit-bail, quant à lui, a vocation à faciliter aux Petites et moyennes entreprises et aux petites et moyennes industries l’acquisition d’équipements essentiels à leur production grâce à un mécanisme de location avec option d’achat réglementé. Il s’agit d’une stratégie novatrice, d’après Isidore Mvouba, pour booster le secteur agricole.

Revenant sur le message du président de la République devant le Parlement réuni en congrès, le président de l’Assemblée nationale a rappelé que ses directives doivent être suivies d’effet pour maintenir la dynamique du progrès social. « L’invite ultime du chef de l’Etat aux chambres du Parlement d’user pleinement de leur prérogative de contrôle, à travers la réalisation des enquêtes parlementaires, ne doit pas rester lettre morte. La représentation nationale a un rôle central dans le relai de ce message où tout le monde a trouvé son compte. C’est donc dans la continuité de l’action que se tient aujourd’hui la 16e session extraordinaire de notre mandature pour examiner des affaires fondamentales », a-t-il conclu.

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama

Congo-Revendications sociales : les retraités de la CRF pourront relancer leur sit-in au Palais des congrès

décembre 1, 2021

Les pensionnés de la Caisse de retraite des fonctionnaires (CRF) pourront renouveler leur sit-in illimité au Palais des congrès, si jamais le gouvernement ne trouve une réponse urgente à leurs revendications. Le collectif des syndicats des retraités l’a souligné, le 30 novembre à Brazzaville, à la Commission économie et finances (Ecofin) de l’Assemblée nationale.

Malgré les assurances qu’ils ont eues de la part du chef du gouvernement, Anatole Collinet Makosso, et du président du Sénat, Pierre Ngolo, les retraités de la CRF ont tenu à croiser la chambre basse du Parlement pour exposer leurs doléances. Ils ont souligné à la commission Ecofin que depuis 2016, le rythme de paiement de leurs pensions de retraite a changé. Ce qui fait qu’ils accusent à ce jour trente-huit mois d’arriérés de pensions. Dans la loi de finances 2022, ils espéraient une ligne de crédit conséquente leur permettant de retrouver le calendrier initial de paie mais hélas ! Pour cette année, le gouvernement n’a prévu que 49 milliards FCFA à cet effet, contre plus de 130 milliards de la masse annuelle.

Une somme qu’ils estiment maigre, car selon eux, elle ne représente à peine que quatre mois de pension à payer dans l’année. Ils se sont donc rapprochés de l’Assemblée nationale, garante de l’autorité budgétaire, pour espérer des ajustements à leur profit dans ladite loi de finances en examen.  

Entre-temps, les retraités menacent de renouveler leur avis de sit-in intermittent au siège du Parlement, si jamais le gouvernement ne trouve une solution idoine et définitive à leurs revendications sociales. 

« Nous sommes venus vous dire, vous qui votez les lois de la République, de trouver une issue à notre situation. Faute de quoi, nous viendrons assiéger ici, le Parlement, où vous travaillez », a prévenu Eugène Bakoula, le porte-parole des syndicats des pensionnés de la CRF.

Ayant recueilli leurs doléances, le président de la commission Ecofin de la chambre basse du Parlement a déclaré : « Nos compatriotes admis à la retraite sont venus nous présenter leurs doléances. Nous avons résolu de travailler techniquement et politiquement afin qu’une réponse durable soit trouvée à la question de paiement des pensions de nos aînés admis à la retraite. L’affaire sera débattue avant tout à la Commission économie et finances, avant d’ouvrir des débats avec le ministre des Finances, pour qu’un ajustement soit porté dans la loi de finances 2022 en examen. Cette solution sera présentée à l’ensemble des députés lors de la séance plénière qui se tiendra avant le 20 décembre », a rassuré Maurice Mavoungou, président de la commission Ecofin de l’Assemblée nationale.

Avec Adiac-Congo par Firmin Oyé

Congo-Nécrologie : Décès de Mr TCHIKAYA Jean Félix

octobre 17, 2021


Le Président de la Commission Éducation, Science, Culture du Sénat est décédé des suites d’une maladie.

Jean Félix TCHIKAYA

Avec Brazzanews

France: Sévère défaite pour Ségolène Royal aux sénatoriales

septembre 26, 2021

L’ex-candidate à la présidentielle échoue dans sa tentative d’être élue sénatrice des Français de l’étranger. Elle ne recueille que 2 % des suffrages.

Segolene Royal, qui ne dispose plus de mandat, echoue a entrer au Senat.
Ségolène Royal, qui ne dispose plus de mandat, échoue à entrer au Sénat.© CHRISTOPHE SIMON / AFP

Sa candidature ne passait pas très bien parmi les sénateurs. Ségolène Royal avait entrepris depuis plusieurs mois d’être candidate à l’un des six sièges de sénateur représentant les Français à l’étranger. Elle l’avait fait à sa manière, sans ambages, appelant les sénateurs du groupe socialiste au Palais du Luxembourg pour tenter d’obtenir leur appui. La finaliste de l’élection présidentielle de 2007 avait même repris sa carte du Parti socialiste, comme pour s’assurer un appui supplémentaire. Tant pis si elle s’était rapprochée d’Emmanuel Macron en 2007, avant de reprendre ses distances, au moment où elle a été évincée de son poste d’ambassadrice des pôles. Ses efforts, en tout cas, auront été vains. Elle arrive en dernière position des candidats à l’élection au Sénat, ne recueillant que 11 voix sur 533 inscrits…

« Parachutage »

Christophe-André Frassa, le candidat LR, obtient le plus grand nombre de voix (105), suivi de Jean-Pierre Bansard (95) et de Samantha Cazebonne (LREM). Les trois autres sièges ont été attribués à Olivier Cadic, Mélanie Vogel et Yan Chantrel. C’est ce dernier que le Parti socialiste avait choisi de soutenir, plutôt que Ségolène Royal. Les électeurs trouvaient en effet que, même si l’ex-ministre de l’Écologie est née à Dakar, elle ne connaissait qu’imparfaitement les conditions des Français habitant à l’étranger.

« Le parachutage a toujours été rejeté », expliquait il y a quelques semaines la sénatrice Hélène Conway-Mouret, ancienne ministre. « La liste de Yan Chantrel nous semblait être plus conforme à la direction que l’on souhaite prendre », avait de son côté expliqué Corinne Narassiguin, porte-parole du PS. L’échec pour Ségolène Royal, qui misait beaucoup sur cette élection, est sévère. Avec seulement 2,07 % des voix, elle fait même moins bien qu’une autre liste dissidente du PS, emmenée par Laure Pallez…

Avec Le Point par Michel Revol

Congo: Décès du sénateur Jean-Pierre MANOUKOU KOUBA à 68 ans

août 2, 2021

Photo de BrazzaNews.

Décès de Jean-Pierre MANOUKOU KOUBA, membre influent du PCT et Président de la commission affaires juridiques et administratives du sénat. Ce sénateur était l’un des partisans de la première heure du changement de la constitution.

Le président de la commission affaires juridiques et administratives du Sénat, membre du bureau politique, secrétaire permanent du Parti congolais du travail (PCT) Jean-Pierre Manoukou Kouba est décédé le 2 août 2021 à Brazzaville à l’âge de 68 ans.

Apprenant la nouvelle, le président du Sénat, Pierre Ngolo, a exprimé sa profonde tristesse. « Nous sommes en train de gérer une catastrophe avec la mort d’un grand parlementaire, d’un grand dirigeant politique qui était pour moi, presque un parent », a-t-il indiqué.

 « Le vénérable Manoukou Kouba était à la plénière avec nous. Personnellement, j’ai échangé avec lui. C’est un grand vide pour le Sénat. C’était un érudit, je dirais une pièce maîtresse pour notre chambre. Un monsieur serein, cohérent, intelligent. Il va nous manquer. C’est une douleur on ne saurait comment la mesurer. Cette perte, on ne pouvait pas l’imaginer à l’instant pour la bonne et simple raison qu’il était bel et bien sur ses deux jambes hier. Jean-Pierre Manoukou Kouba n’accusait aucun signe de fatigue ni de maladie. Je suis très abattue. Je n’arrive pas à le croire. Nous avons travaillé avec lui pendant longtemps », a déclaré pour sa part, la présidente de la commission santé et affaires sociales du Sénat, Odette Massoussa. Le sénateur Jean-Pierre Manoukou Kouba a dirigé la fédération du PCT du département du Pool.

Avec Brazzanews

RDC – Affaire Matata Ponyo : le Sénat autorise les poursuites contre l’ancien Premier ministre

juillet 6, 2021
Augustin Matata Ponyo, alors Premier ministre de la RDC, à Kinshasa, le 14 octobre 2014.

Pressé par Félix Tshisekedi, le bureau du Sénat a finalement lâché l’ancien Premier ministre, Augustin Matata Ponyo. La chambre haute a levé son immunité, ouvrant la voie à des poursuites judiciaires.

« J’ai l’honneur de vous transmettre la décision du bureau du Sénat portant autorisation des poursuites et levée des immunités du sénateur Augustin Matata Ponyo. »PUBLICITÉ

Les sénateurs n’auront pas résisté longtemps à la pression de Félix Tshisekedi. Le président congolais avait par deux fois – la première dans l’entretien qu’il a accordé à Jeune Afrique, la seconde dans une interview à Top Congo et à la RTNC – montré son agacement face au refus de la chambre haute du Parlement de répondre favorablement à la justice qui demandait la levée de l’immunité de l’ex-Premier ministre.

Le courrier de Modeste Bahati Lukwebo, président du Sénat, est sans ambiguïté : le procureur général près la Cour constitutionnelle peut désormais poursuivre Augustin Matata Ponyo. Lundi 5 juillet, ce dernier a tenté de plaider sa cause devant le bureau du Sénat. « Nous sommes étonnés car, quand il a quitté le Sénat, cette décision n’avait pas été prise, a réagi auprès de Jeune Afrique l’un des proches de Matata Ponyo. Pour nous, c’est la preuve qu’il s’agit d’une pression politique. »

« Zaïrianisation »

Dans son réquisitoire du 24 juin, le procureur général avait expliqué que Matata Ponyo était soupçonné d’avoir conclu en 2011, alors qu’il était ministre des Finances, un protocole d’accord en vue de permettre au gouvernement congolais d’indemniser 300 anciens propriétaires de biens « zaïrianisés ».

Devenu Premier ministre, Augustin Matata Ponyo aurait décaissé plus de 110 millions de dollars, selon le parquet. Des enquêtes menées au sein de la Direction de gestion de la dette publique (DGDP) n’ont trouvé aucune trace de l’existence de ces 300 personnes, qui auraient perdu leurs biens meubles et immeubles du fait de la « Zaïrianisation ». Absence qui avait poussé à l’époque le procureur général près la Cour de cassation à ouvrir un dossier contre Matata Ponyo.

« Il s’est avéré que les fonds décaissés à cette fin par le Trésor Public ont bénéficié aux personnes complètement étrangères à ce processus [de « Zarianisation »] », peut-on lire dans le réquisitoire adressé au Sénat.

« Pour y parvenir, le sénateur [Matata Ponyo], en étant Premier ministre, a favorisé le décaissement par la procédure d’urgence des fonds publics qui n’ont pas atteint les véritables victimes, mais dont il s’est procuré des avantages illicites en utilisant lesdits fonds à son profit personnel », concluait le procureur général près la Cour constitutionnelle.

Ce dernier avait, à plusieurs reprises, saisi le Sénat pour tenter d’obtenir la levée de l’immunité de l’ancien Premier ministre, sans parvenir à ses fins.

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala

RDC : le Sénat refuse de lever l’immunité parlementaire de Matata Ponyo

mai 15, 2021
Augustin Matata Ponyo, l’ancien Premier ministre congolais (ici à Kinshasa, en 2014).

Le Sénat a voté vendredi contre la demande de levée d’immunité de l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo, mis en cause dans une gigantesque affaire de détournements de fonds publics.

Les sénateurs n’ont pas voté la levée de l’immunité du sénateur Augustin Matata Ponyo, estimant que la Cour constitutionnelle, qui avait introduit cette demande, n’était pas compétente pour juger un parlementaire, a déclaré un sénateur ayant pris part à la plénière tenue à huis clos pour cette affaire.

En RDC, la Cour constitutionnelle est le juge pénal du président de la République et du Premier ministre en fonction, en plus de sa mission de juger de la conformité des lois avec la Constitution et de trancher en dernier ressort les contentieux électoraux. Les sénateurs relèvent, en cas de procédure pénale, de la Cour de cassation.

Détournement

La demande de lever son immunité avait été introduite afin que l’ancien Premier ministre de Joseph Kabila puisse être entendu dans le cadre de la gestion des fonds dévolus au projet du parc agro-industriel de Bukanga Lonzo, qui alimente depuis plusieurs années une intense polémique. Le dossier est revenu sur le devant de la scène à la faveur du rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) publié le 18 novembre 2020.

Dans ce rapport, l’IGF avait conclu que 205 millions de dollars sur 285 millions, décaissés par le Trésor public pour ce projet pilote à 250 km au sud-est de la capitale, avaient été détournés. L’ancien Premier ministre était nommément mis en cause et qualifié d’« auteur intellectuel » du détournement.

Matata Ponyo dénonce de son côté un rapport « truffé de mensonges » qui ne repose sur aucun fondement juridique. Son avocat, Me Safari Mulume, a annoncé vendredi avoir porté plainte contre le chef de l’IGF Jules Alingete et trois autres inspecteurs des finances pour dénonciations « calomnieuses ».

Par Jeune Afrique avec AFP

RDC/Sénat : la justice réclame la tête de Thambwe Muamba, le bureau s’oppose

février 2, 2021

En plus d’une pétition qui vise le bureau du Sénat, le procureur général près la Cour de cassation vient d’adresser un réquisitoire aux membres du bureau de la Chambre haute du Parlement aux fins d’obtenir leur autorisation d’instruction en vue d’enquêter sur les allégations de détournements des fonds à charge du président de cette institution. Mais, en  urgence, le bureau de l’institution s’oppose à cette action de la justice.

Photo: Thambwe Muamba.

Dans ce réquisitoire signé le 1er février et transmis le même jour au bureau du Sénat congolais, le procureur général (PG) près la Cour de cassation dit avoir adressé ce document au bureau de la Chambre haute du Parlement congolais « aux fins de poser des actes d’instruction à charge de M. Alexis Thambwe Muamba, président du Sénat ».

Evoquant les faits qui justifient cette action, le PG fait observer que le 6 janvier 2021 le président du Sénat congolais a tiré pour le compte de la Chambre haute du Parlement trois chèques d’un import respectif de deux millions d’euros, un million de dollars américains et un million de Francs congolais. Et de noter que le trésorier du Sénat, qui avait retiré ces sommes d’argent à la Banque commerciale du Congo, a remis les deux sommes en devises étrangères (deux millions d’euros, un million de dollars américains) au conseiller financier du questeur de cette institution. Ce dernier, à son tour, aurait remis ces sommes au président du Sénat, Alexis Thambwe Muamba, à sa résidence. « D’où l’ouverture du présent dossier », fait savoir ce haut magistrat.

Pour le PG, en effet, les faits tels qu’exposés « sont susceptibles de constituer l’infraction de détournement des deniers publics, prévue et punie par l’article 145 du code pénal livre II tel que modifié à ce jour ».

Et, tirant la conclusion de ces faits, le PG, qui a sollicité cette autorisation de l’instruction à charge du président du Sénat congolais, pour détournement des deniers publics, note qu’étant donné la gravité au regard des montants perçus par Alexis Thambwe Muamba, et la nécessité de décourager ce genre de comportement, il est impérieux que celui-ci puisse donner sa version des faits, et présenter ses moyens de défense.

Une pétition contre le bureau du Sénat

Parallèlement à cette action judiciaire, il est indiqué une action interne au sein du Sénat contre le bureau. Une pétition qui a récolté près de soixante-dix signatures visant la tête de Thambwe Muamba et tous les autres membres du bureau de cette institution, à l’exception du premier vice-président Samy Badibanga, vient également d’être déposée, ce 2 février, au bureau de cette institution. La pétition, initiée par le sénateur du MLC Valentin Gberengbo devra être examinée au cours de la session extraordinaire convoquée par le président Thambwe à partir du 2 février 2021.

Il est indiqué que cette action divise les sénateurs, et le dépôt de la pétition a créé de vives tensions parmi les membres de la Chambre haute du Parlement divisés en pro et contre Thambwe Muamba.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

États-Unis: Le remplacement de Kamala Harris au Sénat est un enjeu important pour la diversité

décembre 20, 2020

SACRAMENTO, Calif. — La Californie devrait-elle choisir sa première sénatrice latino-américaine, ou devrait-elle garder une représentante afro-américaine?

© Fournis par La Presse Canadienne

C’est la décision que devra prendre le gouverneur de l’État, Gavin Newsom, qui doit choisir la personne qui remplacera la vice-présidente désignée, Kamala Harris, jusqu’à la fin de son mandat au Sénat en 2022.

Le fait que cette décision soit laissée dans les mains du gouverneur frustre certains spécialistes de la question qui déplorent le manque de diversité ethnique au Sénat et l’impuissance des deux partis politiques sur cet enjeu.

«Il s’agit d’un faux dilemme. Ce n’est pas bon pour notre démocratie et cela cache toute l’exclusion dont ont été victime les deux communautés dans l’histoire du Sénat», selon la directrice de la Latino Policy and Politics Initiative de l’Université de la Californie à Los Angeles, Sonja Diaz.

Si l’on exclut la Mme Harris, qui est la seule femme afro-américaine au Sénat, la représentation des minorités ethniques comprend deux sénateurs noirs, deux sénatrices d’origine asiatique et quatre élus d’origine hispanique.

Ces chiffres représentent 9% de tous les élus du Sénat, alors qu’environ 40% de la population américaine s’identifie à une minorité ethnique. En Californie, environ 40% de la population est d’origine hispanique et 6% des citoyens sont des personnes noires.

La surreprésentation des personnes blanches au Sénat ne serait pas causée par un manque de candidats issus de la diversité aux élections aux États-Unis, mais plutôt par la faible proportion de ces candidats qui sont élus lors du scrutin. En novembre dernier, un nombre record de candidats afro-américains se sont présentés aux élections sénatoriales dans les États du Sud, mais aucun n’a été élu.

Le gouverneur Newsom a donc de la pression, «mais ce n’est pas à lui seul de régler les problèmes de diversité au Sénat», affirme la représentante de la Californie Karen Bass, qui est l’une des personnes pressenties pour combler le siège de Mme Harris.

La représentante d’Oakland Barbara Lee, qui est afro-américaine, le secrétaire d’État de la Californie d’origine mexicaine, Alex Padilla, et le maire de Long Beach d’origine péruvienne, Robert Garcia, feraient aussi partie des candidats qui pourraient remplacer Mme Harris au Sénat pour représenter la Californie.

Avec La Presse Canadienne par Kathleen Ronayne, The Associated Press