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Congo/Confinement : la police déchire les autorisations de circulation des sénateurs

avril 28, 2020

 

Réunis en plénière le 27 avril à Brazzaville, pour approuver deux projets de loi à l’ordre du jour de leur session, les membres de la chambre haute se sont indignés du fait que leurs autorisations de circulation dûment signées par le président du Sénat, Pierre Ngolo, ont été saisies et parfois même déchirées par des agents de police.

 

Cet état de fait n’a pas laissé indifférent Pierre Ngolo, qui parlé d’un manque de considération du Sénat par les éléments de la police.

Peu avant le début de la séance, le sénateur Kaya Magane a demandé la parole pour un point d’information. Selon lui, il s’est vu retirer l’autorisation de circulation en venant à la chambre haute.

Kaya Magane n’est pas le seul à dénoncer cette situation, car d’autres sénateurs se sont également plaint. L’un d’eux a, d’ailleurs, affirmé que son autorisation de circulation a été déchirée par un officier supérieur de la police.

« La force publique est républicaine comment alors peut-elle se permettre de déchirer une note du président de l’Assemblée nationale ou du président du Sénat ? », s’est interrogé le président du Sénat.

Pierre Ngolo a ensuite informé les sénateurs de l’indignation du président de l’Assemblée nationale Isidore Mvouba face à cette attitude des policiers. « J’ai dit au président de l’Assemblée nationale qu’il est hors de question que les papiers signés des présidents des chambres soient déchirés par les officiers de la force publique. C’est tout de même la République. S’ils ont constaté des défaillances ou s’il y a des erreurs et bien c’est le gouvernement qui vient vers le parlement … et on décide de faire autrement », a-t-il déploré.

Et d’ajouter : « Ils ne peuvent pas de façon unilatérale décider de changer sans prendre la précaution de nous informer et se mettre à déchirer les papiers signés par les présidents des chambres par les officiers dans la rue. C’est quel message qu’on envoie ».

Pendant que la question est en débat, le ministre en charge des Relations avec le Parlement, Pierre Mabila, s’est rendu chez le Premier ministre Clément Mouamba qui lui a chargé de présenter aux membres du Parlement les excuses du gouvernement.

D’autres agents des services jugés essentiels en cette période de confinement –le personnel médical, les journalistes, et autres- sont souvent victimes de cette attitude regrettable de la force de l’ordre au niveau des points de contrôle.

 

Avec Adiac-Congo par Jean Jacques Koubemba

La présidente brésilienne affronte les sénateurs avant l’éviction

août 29, 2016

La présidente du Brésil Dilma Rousseff est arrivée lundi au Sénat à Brasilia pour se défendre personnellement dans son procès en destitution. Ce sera son ultime intervention avant une probable éviction, point final à 13 ans de règne de la gauche.

Plusieurs centaines de ses partisans ont accueilli la dirigeante, souriante à son arrivée vers 9h00 (14h00 en Suisse). Ils chantaient « Dilma, guerrière de la patrie brésilienne », brandissant des pancartes du Parti des travailleurs (PT) et des fleurs à lui remettre en guise d’encouragement.

« Nous avions l’espoir que ça n’irait pas aussi loin, c’est pour ça que je me sens indignée », confiait une manifestante, Marlene Bastos, 65 ans, professeure à la retraite.

Vote final mardi ou mercredi
Tous les pronostics sont contre l’ex-guérillera de 68 ans, emprisonnée et torturée sous la dictature militaire (1964-1985). Mais Dilma Rousseff vient à ce rendez-vous historique « décidée, préparée pour la bataille », a déclaré aux journalistes le député Silvio Costa (PT do B, parti allié du PT).

Elle aura la parole durant 30 minutes et décidera ensuite si elle accepte ou non les questions des parlementaires. Le cas échéant, ils disposeront chacun de cinq minutes pour s’exprimer.

Puis suivront de longs débats et le vote final, attendu mardi ou mercredi. Un « oui » des deux tiers des sénateurs – 54 sur 81 – est requis pour prononcer la destitution, qui serait une première dans l’histoire du Brésil.

Accompagnée de Lula
Tous les sondages indiquent qu’une grande majorité des sénateurs sont favorables à l' »impeachment ». Pour les affronter lundi matin, Mme Rousseff était accompagnée de son mentor politique, l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), du célèbre chanteur engagé à gauche Chico Buarque et d’une douzaine d’anciens ministres.

Depuis des mois, celle qui avait été la première femme élue à la tête du Brésil en 2010 clame son innocence. Elle crie au « coup d’Etat » institutionnel ourdi par le principal bénéficiaire de la manoeuvre: son ancien vice-président devenu rival, Michel Temer (PMDB, centre droit), 75 ans.

Popularité à 13%
M. Temer assure l’intérim depuis la suspension de la présidente le 12 mai par un vote de plus des deux tiers des sénateurs. Il gardera les manettes jusqu’aux élections présidentielle et législatives fin 2018 si elle est destituée.

Si Mme Rousseff est écartée du pouvoir, elle ne pourra plus occuper de fonctions publiques pendant huit ans. Si elle est innocentée, cette économiste dont la popularité stagne à 13% retrouvera son mandat.

Romandie.com avec(ats / 29.08.2016 15h24)