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Mimi Touré : « Marine Le Pen n’aurait jamais dû être autorisée à venir au Sénégal »

janvier 18, 2023

Au regard du passé, des discours et de la ligne politique de son parti, la présidente du Rassemblement national, principale formation de l’extrême droite française, n’est pas la bienvenue au pays de la Teranga.

Marine Le Pen au Sénégal, le 17 janvier 2023. © Compte Twitter Marine Le Pen

Le Sénégal s’honore d’être un pays d’accueil et de brassage, de tolérance et d’ouverture. De nombreux étrangers, de toutes origines, ont choisi d’en faire leur lieu de vie et d’épanouissement. Cela est très bien ainsi. Depuis des temps immémoriaux, cette tradition d’hospitalité (la Teranga, en langue wolof) est ancrée dans notre culture – ou plutôt dans nos cultures, car nous comptons 22 langues codifiées au Sénégal. Les brassages culturels et ethniques y sont la norme. C’est ce « vivre ensemble » qui contribue largement à notre volonté atavique de dialogue et qui est, in fine, un des gages de notre stabilité.

Le Sénégal est aussi un pays de fierté et de refus. De refus de l’indignité. De refus de l’aplatissement. C’est pourquoi il est inacceptable que Marine Le Pen, dirigeante de 2011 à 2021 du Front national [renommé Rassemblement national en 2018], parti raciste et xénophobe français, ait été autorisée à fouler le sol sénégalais. Depuis des décennies, nos centaines de milliers de compatriotes africains vivant en France subissent les attaques racistes verbales – et même physiques – du Front national, lequel a d’abord été dirigé par son père, Jean-Marie Le Pen.

Terreur

Je me souviens encore, quand j’étais étudiante en France, de la violence raciste et de la terreur que faisait régner sur les campus français le GUD (Groupe Union Défense), organisation estudiantine d’extrême droite violente et directement liée au Front national. À l’annonce de la présence de ses membres sur le campus, nous, étudiants africains et arabes, nous terrions dans nos chambres pour ne pas être victimes de leurs expéditions punitives sans fondement. Le mouvement « Touche pas à mon pote », initié par l’association SOS Racisme, en 1985, avait constitué une riposte massive de la jeunesse de l’époque, dans toute sa diversité, à ces militants d’extrême droite.

Des anciens dirigeants du GUD, Frédéric Chatillon et Axel Loustau, sont toujours actifs aux côtés de Marine Le Pen et figuraient même dans son équipe de campagne lors de l’élection présidentielle française de 2022. Le 3 novembre dernier, Grégoire de Fournas, député du Rassemblement national, injuriait par ailleurs le député Carlos Martens Bilongo en pleine séance à l’Assemblée nationale en déclarant « Qu’il[s] retourne[nt] en Afrique ! ». Bref, le Front national, bien que rebaptisé Rassemblement national, continue à faire du racisme, de la xénophobie et de la haine de l’autre son principal fonds de commerce politique.

Veiller sur notre fierté

Pourquoi les autorités sénégalaises ont-elles donc autorisé le séjour de Marine Le Pen au Sénégal ? Elles ont manqué l’opportunité de symboliquement lui signifier notre dégoût collectif du discours raciste et haineux que son parti tient depuis des décennies en France à l’endroit des Africains, à tel point que le racisme, pourtant puni par le code pénal français, est aujourd’hui banalisé voire intégré dans cette France pourtant si souvent surnommée « patrie des droits de l’Homme ».

IL EST TEMPS POUR NOS LEADERS AFRICAINS D’AVOIR UNE TOLÉRANCE ZÉRO POUR LE RACISME

À cet égard, il n’est pas inutile de rappeler l’existence d’une Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, entrée en vigueur en 1969, et dont la France et le Sénégal font partie des 182 pays signataires. Voilà une base légale solide qui aurait permis aux autorités sénégalaises de mettre Marine Le Pen dans le premier avion pour une destination qu’elle aurait elle-même choisie.

Il est temps pour nos leaders africains d’avoir une tolérance zéro pour le racisme et pour tous ceux qui l’incarnent, le professent et le pratiquent. C’est ce que notre jeunesse, qui constitue 70% de la population africaine, attend d’eux. Il est temps qu’ils veillent sur notre fierté et notre dignité.

Avec Jeune Afrique

Aminata Touré

Par Aminata Touré

Députée sénégalaise, ancienne Première ministre et ex-présidente du Conseil économique, social et environnemental.

Sénégal : un nouvel accident de la route met le gouvernement sous pression

janvier 16, 2023

DRAME. Cet accident, qui a fait 20 morts et des dizaines de blessés, intervient alors que l’État a annoncé des mesures pour renforcer la sécurité routière.

La collision entre un car et un camion a eu lieu pres de Sakal, dans le nord du Senegal, ce 16 janvier 2023.
La collision entre un car et un camion a eu lieu près de Sakal, dans le nord du Sénégal, ce 16 janvier 2023.© OUSSEYNOU DIOP / AFP

Une semaine après le terrible accident qui a fait 42 morts à Kaffrine (Centre-Ouest), un nouvel accident tragique s’est produit ce 16 janvier à Sakal, dans la région de Louga, dans le nord du Sénégal. Cette fois-ci, une collision entre un car et un camion a fait des morts. « Encore un autre accident mortel sur nos routes à l’entrée de Ngeun Sarr. Dix-neuf vies humaines perdues », a tweeté le président Macky Sall, avant que le gouvernement ne révise le bilan à la hausse pour le porter à 20 morts et 24 blessés, dont 19 graves.

L’insécurité routière, un fléau 

Un témoin interrogé par la radio privée RFM a rapporté que le car avait fait un écart pour éviter un âne, un de ces animaux nombreux à divaguer sur ou au bord des routes au Sénégal. Le choc est survenu près de la localité de Sakal (Nord), dans la région de Louga.

Le 8 janvier, c’est l’éclatement d’un pneu, selon l’enquête, qui avait provoqué le téléscopage de deux bus dans le centre du pays. Quarante-deux personnes étaient mortes, selon un nouveau bilan.

Ces accidents remettent en lumière les maux de la route bien connus au Sénégal comme dans de nombreux pays d’Afrique : vétusté et aménagement dangereux des véhicules, conduite inconsidérée, ou encore corruption répandue des agents chargés de faire respecter les lois ou passer le permis de conduire.

Le drame du 8 janvier, l’un des plus meurtriers au Sénégal ces dernières années, a suscité un flot de critiques contre les autorités pour leur incapacité à faire respecter les règles de conduite, mais aussi la réglementation sur l’état des véhicules.

Le gouvernement a annoncé dans la foulée une vingtaine de mesures. Nombre d’entre elles sont décriées comme étant inapplicables par les professionnels du transport, les principaux concernés. Le chef de l’État en a réaffirmé la nécessité sur Twitter. L’accident de lundi « met en évidence la nécessité de renforcer les mesures de sécurité routière », a-t-il dit.

Bras de fer entre l’État et les transporteurs

Nombre de professionnels ont jugé les mesures en déphasage avec les réalités économiques ou les modes de vie, par exemple l’interdiction faite aux bus et minibus de circuler la nuit, ou l’interdiction d’importer des pneus usagés.

Les bus convoyant des passagers aussi bien que des marchandises sont un moyen de transport essentiel entre localités, faute d’autres solutions. Les bus sont communément transformés pour accroître leur capacité et équipés de porte-bagages de toit souvent surchargés au point de menacer la tenue de route.

Non seulement les passagers emportent volontiers des effets volumineux, mais les porte-bagages sont une source de revenus supplémentaires pour les transporteurs.

Une partie des syndicats de transport a annoncé une grève illimitée à partir de mardi pour protester. « Régulation du secteur : l’État dans un gros bouchon », titrait lundi en première page le journal Le Quotidien. Les autorités ont vite fait marche arrière sur l’interdiction d’équiper les cars de porte-bagages et ont accordé un délai d’un an.

Le gouvernement aurait fait d’autres concessions. Une organisation syndicale a refusé de faire grève après avoir obtenu la révision de différentes mesures annoncées, par exemple sur l’âge maximum des véhicules autorisés à rouler, lors d’une rencontre au ministère la semaine passée, a dit un responsable cité dans la presse.

Autre motif de confrontation entre le gouvernement et les transporteurs, dans un contexte inflationniste : les prix. Des exploitants de minibus viennent d’annoncer une hausse de leurs tarifs dans la région de Dakar, arguant de la baisse récente par l’État des subventions aux carburants et de l’augmentation de 100 francs CFA (15 centimes d’euros) des prix du gazole et du super.

Le gouvernement a refusé cette augmentation qui serait illégale selon lui, faute d’avoir été validée par les autorités. Les accidents de la route tuent officiellement 700 personnes chaque année au Sénégal, pays de plus de 17 millions d’habitants. Le Sénégal accusait en 2019 une mortalité sur les routes de 24 pour 100 000 habitants, et l’Afrique subsaharienne de 27 pour 100 000, pour un taux de 6 pour 100 000 dans l’Union européenne et de 2 en Suisse, selon la Banque mondiale.

Par Le Point (Avec AFP)

Macky Sall décrète un deuil national après un accident de bus meurtrier au Sénégal

janvier 9, 2023

Le président sénégalais a annoncé un deuil national de trois jours et des mesures immédiates pour améliorer la sécurité routière, après la collision de deux bus qui a fait trente-neuf morts et une centaine de blessés.

La scène de l’accident de bus du 8 janvier à Kaffrine, au centre du Sénégal. © Cheikh Dieng / AFP

C’est l’accident le plus meurtrier de ces dernières années au Sénégal. Une collision entre deux bus a eu lieu autour de 3 heures locales (et GMT) dans la nuit de samedi à dimanche à Sikilo, près de la ville de Kaffrine, à environ 250 km au sud-est de Dakar. Selon les sapeurs-pompiers et les autorités locales, 39 personnes ont été tuées et une centaine blessées. Un drame qui a conduit le président Macky Sall à décréter un deuil national de trois jours et à annoncer des mesures immédiates pour améliorer la sécurité routière.

Le gouvernement a précisé que 53 personnes avaient été hospitalisées et 42 blessés plus légers traités dans des centres de santé locaux. « Les deux bus auraient contenu 139 voyageurs au moment de l’accident », a souligné le gouvernement dans un communiqué. Dix des blessés sont en « urgence vitale », a précisé le président Macky Sall après s’être rendu au chevet des blessés, à l’hôpital de Kaffrine, en compagnie de son Premier ministre, Amadou Ba. « Plus de 20 corps ont déjà été identifiés et bientôt pourront être remis à leur famille », a-t-il ajouté.

Le chef de l’État a promis des mesures rapides pour éviter la réédition d’une nouvelle « tragédie » de ce genre. « On ne peut pas exposer la vie de nos compatriotes dans un système de transport qui fait fi du respect de la vie humaine », a affirmé Macky Sall. Dès ce lundi, le Premier ministre devait réunir un conseil interministériel pour prendre des mesures portant sur l’état des véhicules, le contrôle technique, la délivrance du permis de conduire ou encore les horaires de transport. « Nous sommes prêts, bien entendu, en tant qu’État, à accompagner le secteur des transports pour le renouvellement du parc et la limitation des âges des véhicules de transport en commun qui nous viennent de l’étranger », a-t-il fait savoir, assurant que les mesures nécessaires seraient « prises dès demain ».

« Fléau » sur le continent

Le maire de Kaffrine, Abdoulaye Saydou Sow, par ailleurs ministre de l’Urbanisme et du Logement, et le procureur de la République de la ville voisine de Kaolack ont imputé la collision à l’éclatement d’un pneu d’un des deux bus, qui a alors dévié de sa trajectoire. Le principal opposant sénégalais, Ousmane Sonko, candidat à l’élection présidentielle de 2024, a indiqué sur Twitter reporter une opération de levée de fonds en raison de l’accident et appelé les autorités à « accorder une attention prioritaire » à l’insécurité routière, un « fléau aux conséquences humaines, sociales et économiques désastreuses pour le pays ».

Les accidents de bus sont fréquents sur le continent, en raison du mauvais entretien des véhicules, de routes en piteux état, mais aussi d’erreurs de conduite, de nombreux automobilistes étant détenteurs de permis achetés auprès d’inspecteurs corrompus, sans avoir jamais fréquenté d’auto-école. Vingt-et-une personnes ont ainsi péri samedi soir en Afrique de l’Est dans un accident de bus à la frontière entre le Kenya et l’Ouganda, a indiqué dimanche la police ougandaise. Selon la police, 49 personnes ont été blessées. Selon les premiers éléments de l’enquête, le chauffeur aurait perdu le contrôle du véhicule en raison d’une vitesse excessive.

Le gouvernement ougandais prépare lui aussi de nouvelles mesures pour améliorer la sécurité routière après une hausse des accidents mortels pendant la période des fêtes de fin d’année. Selon la police ougandaise, 104 accidents de la route ont été enregistrés en seulement trois jours, du 30 décembre au 1er janvier, faisant 35 morts et 114 blessés.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

Macky Sall barricade-t-il sa frontière avec le Mali ?

décembre 29, 2022

Soucieux d’anticiper des incursions terroristes venues du Sahel, le président sénégalais vient d’inaugurer un nouveau camp militaire à quelques encablures du Mali.

Le président sénégalais a inauguré une nouvelle base militaire à la frontière avec le Mali dirigé par Assimi Goïta. © Damien Glez

À chaque voisin du Mali d’Assimi Goïta son positionnement politico-diplomatique à l’égard du régime nationaliste de Bamako : estime idéologique ostentatoire de la part du Burkina Faso ou de la Guinée ; mépris plus ou moins contenu de la part du Niger ; agacement explicite de la Côte d’Ivoire, au moment où ses militaires détenus à Bamako depuis cinq mois de détention font face aux juges maliens.

D’autres pays de la sous-région définissent leur diplomatie à l’aune du risque de contagion terroriste, tel le Bénin qui, s’il n’a pas de frontière commune avec le Mali, a déjà été victime d’attentats.

Le GSIM implanté au Sénégal ?

Même épargné, jusque-là, par les attaques jihadistes, le Sénégal prend très au sérieux la menace qui plane le long de l’axe Bamako-Dakar. Selon un rapport de l’ONU de février 2021, des éléments du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) seraient déjà « implantés au Sénégal ».

Les spécialistes des questions sécuritaires affirment que les régions de Tambacounda et de Kédougou – près du tiers de la superficie nationale, à la frontière avec le Mali – sont particulièrement vulnérables, du fait de leur enclavement, de leur manque d’infrastructures ou encore du rôle pivot des zones d’exploitation aurifère dans les trafics de drogue, de bois ou d’êtres humains.À LIRECôte d’Ivoire : le nouveau plan d’Alassane Ouattara contre le terrorisme

L’armée sénégalaise a donc décidé de se mobiliser pour que ces régions ne deviennent pas le terreau de groupes radicaux présents au Mali. Déjà, de petites unités du Groupe d’action rapide, de surveillance et d’intervention au Sahel (Garsi) patrouillent dans la zone.

« Renforcer la coopération »

Ce 27 décembre, Macky Sall inaugurait un nouveau camp militaire de plusieurs hectares à Goudiry, à 618 kilomètres à l’est de Dakar, au bénéfice du 4e bataillon d’infanterie. Et le chef de l’État d’évoquer « un vaste projet de modernisation progressive » de la sécurité nationale, avec un « modelage de la cartographie sécuritaire, pour mieux répondre aux besoins des populations », le tout afin de « hisser l’outil de sécurité à la hauteur de la menace actuelle ».

Le pays de la Teranga serait-il en train de se barricader ? Si l’année qui s’annonce sera moins internationale pour le dirigeant sénégalais – il quittera ses fonctions de président en exercice de l’Union africaine en février –, le repli nationaliste n’est pas au programme : le nouveau dispositif sécuritaire mis en place entend « renforcer la coopération avec les pays limitrophes ».

Avec Jeune Afrique

Damien Glez

Par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Sénégal – Affaire Amy Ndiaye : les deux députés violents en garde à vue

décembre 14, 2022

Massata Samb et Mamadou Niang étaient recherchés depuis le 3 décembre pour s’en être pris physiquement à une élue de la majorité. Ils ont été interrogés par la police judiciaire.

Altercation entre Massata Samb et Amy Ndiaye, le 1er décembre à l’Assemblée nationale, à Dakar. © Doc Seneplus TV

Les deux députés membres du Parti de l’unité et du rassemblement (PUR, opposition), qui avaient agressé physiquement une élue de la majorité à l’Assemblée nationale le 1er décembre, ont été placés le 13 décembre au matin en garde à vue pour « coups et blessures volontaires et menaces de mort », et interrogés par la Division des investigations criminelles (DIC), a indiqué un responsable de la police sénégalaise.

Recherchés depuis le 3 décembre, Massata Samb a giflé la parlementaire Amy Ndiaye, tandis que Mamadou Niang lui a donné un coup de pied dans le ventre le 1er décembre lors du vote du budget du ministère de la Justice. Amy Ndiaye, maire de la commune de Gniby (centre), était enceinte et avait dû être admise dans un établissement hospitalier, selon des députés du parti au pouvoir.

« Propos irrespectueux »

L’opposition a accusé Amy Ndiaye d’avoir tenu des « propos irrespectueux » contre le chef de leur parti, Serigne Moustapha Sy, très influent au Sénégal, lors d’une intervention à l’Assemblée où elle affirmait que ce dernier ne tenait pas sa parole et manquait de respect au président Macky Sall, selon des propos diffusés par les médias. Le camp présidentiel a perdu la majorité absolue qu’il détenait à l’issue des élections législatives de juillet, qui ont donné un quasi-équilibre des forces à l’Assemblée.

La police a été saisie par le Parquet à la suite d’un courrier du président de l’Assemblée nationale exigeant des poursuites contre les deux députés, avait indiqué l’avocat d’Amy Ndiaye.

La scène – largement condamnée au Sénégal – est survenue pendant la campagne annuelle internationale « Seize jours d’activisme contre la violence basée sur le genre à l’égard des femmes et des filles », soutenue par l’ONU.

Par Jeune Afrique (avec AFP)

Sénégal : prison ferme pour trois proches d’Ousmane Sonko

novembre 29, 2022

La justice sénégalaise a condamné ce mardi trois membres de la garde rapprochée de l’opposant politique pour « coups et blessures volontaires », après des heurts avec des partisans du pouvoir.

Devant le palais de justice de Dakar, lors de l’audition d’Ousmane Sonko, le 3 novembre 2022. © John Wessels / AFP

Le mardi 29 novembre, trois membres de la garde rapprochée de l’opposant Ousmane Sonko ont été condamnés à un mois de prison ferme pour « coups et blessures volontaires », après des affrontements avec des partisans du pouvoir. Le tribunal de grande instance de Mbour (ouest) a également condamné les trois prévenus à payer une amende de 50 000 francs CFA (76 euros), a déclaré leur avocat, Abdoulaye Tall.

L’un des partisans du pouvoir a été condamné à deux mois ferme pour les mêmes raisons, a-t-il ajouté. Deux autres membres de la garde d’Ousmane Sonko, sur les cinq qui étaient poursuivis, ont été relaxés. « Nous allons nous réunir et voir si nous ferons un appel » du jugement, a précisé Me Tall.

Deux ans requis

Les cinq proches de l’opposant politique avaient été arrêtés le 3 novembre lors d’une audience judiciaire de leur chef, pour des violences survenues fin octobre près de Mbour, où Ousmane Sonko était en tournée. Des partisans du pouvoir avaient été blessés lors de ces heurts.

Le 15 novembre, le procureur avait requis deux ans dont un an ferme à l’encontre de quatre d’entre eux.

Ousmane Sonko, 48 ans, s’est déclaré candidat à l’élection présidentielle de 2024. Il a été inculpé pour viols et menaces de mort et placé sous contrôle judiciaire en mars 2021, après une plainte en février 2021 d’une employée d’un salon de beauté où il allait se faire masser. Il accuse de complot le pouvoir, qui s’en défend.

Le président Macky Sall, élu en 2012 pour sept ans et réélu en 2019 pour cinq ans, reste muet sur ses intentions de se représenter pour la présidentielle de 2024.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

Coupe du monde 2022 : le Qatar, pays hôte, éliminé

novembre 25, 2022

Le pays organisateur de ce mondial signe ainsi un triste record : c’est la première fois que l’hôte est éliminé dès sa deuxième rencontre du tournoi.

Le Qatar a tout de meme montre un meilleur visage lors de ce match, sauvant l'honneur malgre l'elimination.
Le Qatar a tout de même montré un meilleur visage lors de ce match, sauvant l’honneur malgré l’élimination.© KEN SATOMI / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun via AFP

Le pays hôte va finir le tournoi dans les tribunes. Le Qatar est éliminé de sa Coupe du monde, après sa défaite face à un Sénégal (3-1) enfin efficace offensivement qui se relance du même coup dans la course aux huitièmes de finale. Avec cette élimination, le Qatar devient le premier pays hôte éliminé dès le deuxième match, faisant même pire que l’Afrique du Sud qui avait attendu son 3e match en 2010 pour entériner son élimination.

Après un départ catastrophique, « nous avons montré de quoi nous sommes capables (et) nous avons été compétitifs. Au-delà du résultat, nous avons bien joué », a pourtant estimé le sélectionneur d’ « Al-Annabi » (les Bordeaux), Félix Sanchez. Malheureusement, c’est le résultat qui compte et, dans le stade Al-Thumama de Doha, les Qataris ne se sont pas fait de cadeau : à la 41e minute, le défenseur Boualem Khoukhi a raté son dégagement avant de finir les fesses sur le gazon, permettant à Boulaye Dia de tromper le gardien Meshaal Barsham (qui succédait à Saad Al Sheeb, trop nerveux contre l’Équateur).

« Au vu de mon parcours, je ne peux être que satisfait », a commenté Dia, qui n’est passé professionnel qu’en 2018 à Reims et dont c’était le premier but en Coupe du monde.

Un match qui sauve l’honneur

Coup dur pour le Qatar qui, malgré la domination technique et physique de l’adversaire, semblait plus libéré. Une ouverture du score sur penalty était même envisageable, si l’arbitre avait jugé illicite la charge maladroite d’Ismaïla Sarr dans le dos d’Akram Afif (34e). Passé devant avec un peu chance, le Sénégal s’est montré davantage à l’aise pour répondre aux doutes nés de son inefficacité offensive contre les Oranje, d’abord grâce à une belle tête décroisée de Famara Diedhiou après un corner (48e) puis par une frappe sèche de Bamba Dieng (84e).

En face, contrairement à son premier match, les Bordeaux ne se sont pas désunis. Après deux excellentes parades d’Édouard Mendy (63e, 67e), nettement plus inspiré que contre les Néerlandais, Mohammed Muntari, entré en jeu 4 minutes plus tôt, a sauvé l’honneur d’une tête puissante (78e).

Ce premier but du Qatar en Coupe du monde, au terme de son deuxième match, récompense une prestation plus équilibrée et a valeur d’encouragement. Après avoir frisé le ridicule, la sélection locale peut se réjouir d’avoir réussi à présenter un visage plus conforme aux attentes. Les supporters du champion d’Asie ont d’ailleurs daigné rester dans les tribunes jusqu’aux arrêts de jeu, alors qu’ils avaient déserté le stade en masse lors de la deuxième période contre l’Équateur.

Le champion d’Afrique, qui offre au continent sa première victoire dans le tournoi, a encaissé au moins un but pour la neuvième fois d’affilée en Coupe du monde et va devoir continuer d’élever son niveau s’il veut durer dans « une Coupe du monde compliquée où il y aura beaucoup de surprises » et qu’un pays africain « peut gagner », selon Aliou Cissé.

Par Le Point avec AFP

25e CAN de handball féminin : le Congo a battu la Côte d’Ivoire le score de 35-21 et a obtenu son ticket pour la Coupe du monde

novembre 15, 2022

Après avoir fait la loi dans la phase de groupes en battant tous ses adversaires, notamment la Guinée, l’Egypte, la Tunisie et le Maroc, le Congo qui a affronté ce 16 novembre à Dakar, au Sénégal, la Côte d’Ivoire  pour le compte des quarts de finale de la 25e édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), a arraché une victoire, après les deux temps de match. Vainqueur de ce match est directement qualifié à la Coupe du monde de la catégorie.

Les Diables rouges du Congo/DR

Les Diables rouges du Congo ont été face aux Eléphantes de la Côte d’Ivoire ce 16 novembre à 17h au complexe sportif Arena de Dakar, puis ont battu leurs homologues par le score de 35-21, après un parcours sans faute, depuis le 9 novembre, lors de la plus grande fête de handball africain dans la catégorie des séniors dames.

Si les Congolaises ont fait un véritable parcours, sans faute, en survolant le groupe B de cette compétition, elles ont tout donné lors de ce match des quarts de finale qui les a mises aux prises aux meilleures troisièmes des phases de groupes, les Ivoiriennes.

Les Diables rouges qui partaient favorites de ce match sont restées concentrées jusqu’à la dernière seconde du match confirmant leur position de leader et raviver la flamme de joie qui anime le public sportif congolais depuis le début de la compétition.

La cohésion, le dynamisme, l’engagement des athlètes du Congo s’est bien fait voir sur le terrain. Ayant gardé ce rythme, elles ont terminé cette phase parmi les meilleures équipes et vont jouer, à nouveau, la prochaine édition de la Coupe du monde. Une place au podium était également possible puisque le Congo avec le gabarit et le calibre de ses joueuses s’est imposé devant la Côte d’Ivoire, il croisera, en demi-finale, le vainqueur du match Cameroun-RDC. Les efforts des gardiennes du Congo et le fair-play de l’ensemble des coéquipières ont permis de réaliser leur rêve. Le Congo remporte toujours ses matches sur les chapeaux de roues avant d’enfoncer le clou en multipliant les réussites, tout en renforçant la défense. Les fans des Diables rouges ont vibré de d’allégresse et de liesse en saluant cette victoire de leurs ambassadrices.

Deuxième meilleure équipe d’Afrique avec quatre titres (1979, 1981, 1983 et 1985), le Congo a dominé l’Afrique dans cette compétition durant la décennie 1980-1990 puisqu’il était vice-champion en 1976, 1998 puis 2000. Les Diables rouges ont également occupé la troisième place lors des éditions 1987, 1989, 1991, 2006 et 2008. Si elles étaient quatrièmes au Cameroun en 2021, les Congolaises doivent tout donner afin de finir au podium en 2022.

Avec Adiac-Congo par Rude Ngoma

CAN seniors dames de handball: cartes de visite des équipes participantes

novembre 10, 2022

Treize nations disputent, du 9 au 19 novembre, au complexe sportif Dakar Arena de Diamniadio, au Sénégal, la 25e édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) féminine de handball. La compétition met aux prises les plus grandes équipes du continent. Détails sur leur parcours.

1-Le Congo

Tenant du titre et meilleur pays d’Afrique au handball dames, l’Angola défendra sa couronne dans le groupe A avec la République démocratique du Congo, le Cap-Vert et l’Algérie. Le groupe B regroupe la Tunisie (3e lors de la dernière édition), le Congo (4e en 2021) ainsi que la Guinée, le Maroc et l’Egypte. Le Sénégal, pays hôte, partage le groupe C avec le vice-champion d’Afrique, le Cameroun, puis Madagascar et la Côte d’Ivoire.

La meilleure équipe du continent, la plus titrée et le tenant du titre de la CAN séniors dames, retient encore l’attention du public durant cette compétition puisqu’elle arrive avec sa veste de super favorite. Elle est sur le toit de l’Afrique depuis 1989, à l’exception des éditons de 1991, 1996 et 2014 qui ont été respectivement remportées par le Nigeria, la Côte d’Ivoire et la Tunisie. Les Palancas Negra totalisent quatorze titres dont huit de façon successive entre 1998 et 2012. Elles étaient vice-championnes en 1991 puis médaillées de bronze en 1996 et 2014 pour un total de vingt-deux participations.

La République démocratique du Congo (RDC), qui marque sa douzième participation, cherche à améliorer son classement puisqu’elle a manqué de soulever le titre en 2014. Elle est terminée 3e en 2012 et 2018 à Brazzaville. Avec ses dix-neuf participations, l’Algérie, qui a joué pour la première fois la CAN en 1976, est finaliste de l’édition 1996 puis troisième en 1976, 1979 et 1994. Les Algériennes peinent depuis lors à atteindre le dernier carré. Le « petit poussin » du groupe A, le Cap-Vert, qui joue pour la deuxième fois, après 2021, est appelé à mieux faire pour améliorer son classement (9e en 2021).

La Tunisie ne lâche pas le Congo

Du côté du groupe B, le Congo, deuxième meilleure équipe d’Afrique avec quatre titres (1979, 1981, 1983 et 1985), a dominé l’Afrique dans cette compétition durant la décennie 1980-1990 puisqu’il était vice-champion en 1976, 1998 puis 2000. Les Diables rouges ont également occupé la troisième place lors des éditions 1987, 1989, 1991, 2006 et 2008. Si elles étaient quatrièmes au Cameroun en 2021, les Congolaises doivent tout donner afin de finir au podium en 2022.

2-La Côte d’Ivoire

L’Egypte, pour sa part, totalise onze participation et son meilleur classement est la sixième place en 1981,1987, 1989, 2004 et 2010.  De son côté, la Guinée, qui a joué cette compétition pour la première fois en 2014, compte cinq participations et était septième en 2016, 2018 puis 2021. Comme la Guinée, le Maroc compte cinq participations et a joué pour la première fois en 1987 où il avait occupé la 8e place puis la 9e en 2002.

Avec vingt et une participations dans son compteur, la Tunisie est la troisième meilleure équipe d’Afrique. Elle était championne en 1974,1976 et 2014 avant de perdre les finales de 1981, 2006, 2010, 2012, 2016 et de sortir troisième en 2000, 2002 et 2021.

Dans le groupe C, le pays organisateur, le Sénégal, joue pour la onzième fois cette compétition dont la première participation remonte à 1974. Il est finaliste des éditions 1974 et 2018 puis 4e en 1976. Le Cameroun, avec dix-neuf participations, a joué et perdu les finales de 1979,1987, 2004 et 2021 ainsi que 3e en 1983, 1985 et 2016. Les Ivoiriennes, qui sont toujours présentes dans cette compétition (vingt-deux participations) ont remporté les éditions 1987 et 1996 et manqué de remporter les finales de 1985,1989,1994, 2002 et 2010. Elles ont terminé troisième en 1992, 1998, 2004 et 2010. Le petit poucet du groupe voire même de la compétition, Madagascar, joue pour la deuxième fois la CAN séniors après 2021 où ses joueuses ont terminé parmi les dernières, onzièmes.

Notons que les cinq meilleures équipes de cette édition vont représenter le continent africain lors de la prochaine édition de la Coupe du monde de la catégorie.

Avec Adiac-Congo par Rude Ngoma

Mondial 2022 : le Sénégal retient son souffle pour Sadio

novembre 9, 2022

COUP DUR. L’incertitude est désormais de mise quant à la présence de l’attaquant de 30 ans au sein des Lions. Blessé au péroné droit, il ne jouera pas samedi avec le Bayern.

La blessure au perone droit de Sadio Mane est un coup dur pour les Lions de la Treanga, champions d'Afrique a onze jours du coup d'envoi de la Coupe du monde au Qatar.
La blessure au péroné droit de Sadio Mané est un coup dur pour les Lions de la Téranga, champions d’Afrique à onze jours du coup d’envoi de la Coupe du monde au Qatar.© SVEN HOPPE / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

Le communiqué du Bayern, tombé en milieu d’après-midi, n’a pas levé les incertitudes après la blessure de Mané mardi soir sur la pelouse de l’Allianz Arena contre le Werder Brême (6-1). Du coup, c’est tout le Sénégal qui retient son souffle pour sa mégastar Sadio Mané. Touché au péroné droit, l’attaquant de 30 ans ne jouera pas samedi avec le Bayern Munich. À onze jours du coup d’envoi du Mondial 2022, plus que jamais, l’incertitude plane sur sa présence avec ses coéquipiers des Lions de la Téranga, dans l’attente d’examens complémentaires.

Suspens

Une seule chose est sûre : le Sénégalais ne sera pas du voyage du Bayern à Gelsenkirchen pour affronter Schalke lors de la 15e journée de Bundesliga. Pour le reste, c’est le brouillard, alors que le Sénégal entre en lice le 21 novembre contre les Pays-Bas à Doha. Le joueur arrivé deuxième du Ballon d’or 2022 devra passer dans les prochains jours des examens complémentaires pour en savoir plus sur l’étendue de sa blessure, a expliqué le Bayern, qui reste en contact avec le staff médical de la Fédération sénégalaise de football. Le temps presse toutefois, alors que le sélectionneur Aliou Cissé doit annoncer vendredi sa liste de joueurs retenus pour le grand rendez-vous planétaire.

Incertitude

Champion d’Afrique en titre, après le sacre début février, le Sénégal fait partie des outsiders du Mondial au Qatar, dans un groupe abordable comprenant aussi le Qatar, pays hôte, et l’Équateur. Mais l’éventuelle absence de Mané viendrait grandement compliquer la tâche des Lions, tant le joueur africain de l’année en 2022 est essentiel dans le dispositif de Cissé. Déjà icône dans son pays, l’enfant de Bambali, en Casamance (Sud), espère toucher encore plus profondément les cœurs, et pour cela il lui faudrait faire mieux que ses aînés de 2002, quarts de finalistes en Corée du Sud et au Japon avec pour capitaine… Aliou Cissé, l’actuel sélectionneur.

Icône contrariée

C’est sur une action totalement anodine mardi soir, lors de la 14e journée de Bundesliga, que Mané, surnommé « Ballonbuwa » (« le sorcier du ballon »), s’est blessé. À la course avec le défenseur du Werder Brême Amos Pieper après un quart d’heure de jeu, l’attaquant du Bayern a reçu un coup totalement involontaire sur la rotule du genou droit. Immédiatement, l’international sénégalais a ressenti une douleur, s’est tenu le genou, puis s’est allongé sur la pelouse. Après l’intervention des médecins bavarois, Mané a tenté de reprendre sa place, mais a rapidement fait signe à son entraîneur Julian Nagelsmann qu’il ne pouvait pas poursuivre la rencontre. Il a été remplacé par l’international allemand Leroy Sané à la 21e minute. La blessure de Sadio Mané a été vécue à Dakar comme un véritable choc, le président Macky Sall tweetant « Sadio, je te souhaite prompt rétablissement suite à ta blessure lors du match Bayern-Werder Brême. Comme je te l’ai dit : Sadio, cœur de Lion ! De tout cœur avec toi ! Dieu te bénit ! », avant le communiqué du club munichois.

Un joueur de plus sur la liste des internationaux blessés

Les organismes des internationaux ont été mis à rude épreuve avec le décalage de la Coupe du monde à novembre-décembre à la place des traditionnels juin-juillet, afin d’éviter les températures caniculaires du Qatar à cette période de l’année. Mardi soir, Mané en était à son 12e match en six semaines et demie, une cadence infernale dénoncée mercredi par le syndicat des joueurs professionnels en France, l’UNFP, qui a fustigé des « calendriers démentiels » et déploré une « hécatombe » de blessures. La liste des blessés ces dernières semaines est déjà longue : les Français Paul Pogba (Juventus Turin) et N’Golo Kanté (Chelsea), l’Allemand Timo Werner (Leipzig), le Néerlandais Georginio Wijnaldum (AS Rome), ou encore le Portugais Diogo Jota (Liverpool)

Par Le Point avec AFP