Nul n’étant contre la vertu, personne n’est en faveur du gaspillage alimentaire. Or, il s’agit d’un fléau de notre ère d’abondance. En guise d’offensive pour remettre sur la table des denrées qui échouent trop facilement aux rebuts, une pétition sera mise en ligne le lundi 19 août prochain, avec l’intention de recueillir 15 000 signatures pour motiver l’administration municipale montréalaise à tenir une consultation publique sur le sujet.

« Notre objectif est de recueillir 15 000 signatures en 90 jours, afin d’arriver à une consultation publique avec la Ville de Montréal. Nous voulons faire appel à l’intelligence collective, réfléchir ensemble et récolter des bonnes idées, dans l’optique de faire des recommandations », indique Guillaume Cantin de l’organisme La Transformerie co-initiateur avec Atlantide Des Rochers, du projet de pétition.

Selon la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), le tiers des aliments produits chaque année dans le monde pour la consommation humaine, soit environ 1,3 milliard de tonnes, est perdu ou gaspillé. Au Canada, c’est jusqu’à 40 % de la nourriture produite qui est gaspillée.

Évaluer des solutions possibles, favoriser la réduction à la source dans une perspective collaborative : telle est l’optique dans laquelle les instigateurs de la pétition entendent travailler. « La plupart du temps, le gaspillage est traité négativement. C’est un sujet tabou. À La Transformerie, nous préférons travailler dans une perspective d’ouverture, sans tomber dans le côté moralisateur. »

Cesser de nourrir les poubelles

Lancée le 19 août à minuit et une, la pétition contre le gaspillage alimentaire a rallié l’appui de Greenpeace, Laure Waridel, le chef Martin Juneau, le comédien Émile Proulx-Cloutier. « On a ratissé large en ne nous limitant pas aux organismes environnementaux, mais en allant aussi chercher diverses strates de la société. Pour nous, cela est une façon de mobiliser le politique en sensibilisant non seulement les citoyens, mais aussi les fonctionnaires et les élus », poursuit Guillaume Cantin.

La Transformerie fait partie d’un nombre croissant d’organismes montréalais qui œuvrent dans une optique de réduction du gaspillage alimentaire. Avec le soutien d’une trentaine de bénévoles, La Transformerie effectue la collecte, la transformation, la revente et la redistribution de denrées invendues. « Personne ne se lève le matin avec le but de jeter de la nourriture. Nous ne sommes pas là pour déresponsabiliser, mais bien pour travailler ensemble à changer les choses. De cette façon, tout le monde peut gagner. »

Avec Le Devoir.com par Sylvie St-Jacques