Posts Tagged ‘Sergio Mattarella’

Italie: les chefs de file des populistes furieux après le retrait de Conte

mai 27, 2018

Rome – Luigi Di Maio et Matteo Salvini, les chefs de file des antisystème et de l’extrême droite en Italie, ont exprimé leur fureur dimanche soir après que Giuseppe Conte, le Premier ministre qu’ils avaient choisi, a jeté l’éponge.

Le président italien Sergio Mattarella a en effet refusé de nommer un ministre de l’Économie et des Finances opposé à l’euro.

« Nous avons travaillé pendant des semaines pour faire naître un gouvernement qui défende les intérêts des citoyens italiens. Mais quelqu’un (sur la pression de qui ?) nous a dit NON », a réagi M. Salvini, le patron de la Ligue (extrême droite), sur les réseaux sociaux.

« Nous ne serons plus jamais les larbins de personne. L’Italie n’est pas une colonie, nous ne sommes pas les esclaves des Allemands ou des Français, du spread (l’écart entre les taux d’emprunt à dix ans allemand et italien, ndlr) ou de la finance », a-t-il insisté.

« Les Italiens d’abord. Moi je ne lâche rien », a-t-il ajouté.

M. Di Maio, le chef de file du Mouvement 5 étoiles (antisystème), était encore plus furieux et amer, dans une vidéo diffusée sur Facebook.

« Il y a un grand problème en Italie : la démocratie », a-t-il estimé, jugeant « incompréhensible » le veto mis par M. Mattarella sur Paolo Savona, un vieux routier de la finance et ancien ministre, mais qui considère l’euro comme « une prison allemande ».

« Nous étions prêts à gouverner et on nous a dit non, parce que le problème est les que les agences de notation dans toute l’Europe étaient inquiètes à cause d’un homme qui allait devenir ministre de l’Économie », a-t-il expliqué.

« Alors disons-le clairement qu’il est inutile d’aller voter, puisque les gouvernements ce sont les agences de notation, les lobbies financier et bancaire qui les font. Toujours les mêmes », a-t-il ajouté.

Romandie.com avec(©AFP / 27 mai 2018 19h28)                                                        

Italie: Giuseppe Conte renonce à être Premier ministre

mai 27, 2018

Giuseppe Conte sort d’un entretien avec le président italien Sergio Mattarella, le 27 mai 2018 à Rome / © AFP / Vincenzo PINTO

Giuseppe Conte a renoncé dimanche, après avoir été reçu par le président italien Sergio Mattarella, à être Premier ministre, alors qu’il avait été désigné pour occuper ces fonctions par les antisystème et l’extrême droite, a annoncé dimanche soir la présidence.

« Le Président du conseil désigné Giuseppe Conte a remis son mandat au président Mattarella », a annoncé le secrétaire général de la présidence, Ugo Zampetti, à l’issue d’une entrevue entre les deux hommes.

M. Conte, 53 ans, un juriste novice en politique, avait été désigné mercredi mais il devait encore confirmer cette nomination et présenter une liste de ministres que le chef de l’Etat accepte pour que celle-ci soit effective.

« Je peux vous assurer que j’ai fourni le maximum d’efforts et d’attention pour mener à bien cette tâche et l’avoir fait dans un climat de pleine collaboration avec les responsables des forces politiques qui m’ont désigné », a déclaré M. Conte devant la presse.

Giuseppe Conte, qui a renoncé dimanche à diriger le gouvernement d’union antisystème/extrême droite, est un avocat et professeur de droit de 53 ans, inconnu du grand public et jusqu’à présent très éloigné du monde politique.

« Je suis très fier de ce nom, parce qu’il représente la synthèse entre la Ligue et le M5S », a déclaré Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 étoiles.

Avant mercredi, la seule apparition publique dans un contexte politique de cet universitaire discret à la mèche brune rebelle datait d’avant les élections du 4 mars, quand le M5S l’avait présenté comme possible ministre de l’Administration publique.

« C’est un expert absolu en simplification, +débureaucratisation+, rationalisation de la machine administrative que tant de nos entreprises demandent », assure Matteo Salvini, patron de la Ligue.

Les deux hommes avaient proposé lundi le nom de M. Conte au président italien Sergio Mattarella, qui a temporisé, redoutant que cet inconnu ne fasse pas le poids devant les ténors des partis qui l’ont choisi et qui devraient être ses ministres.

Né en 1964 à Volturara Appula, village de 500 habitants dans les Pouilles (sud), Giuseppe Conte a grandi auprès d’un père secrétaire communal et d’une mère maîtresse d’école à San Giovanni Rotondo, la ville de Padre Pio, le saint le plus révéré d’Italie.

Il est le premier chef de gouvernement originaire du sud de l’Italie depuis près de 30 ans. « C’est quelqu’un qui vient de la périphérie de ce pays (…), qui s’est fait tout seul, un dur », a assuré M. Di Maio.

Giuseppe Conte a fait de brillantes études de droit à la Villa Nazareth, une université catholique pour étudiants défavorisés à Rome.

Son CV évoque ensuite des séjours de « perfectionnement » pendant l’été dans les universités les plus prestigieuses du monde: Yale, New York University la Sorbonne, Cambridge…

– Polémique sur son CV –

Ces quelques lignes ont provoqué une polémique parce que plusieurs de ces établissements, interrogés par l’AFP, ont expliqué ne pas avoir pas trace de lui. Ses séjours étaient essentiellement des activités de recherches personnelles dans les bibliothèques des établissements.

Dans le même temps, il a enseigné dans des facultés de droit en Sardaigne, à Rome, à Florence et à Malte et était jusqu’à récemment professeur de droit privé à Florence, tout en exerçant dans un cabinet d’avocats dans la capitale.

Il a été aussi membre du conseil d’administration de l’Agence spatiale italienne, consultant juridique de la Chambre de commerce de Rome et membre du comité de surveillance de plusieurs sociétés d’assurances en faillite.

Séparé de son épouse, il a un fils de 10 ans avec lequel il partage sa passion pour le football.

Lui qui a voté à gauche la majeure partie de sa vie aurait eu à diriger des ministres d’extrême droite s’il avait été Premier ministre.

« Je pense que les schémas idéologiques du XXe siècle ne sont plus adéquats », a-t-il expliqué un jour, selon la presse.

Et faute de se mettre d’accord sur un poids lourd politique, le M5S et la Ligue ont eu recours à cet expert qui n’a jamais été élu, un comble pour ces deux partis qui ont passé les dernières années à pourfendre les divers gouvernements techniques ou de coalition.

« Il était dans mon équipe, 11 millions d’Italiens ont voté pour lui », a rétorqué M. Di Maio. « Tous les Premiers ministres sont politiques », a ajouté M. Salvini.

Il ne semble de toute façon pas du genre à se décourager facilement. Sur son compte WhatsApp, il a mis en exergue cette citation attribuée à John Kennedy : « Chaque réussite commence avec la volonté d’essayer ».

Romandie.com avec (©AFP / 27 mai 2018 20h37)  

Rubygate: l’audience débute pour Silvio Berlusconi

mars 10, 2015

La Cour de cassation italienne a commencé mardi à examiner mardi l’affaire Rubygate. L’ex-chef du gouvernement Silvio Berlusconi a été condamné en première instance à sept ans de prison mais acquitté en appel dans le cadre de ce scandale sexuel.

La juridiction suprême italienne a débuté cette audience vers 11h30, a constaté un journaliste de l’AFP sur place. Le procureur de la Cour a demandé aux juges d’annuler l’acquittement dont a bénéficié Silvio Berlusconi et de le renvoyer devant une cour d’appel.

La Cour de cassation, dont la décision aura des conséquences sur le destin politique de celui qui dirige toujours le parti de centre droit Forza Italia, pourrait annoncer sa décision dans la journée. Elle peut confirmer l’acquittement ou renvoyer tout ou partie du verdict pour un nouveau procès en appel.

« Arrogance »
L’ex-Cavaliere, que ses partisans défendent, assurant qu’il est « victime d’un harcèlement judiciaire intolérable », comme l’a déclaré son conseiller politique, a sans attendre la mesure de la Cour de cassation décidé de hausser le ton envers le gouvernement de Matteo Renzi.

Il a ordonné à ses élus à la Chambre des députés de ne pas voter mardi un projet de loi modifiant la Constitution, auquel il avait pourtant collaboré, prétextant l’attitude « arrogante » de M. Renzi, qui a fait élire un président de la République, Sergio Mattarella, auquel M. Berlusconi était opposé.

Plus d’une quinzaine de ses députés ont rendu publique mardi une lettre dans laquelle ils affirment qu’ils se conformeront à la décision de leur chef, par « loyauté » envers lui, tout en soulignant leur désaccord avec cette ligne politique.

Romandie.com