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Pas d’entente en vue pour la reprise des exportations de céréales ukrainiennes

juin 8, 2022
MM. Lavrov et Cavusoglu discutent en marchant.

Les ministres des Affaires étrangères de la Russie et de la Turquie, Sergueï Lavrov (à gauche) et Mevlüt Cavusoglu, se sont rencontrés mercredi à Ankara. Photo : Getty Images/AFP/Adem Altan

Aucun mécanisme concret permettant à l’Ukraine de reprendre l’exportation de ses céréales n’a été annoncé au terme de la rencontre entre les chefs de la diplomatie de la Russie et de la Turquie, mercredi, à Ankara.

Sergueï Lavrov et son homologue Mevlüt Cavusoglu discutaient des moyens d’établir des corridors maritimes sécurisés en mer Noire pour permettre à des navires de transporter ces denrées à l’étranger.

Un blocus naval de la marine russe empêche les navires de quitter le port d’Odessa, le plus important pour les exportations céréalières, alors que d’autres ports, dont ceux de Berdyansk et de Marioupol, sont désormais aux mains de l’armée russe.

Le blocage des céréales ukrainiennes fait flamber les prix et laisse planer le spectre d’une crise alimentaire mondiale, notamment dans plusieurs pays de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Les marchés étant mondialisés, les répercussions se feront toutefois sentir partout dans le monde.

À la demande des Nations unies, la Turquie a proposé son aide pour escorter les convois maritimes depuis les ports ukrainiens, malgré la présence de mines dont certaines ont été détectées jusqu’à proximité des côtes turques.

En conférence de presse après la rencontre, M. Lavrov a répété que la Russie est prête à offrir des garanties de sécurité et ne profiterait pas de la situation pour pousser son avantage sur le terrain militaire. Ce sont des garanties données par le président de la Russie, Vladimir Poutine, a-t-il déclaré.

« Nous disons tous les jours que nous sommes prêts à garantir la sécurité des navires qui quittent les ports ukrainiens […] en coopération avec nos collègues turcs. »— Une citation de  Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères des la Russie

La responsabilité de déminer les ports de la mer Noire revient toutefois à Kiev, mais le président ukrainien Volodymyr Zelensky refuse catégoriquement de le faire, a-t-il ajouté.

Le gouvernement ukrainien a effectivement miné ses ports pour empêcher des débarquements russes sur ses côtes.Un terminal céréalier, dans un port.

Le terminal céréalier de Mykolaïv, photographié ici en 2013, a été détruit par des frappes russes au cours des derniers jours, a affirmé lundi Josep Borrell, chef de la diplomatie de l’Union européenne. Cette situation contredit les dires de Moscou, qui soutient ne pas être responsable des difficultés d’exportation, a-t-il souligné. Photo : Reuters/Vincent Mundy

Des demandes russes légitimes aux yeux des Turcs

M. Cavusoglu a rappelé que la Russie exige cependant la levée des sanctions qui frappent indirectement ses exportations agricoles, pour faciliter les exportations ukrainiennes.

« Si nous devons ouvrir le marché international ukrainien, nous pensons que lever les obstacles aux exportations russes est légitime. »— Une citation de  Mevlüt Cavusoglu, ministre des Affaires étrangères de la Turquie

Il a cité spécifiquement les exportations de céréales et d’engrais russes, qui ne sont pas directement visées par les sanctions occidentales, mais qui sont empêchées par la suspension des échanges bancaires et financiers.

Selon M. Cavusoglu, le plan de l’ONU est raisonnable et réalisable. L’Ukraine et la Russie devraient l’accepter.

À Moscou et à Kiev, les réactions n’ont été guère encourageantes.

Dans un appel avec des journalistes, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a souligné qu’il n’y avait aucune discussion de fond sur la levée des sanctions exigées par Moscou.

Le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, Oleg Nikolenko, a pour sa part déclaré dans un tweet que les garanties de sécurité offertes par M. Lavrov ne sont que des paroles creuses.

« De l’équipement militaire est requis pour protéger le littoral et une mission navale [est nécessaire] pour patrouiller sur les routes d’exportation. La Russie ne peut pas utiliser les corridors pour le grain pour attaquer le sud de l’Ukraine. »— Une citation de  Oleg Nikolenko, porte-parole du ministère des Affaires étrangères de l’Ukraine

La véritable cause de cette crise : il s’agit de l’agression russe, pas des sanctions, a ensuite déclaré à la presse le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba.

Kiev veut participer aux négociations

L’ambassadeur ukrainien en Turquie, Vasyl Bodnar, a en outre souligné qu’aucune entente ne pourra être conclue en l’absence de Kiev à la table des négociations.Des dizaines d'hommes sont assis de part et d'autre d'une table.

Les pourparlers de mercredi, à Ankara, se sont déroulés en l’absence d’une délégation ukrainienne. Photo : La Presse Canadienne/AP/Ministère des Affaires Étrangères de la Russie

Il a soutenu que la Russie demandait à pouvoir faire des vérifications sur les navires qui emprunteraient un éventuel corridor, une proposition qu’il juge irréaliste.

L’ambassadeur Bodnar a toutefois reconnu que la médiation turque était essentielle dans ce dossier.

Le porte-parole de l’administration de la région d’Odessa, Serguiï Bratchouk, a quant à lui défendu le point de vue ukrainien. Si l’Ukraine démine le port de la ville, la Russie voudra attaquer, elle rêve de parachuter des troupes, a-t-il déclaré dans un message vidéo sur Telegram.

La flotte russe de la mer Noire fera semblant de se retirer vers la Crimée annexée. Mais dès qu’on déminera les accès au port d’Odessa, la flotte russe sera là, a-t-il ajouté, en plaidant pour que les convois de céréales ukrainiennes soient escortés par les pays de l’OTAN, l’alliance militaire dont la Turquie est membre.

Des silos à grain à moitié pleins à l’aube de la récolte

Les silos à grains du territoire ukrainien contrôlé par Kyiv sont déjà à moitié pleins alors qu’approche la récolte annuelle et que la Russie continue de bloquer les ports du pays, a déclaré mercredi le chef de l’Association ukrainienne des producteurs de grains, Mykola Gorbachov.

Quelque 30 millions de tonnes de céréales sont stockées dans les territoires tenus par l’Ukraine, sur une capacité totale d’environ 55 millions de tonnes, a-t-il déclaré lors d’une conférence du Conseil international des céréales à Londres. Une capacité de stockage de 13 à 15 millions de tonnes existe dans les zones occupées par la Russie.

Sans accès à ses ports de la mer Noire, l’Ukraine pourra au mieux exporter 20 millions de tonnes de céréales l’année prochaine, les itinéraires alternatifs routiers, fluviaux et ferroviaires limitant les exportations à un maximum de 2 millions de tonnes par mois. L’an dernier, 44,7 millions de tonnes de céréales ont été exportées.

Selon M. Gorbachov, la moitié de la récolte de maïs de l’Ukraine, quatrième exportateur mondial, restera en terre si la Russie maintient son blocus des ports de la mer Noire. Je peux vous dire que nous ne trouverons pas de solution (pour) les exportations sans accès à ces ports, a-t-il affirmé.

À ces tensions s’ajoutent des accusations selon lesquelles Moscou aurait volé et exporté 600 000 tonnes de céréales ukrainiennes, et expédié par transport maritime 100 000 tonnes de céréales en Syrie, selon des preuves enregistrées par les États-Unis, a affirmé mercredi le directeur adjoint de l’Union des producteurs agricoles ukrainiens. Ces affirmations ne peuvent être vérifiées.

M. Gorbachov estime que les pourparlers russo-turcs sur la reprise des exportations ukrainiennes ne sont pas susceptibles de déboucher sur les garanties de sécurité nécessaires. Il appelle conséquemment les États-Unis, le Royaume-Uni et la France à fournir un convoi sûr aux navires transportant des céréales ukrainiennes hors du pays.

Avant la guerre, Kiev exportait chaque mois 12 % du blé mondial, 15 % du maïs et 50 % de l’huile de tournesol.

Avec Radio-Canada par François Messier

Russie: Sergueï Lavrov empêché de se rendre en Serbie

juin 6, 2022
Sergueï Lavrov, assis devant un micro, avec une feuille entre ses mains.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, en conférence de presse, lundi, à Moscou. Photo : La Presse Canadienne/AP/Ministère Russe des Affaires Étrangères

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a été contraint d’annuler un voyage en Serbie, lundi, après que trois pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) – la Bulgarie, la Macédoine du Nord et le Monténégro – eurent décidé de fermer leur espace aérien.

Les trois pays ont expliqué leur décision en invoquant des sanctions imposées par l’Union européenne à la Russie après le déclenchement de son offensive en Ukraine, le 24 février. Le ministre Lavrov est personnellement visé par de nombreuses sanctions.

L’inconcevable s’est produit, s’est indigné M. Lavrov, lors d’une conférence de presse en ligne convoquée en urgence lundi matin. On a privé un État souverain de son droit d’exercer sa politique extérieure, a-t-il ajouté, dénonçant une mesure scandaleuse.

Du point de vue occidental, la Serbie ne doit avoir aucun choix, aucune liberté de choisir ses partenaires, a ajouté le ministre russe des Affaires étrangères. L’Occident montre clairement qu’il est prêt à utiliser tous les moyens pour mettre de la pression sur la Russie.

« Si une visite du ministre russe des Affaires étrangères est perçue en Occident comme une quasi-menace planétaire, cela veut apparemment dire que tout va très mal là-bas. »— Une citation de  Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères

De tels actes hostiles à l’égard de notre pays sont capables de causer certains problèmes […], mais ils ne peuvent pas empêcher notre diplomatie de poursuivre son travail, a réagi pour sa part le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.Une dizaine de personnes tiennent une pancarte dans un espace public.

Un petit groupe de Serbes a manifesté lundi dans la capitale, Belgrade, pour s’opposer à la venue de M. Lavrov, qui ne s’est finalement pas concrétisée. « À La Haye, pas à Belgrade », peut-on lire sur leur pancarte, en référence au siège de la Cour pénale internationale. Photo: La Presse Canadienne/AP/Darko Vojinovic

Le chef de la diplomatie russe était censé rencontrer à Belgrade le président serbe Aleksandar Vucic, son homologue Nikola Selakovic et le patriarche de l’Église orthodoxe serbe Porfirije. Étant donné la tournure des événements, M. Lavrov a indiqué avoir invité M. Selakovic à se rendre en Russie dans les plus brefs délais.

Le ministre russe a néanmoins assuré que Moscou n’entendait pas répliquer. En ce qui concerne d’éventuelles ripostes, on ne va pas faire quoi que ce soit qui risque de compliquer davantage les liens entre les peuples, a-t-il dit.

Ce n’est pas la première fois que M. Lavrov est empêché de voyager à l’extérieur de la Russie depuis le début de la guerre. Le 1er mars, il avait dû annuler une visite en Suisse et s’était résigné à prononcer un discours par vidéoconférence au Conseil des droits de l’homme. Plusieurs pays, dont le Canada, avaient boycotté ce discours.

À Belgrade, le ministre serbe de l’Intérieur, Aleksandar Vulin, a déclaré qu’il regrettait profondément l’obstruction à la visite de M. Lavrov, qu’il a décrit comme un grand ami avéré de la Serbie.

« Un monde dans lequel les diplomates ne peuvent pas rechercher la paix est un monde dans lequel il n’y a pas de paix. Ceux qui ont empêché la venue de Sergueï Lavrov ne veulent pas la paix, ils rêvent de vaincre la Russie. […] La Serbie est fière de ne pas faire partie de l’hystérie antirusse, et les pays qui y participent auront le temps d’avoir honte. »— Une citation de  Aleksandar Vulin, ministre de l’Intérieur de la Serbie

Malgré la guerre en Ukraine, la Serbie maintient de bonnes relations avec la Russie, et n’a pas adopté de sanctions à son encontre. Les deux pays de culture slave sont des alliés de longue date. Depuis la chute de l’Union soviétique, Moscou a notamment appuyé les revendications serbes dans le dossier du Kosovo.

La Serbie est également très dépendante du gaz russe. La semaine dernière, elle a signé avec Moscou un accord qui prolonge de trois ans son approvisionnement en gaz, alors même que la presque totalité des pays de l’Union européenne, à laquelle Belgrade veut adhérer, disent vouloir trouver de nouveaux fournisseurs.

Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press et Reuters

Chinois et Russes avancent leur vision d’un nouvel ordre mondial

mars 30, 2022

Les ministres chinois et russe des Affaires étrangères, Wang Yi et Sergueï Lavrov (archives) Photo: AP

Un ordre mondial « plus juste ». Cinq semaines après l’invasion de l’Ukraine, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a obtenu mercredi auprès de son allié chinois une réaffirmation de l’amitié « sans limites » des deux pays face aux États-Unis.

Face à la résistance ukrainienne et à l’unité des démocraties occidentales, qui ont pris des sanctions sans précédent contre elle, la Russie ne peut compter que sur la puissance chinoise pour échapper à un isolement économique total.

Dans ce contexte, Sergueï Lavrov a profité d’un entretien bilatéral dans l’est de la Chine avec son homologue Wang Yi pour annoncer l’avènement du nouvel ordre mondial rêvé par les deux pays.

Nous vivons une étape très sérieuse dans l’histoire des relations internationales, a-t-il déclaré, dans une vidéo de l’entretien diffusée par son ministère.

Je suis convaincu qu’à l’issue de cette étape, la situation internationale sera nettement plus claire et que nous […] nous dirigerons vers un ordre mondial multipolaire, juste, démocratique, a-t-il lancé à son hôte.

Dans un communiqué diffusé par Moscou, les deux pays ont annoncé vouloir poursuivre l’approfondissement de la coordination en politique étrangère et élargir l’action commune, mais sans annoncer de mesures concrètes de soutien de la Chine à la Russie.

Les puissances occidentales ont mis en garde Pékin contre tout soutien au régime du président russe Vladimir Poutine qui permettrait à Moscou d’atténuer l’impact des sanctions.

Les entreprises chinoises font preuve de prudence dans leurs échanges avec la Russie, de peur d’être frappées indirectement par ces sanctions.

M. Lavrov a donc dû se contenter d’une réaffirmation du caractère illimité de l’amitié entre les deux pays face au rival américain commun.

La coopération sino-russe est sans limites. Notre recherche de la paix est sans limites, notre défense de la sécurité est sans limites, notre opposition à l’hégémonie est sans limites, a énuméré un porte-parole de la diplomatie chinoise, Wang Wenbin, interrogé sur la visite du ministre russe.

Depuis le 24 février, Pékin s’est refusé à condamner l’invasion de l’Ukraine.

Début mars, Wang Yi avait même salué une amitié solide comme un roc avec Moscou et défendu les préoccupations raisonnables de la Russie pour sa sécurité.

Quelques semaines avant la guerre, Vladimir Poutine avait lui-même été chaleureusement reçu par son homologue chinois Xi Jinping à Pékin. Les deux pays avaient alors célébré une amitié sans limites et dénoncé l’extension de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN.

Sergueï Lavrov doit participer en Chine à deux jours de réunions sur l’Afghanistan, durant lesquelles il devrait côtoyer un diplomate américain.

Pékin et Moscou ont vu dans le départ des forces américaines de Kaboul une preuve de l’affaiblissement de l’Amérique.

La réunion, organisée à Tunxi (est), dans la grande région de Shanghai, rassemble sept pays voisins de l’Afghanistan. Le chef de la diplomatie des talibans au pouvoir à Kaboul, Amir Khan Muttaqi, est également attendu, selon l’agence Chine nouvelle.

Parallèlement doit se tenir une réunion d’un mécanisme de consultation sur l’Afghanistan, avec la participation de diplomates de la Chine, de la Russie, du Pakistan, mais aussi des États-Unis.

Selon un porte-parole du département d’État américain, le représentant spécial de Washington pour l’Afghanistan, Tom West, doit assister à la réunion.

Ces rencontres surviennent une semaine après une visite de Wang Yi à Kaboul, pour la première fois depuis l’arrivée au pouvoir des fondamentalistes islamistes en août dernier.

La Chine partage une petite frontière de 76 kilomètres à très haute altitude avec l’Afghanistan.

Pékin craint depuis longtemps que son voisin devienne une base de repli pour les séparatistes et islamistes de l’ethnie ouïgoure, majoritaire dans sa vaste région du Xinjiang (nord-ouest).

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

L’empoisonnement de Skirpal pouvait être « dans l’intérêt » de Londres

avril 2, 2018

La bannière étoilée flotte à l’entrée de l’ambassade américaine de Moscou, le 2 avril 2018

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a affirmé lundi que l’empoisonnement de l’ex-agent double Sergueï Skripal au Royaume-Uni pouvait être « dans l’intérêt » de Londres pour détourner l’attention du Brexit au sein de la population britannique.

L’empoisonnement « pouvait être dans l’intérêt du gouvernement britannique, qui s’est trouvé dans une position inconfortable en étant dans l’incapacité de remplir ses promesses faites aux électeurs sur les conditions du Brexit », a déclaré M. Lavrov lors d’une conférence de presse.

« Cela pouvait aussi être dans l’intérêt des services spéciaux britanniques, qui sont connus pour leur capacité à agir avec permis de tuer », a-t-il poursuivi.

Selon lui, Moscou n’avait aucune raison à la veille de la présidentielle et à quelques mois de la Coupe du monde de football organisée en Russie d’empoisonner son ex-espion, qui avait été condamné pour trahison avant de faire l’objet d’un échange de prisonniers en 2010.

M. Lavrov a également critiqué la décision de pays occidentaux d’expulser des diplomates russes de leur territoire, ce qui a provoqué une riposte symétrique de Moscou.

« Lorsqu’on a pas de preuves (de l’implication de Moscou dans l’empoisonnement, ndlr), alors on se venge sur les diplomates », a-t-il déclaré, ajoutant que la Russie allait continuer à appliquer le « principe de réciprocité » dans ses relations avec les Occidentaux.

Le chef de la diplomatie russe a également accusé la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et leurs alliés d’avoir « perdu toute décence » et de « recourir à des mensonges et de la désinformation purs et simples ».

M. Lavrov a ajouté que la Russie avait « de nombreuses questions » concernant cette affaire et que « l’incapacité de la Grande-Bretagne à y répondre signifiera que tout cela n’est qu’une invention et plus concrètement une provocation flagrante ».

L’empoisonnement avec un agent innervant le 4 mars sur le sol britannique de l’ex-espion russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia suscite depuis mi-mars une vague historique d’expulsions croisées de diplomates – au total environ 300 – entre la Russie et des pays occidentaux.

Londres impute la responsabilité de cet empoisonnement à Moscou qui nie toute implication.

Romandie.com avec(©AFP / 02 avril 2018 15h05)                

États-Unis: La Maison Blanche furax après la publication de photos par le Kremlin

mai 11, 2017

Washington – L’administration américaine se trouvait jeudi de nouveau dans l’embarras après la publication par le Kremlin de photos gênantes d’une rencontre à huis clos entre le président Donald Trump et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Les clichés montrent un Donald Trump souriant en train de serrer la main de M. Lavrov et de l’ambassadeur russe à Washington Sergueï Kisliak, posant également à leurs côtés, lors d’une rencontre mercredi dans le prestigieux Bureau Ovale.

Cet entretien était déjà perçu comme un joli coup diplomatique pour le Kremlin: un accueil avec tapis rouge à peine quelques mois après la mise en place de sanctions américaines contre la Russie pour son ingérence dans l’élection présidentielle de 2016.

Des diplomates expérimentés s’interrogeaient jeudi sur les raisons pour lesquelles le président avait accepté de recevoir les deux dignitaires russes, un honneur d’ordinaire réservé aux chefs d’Etat et d’autant plus mal venu qu’ils sont au coeur même d’un vaste scandale politique aux Etats-Unis.

L’administration reste en effet engluée dans des accusations de collusion entre l’entourage de M. Trump et des responsables russes, dont M. Kisliak, pour favoriser sa candidature face à sa concurrente démocrate Hillary Clinton. Trois enquêtes –au Congrès et au FBI– sont en cours à ce sujet.

La diffusion de ces photos participe à l’impression que la Russie a remporté une victoire diplomatique et que la Maison Blanche a été manipulée.

« Félicitations Kollegi (collègues) d’avoir obtenu ces photos! Enorme coup », a déclaré Michael McFaul, ex-ambassadeur américain à Moscou.

En public, la Maison Blanche tente de garder la tête haute: « Il est normal qu’il rencontre le ministre des Affaires étrangères », a déclaré Sarah Huckabee Sanders, porte-parole de l’exécutif, vilipendant les critiques.

Mais, en privé, les responsables de la Maison Blanche bouillaient face à ce qu’ils considéraient comme un abus de confiance.

Selon eux, le président russe Vladimir Poutine a réclamé cette rencontre entre son ministre et M. Trump, en réciproque à son récent entretien avec le secrétaire d’Etat Rex Tillerson à Moscou.

La Maison Blanche avait été informée qu’un photographe officiel russe serait présent, laissant entendre que les clichés seraient pour les archives mais n’avaient pas vocation à être diffusés immédiatement.

« Notre photographe officiel et le leur étaient présents, c’est tout », a indiqué un assistant peu après la rencontre.

Mais lorsque les images ont été publiées dans le monde entier par l’intermédiaire d’un média public russe, la fureur s’est emparée de la Maison Blanche d’avoir ainsi été trompée. Deux responsables ont reconnu ne pas avoir été prévenus de leur publication.

L’amiral Mike Rogers, directeur du service d’écoute et d’espionnage NSA, a indiqué jeudi lors d’une audition au Congrès, ne pas avoir été personnellement consulté concernant un éventuel risque de cyber-intrusion ou de piratage des communications lié à cet entretien dans le Bureau Ovale, et ne pas avoir connaissance que la NSA ait été consultée.

Cette rencontre est intervenue juste quelques heures après le limogeage surprise par le président américain du patron du FBI James Comey, dont les services sont chargés d’enquêter sur l’éventuelle collusion entre la campagne Trump et les Russes.

La présence dans le Bureau Ovale de M. Kisliak n’a fait qu’exacerber le malaise puisque ses contacts avec plusieurs proches de M. Trump sont au coeur des soupçons de collusion.

Ainsi, Michael Flynn a été contraint de démissionner mi-février de son poste de directeur à la sécurité nationale pour n’avoir pas révélé ses échanges avec l’ambassadeur russe.

Romandie.com avec(©AFP / 11 mai 2017 20h14)                                            

Washington s’inquiète auprès de Moscou de son éventuel engagement militaire en Syrie

septembre 5, 2015

Washington – Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a appelé samedi son homologue russe Sergueï Lavrov pour lui exprimer l’inquiétude des Etats-Unis quant à un éventuel engagement militaire de Moscou en Syrie, a indiqué le département d’Etat.

Le secrétaire d’Etat a dit clairement que si de telles informations étaient exactes, ces actions pourraient provoquer une escalade du conflit, a fait valoir la diplomatie américaine en rapportant la conversation téléphonique entre les deux ministres.

D’après le département d’Etat, M. Kerry a précisément parlé avec son interlocuteur d’informations évoquant une montée en puissance militaire russe imminente en Syrie.

Si tel était le cas, cela pourrait conduire à davantage de pertes de vies innocentes, à une augmentation du flot de réfugiés et à un risque de confrontation avec la coalition contre l’Etat islamique opérant en Syrie, s’est encore alarmé Washington qui pilote depuis un an des frappes militaires contre le groupe armé jihadiste en Syrie et en Irak.

Vendredi, le président russe Vladimir Poutine avait affirmé qu’il était encore trop tôt pour parler d’un engagement militaire de la Russie en Syrie pour combattre l’EI. Il est prématuré de dire que nous sommes prêts à y aller là, tout de suite, a déclaré M. Poutine en rappelant toutefois que Moscou vendait depuis longtemps des armes au régime du président syrien Bachar al-Assad.

Samedi matin, la diplomatie russe avait également rendu compte de la conversation Kerry-Lavrov à l’initiative américaine, mais pas dans les même termes, insistant sur la lutte contre l’EI.

Les chefs de la diplomatie russe et américaine ont également parlé de la coopération entre Moscou et Washington pour soutenir les efforts de l’ONU visant à lancer un processus politique en Syrie, selon le ministère russe des Affaires étrangères.

MM. Lavrov et Kerry se sont mis d’accord pour poursuivre des contacts étroits sur le règlement du conflit syrien qui a fait plus de 240.000 morts depuis mars 2011 et des millions de réfugiés et déplacés.

Le département d’Etat a confirmé que les discussions américano-russes continueraient fin septembre à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

Ces dernières semaines, des consultations diplomatiques se sont multipliées pour trouver une sortie de crise en Syrie, comme lors d’une rencontre tripartite inédite le 3 août à Doha entre les chefs de la diplomatie américaine, russe et saoudienne.

Les ministres saoudien et iranien des Affaires étrangères ont été ensuite reçus à Moscou, de même que les représentants de la très hétérogène opposition syrienne (opposants en exil, opposants de l’intérieur et opposants tolérés par Damas).

Moscou, qui soutient avec force le régime de Damas, prône une coalition élargie comprenant les pays de la région mais aussi l’armée régulière syrienne pour lutter contre le groupe EI.

Le président Barack Obama a de son côté reçu vendredi à la Maison Blanche le roi Salmane d’Arabie saoudite et la Syrie a dominé leurs entretiens. Les deux alliés prônent une solution politique dans ce pays en guerre, qui comprenne un départ du président Assad.

Romandie.com avec(©AFP / 05 septembre 2015 19h44

La Russie comprend bien la politique de Tsipras

juin 29, 2015

Moscou – Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, comprend bien la politique du Premier ministre grec, Alexis Tsipras, et espère que Bruxelles évitera à la Grèce un scénario aux conséquences néfastes, a annoncé lundi le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

Sergueï Lavrov a exprimé sa compréhension pour les actions entreprises par Alexis Tsipras et espère que Bruxelles évitera un scénario aux conséquences néfastes pour Athènes, indique le ministère dont le communiqué fait suite à une conversation téléphonique entre Sergueï Lavrov et son homologue grec, Nikos Kotzias.

Les deux ministres ont également discuté des perspectives de développement des relations bilatérales, note la diplomatie russe, qui indique qu’Athènes est à l’initiative de la conversation téléphonique.

Tirant les conséquences de l’échec de cinq mois de négociations avec l’UE, la BCE et le FMI, Alexis Tsipras a provoqué la stupeur dans la nuit de vendredi à samedi avec l’annonce d’un référendum sur les exigences de ses créanciers, prévu pour le 5 juillet.

La Grèce a par ailleurs décrété un contrôle des capitaux, justifié selon M. Tsipras par le refus des ministres des Finances de la zone euro de prolonger la programme d’aide à son pays au-delà du 30 juin.

Athènes s’est rapproché de la Russie, où Alexis Tsipras s’est rendu à deux reprises au cours des dernières semaines. Le 19 juin, à l’occasion du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, le Premier ministre grec a conclu un accord en vue de la construction d’un gazoduc russe de deux milliards d’euros en Grèce, vu d’un mauvais oeil par l’Union européenne.

Reçu par le président russe, Vladimir Poutine, pendant une heure et demie à cette occasion, M. Tsipras avait dit espérer que ce chantier, dont le financement sera avancé par Moscou, ouvrirait la voie à de vastes possibilités de coopération.

Romandie.com avec(©AFP / 29 juin 2015 19h15)

La russie répondra à de nouvelles sanctions américaines

décembre 13, 2014

Moscow – La Russie répondra à toute nouvelle sanction imposée par les États-Unis dans le cadre de la crise ukrainienne, a affirmé samedi le vice-ministre des Affaires étrangères Serguei Ryabkov au lendemain d’un vote du Congrès américain en faveur d’un durcissement des sanctions contre Moscou.

Il n’y a aucun doute que nous ne pourrions pas laisser sans réponse de nouvelles sanctions, a déclaré M. Ryabkov cité par lo’agence interfax.

Serguei Ryabkov a dénoncé les sentiments anti-russes qui ont présidé selon lui à l’adoption par le Congrès vendredi d’une loi autorisant Washington à livrer davantage d’armes, y compris létales, à Kiev et à adopter de nouvelles sanctions contre Moscou,

Nous sommes bien sûr inquiets de la façon dont ce sentiment se propage au Capitole, siège du Congrès, a déclaré M. Ryabkov.

Nous considérons l’adoption par les deux chambres de cette loi comme une nouvelle démonstration des sentiments anti-russes et des tentatives de nous dicter des décisions, qui sont pour nous totalement inacceptables, a-t-il déclaré.

M. Ryabkov a ajouté qu’il espérait que le ministre des Affaires étrangères Serguei Lavrov évoquerait le sujet avec le secrétaire d’Etat américain John Kerry, lors de leur prochaine rencontre prévue à Rome lundi.

Romandie.com avec(©AFP / 13 décembre 2014 10h22)

Les Etats-Unis soutiennent le parti de la guerre en Ukraine, selon la Russie

septembre 4, 2014

Moscou – Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a accusé jeudi les États-Unis de soutenir le parti de la guerre à Kiev, plutôt que ceux qui œuvrent à la recherche d’un règlement politique de la crise en Ukraine.

C’est un sursaut de la rhétorique antirusse, juste au moment où il y avait des efforts actifs pour chercher une solution politique, a-t-il déclaré dans une conférence de presse à Moscou retransmise à la télévision russe au moment où s’ouvrait un sommet de l’Otan dominé par la crise ukrainienne.

Il faut dire que le parti de la guerre, qui se trouve à Kiev, a des soutiens actifs à l’étranger, et dans ce cas, aux États-Unis, a-t-il regretté.

Ceux qui soutiennent la voie de la guerre et les éléments armés radicaux à Kiev sont en train de prendre une énorme responsabilité, celle non seulement de prolonger l’effusion de sang mais aussi de fragiliser la légitimité des actions du président ukrainien, a-t-il prévenu.

Pour le ministre, ce n’est pas la première fois que le parti de la guerre est activé, alors qu’apparaît tout juste une lueur d’espoir que la situation passe d’une confrontation militaire à un règlement politique.

M. Lavrov a en outre mis en garde l’Ukraine contre ses projets de relancer le processus d’adhésion à l’Otan, soulignant que cela risquait de faire dérailler la recherche d’un règlement du conflit dans ce pays.

La Russie espère que Kiev et les rebelles se serviront du plan de règlement en sept points, proposé mercredi par le président russe Vladimir Poutine, en vue de trouver un accord pendant une réunion à Minsk vendredi, a ajouté le ministre russe.

M. Porochenko a parallèlement déclaré à Newport qu’un plan de cessez-le-feu serait signé vendredi.

Romandie.com avec(©AFP / 04 septembre 2014 14h55)

La Russie appelle à l’arrêt immédiat des violences Ukraine

mai 27, 2014

Moscou – Le président russe Vladimir Poutine a appelé mardi à l’arrêt immédiat de l’opération punitive de l’armée ukrainienne dans l’est du pays, où d’intenses combats entre forces loyalistes et insurgés prorusses pour le contrôle de l’aéroport de Donetsk ont fait au moins 40 morts.

Lors d’une conversation téléphonique avec le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, Vladimir Poutine a souligné la nécessité d’arrêter immédiatement l’opération punitive de l’armée dans les régions du Sud-Est et d’ouvrir un dialogue entre Kiev et les représentants des régions ukrainiennes, a indiqué le Kremlin dans un communiqué.

Peu auparavant, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, avait aussi appelé à l’arrêt immédiat des violences en Ukraine.

La tâche numéro un et le test de la solidité des autorités à Kiev, vu le résultat de l’élection présidentielle, est l’arrêt immédiat de l’emploi de l’armée contre la population et l’arrêt par toutes les parties de toute violence, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

L’armée ukrainienne a lancé l’assaut lundi contre l’aéroport de Donetsk, dans l’Est, qui avait été investi la veille par des insurgés armés prorusses.

M. Lavrov a par ailleurs indiqué qu’une visite en Russie du nouveau président ukrainien prooccidental Petro Porochenko, élu dimanche, n’était pas à l’ordre du jour.

La question d’une visite en Russie de Porochenko n’est pas envisagée, pas discutée, ni par les canaux diplomatiques, ni par aucun autre, a-t-il dit.

Il a toutefois affirmé que la Russie le soutiendrait si elle voyait qu’il agissait dans l’intérêt de tous les Ukrainiens.

Nous comptons sur le fait qu’il agira dans l’intérêt de tout le peuple ukrainien. Si c’est bien le cas, il trouvera en nous un partenaire sérieux et fiable, a dit le ministre, tout en condamnant le fait que dès sa victoire, M. Porochenko ait annoncé la poursuite de l’opération militaire dans l’Est de l’Ukraine.

Si le calcul est (…) d’écraser la résistance dans le Sud-Est avant l’inauguration de Petro Porochenko pour pouvoir aller dans le Donbass en vainqueur, cela ne créera sans doute pas de bonnes conditions pour un accueil hospitalier dans la région de Donetsk, a estimé M. Lavrov.

Romandie.com avec(©AFP / 27 mai 2014 12h40)