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Congo: une petite, « amie », de Raymond Mboulou en fuite, l’accuse de se transformer en boa

mars 8, 2018

 

Le ministre de l’intérieur Raymond Zéphyrin Mboulou est accusé par l’une de ses nombreuses petites de se transformer en serpent après une relation sexuelle. Celle que nous allons appeler Angie, est en fuite après avoir assisté à cette transformation mystique. Raymond Mboulou veut sa peau pour avoir découvert son secret.

La petite Angie âgée de 24 ans avait été présentée au ministre Mboulou par une grande sœur du quartier. Et depuis, c’est le grand amour qui régnait entre elle et son ministre élu député avec 100 % des voix exprimées à Mpouya.

Angie va changer radicalement de statut social en quittant la maison parentale de Nkombo pour un appartement au plateau de 15 ans au frais de son amour du ministre. Mboulou y passe souvent des après midi où sous les effets du plaisir, il livre quelques petits secrets d’État à sa petite qu’il estime inoffensive.

Après chaque relation selon les témoignages d’Angie, Raymond Mboulou s’enfermait pendant des heures aux toilettes sous prétexte d’avoir chaque fois une communication importante avec le chef de l’État ou Jean Dominique Okemba.

Angie elle, étrangère à tout cela, restait au lit ou devant la télé au salon,le temps que son bébé Mboulou en réapparaisse.

Mais une imprudence du ministre ce jour a tout basculé. La porte de la salle de bain n’étant pas fermée, Angie l’a ouverte pour signaler à son amour qu’elle devait descendre s’acheter quelque chose chez le Wara du coin.

En ouvrant la porte, c’est un serpent Boa qu’elle a vu et non le ministre Raymond Mboulou. Sans paniquer, elle a refermé la porte, prit quelques vêtements avant de disparaître pour toujours dans la vie du ministre, qui depuis a activé tous ses réseaux pour la retrouver.

Angie a informé de la macabre découverte à celle qui lui a présenté Mboulou, la reprochant de chercher sa mort. Pourquoi Mboulou se transforme-t-il en serpent Boa juste après chaque relation sexuelle ?

En fuite, Angie,conseillée par sa famille a subi quelques séances de délivrance et lavage auprès d’un pasteur pour ne pas traîner toute la poisse mystique transmise par Mboulou.

Sacer-infos.com par Stany Franck

Conte : Le Serpent et la Tortue

juin 25, 2013

Un boa constrictor qui avait perdu ses pattes au cours de son évolution reptilienne rencontra une Tortue de belle carapace luisante, au cou charnu qui sortait des marais.

Le Serpent en quête de proie proposa à la Tortue de l’accompagner dans sa promenade, aux abords des mangroves marécageuses. Durant leur longue randonnée, il vit passer à toute vitesse un rat des champs qu’il voulut poursuivre mais la Tortue le dissuada de ne pas commettre un acte pouvant déshonorer son opulence et son élégance.

– Mon cher Boa, ta prestance et le prestige de ta renommée revêtent plus de dignité qu’un crime de satisfaction alimentaire pour un maigre rat si petit soit-il ne pouvant pas bien remplir ton long tube digestif de trois mètres. Combien de rats te faudra-t-il pour que tu n’aies plus faim ?

– Au moins une centaine répondit le Serpent.

Voyons donc ! lui dit la Tortue. C’est une peine perdue. C’est un mal indigeste que tu vas causer à ton estomac. Car si tu ne trouves plus d’autres rats au cours de ta chasse, tu auras toujours un grand creux dans le ventre. Le Serpent écouta et comprit les conseils de la Tortue puis continuèrent de marcher ensemble.

Par contre à chaque fois que la Tortue voyait des vers de terre, elle ne les laissait pas passer, elle s’en régalait constamment et copieusement. Le Serpent qui marchait plus vite était obligé de l’attendre et ne disait mot. Il vit encore un crapaud qu’il voulut attraper dans sa course, la Tortue l’empêcha de le laisser vivre même s’il constitue une nourriture très friande pour son appétit.

Les deux amis poursuivirent leur route, le Serpent roulait son ventre contre terre et avalait la poussière des sentiers et des vacanciers. Il était devenu tout sale.

A l’approche d’une lagune, la Tortue dit au Serpent de rentrer dans l’eau et arrivés au pied d’un palétuvier, aux racines aériennes, dans la mangrove, il demanda à son ami de monter à l’arbre. Le Serpent se roula entre les racines et le tronc puis réussit à grimper sans difficultés sur chacune des branches. Quant à la Tortue ses tentatives furent sans résultat, elle tombait toujours à l’eau, faisant flotter sa tête. Le Serpent du haut du palétuvier vit des mangles mûres qu’il caressait avec sa belle langue. Ne pouvant le joindre, il lui demanda de l’attendre au bord de l’eau sur le rivage.

Le soleil tropical étalait et déployait l’élégance et la puissance de ses rayons. Le Serpent s’étendait le long d’une branche bien robuste comme s’il se bronzait. Le jour suivant, sous le fouet de la chaleur brûlante, il commençait sa mue. Ses écailles cornées brillaient d’un éclat de jais et un peu dorées par endroits.

Sur le banc de sable, la Tortue fouinait de son instinct les vers de terre qu’elle découvrait et mangeait ainsi que des sardines abandonnées par les pêcheurs.

Le Serpent du haut de sa métamorphose voyait son amie remuait son bec corné. Quand il eût fini toutes les phases du changement de sa peau, il rejoignait la Tortue sur le rivage. La Tortue lorsqu’il vit son ami dans son nouveau manteau avec sa belle peau luisante, il tomba d’admiration et lui fit un éloge remarquable et distingué.

– Mon cher ami, ton manteau vaut le même prix que celui d’un empereur.

– Merci pour ton compliment qui me va droit au cœur. Permets-moi que je puisse t’embrasser.

– Volontiers lui répondit la Tortue

Le Serpent embrassa la Tortue au cou, sentit la fraîcheur de son corps et le beau parfum de sa chair appétissante et enivrante. Dans la chaleur des embrassades, le Serpent voulut le pincer et la Tortue prit peur. Une onde de frayeur traversa toutes les fibres sensibles de son être. Elle se logea dans sa carapace. Le Serpent confus et honteux, le suppléa de sortir mais la Tortue grogna de l’intérieur puis se blottit et refusa d’obéir aux supplications du Boa constrictor.

– Je suis désolée de cette manière inconvenante qui cache une telle douceur dosée de méchanceté.

– Tu oses m’offenser et m’offusquer alors que depuis notre rencontre et notre promenade, tu m’empêches toujours de chasser et de manger alors que toi, je te vois toujours manger à ta faim. Chaque fois je t’attendais croyant marcher lentement. Finalement, c’était une intelligence pour toi de profiter à bien remplir ton ventre. Même quand je suis allé faire ma mue, je te voyais remuer ton bec, à la grande satisfaction de tes tripes. Comme, il en est ainsi, nous ne sommes plus amis et je vais te manger. Je verrais qui viendra nous séparer ici, au bord de l’eau dans la solitude de cet environnement.

Gérant sa menace, loin de toute présence d’assistance avec un brin de délicatesse, elle invoqua tous les dieux des eaux et des forêts pour sa délivrance. Le Serpent revint vers sa proie dans une réelle assurance. La Tortue avait pris, entre temps, la poudre d’escampette. Furieuse, le Serpent redressa sa tête pour voir, au loin, si par hasard il pouvait l’apercevoir. En vain ! Il fouina au sol et retrouva les traces de ses pattes qu’il suivit dans leur direction. Il redoubla de vitesse et la rattrapa. Il lui envoya sa salive dans l’élan de sa colère. Elle rentra dans sa carapace. Il l’encercla. Ne pouvant l’étouffer comme ses autres proies. Il courut prendre l’eau et revint au lieu de sa victime. II commença le rituel de son festin. Il arrosa d’une bonne quantité d’eau sur toute sa carapace. La Tortue devint lisse. Le Boa constrictor sortit sa langue fine et bifide ainsi que ses dents pointues et incurvées vers l’arrière. Il réussit sans effort à l’avaler, glissant tranquillement dans son intestin. Il fit volter sa langue. Et sur les parois de son corps annelé, la Tortue avançait comme une boule plate et arrondie dans la cavité digestive du Serpent.

Après cet exercice, il s’étendit au soleil pour bénéficier de la température tropicale afin d’activer son métabolisme qui fonctionne parfaitement grâce à cette énergie. Il se faufila dans les herbes sèches qui avaient le même coloris que ses écailles dans la confusion totale de tout regard étranger. Mais une hirondelle qui faisait sa course au bord de l’eau, longeant le littoral émit un cri : « Serpent, je t’ai vu avaler ton amie la Tortue ». Le Serpent tourna son œil gauche vers le ciel, fit la sourde oreille et feignit de ne pas entendre.

Quelques instants après son acte sauvage, il ressentit des douleurs atroces. C’était la Tortue, qui dans son séjour stomacal, venait de sortir sa tête et ses pattes griffues, lesquelles, au contact de ses membranes intérieures, lui provoquaient des picotements étranges. Il n’avait jamais connu depuis son existence, pareille souffrance. Il commençait à se tordre. Il roulait par terre. Parfois, il se redressait, parfois, il fouettait sa queue contre les parois des arbres qui se cassaient. Les animaux de la nature environnante étaient en alerte qu’une situation, peu ordinaire, était arrivée au Serpent. D’aucuns fuyaient, au loin. D’autres se terraient dans leur trou et caverne. Les nids des oiseaux, aux alentours, tombaient au sol. C’était la débandade et la panique.

Quand l’information parvint au village, sa femme prit le courage d’aller le chercher. La nouvelle fit le tour du village comme un éclair selon laquelle, le Serpent s’était affolé. Courant et pleurant mais aussi se cognant. A la sortie du village, elle rencontra deux gorilles qui revenaient de leur promenade. Elle leur demanda un service d’assistance de pouvoir l’aider à transporter son mari qui était très souffrant, ne pouvant plus se déplacer.

Arrivés sur le lieu de ses gémissements, à l’endroit où des hirondelles faisaient la ronde et émettaient leurs gazouillements, en des termes moqueurs : « ça t’apprendra de manger n’importe quoi même une nourriture que tu n’as pas l’habitude ».

Les gorilles coupèrent une branche solide d’un arbre, l’étendit, l’attacha modérément avec des écorces pour qu’il ne tombasse pas et ils le soulevèrent. Ils le transportèrent sur leurs épaules jusqu’au village, sa femme les suivant derrière en sanglots.

Ils le placèrent sur le lit conjugal pendant que sa femme rendait compte au chef du village. Quand celui-ci s’approcha de lui, il lui posa la question de ce qui lui était arrivé, il ne répondit pas. Non plus à sa femme.

La nuit pendant qu’ils dormaient, sa femme entendait un bruit insolite qui résonnait dans le ventre de son mari. Celui-ci se tordait en criant, secouant les pieds du lit, remuant les murs de la chambre qui cédèrent aux gémissements quand soudain, il suffoqua et rendit l’âme. Une Tortue venait de perforer ses intestins et son ventre, sortit sa tête engluée et ensanglantée puis se jeta hors de son corps. Elle passa dehors par un petit trou de la case, renifla, puis découvrit la direction de l’eau pour aller se laver et se sauva dans la nature. Sa femme lui ferma les yeux. Elle pleurait courageusement avec le cadavre de son mari en attendant l’aube avant de pousser ses pleurs pour alarmer la population de la mort du Serpent.

Elle partit rendre compte au chef du village de ce qui s’était passé pendant la nuit. Elle avait vu une Tortue sortir du ventre du Serpent. Ce qui veut dire qu’il en avait mangé et avait honte de dire la vérité aux autres membres de la communauté, préférant mourir avec son secret. Un batteur de tam-tam joua l’instrument selon le rythme singulier qui annonce un décès.

Le lendemain matin, des émissaires partirent dans les autres villages pour informer les dignitaires sur l’heure de l’enterrement. On exposa le cadavre du Serpent au soleil au centre de la cour. Pour éviter la décomposition du corps, l’on prit un œuf frelaté, badigeonné d’un peu de cendre que l’on plaça à son nombril pour retirer les odeurs et le conserver sans qu’il pourrisse.

Voilà qu’au moment où le protocole était dans l’attente de l’arrivée des dignitaires, un grand vautour noir planait au ciel; les coqs du village émirent tous un cri du danger et se cachèrent. L’oiseau descendit, vit le cadavre du Serpent et d’une chute rasée, il sortit ses griffes, attrapa le cadavre et partit avec lui pour aller le manger. L’œuf frelaté qui était sur le nombril tomba, se cassa et dégagea une forte odeur de puanteur qui poussa la communauté à se boucher le nez pour sa propagation virulente.

Au même instant les dignitaires arrivaient dans leur belle tenue de deuil. Ils étaient accueillis par cette odeur pestilentielle et répugnante, difficile à supporter. Reçus par le protocole : le lion, la panthère, la girafe, l’hippopotame, le rhinocéros, le lièvre, l’aigle, tous prirent place autour du chef du village qui s’excusa de les avoir finalement déplacés car le cadavre, objet des funérailles, a été emporté par un vautour affamé. Chacun éprouva son regret et rentra chez-lui.

On ne mange pas un ami, on lui prodigue des conseils quelque soit sa faute et son tort; les conseils sont le ferment et le froment de l’amitié, car la méchanceté a souvent des conséquences mortelles.

© Bernard NKOUNKOU

Peuple de misère

février 22, 2012

Peuple de démocratie escroquée

A la conscience longtemps exploitée

Tu croupis toujours dans la misère

Malgré les richesses de ta belle terre

 

Depuis l’aube sans répit tu travailles

Mais tu n’as rien dans les entrailles

Tu avales la poussière des minerais

Comme un vieux serpent de laquais

 

Indépendant tu as appris la démocratie

Dans l’impréparation tu as exposé l’idiotie

Amoncelant des sacs de déchets d’urnes

Comme un vieil éboueur en grève diurne.

Bernard NKOUNKOU

Serpent à deux têtes

novembre 3, 2011

Né en captivité, ce serpent à deux têtes pourrait survivre près de 20 ans. En revanche, le fait pour le corps de recevoir deux informations différentes devrait nuire à ses capacités de survie en liberté dans la nature….

L’animal ressemble à une créature mythologique qu’on ne trouve que dans les livres ou les films. Mais il est bel et bien réel et vivant ! Les employés d’un zoo situé en Floride n’en croyaient pas leurs yeux quand il ont vu l’oeuf éclore. Découvrez la photo de ce serpent albinos à deux têtes.

Serpent à deux têtes

Serpent à deux têtes

Les rides du temps

juillet 24, 2011

Sur les rides du mauvais temps
Se fissure l’ombre du présent
Sous l’action du soleil enflammé
Brûlant des âmes désincarnées

La poudre des rayons sulfureux
Répandue sur les corps poussiéreux
Momifie chaque enveloppe charnelle
D’une fine ridule et belle lamelle

Chaque cycle au rythme du temps
Rampe comme un vieux serpent
Qui de son ventre à même le sol
Mange le soleil comme le tournesol.

Bernard NKOUNKOU

Conte : Le Crapaud, la Musaraigne et le Serpent

mai 29, 2010

Un Crapaud vivait dans l’hémisphère sud, entre les tropiques du cancer et du capricorne, traversé par la ceinture équatoriale, dans un pays où la saison des pluies est favorable à la reproduction des espèces.

Ce jour-là, une pluie abondante était tombée dans le village laissant des mares d’eau, par endroits. Yâ Tsoula, le Crapaud gris, à la peau verruqueuse, aux cuisses retroussées en arrière, sous forme des coudes pliés, croassait en compagnie de Mâ Tsoula, la Crapaude, au ventre bedonnant qui touchait le sol. Le couple de batraciens se livrait aux ébats amoureux dans leur piscine, à même le sol, soutenue par une couche argileuse permettant de retenir l’eau pendant de longs jours.

Un soir, à la tombée de la nuit, après leur chant cacophonique, Ya Tsoula sortit de l’eau pour contempler une belle hostie de pleine lune entourée d’une myriade d’étoiles qui scintillaient dans le ciel comme un feu d’artifices. Pendant qu’il était plongé dans cette attitude d’extase, il fut surpris par Mounoundzi, la Musaraigne, au museau hérissé de poils et au regard scrutateur et espiègle; chasseur rageur qui se mit à le suivre, dans sa fuite, à grands sauts, avant qu’il ne fut rattrapé, mordu et traîné dans son repaire afin d’être dévoré, à l’insu de Mâ Tsoula, la femelle du Crapaud.

Mâ Tsoula continuait à croasser pour appeler son mari. Mais celui-ci ne lui répondait plus car pris entre les crocs de la Musaraigne. Il entendait le chant de sa femelle mais il était impuissant de retourner la scansion de sa cacophonie lui permettant de signaler la vitalité de sa présence.

Mâ Tsoula, la Crapaude, croassa toute la nuit. En vain ! Yâ Tsoula, le Crapaud, ne fit aucun signe de vie. Elle dormit toute seule dans son trou au bord de la mare, sous les racines des herbes sauvages.

Le lendemain matin, Mâ Tsoula, se promena dans tout le village à la recherche de son mari. Elle interrogea tous ses voisins, si par hasard, ils avaient vu Tâ Tsoula. Les réponses furent négatives dans toutes les bouches amicales. Fatiguée de rechercher son mari, sur le chemin de retour, au carrefour des chemins conduisant en directions de nombreux villages, elle rencontra, une Fourmi docteur, Mâ Kami, aux pinces crochues, qui l’approcha dans un souci d’humanité élémentaire pour compatir à sa complainte. Celle-ci lui dit avoir vu, en descendant le figuier, aux fruits mûrs, qu’une Musaraigne était entrain de dévorer un gros Crapaud, à belles dents. Aussitôt, elle pensa à son mari disparu, qui ne répondait plus à l’appel.

Avant d’arriver chez-elle, Mâ Tsoula, la Crapaude, passa au palais de justice où Tâ Nioka, le Serpent, jugeait des affaires criminelles contre les brigands sauvages de la forêt. Dès qu’il fît part de sa plainte au Serpent, celui-ci reconnut que Mounoudzi, la Musaraigne, était à la fois, un brigand irréductible de grands chemins et un criminel récidiviste.

Le Serpent reçut volontiers la plainte de la Crapaude, pris connaissance du dossier, l’instruisit, avec diligence, et, convoqua, la Musaraigne au tribunal correctionnel pour crime prémédité « d’animacide volontaire ».

Quand le jour du jugement arriva, Mounoundzi, la Musaraigne, se présenta devant la barre, sans aucune assistance judiciaire. Elle se défendit seule. Le tribunal présidé par Tâ Nioka, le Serpent, en toges rouges, et, ses assesseurs, prit acte de sa déposition en retenant contre elle une peine à vie consistant de sentir mauvais durant toute son existence jusqu’à sa mort.

A la sortie de l’audience depuis les majestueuses colonnes gothiques du palais de justice jusqu’aux dernières marches de l’estrade, la Musaraigne ne cessait de vociférer des paroles agressives en de termes, peu courtois, frisant la méchanceté et la vengeance, une fois arrivées au village.

Sur le chemin du retour, Mounoundzi, la Musaraigne était viscéralement fâchée contre Mâ Tsoula car tous ses amis ne l’approchaient plus, sentant une odeur forte de répulsion. Les gens la fuyaient. Elle dégageait un relent exécrable de pestiféré. Cette sentence exacerbait sa colère. Non seulement, elle portait la malédiction d’une sentence spéciale mais elle devenait, en plus, la risée de tout le village.

Un mois après cette condamnation, lors d’une pluie torrentielle, Mâ Tsoula, qui était enceinte de son défunt mari, descendit à l’eau pour pondre ses œufs, croassant et échangeant ses paroles solitaires qui reçurent un écho retentissant et familier.

Mounoundzi, la Musaraigne, comprit que la Crapaude était dans l’eau et vint se cacher dans un buisson proche de la route qui conduisait au domicile de Mâ Tsoula. Le souffle du vent trahissait la présence de la Musaraigne par la propagation de l’odeur répugnante. Quand la Crapaude finit de se baigner et de pondre ses œufs, au moment où elle sortait de la mare d’eau – la peur dans le ventre – elle entendit un bruit d’animal qui remua les folles herbes du buisson et vit une ombre qui la suivait d’une rapidité effrayante. Elle gagna vite son trou. Soudain, elle se retourna et ouvrit sa bouche en direction de l’entrée de son trou. Dès que la Musaraigne su que la Crapaude était entrée dans son gîte. Sans réfléchir, elle introduisit son museau allongé pour rentrer dans le trou afin d’aller sévir la Crapaude. Ne sachant pas que l’obscurité du trou était le fond de la gueule de Mâ Tsoula. Aux premiers contacts de la mandibule de la Crapaude, elle fut saisie et bloquée jusqu’à l’étouffement.

Tâ Nioka, le Serpent, qui se promenait aux alentours, pour veiller à la sécurité de la population des habitants de la forêt constata devant la porte d’entrée de Mâ Tsoula, que Mounoundzi, la Musaraigne, était bloquée, sa tête à l’intérieur du trou et ses pattes dehors. Elle avait déjà déféqué dans sa jupe arrosée d’urine et entourée d’une colonie de Mouches volantes qui chantaient un requiem post-mortem. Il essaya de l’appeler par son nom, la connaissant très bien.
– Mounoundzi, Mounoundzi, dit-il ?
Celle-ci ne répondait pas. Nioka, le Serpent, tenta de la remuer, la Musaraigne était inerte. Il ne comprenait pas ce qui lui était arrivé car l’entrée du trou de la Crapaude était obstruée par le corps de Mounoundzi.

Nioka, frappa sa queue au sol et siffla trois fois pour signaler sa présence auprès de Mâ Tsoula lui demanda de lâcher prise car son adversaire était morte et qu’il pouvait l’aider à s’en débarrasser et la sortir du trou.

Mâ Tsoula accepta la proposition du Serpent qui retira Mounoundzi par la queue, la plaça au bord de la route. Lorsque le Serpent traîna la Musaraigne pour ses obsèques; Mâ Tsoula ferma sa porte avec de la terre molle.

Tâ Nioka, le Serpent alla dans la mare où se baignait Mâ Tsoula, la Crapaude, pour boire une bonne gorgée d’eau puis revint vers la dépouille mortelle de Mounoundzi, la Musaraigne, qu’elle arrosa de tout son corps, la redressa en position allongée et l’avala de la tête jusqu’aux pattes.

Mounoundzi, la Musaraigne est morte puant d’une odeur désagréable qu’elle continue à sentir jusqu’à nos jours pour sa condamnation à perpétuité.

© Bernard NKOUNKOU