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Attentat-suicide contre le QG de la force du G5 Sahel: trois morts

juin 29, 2018

Attaque suicide à la voiture piégée contre le QG de la force G5 Sahel au Mali, Sévaré, 29 juin 2018 / © AFP / STRINGER

Un attentat-suicide, revendiqué par un groupe jihadiste, a frappé vendredi le quartier général de la force antijihadiste du G5 Sahel à Sévaré, dans le centre du Mali, faisant trois morts, à trois jours d’une rencontre entre les dirigeants de cette force et Emmanuel Macron.

Deux des auteurs de cette attaque sont également morts, dont un kamikaze à bord d’une voiture piégée.

Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, principale alliance jihadiste du Sahel, liée à Al-Qaïda, a revendiqué l’attentat dans un appel téléphonique d’un de ses porte-parole à l’agence privée mauritanienne Al-Akhbar, connue pour recevoir et diffuser régulièrement des communiqués de cette mouvance.

Il s’agit de la première attaque contre le quartier général de la force conjointe, lancée en 2017 par le G5 Sahel, organisation régionale regroupant le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la Mauritanie et le Tchad.

Elle intervient à trois jours d’une rencontre à Nouakchott, en marge du sommet de l’Union africaine dans la capitale mauritanienne, entre le président français Emmanuel Macron, qui soutient cette initiative, et ses homologues du G5 Sahel.

Le dernier bilan s’élevait à deux militaires de cette force et un civil tués, selon les services du chef de l’Etat nigérien Mahamadou Issoufou, président en exercice du G5 Sahel, et le gouverneur de Mopti, chef-lieu de la région, le général Sidi Alassane Touré.

Le gouvernement malien a précisé dans un communiqué que les deux soldats tués appartenaient à son armée.

« Nous avons arrêté quatre suspects », a déclaré le gouverneur à l’AFP, ajoutant que les opérations de ratissage se poursuivraient jusqu’à l’aube.

Les assaillants étaient au nombre de six et parlaient en bambara et en peul, a affirmé dans la soirée une source au sein de la force du G5 Sahel.

Selon le porte-parole du groupe dirigé par le chef islamiste touareg malien Iyad Ag Ghaly, cité par l’agence, les assaillants ont utilisé une voiture piégée et des « infiltrés » pour perpétrer l’attentat.

Tout le mur d’entrée a été soufflé par la déflagration, qui a projeté le véhicule à l’intérieur de l’enceinte, selon des témoins et les images diffusées après l’attaque.

Les bâtiments de couleur jaune et rose du poste de commandement de la force conjointe, opérationnel depuis octobre 2017, abritent des officiers de liaison des cinq Etats membres.

– ‘Conditions de sécurité précaires’ –

L’entrée du quartier général de la force du G5 Sahel à Sévaré photographiée le 30 mai 2018. / © AFP/Archives / SEBASTIEN RIEUSSEC

Dans un rapport sur la force conjointe publié en mai, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui a visité le quartier général de Sévaré, il y a un mois, soulignait les vulnérabilités de plusieurs de ses installations au Mali, mentionnant la nécessité d’un « renforcement de son quartier général à Sévaré ».

« Les conditions précaires dans ces sites et aux alentours représentent une lourde menace pour la sécurité, et retardent le déploiement du reste des contingents », selon le rapport.

« Il y a eu une très forte détonation », suivie d’échanges de tirs d’armes automatiques, ont indiqué à l’AFP des habitants, dont une vendeuse d’oranges, Haoussa Haidara.

Pendant l’attaque, nombre d’habitants de Sévaré étaient terrés dans leurs maisons, a témoigné l’un d’entre eux, Bouba Bathily, un commerçant.

« Solidarité avec nos partenaires africains avec qui nous poursuivrons sans relâche la lutte contre le terrorisme », a réagi la ministre française des Armées, Florence Parly.

Le président nigérien a pour sa part dénoncé une attaque visant « l’un des instruments essentiels pour la stabilisation de notre sous-région ».

La France, qui conduit au Sahel l’opération Barkhane de lutte contre les jihadistes, soutient la force du G5 Sahel, y voyant un possible modèle de prise en main par les Etats africains de leur propre sécurité.

Mais sa mise en oeuvre est marquée par des problèmes de financement, malgré des promesses de quelque 420 millions d’euros, et des accusations de violations des droits de l’homme.

La Mission de l’ONU au Mali (Minusma) a annoncé le 26 juin qu’une enquête de sa division des droits de l’homme concluait à l’exécution sommaire de douze civils par le bataillon malien de cette force à Boulkessy » (centre).

Il ne s’agit pas de la première attaque de ce type à Sévaré. Le 7 août 2015, une attaque contre un hôtel de cette localité avait fait 13 morts, dont quatre étrangers –deux Ukrainiens, un Népalais et un Sud-Africain–, employés par des sous-traitants de la Minusma.

Malgré l’accord de paix au Mali signé en mai-juin 2015, les violences jihadistes ont persisté et se sont propagées du nord vers le centre et le sud du pays, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des tensions ou des conflits intercommunautaires.

Romandie.com avec(©AFP / 30 juin 2018 01h46)

Mali: Yambo Ouologuem, la mauvaise conscience des lettres ouest-africaines, s’est éteint

octobre 16, 2017
Yambo Ouologuem © Capture d’écran/Youtube

L’auteur malien du Devoir de violence, tour à tour célébré – notamment avec le prix Renaudot en 1968 – et dénigré, vivait reclus depuis de nombreuses années. Il est décédé samedi 14 octobre, laissant derrière lui une oeuvre intrigante ainsi que des mystères.

Yambo Ouologuem est décédé dans la ville de Sévaré à 77 ans ce 14 octobre. Depuis plusieurs années, l’auteur malien, considéré comme une des principales figures de la littérature contemporaine francophone d’Afrique de l’Ouest, vivait à l’écart de toute vie mondaine, tourné vers l’islam.

Cet été, Jeune Afrique conseillait à ses lecteurs de relire Le Devoir de violence, publié en 1968 au Seuil à Paris et aujourd’hui épuisé. Exercice littéraire, fresque historique, le livre est aussi une charge politique étrillant de manière égale la violence du colonialisme occidental et celle des pouvoirs africains. L’auteur s’attaque aux mythologies de l’universalité européenne comme du bonheur des sociétés africaines d’avant la colonisation.

Un ouvrage emblématique

Le roman est perçu à sa parution comme une trahison vis-à-vis d’un camps par les plus grands noms, à l’instar de Léopold Sédar Senghor. Il est aussi accueilli comme un chef d’œuvre littéraire : le prix Renaudot est décerné à son auteur, qui n’a alors pas 30 ans. Il lui vaut aussi une sévère accusation de plagiat, dès 1972, qui fait encore débat aujourd’hui. À ces accusations l’auteur et ses soutiens répondent qu’il s’agit de collages, d’emprunts à Graham Greene, à Rimbaud, au Coran ou encore à de vieilles sources arabes.

Lexercice de regard critique sur les sociétés africaines précoloniales suscite lui aussi toujours la polémique. À une terrasse de café parisienne, le jeune auteur sénégalais Mbougar Sarr, édité par Présence Africaine, racontait quelques semaines avant l’annonce du décès de Ouologuem à Jeune Afrique à quelle point Le Devoir de violence l’avait secoué. Ouologuem est considéré comme le pionnier d’une littérature du désenchantement qui compte des auteurs comme Ahmadou Kourouma, Sony Labou Tansi et Mongo Beti. Une littérature qui tisse un fil logique entre la corruption des pouvoirs précoloniaux et la violence de la pénétration impérialiste.

Un livre érotique

L’accusation de plagiat et la violence de ses pairs à son égard n’auront pas laissé Ouloguem indemne. Déjà à l’époque, dans sa trentaine, il opérait un retrait et se faisait discret. Mais entre-temps, Ouologuem n’a pas cessé d’écrire. Dans la foulée, il publie par exemple des écrits pamphlétaires, comme Lettre à la France nègre, réédité en France en 2003. Mais aussi un deuxième roman, publié en 1969 sous le pseudonyme d’Utto Rudolf, Les Mille et Une Bibles du sexe, réédité en 2015. À la noirceur brutale du premier roman succède la violence lumineuse de ce texte érotique qui n’épargne rien à son lecteur.

Le style, parfois ampoulé et emporté, n’occulte pas le fond des récits de Ouologuem : l’auteur pénètres les soubassements de l’âme et des sociétés et y cherche nos réflexes les plus honteux, passionnés ou destructeurs.

Des textes et des questions

La carrière de Ouologuem a été fulgurante, comme son oeuvre. Sa disparition laisse intactes les besoins de réédition et les interrogations qui bruissent autour de ses motivations. Jean-Pierre Orban, éditeur qui a réédité Les Mille et Une Bibles du sexe chez Vent d’ailleurs en 2015, expliquait à Jeune Afrique son envie de voir le livre de nouveau imprimé en 2018. Bien d’autres textes continuent de dormir depuis leur première parution sous divers pseudonymes.

Jeuneafrique.com par

Cinq Casques bleus tués dans une attaque dans le centre du Mali

mai 29, 2016

Bamako – Cinq Casques bleus ont été tués dimanche dans une embuscade dans le centre du Mali, a déclaré la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) qui a dénoncé une nouvelle attaque terroriste.

L’attaque survenue aux environs de 11H00 (locale et GMT) a ciblé un convoi de la force de la Minusma, pris dans une embuscade à 30 km ouest de (la ville) de Sévaré, dans la région de Mopti, a affirmé la Minusma dans un communiqué.

Selon les informations préliminaires, cinq Casques bleus ont été tués. Un autre a été grièvement blessé et son évacuation médicale est en cours, a ajouté la mission de l’ONU.

Je condamne avec la plus grande vigueur ce crime abject qui s’ajoute aux autres actes terroristes qui ont ciblé nos soldats de la paix et qui constituent des crimes contre l’humanité au regard du droit international, a déclaré M. Mahamat Saleh Annadif, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies et chef de la MINUSMA.

Cet acte odieux de terrorisme est d’autant plus révoltant qu’il a été perpétré durant là journée internationale des Casques bleus, a souligné M. Annadif.

L’ONU n’a pas précisé la nationalité des victimes mais une source policière malienne avait auparavant déclaré que quatre Casques bleus togolais au moins avaient été tués.

Les Casques bleus togolais étaient en mission de paix dans le secteur où les agriculteurs et les éleveurs se sont récemment affrontés. Ils sont tombés à une cinquantaine de kilomètres de Mopti sur une mine et une attaque terroriste, a déclaré la source contactée par téléphone à Mopti depuis Bamako.

C’est la première fois que des Casques bleus de la Minusma sont tués dans le Centre du Mali.

Cette nouvelle attaque survient après que cinq soldats maliens eurent été tués vendredi dans le nord du Mali par l’explosion d’une mine au passage de leurs véhicules.

Et la semaine dernière, cinq Casques bleus tchadiens avaient été tués et trois autres grièvement blessés lors d’une embuscade tendue par les jihadistes d’Ansar Dine dans le nord-est du Mali, où le déploiement des Nations unies est le plus coûteux en vies humaines depuis 20 ans.

Le nord du pays était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, après la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg, d’abord alliée à ces groupes qui l’ont ensuite évincée.

Les jihadistes ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix entre le camp gouvernemental et l’ex-rébellion, censé isoler définitivement les jihadistes.

Romandie.com avec(©AFP / 29 mai 2016 17h10)

Prise d’otages au Mali: huit morts, un Ukrainien a réussi à s’échapper de l’hôtel

août 7, 2015

Bamako – La prise d’otages par des hommes armés dans un hôtel de Sévaré, dans le centre du Mali, se poursuivait vendredi soir, après avoir fait au moins huit morts, a indiqué une source militaire, selon laquelle un ressortissant ukrainien a réussi à échapper aux assaillants.

La prise d’otages se poursuit à Sévaré, ville située à plus de 620 km au nord-est de Bamako, a indiqué cette source militaire malienne jointe vers 18H00 locales (et GMT), sans être en mesure de préciser le nombre de personnes retenues par les assaillants.

Le bilan est maintenant de trois morts et quatre blessés du côté des Fama (Forces armées maliennes), deux terroristes ont été tués et il y a actuellement trois corps visibles devant l’hôtel à côté d’un minibus calciné, a-t-elle dit.

Le précédent bilan communiqué à l’AFP par la même source vendredi après-midi était de quatre morts: deux militaires, un assaillant portant une ceinture d’explosif abattu par les militaires et le corps d’une personne à la peau blanche devant l’hôtel.

D’après des sources militaires maliennes, les assaillants ont fait irruption tôt vendredi matin à Sévaré et se sont infiltrés dans l’hôtel Byblos. Selon l’une de ces sources, au moins cinq étrangers – trois Sud-Africains, un Français et un Ukrainien – y étaient enregistrés avant l’assaut.

D’après nos informations, un Ukrainien a pu s’échapper cet après-midi de l’hôtel. Selon les mêmes informations, il a confié qu’il y avait avec lui à l’hôtel, avant l’attaque, trois Sud-Africains, un Russe comme expatriés, a précisé la première source militaire.

L’Ukrainien a également fait état de quatre ou cinq terroristes dans l’hôtel au moment de sa fuite, a-t-elle encore dit.

Aucune indication n’était disponible sur le nombre de Maliens – clients ou personnels de l’hôtel – présents sur place au moment de l’attaque.

Auparavant, une porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, Mariana Betsa, avait évoqué une prise d’otages au Mali, au nombre desquels un Ukrainien. Il y a un Ukrainien parmi les otages. Avec nos partenaires étrangers, nous prenons des mesures d’urgence en vue de la libération de notre citoyen, a-t-elle écrit sur Twitter.

Le ministère sud-africain des Affaires étrangères a simplement déclaré: Nous sommes au courant de la situation au Mali. L’ambassade sud-africaine est en contact avec les autorités. Il n’y aucun autre détail à ce stade.

Sollicitée plusieurs fois par l’AFP, l’ambassade de France à Bamako a finalement répondu vendredi soir qu’elle ne souhaitait pas communiquer sur le sujet.

Romandie.com avec(©AFP / 07 août 2015 21h20)

Mali : attaque en cours dans un hôtel de Sévaré, au moins quatre morts

août 7, 2015

Des Maliennes le 1er février 2013 à Sévaré. © Pascal Guyot/AFP

Des Maliennes le 1er février 2013 à Sévaré. © Pascal Guyot/AFP

Une attaque est toujours en cours dans un hôtel de Sévaré, où séjournent des étrangers, au centre du Mali. Au moins quatre personnes, dont deux soldats maliens, ont été tuées, selon une source militaire malienne.

Les forces armées maliennes (Fama) se sont déployées vendredi matin, 7 août, pour tenter de déloger des hommes qui auraient fait irruption très tôt à l’hôtel Byblos de la ville de Sévaré, à plus de 620 kilomètres au nord de Bamako, la capitale.

Cette attaque « est une prise d’otages », selon cette même source. Les militaires maliens qui avaient bouclé la zone ont enregistré deux morts et plusieurs blessés dans leurs rangs.

Un homme avec une ceinture d’explosifs « a été abattu » et le corps d’un homme à la peau blanche git devant l’hôtel.

Des clients étrangers enregistrés à l’hôtel

Au moins cinq étrangers – trois Sud-Africains, un Français et un Ukrainien – étaient enregistrés dans l’établissement.

Une source de sécurité a fait état de la présence dans l’hôtel, avant l’attaque, de pilotes russes de la Minusma, la Mission de l’ONU au Mali.  Selon cette source,  il s’agit d’une tentative d’enlèvements de ces pilotes qui a échoué.

Les autorités russes ont démenti vendredi une information voulant que trois pilotes russes aient été pris en otage dans cette attaque, selon Reuters. L’agence de presse rapporte au moins 7 morts, dont 4 soldats, en citant une source de l’armée malienne.

La situation demeure très confuse. « Il n’y a pas de dénouement pour l’heure », a ajouté la source militaire en début d’après-midi vendredi. La région de Mopti a été le théâtre d’enlèvements d’Occidentaux au cours des dernières années.

Jeuneafrique.com