Posts Tagged ‘Shinzo Abe’

Canada: François-Philippe Champagne remplacera Justin Trudeau aux funérailles de Shinzo Abe

septembre 25, 2022

Justin Trudeau a choisi de rester au pays pour superviser la réponse d’Ottawa aux ravages causés par l’ouragan Fiona.

Justin Trudeau signe un livre devant le portrait de Shinzo Abe.

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, fait une pause alors qu’il signe un livre de condoléances pour l’ancien premier ministre japonais Shinzo Abe à l’ambassade du Japon, le 12 juillet, à Ottawa. Photo : La Presse Canadienne/Adrian Wyld

Si la nature ne s’était pas déchaînée dans l’est du Canada, Justin Trudeau aurait été le seul leader du G7 à assister aux funérailles nationales de l’ancien premier ministre japonais. Ce sera finalement son ministre François-Philippe Champagne qui fera le trajet de 10 000 kilomètres pour rendre hommage à un « ami » du Canada assassiné en juillet. Pourquoi le Canada veut-il absolument être représenté à Tokyo? Il faut considérer des objectifs stratégiques plus larges en Asie-Pacifique.

En octobre 2015, le premier ministre japonais a été le premier leader étranger à appeler Justin Trudeau pour le féliciter de sa victoire électorale. Dans les années qui ont suivi, les deux hommes se sont rencontrés ou ont discuté au téléphone une vingtaine de fois. Au fil du temps, ils ont entretenu une grande amitié, souligne l’ambassadeur du Japon au Canada, Kanji Yamanouchi.

Le Canada décrit Shinzo Abe comme un fidèle ami et allié de notre pays.

Comment expliquer une telle proximité entre deux leaders si différents du point de vue idéologique, entre Justin Trudeau le progressiste et Shinzo Abe le conservateur nationaliste? Les approches de leurs gouvernements sur l’immigration, par exemple, étaient très différentes.

Entre Justin Trudeau et Shinzo Abe, des priorités communes, commerciales et géopolitiques, l’ont emporté sur leurs différences.

Le premier ministre japonais Shinzo Abe et le premier ministre canadien Justin Trudeau participent à une réunion bilatérale sur la colline du Parlement à Ottawa le dimanche 28 avril 2019.

Shinzo Abe et Justin Trudeau lors d’une réunion bilatérale sur la colline du Parlement à Ottawa, en avril 2019. Photo : La Presse Canadienne/Patrick Doyle

Des alliés commerciaux

Les intérêts commerciaux expliquent en partie la relation stable et positive entre le Canada et le Japon autant sous Stephen Harper que sous Justin Trudeau. Le Japon est le quatrième partenaire du Canada au chapitre du commerce bilatéral de marchandises.

Voici deux pays, entourés de géants, qui dépendent beaucoup du commerce extérieur, du libre-échange et d’un ordre international fondé sur des règles.

Justin Trudeau et Shinzo Abe se serrent la main devant des drapeaux du Canada et du Japon.

Justin Trudeau et Shinzo Abe lors d’une conférence de presse conjointe au Kantei à Tokyo, en mai 2016. Photo : La Presse Canadienne/Sean Kilpatrick

Dans une Asie de plus en plus dominée par une Chine quand même très puissante qui voulait instaurer ses propres règles, le Japon se faisait un défenseur de ces règles universelles pour faire contrepoids, explique Éric Boulanger, chargé de cours au Département de science politique de l’UQAM.

Justin Trudeau, lui, bousculé sur le front commercial par l’administration Trump lors de la renégociation de l’ALENA, avait tout intérêt à se rapprocher de Shinzo Abe, un leader aux objectifs semblables, c’est-à-dire rester concurrentiel et compétitif dans un système où les règles sont bien connues, justes et équitables, explique Éric Boulanger.

La conclusion de l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste a constitué un moment important dans la relation entre Trudeau et Abe.

Quand le président Trump a retiré les États-Unis de l’entente, le Japon a pris la relève et a trouvé avec le Canada un allié très fort pour relancer les négociations avec les autres pays membres et reformuler le nouvel accord qui est en vigueur aujourd’hui, explique le professeur Boulanger.

Les ministres se serrent la main en ligne continue.

Les ministres du Commerce de l’Australie, de Brunei, du Canada, du Chili, du Japon, de la Malaisie, du Mexique, de la Nouvelle-Zélande, du Pérou, de Singapour et du Vietnam à la signature du traité à Santiago, le 8 mars dernier. Photo: AP/Esteban Felix

Aujourd’hui, Tokyo demeure très intéressé par les ressources alimentaires et naturelles du Canada, comme le blé, le porc ou les minéraux critiques, et par ses nouvelles technologies.

La relation Canada-Japon est sur le point d’entrer dans un nouveau chapitre. Le gouvernement du Canada espère dévoiler d’ici Noël sa nouvelle stratégie indo-pacifique visant à resserrer ses liens avec les pays de la région.

Selon nos informations, le Japon occupera une place importante dans cette feuille de route en matière d’économie, d’environnement et de sécurité. On doit s’assumer comme pays de la région Pacifique, indique une source gouvernementale.

Le Canada cherche à varier ses partenaires économiques en Asie-Pacifique dans le contexte de tensions grandissantes entre Pékin et Ottawa. En mai, le gouvernement canadien a banni le géant chinois des télécommunications Huawei de son réseau 5G en raison de craintes quant à la sécurité nationale. 

Vendredi, en compagnie du président de la Corée du Sud Yoon Suk-yeol, à Ottawa, Justin Trudeau a abordé la nouvelle stratégie indo-pacifique du Canada. Il a souligné que de plus en plus, les pays totalitaires ne sont pas des fournisseurs de services qui satisfont les attentes de nos citoyens sur le plan de la protection de l’environnement, des normes du travail et du respect des droits de la personne

« Nous pouvons être des partenaires économiques extraordinaires sans être dépendants des autocraties ou d’États totalitaires comme la Chine ou d’autres. »— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada.

Jeudi dernier, la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a d’ailleurs annoncé que le Canada allait se joindre au groupe Partenaires du Pacifique bleu, créé par les Américains, dans le but de renforcer les liens économiques avec les îles du Pacifique. C’est une autre incarnation de la rivalité entre les États-Unis et la Chine pour l’influence dans la région.

Géopolitique et sécurité

Si Shinzo Abe avait soigneusement entretenu ses liens avec les leaders américains et canadiens, c’était aussi pour se prémunir contre l’expansionnisme chinois.

Abe essayait d’avoir des alliés où il pouvait en trouver. Les États-Unis, évidemment, étaient les plus importants pour lui, mais le Canada aussi. On est les voisins des États-Unis. On est alliés des États-Unis. On est quand même un pays ami avec le Japon depuis longtemps, souligne Bernard Bernier, professeur au Département d’anthropologie et au Centre d’études asiatiques de l’Université de Montréal.

Xi Jinping fait un salut de la main droite.

Xi Jinping est souvent qualifié de plus puissant dirigeant chinois depuis le fondateur du régime, Mao Zedong. Photo : Getty Images/Noel Celis/Pool

Le désir du gouvernement canadien d’être vu et entendu dans la région n’est pas anodin à ce moment-ci, selon le professeur. C’est vraiment pour contrer les velléités de la Chine, pas seulement face à Taiwan, mais aussi par rapport au Japon. La Chine est quand même assez agressive face au Japon, explique Bernard Bernier.

Ottawa ne peut pas ignorer les tensions qui existent dans la région. Le Canada dépend beaucoup, par exemple, des biens qui circulent dans le détroit de Taïwan et doit rester vigilant.

Mentionnons que le gouvernement Trudeau a bonifié sa présence militaire en Indo-Pacifique dans le cadre de l’opération NEON, pour faire respecter les sanctions des Nations unies envers la Corée du Nord.

Avec les montagnes de l'État de Washington en toile de fond, un hélicoptère Sea King survole le navire HMCS Vancouver à Esquimalt, en Colombie-Britannique.

Avec les montagnes de l’État de Washington en toile de fond, un hélicoptère Sea King survole le navire HMCS Vancouver à Esquimalt, en Colombie-Britannique. Photo: La Presse Canadienne/Chad Hipolito

Depuis 2018, le Canada déploie périodiquement des navires et des aéronefs pour prévenir des manœuvres de contournement des sanctions visant la Corée du Nord, comme le transfert de carburant ou d’autres marchandises entre navires.

Les Forces armées canadiennes ont déployé le NCSM Vancouver dans le cadre de cette opération. Cet automne, un aéronef de patrouille maritime sera déployé à partir de la base aérienne Kaneda, au Japon.

En Asie-Pacifique, où s’affrontent les grandes forces géopolitiques du monde, le Canada veut être présent à la table. Ottawa choisit de miser sur la mémoire et la continuité.

Radio-Canada avec Louis Blouin avec la collaboration de Marie Chabot-Johnson.

L’ex-premier ministre japonais Shinzo Abe assassiné

juillet 8, 2022

Sa mort a suscité un concert d’éloges à son endroit et a causé de l’indignation à l’échelle internationale de la part de leaders politiques.

Shinzo Abe en conférence de presse

Shinzo Abe a été premier ministre de 2012 à 2020. (archives) Photo: Reuters

L’ancien premier ministre japonais Shinzo Abe, atteint par balles alors qu’il prononçait un discours dans la ville de Nara, a succombé à ses blessures, selon la chaîne publique NHK et des sources au sein du parti au pouvoir.

Shinzo Abe s’est effondré au moment où il prenait la parole lors d’un événement politique en vue des élections sénatoriales de dimanche.

La police de la préfecture de Nara a confirmé l’arrestation d’un homme de 41 ans, Tetsuya Yamagami, pour tentative de meurtre.

Des experts en explosifs ont visité son appartement à la recherche de preuves. Selon NHK, le suspect a été membre de la marine japonaise pendant trois ans. Il aurait dit avoir voulu tuer M. Abe en raison de doléances qui ne seraient pas de nature politique.

Shinzo Abe gisant au sol, sa chemise tâchée de sang.

Shinzo Abe étendu au sol après avoir été blessé par balle. Photo: Kyodo/Reuters

Le suspect aurait perpétré son attaque avec une arme faite à la main.

Un journaliste de NHK présent sur les lieux a déclaré avoir entendu deux détonations consécutives lors du discours. L’État a par la suite confirmé que M. Abe a bel et bien été atteint par des balles.

Plusieurs médias ont rapporté qu’il semblait s’être fait tirer dessus par-derrière.

Le tireur avec une arme bricolée se fait arrêter par un agent armé.

Tetsuya Yamagami (à droite), tenant une arme bricolée qui aurait servi à assassiner Shinzo Abe. Photo : AP

Il prononçait un discours et un homme est arrivé par-derrière, a déclaré à NHK une jeune femme présente sur les lieux.

Le premier tir a fait le bruit d’un jouet. Il n’est pas tombé et il y a eu une grosse détonation. Le deuxième tir était plus visible, on pouvait voir l’étincelle et de la fumée, a-t-elle enchaîné.

Après le deuxième tir, des gens l’ont entouré et lui ont fait un massage cardiaque, a-t-elle ajouté.

Une vue de la scène où l'ancien premier ministre a été atteint par balle.

Une vue de la scène où l’ancien premier ministre a été atteint par balle. Photo: Kyodo/Reuters

M. Abe, qui était âgé de 67 ans, s’est effondré et saignait du cou, a indiqué une source du Parti libéral-démocrate (PLD) au pouvoir à l’agence de presse Jiji.

Il a été transporté d’urgence vers l’hôpital par hélicoptère, mais était à ce moment-là en arrêt cardiorespiratoire. Son décès a été constaté un peu plus tard en dépit de traitements d’urgence qui comprenaient des transfusions sanguines importantes, ont précisé des dirigeants de l’hôpital.

Le chef de l’urgence à l’hôpital universitaire de Nara, le docteur Hidetada Fukushima, a indiqué que le cœur de la victime avait été endommagé.

L’ancien premier ministre a aussi subi deux blessures au cou qui ont touché une artère, provoquant une hémorragie massive. Quand il est arrivé à l’hôpital, il n’a jamais présenté de signes vitaux, a indiqué le docteur Fukushima.

Tetsuya Yamagami plaqué au sol par un homme.

Selon des sources policières citées par les médias nippons, le suspect arrêté est un Japonais de 41 ans du nom de Tetsuya Yamagami. Photo : AP/Katsuhiko Hirano

Le Japon dispose de l’une des législations les plus strictes du monde en matière de contrôle des armes à feu, et le nombre annuel de décès par de telles armes dans ce pays de 125 millions d’habitants est extrêmement faible.

L’obtention d’un permis de port d’arme est un processus long et compliqué, même pour les citoyens japonais, qui doivent d’abord obtenir une recommandation d’une association de tir, puis se soumettre à de stricts contrôles de police.

Sans mot

Le premier ministre Fumio Kishida a dit vendredi ne pas trouver de mots après l’assassinat de son prédécesseur.

 Fumio Kishida ému au pupitre de la conférence de presse.

Très ému en conférence de presse suite à l’assassasinat, le premier ministre Fumio Kishida a été ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de M. Abe de 2012 à 2017. Photo: A P/Eugene Hoshiko

Je priais pour que sa vie soit sauvée. Mais malgré cela, j’ai appris la nouvelle [de sa mort]. C’est vraiment regrettable. Je ne trouve pas de mots. Je présente mes sincères condoléances et prie pour que son âme repose en paix, a déclaré M. Kishida, très ému, aux journalistes.

« Pendant cette période électorale, un acte barbare a été commis, prenant la vie de l’ancien premier ministre Abe. C’est impardonnable. Nous condamnons [cet acte] une fois de plus, dans les termes les plus forts. »— Une citation de  Fumio Kishida, premier ministre japonais

Les préparatifs électoraux se poursuivront, a précisé M. Kishida, car nous devons absolument défendre les élections libres et équitables, qui sont le fondement de la démocratie et nous ne céderons jamais à la violence, a-t-il lancé.

M. Abe a porté une lourde responsabilité en tant que premier ministre pendant huit ans et huit mois, la plus longue période dans l’histoire du gouvernement constitutionnel, a ajouté M. Kishida.

Il a guidé le pays face à une situation intérieure et internationale difficile, grâce à ces capacités exceptionnelles de leadership et ses capacités de dirigeant.

Actuel leader du PLD, M. Kishida avait été proche de M. Abe, dont il avait été le ministre des Affaires étrangères de 2012 à 2017.

Les premiers ministres Shinzo Abe et Justin Trudeau

Justin Trudeau et Shinzo Abe se sont entre autres côtoyés au sommet du G7 à La Malbaie, dans Charlevoix, en juin 2018. Photo: La Presse Canadienne/Justin Tang

Soutien international

Les gouvernements de nombreux États ont manifesté leur choc dans la foulée de l’attaque. Le premier ministre canadien Justin Trudeau s’est dit profondément attristé par cet assassinat extrêmement troublant.

« Le monde a perdu un grand visionnaire, et le Canada un proche ami. Je suis de tout cœur avec son épouse Akie et les Japonais, qui pleurent son décès. Tu nous manqueras, mon ami. »— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Dans une déclaration publique, le président américain Joe Biden s’est dit stupéfait, indigné et profondément attristé par ce tragique événement, rappelant en connaissance de cause que la violence par arme à feu marque toujours profondément les populations qui en sont victimes.

De son côté, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken la déploré la mort d’un dirigeant visionnaire.

Au cours d’une rencontre avec ses homologues japonais et sud-coréen en marge d’une réunion du G20 à Bali, en Indonésie, il a souligné que M. Abe avait porté les relations entre nos pays, les États-Unis et le Japon, aux niveaux les plus élevés.

L’ancien président démocrate Barack Obama s’est dit choqué et attristé par l’assassinat de son ami et partenaire de longue date. Shinzo Abe s’est dédié à la fois au pays qu’il servait et à l’extraordinaire alliance entre les Etats-Unis et le Japon, a ajouté M. Obama.

Son successeur, le républicain Donald Trump, a regretté une très mauvaise nouvelle pour le monde. Shinzo Abe était un rassembleur comme nul autre mais, par-dessus tout, c’était un homme qui aimait et chérissait son magnifique pays, le Japon, a-t-il ajouté. Il n’y en aura jamais un autre comme lui!

Le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg s’est dit profondément attristé par ce meurtre odieux, saluant un défenseur de la démocratiemon ami et collègue depuis de nombreuses années. Le Japon est un partenaire clé de l’Alliance.

Des Japonais masqués, les mains jointes en prière.

Des passants se recueillent devant un mémorial de fortune sur les lieux où Shinzo Abe a été abattu, à Nara, dans l’ouest du Japon. Photo : ASSOCIATED PRESS / Hiro Komae

En Europe, les réactions déplorant l’assassinat de Shinzo Abe n’ont pas tardé à affluer.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a dénoncé sur Twitter le meurtre lâche et brutal d’un grand démocrate et défenseur d’un ordre mondial multilatéral, dont l’attaque choque le monde entier.

Je ne comprendrai jamais le meurtre brutal de ce grand homme. Japon, les Européens partagent votre deuil, a réagi de son côté le président du Conseil européen, Charles Michel, sur le même réseau social.

Sept dirigeants assis autour d'une table ronde.

Ancien premier ministre japonais, Shinzo Abe siège à la table du G7 en compagnie de ses homologues canadien, britannique, allemand et américain en août 2019. Photo : Getty Images/Jeff J Mitchell

L’Italie est bouleversée par le terrible attentat qui frappe le Japon et son débat démocratique libre, a réagi le chef du gouvernement italien Mario Draghi.

Le chancelier allemand Olaf Scholz s’est dit stupéfait et profondément attristé, assurant être aux côtés du Japon en ces heures difficiles.

C’est avec horreur que j’ai appris la nouvelle […], a réagi l’ex-chancelière Angela Merkel, se remémorant son plaisir à travailler avec un homme avec lequel la relation était empreinte de confiance.

Le président français Emmanuel Macron a, quant à lui, adressé ses condoléances aux autorités et au peuple japonaisLe Japon perd un grand premier ministre, a déclaré M. Macron.

Je garde un excellent souvenir de notre amitié et du travail que nous avons accompli ensemble, a déclaré le premier ministre néerlandais Mark Rutte, condamnant une attaque lâche.

Incroyablement triste pour Shinzo Abe. Nombreux sont ceux qui se souviendront du leadership mondial dont il a fait preuve en des temps difficiles, a tweeté le premier ministre démissionnaire britannique Boris Johnson.

Les condoléances de Poutine

Le président russe Vladimir Poutine, qui n’est jamais parvenu à signer un traité de paix avec le Japon au sujet du contentieux sur l’archipel des îles Kouriles, a envoyé ses condoléances par télégramme.

Je vous souhaite […] du courage face à cette lourde perte irréparable, a écrit M. Poutine dans un message adressé à la mère et à la veuve de Shinzo Abe, selon un communiqué du Kremlin.

Vladimir Poutine et Shinzo Abe penchés l'un vers l'autre.

Le président russe Vladimir Poutine et le premier ministre japonais Shinzo Abe assistent à un tournoi international de judo en marge du Forum économique oriental à Vladivostok, en Russie, le 12 septembre 2018. Photo : Reuters/Mikhail Metzel

De beaux souvenirs de cet homme remarquable resteront pour toujours dans les cœurs de ceux qui le connaissaient, a souligné Vladimir Poutine.

L’Inde a décrété une journée de deuil national samedi en solidarité avec les Japonais. Je suis choqué et attristé au-delà des mots par la disparition tragique de l’un de mes plus chers amis, Shinzo Abe, a écrit le premier ministre indien Narendra Modi sur Twitter. Nous sommes solidaires de nos frères et sœurs japonais dans ce moment difficile.

Le président sud-coréen Yoon Suk-yeol a, pour sa part, dénoncé un acte criminel inacceptable.

Je suis profondément attristé par la perte de mon cher ami Abe, a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan. Je condamne ceux qui ont perpétré cette attaque odieuse.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse, Reuters et Associated Press

Large victoire du Premier ministre Abe au Japon

octobre 22, 2017

Le Premier ministre conservateur japonais Shinzo Abe, le 22 octobre 2017 à Tokyo / © AFP / Toru YAMANAKA

Le Premier ministre conservateur japonais, Shinzo Abe, a remporté dimanche une large victoire aux législatives anticipées selon les premiers sondages, gagnant ainsi son pari d’obtenir un nouveau mandat à la tête de la troisième économie mondiale, sur fond de menace nord-coréenne.

La coalition formée par le Parti libéral-démocrate (PLD, droite) de M. Abe et le parti Komeito (centre-droit) était en passe de remporter 311 sièges sur les 465 de la chambre basse, soit une majorité des deux tiers, selon des estimations de la chaîne privée TBS fondées sur les sondages de sortie des bureaux de vote diffusés après 20H00 (11H00 GMT).

Au pouvoir depuis fin 2012, après un premier exercice raté en 2006-2007, M. Abe, 63 ans, pourrait ainsi rester aux commandes jusqu’en 2021, le record de longévité d’un Premier ministre japonais.

Avant ces élections, sa coalition gouvernementale disposait de 318 sièges à la chambre basse du Parlement, mais des scandales à répétition avaient terni son image et faisaient courir le risque d’une défaite lors de législatives initialement prévues dans un an.

M. Abe a décidé le mois dernier de déclencher des élections anticipées, profitant d’une opposition morcelée.

Avec sa confortable majorité, il se trouvera encore davantage légitimé dans sa fermeté vis-à-vis de la Corée du Nord, qui a déjà tiré deux missiles au dessus de l’archipel nippon. M. Abe est favorable à la position de l’allié américain consistant à maintenir « toutes les options », y compris l’option militaire, sur la table.

« Ma tâche imminente est d’agir avec fermeté envers la Corée du Nord. Pour cela, une diplomatie forte est nécessaire. Je veux renforcer notre puissance diplomatique après la confiance que nous avons obtenue », a-t-il déclaré à la télévision dimanche soir.

– Echec du Parti de l’espoir –

A l’issue d’une brève campagne de 12 jours centrée sur l’économie et la question nord-coréenne, des millions de Japonais ont bravé dimanche des pluies diluviennes à l’approche d’un puissant typhon.

Si les intempéries n’ont globalement pas perturbé la logistique du scrutin, elles pourraient avoir favorisé l’abstention, bien s’il soit possible au Japon de voter plusieurs jours à l’avance.

A 19H30 (10H30 GMT), le taux de participation atteignait seulement 31,82%, contre 37,72% aux précédentes législatives de 2014. Mais ce chiffre ne prenait en compte que les votes de dimanche, alors que quelque 21,4 millions d’électeurs, sur environ 100 millions de Japonais en âge de voter, avaient déposé leurs bulletins dans l’urne avant dimanche, un record.

Le Parti de l’espoir, récemment créé et dirigé par la charismatique gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike, devrait remporter 50 sièges, selon TBS. Soit moins que l’autre principale formation d’opposition, le Parti démocrate constitutionnel, qui gagnerait 58 sièges.

« Je crois que le résultat sera très sévère », a déclaré Mme Koike dimanche après les premiers sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote, alors qu’elle se trouvait à Paris pour assister à une conférence internationale de maires engagés contre la pollution atmosphérique.

« Les raisons (de la défaite) devront être examinées ultérieurement, mais je dois m’excuser auprès des électeurs si mes mots et ma conduite les ont dérangés », a ajouté Mme Koike.

Elle est restée vague sur son avenir à la tête de la formation: « En tant que fondatrice du parti, je prendrai mes responsabilités » a-t-elle déclaré.

Cette femme de droite de 65 ans, une ex-vedette de la télévision au sens aigu de la communication, ancienne ministre de M. Abe et elle aussi nationaliste, a vu fondre sa cote de popularité en ne se présentant pas au Parlement, dans un pays où la Constitution impose que le Premier ministre soit choisi parmi les députés ou les sénateurs.

– Débat sur la réforme constitutionnelle –

La coalition de M. Abe serait donc en passe de maintenir sa majorité des deux tiers à la chambre basse, comme c’est déjà le cas au Sénat.

Il s’agit là d’une condition nécessaire pour convoquer un référendum proposant de réviser la Constitution pacifiste, dictée en 1947 par les Etats-Unis après la reddition du Japon à la fin de la Seconde Guerre mondiale et dont l’article 9 consacre la renonciation « à jamais » à la guerre.

Un voeu cher aux nationalistes japonais qui soutiennent M. Abe. Toutefois celui-ci ne s’est pas montré pressé dimanche soir d’amender la Constitution, désireux visiblement de dégager un consensus le plus large possible: « Je ne prévois pas de proposer (l’amendement) avec la seule coalition au pouvoir. Nous essayerons d’avoir le soutien du plus grand nombre possible », a-t-il dit, espérant « discuter » de ce sujet avec le Parti de l’espoir et d’autres formations.

Romandie.com avec(©AFP / 22 octobre 2017 16h33)                

Corée du Nord: Abe soutient la politique américaine d’un éventuel recours à la force

septembre 20, 2017

Nations unies (Etats-Unis) – Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a affirmé mercredi devant l’Assemblée générale des Nations unies « soutenir la politique américaine » dans la région qui affirme que « toutes les options sont sur la table » pour ramener Pyongyang à la raison.

« La gravité de la menace est sans précédent » et c’est devenu « un sujet urgent » à traiter, a affirmé le dirigeant japonais, dont le pays a été récemment survolé deux fois par des missiles de la Corée du Nord, qui a procédé aussi à un essai nucléaire d’une une puissance inégalée dans le pays.

Au cours de l’été, le Conseil de sécurité de l’ONU, dont fait partie le Japon avec un statut de membre non permanent, a condamné à plusieurs reprises ces actes nord-coréens, soulignant qu’ils déstabilisaient non seulement la région mais menaçaient aussi la paix mondiale.

Le Conseil de sécurité a approuvé à deux reprises des résolutions prévoyant des sanctions économiques de plus en plus sévères à l’encontre de Pyongyang.

« Ce dont nous avons besoin, ce n’est pas de dialogue, mais de la pression », a insisté le Premier ministre japonais.

Par sa politique de sanctions, l’ONU cherche à pousser la Corée du Nord à revenir à une table de négociations pour discuter de ses programmes d’armement nucléaire et conventionnel.

Mardi, le président américain Donald Trump a menacé de « détruire totalement » la Corée du Nord et son « régime vicieux » si ce pays attaquait les Etats-Unis. Il avait déjà affirmé au cours des mois passés que les Etats-Unis étaient prêts à recourir à des moyens militaires dans la crise avec la Corée du Nord.

Romandie.com avec(©AFP / 20 septembre 2017 20h32)                                            

Theresa May au Japon pour tenter de rassurer sur le Brexit

août 30, 2017

La Première ministre britannique Theresa May et son homologue japonais Shinzo Abe à Kyoto, au Japon, le 30 août 2017 / © POOL/AFP / KIM KYUNG-HOON

La Première ministre britannique, Theresa May, est arrivée mercredi au Japon pour une visite à forte coloration économique, destinée à rassurer les entreprises sur le Brexit et à plaider pour un accord bilatéral de libre-échange.

Elle est arrivée en début d’après-midi à Osaka (ouest), avant de rejoindre son homologue japonais Shinzo Abe dans l’ancienne ville impériale de Kyoto pour une cérémonie de thé, suivie d’un dîner informel.

Les discussions se poursuivront jeudi à Tokyo, avec en toile de fond les négociations entre les Britanniques et l’Union européenne (UE) sur les modalités du divorce des deux parties.

Les pourparlers patinent. Or le temps presse pour les 1.000 sociétés japonaises présentes au Royaume-Uni (dont le conglomérat industriel Hitachi et les groupes automobiles Toyota, Nissan et Honda) où elles emploient quelque 140.000 personnes. Elles utilisent souvent le royaume pour fournir leurs clients européens ou superviser leurs activités dans l’UE.

« Nous allons demander transparence et visibilité pour minimiser l’impact sur nos entreprises », a expliqué un responsable japonais chargé des Affaires européennes.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, a eu beau se vanter, à l’occasion d’une visite à Tokyo en juillet, du maintien des investissements japonais un an après le choc du Brexit, il n’a pas dissipé les inquiétudes de la « Japan Inc ».

Face à l’incertitude actuelle, plusieurs firmes nippones basées à Londres réfléchissent à d’autres options, en particulier les grands établissements bancaires que le Brexit pourrait priver des « passeports financiers » européens.

– ‘Période de transition’ –

Les constructeurs d’automobiles, qui ne peuvent pas fermer leurs usines du jour au lendemain, ont pour l’heure maintenu leurs engagements, mais ils espèrent eux aussi des garanties solides du gouvernement britannique. Theresa May doit notamment rencontrer au cours de son séjour le président du conseil d’administration de Toyota, Takeshi Uchiyamada.

« Le meilleur scénario pour nous serait que le Royaume-Uni décide d’annuler le Brexit », confie Ichiro Hara, à la tête du bureau des Affaires internationales au sein de la fédération patronale Keidanren.

« Mais si ce n’est pas une option, alors il nous faut une période de transition pour atténuer les conséquences négatives », a-t-il dit à l’AFP.

La chef du gouvernement britannique, qui vient accompagnée d’une délégation d’entrepreneurs, devrait aussi aborder la question d’un éventuel traité commercial entre les deux pays, bien que des négociations concrètes ne puissent pas pour le moment être engagées.

Le Japon veut en premier lieu mettre la touche finale à un ambitieux pacte de libre-échange avec l’UE annoncé début juillet et surtout « il n’est pas possible d’entamer des discussions officielles tant que le Brexit n’est pas effectif », souligne Osamu Tanaka, économiste à l’institut de recherche Daiichi Life.

« Il faut d’abord répondre à nos préoccupations actuelles avant de discuter de nos relations futures », confirme le responsable du Keidanren. En début de semaine, l’UE avait adressé aux Britanniques un message similaire, les appelant à négocier « sérieusement » les termes de leur divorce plutôt que d’imaginer de futurs accords commerciaux.

Au programme enfin de ce premier déplacement de Theresa May au Japon, la coopération des deux nations en matière de défense et de sécurité au moment même où les tensions s’exacerbent sur le dossier nord-coréen.

La dirigeante britannique s’est dite mardi « scandalisée » par le tir de missile nord-coréen au-dessus de l’archipel nippon. « De notre point de vue, nous sommes prêts à continuer de travailler avec nos partenaires internationaux pour maintenir la pression sur la Corée du Nord », a-t-elle assuré.

Sa visite s’achèvera vendredi par une rencontre avec l’empereur Akihito, dont l’abdication est attendue pour fin 2018 ou courant 2019.

Romandie.com avec(©AFP / 30 août 2017 14h38)

Japon: le Premier ministre en passe de perdre une élection locale

juillet 2, 2017

Le parti du Premier ministre japonais Shinzo Abe s’achemine vers une défaite dans des élections locales à Tokyo dimanche / © AFP / Toru YAMANAKA

Le parti conservateur du Premier ministre japonais Shinzo Abe s’acheminait dimanche vers une défaite dans les élections locales à Tokyo, qui pourraient avoir des conséquences au niveau national, selon les sondages de sortie des urnes.

La cohalition que dirige Yuriko Koike, élue en juillet 2016 gouverneur de Tokyo, devrait obtenir une confortable majorité à l’assemblée métropolitaine de Tokyo, où le Parti libéral démocrate (PLD, droite) du Premier ministre détenait la plupart des 127 sièges.

« Les forces soutenant Koike devraient obtenir la majorité », a annoncé la chaîne publique NHK dès la fermeture des bureaux de vote à 11h00 GMT.

« Le PLD s’achemine vers une sérieuse défaite », a ajouté la chaîne, estimant que la coalition menée par Mme Koike pourrait obtenir 73 à 85 sièges. Le PLD devrait obtenir moins de 38 sièges, contre 57 auparavant, le plus mauvais score du parti dans la capitale depuis 2009.

Ce scrutin local constitue un indicateur sur l’état de l’opinion nationale alors que M. Abe, 62 ans, élu Premier ministre fin 2012, subit quelques revers depuis un scandale en mars durant lequel il a dû démentir un don au directeur controversé d’une école nationaliste.

Première femme élue gouverneur de Tokyo, Yuriko Koike, une ancienne présentatrice de télévision aurait des vues sur le poste de M. Abe.

Elle vient de quitter le PLD pour mener son propre parti, Tomin First no Kai (Les habitants de Tokyo d’abord), et s’est alliée à la section locale du parti Komeito, une formation modérée.

Mme Koike, âgée de 64 ans et qui bénéficie de taux de satisfaction dépassant les 60%, veut réfréner les dépenses engagées pour la préparation des jeux Olympiques de 2020 à Tokyo.

Ex-ministre de l’Environnement (2003-2006) et de la Défense en 2007, elle a autorisé les caméras à pénétrer dans des réunions jusqu’alors tenues à huis clos.

An total, 259 candidats se présentent à l’assemblée métropolitaine de Tokyo qui gère une ville de presque 14 millions d’habitants.

Selon un sondage récent publié par la chaîne publique NHK, le soutien au gouvernement de M. Abe a reculé de trois points en un mois, à 48%, tandis que le taux de mécontents gagnait six points à 36%.

Lors des dernières élections locales en 2013, alors que M. Abe était au faîte de sa popularité, les 57 candidats du PLD avaient tous remporté un siège à l’assemblée métropolitaine de Tokyo.

Romandie.com avec(©AFP / 02 juillet 2017 15h30)                

Abe: 3 missiles nord-coréens tombés dans la zone économique du Japon

mars 5, 2017

Tokyo – La Corée du Nord a tiré quatre missiles lundi, dont trois sont tombés dans la zone économique exclusive (ZEE) du Japon, a annoncé le Premier ministre japonais Shinzo Abe.

« La Corée du Nord a tiré presque simultanément quatre missiles balistiques qui ont parcouru environ 1.000 km. Trois d’entre eux sont tombés dans la zone économique exclusive de notre pays », a déclaré M. Abe devant le Parlement.

« Ceci montre clairement que la Corée du Nord a atteint un nouveau degré de menace. Après cette séance (au Parlement), je vais convoquer le Conseil national de sécurité », a dit le Premier ministre.

« Les tirs répétés de la Corée du Nord sont un acte de provocation pour notre sécurité et une violation flagrante des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Nous ne pouvons en aucun cas tolérer cela », a ajouté M. Abe.

Les garde-côtes japonais ont indiqué à l’AFP qu’aucun navire n’avait été endommagé par ces tirs.

La Corée du Sud et les Etats-Unis ont lancé la semaine dernière leurs manoeuvres militaires conjointes annuelles, qui suscitent régulièrement la colère de Pyongyang. Le régime nord-coréen condamne ces manoeuvres, qu’il considère comme des provocations et des préparatifs pour une invasion de son territoire, tandis que Séoul et Washington assurent qu’elles sont purement défensives.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un avait ordonné à l’armée le 1e mars « d’élaborer des contre-mesures exhaustives en vue d’une frappe sans merci contre une attaque aérienne soudaine de l’ennemi », avait annoncé l’agence de presse officielle KCNA, le jour du lancement des manoeuvres américano-sud-coréennes.

La Corée du Nord est sous le coup de résolutions de l’ONU qui lui interdisent toute activité dans le domaine nucléaire et dans celui des missiles balistiques.

Romandie.com avec(©AFP / 06 mars 2017 02h03)             

Trump affirme l’engagement des Etats-Unis pour « la sécurité » du Japon

février 10, 2017

Washington – Donald Trump a affirmé l’engagement des Etats-Unis pour « la sécurité » du Japon, au cours d’un conférence de presse, vendredi à la Maison Blanche, avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe.

Le président américain a insisté sur le lien et l’amitié « très, très profonds » entre les États-Unis et le Japon.

« L’alliance entre les Etats-Unis et le Japon est la pierre angulaire de la paix et de la stabilité dans la région du Pacifique », a insisté Donald Trump.

Shinzo Abe est venu à Washington pour obtenir des assurances de l’administration Trump sur le devenir de l’alliance américano-japonaise. Les propos de Donald Trump pendant la campagne sur une possible remise en cause de l’engagement militaire des États-Unis dans la région, avaient inquiété Tokyo.

Donald Trump a dit considérer comme « une priorité très, très haute » de se défendre contre « le missile nord-coréen et la menace nucléaire », que fait peser la Corée du Nord sur la région.

Romandie.com avec(©AFP / 10 février 2017 19h38)      

États-Unis: Shinzo Abe à Hawaï pour une visite historique à Pearl Harbor

décembre 26, 2016

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe est arrivé lundi matin à Honolulu (Hawaï) pour une visite de deux jours. Il doit notamment se recueillir à Pearl Harbor en compagnie du président américain Barack Obama.

La visite du mémorial USS Arizona, prévue mardi, intervient 75 ans après l’attaque surprise et éclair de Pearl Harbor, principale base navale américaine dans le Pacifique, le 7 décembre 1941 à l’aube.

Cette offensive de l’aviation japonaise, préparée pendant des mois dans le plus grand secret, fit plus de 2400 morts et précipita l’entrée des Etats-Unis dans la Seconde guerre mondiale.

Première
C’est la première fois qu’un dirigeant japonais se rend sur ce lieu de mémoire très émouvant, construit au début des années 1960 et qui attire plus de deux millions de visiteurs chaque année.

Accessible seulement par bateau, ce bâtiment blanc épuré a été construit juste au-dessus de l’épave rouillée de l’USS Arizona, dont certains éléments affleurent à la surface.

A l’extrémité de cette structure ouverte sur la mer et le ciel se trouve un immense mur sur lequel sont gravés les noms des 1177 Américains qui ont péri à bord de ce cuirassé. Seuls cinq survivants sont toujours en vie aujourd’hui.

Pas d’excuses
Comme lors de la visite de M. Obama en mai à Hiroshima, M. Abe n’a pas l’intention de présenter des excuses, mais de rendre hommage aux victimes et de louer la solidité de l’alliance entre deux anciens pays ennemis devenus alliés.

Lundi, M. Abe devait effectuer plusieurs visites à Honolulu, en particulier au cimetière national du Pacifique, plus connu sous le nom de « Punchbowl », où plusieurs de ses prédécesseurs ont déjà rendu hommage aux victimes de la guerre.

Il se rendra aussi au mémorial Ehime Maru, du nom du navire-école des pêcheries japonaises percuté par accident en février 2001 au large de l’île d’Oahu par un sous-marin nucléaire américain. Cinq membres d’équipage et quatre étudiants furent noyés.

En mai, Barack Obama avait lancé un vibrant plaidoyer pour un monde sans arme nucléaire. « Nous connaissons la douleur de la guerre. Ayons le courage, ensemble, de répandre la paix », avait-il écrit sur le livre d’or en partant.

Message pour Trump
La rencontre Obama-Abe prendra un relief particulier, à moins de quatre semaines de l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, qui envoie depuis des mois des signaux confus et parfois contradictoires sur l’orientation qu’il souhaite donner à la diplomatie américaine en Asie.

Pour Mireya Solis, de la Brookings Institution à Washington, Barack Obama et Shinzo Abe entendent, avec cette rencontre dans un lieu chargé d’Histoire, envoyer au prochain locataire de la Maison-Blanche « un message fort sur la solidité de l’alliance USA-Japon ».

Durant la campagne, le républicain avait promis de renégocier le financement des quelque 50’000 soldats américains stationnés sur l’archipel. Il s’était également prononcé contre l’accord de libre-échange transpacifique (TPP), dont Shinzo Abe est un fervent défenseur et qui a été conçu pour éviter que Pékin ne fixe, seul, les règles du jeu économique dans la région.

Il avait enfin laissé entendre qu’il avait peu goûté le déplacement historique de Barack Obama à Hiroshima. « Lorsqu’il est au Japon, le président Obama évoque-t-il l’attaque sournoise de Pearl Harbor ? Des milliers de vies américaines perdues », avait-il tweeté au moment de la visite.

Romandie.com avec(ats / 26.12.2016 22h28)

Le Japon commémore le bombardement atomique de Hiroshima

août 6, 2016

Les Japonais ont commémoré samedi le premier bombardement atomique de l’Histoire, effectué il y a 71 ans sur Hiroshima. Le maire de cette ville du sud du Japon a appelé le monde à interdire les armes nucléaires.

La cérémonie annuelle a eu lieu quelques mois après la visite historique de Barack Obama, premier président américain en exercice à se rendre à Hiroshima.

Le 6 août 1945, à 08h15 heure locale, un bombardier B-29 américain baptisé « Enola Gay » larguait sur cette cité la bombe atomique « Little Boy ». Trois jours plus tard une autre bombe atomique, « Fat Man », frappait Nagasaki, conduisant à la reddition japonaise le 15 août et à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

D’une puissance équivalant à près de 16 kilotonnes de TNT, la bombe de Hiroshima a causé une déflagration faisant monter la température au sol à 4000 degrés. « Little Boy » a provoqué le jour même et dans les semaines suivantes le décès de 140’000 personnes.

Interdire l’arme nucléaire
Samedi, 50’000 personnes, dont le Premier ministre japonais Shinzo Abe et les représentants de dizaines de pays, ont observé une minute de silence à l’heure exacte où la bombe avait explosé sur Hiroshima.

Au cours de la cérémonie solennelle, le maire de Hiroshima, Kazumi Matsui, a rappelé dans son allocution la visite de M. Obama et son discours historique.

Cette visite « a été la preuve que le profond désir de Hiroshima de ne pas tolérer le ‘mal absolu’ était partagé par le président Obama », a-t-il affirmé. M. Matsui a appelé le monde à prendre des mesures allant vers l’interdiction de l’arme nucléaire, « forme ultime de l’inhumanité ».

Reste de cet événement l’image émouvante d’un Barack Obama serrant la main d’un survivant et en étreignant un autre. M. Obama, « venu pour rendre hommage aux morts », s’était alors exprimé pour un « monde sans armes nucléaires ».

Engagement de Shinzo Abe
Après avoir déposé une couronne de fleurs, Shinzo Abe a de son côté répété samedi que Tokyo continuerait à travailler à un monde sans armes nucléaires. « Je suis convaincu que (la visite de M. Obama) a apporté un grand espoir au Japon, dans le monde et (particulièrement) à Hiroshima et Nagasaki », a-t-il dit.

Hiroshima et Nagasaki sont un symbole dont le souvenir doit être entretenu de par le monde, jugent les Japonais.

Le 25 juillet dernier, près de 500 écoliers et collégiens nippons participaient à une commémoration au Parc du Mémorial de la Paix de Hiroshima, où ils ont déposé le nombre symbolique de 1000 grues japonaises blanches en origami (papier plié) sur la statue de Sadako Sasaki, la petite fille de 13 ans représentant tous les enfants morts à cause de la bombe atomique.

Des collégiens de l’île de la Réunion ont aussi envoyé récemment des milliers de grues, représentant la paix, en signe de solidarité.

Romandie.com avec(ats / 06.08.2016 12h59)