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Côte d’Ivoire : Simone Gbagbo reléguée au second plan du futur parti de Laurent Gbagbo

septembre 7, 2021
Laurent Gbagbo prononce un discours lors d’une réunion avec des chefs traditionnels et des membres de son parti dans sa résidence à Mama, son village natal, le 28 juin 2021.

Assoa Adou, Sébastien Dano Djédjé… Tous les cadres historiques du FPI figurent dans l’équipe chargée de préparer le congrès du futur parti de Laurent Gbagbo. L’ancienne Première dame ne se voit confier qu’un rôle secondaire.

Attendue la semaine dernière, la liste a fini par tomber. Ce mardi 7 septembre, Laurent Gbagbo a dévoilé l’équipe chargée de préparer le congrès constitutif de son futur parti, censé se tenir d’ici fin octobre. Sans surprise, la plupart des membres de son premier cercle et de la vieille garde du Front populaire ivoirien (FPI) en fait partie. En tout, près de 100 personnes, réparties en différentes commissions.

Plusieurs figures des « GOR » (les « Gbagbo ou rien », ses partisans qui lui sont restés fidèles malgré la scission avec le FPI de Pascal Affi N’Guessan) composent le « comité de coordination ». On y retrouve ainsi Assoa Adou, principal responsable du FPI pro-Gbagbo durant l’absence de l’ancien président, Hubert Oulaye, ancien ministre et président du groupe parlementaire Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS) à l’Assemblée nationale, ou encore Sébastien Dano Djédjé, ex-ministre de la Réconciliation nationale – lequel est aussi nommé président du futur congrès constitutif. Jean-Baptiste Gnahoré, ex-président du conseil régional de Gagnoa, et Emmanuel Ackah, ancien directeur de cabinet de Gbagbo, complètent ce comité de coordination.

Simone Gbagbo reste « une personnalité éminente »

La commission chargée de l’élaboration du manifeste du futur parti sera présidée par Laurent Akoun, vieux compagnon de route du « Woody de Mama ». Celle chargée de son règlement et de proposer un nom et un sigle sera, elle, dirigée par André Kouassi Kouakou. La vingtaine de personnes qui composent chacune de ces deux commissions sont convoquées dès demain à 10h au domicile abidjanais d’Abou Drahamane Sangaré, ancien secrétaire général du FPI décédé en 2018, pour une première séance de travail. Parmi elles, de nombreux membres de la garde rapprochée de Gbagbo, comme Justin Koné Katinan, Damana Pickass, Emmanuel Monnet, Habiba Touré, Georges-Armand Ouégnin, Émile Guiriéoulou…

Enfin, des dizaines de responsables plus ou moins en vue du FPI pro-Gbagbo complètent le « groupe de réflexion élargi » sur le futur parti. Dans la liste ressort notamment le nom de Simone Ehivet Gbagbo, l’ancienne Première dame. Depuis son retour à Abidjan, le 17 juin, l’ancien chef de l’État a rompu au sens propre comme au figuré avec son ex-femme, dont il a officiellement demandé le divorce.

« Elle n’en reste pas moins une éminente personnalité du FPI. Je ne vois pas pourquoi elle ne ferait pas partie de la future équipe, comme tous les autres hauts responsables du parti », glissait un intime de Gbagbo il y a quelques jours. Alors que des rumeurs font part de sa tentation de créer son propre mouvement politique, Simone Gbagbo n’a pas encore publiquement réagi à sa nomination.

Avec Jeune Afrique par Benjamin Roger

Côte d’Ivoire: la justice internationale abandonne les poursuites contre Simone Gbagbo

juillet 29, 2021
Cote d'Ivoire: la justice internationale abandonne les poursuites contre Simone Gbagbo
Côte d’Ivoire: la justice internationale abandonne les poursuites contre Simone Gbagbo© AFP/SIA KAMBOU

Simone Gbabgo n’est plus poursuivie par la justice internationale: le mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale contre l’ex-Première dame ivoirienne, accusée de crimes contre l’humanité lors de la crise de 2010-2011 a été levé.

« La Chambre considère qu’il est approprié de décider que le mandat d’arrêt contre Simone Gbagbo cesse d’être effectif », écrit la CPI, répondant à une demande du procureur, dans une décision de 7 pages, datée du 19 juillet et rendue publique jeudi soir.

« Bonne nouvelle pour Mme Simone Gbagbo (…), elle pourra désormais librement voyager à travers le monde entier », a réagi son avocat Ange Rodrigue Dadjé, dans une déclaration transmise à l’AFP.

« Cette levée du mandat vient boucler définitivement les poursuites dont faisaient l’objet les Gbagbo devant la CPI », a-t-il ajouté.

Simone Gbagbo était réclamée depuis 2012 par la CPI pour quatre chefs de crimes contre l’humanité, à savoir meurtre, viol, autres actes inhumains et persécution, commis pendant la crise post-électorale de 2010-2011.

Cette crise, née du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle de 2010 face à Alassane Ouattara, avait fait plus de 3.000 morts.

En mars dernier, la CPI avait définitivement acquitté Laurent Gbagbo, également poursuivi pour crimes contre l’humanité et il avait pu faire son retour en Côte d’Ivoire le 17 juin, après dix ans d’absence.

Contrairement à son époux, Simone Gbagbo n’avait jamais été livrée à la CPI. Abidjan a toujours estimé être en mesure de la poursuivre pour les mêmes crimes que ceux lui étant reprochés par la Cour.

Elle avait été condamnée en mars 2015 à 20 ans de prison à Abidjan pour atteinte à la sûreté de l’Etat.

Insuffisant aux yeux de la justice internationale qui estimait que la Côte d’Ivoire « ne prenait pas de mesures tangibles » pour juger Mme Gbagbo pour les mêmes crimes que ceux allégués par la CPI.

Elle avait finalement été libérée le 8 août 2018, après sept ans de détention, à la suite d’une amnistie décrétée par le président Alassane Ouattara afin de favoriser la réconciliation nationale.

Divorce

Une réconciliation qui se poursuit depuis le retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire.

Mardi, il a été reçu à la présidence par son ancien rival Alassane Ouattara, pour la première fois depuis plus de dix ans.

La rencontre s’est déroulée dans une atmosphère chaleureuse: les deux hommes se sont donné l’accolade, tenu la main et échangé plusieurs éclats de rire.

« Cette crise a créé des divergences mais cela est derrière nous », a notamment affirmé M. Ouattara.

Mais si la réconciliation nationale avance en Côte d’Ivoire, la rupture est désormais consommée au sein du couple Gbagbo.

A peine rentré en Côte d’Ivoire, l’ancien président a demandé le divorce d’avec son épouse en raison de son « refus réitéré depuis des années de consentir à une séparation à l’amiable ».

Le couple est marié depuis 1989 et a deux filles ensemble.

Laurent Gbagbo a effectué son retour en Côte d’Ivoire avec Nady Bamba, une ex-journaliste de 47 ans, sa compagne depuis le début des années 2000 à laquelle il est uni par un mariage coutumier.

Reste à savoir si Simone Ggabgo, 72 ans, va désormais décider d’embrasser une carrière politique seule, après avoir formé un redoutable tandem avec l’ancien président au pouvoir de 2000 à 2011.

Par Le Point avec AFP

Côte d’Ivoire: Message de Madame Simone Ehivet Gbagbo relatif à l’arrivée du Président Laurent Gbagbo ce jeudi 17

juin 17, 2021

Avec IvoireTV5

Côte d’Ivoire: Commémoration du 11 avril 2021, moment d’allégresse chez Simone Gbagbo à Abidjan avec des militants du FPI

avril 11, 2021

Ce jour 11 avril 2021 consacre la dixième année de l’arrestation de l’ancien président Laurent Gbagbo et son épouse Simone Ehivet Gbagbo par les forces pro-Ouattara au cours de la crise poste électorale qu’à connu le pays et qui a fait plus de 3000 morts. Aujourd’hui, les militants fêtent cet anniversaire en prélude au retour du président du FPI

Avec Ivoire Net

Côte d’Ivoire: Simone Ehivet Gbagbo danse suite à l’acquittement de Laurent Gbagbo à la CPI

mars 31, 2021

Avec ABC Plus

Côte d’Ivoire: libérée, Simone Gbagbo annonce « une nouvelle page »

août 8, 2018

L’ex-première dame ivoirienne Simone Gbagbo libérée mercredi, Abidjan, 8 août 2018. nnGbagbo, 69, has spent seven years behind bars for her role in political violence that claimed several thousand lives in 2010-11. She had been implicated in the 2011 shelling of a market in an Abidjan district that supported Ouattara and for belonging to a « crisis cell » that allegedly coordinated attacks by the armed forces and militias in support of her husband. She was first detained without trial after her arrest in 2011 and later convicted and sentenced in 2015 on a charge of endangering state security.n / © AFP / ISSOUF SANOGO

L’ex-première Dame ivoirienne Simone Gbagbo, libérée mercredi après sept ans de détention, a évoqué devant ses partisans une « nouvelle page » pour son parti, le Front populaire ivoirien (FPI), dans son premier discours public.

Celle qui fut surnommée La « Dame de fer », âgée de 69 ans, a bénéficié de l’amnistie de 800 personnes proclamée lundi par le président Alassane Ouattara pour favoriser la réconciliation en Côte d’Ivoire.

Arrêtée en 2011 avec son mari Laurent Gbagbo, elle avait été condamnée en 2015 à 20 ans de prison pour atteinte à la sureté de l’Etat.

Mme Gbagbo a quitté l’école de gendarmerie d’Abidjan où elle était détenue depuis quatre ans vers 12H15 (locales et GMT) pour regagner sa résidence du quartier de Cocody à Abidjan, où l’attendaient un millier de sympathisants en liesse. A son arrivée 15 minutes plus tard, l’ex-première dame, vêtue d’une robe pagne violette et jaune, souriante quoique fatiguée, a été accueillie sous les vivats et au son des tambours, dans une rare cohue. Se penchant à l’extérieur de sa voiture, où se trouvait son fils Michel, elle a salué pendant une minute ses supporters, avant de s’engouffrer dans sa résidence.

« J’éprouve un sentiment de joie, de bonheur, c’est un grand jour pour la Côte d’Ivoire » a confié à l’AFP une militante du Front populaire ivoirien (FPI).

Elle est réapparue deux heures et demi plus tard pour une cérémonie d’accueil dans le jardin de sa résidence, entourée de plusieurs responsables du FPI et d’autres dignitaires libérés comme elle grâce à l’amnistie, dont deux anciens ministres du régime Gbagbo, Moïse Lida Kouassi et Assoa Adou.

– ‘page tournée’ –

« L’ancienne page est tournée (…), militants, levez-vous pour une nouvelle page, on est partis sans arrêt, on est partis, on est partis! », a-t-elle déclaré sous les ovations, s’exprimant seulement quelques minutes, visiblement émue par l’accueil chaleureux de ses sympathisants.

Le chef du FPI pro-Gbagbo (le parti étant divisé en deux factions), Abdoudramane Sangaré, a souhaité que la libération de Mme Gbagbo « prépare l’arrivée de Laurent Gbagbo », dont les avocats ont à nouveau demandé la libération à la Cour pénale internationale (CPI), qui doit statuer en octobre.

L’ex-président ivoirien (2000-2010) est actuellement détenu et jugé à La Haye, accusé de crimes contre l’humanité commis pendant la crise post-électorale (3.000 morts en 2010-11).

« Un pas a été franchi, un autre reste à faire, je sais que nous aurons raison de tous les obstacles », déclaré M. Sangaré.

Des Partisans de la « dame de fer » ivoirienne Simone Gbagbo célèbrent sa libération, Abidjan, 8 août 2018. / © AFP / ISSOUF SANOGO

Auparavant, Assoa Adou a espéré une « première victoire » aux élections locales du 13 octobre, avant une autre victoire à l’élection présidentielle de 2020.

La position actuelle du FPI pro-Gbagbo est cependant de continuer à boycotter les élections tant que la commission électorale n’aura pas été réformée. Dans son allocution à la Nation lundi, Alassane Ouattara s’est aussi engagé à réformer cette commission, jugée partiale et favorable au pouvoir par l’opposition, ainsi que par la cour africaine des droits de l’Homme. Le président n’a toutefois pas donné de date.

L’amnistie annoncée lundi a été unanimement salué par la classe politique en Côte d’Ivoire, évoquant « un geste fort en faveur de la réconciliation nationale » à deux ans de la prochaine élection présidentielle.

– ‘geste de mépris’ –

En revanche, onze organisations de défense des droits de l’homme ivoiriennes et internationales ont dénoncé cette large amnistie, dénonçant « un geste de mépris vis-à-vis des victimes ».

« Aucune amnistie ne devrait s’appliquer aux crimes de guerre, crimes contre l’humanité et autres graves violations des droits humains commis en Côte d’Ivoire pendant la crise », ont déclaré dans un communiqué la Ligue ivoirienne des droits de l’Homme, le Mouvement ivoirien des droits humains, Human Rights Watch, Amnesty international, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme et six autres ONG ivoiriennes.

Simone Gbagbo est aussi mise en cause au sujet des exactions commises par des escadrons de la mort pendant la crise politico-militaire des années 2000 en Côte d’Ivoire, ainsi que dans la disparition en avril 2004 du journaliste Guy-André Kieffer, qui enquêtait sur des malversations dans la filière cacao.

Libre en Côte d’Ivoire, Simone Gbagbo reste poursuivie par la CPI qui a délivré contre elle un mandat d’arrêt en février 2012. Mais le président Ouattara a affirmé en 2016 qu’il « n’enverrait plus d’Ivoiriens » à la CPI, estimant que son pays avait désormais une « justice opérationnelle ».

La question de la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire, après la décennie de crise politico-militaire qui a déchiré le pays, était considérée jusqu’à présent par les observateurs comme un point noir du bilan d’Alassane Ouattara, dont le régime est accusé par l’opposition d’avoir pratiqué une « justice des vainqueurs ».

Romandie.com avec(©AFP / (08 août 2018 21h00)

Côte d’Ivoire: le président Gbagbo annonce l’amnistie de Simone Gbagbo

août 6, 2018

Simone Gbagbo lors de son procès à Abidjan, le 10 octobre 2016 / © AFP/Archives / SIA KAMBOU

A deux ans de la fin de son mandat, le président ivoirien Alassane Ouattara a annoncé lundi une large amnistie pour favoriser la réconciliation nationale, annonçant la libération prochaine de l’ex-Première dame Simone Gbagbo et de deux ministres de l’ancien régime.

« J’ai procédé ce lundi à la signature d’une ordonnance d’amnistie qui bénéficiera à environ 800 concitoyens poursuivis ou condamnés pour des infractions en lien avec la crise post-électorale de 2010 ou des infractions contre la sûreté de l’Etat commises après le 21 mai 2011 » (date de la prise effective de pouvoir de M. Ouattara), a déclaré le président sur la télévision nationale, dans sa traditionnelle allocution à la veille de la fête de l’Indépendance.

« Environ 500 sont déjà en liberté provisoire ou en exil, et verront leurs condamnations pénales effacées. Il sera mis fin aux poursuites » contre eux. « Il en sera de même pour les 300 autres personnes détenues qui seront libérées prochainement », a annoncé M. Ouattara, sans donner de date.

Il a cité Mme Gbagbo, qui purge actuellement une peine de 20 ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l’Etat » prononcée en 2015, l’ancien ministre de la Défense Lida Kouassi, détenu depuis 2014 et condamné début 2018 à 15 ans de prison pour « complot », ainsi que l’ancien ministre de la Construction Assoa Adou, condamné en 2017 à quatre ans de prison.L’ex-Première dame de Côte d’Ivoire Simone Gbagbo devrait être libérée de prison dès mercredi, selon son avocat, après l’annonce de son amnistie par le président Alassane Ouattara, saluée comme un geste fort en faveur de la réconciliation nationale à deux ans de la prochaine élection présidentielle.

Mme Gbagbo, 69 ans, « sera remise en liberté demain, après que les formalités judiciaires aient été faites », a affirmé mardi à l’AFP Me Rodrigue Dadjé.

Elle a été « ravie d’apprendre la nouvelle de sa libération que je suis allée moi-même lui porter », a expliqué l’avocat. « Sa priorité actuelle est de retrouver sa famille et ses proches et de passer avec eux des moments d’intimité et de retrouvailles ».

Epouse influente de Laurent Gbagbo, président de 2000 à 2010, la « Dame de fer » ivoirienne aura passé sept ans derrière les barreaux. Elle avait été arrêtée le 11 avril 2011 au côté de son mari, vaincu par les forces d’Alassane Ouattara et de la communauté internationale, au terme de plusieurs mois de crise après l’élection présidentielle aux résultats contestés d’octobre 2010.

D’abord détenue sans jugement, elle avait été condamnée en 2015 à 20 ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l’Etat ». En 2017, elle avait été acquittée à la surprise générale à son procès aux assises à Abidjan pour crimes contre l’humanité pendant la crise post-électorale, qui avait fait quelque 3.000 morts. Mais ce jugement venait d’être cassé, le 26 juillet dernier, par la Cour suprême, qui avait demandé son renvoi devant une nouvelle cour d’assises.

Simone Gbagbo, l’ex « Dame de fer » ivoirienne / © AFP / Cecilia SANCHEZ

Mme Gbagbo est également poursuivie par la Cour pénale internationale (CPI) qui a délivré contre elle un mandat d’arrêt en février 2012. Mais le président Ouattara a affirmé en 2016 qu’il « n’enverrait plus d’Ivoiriens » à la CPI, estimant que son pays avait désormais une « justice opérationnelle ».

Comme Laurent Gbagbo – incarcéré depuis 2011 à la CPI et jugé pour crimes contre l’humanité pendant la crise post-électorale – Simone est restée très populaire auprès de ses fidèles du Front populaire ivoirien (FPI), parti qu’ils avaient cofondé dans les années 1980, aujourd’hui divisé en deux factions.

L’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo est quant à lui détenu à la Haye depuis sept ans par la Cour pénale internationale, qui le juge depuis 2016 pour crimes contre l’humanité, pour des faits remontant à la crise de 2010-2011, qui a fait 3.000 morts.

– « Faille majeure » –

 

Capture d’écran de l’annonce télévisée faite par le président ivoirien Alassane Ouattara de l’aministie d’environ 800 personnes, dont l’ex-première dame Simone Gbagbo, le 6 août 2018 / © AFP / ISSOUF SANOGO

La question de la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire, après la décennie de crise politico-militaire des années 2000 qui a déchiré le pays, était considérée jusqu’à présent par les observateurs comme un point noir du bilan d’Alassane Ouattara, dont le régime est accusé par l’opposition d’avoir pratiqué une « justice des vainqueurs ».

Dans un rapport confidentiel dont l’AFP a eu connaissance jeudi dernier, les ambassadeurs de l’Union européenne en Côte d’Ivoire qualifiaient la question de la réconciliation de « faille majeure » des sept ans de pouvoir du président Ouattara.

« La réconciliation nationale, si nécessaire dans ce pays longtemps divisé, et en dépit de la création d’une commission dédiée à ce sujet mais aux résultats vides de sens, semble avoir été sacrifiée sur l’autel de l’impunité et de l’amnésie », écrivaient les chefs de missions diplomatiques de l’UE.

Une inquiétude largement partagée en Côte d’Ivoire, qui fait craindre une possible résurgence de violence lors de l’élection présidentielle de 2020, tant les blessures de la crise sont encore vives.

Consacrant une partie importante de son discours de 18 minutes à ce thème, M. Ouattara a affirmé son « attachement à la paix et à une réconciliation vraie ». L’amnistie est « une mesure de clémence de la Nation toute entière ». « J’invite tous (ses) bénéficiaires à faire en sorte que notre pays ne revive plus jamais de tels événements et ne sombre plus jamais dans la violence », a-t-il insisté.

Le président ivoirien Alassane Ouattara préside une réunion de son nouveau gouvernement le 11 juillet 2018 au palais présidentiel à Abidjan / © AFP/Archives / SIA KAMBOU

« Une soixantaine de militaires ayant commis des crimes de sang ne pas concernés » par cette amnistie, a-t-il précisé.

– Réforme de la commission électorale –

Il a annoncé aussi la libération de Souleymane Kamaraté (dit « Soul to Soul »), chef du protocole du président de l’Assemblée Nationale Guillaume Soro, emprisonné l’an dernier après la découverte d’une cache d’armes dans une de ses maisons, une affaire qui avait fait grand bruit.

Evoquant les prochaines élections, Alassane Ouattara a dit avoir demandé au gouvernement de « réexaminer la composition de la Commission électorale indépendante », une pomme de discorde depuis des années entre le régime et l’opposition, qui juge cette instance partiale. Un avis d’ailleurs partagé par la Cour africaine des droits de l’Homme. Une partie de l’opposition exige la réforme de cette Commission pour participer aux élections. Les prochaines, municipales et régionales couplées, sont prévues le 13 octobre.

Sensible aux critiques sur son régime, le président Ouattara a par ailleurs promis de « renforcer les programmes sociaux dès septembre » et d' »intensifier la lutte contre la corruption ». Les fruits de la forte croissance économique du pays depuis 2011 sont en effet jugés inégalement partagés et largement captés par une « élite » politico-économique.

Evoquant en conclusion de son discours la présidentielle de 2020, qui focalise déjà toutes les attentions, Alassane Ouattara a répété qu’il fallait « travailler à transférer le pouvoir à une nouvelle génération », mais sans dire clairement qu’il ne serait pas candidat pour un troisième mandat, prohibé par la constitution.

Romandie.com avec(©AFP / (07 août 2018 00h44)

Simone Gbagbo : y a-t-il une vie après la prison ?

avril 9, 2018

 

À la cour d’assises d’Abidjan, en octobre 2016. © SIA KAMBOU/AFP

Toujours détenue, Simone Gbagbo suit avec attention les querelles qui déchirent son parti, le FPI, et rêve du jour où elle pourra de nouveau jouer un rôle. Sept ans après sa chute, l’ex-première dame n’a pas dit son dernier mot.

Située au cœur d’Abidjan, l’école de gendarmerie accueille une prisonnière un peu particulière. Pour lui rendre visite, il faut montrer patte blanche auprès de l’administration et traverser l’enceinte verdoyante. Au fond à gauche, coupée du monde extérieur par un large mur, une petite maison divisée en deux appartements. Dans le premier, un officier de l’armée ivoirienne. Dans le second, Simone Gbagbo, l’ancienne première dame ivoirienne condamnée à vingt ans de prison en mars 2015 pour « attentat contre l’autorité de l’État, participation à un mouvement insurrectionnel et trouble à l’ordre public ».

Acquittée en mars 2017 des charges de crime contre l’humanité et de crime de guerre, elle attend désormais un ultime procès pour crimes économiques dont la procédure est au point mort et une possible amnistie. Et commence à trouver le temps long. Ces derniers mois, Simone Gbagbo a exprimé avec une certaine insistance son désir de sortir de prison.Paradoxalement, son procès lui avait offert un quotidien moins monotone : sortir, être transférée à la cour d’assises d’Abidjan, apercevoir les têtes familières des amis venus la soutenir… Aujourd’hui, c’est terminé. La détenue la plus célèbre de Côte d’Ivoire franchit rarement le pas de sa porte, mais garde l’intime conviction qu’un avenir l’attend à sa sortie.

Une détention pas comme les autres

Ses conditions de détention n’ont certes rien de celles d’une prisonnière lambda. Dans son appartement d’un peu moins de 50 m², un salon (très sobre mais équipé d’une télévision), une cuisine et une chambre. Mais cela n’a rien à voir avec ce qu’elle a connu à Odienné, dans le nord-ouest du pays, où elle fut placée en résidence surveillée d’avril 2011 à décembre 2014.

Là-bas, aux confins de la Côte d’Ivoire, dans la ville natale de la mère du président Alassane Ouattara, Simone Gbagbo avait de l’espace pour courir, une maison à étage et un jardin avec des manguiers, où elle élevait des lapins. Elle y parlait le dioula avec les hommes du commandant Lanciné Konaté, le chef de la sécurité de la ville, et apprenait à lire aux enfants du gardien de sa maison, dans le quartier Hêrêmankono. Ses proches affirment même qu’elle a payé pour leur scolarité – ses indemnités d’ancienne parlementaire lui étant encore versées par le gouvernement, quoique irrégulièrement.

Elle a tant maigri qu’on a cru qu’elle était tombée malade, raconte son ami Innocent Akohi

À l’école de gendarmerie, plus de jardin ni de voisins. Une jeune fille est quotidiennement à ses côtés, préparant notamment ses repas, et sa sœur Claudine Ehivet Ouattara, est son premier soutien. Elle est la seule dont les visites sont facilitées par le procureur de la République. Début février, d’inquiétantes rumeurs sur l’état de santé de la prisonnière ont fait trembler les réseaux sociaux. Malgré le démenti de ses avocats, la question demeure sensible. « Elle va très bien et n’a rien perdu de ses capacités intellectuelles », assure son ami Innocent Akohi.

Reste que Simone Gbagbo vieillit. À 68 ans, elle ressent le poids des années de lutte. Un radiologue, Casimir Gogoua Gbazi, autrefois proche de Laurent Gbagbo, et un neurologue, Bali Zézé, veillent sur elle. Mais son dos la fait souffrir et, diabétique, elle suit depuis plus d’un an un régime très strict. « Elle a tant maigri qu’on a cru qu’elle était tombée malade », raconte Innocent Akohi.

Des ambitions politiques tenaces

Ces dernières années n’ont fait que renforcer sa foi évangélique. En prison, l’ancienne première dame prie beaucoup, lit l’Ancien Testament et de la documentation religieuse. Des pasteurs, ivoiriens ou étrangers, lui rendent parfois visite. « La religion l’a aidée à comprendre et à analyser son histoire politique ainsi que les erreurs qu’elle a pu commettre, avec ou sans son mari, raconte l’un d’eux. Depuis son séjour à Odienné, son discours a évolué. Elle dit être dans une logique différente et n’avoir plus aucune animosité. »

Simone Gbagbo n’éprouve donc plus de rancœur, mais elle a encore des ambitions. Et elle a beau avoir confié depuis longtemps son destin au Seigneur, elle n’entend pas rester les bras croisés. La politique reste au centre de ses préoccupations. Les principaux dirigeants du Front populaire ivoirien (FPI), parti qu’elle a fondé avec Laurent Gbagbo et Aboudramane Sangaré au début des années 1980, ne sont pas autorisés à la voir, mais de nombreux secrétaires nationaux et membres du comité central lui rendent visite.

Le FPI à l’agonie

Comme son mari, incarcéré à La Haye depuis 2011, elle sait utiliser les uns ou les autres pour faire passer des messages. Malgré tout, Rodrigue Dadjé, son avocat, continue de se battre pour que soient élargis ses droits de visite : « Comment accepter que des Ivoiriens ne puissent pas voir un autre Ivoirien en prison, alors que, même à la Cour pénale internationale, Laurent Gbagbo peut recevoir des personnalités politiques ? Des députés ont voulu s’entretenir avec ma cliente, mais la justice le leur a refusé ! »

Il faut dire que le FPI vit une période particulièrement délicate. À l’agonie depuis 2011 – un grand nombre de ses cadres sont emprisonnés ou en exil –, le parti est déchiré par une guerre des clans. D’un côté, Pascal Affi N’Guessan. De l’autre, Aboudramane Sangaré. Simone Gbagbo, qui n’a jamais pardonné au premier d’avoir signé les accords de Marcoussis en 2003, suit tout de cet impitoyable affrontement. Quand Affi N’Guessan a réorganisé le secrétariat général du FPI pour faire le ménage et tourner la page Gbagbo, en juillet 2014, elle a refusé d’occuper le poste de deuxième vice-président qui lui avait été réservé.

Tacticienne née

Quelques mois plus tard, avec l’ancien ministre Assoa Adou, elle plaidera pour la création d’une nouvelle formation politique. Faut-il voir sa main derrière la naissance, en avril 2017, d’une nouvelle coalition de l’opposition, que rejoint le FPI et baptisée Ensemble pour la démocratie et la souveraineté ? Certains, à Abidjan, en sont convaincus et soulignent qu’à ses visiteurs Simone Gbagbo parle beaucoup et depuis plusieurs années de « démocratie » et de « souveraineté »…

Ce n’est un secret pour personne : si elle venait à être libérée, l’ex-première dame reprendrait ses fonctions au FPI et ferait tout pour l’aider à reconquérir ce pouvoir perdu un certain 11 avril 2011. « C’est une tacticienne née et une oratrice formidable, s’enthousiasme un militant. Elle a mis en place un réseau pour préparer sa sortie de prison. Elle connaît les hommes et femmes de son parti et maîtrise les rapports de force. »

Sa sœur Claudine, son directeur de cabinet, Corentin Akpa, ou encore Roland Guibony Sinsin, grand ami du couple Gbagbo et membre du comité central du parti, lui sont d’une aide précieuse. À sa demande, plusieurs quadras devraient bientôt faire leurs premiers pas en politique et intégrer les instances du FPI à l’occasion du congrès prévu en août.

Si elle se retrouve un jour en capacité de prendre le leadership du parti, personne ne pourra ou n’osera l’en empêcher, assure un baron du FPI

Voudra-t-elle en prendre les rênes ? « Quand elle évoque les potentiels candidats à la succession de Sangaré, Simone Gbagbo ne parle jamais d’elle », affirme un intime. En interne en tout cas, l’hypothèse est rarement abordée officiellement. D’abord parce que l’intéressée entretient le flou sur ses ambitions et que parler de la « femme du chef » est toujours délicat, mais aussi parce que les avis sont divisés. Ceux qui estiment que son nom, sa capacité de mobilisation et son charisme en font une personnalité incontournable dans l’optique des prochaines élections s’opposent à ceux qui redoutent une succession quasi dynastique et estiment qu’elle est restée trop longtemps coupée des réalités du pays.

Parmi eux, quelques ambitieux qui se voient déjà sur le devant de la scène et pâtiraient du retour d’une aussi forte personnalité. Dans l’entourage de Simone Gbagbo, on murmure que l’influente Nady Bamba, la deuxième femme de l’ex-président, ne serait pas étrangère à la réticence de certains cadres. « Ces débats sont prématurés tant que Simone demeure en prison, tranche un baron du FPI. Mais si elle se retrouve un jour en capacité de prendre le leadership du parti, personne ne pourra ou n’osera l’en empêcher. »

Bientôt en congrès

La tendance du FPI dirigée par Aboudramane Sangaré  organisera en août un congrès à Moossou, la ville natale de Simone Gbagbo, à 43 km à l’est d’Abidjan. L’événement sera organisé dans la demeure de l’ancienne première dame. Inhabitée et laissée à l’abandon depuis la chute du régime Gbagbo, celle-ci sera réhabilitée pour l’occasion.

Jeuneafrique.com par – à Abidjan

Grace Mugabe, Simone Gbagbo, Leila Trabelsi…Ces femmes jugées fatales à la carrière politique de leur mari

novembre 23, 2017

Robert Mugabe avec son épouse lors du 37e anniversaire de l’indépendance du pays, le 18 avril 2017. © Jekesai NJIKIZANA/AFP

De Grace Mugabe à Wassila Ben Ammar en passant par Leïla Trabelsi, Agathe Habyarimana ou encore Simone Gbagbo, beaucoup de femmes sont considérées, à tort ou à raison, comme étant à l’origine de la chute politique de leur mari.

Dès les premières heures de la prise de pouvoir par l’armée, le 14 novembre, les plus folles rumeurs ont circulé sur Grace Mugabe. Était-elle en fuite ou détenue par les militaires ? Tout le monde cherchait celle dont l’irrésistible ascension a précipité la chute de son vieux mari. Ses indécentes virées shopping, sac de luxe au bras, auraient pu faire tomber la femme la plus honnie du pays.

C’est finalement son goût immodéré du pouvoir qui a causé la révolte de la vieille garde de la guerre de libération, inquiète de voir ses privilèges confisqués par l’ancienne secrétaire devenue première dame. Comme « Gucci Grace », nombreuses sont les femmes considérées, à tort ou à raison, comme ayant été fatales à la carrière politique de leur président de mari.

Rôle et influence

Dépeintes en Lady Macbeth, machiavéliques et toutes-puissantes. En Tunisie, la « présidente » a longtemps été Wassila Ben Ammar, la deuxième épouse de Habib Bourguiba. Très influente au palais de Carthage, elle faisait et défaisait les carrières ministérielles. On lui prête la décision d’augmenter le prix du pain, source d’émeutes en 1983.

La femme de son successeur sera encore moins aimée des Tunisiens : Leïla Trabelsi espérait prendre la relève de Zine el-Abidine Ben Ali. Elle finira par incarner les dérives du régime. Contrainte à l’exil avec son mari par le soulèvement populaire de 2011, elle laisse derrière elle des centaines de liasses de billets et de chaussures.

La Rwandaise Agathe Habyarimana est soupçonnée d’avoir été l’un des piliers des ultras du pouvoir hutu

L’Égyptienne Suzanne Moubarak a, elle, tenté d’installer son fils pour accomplir son rêve dynastique. Depuis la chute de Hosni Moubarak, on lui attribuait des envies de complot. Plus discrète, mais bien plus gravement mise en cause, la Rwandaise Agathe Habyarimana est soupçonnée d’avoir été l’un des piliers des ultras du pouvoir hutu. Elle est accusée d’avoir été l’une des planificatrices du génocide de 1994, ce qu’elle nie.

Enfin, en Côte d’Ivoire, beaucoup ont vu la main de Simone Gbagbo derrière le refus de son mari, Laurent, de reconnaître sa défaite à l’élection présidentielle de 2010. L’ex-première dame est soupçonnée d’avoir été à la tête d’escadrons de la mort. Condamnée à vingt ans de prison, elle n’a rien perdu de ses ambitions. Ses proches assurent qu’elle pourrait se relancer en politique si elle était un jour libérée.

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Simone Gbagbo acquittée : « Ce procès nous laisse un goût amer vis-à vis des victimes »

mars 29, 2017

Simone Gbagbo lors d’un rassemblement de soutien à Laurent Gbagbo, à proximité d’Abidjan, le 15 janvier 2011. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

Des associations parties civiles au procès ne cachent pas leur désarroi au lendemain de l’acquittement de Simone Gbagbo, qui était poursuivie pour crime contre l’Humanité et crime de guerre. Face à une justice ivoirienne jugée partiale, certaines organisations en appellent à la Cour pénale Internationale (CPI).

Au lendemain de l’acquittement de Simone Gbagbo, les réactions arrivent au compte-gouttes. Contacté par Jeune Afrique, le président de la Ligue Ivoirienne des Droits de l’Homme (Lidho), Pierre Adjoumani-Kouna, confie ne pas être surpris par la décision de la Cour d’assises d’Abidjan. Lors du procès, son association s’est constituée partie civile.  « Nos avocats n’ont pas eu accès tous les documents et nous craignions que la décision nous soit défavorable. Ce procès nous laisse un goût amer vis-à vis des victimes et il est le reflet d’une justice ivoirienne totalement aux abois », s’insurge t-il.

Elle aussi partie civile lors du procès, la Fédération internationales des ligues des droits de l’Homme (FIDH) s’est fendue d’un communiqué du même acabit. « Comme nous le craignions et l’avions annoncé, ce procès a été un véritable fiasco tant sur la forme, avec de nombreuses irrégularités, que sur le fond, avec un dossier et des débats qui n’ont malheureusement pas permis d’établir la responsabilité individuelle de l’ancienne première dame dans les crimes commis pendant la crise post-électorale. Cet échec doit constituer un électrochoc et conduire la justice ivoirienne à organiser enfin les procès cohérents et solides attendus par les milliers de victimes de la crise post électorale et par la société ivoirienne dans son ensemble », écrit le président de la FIDH, Dimitris Christopoulos.

La veille, au terme du procès, le président de l’un des collectifs de victimes de la crise post-électorale, Issiaka Diaby, avait laissé éclater son désarroi. « Les victimes sont attristées, notre confiance envers la justice ivoirienne est entamée », a t-il réagi auprès de Jeune Afrique

Côté Gabgbo en revanche, on ne cache pas sa satisfaction. L’un des avocats de Simone Gbagbo, Ange Rodrigue Dadjé, a salué mercredi 29 mars « le courage des magistrats de la Cour d’assises et des jurés, qui ont prononcé une décision historique dans un environnement où le politique fait souvent pression sur le judiciaire ». Tout en taclant à son tour la justice ivoirienne dans ce dossier. « Ce procès a été bâclé depuis l’instruction, car la justice n’a jamais voulu entendre les vrais acteurs, notamment certains responsables politiques actuellement aux affaires aujourd’hui »

Le Front populaire ivoirien (FPI), le parti créé par l’ex-président Laurent Gbagbo, s’est lui aussi félicité de cette décision, l’interprétant comme « une volonté d’aller à la réconciliation ». »Nous souhaitons et attendons que les autres prisonniers politiques – 150 au total – soient remis en liberté », a déclaré à l’AFP son chef Pascal Affi N’Guessan, dirigeant du FPI.

Appel à la CPI

Ce mardi 28 mars, en effet, contre toute attente, Simone Gbagbo a été acquittée par la Cour d’assises d’Abidjan, alors qu’elle était poursuivie pour crime contre l’Humanité et crime de guerre. Un verdict d’autant plus surprenant que le procureur avait requis à son encontre la prison à vie.

L’acquittement de Simone Gbagbo « démontre les nombreuses irrégularités qui ont entaché le procès et laisse de graves questions sans réponse concernant son rôle présumé dans les crimes brutaux perpétrés pendant la crise post-électorale de 2010-2011 », pour Param-Preet Singh, directrice adjointe du Programme justice internationale chez Human Rights Watch.

Dans un communiqué publié ce mercredi 29 mars, elle pointe une « enquête peu approfondie » et les « preuves ténues » présentées lors du procès de l’ex-première dame comme des éléments qui « soulignent l’importance de l’affaire en cours contre Simone Gbagbo à la CPI pour des crimes similaires ».

Et elle n’est pas la seule à mentionner la Cour pénale internationale, au lendemain d’un procès dont le verdict en a surpris plus d’un.

« Nous demandons l’exécution du mandat d’arrêt émis par la CPI à l’encontre de Simone Gbagbo », abonde Issiaka Diaby , quelques minutes après l’acquittement.

Les magistrats de la CPI sont actuellement en train de juger le mari de Simone Gbagbo, Laurent Gbagbo, qui comparaît lui aussi pour crime contre l’Humanité. Il faut néanmoins rappeler ici que la Côte d’Ivoire a toujours refusé de livrer Simone Gbagbo à la CPI.

Les parties ont 60 jours pour introduire un pourvoi contre la décision rendue ce mardi. Devant la presse, le procureur général Ali Yéo a affirmé qu’il se prononcerait prochainement quant à un éventuel pourvoi.

Implication présumée

Simone Gbagbo, 67 ans, est jugée depuis le 31 mai 2016 pour son implication présumée dans des tirs d’obus sur le marché d’Abobo, un quartier d’Abidjan favorable à Alassane Ouattara − rival de son mari Laurent Gbagbo à la présidentielle de novembre 2010 − et sa participation présumée à une cellule qui organisait des attaques menées par des milices et des militaires proches du régime.

Ces crimes ont été commis après le refus de Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire électorale d’Alassane Ouattara, pendant une crise qui a fait plus de 3 000 morts en cinq mois dans le pays.

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