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Congo-Revendications sociales : les retraités de la CRF pourront relancer leur sit-in au Palais des congrès

décembre 1, 2021

Les pensionnés de la Caisse de retraite des fonctionnaires (CRF) pourront renouveler leur sit-in illimité au Palais des congrès, si jamais le gouvernement ne trouve une réponse urgente à leurs revendications. Le collectif des syndicats des retraités l’a souligné, le 30 novembre à Brazzaville, à la Commission économie et finances (Ecofin) de l’Assemblée nationale.

Malgré les assurances qu’ils ont eues de la part du chef du gouvernement, Anatole Collinet Makosso, et du président du Sénat, Pierre Ngolo, les retraités de la CRF ont tenu à croiser la chambre basse du Parlement pour exposer leurs doléances. Ils ont souligné à la commission Ecofin que depuis 2016, le rythme de paiement de leurs pensions de retraite a changé. Ce qui fait qu’ils accusent à ce jour trente-huit mois d’arriérés de pensions. Dans la loi de finances 2022, ils espéraient une ligne de crédit conséquente leur permettant de retrouver le calendrier initial de paie mais hélas ! Pour cette année, le gouvernement n’a prévu que 49 milliards FCFA à cet effet, contre plus de 130 milliards de la masse annuelle.

Une somme qu’ils estiment maigre, car selon eux, elle ne représente à peine que quatre mois de pension à payer dans l’année. Ils se sont donc rapprochés de l’Assemblée nationale, garante de l’autorité budgétaire, pour espérer des ajustements à leur profit dans ladite loi de finances en examen.  

Entre-temps, les retraités menacent de renouveler leur avis de sit-in intermittent au siège du Parlement, si jamais le gouvernement ne trouve une solution idoine et définitive à leurs revendications sociales. 

« Nous sommes venus vous dire, vous qui votez les lois de la République, de trouver une issue à notre situation. Faute de quoi, nous viendrons assiéger ici, le Parlement, où vous travaillez », a prévenu Eugène Bakoula, le porte-parole des syndicats des pensionnés de la CRF.

Ayant recueilli leurs doléances, le président de la commission Ecofin de la chambre basse du Parlement a déclaré : « Nos compatriotes admis à la retraite sont venus nous présenter leurs doléances. Nous avons résolu de travailler techniquement et politiquement afin qu’une réponse durable soit trouvée à la question de paiement des pensions de nos aînés admis à la retraite. L’affaire sera débattue avant tout à la Commission économie et finances, avant d’ouvrir des débats avec le ministre des Finances, pour qu’un ajustement soit porté dans la loi de finances 2022 en examen. Cette solution sera présentée à l’ensemble des députés lors de la séance plénière qui se tiendra avant le 20 décembre », a rassuré Maurice Mavoungou, président de la commission Ecofin de l’Assemblée nationale.

Avec Adiac-Congo par Firmin Oyé

Au Venezuela, sit-in géant contre le président Maduro

mai 15, 2017

Manifestation contre le président Nicolas Maduro le 15 mai 2017 à Caracas / © AFP / FEDERICO PARRA

Des milliers d’opposants au président vénézuélien Nicolas Maduro bloquaient lundi les principales routes du pays, qui entrait dans sa septième semaine de protestations marquées par des violences ayant fait 38 morts.

L’opération, baptisée « grand sit-in contre la dictature », devait durer douze heures, jusqu’à 19H00 (23H00 GMT), dans une cinquantaine de points stratégiques du pays.

En début-d’après-midi à Caracas, parapluies et capes étaient de sortie sur la principale autoroute d’accès à la capitale, où les manifestants équipés de vivres et d’eau pour la journée, jouaient aux cartes, chantaient et lisaient, assis ou allongés sur le bitume.

Des groupes de manifestants cagoulés avaient disposé des barricades sur la voie, laissant craindre de nouvelles violences.

« C’est un jour de résistance, d’endurance, pour montrer (notre) organisation et (notre) force », a assuré aux journalistes Freddy Guevara, vice-président du Parlement, contrôlé depuis fin 2015 par l’opposition.

L’objectif, a-t-il souligné, est de « rendre ingouvernable » le Venezuela, déjà secoué par une profonde crise politique depuis des mois, qui s’ajoute au marasme économique de ce pays pétrolier ruiné par la chute des cours du brut.

Le président socialiste Nicolas Maduro est confronté depuis le 1er avril à une vague de manifestations hostiles et de violences qui ont déjà fait 38 morts et des centaines de blessés. Au moins 155 civils ont été emprisonnés sur ordre de tribunaux militaires, a dénoncé l’ONG Foro Penal.

« Il n’y a pas de liberté, ils nous répriment, il n’y a pas de nourriture, ou quand il y en a, c’est extrêmement cher », se lamente Miguel Martinez, un enseignant venu participer au sit-in, évoquant ainsi l’inflation galopante et les graves pénuries d’aliments et médicaments liées aux difficultés économiques.

« Je vais rester dans la rue jusqu’à ce qu’il y ait un changement », promet-il.

Tout fout le camp

« Mon père est décédé faute de médicaments (…) Ici, on te tue pour un portable. Tout fout le camp », témoigne Katty Biagioni, psychopédagogue de 43 ans, qui lit dans une tente.

L’opposition exige des élections générales anticipées et rejette la décision du chef de l’Etat de convoquer une assemblée constituante pour réformer le texte suprême datant de 1999, estimant qu’il s’agit d’une manoeuvre pour repousser le scrutin présidentiel prévu fin 2018 et s’accrocher au pouvoir.

Nicolas Maduro s’en est défendu ce week-end: « En 2018, qu’il pleuve, qu’il y ait du tonnerre ou des éclairs, au Venezuela il y aura une élection présidentielle », a-t-il affirmé.

Plusieurs échéances électorales sont déjà attendues, comme celle des gouverneurs régionaux, qui aurait dû avoir lieu en 2016 mais a été reportée sine die. Cette année, le pays doit organiser en outre des élections municipales.

Le ras-le-bol populaire pourrait jouer en faveur de l’opposition à chacune de ces élections, alors que 70 à 80% des habitants désapprouvent la gestion du chef de l’Etat, selon divers sondages.

Le président assure que réformer la Constitution est l’unique chemin vers la paix, mais ses adversaires y voient le moyen de façonner un texte à sa mesure.

« Il n’y a pas moyen que le Venezuela supporte ça. Tant qu’il y aura la dictature, il n’y aura pas de calme », a promis lundi M. Guevara.

Imagination

Sans relâche, l’opposition redouble d’imagination chaque jour pour maintenir la pression dans les rues: vendredi, elle a fait manifester plusieurs milliers de grands-parents à Caracas, samedi elle a organisé des cortèges de voitures, de motos, de vélos et même de chevaux à travers le pays. Dimanche, elle a réuni une nouvelle manifestation à l’occasion de la fête des mères.

L’opposition dénonce la « répression sauvage » des militaires et policiers, qui utilisent des gaz lacrymogènes et des véhicules blindés pour repousser les manifestants à chaque fois qu’ils tentent d’accéder au centre de la capitale, considéré comme un bastion chaviste (du nom du défunt ex-président Hugo Chavez, 1999-2013).

Le président Maduro, qui bénéficie de la « loyauté inconditionnelle » de l’armée, acteur crucial au Venezuela, accuse ses adversaires de mener une « insurrection armée » pour favoriser un coup d’Etat avec le soutien logistique et financier des Etats-Unis.

Dimanche, l’opposition a justement appelé à l’armée au dialogue pour trouver une « solution pacifique » à cette crise.

De son côté, Washington a fermement nié financer toute action violente, exprimant à plusieurs reprises son inquiétude quant à la situation du pays sud-américain, comme l’ont également fait l’ONU, l’Union européenne et l’Organisation des Etats américains (OEA).

Romandie.com avec(©AFP / 15 mai 2017 23h20)