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Egypte: 2 morts, 30 blessés dans des heurts entre pro et anti-Morsi dans le nord

juillet 28, 2013

LE CAIRE (Qahirah) – Deux partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi ont été tués par balles et une trentaine d’autres personnes blessés dans la nuit de samedi à dimanche dans le nord de l’Égypte, a-t-on appris de sources de sécurité.

Un précédent bilan faisait état de 15 blessés à Port-Saïd, à l’entrée nord du canal de Suez.

Mohamed Atteya, 18 ans a été tué par balle, et 28 autres personnes ont été blessées, dont deux très grièvement, a-t-on précisé.

Les accrochages ont éclaté après les obsèques d’un jeune partisan du président renversé par l’armée le 3 juillet. Des batailles rangées ont eu lieu dans une grande artère proche de la gare ferroviaire.

Selon des témoins, des coups de feu ont été tirés en direction d’une église copte orthodoxe, et des vitrines de magasins affichant des portraits du chef de l’armée, le général Abdel Fattah al-Sissi, ont été brisées.

Des témoins et l’agence officielle Mena ont affirmé que des partisans de M. Morsi avaient ouvert le feu pendant les funérailles, mais un porte-parole des Frères musulmans, formation du président destitué, a démenti ces accusations.

Des jeunes ont attaqué les participants aux funérailles, a déclaré à l’AFP ce porte-parole, Orfa Abou Selmiya.

Par ailleurs, dans la ville de Kafr el-Zayat, Mohamed Gad, 30 ans, un partisan de M. Morsi, a été tué par balle à la poitrine lors des funérailles d’un de ses camarades tué samedi au Caire, selon des sources de la sécurité.

Les heurts ont éclaté après que les participants ont scandé des slogans hostiles au général Sissi, nouvel homme fort du pays, a-t-on précisé.

Les violences politiques se sont intensifiées en Egypte depuis le renversement de M. Morsi.

Samedi, 72 personnes ont été tuées dans des affrontements entre partisans du président déchu et forces de l’ordre au Caire. Au total plus de 300 personnes ont perdu la vie dans des troubles liés à la situation politique depuis un mois à travers le pays.

Port-Saïd est l’une des villes les plus instables d’Égypte depuis un match de football début 2012 qui avait dégénéré en affrontements entre supporters. La mort de 70 personnes avait provoqué de graves troubles sur fond de tensions avec le pouvoir militaire de transition de l’époque dans les jours suivants.

La condamnation à mort un an plus tard de 21 personnes, principalement des supporters du club local, avait entraîné une nouvelle flambée de violence qui avait fait plusieurs dizaines de morts et provoqué des tensions, cette fois avec le pouvoir du président Morsi et les Frères musulmans.

Romandie.com avec (©AFP / 28 juillet 2013 15h35)

Amadou Toumani Touré : « Je ne suis pas détenu par les mutins, je suis libre » au Mali

mars 28, 2012

Le président malien Amadou Toumani Touré a accordé mercredi 28  mars sa première interview depuis le coup d’État militaire du 22 mars au Mali.  Il explique qu’il va bien et n’est pas retenu par les mutins. Pour le reste,  l’homme n’est pas très prolixe…

Dans sa première intervention depuis le coup d’État militaire qui l’a  renversé, le 22 mars dernier, le président malien Amadou Toumani Touré commence par soutenir  la position de la Cedeao, qui a tenu un sommet extraordinaire  sur la crise malienne à Abidjan, le 27 mars. « Je souscris entièrement aux  propositions faites par les chefs d’État [ouest-africains, NDLR] pour une sortie  de crise dans notre pays. Cela s’entend par le retour à l’ordre institutionnel  normal (…) et à éviter toute aventure. Cela passe aussi par la remise en place  des institutions de la République qui ont été démocratiquement élues par le  peuple souverain du Mali », confie-t-il sur RFI ce 28 mars.

ATT affirme ne pas se trouver en détention, même s’il tient à garder secret  son lieu de résidence. « Je suis à l’intérieur du Mali, chez moi, au Mali. (…) Je ne suis pas détenu par les mutins. Je suis libre dans mon pays. » À la  question de savoir comment il se porte, le président malien répond : « Oh, bien  ! Je me porte très bien, la seule chose qui me manque, c’est un peu de force (…) Je me porte très bien, aussi bien que ma famille. » Et d’esquiver la question  sur son entourage et les personnes qui assurent sa sécurité. Est-il ou non  entouré de fidèles ? « Je ne pourrais pas vraiment le dire, dans tous les cas.  Il y a toutefois quelques militaires que je garde pour moi-même », répond-il. On  ne saurait être plus évasif…

Calme et détachement

En ce qui concerne la situation politique, ATT ne fait en tout cas montre  d’aucune acrimonie envers les mutins putschistes, et parle avec un grand calme, presqu’un  certain détachement. « (…) À deux mois de la fin de mon mandat, je reste  disponible et c’est tout compréhensible, pour toute solution allant dans le sens  de la paix et de la souveraineté de la démocratie malienne. C’est un exemple  démocratique auquel avec tant d’autres Maliens, tant d’autres démocrates (…) j’ai contribué à la mise en place. Je veux parler de la démocratie. »

Une démocratie qui l’a fait chef d’État, une fonction dont il semble  cependant ne plus vouloir assumer le statut. Pour preuve, quand on lui demande  s’il se considère toujours comme le « président du Mali », il explique ne pas  vouloir « rentrer dans cette polémique. Je me considère d’abord comme un citoyen  malien, comme un démocrate. Je me considère également comme un homme qui agit  pour son pays, nettement moins pour lui que pour son pays. »

Fidèle à son style, ATT préconise une solution à la crise à base de larges  négociations, sans beaucoup plus de précision. « Je pense que le plus important  aujourd’hui c’est, de manière consensuelle, avec l’ensemble de la classe  politique du Mali, et l’ensemble des chefs d’État de la Cedeao, c’est de dégager  une sortie de crise. Je pense qu’aujourd’hui le plus important ce n’est pas les  hommes. C’est les institutions et c’est le Mali. »

Esquives et évitements

Serait-il toutefois disposé à laisser son siège sans condition, ou à le  confier au président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré ? Là  encore, la réponse est plutôt floue… « Je pense que la question n’a pas encore à  être posée. Mais sachez qu’il y a vingt-deux ans je ne pensais pas pouvoir être  élu dans mon pays. Vingt-deux ans après je suis encore là, face à cette crise.  Vous savez que pour moi, c’est le Mali d’abord, et le Mali avant tout », répète-t-il.

Même évitement lorsqu’on lui demande si la nouvelle Constitution proposée par la junte est « recevable » – « ce n’est vraiment pas à moi de décider » – ou s’il est favorable  à une intervention miliaire, comme le suggère la Cedeao – « je serais très mal à  l’aise de répondre à des questions qui n’ont pas été posées ». Au final, outre  les précisions sur sa santé, ATT n’aura véritablement répondu qu’à une seule  question : a-t-il ordonné à sa garde présidentielle de ne pas combattre les  putschistes pour éviter une effusion de sang ?

« Non, non, non : dans tous les cas de figures, d’aucune manière, je ne le  souhaiterai jamais. Que des soldats de l’armée malienne tuent d’autres soldats  de l’armée malienne… Non, pour moi, ce sont des soldats et officiers de l’armée.  Vous imaginez que je n’aurais jamais souhaité d’affrontement entre les forces  armées, uniquement pour protéger un homme. Ce n’est pas important. L’important  aujourd’hui, c’est d’appeler à l’unité, à la cohésion pour faire face à tous ces  défis que nous connaissons dans notre pays. »

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