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Hommage à Zagreb au criminel de guerre qui s’était suicidé à La Haye

décembre 11, 2017

Un portrait du général croate Slobodan Praljak, lors d’une cérémonie en sa mémoire à Zagreb, le 11 décembre 2017 / © AFP / STR

Plus de 2.000 personnes ont assisté lundi à Zagreb à une cérémonie à la mémoire du criminel de guerre croate de Bosnie Slobodan Praljak, qui s’était suicidé fin novembre en pleine audience du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye.

Le 29 novembre, alors le TPIY venait de confirmer sa condamnation à 20 ans de prison, Slobodan Praljak avait avalé le contenu d’une fiole de poison devant ses juges stupéfaits, qui venaient de confirmer sa condamnation pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis pendant la guerre en Bosnie (1992-1995).

Il était mort quelques heures plus tard à l’hôpital d’une insuffisance cardiaque, à l’âge de 72 ans. Les premiers résultats de l’enquête ont établi qu’il avait avalé du cyanure de potassium.

Slobodan Praljak a été incinéré la semaine dernière au crématorium de Mirogoj à Zagreb lors d’une cérémonie privée en présence de sa famille et de quelques amis.

Depuis sa mort, les Croates lui ont rendu de nombreux hommages, notamment à travers des dépôts de gerbes de fleurs et de bougies sur les places de plusieurs villes de Croatie et de Bosnie.

La cérémonie de lundi, organisée par l’association des généraux croates dans la prestigieuse salle de concert Vatroslav Lisinski, a duré environ une heure. Les lignes de transports public en direction de la salle étaient gratuites pour ceux qui souhaitaient y assister.

Pendant la cérémonie, qui s’est terminée par l’hymne national croate, des anciens collaborateurs et amis de Slobodan Praljak ont pris la parole.

« Personne ne peut être comparé au grand homme qu’était Slobodan », a déclaré Miroslav Tudjman, fils du défunt Franjo Tudjman, premier président de la Croatie indépendante. Il a qualifié le verdict du TPIY de « dégradation de la justice internationale ». « C’est une parodie, un théâtre de l’absurde ».

Slobodan Praljak était « un héros » qui a « sacrifié sa vie pour la Croatie », a témoigné Vjekoslav Balen, un retraité de 74 ans venu à la cérémonie.

Le ministre croate en charge des vétérans de guerre et de hauts responsable du HDZ, le parti de droite au pouvoir, étaient aussi présents dans la salle pleine à craquer. Avant la cérémonie, les visiteurs avaient été invités à signer un livre de condoléances.

Des centaines de personnes qui n’avaient pu entrer dans la salle suivaient la cérémonie sur des écrans géants installés dans les couloirs et l’entrée.

Plus tard dans la journée, une messe à sa mémoire devait être célébrée dans une église de Zagreb.

Ingénieur de formation, Slobodan Praljak avait également décroché des diplômes en art dramatique et en philosophie avant de devenir un haut responsable militaire des Croates de Bosnie.

Malgré la confirmation de sa peine de 20 ans de prison pour participation à « une entreprise criminelle commune » d’épuration ethnique aux dépens des Bosniaques en 1993 et 1994, Slobodan Praljak a été salué en héros par de nombreux Croates, en Bosnie comme en Croatie.

Romandie.com avec(©AFP / 11 décembre 2017 16h30)                

Quand Blé Goudé rend hommage à son « co-équipier » de la prison de la CPI

décembre 5, 2017

 

Charles Blé Goudé, à la Cour pénale internationale, le 27 mars 2014. © Michael Kooren/AP/SIPA

Dans une lettre ouverte publiée suite au suicide en pleine audience de Slobodan Praljak, l’ancien ministre de la jeunesse de Laurent Gbagbo évoque les parties de football entre détenus du pénitencier de Scheveningen.

Alors que les audiences de son procès pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité ont repris depuis le 27 novembre dernier, ce sont quelques lignes sur les réseaux sociaux qui ont fait parler de Charles Blé Goudé. Au lendemain du suicide de l’ancien général croate Slobodan Praljak, lors de son jugement mercredi 29 novembre, l’ancien jeune patriote ivoirien a rendu hommage à son co-accusé.

Contacté par Jeune Afrique, l’entourage de l’ancien ministre de la jeunesse confirme l’authenticité de ce courrier. « Il voulait rendre hommage à un ami. Il s’entendait très bien avec Slobodan Praljak, qui lui disait toujours qu’il fallait tenir bon, il lui disait que la vérité finirait par triompher », raconte Youssouf Diaby, le porte-parole de Charles Blé Goudé.

Slobodan Praljak, au moment où il ingère le poison avec lequel il s’est suicidé, en pleine audience de la CPI, le 29 novembre 2017. © AP/SIPA

A 73 ans, tu débordais encore d’énergie. (…) Adieu mon coéquipier

Matchs de mini-foot

Dans cet lettre ouverte, rien de politique cependant, mais des accents sportifs. « A 73 ans, tu débordais encore d’énergie et tu n’as jamais manqué un seul de nos matchs de mini-foot. Même lorsque j’arrivais en retard, tu prenais toujours soin de réserver ma place. (…) Adieu mon coéquipier », écrit ainsi Blé Goudé.

Alors qu’il venait d’entendre la confirmation de sa condamnation à vingt ans de prison pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis pendant la guerre en Bosnie (1992-1995), Slobodan Praljak s’est soudainement donné la mort en ingérant une fiole dont des analyses ont depuis révélé qu’elle contenait du cyanure.

L’avant-veille du suicide, les deux hommes s’étaient vus pour la dernière fois lors d’une partie de football dans la cour de leur prison. « Tu m’as dit : « Au revoir, merci pour tout Charles, merci mon fils. » Je ne savais pas que c’était un adieu », poursuit ainsi Blé Goudé dans sa missive.

« Praljak ne lui avait jamais dit au revoir à part cette fois-ci, mais ça ne l’a pas vraiment alerté. Charles Blé Goudé n’était pas au courant de ses intentions », explique Youssouf Diaby.

« Laurent Gbagbo fait le coach »

Ces rencontres footballistiques entre détenus du pénitencier de Scheveningen sont très régulières, expliquent les proches de l’ancien ministre de Laurent Gbagbo. Pendant les périodes où les audiences devant la Cour pénale internationale sont interrompues, elles sont mêmes quotidiennes. « Tout le monde y participe, même Laurent Gbagbo, il regarde, commente, fait le coach », poursuit Youssouf Diaby.

Charles Blé Goudé a rejoint l’ancien président ivoirien dans la prison de la CPI en 2014. Un centre pénitentiaire unique au monde où se côtoient chef d’États déchus, anciens ministres ou miliciens, tous poursuivis pour les crimes les plus graves.

On dit que personne n’a jamais tenté de s’en évader. En revanche, l’ancien commandant de l’armée de résistance du Seigneur, Dominic Ongwen avait tenté de se suicider en 2016. Il avait alors ingéré des produits ménagé mais avait été rapidement soigné.

Jeuneafrique.com par

La mort du Croate de Bosnie Slobodan Prajlak causée par du cyanure(parquet néerlandais)

décembre 1, 2017

Captures d’images de la vidéo du TPIY sur laquelle on voit l’ex-chef militaire des Croates de Bosnie Slobodan Praljak avaler du poison, au moment du verdict, le 29 novembre 2017 à La Haye / © International Criminal Tribunal for the former Yugoslavia/AFP / –

Slobodan Praljak, le Croate de Bosnie qui s’est suicidé il y a deux jours en avalant le contenu d’une fiole dans une salle d’audience du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye, est mort d’une insuffisance cardiaque causée par du cyanure, a annoncé vendredi soir le parquet néerlandais.

« Les résultats préliminaires des analyses toxicologiques ont montré que M. Praljak avait une forte concentration de cyanure de potassium dans le sang », a expliqué le parquet dans un communiqué après l’autopsie du corps.

« Cela a provoqué une insuffisance cardiaque, soupçonnée d’être la cause de sa mort ».

Parallèlement, une enquête interne du TPIY commencera la semaine prochaine en complément de l’enquête du parquet néerlandais, sollicité par le tribunal après le dramatique incident qui a provoqué la stupeur dans ses couloirs feutrés.

Au moment où le TPIY rendait mercredi son ultime jugement, Slobodan Praljak s’est soudainement donné la mort à l’aide d’une fiole de « poison », a raconté son avocat. Il venait de recevoir confirmation de sa condamnation à 20 ans de prison pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis pendant la guerre en Bosnie (1992-1995).

L’autopsie du corps a été réalisée à Rijswijk, près de La Haye, à l’Institut médico-légal néerlandais, reconnu comme étant l’un des plus importants laboratoires de médecine légale du monde. Deux experts croates ont été dépêchés sur place « à la demande du TPIY », pour « observer », a dit à l’AFP un des porte-parole du parquet, Vincent Veenman.

Déjà, un test provisoire avait révélé jeudi la présence d’une « substance chimique qui peut entraîner la mort » dans la fiole que Praljak a sortie de sa poche avant d’en boire le contenu d’une seule gorgée.

– Une « complicité » ? –

Mais deux jours après le dramatique incident, on ignore toujours comment l’accusé a pu se retrouver en sa possession et braver tous les contrôles de sécurité érigés entre sa cellule et la salle d’audience.

« Il y a une nécessité impérieuse de comprendre comment ce poison a bien pu arriver au tribunal », a dit à l’AFP Céline Bardet, une juriste internationale qui a exercé au TPIY.

« Forcément cela jette la suspicion sur une +complicité+, avec beaucoup de guillemets », a conclu la juriste.

Selon Goran Sluiter, un avocat néerlandais et professeur de droit international à l’Université d’Amsterdam, Slobodan Praljak s’est procuré la fiole soit au centre de détention, en économisant un médicament administré dans le cadre d’un traitement, soit pendant le transport vers le tribunal, soit au sein même du TPIY.

« Et dans ce cas, cela réduirait considérablement le cercle de gens qui auraient pu l’aider. On pense alors immédiatement aux avocats. Quoiqu’il en soit, il a forcément eu de l’aide pour avoir cette fiole en sa possession en salle d’audience », a-t-il ajouté.

De l’aide, peut-être, mais « cela peut venir de nombreuses personnes », a souligné Diana Goff, une experte en droit et chercheuse à l’Institut Clingendael. Les détenus du TPIY « peuvent recevoir des visites de responsables religieux, de médecins, d’amis, de membres de la famille » et « il est très facile de faire entrer ou sortir de la contrebande dans les prisons en général, donc ce n’est pas un problème du TPIY ».

– ‘Aide au suicide’ –

« Je n’ai jamais pensé qu’il pourrait faire une telle chose, mais je comprends car c’est un homme honorable qui ne pouvait pas vivre avec une condamnation le qualifiant de criminel de guerre et sortir menotté de la salle d’audience », a confié à l’agence de presse croate Hina une avocate du défunt, Nika Pinter, dans l’avion qui la ramenait des Pays-Bas à Zagreb.

Elle a précisé qu’elle ignorait tout du plan macabre de son client et qu’au cours de leurs entretiens avant l’énoncé du verdict, M. Praljak n’avait en rien laissé supposer qu’il se suiciderait.

Mais dès le début, l’enquête, jugée exceptionnelle, diligentée par le parquet néerlandais s’est orientée sur « l’aide au suicide et la violation » de la réglementation sur les substances médicales.

Quant au TPIY, il prévoit de publier le résultat de son enquête interne avant sa fermeture le 31 décembre. Et c’est sur cela que s’abaissera le rideau après presque un quart de siècle consacré à juger ceux qui ont commis les pires atrocités en Europe depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale.

De son côté, la Télévision nationale croate (HRT) a rendu vendredi à une heure de grande écoute un hommage à Slobodan Praljak, diffusant un film réalisé en 1989 par cet homme, « Le retour de Katarina Kozul », l’ histoire d’une jeune veuve d’Herzégovine qui émigre en Allemagne.

Romandie.com avec(©AFP / 01 décembre 2017 22h25)

TPIY: le Croate de Bosnie Praljak est mort

novembre 29, 2017

Captures d’images de la vidéo du TPIY sur laquelle on voit l’ex-chef militaire des Croates de Bosnie Slobodan Praljak avaler du poison, au moment du verdict, le 29 novembre 2017 à La Haye / © International Criminal Tribunal for the former Yugoslavia/AFP / –

L’ex-haut responsable des forces croates de Bosnie « est mort dans un hôpital de La Haye après avoir bu du poison » dans la salle d’audience du tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye, a annoncé l’agence officielle croate Hina.

Agé de 72 ans, Slobodan Praljak a entendu le tribunal confirmer sa condamnation à 20 ans de prison, avant de dire « Je rejette votre verdict », de sortir une fiole, d’en avaler le contenu avant que son avocat n’indique qu’il s’agissait de poison. Le décès a été annoncé par plusieurs médias croates, dont la chaîne privée N1 et les principaux quotidiens Jutarnji List et Vecernji List avant d’être confirmé par Hina, qui cite une source proche de l’accusé.

Romandie.com avec(©AFP / 29 novembre 2017 15h10)