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Bongo lance son « dialogue politique » sans Ping dans un Gabon sous tension

mars 26, 2017

Le président du Gabon Ali Bongo Ondimba à Libreville le 5 février 2017 / © AFP/Archives / GABRIEL BOUYS

En proie à des tensions politiques, économiques et sociales, le Gabon lance mardi son « dialogue politique » voulu par le président Ali Bongo Ondimba depuis sa réélection contestée il y a six mois, mais boycotté par son rival Jean Ping.

Alors que Libreville cherche de nouveaux investisseurs, notamment en Chine et en France, pour relancer et diversifier son économie, les partenaires du pays suivent de près ce rendez-vous. En tête desquels la France, ex-puissance coloniale, qui avait accueilli très fraîchement la réélection de M. Bongo, mise en cause par les observateurs électoraux de l’Union européenne (UE).

Le président Bongo Ondimba avait annoncé ce « dialogue politique inclusif et sans tabou » immédiatement après la validation de sa réélection le 24 septembre par la Cour constitutionnelle. La première annonce de sa victoire avait suscité des violences rares dans ce pays pétrolier d’1,8 million d’habitants relativement prospère, dirigé par la famille Bongo depuis 50 ans.

Vendredi, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault « a exprimé l?espoir » que ce dialogue « débouche sur des réformes structurelles », après avoir reçu à Paris le Premier ministre gabonais Emmanuel Issoze Ngondet, première réception officielle d’un haut responsable gabonais depuis la présidentielle.

– 1.200 organisations –

« La préparation des prochaines élections législatives est une opportunité pour que les différentes sensibilités politiques prennent des engagements en faveur de la démocratie et l?État de droit au Gabon. Une facilitation internationale pourrait utilement être mobilisée », a ajouté le quai d’Orsay.

Le Premier ministre gabonais Emmanuel Issoze Ngondet, le 29 septembre 2016 à Libreville / © AFP/Archives / STEVE JORDAN

A Paris, M. Issoze Ngondet a aussi cherché de nouveaux investisseurs auprès du patronat français (Medef), qui s’est inquiété des retards de paiement touchant les entreprises françaises au Gabon, victime de la chute des cours du brut (40% de son PIB avant la crise en 2014).

Le « dialogue politique inclusif et sans tabou » est boycotté par la Coalition pour la nouvelle République (CNR) de Jean Ping, qui se proclame toujours président élu et qui se trouvait également à Paris la semaine dernière.

M. Ping, crédité par la Cour constitutionnelle de 47,24% des voix contre 50,66% pour M. Bongo, cite le rapport de la mission électorale de l’UE qui parle d' »anomalies » mettant en cause le « résultat final de l?élection ».

« Que tel ou tel ne participe pas, peu importe, cela ne gêne pas », a assuré le Premier ministre gabonais jeudi sur la chaîne France 24, se félicitant de la participation « massive » de la société civile (pas moins de 1.200 « organisations » officiellement enregistrées) et d’une cinquantaine de partis politiques.

Ce dialogue est un « impératif » pour « sortir de la situation tendue qui a prévalu au lendemain de la présidentielle », a ajouté M. Issoze Ngondet dans un entretien au quotidien Le Monde.

Le principal opposant au président Bongo, Jean Ping (G) de la Coalition pour la nouvelle République (CNR) à Libreville le 27 janvier 2017 / © AFP/Archives / STEVE JORDAN

– Un air de « déjà-vu » –

Le dialogue doit commencer par une phase « citoyenne » avec les acteurs de la société civile, alors que le gouvernement vient d’interdire les activités d’une fédération de sept syndicats d’enseignants en grève depuis plusieurs mois.

Les discussions politiques devraient ensuite porter sur plusieurs possibles réformes constitutionnelles: limitation du nombre de mandats présidentiels de sept ans, élection présidentielle à deux tours et non plus un seul, rétablissement d’un poste de vice-président…

Devrait être aussi abordé le rôle de la commission électorale et de la Cour constitutionnelle, deux institutions particulièrement décriées par l’opposition lors de la présidentielle.

Ce dialogue devrait être le préalable à des élections législatives, déjà reportées au plus au tard à fin juillet 2017. Cependant ces élections pourraient de nouveau être ajournées en cas d’adoption de réformes constitutionnelles, indique-t-on de source proche de la présidence.

Ce forum a un air de « déjà vu » pour les vétérans et les poids lourds de la classe politique gabonaise. Après sa réélection contestée lors de la première présidentielle pluraliste du pays, en 1993, Omar Bongo, père de l’actuel président, avait organisé un dialogue similaire, tenu alors à Paris.

Après des mois de tractations et de discussions de couloirs, il avait abouti à conforter le pouvoir du chef de l’État.

Romandie.com avec(©AFP / 26 mars 2017 16h07)

Burundi : dix organisations de la société civile radiées ou suspendues et deux médias sanctionnés

octobre 25, 2016

Le président burundais Pierre Nkurunziza au défilé militaire à l’occasion de la fête de l’Indépendance du Burundi, le 1er juillet 2015, à Bujumbura. © Berthier Mugiraneza/AP/SIPA

Cinq organisations de la société civile viennent d’être radiées, cinq autres suspendues par le ministère de l’Intérieur. Presqu’au même moment, le Conseil national de la communication met en garde une radio et suspend une émission pour une chanson « inappropriée ».

Les organisations visées sont le Forsc (Forum pour le renforcement de la société civile), le Focode (Forum pour la conscience et le développement), l’Aprodh (Association burundaise pour la protection des droits humains et des personnes détenues), l’Acat (Action chrétienne pour l’abolition de la torture) et le RCP (Réseau des citoyens probes), toutes des organisations réputées pour leur combat farouche contre le 3e mandat de Pierre Nkurunziza.

La mesure a été prise le 19 octobre par le ministre de l’Intérieur, et a suscité l’émoi dans le courant du weekend dernier. Le motif : «… les associations susvisées se sont écartées de leurs objectifs consignés dans leurs statuts et s’activent plutôt à ternir l’image du pays et à semer la haine et la division au sein de la population burundaise », avance l’ordonnance ministérielle.

Les choses sont allées très vite et la liste des associations châtiées s’est allongée lundi 24 octobre : Cosome ( Coalition de la société civile pour le monitoring électoral), CB-CPI (Coalition burundaise pour la CPI), UBJ( Union burundaise des journalistes), Ligue burundaise des droits de l’homme « Iteka » et SOS torture Burundi sont toutes suspendues, accusées par le même ministère de « mener des activités qui ne sont pas en conformité avec leurs objectifs consignés dans leurs statuts mais qui sont plutôt de nature à perturber l’ordre et la sûreté de l’État ».

« Une chanson pas conforme à l’éthique professionnelle »

Une sentence qui est tombée quelques heures avant que les médias ne reçoivent eux aussi une sanction de la part du CNC (Conseil national de la communication) : Buja FM (ex-radio 10) « est mise en demeure pour un mois et priée de ne pas utiliser, sous peine de suspension de ses activités, l’identification de « Buja FM » jusqu’au jour où sa demande de changement de nom sera analysée et accordée par l’Assemblée plénière du CNC ». Un détail : Radio 10, actuelle Buja FM, s’occupe spécialement des infos culturelles, mais reste tout de même considérée comme une extension de Radio 10 basée au Rwanda, un pays dont les relations sont au plus bas avec le Burundi.

La Radio Isanganiro, une des deux radios qui ont pu rouvrir après leur destruction le 13 mai 2015 lors du coup d’État raté, vient de voir, quant à elle, une de ses émissions être suspendue : « Karadiridimba » qui donnait la parole aux Burundais de la diaspora pour commenter l’actualité du pays ne passera plus à l’antenne pendant un mois. Sa faute : « avoir introduit et joué le 16 août une chanson qui n’est pas conforme à l’éthique professionnelle et aux valeurs démocratiques et déontologiques », justifie Karenga Ramadhan, président du CNC. « Agateka ka zina muntu » (« Les droits de l’homme ») serait le titre de la chanson « indésirable », d’après un journaliste de la radio Isanganiro.

La société civile vent debout

Pour le directeur de la station, le CNC a précipité les choses. « Il aurait dû nous avertir d’abord. Nous savons que certaines chansons sont considérées comme faites pour critiquer le pouvoir », estime Samson Maniradukunda.

La société civile, elle, ne fait aucune concession. « La radiation de nos associations est un non événement. Même si le pouvoir de facto fait tout pour nous bloquer, notre lutte contre l’impunité continue », a vite réagi sur twitter Armel Niyongere, président de l’Acat et un des avocats « des victimes des crimes contre l’humanité au Burundi ».

Notons que parmi les leaders des cinq associations radiées figure Pierre Claver Mbonimpa de l’Aprodh, lauréat du prix Alison Des Forges 2016 de Human Rights Watch, qui vit aujourd’hui en exil après avoir été blessé par balles en 2015.

Jeuneafrique.com par Armel Gilbert Bukeyeneza

Congo: Le dictateur aurait accepté le principe du dialogue Pouvoir/Opposition et Société civile

juin 1, 2016

La sagesse revient-elle (progressivement) au Congo-Brazzaville ? Dans le camp présidentiel, en tout cas, le triomphalisme post-présidentiel n’est plus de mise. Les ministres ne vont pas, encore, jusqu’à raser les murs mais, ils font, fortement, profil bas, en ce moment. Ce n’est pas toujours de leur faute. Beaucoup, c’est vrai, manquent de moyens pour travailler. Alors, ils s’occupent comme ils peuvent. La semaine dernière, la jeune ministre de la Jeunesse et de l’Education civique, Destinée Ermela Doukaga, par exemple, s’est offerte une escapade de quatre jours, à Libreville, pour s’inspirer du modèle gabonais en matière de jeunesse. Elle a rencontré beaucoup de ministres dont le premier d’entre eux, Daniel Ona Ondo. Mais pour en tirer quoi au final ? Bref, les ministres de Sassou commencent à s’ennuyer.

A deux reprises, ces trente derniers jours, Ban Ki-moon a fait part de son souhait d’envoyer ses équipes dans le département du Pool où l’armée du dictateur, à cause de ses bombardements, a créé la débandade et le désarroi au niveau des populations civiles. Le secrétaire général des Nations-Unies, après avoir remercié Sassou pour son rôle joué dans la pacification du Centrafrique comme médiateur, l’a, fortement, invité à faire (exactement) la même chose dans son propre pays. Mis mal à l’aise, le dictateur a invité le professeur, Abdoulaye Bathily, le représentant de Ban Ki-moon, en Afrique centrale, à venir visiter, lui-même, le Pool et de rendre compte à son patron. Reçu hier, à Mpila, par le dictateur (qui finalement ne s’est plus rendu au Maroc pour ses soins comme il avait laissé entendre), Abdoulaye Bathily devait commencer sa visite dans le département du Pool aujourd’hui.

L’autre volet de sa visite au Congo a trait au dialogue qui doit impérativement s’ouvrir, comme l’exigent les partenaires extérieurs congolais. Le pays étant financièrement à sec (certains secteurs de la vie nationale comme l’université, l’hôpital, etc. commencent à accumuler les retards de paiement de bourses ou de salaires, pendant que beaucoup d’entreprises licencient à Pointe Noire et à Brazzaville), le FMI, croit-on savoir, n’ouvrira son tiroir caisse, que pour servir un gouvernement issu d’un dialogue consensuel et accepté par tous. D’ici là, il y a du travail en perspective sachant qu’un bon coup de vent peut entre temps emporter le dictateur. Il sait qu’il n’est pas à l’abri d’une telle secousse. Qu’on ne s’étonne donc pas de l’activisme du premier ministre, Clément Mouamba et de son ministre chargé du Dialogue, Digne Elvis Okombi Tsalissan. Leur mission est claire : convaincre vite l’opposition à aller au dialogue et éviter que le feu qui couve sous la cendre ne se déclenche.

Afriqueeducation.com

Burkina Faso : La société civile élève le ton contre l’impunité

mai 10, 2016

Dans une déclaration conjointe, rendue publique, ce lundi, 9 mai, sept Organisations de la société civile (OSC) ont dénoncé des ‘’tripatouillages’’ dans le dossier relatif au coup d’état manqué de septembre dernier au Burkina Faso : ‘’La Cour de cassation avait servi un spectacle ahurissant en rendant deux décisions contradictoires le même jour concernant le recours en annulation des mandats d’arrêt : une décision publique rejetant le recours lue et entendue à l’audience du matin devant tout le monde et une autre décision rendue publique le soir par des canaux non officiels infirmant la décision du matin », ajoutant que ‘’manifestement, il y a eu fraude quelque part ».

N’y allant pas de main morte, les sept OSC dont le célèbre ‘’Balai citoyen », proclament leur ‘’attachement à la bonne administration de la justice », et disent suivre avec une grande vigilance ces derniers développements du dossier. Les six autres OSC sont : « ‘Génération Joseph Ki-Zerbo », ‘’Génération Cheikh Anta Diop », ‘’Mouvement des Sans Voix (MSV) », ‘’Cadre deux heures pour nous, deux heures pour l’Afrique », ‘’La ligue des Panafricanistes » et ‘’Le Repère ».

‘’Même si les thuriféraires de l’impunité systématique crient victoire, nous restons convaincus que c’est une nouvelle opportunité de prendre toutes les dispositions utiles afin que nul ne puisse se prévaloir de vices de procédure pour échapper à ses responsabilités dans ce crime odieux contre notre processus démocratique », peut-on lire dans la déclaration.

Les OSC encouragent les juges d’instruction à reprendre lesdits mandats en respectant scrupuleusement les règles de procédure. De même, ils mettent en garde les gouvernants contre toute tentative de blocage, de manipulations politiciennes ou diplomatiques de ce dossier.

A cet égard, ces OSC condamnent avec vigueur la décision de l’exécutif consistant à dessaisir un des juges d’instruction. ‘’C’est une immixtion grave dans la conduite du dossier que nous ne saurons accepter », dénoncent-elles.

La déclaration dénonce, aussi, le refus de certains hauts gradés de l’armée, de la gendarmerie et de la police de répondre devant les juges instructeurs, qui veulent les entendre sur leurs rôles dans le coup d’état : ‘’Nous sommes scandalisés par cette information surtout que les mis en cause, à savoir, les premiers responsables de la gendarmerie, de la police et de l’armée sont ceux chargés d’appliquer et de faire respecter la loi ». Pour les OSC, ‘’ce comportement de leur part relève manifestement de l’incivisme au sommet de l’Etat ».

Les OSC disent craindre le risque de tripatouillage de tous les dossiers emblématiques de justice au Burkina Faso, notamment, ceux du putsch, de l’insurrection, de Thomas Sankara, Norbert Zongo, Dabo Boukary, etc.

Elles élèvent le ton : ‘’Nous, organisations de la société civile qui avons participé auprès de notre peuple à la lutte héroïque pour nous débarrasser de l’autocratie et de son système d’injustice, demeurons vigilantes pour l’aboutissement de ce dossier et de tous les autres ».

Afriqueeducation.com

Tchad: six mois de prison ferme requis contre cinq leaders de la société civile

avril 7, 2016

N’Djamena – Le procureur de la République tchadienne a requis jeudi six mois de prison ferme contre cinq leaders de la société civile et reporté la suite du procès au 14 avril, alors que la police a violemment dispersé leurs sympathisants.

Le parquet a requis six mois de prison ferme, il s’agit d’une décision purement politique qui vient de l’exécutif, a déclaré à l’AFP l’un de leurs avocats, Frédéric Nanadjingue au terme d’une audience de deux heures interdite à la presse.

Mahamat Nour Ahmed Ibedou, Younous Mahadjir, Nadjo Kaina Palmer, Céline Narmadji et Albissaty Alazam, déjà écroués, appartiennent à plusieurs mouvements de la société civile dont l’Union des syndicats du Tchad (UST), Ca suffit, Trop c’est trop et Iyina (On est fatigués).

Les quatre opposants sont accusés de provocation à un attroupement non autorisé, tentative d’atteinte à l’ordre public et opposition à l’exercice d’une autorité légitime, après avoir appelé à manifester contre la candidature dimanche du président Idriss Déby Itno, au pouvoir depuis 26 ans, à un cinquième mandat.

Environ 200 sympathisants, qui avaient réussi à se réunir, très tôt, devant le Palais de justice, certains bâillonnés pour dénoncer le manque de liberté d’expression, portaient des pancartes: Libérez nos héros, défenseurs de la justice sociale, Déby dégage.

Les policiers, très nombreux devant le Palais de justice et tout autour dans les rues adjacentes, empêchaient 200 autres manifestants, des lycéens, de rejoindre les premiers.

Sifflant et entonnant à plusieurs reprises l’hymne national, les militants ont ensuite crié leur solidarité envers les cinq prévenus qui sortaient pour être reconduits à la prison, scandant liberté, liberté!.

Dès le départ du fourgon emmenant les détenus, les nombreux policiers, équipés d’armes automatiques, ont violemment dispersé les militants pacifiques en tirant au-dessus d’eux à balles réelles et en lançant des grenades lacrymogènes, provoquant une très grande panique. Un jeune a été légèrement blessé au cou.

Vous voyez le règne de l’impunité, du népotisme et du clanisme, lançait Franklin, un manifestant, tandis qu’un autre accusait la France et Hollande de soutenir Déby.

La France, ancienne puissance coloniale, avait sauvé le pouvoir d’Idriss Déby en février 2008 lorsqu’une rébellion avait gagné la capitale.

Et, face à la menace islamiste dans les pays sahéliens, Paris a fait de la capitale tchadienne le quartier-général de sa force Barkhane.

Le pouvoir au Tchad, pays producteur de pétrole à la population très pauvre, a été confronté ces dernières semaines à une contestation inédite à la suite d’un mouvement de lycéens dénonçant le viol d’une jeune Tchadienne par des fils de dignitaires, à laquelle il n’a répondu que par des interdictions de manifester.

La présidentielle, qui se tient dimanche avec 14 candidats en lice, devrait voir la réélection sans surprise du chef de l’Etat Idriss Déby Itno.

Romandie.com avec(©AFP / 07 avril 2016 15h21)

Burkina: le projet d’accord de la Cédéao est honteux, dénonce le représentant de la société civile

septembre 20, 2015

Ouagadougou – Le porte-parole du mouvement burkinabé de la société civile, le Balai Citoyen, juge honteux le projet d’accord proposé dimanche soir pour résoudre la crise politique au Burkina Faso, laissant augurer de nouvelles tensions dans les heures et les jours qui viennent.

C’est honteux ce qu’a proposé la Cédéao, j’ai honte d’être Africain, a déclaré Me Guy-Hervé Kam visiblement très en colère à l’énoncé de ce texte qui prévoit la participation aux élections des partisans du président déchu Blaise Compaoré et l’amnistie des putschistes.

Le Balai citoyen fut le mouvement en pointe dans le soulèvement populaire contre Blaise Compaoré en 2014 qui a mené à la chute de l’ancien président après 27 ans de pouvoir.

Me Kam est reparti sans faire plus de déclarations. On a oublié les morts, a lancé une femme de son entourage alors qu’elle quittait l’hôtel avec d’autres représentants de la société civile.

Selon un bilan hospitalier, les violences qui ont accompagné le coup d’Etat ont fait au moins 10 morts et 113 blessés.

Le projet d’accord politique de sortie de crise a été lu dimanche soir à l’hôtel Laico de Ouagadougou par un représentant de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Il prévoit de maintenir les élections législatives et présidentielle mais surtout d’y inclure les candidats pro-Compaoré, qui en avaient exclus ces derniers mois suite à une loi votée par l’Assemblée intérimaire. Par ailleurs, le texte propose que soit votée avant le 30 septembre une loi d’amnistie pour les putschistes.

Roch Marc Christian Kaboré, membre de l’ancienne opposition à Compaoré qui figurait jusqu’ici parmi les favoris à l’élection présidentielle, ne se montrait pas plus enthousiaste que Me Kam : Nous avons toujours considéré, a-t-il rappelé, que la question de l’inclusion des candidats pro-Compaoré exclus aux élections est une question qui a été tranchée par le Conseil constitutionnel, dont les décisions sont sans recours.

A partir du moment où nous n’avons pas eu l’opportunité ni de poser des questions ni de donner des avis sur ces différents points évidemment, je dois marquer ma surprise, a-t-il témoigné après avoir pris connaissance du projet d’accord. Même si je comprends que le souci c’est d’aider le Burkina Faso, il aurait été indiqué que nous puissions en discuter, a-t-il ajouté.

M. Kaboré n’était pas en mesure de dire s’il allait lever ou non le mot d’ordre de désobéissance civile. Nous apprécierons après avoir étudié les propositions qui ont été faites, pour l’instant je ne peux pas répondre à cette question.

Romandie.com avec(©AFP / 20 septembre 2015 22h57)

Burkina: les négociations buttent sur la présidence du parlement de transition

novembre 12, 2014

Burkina: les négociations buttent sur la présidence du parlement de transition Burkina: les négociations buttent sur la présidence du parlement de transition © AFP

Les négociations sur la transition au Burkina Faso achoppaient mercredi sur les exigences formulées par les militaires de présider le parlement provisoire pour conserver une influence une fois le pouvoir rendu aux civils.

Les militaires exigent la présidence de la future assemblée, le Conseil national de transition (CNT), mais leur demande est contestée par des membres de la société civile et de l’opposition.

Dans une structure à deux têtes, avec un militaire à la tête du CNT d’un coté et un président de transition civil de l’autre, « naturellement le militaire aura la préséance car il a les armes avec lui », a déclaré Etienne Traoré, président d’un parti d’opposition.

L’opposition, la société civile et les autorités religieuses et traditionnelles se sont réunies mercredi pour discuter de la place à laisser à l’armée dans la transition prévue pour durer un an.

Ces trois composantes civiles avaient rédigé le weekend dernier un projet de « charte de transition », sorte de constitution intérimaire. Les militaires y ont ensuite apporté des amendements. Mais ceux-ci sont en partie contestés dans le camp des civils qui tentent de dégager entre eux une position commune face à l’armée.

Un accord avec les militaires est impératif pour que ceux-ci rende aux civils le pouvoir qu’ils détiennent depuis la chute du président Blaise Compaoré, renversé par la rue le 31 octobre après 27 ans de règne.

Les deux camps ont « acté » que le président et le Premier ministre de transition seraient des civils, a déclaré Luc Marius Ibriga, un éminent responsable d’ONG. L’homme fort du Burkina est, depuis la chute du président Compaoré, un militaire, le lt-colonel Isaa Zida,

Les divergences portent désormais essentiellement sur le parlement.

D’après un gradé, l’armée a demandé que le CTN « soit présidé par un militaire », sans en préciser les pouvoirs.

Elle voudrait également que ce conseil n’ait pas de rôle législatif mais uniquement consultatif, affirment les civils qui rejettent cette idée.

Le Parlement, « l’incarnation de la civilité », ne peut « être dirigé par un militaire » dans une transition dite « civile », a lancé M. Traoré, président du Parti pour la démocratie et le socialisme, qui dit « douter d’une conclusion consensuelle » de cette question « pour l’heure ».

« Un CNT qui n’est pas délibératif est une coquille vide. Le chef d’Etat va gouverner par décret », a renchéri un délégué de la société civile, qui a requis l’anonymat.

Mardi, peu après avoir rencontré les présidents sénégalais et togolais, Macky Sall et Faure Gnassingbé, envoyés à Ouagadougou par l’organisation régionale de la Cédéao, Zéphirin Diabré, le chef de file de l’opposition, avait pourtant qualifié les « observations » des militaires de « recevables ».

Des « différences de vue » subsistent sur « les organes de transition », avait pointé le chef d’Etat sénégalais, pour qui tout devait « rentrer dans l’ordre » d’ici mercredi. « Nous arriverons à un consensus », avait-il lancé, optimiste.

– ‘Réconciliation’ –

Mais si les civils prévoient une Assemblée de 90 députés, dont 10 seulement sont des militaires et 10 autres sont issus de l’ancien camp au pouvoir, l’armée veut aussi un CNT de 60 membres, répartis équitablement entre opposition, société civile, militaires et ex-majorité (15 sièges chacun).

L’armée refuse également la création d’une Commission dite « de réconciliation et des réformes », plus politique, voulue par la société civile.

« Ils ne veulent pas qu’on fasse la lumière sur les crimes économiques et de sang » commis par l’ancien régime, a estimé Hippolite Domboué, un cadre d’ONG.

Lundi, le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, président en exercice de l’Union africaine, était venu rassurer les protagonistes. L’UA avait posé le 3 novembre un ultimatum à l’armée burkinabè pour qu’elle cède sous quinzaine le pouvoir aux civils.

« L’UA n’est pas venue (. . . ) pour vous menacer de quoi que ce soit », avait déclaré M. Aziz, multipliant les messages rassurants devant la presse. Loin des micros, il avait toutefois maintenu le délai de l’UA, qui expire dans six jours, selon une source diplomatique.

Les médiateurs africains « veulent aller directement aux élections, même dans six mois. Mais pour nous, il ne s’agit pas seulement de cela. Blaise Compaoré aussi organisait des élections », remarque un délégué de la société civile.

Hervé Ouattara, un autre délégué, appelle civils et militaires à « accorder leurs violons entre eux ». « Les propositions de l’armée ne sont pas alarmantes. On doit pouvoir s’entendre », estime-t-il.

Les deux camps ne se sont toujours pas rencontrés au sujet de la charte. Une fois un accord trouvé sur ce document se posera le choix, autrement délicat, du président de la transition.

Jeuneafrique.com

Burkina : opposition et société civile ont finalisé leur charte de la transition

novembre 10, 2014

Zephirin Diabre et Rock Marc Kabore, le 8 novembre 2014 à Ouagadougou.
Zephirin Diabre et Rock Marc Kabore, le 8 novembre 2014 à Ouagadougou. © AFP

Après d’âpres tractations, opposition et société civile burkinabè ont validé dimanche la version finale de la charte de la transition. Une première étape avant d’engager des négociations avec l’armée pour l’adoption d’un document unique.

La voie est balisée pour demander à l’armée de rendre rapidement le pouvoir. Le 9 novembre, les partis d’opposition et les représentants de la société civile du Burkina Faso se sont mis d’accord sur la charte de la transition.

Le document final a été adopté après d’intenses débats. Il a été décidé entre autres que les députés de la transition pourraient se présenter aux élections présidentielle et législatives prévues en novembre 2015, tandis que le président et les membres du gouvernement de la transition en seront exclus.

La charte prévoit également un président civil, un gouvernement de 25 ministres et une Assemblée de transition de 90 députés. Le texte adopté dimanche soir doit être transmis lundi aux autorités militaires pour examen. Puis les protagonistes de la crise discuteront avec l’armée pour parvenir à un document unique, faisant la « synthèse » des propositions sur l’architecture de la transition et le profil de ses responsables, selon des membres de la société civile.

« Nous allons discuter ensemble, les militaires nous ont fourni un document, nous avons réfléchi en prenant en compte des éléments de ce document, nous allons nous retrouver ensemble pour discuter », a expliqué dimanche soir Luc Marius Ibriga, rapporteur de la commission ayant élaboré la charte, se disant « optimiste ».

Choix du président de transition

Reste que ladite charte fait la part belle à la société civile et à l’opposition, mais au détriment de l’armée. Selon plusieurs participants, elle n’octroie à l’armée que dix sièges de députés sur 90, comme au camp du président déchu Blaise Compaoré, contre 40 à l’opposition et 30 à la société civile.

Le choix du président de la transition sera ensuite un enjeu majeur. Aucun nom n’a pour l’heure été publiquement avancé. Une fois le document unique adopté, « tout devrait se mettre rapidement en place, les organes de la transition et notamment le président de la transition », a estimé Ablassé Ouédraogo, président du parti Le Faso Autrement, tablant sur une passation de pouvoir vers le milieu de la semaine prochaine.

Il est très probable que le sujet soit au menu des échanges entre le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, qui dirige l’Union africaine (UA), attendu lundi à Ouagadougou, et le lieutenant-colonel Zida, le nouvel homme fort du Burkina Faso.

 

Jeuneafrique.com ave AFP

Burkina: opposition et société civile appellent à un grand rassemblement dimanche à Ouagadougou

novembre 1, 2014

Ouagadougou – L’opposition et la société civile burkinabè ont appelé samedi à un grand rassemblement sur la place de la Nation à Ouagadougou, dimanche à 8 heures du matin, ont-elles annoncé lors d’une conférence de presse.

La Place de la Nation, située dans le centre de Ouagadougou, a été le lieu de rassemblement privilégié cette semaine des manifestations populaires qui ont chassé du pouvoir le président Blaise Compaoré.

Les partis de l’opposition et les organisations de la société civile burkinabè, qui s’étaient réunis en début d’après-midi, ont exigé une transition démocratique et civile, refusant la confiscation du pouvoir par l’armée après la chute du président Blaise Compaoré.

Les chefs de l’armée ont désigné samedi midi le lieutenant-colonel Isaac Zida comme chef du régime de transition au Burkina Faso.

La conférence de presse de l’opposition et de la société civile et l’appel au meeting avaient été annulés dans un premier temps. Mais le point presse s’est finalement tenu et l’appel au rassemblement a bel et bien été lancé, sans explication sur ces revirements successifs.

Romandie.com avec(©AFP / 01 novembre 2014 19h19)

RDC : la Ceni règle ses comptes et jette son « brouillon »

juillet 7, 2011

La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) de RDC nie tout projet de reporter le scrutin présidentiel au 24 décembre 2011, contrairement à ce que prévoyait un document interne révélé par « Jeune Afrique ». Elle balaye par ailleurs les soupçons pesant sur l’utilisation des fonds qu’elle a réclamés à son antenne du Nord-Kivu.

Cent mille dollars. C’est la somme que le bureau national de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a demandé à son antenne du Nord-Kivu… De quoi faire tiquer les organisations de la société civile, qui s’interrogent sur l’utilisation de cette somme. Mais à Kinshasa on nie que ce versement soit douteux. Toutes les provinces congolaises ont été mises à contribution, souligne-t-on (le Katanga a versé, lui, 300 000 dollars), pour financer, entre autres, l’achat et l’installation de tentes. Celles-ci serviront à l’enrôlement des électeurs, puis tiendront lieu de bureaux de vote pour les scrutins présidentiel et législatifs de la fin de l’année (faisant ainsi grimper le nombre de bureaux de vote disponibles de 50 000 à 104 000).

Par ailleurs, à la Commission, on n’en démord pas. L’élection présidentielle aura bien lieu en novembre : « Ce sera le 28 et rien d’autre », martèle-t-on à Kinshasa. Et quid du document interne dont Jeune Afrique s’était procuré la copie et qui envisageait d’organiser le scrutin le 24 décembre ? « Une simple hypothèse de travail », « un brouillon qui aura été ramassé par quelqu’un au sortir d’une réunion, se défend-on à la Ceni. Ce n’est plus envisagé ». Et quid des législatives ?

Jeuneafrique.com