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Des soldats canadiens s’envolent vers la Pologne pour aider les réfugiés ukrainiens

avril 16, 2022

Des militaires canadiens attendaient de monter à bord d’un avion à Edmonton afin de s’envoler vers la Pologne, le vendredi 15 avril 2022. Photo: The Canadian Press/Jason Franson

Une centaine de soldats canadiens sont montés à bord d’un avion à destination de la Pologne vendredi pour participer à une mission « intense », mais « gratifiante » – selon les termes de leur commandant – afin d’aider les Ukrainiens fuyant l’invasion russe.

Quelque 80 soldats ont décollé d’Edmonton et 20 autres de Trenton, en Ontario. Ils offriront une aide humanitaire dans des centres d’accueil partout en Pologne, a expliqué le major Ryan Pridmore, commandant de compagnie du 3e bataillon Princess Patricia’s Canadian Light Infantry.

Ils doivent, avec une unité médicale canadienne, soutenir la force de défense territoriale polonaise dans le cadre d’une mission de deux mois.

Nos soldats sont tous extrêmement heureux d’être déployés, a-t-il déclaré. C’est pour cela que nous nous sommes entraînés. C’est pourquoi nous faisons ce travail. Nos soldats sont prêts à intervenir et à aider.

Une fois les bottes au sol, le major Pridmore s’attend à ce que les soldats soient mis directement au travail.

Nous avons des aumôniers pour fournir des services spirituels ainsi que des professionnels de la santé mentale lorsque les réfugiés arrivent dans les centres d’accueil, a affirmé le commandant, qui a déjà servi en Afghanistan et au Koweït.

Certains des autres soldats ont une formation linguistique, a-t-il ajouté.

D’après lui, le Canada est prêt à envoyer environ 50 soldats supplémentaires pour aider à la prise en charge, à la coordination et à la réinstallation des réfugiés ukrainiens en Pologne.

Nous avons une équipe en place là-bas qui prépare le terrain, donc nous n’agissons pas à l’aveuglette, mais ce sera certainement un lancement assez rapide des affaires une fois que nous serons sur le terrain.

Jeudi, la vice-première ministre Chrystia Freeland a soutenu à Calgary qu’il était approprié de qualifier l’occupation russe de génocide – comme l’ont dit le président américain Joe Biden et le premier ministre Justin Trudeau – puisque des milliers d’Ukrainiens ont été tués et brutalisés.

Mme Freeland a évoqué un document effrayant publié sur un site Internet russe il y a 10 jours qui exposait effectivement un plan de génocide en Ukraine, qui appelait à la souffrance, à la punition des personnes qui avaient choisi à tort, selon ce document, de s’identifier comme des Ukrainiens.

Cela appelait à ce que le mot Ukraine soit effacé, a ajouté Mme Freeland, qui est également ministre des Finances du Canada.

Le ministère de la Défense nationale a indiqué dans un communiqué que les soldats travailleront également avec Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada. Ils agiront aussi comme agents de liaison avec les forces armées polonaises pour appuyer les efforts fédéraux d’octroi de la résidence temporaire aux Ukrainiens désirant travailler ou étudier au Canada.

Vendredi, certains soldats à Edmonton ont plaisanté sur leur nervosité, tandis que d’autres ont dormi dans le salon de l’aéroport avant de prendre leur vol.

J’ai été très heureux de voir que le moral était exceptionnellement élevé et, d’après mes observations, je dirais que la force opérationnelle va être très efficace en Pologne, a mentionné le lieutenant Kevin Moffat, officier des affaires publiques des Forces armées canadiennes, qui souligne que certaines personnes de l’équipe ont des racines ukrainiennes.

Radio-Canada avec La Presse canadienne

La guerre en Ukraine, fossoyeuse de milliers de militaires russes

mars 25, 2022

Les bilans diffèrent, selon les sources, de 7000 à 15 000 soldats et officiers tués depuis le début du conflit, il y a un mois. Le seul bilan officiel de Moscou fait état de 498 morts et 1597 blessés.

Des soldats ukrainiens déployés au front pour protéger la ville de Kiev. Photo: Getty Images/Genya Savilov

Malgré une domination sur papier, les militaires russes se heurtent toujours à une résistance inattendue de la part des forces ukrainiennes. Et, selon plusieurs estimations, ils tombent vraisemblablement au combat par milliers.

Véhicules qui seraient sabotés, convois abandonnés, militaires qui se seraient rendus ou auraient fui les combats, problèmes d’approvisionnement, importantes pertes d’équipement militaire, faible motivation des troupes : aux bombardements meurtriers semant la destruction et la mort se juxtapose l’insuccès des forces terrestres russes sur le champ de bataille.

Des difficultés auxquelles viennent s’ajouter, selon des estimations forcément approximatives, un nombre élevé de victimes chez les militaires et hauts gradés déployés par Moscou.

Mercredi, un haut responsable militaire de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN a estimé, sous couvert d’anonymat, que le nombre de militaires russes tombés au combat au cours des quatre semaines du conflit se situait entre 7000 et 15 000 pour un total de 30 000 à 40 000 soldats russes tués ou blessés.

Quinze mille, c’est l’équivalent du nombre total de militaires soviétiques qui – sur une période de dix ans – ont payé de leur vie la campagne désastreuse menée par l’URSS en Afghanistan à partir de 1979.

L’estimation de l’alliance se fonde sur des informations provenant des autorités ukrainiennes, sur des informations publiées, intentionnellement ou non, par Moscou et sur des renseignements recueillis auprès de sources ouvertes, a précisé le responsable de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN.

Le nombre de victimes est généralement extrapolé, entre autres, à partir des rapports de la situation sur le terrain, mais aussi de l’imagerie obtenue grâce aux satellites ou aux drones, explique le colonel à la retraite Pierre St-Cyr, ancien attaché de la Défense canadienne en Russie et en Ukraine.

Les services de renseignement vont évaluer les pertes en fonction de leur observation des véhicules détruits. Ils savent de quelle façon l’équipage est composé. Pour un char d’assaut, par exemple, cela varie de trois à quatre personnes, illustre-t-il, précisant que ce sont les forces terrestres qui ont essuyé l’essentiel des pertes.

La semaine dernière, le renseignement américain, d’abord cité par le New York Times, évoquait 7000 morts et 20 000 blessés au sein des rangs militaires russes, y voyant toutefois une évaluation conservatrice.

En date du 23 mars, les troupes ukrainiennes, elles, se targuaient d’avoir tué plus de 15 600 de leurs adversaires.

Étrangement, le site web d’un tabloïd russe pro-Kremlin, Komsomolskaya Pravda, qui citait de surcroît le ministère russe de la Défense, a démenti dimanche les prétendues pertes à grande échelle des forces armées russes en Ukraine, mettant malgré tout de l’avant un lourd bilan avoisinant le seuil des 10 000 morts.

« Selon le ministère russe de la Défense, les forces armées russes ont perdu 9861 personnes et 16 153 [militaires ont été] blessés au cours de l’opération spéciale en Ukraine. »— Une citation de  Extrait du site web du journal Komsomolskaya Pravda, rapidement retiré

Le passage a rapidement disparu du site web, le média se disant victime de piratage. Les chiffres offrent néanmoins un contraste marqué avec le premier et unique bilan officiel tracé jusqu’ici par Moscou, largement sous-estimé de l’avis des experts.

À l’issue de la première semaine de combats, le ministère de la Défense déplorait dans ses rangs 498 morts et 1597 blessés.

Des troupes démoralisées

Une photo fournie par les forces terrestres ukrainiennes montre un tank russe carbonisé et des tanks qu’elles disent avoir capturés. Photo HOTO : Reuters/Irina Rybakova/Service de Presse des Forces Terrestres Ukrainiennes

Selon des estimations des services de renseignement occidentaux citées par le Washington Post, les militaires russes meurent ou sont blessés à un rythme allant jusqu’à 1000 par jour.

Il y a une mauvaise organisation dans l’armée russe. L’état-major a mal planifié l’invasion, n’a pas pris les mesures nécessaires pour informer les soldats, qui ne savaient pas trop dans quoi ils s’embarquaient. Il y a donc beaucoup d’hésitation, résume le colonel St-Cyr. Ces faiblesses ont été exploitées par les forces ukrainiennes, qui attendaient les Russes de pied ferme.

Selon un article récent du Washington Post, 120 des 168 groupes tactiques de bataillons de l’armée russe se battent déjà sur le terrain, soit environ 100 000 soldats sur les 190 000 envoyés à l’intérieur ou près des frontières de l’Ukraine.

Les Ukrainiens fonctionnent en petits groupes pour intercepter, notamment avec des embuscades, cette masse volumineuse du côté russe. [Les Russes] sont pris au piège, explique le colonel St-Cyr, ajoutant que les Ukrainiens détruisent au fur et à mesure les colonnes de ravitaillement russes.

C’est une guerre de guérilla qu’on voit actuellement, analyse-t-il.

Démotivés, les soldats russes deviennent des cibles faciles à abattre, soutient le colonel à la retraite.

« La majorité de ces soldats ont traversé la frontière en croyant qu’il s’en allaient en exercice. Ils ont été bernés et, donc, la confiance envers la hiérarchie militaire en est grandement affectée. »— Une citation de  Pierre St-Cyr, colonel à la retraite

Il note en outre que, dans bien des cas, l’armée russe ne récupère pas les corps des soldats tués. Pour le soldat russe, c’est un signe qu’il n’aurait pas le soutien nécessaire s’il lui arrivait quelque chose, dit-il. Ça crée au sein des forces un sentiment d’abandon qui affecte encore plus le moral.

Je ne crois donc pas que la force régulière de l’armée russe est susceptible de reprendre du poil de la bête et de devenir de plus en plus compétente et cohérente sur le terrain, en conclut-il.

Un haut commandement décimé?

C’est sans compter qu’à en croire les troupes ukrainiennes, les Russes auraient perdu des dizaines d’officiers de haut rang, dont six généraux. Un nombre, s’il est avéré, qui serait très élevé, puisque les experts militaires occidentaux estiment que la Russie comptait une vingtaine de généraux sur le terrain.

Un membre de la garde rapprochée du président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré au Wall Street Journal qu’une unité spéciale a pour mission de viser la haute hiérarchie militaire.

Le président russe Vladimir Poutine a lui-même reconnu la mort d’un général, vraisemblablement le major-général Andreï Sukhovetsky, qu’il n’a pas nommé, mais qui a été la première victime de ce rang identifiée par les Ukrainiens.

La mort d’au moins deux autres généraux a été confirmée par des sources de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN ou des sources russes. Le magazine américain Foreign Policy, citant des responsables occidentaux sans plus de précisions, parle même de cinq morts confirmées.

Thread. Russia lost 5 generals during this war in Ukraine:

1. Major general Andrey Sukhovetsky. He was a highly decorated soldier, having been awarded 14 medals during his life. pic.twitter.com/kBgKFoIN73— Fuad Alakbarov ⁠⁠ (@DrAlakbarov) March 19, 2022

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Des responsables russes locaux ont de plus confirmé la mort d’un vice-amiral.

« On décapite les têtes dirigeantes. C’est gros de perdre des généraux dans un conflit comme ça et d’en perdre autant si tôt dans le conflit. Ça ne doit pas être joyeux actuellement au ministère de la Défense russe. »— Une citation de  Pierre St-Cyr, colonel à la retraite

Habituellement, le nombre de haut gradés tués, d’ordinaire à l’abri des combats, est minime, souligne le colonel à la retraite.

À titre comparatif, un seul général américain a été tué en zone de guerre depuis la fin de la guerre du Vietnam, il y a un peu moins de 50 ans.

Il faut s’assurer que le commandement soit épargné afin d’être toujours en mesure de transmettre les ordres et de diriger les opérations. Si les généraux se mettent à risque, il n’y aura plus de coordination et ça va devenir extrêmement dangereux pour les forces qui sont au sol parce qu’elles ne sauront pas comment fonctionner et vont devenir des cibles trop faciles, expose le colonel St-Cyr en ajoutant qu’il faut ensuite un certain temps aux troupes pour se coordonner de nouveau.

Dans un conflit armé comme celui-là, il y a deux personnes qu’on veut absolument abattre : d’abord, le commandant; ensuite, celui qui tient la radio. Il est facile à identifier : il a une antenne dans le dos. À la minute où ces deux-là sont neutralisés, on vient de neutraliser en grande partie l’efficacité de ce groupe de militaires, poursuit le colonel St-Cyr.

Pourquoi alors les généraux s’exposent-ils ainsi à des risques importants?

Le colonel St-Cyr montre notamment du doigt les problèmes de moral au sein des troupes russes, qui poussent les généraux à délaisser le centre de commandement pour donner l’exemple.

Quand ils sont en avant avec la troupe, on veut les protéger. Il sont entourés, il y a des gens avec des radios, alors ils sont facilement identifiables, expose-t-il. Les tireurs d’élite sont en position et ils n’attendent que ça.

Le colonel St-Cyr évoque aussi la culture militaire russe. Les généraux veulent s’assurer d’être reconnus et éventuellement décorés, dit-il. Ça fait partie de la mentalité russe de l’homme fort. L’homme viril est en avant.

Des sources militaires ukrainiennes et occidentales affirment en outre que les militaires ukrainiens ont pu géolocaliser de hauts officiers en interceptant leurs communications non sécurisées.

Des pertes qui risquent de s’accroître

Quand les soldats russes vont commencer à entrer à l’intérieur des villes, à Kiev, à Kharkiv, à Odessa, le combat urbain va être encore beaucoup plus meurtrier pour eux, prédit le colonel St-Cyr, à l’instar de nombreux analystes.

À l’intérieur des villes, les Ukrainiens disposent d’un net avantage pour faire des guet-apens, pour encercler les soldats ennemis et les éliminer, dit-il.

« Selon les règles de base qu’on utilise, ça prend environ six attaquants pour chaque défenseur. Faites le calcul : si vous avez, disons, 50 000 soldats ou citoyens à Kiev prêts à défendre la ville, ça prend 300 000 Russes. »— Une citation de  Pierre St-Cyr, colonel à la retraite

Et puis, ajoute-t-il, le théâtre des opérations est beaucoup trop vaste pour le nombre de militaires déployés.

La Russie compte une centaine de milliers de militaires déployés dans les anciennes républiques soviétiques et en Syrie, relève le colonel St-Cyr. Ça ne laisse pas une grande marge de manœuvre pour aider les forces en présence et combler aussi les pertes.

Il y a quelque 200 000 conscrits par année qui pourraient se joindre aux combats, ajoute-t-il. Une masse importante, mais avec le manque d’entraînement, ça ne viendra pas changer la donne.

La seule chose que les Russes ont vraiment pour avoir un avantage sur le terrain, c’est l’artillerie.

Un avantage dont ils ne se privent pas, ciblant des civils par des bombardements massifs. Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a d’ailleurs annoncé officiellement mercredi que le gouvernement américain avait établi que les forces russes avaient commis des crimes de guerre.

Radio-Canada par Sophie-Hélène Lebeuf avec les informations de Washington Post, Foreign Policy et New York Times

Ukraine: plus de 500 soldats s’envolent de France vers la Roumanie

mars 1, 2022
Ukraine: plus de 500 soldats s'envolent de France vers la Roumanie
Ukraine: plus de 500 soldats s’envolent de France vers la Roumanie© AFP/Nicolas TUCAT

Plus de 500 soldats sont partis mardi de la base aérienne d’Istres (Bouches-du-Rhône), près de Marseille, à destination de la Roumanie, afin de renforcer le dispositif de l’Otan dans la région, a-t-on appris auprès de l’armée.

L’avion a décollé vers 15h d’Istres, selon la porte-parole de la base d’Istres.

Parmi les militaires déployés, des soldats du 27e bataillon de chasseurs alpins (BCA) d’Annecy, un escadron de cavalerie du 4e régiment de chasseurs (RCH) de Gap, une compagnie du 126e régiment d’infanterie de Brive et une compagnie de lanciers belges, représentant au total quelque 550 soldats, a indiqué l’armée.

« Notre présence doit rassurer nos alliés sur place, c’est le sens stratégique de notre déploiement », a assuré le général Paul Sanzey, commandant de la 27e brigade d’infanterie de montagne (BIM), qui regroupe toutes les troupes de montagne, habituées à des terrains similaires à celui de la Roumanie en hiver.

La centaine de soldats du 126e régiment d’infanterie ont quitté Brive (Corrèze) mardi en convoi routier. « On a plutôt l’impression de retomber en Guerre froide. Donc de faire ce qu’ont fait nos anciens, les vieux adjudants chefs, les vieux colonels. On a l’impression de refaire un petit peu la même chose », a commenté devant la presse le lieutenant Thomas, leur commandant.

« On va dans une base de l’Otan et donc on n’a pas pour mission de mettre un pied en Ukraine. Pour l’instant on ne va pas être sur le front du tout. On fera notre mission de présence », a-t-il ajouté.

Ce déploiement de soldats français dans le cadre d’opérations de l’Otan a été annoncé avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie, dès le 19 janvier, par Emmanuel Macron. Vendredi à Bruxelles, le président français a annoncé qu’il allait l' »accélérer ».

Il doit permettre de « prédisposer des forces aux frontières de l’Otan: évidemment face à l’Est, et pour répondre à la situation qui d’une manière ou d’une autre menace l’Europe », a commenté le capitaine Frédéric, du 27e bataillon de chasseurs alpins.

Interrogé sur la mission des soldats en Roumanie, le général Sanzey a répondu: « j’ai dit aux soldats avec une pointe de sourire qu’on n’est pas là pour distribuer des couvertures (…) on est plutôt là pour faire parler les armes si nécessaire ».

Dans un rare message aux armées lundi soir, Emmanuel Macron avait dit « compter » sur leur « grande vigilance » et leur « retenue nécessaire lors des possibles interférences » dans le conflit russo-ukrainien.

Au sixième jour de l’invasion russe de l’Ukraine, Kiev faisait face à une nouvelle offensive des forces ennemies mardi.

Par Le Point avec AFP

Sénégal: 9 soldats portés disparus

janvier 26, 2022

Avec TV5Monde

Pourquoi la Russie masse-t-elle des troupes à la frontière ukrainienne?

décembre 11, 2021
Un soldat portant une arme

Les soldats ukrainiens en alerte dans le Donbass. Photo: AFP via Getty Images / Anatoli Stepanov

Le déploiement de 100 000 soldats russes à la frontière ukrainienne inquiète les capitales occidentales. Même si le Kremlin nie projeter une invasion et affirme répondre plutôt aux activités croissantes de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), les risques d’une escalade ne peuvent être écartés.

À quoi s’attendre au cours des prochaines semaines? Et quels sont les objectifs de Vladimir Poutine? Les réponses de Marie Dumoulin, directrice du programme Europe élargie au Conseil européen pour les relations internationales (ECFR).

Qu’arrive-t-il à la frontière de la Russie et de l’Ukraine et pourquoi en parle-t-on maintenant?

La crise, en réalité, dure depuis 2014, mais elle était un peu sortie des radars du grand public parce que c’était un conflit de basse intensité. Cependant, les combats n’ont jamais cessé dans le Donbass. Le changement, au cours des dernières semaines et des derniers mois, puisque ça a commencé au printemps, c’est le renforcement des capacités militaires russes aux frontières de l’Ukraine. Ce renforcement, on le constate, il y a des images. Ce qu’on ne sait pas, c’est la finalité recherchée. Est-ce qu’il s’agit effectivement de préparer une offensive? Et s’il s’agit d’une offensive, alors quel serait son objectif?

« Est-ce qu’il s’agit simplement de renforcer la pression ou plutôt d’envoyer un signal à l’Ukraine, aux pays occidentaux, aux États-Unis? Il y a beaucoup d’hypothèses possibles. »— Une citation de  Marie Dumoulin, chercheuse au Conseil européen pour les relations internationales.

Quel est l’objectif des Russes?

Dans cette nouvelle phase, on a l’impression que les Russes cherchent à tester les réactions des pays occidentaux. Est-ce qu’il y a unité ou est-ce que ça suscite des divisions? Quel type de réaction vont-ils adopter dans l’hypothèse d’une offensive? Est-ce qu’on se limitera à des sanctions ou est-ce qu’on peut aller plus loin?

Ensuite, c’est de faire pression sur l’Ukraine dans deux buts :

1. Empêcher que les Ukrainiens n’aient une posture plus assertive dans le Donbass [territoire contrôlé par les séparatistes prorusses dans l’est de l’Ukraine]. Les Russes leur signalent très clairement que, s’ils font quoi que ce soit dans le Donbass, ils vont se faire tomber dessus.

2. La faire changer de politique et notamment l’amener à mettre en œuvre les accords de Minsk [accords de cessez-le-feu de 2015] selon la lecture des Russes, c’est-à-dire obliger l’Ukraine à négocier directement avec les séparatistes et à faire des concessions sur d’autres sujets, tels que l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN.

Enfin, l’idée était sans doute aussi d’établir un dialogue avec les Américains sur l’architecture de sécurité européenne; l’Ukraine et son statut vis-à-vis de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN étant un élément de cette problématique. Mais ce n’est pas le seul, et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle Poutine voulait parler directement à Joe Biden. De ce point de vue, l’objectif est accompli, puisqu’il y a eu un premier contact. Les deux chefs d’État ont convenu qu’il y aurait une poursuite des discussions sur la crise actuelle entre leurs équipes.

Le président russe, assis au bout d'une longue table, regarde un écran placé à distance sur lequel on voit Joe Biden.

Lors de la vidéoconférence, Joe Biden a menacé Vladimir Poutine de « fortes sanctions » économiques s’il envahissait l’Ukraine, tandis que le président russe a exigé des garanties sur un gel de l’expansion de l’OTAN. Photo : Reuters/Sputnik

Vladimir Poutine a donc obtenu ce qu’il souhaitait en ayant une rencontre avec le président Biden?

Un de ses objectifs était de pouvoir parler directement au président Biden sur ces sujets qui, jusqu’à présent, étaient plutôt traités avec la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Emmanuel Macron. Là, les Russes ont très clairement signalé qu’ils ne voulaient plus parler aux Européens, mais qu’ils souhaitaient s’adresser directement aux Américains. On peut considérer que le contact du 7 décembre, c’est le début de ce processus.

Ensuite, ce contact a permis à Joe Biden de rappeler les fondamentaux de la position américaine, soit le soutien à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, et de signaler à Vladimir Poutine que, dans le cas d’une offensive militaire contre l’Ukraine, il y aurait des conséquences très sérieuses pour la Russie. Donc, cela a permis aux deux côtés de passer des messages.

Les États-Unis envisagent-ils d’envoyer des troupes américaines en Ukraine?

Je ne crois pas qu’il en soit question. Il y a des troupes américaines en Europe, mais dans des pays de l’OTAN; et l’Ukraine n’étant pas membre de l’OTAN, la question ne se pose pas dans les mêmes termes. Les conséquences sérieuses sont effectivement des sanctions, mais des sanctions économiques vigoureuses qui feraient vraiment mal à l’économie russe.

Il n’est pas exclu, par ailleurs, qu’il y ait une augmentation de l’assistance militaire à l’Ukraine de la part d’un certain nombre de pays, dont le Canada, qui en a déjà fait pas mal, notamment en termes de formation, au cours des dernières années.

Le Royaume-Uni et la Turquie pourraient y participer aussi. Cela renforcerait les capacités militaires ukrainiennes, ce qui augmenterait le coût d’une action militaire russe. Cela dit, même avec de l’assistance militaire, on n’amènera pas les forces armées ukrainiennes au niveau des forces armées russes; c’est plutôt un soutien politique et symbolique.

En habit de combat, Volodymyr Zelensky marche dans un boisé enneigé avec des soldats.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a visité le 6 décembre la ligne de front à Donetsk, dans le Donbass. Photo: Via Reuters

La question à laquelle on n’a pas vraiment de réponse, c’est le prix que les Russes sont prêts à payer pour atteindre leurs objectifs en Ukraine, même si on n’a pas de certitude non plus sur ces objectifs. Leur but ultime est de conserver une influence sur l’Ukraine et d’éviter qu’elle se rapproche davantage des pays occidentaux et de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN; mais est-ce que ça passe par le maintien d’un conflit de basse intensité dans le Donbass ou est-ce que ça passe par d’autres vecteurs, notamment des forces prorusses en Ukraine et peut-être même au sein des institutions ukrainiennes? C’est sans doute un moyen qui est envisagé par les Russes.

Je ne suis pas certaine qu’une offensive militaire de grande ampleur leur permettrait de parvenir à leur objectif, parce que ça viendrait plutôt renforcer la cohésion des Ukrainiens autour de leur indépendance.

De plus, cela aurait un coût considérable, à la fois économique, militaire et sans doute politique aussi en Russie même, parce que le fait de lancer une offensive militaire contre un peuple qui est considéré comme un peuple frère par les Russes, ça ne sera pas sans conséquence politique en Russie.

Y a-t-il un coût pour la Russie de maintenir cette pression à la frontière à long terme?

Oui et non. Parce que ces forces existent de toute façon et que leur déploiement sur le territoire russe dépend de la manière dont la Russie définit ses propres priorités stratégiques et dont elle perçoit les menaces.

Si ce qu’elle perçoit comme une plus grande menace, c’est son flanc occidental, ou si elle estime que, pour préserver ses intérêts stratégiques, il faut que ces forces-là soient stationnées de manière durable aux frontières avec l’Ukraine, alors, ça fait sens de les maintenir là. Il n’est pas exclu que, dans quelques mois ou quelques semaines, il y ait un retrait progressif [comme ça s’est fait au printemps] sans pour autant qu’on revienne au niveau antérieur.

Il est possible également qu’on soit dans une deuxième étape, où la Russie consolide son dispositif militaire aux frontières de l’Ukraine et s’entraîne à déployer rapidement un dispositif important dans cette région. Et puis, d’ici quelques semaines, elle pourra diminuer un peu ce dispositif, mais sans revenir au niveau antérieur pour que, petit à petit, le seuil où les Occidentaux réagissent soit de plus en plus élevé.

« On va, en quelque sorte, s’habituer à ce qu’il y ait des Russes à la frontière de l’Ukraine. »— Une citation de  Marie Dumoulin, chercheuse au Conseil européen pour les relations internationales.

N’y a-t-il pas, du côté de Vladimir Poutine, un calcul en disant : puisqu’on ne fait plus affaire avec Donald Trump, qui était assez imprévisible et aurait pu réagir de façon extrême, mais plutôt avec un Joe Biden beaucoup plus prudent, c’est le moment d’en profiter?

Cela rentre certainement dans les calculs russes, mais plutôt parce qu’ils perçoivent le président Biden comme quelqu’un avec qui ils peuvent parler. Paradoxalement, Donald Trump était plus malléable, en quelque sorte. Le président Poutine sait que s’il parvient à s’entendre avec M. Biden sur quelque chose, ce ne sera pas remis en cause dès le lendemain.

Donc, oui, il y a cet élément personnel, et il y a aussi peut-être la perception d’une Amérique qui, se tournant davantage vers la Chine, se détourne un peu de l’Europe et serait prête, peut-être, à accepter un accord avec la Russie pour se débarrasser du problème, en quelque sorte.

Il y a peut-être aussi la perception d’une fragilisation des alliances autour des États-Unis. Ce qui s’est passé en Afghanistan a évidemment laissé des traces, tout comme l’épisode AUKUS [un partenariat conclu en secret entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie pour contrer la Chine] et la réaction française.

Les Russes se disent peut-être que c’est le moment d’essayer de jouer sur d’éventuelles divisions. Par ailleurs, il n’est pas exclu qu’ils pensent que le temps joue en leur défaveur, puisqu’à mesure que l’Ukraine renforce ses capacités militaires, le coût d’une pression effective par la Russie sera de plus en plus élevé.

Avec Radio-Canada par Ximena Sampson, propos édités par souci de clarté et de concision.

L’Ethiopie rappelle ses soldats retraités, l’opposition s’organise

novembre 5, 2021

L'ETHIOPIE RAPPELLE SES SOLDATS RETRAITÉS, L'OPPOSITION S'ORGANISE

© Reuters/TIKSA NEGERI

NAIROBI (Reuters) – L’armée éthiopienne a appelé vendredi ses soldats retraités à revêtir l’uniforme pour participer à la guerre contre les rebelles du Tigré, rapportent les médias officiels, alors que neuf groupes antigouvernementaux ont annoncé une alliance visant à chasser du pouvoir le Premier ministre Abiy Ahmed.L'ETHIOPIE: LES REBELLES TIGRÉENS ET LEURS ALLIÉS MENACENT D'AVANCER VERS LA CAPITALE

© Reuters/Reuters Staff L’ETHIOPIE: LES REBELLES TIGRÉENS ET LEURS ALLIÉS MENACENT D’AVANCER VERS LA CAPITALE

Appelé Front uni des forces fédérales et confédérales, la nouvelle alliance est constituée autour du Front populaire de libération du Tigré (TPLF), dont le soulèvement contre le gouvernement d’Addis-Abeba a fait des milliers de morts et plus de deux millions de déplacés depuis un an.

Alors que les rebelles tigréens et leurs alliés menacent d’avancer vers la capitale, située à un peu plus de 300 km au sud de leurs positions actuelles, l’armée éthiopienne a appelé ses anciens soldats à revenir sous les drapeaux d’ici au 24 novembre.

Signe de leur inquiétude, le gouvernement et les autorités municipales d’Addis-Abeba ont déjà appelé cette semaine les habitants de la capitale à répertorier leurs armes et à se préparer à défendre leurs quartiers.

Face à l’escalade des violences, de nombreux pays africains et occidentaux ont lancé jeudi un appel au cessez-le-feu, qui n’a pas rencontré beaucoup d’écho jusqu’à présent.

Outre le TPLF, la nouvelle alliance antigouvernementale repose sur l’Armée de libération de l’Oromo (OLA), une ethnie dont est issu Abiy Ahmed et qui présente pour les insurgés l’intérêt d’être bien implantée autour de la capitale.

« Nous envisageons de mettre en place un régime de transition et nous sommes d’accord pour dire que le pouvoir actuel doit s’en aller au plus vite », a déclaré à Reuters Yohannes Abraha, un responsable du TPLF.

Les opposants, qui dénoncent la gestion trop centralisée d’Abiy Ahmed et la politique répressive du lauréat du prix Nobel de la Paix 2019 (pour son rapprochement avec l’Érythrée), ne discutent pas avec le gouvernement mais entendent se tourner vers des autorités et des institutions étrangères, a-t-il ajouté.

Le procureur général éthiopien, Gedion Temothewos, a qualifié de son côté l’alliance rebelle de « coup de pub » et accusé les groupes qui la composent de s’être livrés par le passé à des opérations de « nettoyage ethnique ».

Reuters par (Maggie Fick, avec George Obulutsa à Nairobi, version française Tangi Salaün, édité par Sophie Louet)

Afghanistan : l’armée américaine annonce avoir quitté le pays

août 30, 2021

Après vingt ans de présence en Afghanistan, les derniers soldats américains ont quitté le territoire ce mardi, laissant le pays aux mains des talibans.

L'armee americaine a quitte le sol afghan.
L’armée américaine a quitté le sol afghan.© EyePress News / EyePress via AFP

Les derniers soldats américains ont quitté l’Afghanistan, a annoncé le Pentagone ce lundi 30 août, laissant le pays aux mains des talibans, leurs ennemis de 20 ans, au terme de la plus longue guerre de l’histoire des États-Unis. Le dernier avion C-17 a décollé de l’aéroport de Kaboul le 30 août, à 19h29 GMT. Si les évacuations militaires sont terminées, la mission diplomatique continue pour s’assurer que davantage de citoyens américains et d’Afghans éligibles voulant partir le puissent, a fait savoir le général McKenzie lors d’une conférence de presse.

Depuis le 14 août, sur une période de 18 jours, les avions des États-Unis et leurs alliés ont évacué plus de 123 000 civils de l’aéroport international Hami Karzai. Le président Joe Biden s’adressera ce mardi aux Américains pour expliquer sa décision de « ne pas prolonger (la) présence américaine au-delà du 31 août » en Afghanistan.

Les dernières évacuations 12 heures avant le retrait final

L’ambassadeur américain à Kaboul et un général sont les derniers Américains à avoir quitté l’Afghanistan. « À bord du dernier avion, il y avait le général Chris Donahue », a fait savoir le général Kenneth McKenzie qui dirige le commandement central dont dépend l’Afghanistan. Il était accompagné de l’ambassadeur Ross Wilson. Les deux hommes sont les derniers à être montés à bord de l’avion. 

L’armée américaine a reconnu n’avoir pas pu évacuer autant de personnes d’Afghanistan qu’elle l’aurait voulu, avant le départ de ses derniers soldats de l’aéroport de Kaboul. Les évacuations se sont terminées environ 12 heures avant le retrait final mais les forces américaines sur place sont restées prêtes à évacuer quiconque aurait pu atteindre l’aéroport jusqu’à la dernière minute.

« Nous avons à nouveau fait l’histoire », se réjouissent les talibans

Des coups de feu ont retenti dans Kaboul, tôt ce mardi, après que les militaires américains ont confirmé leur départ d’Afghanistan. Des journalistes de l’Agence France-Presse dans la ville ont entendu des tirs depuis différents postes de contrôle des talibans, ainsi que les congratulations de combattants aux postes de sécurité de la zone verte. « Nous avons fait l’histoire », s’est réjoui lundi un responsable taliban.

« Les vingt années d’occupation de l’Afghanistan par les États-Unis et l’Otan se sont achevées ce soir », a déclaré Anas Haqqani, un responsable du mouvement islamiste, sur Twitter. « Je suis très heureux après vingt ans de jihad, de sacrifices et de difficultés, d’avoir la satisfaction de voir ces moments historiques », a-t-il ajouté.

Par Le Point avec AFP

Mali : 6 soldats tués, 15 Casques bleus blessés dans deux attaques

juin 26, 2021

Un Casque bleu bangladais, lors d’une patrouille près de Gao, en mai 2019 (Illustration).

Le Mali a connu vendredi une nouvelle journée sanglante avec deux attaques, l’une contre un poste militaire dans le Centre, qui a fait six morts, et l’autre contre une position temporaire de l’ONU au Nord, qui a fait 15 blessés.

L’attaque d’un poste militaire dans le village de Boni (Centre) a fait six morts parmi les soldats et un blessé. Dix soldats maliens avaient déjà été tués en février dans ce même village.

Les troupes ont « vigoureusement repoussé » des « attaques simultanées » menées dans ce village vendredi après-midi, ont indiqué les Forces armées maliennes sur leur page Facebook.

Plus tôt dans la journée, 15 Casques bleus des Nations unies, allemands pour la plupart, ont été blessés dans le nord du pays dans une attaque au véhicule suicide contre une position temporaire.

Trois des 12 Casques bleus allemands touchés sont grièvement blessés, a précisé la ministre allemande de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer. Deux d’entre eux sont dans un état jugé stable tandis que le troisième a été opéré. Tous les blessés ont été évacués de la zone par hélicoptère, a-t-elle ajouté.

Un avion est attendu dans la nuit à Gao, la grande ville proche, pour emporter samedi matin les plus grièvement blessés.

Un soldat belge a également été blessé, a rapporté le ministère belge de la Défense. Il a reçu les premiers soins sur place avant d’être transporté dans un hôpital.

La Mission de l’ONU au Mali (Minusma) a fait état de quinze blessés dans cette attaque au véhicule piégé menée tôt contre une base temporaire près du village d’Ichagara.

La Minusma avait établi là une position depuis jeudi, le temps de sécuriser une opération de remorquage d’un véhicule de la mission, a indiqué une porte-parole de la mission. Le véhicule à remorquer avait été endommagé jeudi par l’explosion d’un engin explosif artisanal.

L’engin avait explosé au passage d’un convoi de la Minusma qui escortait le déploiement d’un bataillon dit « reconstitué » de l’armée malienne, c’est-à-dire intégrant d’anciens rebelles ayant combattu les forces régulières dans le nord avant la signature d’un accord de paix en 2015, a indiqué une source sécuritaire internationale.

Cible d’attaques

Depuis 2012 et le déclenchement de rébellions indépendantiste et jihadiste dans le nord, le Mali est plongé dans une tourmente multiforme qui a fait des milliers de morts, civils et combattants, malgré le soutien de la communauté internationale et l’intervention de forces de l’ONU, africaines et françaises.

Les indépendantistes ont signé un accord de paix en 2015. Mais le Mali reste en proie aux agissements des groupes liés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique, aux violences intercommunautaires et aux trafics en tous genres. Les violences se sont propagées au Burkina et au Niger voisins.

La Minusma, forte d’environ 18.300 personnes, dont 13.200 militaires, est régulièrement la cible d’attaques, comme les forces maliennes et françaises. C’est la mission la plus meurtrière pour l’ONU dans le monde.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a condamné « l’attaque ignoble d’aujourd’hui (qui) souligne une fois de plus combien il est important que nous nous opposions aux terroristes ».

La France, qui déplore la mort de 50 soldats dans la région depuis 2013, « condamne avec la plus grande fermeté l’attaque (..), réaffirme son plein soutien à la Minusma, qui exerce un rôle essentiel pour la stabilisation du Mali » et « salue l’engagement des pays qui y contribuent », a également déclaré le ministère français des Affaires étrangères.

Après plus de huit ans d’engagement, le président Emmanuel Macron a annoncé en juin une réduction future de la présence militaire française au Sahel, avec la fermeture de bases et une réarticulation de la lutte antijihadiste autour d’une alliance internationale associant des Européens.

« La France demeure auprès de l’ensemble de ses partenaires au Sahel pour lutter contre le fléau du terrorisme », a toutefois insisté le Quai d’Orsay.

Elle avait précédemment suspendu ses opérations conjointes avec les forces maliennes à la suite d’un nouveau coup de force des militaires, le deuxième en neuf mois, faisant du colonel Assimi Goïta le président de transition.

L’engagement français au Mali suscite régulièrement des expressions ou des manifestations hostiles, généralement limitées et souvent doublées d’appels à une intervention de la Russie.

Par Jeune Afrique avec AFP

Niger : la CNDH confirme des cas de viols par des soldats tchadiens du G5 Sahel

avril 4, 2021
Un soldat de l’armée malienne avec le G5 Sahel à Sevare, le 30 mai 2018.

Dans un rapport rendu public le 2 avril, la Commission nationale des droits humains (CNDH) du Niger a confirmé qu’une fillette et deux jeunes femmes avaient été violées par des éléments tchadiens du G5 Sahel au cours du mois de mars dans la région de Tillabéri.

Le 2 avril, la CNDH a publié les conclusions de son enquête de terrain au sujet des allégations de viols perpétrés par des soldats tchadiens du G5 Sahel dans le département de Tera, au Niger, où ceux-ci étaient cantonnés avant de rejoindre la zone dite « des trois frontières ». Après avoir rencontré les autorités administratives et judiciaires, les témoins et les victimes présumées, la CNDH a conclu au bien-fondé des accusations contre les militaires.

« Il y a eu effectivement des viols sur une fille mineure de onze ans en classe de CE2 et deux femmes mariées (dont une enceinte) âgées de 23 et de 32 ans, toutes les deux mères de plusieurs enfants », détaille le rapport, rédigé après deux jours d’investigation sur place. « Il faut souligner que, pour ces deux femmes, ces actes odieux ont été commis en présence de leurs maris sous menace d’arme à feu de leurs agresseurs », ajoute le document signé par Émérite Khalid Ikhiri, président de la CNDH.

« Traduire les coupables devant les juridictions compétentes »

Toujours selon la CNDH, plusieurs tentatives de viol sont également à déplorer sur au moins cinq autres femmes. Celles-ci « ont réussi à s’enfuir quand (les) hommes armés (se sont) introduits dans leurs maisons. « La mission a aussi fait le constat d’agressions et de confiscations de biens sur de paisibles citoyens », détaille encore la commission, qui appelle les autorités à « traduire les coupables devant les juridictions compétentes ».

La Force conjointe G5 Sahel (FC-G5S) a réagi samedi, affirmant avoir envoyé une mission spéciale dans la localité de Tera.

« Face à des faits d’une telle gravité, en lien avec les autorités nigériennes et tchadiennes, la FC-G5S a pris des mesures idoines », peut-on lire dans le communiqué. Les soldats incriminés ont été retirés des effectifs et rapatriés dans leur pays d’origine. La Force conjointe G5 Sahel a également initié des sanctions disciplinaires. 

Le ministère des Affaires étrangères tchadien a déclaré que les auteurs avaient déjà été arrêtés et qu’ils « subiront les sanctions qui s’imposent ».

Avec Mathieu Olivier

Sahel : la France envoie 600 soldats supplémentaires pour renforcer l’opération Barkhane

février 2, 2020

Pilotes de Mirage 2000 au camp Kosseï, poste de commandement de la force Barkhane (photo d'illustration).

Pilotes de Mirage 2000 au camp Kosseï, poste de commandement de la force Barkhane (photo d’illustration). © Richard Nicolas-Nelson/AP/SIPA

 

Les forces françaises de l’opération Barkhane, engagée au Sahel contre les actions de plus en plus meurtrières des groupes jihadistes, vont passer de 4 500 à 5 100 militaires d’ici fin février.

« L’essentiel des renforts sera déployé dans la zone dite des trois frontières » (Mali, Burkina Faso, Niger », a indiqué dimanche 2 février un communiqué signé de la ministre des Armées, Florence Parly. « Une autre partie de ces renforts sera engagée directement au sein des forces du G5 Sahel pour les accompagner au combat ».

Ces 600 militaires supplémentaires, essentiellement au sol, seront accompagnés d’une centaine de véhicules (blindés lourds, blindés légers et logistiques) et seront déployés d’ici la fin du mois, a appris l’AFP de source militaire.

Depuis plusieurs mois, les groupes jihadistes multiplient les attaques dans la zone, entretenant une insécurité chronique pour les civils et infligeant des pertes régulières aux armées locales. La France a elle même perdu 13 soldats en novembre, dans un accident entre deux hélicoptères au combat.

Critiques des opinions publiques africaines

Depuis, Paris veut donner un coup de fouet à un dispositif que ses détracteurs accusent de s’enliser, et qui suscite de plus en plus de critiques au sein des opinions publiques africaines.

Le président Emmanuel Macron, qui avait déjà annoncé en janvier un renfort de 220 soldats, lors d’un sommet à Pau (sud-ouest de la France) avec les pays du G5 Sahel (Niger, Mali, Burkina, Tchad, Mauritanie), porte donc au total à 600 le nombre de troupes supplémentaires allouées à Barkhane.

Une « revue d’efficacité » sur ce renforcement est prévue dans six mois. « Le président veut du résultat », a-t-on ajouté à l’état-major, en évoquant la nécessité du « retour de la gouvernance » dans une région extrêmement vaste et désertique.

« Cette étape majeure de notre engagement au Sahel doit marquer un tournant à la fois dans la mobilisation de nos partenaires européens et la montée en puissance des forces du G5 », précise le communiqué. Car si la France s’engage un peu plus, elle n’entend pas le faire seule.

Maintien des États-Unis ?

Le Tchad devrait bientôt déployer un bataillon supplémentaire. Et le gouvernement tchèque va tenter d’obtenir de son Parlement d’envoyer 60 soldats pour la force Takuba, qui rassemblera des unités de forces spéciales européennes. Paris s’attend par ailleurs à ce que d’autres membres de l’UE suivent rapidement.

De son côté, Florence Parly revient des États-Unis où elle a tenté de convaincre son homologue Mark Esper de maintenir l’engagement américain en Afrique, crucial pour Barkhane sur le plan de la logistique et du renseignement.

Mark Esper n’a pas encore tranché. Mais le chef du commandement militaire américain en Afrique (Africom), le général Stephen Townsend, a estimé qu’un retrait du soutien américain « ne serait pas aller dans la bonne direction », tout en appelant les Européens à « relever le défi et en faire plus au Sahel pour aider la France ».

« 4 500 hommes au Sahel, c’est dérisoire ! »

Ce renforcement est en tout cas conforme à la volonté du chef d’état-major français des armées. Le général François Lecointre avait prévenu en janvier que les 4 500 troupes de Barkhane ne suffiraient pas et qu’il proposerait au président Macron des renforts supérieurs aux 220 annoncés à Pau.

« Dans cette zone extrêmement vaste, les moyens qui sont mis à disposition de l’opération Barkhane ne sont pas suffisants pour qu’on puisse avoir des soldats déployés H24, 7 jours sur 7 », avait-il argué. « Mais 4 500 hommes au Sahel, c’est dérisoire ! », faisait-il déjà valoir en novembre à l’Assemblée nationale.

Plusieurs analystes et hauts responsables ont estimé que les prochains mois seraient essentiels pour inverser la tendance aujourd’hui favorable au groupes jihadistes.

Leurs méthodes – souvent des attaques éclair de quelques dizaines d’assaillants en moto capables de disparaître aussi vite qu’ils sont arrivés – poseront probablement des problèmes encore longtemps à la force Barkhane et ses alliés. « Je ne pense pas, malgré cette inflexion, que nous allons à la fin de l’année pouvoir crier victoire », admettait en janvier le général Lecointre.

Par Jeuneafrique.com avec AFP