Posts Tagged ‘Solitaire’

Je me souviens

février 22, 2013

 

Léopold Congo-Mbemba: 1959-2013

Léopold Congo-Mbemba: 1959-2013

  

 

 

 

 

 

 

Je me souviens

D’une de nos rencontres

Était-ce lors de la fête de l’autre

Illustre Léopold

Léopold Sédar Senghor de Joal

Je me souviens

De ta présence amicale

De ton regard derrière tes verres

D’intello congolo-parisien souriant

À la dynamique de la vie

Le pas alerte, le cœur heureux

Et voilà qu’au pays invisible

Tu as conduit ta plume

Un jour de froid

De canard ou de chien

Loin de ton soleil royal

Des rives de ton Congo natal

Pour aller chanter au son de l’arc musical

Le soleil des indépendances poétiques

Sur les chemins chaotiques

D’une vie inachevée

Inassouvie dans la flagrance des Maagies

À peine posées sur les rayons livresques

Aux couleurs du monde

 

Congo-Mbemba Congo-Mbemba

Aux pieds du soleil froid de Mpemba

Léopold tu reposes désormais ton corps

Tandis que ta plume enchantée

Reste le vestige de ton étonnant

Voyage sur la terre des vivants

Adieu étonnant voyageur solitaire

Solitaire poète des fleuves

Adieu poète du Congo

Adieu poète de la Seine

Adieu poète du Danube

Adieu mouette-météore

Des mers poétiques

À Dieu ton esprit retourne

À la poussière ton corps

Adieu solitaire poète des fleuves…

 

Marie-Léontine Tsibinda

Devant le secret de la mort

février 19, 2012

Tu as avalé discrètement la pilule d’adieu

Dans le secret polichinelle de ton lieu

Quand l’ombre de la mort fermait tes yeux

Dans le silence solitaire d’un moine pieu

 

Les vivants cherchent la vérité de ta mort

Tu souris sous cape sur la barbe sans remord

Laissant planer notre doute en habit de deuil

Dans la conscience responsable de ton linceul

 

Ô toi, qui dors devant-nous pour l’éternité

Tu as trompé le monde sur le sort de ta fatalité

Nos larmes qui arrosent le sol de ta tombe

Sèchent avant le solde ultime de l’hécatombe.

Bernard NKOUNKOU

Un homme retrouvé mort, un an après

novembre 9, 2011

La semaine dernière, le garde champêtre entend au bureau de tabac quelqu’un qui s’étonne de ne plus voir un ancien marin, âgé de 69 ans. C’est ce qui a donné l’idée de faire des recherches dans le voisinage, qui n’ont rien donné. Alors, le parquet a donné son accord pour qu’on ouvre la porte de la maison de l’homme recherché. Le garde raconte que la clé était derrière la porte et que lorsqu’on l’a ouverte, cela sentait mauvais. Le corps était bien là, en décomposition. Une autopsie aura lieu à l’Institut médico-légal de Montpellier, où le corps a été transporté rapporte Midi Libre.

Le plus étonnant est « qu’il serait mort en octobre 2010 », c’est-à-dire il y a un an, d’après la plus ancienne lettre retrouvée dans sa boîte aux lettres. Selon ses voisins, ce serait aussi la période où on l’a vu pour la dernière fois. Il leur avait annoncé qu’il laissait sa voiture pour aller voir sa fille, en train. Ils ne se sont pas inquiétés de ne pas le revoir parce qu’il avait l’habitude de partir quelquefois pendant plusieurs mois à la suite.

Un peu solitaire, le marin retraité s’était installé dans cette maison à l’écart du village, il y a une vingtaine d’années et avait coupé toute relation avec ses deux filles et avec son ex-femme. Solitaire, mais discret, on ne lui connaissait pas d’ami.

L’adjoint au maire devait recevoir sa famille hier soir, pour les condoléances mais aussi pour savoir, entre autre, si la fille était au courant de la visite que son père voulait lui rendre avant sa mort.

LePost.fr

Le ventre du solitaire

juin 15, 2011

Heureux le solitaire qui caresse
son ventre et découvre la solitude
de son nombril comme une île rattachée
à l’océan de son ventre rapiécé.

Ile plate sur l’étendue de son abdomen
île arrondie en bordures de ses côtes
la main du solitaire aime au plaisir
la surface du ventre à loisir.

Le solitaire dialogue avec son ventre
quand son regard parcourt en cadastre
à l’aube et au crépuscule de sa paume
les dimensions de son apogée.

Bernard NKOUNKOU

Belle feuille de l’automne

octobre 6, 2010

Belle feuille de couleur
A l’automne du bonheur
Mon regard de solitaire
Embrasse l’iris oculaire

De ta silhouette uniforme
Dans la joie multiforme
Je découvre ta lumière
De gentille primevère

Le souffle de ta chair
Détachement mortuaire
Du balancement à l’arbre
Est un mouvement de vertèbre

Une fois ta chute au sol
Quand tu as cessé l’envol
Tu retrouves ton amour
A l’instant de ton retour

Bernard NKOUNKOU

La condition du regard

octobre 6, 2010

Mes yeux ont vu l’horreur
Goûtant au cru la torpeur
Avant le bandeau noire
Entourant mes paupières

Quand l’obscurité était lumière
De ma compréhension solitaire
Je marchais comme une taupe
Et droit comme un hippocampe

J’étais nourri sans le désir
Dans l’absence du plaisir
Au grès du singulier caprice
Me plongeant dans la tristesse

Ma vue était sans regard
Comme une abeille sans dard
Je vivais dans le grand silence
D’une parole sans existence

Bernard NKOUNKOU

A l’ombre de la captivité

septembre 30, 2010

Otage du désert
oasis privé de liberté
dans la matrice de la terre
Ma vie de solitaire
dans la captivité
sonne le glas mortuaire
dans la nudité des dunes
semée de vaste champ
de sable sans fin
Mon silence prisonnier
du temps d’assaut
ne peut crier victoire
car je suis le prix
de la rançon monnayable
aux fins de la pitié
la source de richesse
pour prolonger la résistance
jusqu’à mon dernier souffle.

Bernard NKOUNKOU

Sur la route du solitaire

septembre 30, 2010

Sur la route du solitaire
Le silence est son luminaire
Qui éclaire sa vie lanterne
Loin des bruits des jours mornes

Sur la route du solitaire
Le vent souffle à l’oreille primaire
Comme la brise du matin
Qui accompagne l’enfant au jardin

Sur la route du solitaire
L’homme est un moine au monastère
Qui a besoin de silence méditatif
Pour chasser tous bruits nocifs

Sur la route du bon solitaire
Vaste est en beauté l’estuaire
Quand le sable s’étend en blanche étoffe
Sur la pointe linéaire de l’horizon neuf.

Bernard NKOUNKOU

Oasis de féminité

septembre 20, 2010

Femme du régime solitaire
Oasis isolée de féminité
Au milieu de notre terre
Enfermée dans sa sérénité

Femme de condition seule
Lune nocturne entourée d’étoiles
Où les enfants de sa tendre lumière
Représentent de précieuses pierres

Femme du silence maternel
Ciel bleu du monde naturel
Trésor corporel de riche désir
Fruit juteux d’énormes plaisirs

Femme du grand soleil d’avenir
Rayon de lumière du sourire
Chaque instant de sa belle vie
Est un bonheur caché d’envie.

Bernard NKOUNKOU