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France-Gabon : l’ex-Miss Sonia Rolland mise en examen dans l’affaire des « biens mal acquis »

juin 1, 2022

L’actrice franco-rwandaise est poursuivie à Paris pour recel de détournement de fonds publics, de corruption et d’abus de bien sociaux. En cause, un appartement dans le XVIe arrondissement de Paris offert en 2003 par l’ancien président gabonais Omar Bongo Ondimba.

L’ex-Miss et actrice franco-rwandaise, Sonia Rolland, en octobre 2021. © JOEL SAGET/AFP

Sonia Rolland, l’ancienne Miss France 2000 devenue actrice, a été mise en examen le 30 mai dans l’affaire des « biens mal acquis », selon une information du quotidien français Le Parisien, confirmée par son avocat à Jeune Afrique. Les enquêteurs se penchent sur les conditions dans lesquelles l‘ancien chef de l’État gabonais Omar Bongo Ondimba lui a offert un appartement en 2003.

Dans ce dossier judiciaire ouvert il y a plus de dix ans, la Franco-Rwandaise avait été entendue le 6 janvier 2021 sous le régime du suspect libre à l’Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF), sur des faits de recel de blanchiment de détournement de fonds publics, ont indiqué une source judiciaire et une source proche du dossier.

Cadeau à 800 000 euros

Sonia Rolland s’est expliquée sur un cadeau qu’elle avait reçu des époux Bongo Ondimba, un appartement dans le 16e arrondissement de Paris d’une valeur de 800 000 euros, sous le régime d’une société civile immobilière (SCI). Selon le journal français Libération, elle a raconté avoir rencontré en 2001 Edith Bongo Ondimba, l’épouse de l’ancien président gabonais, alors que celle-ci parrainait des concours de Miss en Afrique. En 2002, l’ex-Première dame lui aurait dit qu’elle lui ferait un cadeau afin de la remercier pour l’image qu’elle véhiculait de l’Afrique.

L’acquéreur de l’appartement serait une société de décoration française, qui avait une filiale au Gabon « détenant un compte dans une banque locale, sur lequel ont été déposées pendant des années des valises de cash, livrées par des collaborateurs de Bongo Ondimba », écrit le quotidien.

Sonia Rolland a plaidé la naïveté. Elle a toujours assuré ne rien savoir du montage financier et des malversations qui se cachaient derrière l’achat de cet appartement et a souligné son jeune âge à l’époque – l’ancienne Miss avait alors 22 ans.

Condamnation

Depuis 2010, la justice française enquête sur le patrimoine considérable amassé en France par Omar Bongo Ondimba et d’autres chefs d’État africains. En avril 2016, des biens immobiliers à Paris et à Nice, sur la Riviera française, appartenant à la famille du président gabonais Ali Bongo Ondimba – le fils d’Omar Bongo Ondimba, qui a succédé à son père à la tête du pays en 2009 – ont été saisis. Puis en 2017, le juge d’instruction a annoncé son intention de clore le volet gabonais de l’enquête, sans n’avoir prononcé aucune mise en examen, prélude donc à un non-lieu. Mais quelques mois plus tard, un nouveau juge a relancé les investigations.

Dans le dossier équato-guinéen, Teodoro Nguema Obiang Mangue, le fils du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, a été condamné. Il a écopé en 2017 de trois ans de prison et de 30 millions d’euros d’amende avec sursis pour « blanchiment d’abus de biens sociaux ».

Par Jeune Afrique avec AFP

Quand Omar Bongo Ondimba offrait un appartement parisien à Sonia Rolland

mars 29, 2021
Sonia Rolland assiste à la 11e cérémonie annuelle des AAFCA Awards au Taglyan Complex, le mercredi 22 janvier 2020, à Los Angeles.

Selon le quotidien « Libération », la justice française a convoqué l’actrice franco-rwandaise pour l’entendre, dans le cadre de l’affaire des « biens mal acquis », au sujet d’un appartement qui lui a été offert par Omar Bongo Ondimba en 2003.

« Recel de détournement de fonds publics ». Telle est l’accusation qui pèse sur la Franco-rwandaise de 40 ans, actrice, réalisatrice et ancienne Miss France. Selon une information du quotidien français LibérationSonia Rolland a été entendue début janvier par un commandant de l’Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF).

Ce qui a attiré l’attention des enquêteurs, c’est un appartement situé dans le XVIe arrondissement parisien, acheté « sur plan » en 2003 pour la coquette somme 800 000 euros et offert à la jeune femme par Omar Bongo Ondimba.

C’est en enquêtant sur le patrimoine de la famille Bongo, dans le cadre de l’affaire des « biens mal acquis », que les hommes de l’OCRGDF ont découvert l’existence de cet appartement.

« Petite soeur »

Comment et dans quelles circonstances l’actrice l’a-t-elle reçu ? Née au Rwanda d’un père français et d’une mère rwandaise, Sonia Rolland a quitté son pays d’origine à l’âge de huit ans. Elle a remporté le concours de Miss France en 2000 et crée l’année suivante une association qui finance des projets pour les enfants rwandais, notamment les orphelins du génocide.

Une fois sa couronne rendue, la Miss continue à parrainer des concours de beauté. C’est à cette occasion qu’elle rencontre la première dame du Gabon de l’époque, Edith Bongo – celle-ci la voit « comme sa petite sœur », explique Sonia Rolland à Libération. Elle fait ensuite la connaissance de son époux, Omar Bongo Ondimba, président du Gabon de 1967 jusqu’à sa mort, en 2009.

Montage

Selon Libération, le bien immobilier a été acheté via une entreprise de décoration française avec des chèques émis par la BNP. Un compte de la filiale de la banque française au Gabon était alimenté par des valises de cash livrées par des proches d’Omar Bongo, précise le quotidien. Les enquêteurs estiment à une vingtaine le nombre de biens achetés via ce procédé, pour un total de 40 millions d’euros.

Interrogé par Libération, Sonia Rolland assure qu’elle ne savait rien de l’étonnant montage utilisé pour acheter l’appartement qui lui a été offert, et ne s’être jamais doutée que ce cadeau aurait pu être lié à des malversations. Elle affirme aussi qu’elle n’était pas en position, à l’époque, de refuser un tel présent (elle était alors âgée de 22 ans).

Depuis plus de dix ans, la police judiciaire française enquête sur les biens acquis par certains dirigeants du continent et sur les circonstances de leur acquisition. Teodoro Nguema Obiang Mangue, le fils du président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, a ainsi été condamné en 2017 à trois ans de prison et 30 millions d’euros d’amende avec sursis pour « blanchiment d’abus de biens sociaux ».

Par Jeune Afrique