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Barrage sur le Nil : reprise des négociations à Kinshasa

avril 5, 2021
Félix Tshisekedi, le 13 janvier 2021, lors d’une réunion du Bureau de la conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine.

L’Éthiopie, l’Égypte et le Soudan ont repris dimanche à Kinshasa leurs négociations autour du méga-barrage éthiopien sur le Nil bleu, une centrale hydro-électrique présentée comme vitale par Addis-Abeba et perçue comme une menace par Le Caire et Khartoum.

Les ministres des Affaires étrangères et des questions hydrauliques des trois pays se sont retrouvés en présence du président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, qui exerce la présidence annuelle de l’Union africaine (UA) depuis février. »La réunion de Kinshasa se fixe comme objectif de déclencher une nouvelle dynamique », a déclaré à cette occasion le président congolais.

« Je vous invite tous à prendre un nouveau départ, à ouvrir une ou plusieurs fenêtres d’espoir, à saisir toutes les opportunités, à rallumer le feu de l’espérance », a-t-il plaidé, saluant la volonté des participants de « chercher ensemble des solutions africaines aux problèmes africains ».

« La dimension humaine est à placer au centre de ces négociations tripartites », a-t-il ajouté, en défendant le droit des habitants des trois pays « à l’eau à l’alimentation et la santé ».

Source de tensions

L’ambassadeur des États-Unis, Mike Hammer, était également présent à l’ouverture des travaux de cette réunion présentée comme « la conférence ministérielle de Kinshasa sur la poursuite des négociations tripartites » sur le barrage de la Grande renaissance éthiopienne (GERD).

La conférence doit se conclure ce lundi.

Le GERD est une source de tensions entre les trois pays depuis la pose de la première pierre il y a tout juste dix ans en avril 2011.

Il est construit sur le Nil bleu (un bras du fleuve qui fait jonction avec le Nil blanc à Khartoum), dans le nord-ouest de l’Éthiopie, près de la frontière avec le Soudan. Il pourrait devenir le plus grand barrage hydro-électrique d’Afrique avec une capacité annoncée de près de 6 500 mégawatts.

Énergie vitale

Addis-Abeba a annoncé en octobre que la première phase des opérations de remplissage a été menée en août 2020

L’Éthiopie affirme que l’énergie hydroélectrique produite par le barrage sera vitale pour répondre aux besoins en énergie de ses 110 millions d’habitants.

L’Égypte, qui dépend du Nil pour environ 97% de son irrigation et son eau potable, considère le barrage éthiopien comme une menace pour son approvisionnement en eau.

Le Soudan quant à lui craint que ses propres barrages ne soient endommagés si l’Éthiopie procède au remplissage complet du GERD avant qu’un accord ne soit conclu.

Par Jeune Afrique avec AFP

Soudan : plus de 80 morts dans des violences tribales au Darfour

janvier 18, 2021

Des affrontements entre tribus rivales au Darfour ont fait plus de 80 morts en moins de 48 heures selon un nouveau bilan dimanche, deux semaines après la fin d’une mission de paix dans cette région instable de l’ouest du Soudan.

Des affrontements entre tribus rivales au Darfour ont fait plus de 80 morts. (photo d'archives)

© /Getty Images Des affrontements entre tribus rivales au Darfour ont fait plus de 80 morts. (photo d’archives)

Ces violences sont les plus meurtrières depuis la fin le 31 décembre de la mission de paix conjointe de l’ONU (Minuad) et de l’Union africaine (UA) au Darfour présente dans cette vaste région depuis 13 ans.

«Le nombre de morts des événements sanglants qui se sont déroulés à El-Geneina, capitale du Darfour-Ouest, a augmenté depuis samedi matin (…) s’élevant à 83 morts et 160 blessés dont des membres des forces armées», a indiqué dimanche sur Twitter le Comité central des médecins soudanais, proche du mouvement de contestation qui a conduit l’an dernier à la chute du président Omar el-Béchir.

L’agence officielle soudanaise Suna, citant la branche locale du syndicat des médecins, avait rapporté plus tôt un bilan de 48 morts et 97 blessés, et précisé que les affrontements se poursuivaient.

Les heurts ont éclaté entre la tribu Al-Massalit et des nomades arabes après une dispute entre deux individus. Des milices armées de la région favorables aux nomades arabes ont ensuite attaqué El-Geneina et plusieurs maisons ont été incendiées, selon des témoins.

Khartoum a imposé depuis samedi un couvre-feu au Darfour-Ouest et le Premier ministre Abdallah Hamdok y a envoyé une délégation de «haut rang» pour tenter de rétablir l’ordre.

«Profonde préoccupation»

Pour sa part, l’ONU a exprimé sa «profonde préoccupation» quant à ces développements violents.

«Le secrétaire général (de l’ONU, Antonio Guterres) demande aux autorités soudanaises de déployer tous les efforts pour parvenir à une désescalade de la situation, mettre un terme aux combats, restaurer l’ordre et la loi et assurer la protection des civils», a indiqué dans un communiqué son porte-parole, Stephane Dujarric.

La branche locale du syndicat des médecins a appelé les autorités à «sécuriser les établissements sanitaires», avertissant que le bilan des blessés risquait vraisemblablement de s’alourdir, selon Suna.

Dimanche, Abdel Fattah al-Burhane, président du Conseil souverain en charge de piloter la transition politique au Soudan, a réuni en urgence les services de sécurité sur la question.

De son côté, l’Association des professionnels soudanais, l’un des fers de lance du mouvement de contestation, a indiqué que les violences s’étaient étendues aux camps de déplacés internes.

«Une partie du camp de Kerindig a été incendié, et d’importants dégâts (…) ont contraint les gens à partir», a-t-elle déclaré dans un communiqué. «Ces événements ont montré que la propagation des armes (…) est l’une des causes principales de la dégradation de la situation».

Le Darfour connaît une recrudescence d’affrontements tribaux, qui ont fait 15 morts et des dizaines de blessés fin décembre, soit quelques jours avant la fin de la mission de paix conjointe de l’ONU et de l’UA.

Le retrait progressif des troupes de cette mission, censé commencer en janvier 2021, sera étalé sur six mois. Le gouvernement soudanais prend ainsi la responsabilité de la protection des populations de la région.

Le conflit au Darfour a débuté en 2003 entre forces loyales au régime du général Omar el-Béchir à Khartoum et membres de minorités ethniques s’estimant marginalisées et réclamant une répartition plus équitable du pouvoir et des richesses.

Les violences ont fait quelque 300 000 morts et plus de 2,5 millions de déplacés, essentiellement durant les premières années du conflit, selon l’ONU.

Pour lutter contre les insurgés, le pouvoir Béchir avait déployé les Janjawids, une milice armée composée essentiellement de nomades arabes, accusés de «nettoyage ethnique» et de viols. Des milliers de miliciens ont été par la suite incorporés dans les Forces de soutien rapides (RSF), un groupe paramilitaire.

Si les violences ont baissé d’intensité, les affrontements restent fréquents concernant l’accès à la terre et à l’eau, opposant éleveurs nomades arabes et fermiers darfouris.

Le gouvernement soudanais de transition -mis en place après la chute de l’autocrate Omar el-Béchir sous la pression d’une contestation populaire- a signé en octobre un accord de paix avec plusieurs groupes rebelles y compris au Darfour.

Après la Minuad, qui a compté jusqu’à 16 000 hommes, l’ONU restera au Soudan via une Mission intégrée des Nations unies pour l’assistance à la transition au Soudan (Minuats).

Cette mission politique aura pour tâche d’assister le gouvernement de transition, installé en août 2019 et issu d’un accord entre militaires et dirigeants du mouvement de contestation. Elle devra aussi aider à l’application des récents accords de paix dans les régions ravagées par les conflits.

Omar el-Béchir, en prison, et d’autres responsables soudanais sont recherchés par la Cour pénale internationale (CPI) pour «crimes contre l’humanité» et «génocide» au Darfour.

Par Reuters avec CBC/Radio-Canada

Ethiopie: Le HRC demande l’accès aux camps de réfugiés érythréens du Tigré

décembre 1, 2020

 ETHIOPIE: LE HRC DEMANDE L'ACCÈS AUX CAMPS DE RÉFUGIÉS ÉRYTHRÉENS DU TIGRÉ© Reuters/Baz Ratner

GENEVE (Reuters) – Le Haut Commissariat de l’Onu aux réfugiés (HCR) a demandé mardi aux autorités éthiopiennes l’autorisation d’accéder aux camps de réfugiés érythréens du Tigré qui abritent 96.000 personnes et dont les réserves alimentaires seraient épuisées depuis un mois.

« Notre extrême inquiétude vient du fait que nous entendons parler d’attaques, de combats près des camps. Nous entendons parler d’enlèvements et de renvois forcés, c’est donc très important pour nous d’avoir cet accès pour aller voir ce qui s’est passé là-bas », a déclaré Babar Baloch, porte-parole de l’organisation, lors d’un point de presse.

Selon Addis-Abeba, l’armée éthiopienne a achevé ce week-end la reprise en main de la région dissidente, ce que Debretsion Gebremichael, président du Front de Libération du peuple du Tigré (TPLF), a démenti.

Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a ordonné le 4 novembre à l’armée d’intervenir dans cette région du nord du pays peuplée de cinq millions d’habitants pour y restaurer l’état de droit après avoir imputé l’attaque d’une base gouvernementale aux forces locales.

Avec Reuters par (Stephanie Nebehay avec Emma Thomasson à Berlin, version française Jean-Philippe Lefief, édité par Blandine Hénault)

Le Soudan amnistie des milliers de combattants sauf ceux poursuivis par la CPI

novembre 13, 2020

Le Soudan a déclaré jeudi 12 novembre l’amnistie générale pour les dizaines de milliers de combattants ayant participé à la guerre civile déclenchée en 2003, à l’exception de ceux poursuivis par la Cour pénale internationale (CPI), ou accusés de génocide ou de crimes contre l’humanité, selon l’agence Suna.

L’amnistie générale fait suite à la signature d’un accord de paix historique le 3 octobre entre des groupes rebelles et le gouvernement, qui a mis fin à 17 ans d’une guerre meurtrière, notamment au Darfour (ouest). Deux importantes formations armées ont refusé jusqu’à présent de rejoindre l’accord.

Le général Abdel Fattah al-Burhane, président du Conseil souverain, la plus haute autorité du pays, a signé jeudi 12 novembre un décret d’amnistie, qui prend effet immédiatement, «pour tous ceux qui ont porté les armes ou ont participé à des opérations militaires ou de guerre», a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi Suna.

D’après l’agence, la décision «exclut ceux contre lesquels des mandats d’arrêt ont été émis par la Cour pénale internationale ou (…) ceux qui font l’objet de poursuites pour génocide ou crimes contre l’humanité», dont le président déchu Omar el-Béchir recherché par la CPI. Selon un ex-chef d’un groupe armé, les rebelles sont au nombre de 50.000, dont 15.000 appartenant à deux groupes ayant refusé de signer l’accord de paix.

À partir de 2003, la région du Darfour a été secouée par un conflit opposant les forces soudanaises à des rebelles de minorités ethniques. Selon l’ONU, le conflit a fait plus de 300.000 morts et 2,5 millions de déplacés. Le conflit a touché aussi le Nil bleu et le Kordofan-Sud (sud). En 2009, la CPI a lancé un mandat d’arrêt contre Béchir accusé de crimes de guerre et contre l’humanité au Darfour, puis en 2010 un mandat d’arrêt pour génocide.

Béchir a été destitué en avril 2019, après des mois de contestation populaire sans précédent, puis arrêté. Détenu à Khartoum, il est jugé dans un procès distinct pour le coup d’État l’ayant porté au pouvoir en 1989 et dans lequel il risque la peine de mort. Le 9 juin, Ali Kosheib, chef des milices Janjawids recherché depuis 2007, est détenu par la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité présumés au Darfour

Par Le Figaro avec AFP

Soudan : Omar el-Béchir, à l’heure d’un nouveau procès

juillet 21, 2020

Omar el-Béchir, dans la cage du tribunal de Khartoum, le 31 août 2019 (archives).

Omar el-Béchir, dans la cage du tribunal de Khartoum, le 31 août 2019 (archives). © Mohamed Nureldin Abdallah/REUTERS

 

L’ancien président soudanais était devant ses juges, ce lundi. Accusé d’avoir violé l’ordre constitutionnel lors du coup d’État qui l’a porté au pouvoir en 1989, il risque la peine de mort.

Omar el-Béchir a repris le 21 juillet le chemin du tribunal. Déjà condamné à deux ans d’emprisonnement pour corruption en décembre dernier, l’ancien président soudanais, destitué le 11 avril, doit cette fois s’expliquer sur le coup d’État qui l’a amené au pouvoir en 1989.

Accusé d’avoir violé à l’époque l’ordre constitutionnel, il risque, à 76 ans, la peine de mort. Seize autres personnes, civiles et militaires, sont également jugées, dont l’ancien vice-président Ali Osmane Taha et le général Bakri Hassan Saleh.

Près de 200 avocats

Pour ce procès sans précédent dans le pays un tribunal spécial de trois juges a été constitué, dont le président de la Cour suprême. Près de 200 avocats sont attendus pour défendre les accusés tout au long des prochaines semaines. Fidèle à sa ligne de défense, Omar el-Béchir devrait garder le silence, invoquant la prescription des faits.

L’audience de ce lundi, qui n’aura duré qu’une heure, a d’ailleurs été presqu’immédiatement levée en raison du nombre d’avocats présents. « La salle du tribunal n’est pas assez grande pour accueillir tous les avocats de la défense qui sont 191. Nous devons prendre des mesures pour permettre l’accueil de tous les avocats », a précisé le président du tribunal, qui a fixé la prochaine audience au 11 août prochain.

L’ex-dictateur, déchu après trois décennies au pouvoir, est également visé par deux autres procédures judiciaires. La première, pour laquelle il a été formellement accusé en mai 2019, et dont le procès se tiendra à Khartoum dans les prochains mois, porte sur la répression des manifestations qui ont entraîné sa chute.

La seconde, peut-être la plus emblématique, a été lancée depuis 2009 par la Cour pénale internationale (CPI) dans le cadre de la guerre du Darfour. Omar el-Béchir devra répondre de crimes de guerre et de génocide, dans ce conflit qui a fait plus de 300 000 morts et des millions de déplacés entre 2003 et 2008.

Si le pouvoir actuel à Khartoum s’est engagé en février à livrer l’ancien chef d’État à la CPI, il reste un doute quant à son extradition à la Haye, le Soudan ne reconnaissant toujours pas la CPI.

La prison de Kober

En attendant, Omar el-Béchir restera emprisonné derrière les murs en béton du centre de Kober, où il a été placé en détention au lendemain de sa chute. Tout un symbole, puisque c’est dans cette prison construite à Khartoum par le colonisateur anglais que l’ancien président faisait incarcérer ses opposants.

« Tous ses droits sont garantis, comme pour n’importe quel prisonnier, affirme une source judiciaire proche du dossier. Il n’a jamais été mis en cellule d’isolement, mais placé dans une aile de la prison, avec une douzaine de personnes également incarcérées suite au changement de régime ». En attendant, donc, son éventuel transfert aux Pays-Bas. Seule certitude, que ce soit à Kober ou à La Haye, Omar el-Béchir risque de passer de nombreuses années derrière les barreaux.

Avec Jeune Afrique

Pour la première fois depuis 23 ans, les États-Unis vont nommer un ambassadeur au Soudan

décembre 4, 2019

«Cette décision est un pas en avant important dans le renforcement des relations bilatérales américano-soudanaises» a ajouté Mike Pompeo.

Une visite historique et une annonce symbolique: les Etats-Unis ont donné mercredi le coup d’envoi à une amélioration spectaculaire de leurs relations avec le Soudan, en apportant un soutien appuyé à la «transition démocratique» de ce pays toujours formellement accusé par Washington de soutenir le terrorisme.

«Les Etats-Unis et le Soudan ont décidé d’engager le processus visant à échanger des ambassadeurs après une pause de 23 ans», a annoncé le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo. Un ambassadeur américain va donc prochainement être nommé à Khartoum. «Cette décision est un pas en avant important dans le renforcement des relations bilatérales américano-soudanaises, particulièrement au moment où un gouvernement de transition dirigé par un civil met en oeuvre de vastes réformes», a-t-il ajouté dans un communiqué. Sans être rompues, les relations étaient au plus bas pendant les 30 années de régime d’Omar el-Béchir, renversé au printemps sous la pression de la rue.

Depuis 1993, alors que le président Béchir avait accueilli le chef djihadiste Oussama Ben Laden, le Soudan est inscrit sur la liste noire américaine des «Etats soutenant le terrorisme». Une accusation qui avait conduit en 1998 l’armée américaine à mener des frappes aériennes au Soudan. L’annonce du renforcement des relations intervient en plein déplacement à Washington du Premier ministre du gouvernement soudanais de transition, Abdallah Hamdok.

Khartoum sur liste noire: un «obstacle majeur»

Il s’agit d’une visite historique: c’est la première fois depuis 1985 qu’un chef d’Etat ou de gouvernement soudanais est accueilli par des responsables du gouvernement américain dans la capitale fédérale des Etats-Unis. Abdallah Hamdok a rencontré ce mardi le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, qui a «salué» sa volonté de réformes et a insisté sur la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Au département d’Etat, il a été reçu mercredi par le numéro trois de la diplomatie américaine, David Hale, qui l’a «félicité» et «a exprimé le soutien sans faille des Etats-Unis à la transition démocratique soudanaise». Il l’a appelé à terminer de mettre en place les institutions de transition.

Et lui a demandé l’aide de Khartoum dans le processus de paix cahoteux au Soudan du Sud voisin, où le gouvernement américain a récemment haussé le ton contre les belligérants incapables de se réconcilier. A la suite d’un accord conclu en août entre l’armée et les meneurs de la contestation qui avait entraîné la destitution d’Omar el-Béchir, un Conseil souverain formé de civils et de militaires est chargé d’assurer la transition vers un régime civil. Le nouveau gouvernement est engagé sur plusieurs fronts: réformes démocratiques, tentative de paix avec différents groupes rebelles, mais aussi relance de l’économie confrontée à une crise aiguë. L’une des priorités d’Abdallah Hamdok, un économiste, est donc de plaider auprès des Etats-Unis pour qu’ils retirent Khartoum de leur liste noire, qui entrave les investissements extérieurs.

«C’est un obstacle majeur», a récemment confié le ministre soudanais des Finances Ibrahim Elbadawi, qui était lui-même à Washington fin octobre. Le nouveau Soudan d’après la «glorieuse révolution» est «toujours entravé par la situation de l’ancien régime», a-t-il expliqué. Le ministre s’était alors dit convaincu, après avoir sondé des responsables américains, que le retrait du Soudan de la liste noire des Etats soutenant le terrorisme pourrait intervenir «avec un peu de chance avant la fin de l’année». Le gouvernement américain a récemment dit être prêt à envisager de tourner cette page si des progrès suffisants étaient réalisés au Soudan, tout en soulignant que le processus prendrait un certain temps.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Soudan: 23 morts dans une explosion et l’incendie d’une usine

décembre 3, 2019

Au moins 23 personnes sont mortes et plus de 130 ont été blessées mardi dans l’incendie d’une usine du nord de Khartoum, provoqué par l’explosion d’un camion-citerne contenant du gaz, a indiqué le gouvernement soudanais.

Une épaisse fumée noire s’est élevée dans le ciel durant l’incendie, tandis que le secteur a été bouclé par la police, selon des témoins. Un réservoir de gaz était encore en flammes au moment de l’arrivée d’un photographe de l’AFP sur les lieux, où des pompiers étaient en action. L’ambassade indienne à Khartoum a indiqué sur son site que 50 ressortissants indiens étaient employés par l’usine et que certains d’entre eux figurent parmi les victimes, sans fournir de détails.

Dans un communiqué, le gouvernement a rapporté que «23 personnes ont été tuées et plus de 130 blessées dans un incendie dans une zone industrielle», provoqué par «l’explosion d’un camion-citerne contenant du gaz». Selon les premières informations recueillies sur place, il manquait du matériel de sécurité dans l’usine, a rapporté le gouvernement. «Il y avait aussi des produits inflammables mal rangés, ce qui a permis la propagation du feu», a-t-il ajouté, précisant qu’une enquête avait été ouverte.

Les blessés ont été transportés vers plusieurs hôpitaux et des docteurs qui ne travaillaient pas ont été appelés en renfort, selon un comité de médecins constitué dans le cadre du mouvement de contestation ayant secoué le Soudan de décembre 2018 à août 2019.

Par Le Figaro avec AFP

Soudan: le premier ministre de transition investi

août 21, 2019

 

Abdallah Hamdok a été investi ce mercredi comme premier ministre du Soudan et devra mener un gouvernement de transition dans ce pays dirigé durant trente ans par le général aujourd’hui destitué Omar el-Béchir, ont rapporté les médias d’État. Peu de temps après avoir atterri dans la capitale soudanaise, cet ancien collaborateur des Nations unies a prêté serment au cours d’une brève cérémonie.

Désigné par les chefs de la contestation pour devenir le nouveau premier ministre du Soudan, Abdallah Hamdok a appelé ce mercredi à l’établissement d’une démocratie pluraliste après 30 ans de régime autoritaire, a rapporté l’agence de presse soudanaise officielle SUNA.

Cet économiste chevronné qui a travaillé durant des années pour les Nations unies. Il prend la tête d’un futur gouvernement après les mois de manifestations qui ont conduit à la chute de l’ex-président Omar el-Béchir, après 30 ans à la tête du pays, et au transfert du pouvoir par les généraux ayant pris sa suite à une instance de transition dominée par les civils, le Conseil souverain.

La nouvelle phase qui s’ouvre au Soudan va nécessiter des «efforts concertés du peuple pour s’unir et construire un Etat fort», a-t-il déclaré selon SUNA. «Abdallah Hamdok a appelé à l’établissement d’une démocratie pluraliste en accord avec tous les Soudanais», a ajouté l’agence. Deux membres civils du nouveau Conseil souverain l’ont accueilli à son arrivée à l’aéroport. Ce Conseil qui compte onze membres supervisera la transition durant trois ans et trois mois et remplace le Conseil militaire de transition. Le nouveau gouvernement doit en principe être formé le 28 août.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Soudan: reprise des négociations entre les généraux et la contestation

juillet 3, 2019

 

Des généraux au pouvoir au Soudan et des chefs de la contestation tenaient mercredi soir une réunion de négociations pour discuter de la transition, a constaté un correspondant de l’AFP, première rencontre du genre depuis la dispersion meurtrière d’un sit-in de manifestants.

Trois généraux, dont Mohammed Hamdan Daglo dit «Hemeidti», et cinq représentants de l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, se sont retrouvés en présence de médiateurs de l’Ethiopie et de l’Union africaine dans un hôtel de Khartoum, selon le journaliste de l’AFP.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Soudan: les généraux veulent un plan commun Éthiopie-UA pour la transition

juin 23, 2019

 

Le Conseil militaire au pouvoir au Soudan a réclamé dimanche un plan «commun» du médiateur éthiopien et de l’Union africaine pour dessiner les grandes lignes de la transition, exprimant des réserves sur une proposition présentée par Addis-Abeba.

Après plusieurs mois de manifestations qui ont poussé en avril l’armée à destituer le président Omar el-Béchir, le Soudan est le théâtre d’un bras de fer entre le Conseil militaire de transition qui a succédé à el-Béchir et les chefs du mouvement de contestation qui exigent le transfert du pouvoir aux civils.

Samedi, les représentants de la contestation ont accepté la proposition du médiateur éthiopien qui selon eux prévoit la formation d’une instance majoritairement composée de civils pour diriger la transition.

Le porte-parole du Conseil militaire, le général Chamseddine Kabbachi, a assuré dimanche que le plan éthiopien était «différent» d’une autre initiative présentée par l’Union africaine, sans évoquer les détails des deux documents. Il a critiqué le retard pris selon lui par le médiateur éthiopien pour présenter son plan au Conseil militaire qui n’en a eu connaissance que jeudi.

Le chef du Conseil militaire, Abdel Fattah al-Burhane, a rencontré le médiateur éthiopien et celui de l’UA, a précisé le général Kabbachi. «Il a souligné qu’il vaudrait mieux que les efforts des médiateurs se concentrent sur la préparation d’un document commun, pour rapprocher les points de vue», selon le général.

Les protestataires soudanais demandent depuis des semaines au Conseil militaire de céder le pouvoir aux civils mais les négociations ont été suspendues le 20 mai, chaque camp voulant prendre la tête d’une future instance de transition.

Avant la rupture des pourparlers en mai, les deux parties s’étaient mises d’accord sur une période de transition de trois ans.Ils avaient également convenu d’un Parlement de transition occupé aux deux tiers par l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation. Ces derniers jours, le Conseil militaire a aussi critiqué ce partage.

La tension est montée d’un cran depuis le 3 juin et la dispersion meurtrière d’un sit-in de manifestants devant le QG de l’armée. Au moins 128 personnes ont été tuées dans l’opération et la répression qui s’est poursuivie les jours suivants, selon des médecins proches de la contestation.

Les autorités ont évoqué un bilan de 61 morts. Le Conseil militaire a assuré ne pas avoir ordonné la dispersion. Le lendemain de la dispersion, il avait annoncé l’annulation de toutes les mesures sur lesquelles les deux camps s’étaient mis d’accord.

Par Le Figao.fr avec AFP