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Congo/Alphonse NTALOULOU « Alphonso » : Le 25 Décembre 2004 nous rappelle sa disparition

décembre 24, 2020

Bassiste émérite, doublé d’un inimitable compositeur, « Alphonso » est décédé samedi 25 décembre 2004 au C.H.U. (Centre hospitalier et universitaire) de Brazzaville à l’âge de 62 ans.

Farouche individualiste de l’expression profane afro-bantoue, Alphonse Ntaloulou en était l’une des plus fascinantes personnalités. Il était plongé dès son enfance dans la tradition, essentielle et féconde qui engendra les formes citadines de la rumba moderne les plus exigeantes.

Considéré comme l’un des plus grands bassistes de la musique congolaise moderne, il fut surtout un « musicien pour musiciens  », expérimentant avant tout le monde de nouvelles possibilités à la guitare basse, avec des sonorités électroniquement bien travaillées.

Compositeur de grand talent, cet ancien sociétaire de l’orchestre Cercul Jazz, qui a intégré Les Bantous en Septembre 1963, (en remplacement de Francis Bithsoumani « Celi Bitsou ») Alphonse Ntaloulou « Alphonso » a su s’imposer dans « Les Bantous de la Capitale », aux côtés des grands noms tels que Gerry Gérard Biyela, Joseph Samba « Mascott », Nino Malapet, Jean-Serge Essous, etc …

On lui doit plusieurs chansons à succès qui ont fait bouger le Congo et l’Afrique, dont les plus connus sont : « Mama na pesi yo melesi  », « C’est l’amour  », « Koyaka te  » et surtout celle qui a battu tous les records de vente et de popularité : « Choisis ou c’est lui ou c’est moi ». C’est sûrement sa meilleure chanson, variée et parfaitement équilibrée, elle aborde un sujet d’amour très courant dans la société congolaise.

Avec Congopage par Clément OSSINONDE

Bernard Sanou: « Nous voulons faire revivre le souvenir de l’homme du peuple qu’incarnait Thomas Sankara »

septembre 14, 2017
De g. à dr. : Blaise Compaoré, Thomas Sankara et l’ex-président ghanéen Jerry Rawlings, à Pô, le 28 septembre 1983. © Carrefour Africain/Archives JA

Le Comité international du mémorial Thomas Sankara lance le 2 octobre prochain une campagne populaire de levée de fonds pour la construction d’un mémorial dédié au capitaine révolutionnaire burkinabè Thomas Sankara.

Le colonel Bernard Sanou, ami et camarade politique du président Sankara, qui préside ce Comité, répond en exclusivité aux questions de JA.

 

Jeune Afrique : Le Comité international du mémorial Thomas Sankara (CIM-TS) lance le 2 octobre prochain une campagne de collecte de fonds pour la construction d’un mémorial dédié au président révolutionnaire. Pourquoi cette intitiative ?

Colonel Bernard Sanou : Je dois préciser avant tout que ce projet architectural fait partie d’un ensemble d’activités élaboré par le Comité internationale du mémorial Thomas Sankara lors du colloque organisé en 2016 à Ouagadougou. Par ce mémorial, nous voulons faire revivre le souvenir de l’homme du peuple qu’incarnait le capitaine Sankara. Raison pour laquelle nous avons voulu que l’activité soit coordonnée en vue d’éviter d’entacher son image. Nous avons ainsi demandé aux camarades d’attendre le lancement officiel de cette campagne pour ensuite répliquer dans leurs pays respectifs.

Le plus important pour nous est de faire en sorte que cette activité participe à faire revivre l’image de père de la révolution burkinabè. Thomas Sankara était un homme du peuple, c’est pourquoi nous avons l’ambition de concrétiser ce projet par l’action populaire comme il l’a fait en mobilisant les masses autour des grands chantiers de la Révolution

Quel lien faut il établir entre le CIM-TS et les autorités ?

Les autorités actuelles sont partie prenante du projet de construction du mémorial Thomas Sankara. À preuve, le lancement de la campagne de souscription est placé sous le patronage du président Kaboré ainsi que le parrainage de l’ancien président ghanéen Jerry John Rawlings, que nous attendons le 2 octobre prochain à Ouagadougou. Nous voulons seulement créer un symbole par cette action. L’État burkinabè contribue au projet.

À ce jour, je peux vous affirmer que le CIM-TS a reçu des promesses de soutien de pays amis comme Cuba, l’Angola, l’Afrique du Sud. Et le mouvement que nous lançons va s’étendre sur une longue période, dans la mesure où le projet de mémorial comprend plusieurs phases comme des réalisations à Gaoua, au Prytanée militaire de Kadiogo (PMK), là où Sankara a fait respectivement ses études primaires et secondaires. À Tema-Bokin, son village d’origine et surtout à Pô, où Sankara a bâti le bataillon « Bailo »qui s’est particulièrement illustré lors du conflit contre le Mali en 1974, nous allons faire des réalisations qu’il appartiendra au ministère en charge du Tourisme d’intégrer dans les circuits touristiques.

Nous attendons donc l’ouverture du procès avec impatience

Où en est l’enquête judiciaire sur le drame du 15 octobre 1987 ?

Nous avons apporté une énorme contribution à la manifestation de la vérité dans cette affaire. Personnellement, j’ai été auditionné par le juge d’instruction. Nous suivons de près l’évolution de la procédure judiciaire. Certes, l’enquête avait quelque peu stagné. Mais avec le juge d’instruction François Yameogo, le dossier a connu des avancées. Ce dernier nous a même assuré de son intention de boucler l’enquête avant la fin de cette année. Nous attendons donc l’ouverture du procès avec impatience.

Quels étaient vos rapports avec le président Sankara et les circonstances de votre rencontre ?

Le président Sankara était pour moi un ami et un camarade politique. En tant que membre du Conseil national de la Révolution, nous nous retrouvions lors des rencontres politiques avec les camarades civils et les organisations de gauche. Étant alors directeur du génie militaire et responsable de la sécurité du secteur ouest de la capitale, j’étais amené à échanger régulièrement avec Thomas Sankara. S’agissant de notre rencontre, je dois dire que nous nous connaissions depuis 1955. Nous avions fréquenté l’école primaire à Gaoua.

Mais nos véritables retrouvailles remontent à l’année 1966, lorsque nous sommes entrés au Prytanée militaire de Kadiogo. C’est là que nos relations ont été intenses, avant de nous séparer encore pour notre formation d’officiers en 1969-1970 – lui à Madagascar et moi à Saint Cyr en France. Je suis rentré en 1974, en pleine guerre avec le Mali. Lorsque l’état-major a lancé la mobilisation générale, nous nous sommes retrouvés encore une fois sur le front. À la fin du conflit, j’ai été stationné à Djibo et lui a Pô, où il avait commencé la mise en place du Centre d’entraînement commando.

Au retour, nos rapports étaient devenus hebdomadaires. Je me rendais tous les weekends à Pô pour pour l’aider à monter son orchestre dénommé « Missile Bande de Pô », et c’était l’occasion de discuter des affaires du pays. En 1980, alors que le climat politique était délétère sur fond de désaccords entre partis politiques, les officiers supérieurs, voyant d’un mauvais œil le regroupement de jeunes officiers, ont décidé de nous disperser. Sankara a alors été muté à l’état-major de l’armée et moi envoyé en stage en Allemagne. Mais nous sommes restés en contact jusqu’aux événements du 4 août 1983 qui ont précipité mon retour au pays.

J’ai senti ce jour-là en Thomas Sankara la solitude du chef

Pouvez-vous nous raconter vos souvenirs les plus forts des années de pouvoir de Sankara ?

(Silence) Je crois, si ma mémoire est bonne, que c’était le dernier dimanche de juillet 1987. Sankara m’appelle au téléphone – « Gringo » (surnom qu’ils se sont donné depuis le PMK) – et demande à me voir. Mais, cette fois c’était différent. L’entretien, qui dure plus de deux heures, est en réalité un monologue. J’ai senti ce jour-là en Thomas Sankara la solitude du chef. Le président Sankara était profondément déçu de n’avoir pas eu l’accompagnement militant des camarades les plus proches – militaires et civils – avec lesquels il avait pris le pouvoir.

Sankara m’a clairement exprimé sa déception vis-à-vis du manque d’honnêteté et de courage politique ainsi que de la mauvaise foi de ses compagnons de lutte qu’il accusait d’avoir travesti les mots d’ordre. J’ai vu alors en Sankara un président à la croisée des chemins. L’exemple que je peux citer est la fameuse guerre qu’on lui a prêté contre la chefferie coutumière. Mais c’est inexact, d’autant que Sankara m’avait dit à Po que les meilleur alliés que nous pourrions avoir dans la gestion du pouvoir de l’État étaient bel et bien les chefs traditionnels. Il fallait seulement que nous trouvions le bon tempo pour les débarrasser de certaines prérogatives rétrogrades. Malheureusement, il n’y est pas parvenu.

Sankara a toujours été un homme pressé. Nous l’avions senti dès le PMK, lorsque élève du jour, il nous faisait passer une journée au pas de course !

Jeuneafrique.com avec par – à Ouagadougou

A Abidjan, l’arrestation de Koffi Olomidé ravive un mauvais souvenir

juillet 28, 2016

Koffi Olomidé, lors d’un concert à Dakar.

Koffi Olomidé, lors d’un concert à Dakar. Crédits : SEYLLOU / AFP
Si certains fans du roi de la rumba congolaise, qui a été incarcéré mardi 26 juillet à Kinshasa pour « coups et blessures volontaires » sur l’une de ses danseuses, espèrent une indulgence de la justice congolaise, d’autres ont gardé un goût amer de son passage à Abidjan fin 2015.

Grande admiratrice du chef de village de Molokai, Bakarissa Traoré, 27 ans, esthéticienne fait défiler sur son téléphone portable les images de l’arrestation du chanteur. Soudain, elle marque un arrêt sur les menottes passées aux poignets de la star. Elle soupire longuement et se lâche : « C’est bien fait pour lui ! C’est mon artiste préféré, mais il commet un peu trop d’impairs ces derniers temps ».

« Un moment inoubliable »

En décembre 2015, Bakarissa Traoré faisait partie des milliers de spectateurs qui avaient pris place au Palais de la Culture de Treichville pour assister au concert de Koffi Olomidé. « C’était le cadeau que m’avait offert mon compagnon et j’avais tout prévu pour que cela soit un moment inoubliable », explique-t-elle.

Lire aussi : RDC : le chanteur congolais Koffi Olomidé interpellé à Kinshasa

Mais après 45 minutes de spectacle, Koffi Olomidé a mis fin à sa prestation. Il reprochait au promoteur du spectacle, le non-respect d’une clause du contrat interdisant la présence d’autres caméras dans la salle. La tension est alors montée dans la salle et les échauffourées qui se sont déclenchées avec une partie du public ont obligé l’artiste à quitter les lieux sous escorte policière. Le lendemain, ses danseuses ont été prises en otage dans leur hôtel d’Abidjan avant d’être exfiltrées par la police.

« Justice clémente »

« Il a touché le cachet du promoteur, pris notre argent et écourté notre plaisir, se désole Barakissa Traoré, qui garde malgré cela un poster de l’artiste sur le mur de son salon de coiffure de Yopougon (à l’ouest d’Abidjan). Après tout, je suis une de ses fans depuis mes 13 ans. »

Egalement présente au concert de décembre, Sylvie Koné, 26 ans, a de la peine depuis l’incarcération de son idole. « Les images sont choquantes, certes, mais il faut admettre que Papa [Koffi Olomidé] a présenté des excuses comme il se devait sur les plateaux de télévision et partout. La justice congolaise doit être clémente », plaide t-elle.

Elle attend que les juges accordent une grâce à l’artiste en tenant compte de son statut. « Ailleurs, on ne traite pas une star locale de la sorte : en l’arrêtant et en lui passant les menottes aux poignets en public », proteste-elle.

Plus qu’un souvenir de mariage

janvier 26, 2016

 

 

 

Plus qu’un sourire de mariage

Car tu me rends plus fou de rage

Avec tes interminables réunions politiques

D’où tu rentres avec un regard cynique

 

Sur la commode j’ai déposé ta bague

Dans la houle et la tempête de la vague

De notre union aux excès insupportables

Rendant mes instants de vie détestables

 

Ne me regarde plus quand je passe à la télévision

Car j’étais ta journaliste préférée des émissions

Maintenant, tu peux me zapper en me voyant

Pour créer en toi un vide moins déprimant

 

D’un linceul noir, tu peux couvrir mes photos

Pour éviter de croiser mon regard au poteau

Rangeant tous les petits souvenirs au placard

Pour enfin les donner à une œuvre humanitaire

 

Bernard NKOUNKOU

Notre hymne d’adieu

septembre 13, 2015

J’ai chanté pour toi l’hymne d’adieu

J’ai reçu pour toi le message des aïeux

Pour te dire que je t’aimerais toujours

Même au fond de la tombe sans détour

 

 

Mes larmes ont fait des cristaux sur mon corps

Gravant ma peau brune d’un tatouage en or

Riche souvenir de notre belle vie à deux

Quand nous étions à jamais heureux

 

 

Mon deuil symbole du respect de ta disparition

Permettant à ton âme de faire une mutation

Afin de renaître un jour dans mes enfants

Dans la joie et les effluves de l’encens

Bernard NKOUNKOU

Vie d’espoir de réfugié sous la tente

juin 15, 2011

Sous la tente vierge du refuge
Coulent des idées de déluge
Parfois blanches la journée
Parfois noires la soirée.

Dans cette bâche neuve de protection
Aux quatre coins de son implantation
Le souffle de vie paisible retrouve l’espoir
Dans la dure traversée du désespoir.

Quand apparaît le premier soleil
Du réfugié face au phare du ciel
La vie commence à planter son décor
Avec des souvenirs du dernier sort.

Bernard NKOUNKOU

L’instant d’adieu

octobre 1, 2010

Du fond de sa tombe sans voix
Dans les bas-fonds sans toits
Le poète dort avec sa muse
Qui s’enferme dans la cornemuse

Loin de la cité bruyante au bord de la mer
Son âme dans le village de sa terre
Repose à l’ombre de ses ancêtres
Dans le souffle du feuillage terrestre

Descendant dans le caveau de sa demeure
Dans le ventre béant de la terre
Sous le poids du crépuscule vespéral
Psalmodiant l’air de la brise temporelle

Le souvenir de sa voix académique
Aux dernières portes de l’enfer endémique
Résonne comme une audience sollicitée
Martelant ses pas vers les Champs-Élysées

Bernard NKOUNKOU

La dernière tirade de la vie

septembre 12, 2010

Je suis l’ombre du départ
dont la cloche de l’église
a sonné la dernière heure
du rassemblement de mon
âme à la couleur grise.

je suis l’instant d’adieu
qui vivra dans votre souvenir
pour perpétuer ma mémoire
afin que les enfants de l’histoire
se rappellent de ma présence
sur la belle terre des hommes.

je suis le pas dolent de votre corps
qui marche à l’instant doucement
vers le ci-git de ma dernière demeure
lentement, silencieux mais surement.

Bernard NKOUNKOU