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Coronavirus : le Maroc réquisitionne tous les stocks de chloroquine produits par le pays

mars 23, 2020

Un policier ordonne aux habitants de Rabat de rester chez eux, le 22 mars 2020.

Un policier ordonne aux habitants de Rabat de rester chez eux, le 22 mars 2020. © Mosa’ab Elshamy/AP/SIPA

 

Alors que se multiplient les essais cliniques pour trouver un remède contre le Covid-19, les autorités sanitaires du royaume ont acheté à Sanofi Maroc tous les stocks des médicaments à base de chloroquine.

Nivaquine, Plaquenil… Tous les Marocains entendent désormais parler de ces deux antipaludéens, dont l’usage était jusque-là réservé à la minorité qui voyageait vers l’Afrique subsaharienne. Ces médicaments à base la chloroquine sont jugés, depuis quelques jours, comme prometteurs dans le traitement du Covid-19. Y compris par Washington, d’où Donald Trump a annoncé le 19 mars que les États-Unis allaient « rendre ce médicament disponible quasiment immédiatement. »

En Chine, une vingtaine d’essais cliniques sont en cours pour explorer l’efficacité de la molécule chez des patients affectés par le coronavirus. La Belgique soigne d’ores et déjà ses malades à la chloroquine. Et en France, la première étude clinique lancée par le professeur marseillais Didier Raoult, directeur de l’IHU Méditerranée Infection, a ouvert la voie à de nouveaux essais plus institutionnels et de plus grande ampleur.

Réquisitions

En Tunisie, une enveloppe de 2,5 millions de dinars – 800 000 euros – est allouée à des recherches sur l’usage de la molécule dans le traitement du Covid-19. Le ministre de la Santé, Abdellatif Mekki, en a autorisé l’usage de manière expérimentale dans les hôpitaux tunisiens.

Au Maroc aussi, la piste est prise très au sérieux. Au point que le ministère de la Santé a décidé de réquisitionner l’ensemble des stocks disponibles de Nivaquine et Plaquenil, fabriqués dans le site industriel de Sanofi Maroc à Casablanca.

« Sanofi Maroc à répondu favorablement à cette demande de mise à disposition l’intégralité de son stock actuel. L’approvisionnement ainsi que les conditions d’utilisation de ce produit seront du ressort exclusif du ministère de la Santé au Maroc », explique-t-on chez la filiale marocaine du groupe pharmaceutique français Sanofi. Celle-ci a tenu néanmoins de préciser que « le traitement du virus Covid-19 ne fait pas partie, à ce jour, des indications de la chloroquine ».

Avec Jeuneafrique par Fahd Iraqi 

 

Mesures prises contre le coronavirus aux États-Unis

mars 9, 2020

CoUSA

 

Les États-Unis exhortent les personnes âgées à faire des stocks

Les autorités sanitaires américaines ont exhorté lundi les personnes les plus susceptibles de tomber gravement malade à cause du coronavirus, soit les personnes âgées et les personnes avec des maladies chroniques, à faire des stocks de provisions et de médicaments afin de se préparer à rester chez elles.

«Faites en sorte d’avoir des stocks à disposition notamment des médicaments pour la tension artérielle et le diabète, et d’autres médicaments courants pour traiter la fièvre et d’autres symptômes», a déclaré Nancy Messonnier, une responsable des Centres américains de contrôle de santé et de prévention des maladies(CDC). «Ayez assez de produits ménagers et de provisions afin de vous préparer si jamais vous deviez restez chez vous.

L’Etat de New York lance son propre gel hydroalcoolique

Face aux pénuries de gel hydroalcoolique générées par le coronavirus, l’Etat de New York a pris lundi la mesure inédite d’en faire fabriquer aux ateliers de l’Etat utilisant de la main d’œuvre carcérale.

Le gouverneur démocrate Andrew Cuomo, qui a déclaré samedi l’état d’urgence sanitaire face à l’épidémie, a dévoilé en grande pompe une bouteille de ce nouveau produit «Made in the state of New York» lors d’une conférence de presse, en se targuant de sa senteur florale. «Nous avons la capacité d’en produire 100.000 gallons (378.000 litres) par semaine», a-t-il indiqué. «Nous allons en fournir aux agences de l’Etat (de New York), aux écoles, à la MTA (l’autorité des transports en commun de la ville de New York), aux prisons, etcetera», a-t-il ajouté.

Avec Le Figaro par Margaux d’Adhémar, Roland Gauron et Yohan Blavignat

Coronavirus: Emmanuel Macron annonce la réquisition des stocks et de la production des masques de protection

mars 3, 2020

Les masques de protection seront distribués aux professionnels de santé et aux Français contaminés, a indiqué le président de la république.

Emmanuel Macron a annoncé la réquisition de tous les stocks et la production de masques de protection.
Emmanuel Macron a annoncé la réquisition de tous les stocks et la production de masques de protection. PHILIPPE DESMAZES / AFP

Emmanuel Macron a annoncé ce mardi que l’État français réquisitionnait «tous les stocks et la production de masques de protection» pour les distribuer aux soignants et aux personnes atteintes du coronavirus.

«Nous réquisitionnons tous les stocks et la production de masques de protection. Nous les distribuerons aux professionnels de santé et aux Français atteints par le coronavirus», a indiqué le président de la République dans un tweet.

Par Le Figaro avec AFP

La longue agonie de Homs, sous les bombes d’el-Assad

février 22, 2012

Dans le quartier rebelle de Bab Amro, à majorité sunnite, les morts s’ajoutent aux morts.

C’est une ville au bord de l’agonie qui attend péniblement la mort sans calmant ni anesthésie. Homs, décrite par ses habitants, ressemble à un mauvais cauchemar qui ne veut pas s’arrêter. «Ce matin, dès six heures, l’armée syrienne a recommencé à nous attaquer à l’artillerie lourde. Parfois, on entend plus de 20 détonations par minute. Ça fait dix-sept jours que je ne suis pas sortie de chez moi. Mes deux enfants n’arrêtent pas de pleurer. Mon mari n’est pas rentré à la maison depuis le week-end. J’ignore où il se trouve et s’il est encore vivant. Dans la cuisine, on a presque épuisé tous nos stocks de nourriture. On vit à la lumière de la bougie, sans électricité ni chauffage. Si on ne meurt pas sous les bombes, on va finir par mourir de faim ou de froid», nous confiait mardi par téléphone cette mère de famille à travers une ligne encombrée de para­sites.Rima – c’est son pseudonyme – ha­bite à Bab Amro, un quartier sunnite de cette troisième ville du pays, tenu par les soldats de l’Armée syrienne libre et sous le feu incessant des forces de Bachar el-Assad depuis plus de deux ­semaines. Entre deux sanglots, elle poursuit son récit: «En général, les bombardements s’arrêtent vers 19 heures. Mais la nuit, on ne trouve pas le sommeil. Les hommes qui s’aventurent dans les rues essuient les tirs de snipers. Autour de chez nous, les maisons s’effondrent les unes après les autres. Impossible de trouver une bâtisse qui ne soit pas perforée. J’ai bien songé à prendre la fuite avec ma fille et mon fils. Mais c’est trop dangereux. D’autres quartiers, comme Inchaat, Khaldiyé ou Karm el-Zaitoune, sont également la cible des tirs. Il y a quelques jours, un couple qui habitait près de chez nous a tenté de s’échapper de Bab Amro. Au bout de quelques minutes, ils sont tombés sous les balles des soldats de l’armée officielle…»

L’appel du CICR à une pause

Pour permettre d’évacuer les familles en danger et d’approvisionner les zones les plus affectées en médicaments et nourriture, le CICR (Comité international de la Croix-Rouge) est en train de négocier une brève suspension des combats, au moins deux heures par jour. Le chef de l’Armée syrienne libre, composée de militaires dissidents, a «accueilli favorablement» cet appel. Mais 60% des 100.000 habitants de Bab Amro – Homs en comprend 1 million en tout – auraient déjà fui leur quartier pour se réfugier dans les villages alentour. Au risque de leur vie.

L’activiste Omar Shakir en fait partie. En début de semaine, il lui a fallu près de vingt-quatre heures pour rejoindre une bourgade voisine située à moins de 2 km de Homs. Contacté par Skype, il raconte sa course contre la mort. «Il a d’abord fallu longer des dizaines de bâtiments en ruine. Puis, j’ai dû contourner les checkpoints des forces syriennes en rampant au sol. Je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie», confie-t-il.

Avant un bref silence, il reprend, désespéré: «La situation se dégrade de jour en jour. Il y a un mois, on enterrait encore les victimes dans les jardins privés. Aujourd’hui, elles sont directement ensevelies sous les gravats des immeubles attaqués. Quant aux blessés, ils sont chanceux si on leur trouve un peu d’eau pour les soigner. Je ne compte plus le nombre de personnes qui ont perdu un bras ou une jambe. Homs est devenue une ville d’éclopés.»

Lefigaro.fr par Delphine Minoui