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En Somalie, la première fromagère du pays a du pain sur la planche

juin 13, 2017

 

Samira Mohamed Abdirahman avait fui la guerre civile il y a vingt ans en se réfugiant en Suède. Mais, nostalgique des rues de Mogadiscio, elle y a ouvert une crémerie.

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Samira Mohamed Abdirahman. Crédits : Muse Mohammed pour TEDx Mogadishu

Mais que lui est-il donc passé par la tête ? Samira Mohamed Abdirahman, confortablement installée en Suède depuis vingt ans, avait une situation plus qu’enviable : un emploi stable, un mari, trois enfants, profitant à plein d’un pays égalitaire au modèle social admiré dans le monde entier. Pourquoi alors a-t-elle eu l’envie subite de retourner en Somalie, sa terre natale certes, mais aussi pays le plus corrompu de la planète, en proie à la sécheresse et à la guerre civile ?

Elle a pourtant franchi le pas en ouvrant en mars une crémerie à Mogadiscio et en devenant ainsi officiellement la première fromagère de l’histoire de la Somalie. Un parcours inédit, salué lors d’une conférence TEDx organisée dans la capitale somalienne en avril et dont elle fut l’une des révélations. Jointe par téléphone, cette femme rayonnante et coquette conte sa vie d’un trait comme si tout était écrit d’avance. Elle a pourtant subi, comme tant d’autres, les innombrables circonvolutions de l’histoire somalienne.

Un échiquier sanglant

Mogadiscio, Samira y est née il y a trente-cinq ans. Dans les années 1980, la ville vit sous la férule du dictateur de Siad Barré (1969-1991). Elle est dure mais paisible. « On se baladait sans peur. Il y avait de la musique dans les rues, des cinémas et même des touristes sur la plage du Lido ! », se souvient-elle. L’année 1991 sonne la fin de l’enfance. La Somalie sombre alors dans la guerre civile et Mogadiscio se transforme en un échiquier sanglant, ravagé par les affrontements entre clans rivaux. « On entendait tous les jours le bruit des explosions et des tirs. On n’osait plus sortir de chez soi », explique la jeune femme, qui devra jouer à cache-cache six longues années avec les bombes avant de rejoindre ses parents, déjà réfugiés en Suède.

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Dans la crémerie de Samira Mohamed Abdirahman à Mogadiscio. Crédits : TEDxMogadishu

L’ado de « Moga » s’habitue vite à la vie suédoise, en apprend la langue, se marie, étudie l’économie et travaille comme pâtissière. Mais le « pays de Pount » (nom mythique de la Somalie) lui manque. En 2015, malgré des réticences, elle s’envole pour deux semaines de vacances à Mogadiscio. « J’ai retrouvé ce sens incroyable de la solidarité, mes lieux d’enfance, mes amis, raconte-t-elle. Au moment de retourner en Suède, je ne voulais plus partir. »

En Somalie, pourtant, Samira la Suédoise est frustrée. « Au petit déjeuner, j’ai l’habitude de manger du pain avec du fromage. Mais impossible d’en trouver à Mogadiscio ! » A son retour, ni une ni deux, la jeune femme apprend sur le tas l’art de la fromagerie, achète quelques machines et s’envole à nouveau pour Mogadiscio. « J’ai vu un espace à prendre : je suis entrepreneuse, pas humanitaire ! Je veux que ce business devienne une entreprise rentable », clame-t-elle sans fausse pudeur.

Les plus grands buveurs de lait au monde

Le choc culturel est violent. « La Suède est si organisée… En Somalie, avec la bureaucratie chaotique, la corruption, les coupures d’électricité, tout est plus compliqué ! », se plaint-elle. Mais Samira tient bon, parcourt la capitale en quête de clients et fait tester ses premiers fromages au public sur les plages de la capitale.

La matière première est abondante. Car les Somaliens sont les plus grands buveurs de lait au monde : un Somalien moyen en consommerait près d’un litre par jour selon l’ONU ! « La Somalie, c’est le lait !, revendique Samira, qui se fournit sans difficulté auprès de fermiers locaux. Le nom même du pays vient de Soo maal, qui veut signifie “traire” en langue somali ! »

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La fabrique de fromages Samira Soomaal. Crédits : Samira Mohamed Abdirahman

Trois mois après son ouverture, la crémerie, baptisée Samira Soomaaal, fournit chaque jour quatre hôtels renommés de la capitale en fromage, mais aussi en lait, crème, beurre et quelques pâtisseries suédoises à la cannelle. Sur le plateau, au choix : pâte dure ou molle, vache, chèvre mais aussi dromadaire ! « C’est délicieux quand c’est frais ! », assure Samira.

« M. Cheese »

Elle n’est pas la seule de la diaspora somalienne – 2 millions de personnes à travers le monde – à être revenue faire des affaires dans un pays sans Etat où l’on manque encore de tout. Mais, pour une femme, la tâche est plus ardue encore. « Les gens ici me demandent parfois ce que je fais là, pourquoi je ne reste pas à la maison à m’occuper des enfants et de mon mari, s’exaspère Samira. Je ne supporte pas ça ! Venant de Suède, il est naturel pour moi de travailler, même enceinte ! » Pour montrer l’exemple, la fromagère a déjà recruté trois femmes apprenties.

Samira Soomaal ne livre pour le moment qu’un nombre restreint d’hôtels de luxe de Mogadiscio qui vivent en vase clos, où défilent officiels et diplomates étrangers, à des années-lumière du peuple somalien. Mais la fromagère, qui partage aujourd’hui sa vie entre la Suède et la Somalie, croit en sa bonne étoile. Coïncidence ou destin ? En février, à la veille de l’ouverture de sa crémerie, était élu président en Somalie Mohamed Abdullahi Mohamed, dit « Farmajo ». Un surnom, venu de l’italien formaggio… et du latin formaticus qui ont donné notre mot fromage !

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Tommes de fromages au lait de dromadaire. Crédits : TEDxMogadishu

« “M. Cheese serait un grand amateur de produits laitiers ! », s’enthousiasme Samira, qui aimerait par-dessus tout attirer son président dans sa fromagerie. « Cela nous ferait une publicité extraordinaire », s’amuse-t-elle. Entrepreneuse, toujours.

Lemonde.fr par Bruno Meyerfeld (contributeur Le Monde Afrique, Nairobi)

Cannes: un Suédois rafle la Palme d’or à la surprise générale

mai 28, 2017

Le réalisateur suédois Ruben Ostlund Palme d’or du 70e Festival de Cannes avec « The Square », le 28 mai 2017 / © AFP / Valery HACHE

Enorme surprise à Cannes: la Palme d’or a été attribuée dimanche au film suédois « The Square », réalisé par Ruben Ostlund, une comédie féroce qui tourne en dérision le monde de l’art et de la bonne société.

Ostlund apporte à la Suède sa troisième Palme, après les deux récompenses glanées par Bille August, pour « Pelle le conquérant » en 1988 et « Les meilleures intentions » en 1992.

Dans « The Square », l’acteur danois Claes Bang incarne un conservateur d’un musée d’art contemporain, qui prépare une exposition sur la tolérance et la solidarité. Son univers bascule soudainement avec le vol de son portable et de son portefeuille alors qu’il porte secours à une femme. Un subterfuge des voleurs.

« C’est un film formidable et une équipe formidable », s’est exclamé sur la scène du Palais des festivals Ruben Ostlund, qui a reçu son prix des mains du président du jury Pedro Almodovar et de Juliette Binoche. Son film avait été ajouté à la dernière minute à la compétition.

Dans son film, un des rares à avoir fait rire aux éclats les spectateurs, notamment avec une scène de préservatif, Ruben Ostlund a voulu dénoncer par le sarcasme les petites et grandes lâchetés des nantis cultivés face aux migrants, réfugiés et SDF.

Alors que « 120 battements par minute » du Français Robin Campillo et « Faute d’amour » du Russe Andreî Zviaguintsev faisaient figure de favoris, « The Square » s’est démarqué dans une sélection où la noirceur a prédominé.

– Grand prix pour ‘120 battements par minute’ –

Robin Campillo a tout de même récolté le Grand Prix pour son film coup de poing sur les combats de l’association Act Up dans les années Sida.

Dans ce film, il restitue les opérations spectaculaires d’Act Up, des jets de poches de faux sang aux débats pour décider des actions à mener… Mais il montre aussi le sexe, l’amour, les gay prides et les soirées exutoires au son de la house musique, qui donne son titre au film.

Autre surprise: alors que son film avait été accueilli tièdement, la réalisatrice américaine Sofia Coppola a remporté le Prix de la mise en scène pour « Les Proies », son remake du film éponyme de Don Siegel (1971), qui raconte l’irruption d’un soldat blessé (Colin Farrell) dans un pensionnat de jeunes filles dirigé par Nicole Kidman dans l’Amérique de la guerre de Sécession.

Reine de Cannes cette année avec deux films en compétition, Nicole Kidman a reçu un Prix spécial pour la 70e édition du Festival.

« Faute d’amour » d’Andreï Zviaguintsev a obtenu le Prix du Jury, pour son histoire sur la disparition d’un enfant qui ne supporte plus les disputes de ses parents qui se battent pour ne pas le garder.

Dans ce film âpre, le cinéaste, déjà récompensé du Prix du jury en 2011 pour « Elena » et du scénario en 2014 pour « Léviathan », dépeint une société russe individualiste et déshumanisée.

Auteur d’une performance époustouflante dans « You Were Never Really Here » de Lynne Ramsay, l’acteur Américain Joaquin Phoenix décroche le Prix d’inteprétation masculine. A 42 ans, il est consacré pour sa partition tout en intensité dans le rôle d’un vétéran de l’Irak, traumatisé, mutique et ultra-violent, qui doit exfiltrer une adolescente d’un réseau de prostitution.

« C’est un prix tout à fait inattendu. J’ai renvoyé mes souliers vernis », a déclaré un Joaquin Phoenix visiblement surpris, chaussé de baskets en toile sur la scène. « Je reste sans voix. »

– Neflix bredouille –

L’Allemande Diane Kruger a remporté le Prix d’inteprétation féminine pour sa performance dans « In The Fade » du Germano-Turc Fatih Akin. Elle y incarne Katja, une femme allemande qui décide de se venger de terroristes néo-nazis qui ont tué dans un attentat son mari, un ancien trafiquant de drogue d’origine turque, et son fils de six ans.

Lynne Ramsay, réalisatrice britannique de « You were never really here », a elle partagé le Prix du scénario avec le Grec Yorgos Lanthimos (« La mise à mort du cerf sacré »).

Dans son thriller horrifique, le réalisateur grec met en scène Steven (Colin Farrell), un brillant chirurgien qui prend sous son aile un adolescent perturbé, dont le père est mort des années plus tôt sur sa table d’opération.

A noter parmi les grands perdants Netflix, pour la première fois en lice pour la Palme avec deux films, et dont la présence avait créé la polémique.

Romandie.com avec(©AFP / 28 mai 2017 21h09)

La Suède renonce aux poursuites contre Julian Assange pour viol

mai 19, 2017

Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange, réfugié à l’ambassade d’Equateur, le 5 février 2016 à Londres / © AFP/Archives / BEN STANSALL

Il criait au complot: la justice suédoise a classé vendredi l’enquête pour viol visant Julian Assange, qui devra pourtant patienter avant de sortir de l’ambassade d’Equateur à Londres où il s’est réfugié en 2012.

Si le mandat d’arrêt européen est levé, la police britannique a prévenu qu’elle serait « obligée » d’arrêter Julian Assange s’il sortait de l’ambassade, au motif qu’il avait enfreint en 2012 les conditions de sa liberté sous caution au Royaume-Uni.

Pour ce qui concerne le volet suédois, « l’affaire Assange » se conclut sur un fiasco judiciaire et valide la stratégie de l’obstruction systématique mise en oeuvre par ses nombreux avocats pour lui éviter de comparaître devant un tribunal.

À trois ans de la prescription, la procureure suédoise Marianne Ny a donc annoncé avoir classé l’enquête et requis la levée du mandat d’arrêt européen que Julian Assange tentait de faire annuler depuis 2010.

« Toutes les possibilités de faire avancer l’enquête ont été épuisées (…) et il n’apparaît plus proportionné de maintenir la demande de placement en détention provisoire par défaut de Julian Assange ni le mandat d’arrêt européen », a-t-elle fait valoir.

L’abandon des poursuites « ne résulte pas d’un examen complet des éléments de preuve » et la justice suédoise « ne se prononce pas sur la question de la culpabilité », a remarqué la procureure.

Génie persécuté pour les uns, manipulateur paranoïaque pour les autres, Julian Assange a toujours récusé les accusations de viol. Sauf coup de théâtre, il restera à jamais présumé innocent.

Victoire totale

Malgré son soulagement manifeste, l’Australien a lancé sur Twitter qu’il « n’oublie pas et ne pardonne pas » d’avoir été « détenu pendant sept ans », dont cinq dans des conditions spartiates à l’ambassade d’Équateur à Londres.

« Détenu pendant sept ans sans charges pendant que mes enfants grandissaient et que mon nom était traîné dans la boue. Je ne pardonne pas et n’oublie pas », a-t-il tweeté.

Julian Assange dénonce une manœuvre pour le faire extrader vers les Etats-Unis, où il risque d’être poursuivi pour la publication de documents militaires et diplomatiques confidentiels.

L’administration de Donald Trump a affirmé en avril que son arrestation était une « priorité » et selon des médias locaux, les États-Unis sont en train de monter un dossier d’accusation.

En février 2016 déjà, un groupe de travail de l’ONU critiquait la lenteur de l’enquête et appelait la Suède et le Royaume-Uni à indemniser l’ex-hacker pour « détention arbitraire ».

« C’est une victoire totale pour Julian Assange », s’est pour sa part réjoui son avocat suédois, Per Samuelsson. Son client, a-t-il indiqué à l’AFP, souhaite recevoir l’asile en Equateur. « C’est le seul endroit où il est en sécurité ».

Quito a salué la décision de la justice suédoise et appelé le Royaume-Uni à laisser Julian Assange quitter son territoire sans être inquiété.

« Le mandat d’arrêt européen n’est plus valide. Le Royaume-Uni doit fournir une sortie sûre à M. Julian Assange », a affirmé sur Twitter le ministre équatorien des Affaires étrangères, Guillaume Long.

Prescription

Mais la menace d’une arrestation a tempéré les ardeurs de son entourage. « La Grande-Bretagne annonce qu’elle arrêtera Assange quoi qu’il arrive et refuse de confirmer ou de démentir qu’elle a déjà reçu une demande d’extradition des Etats-Unis », a tweeté WikiLeaks.

A Stockholm, l’accusatrice de l’Australien, « choquée », a dénoncé un « scandale » et maintenu sa version.

« Aucune décision pour classer l’affaire ne peut changer le fait qu’Assange a commis sur elle un viol », a déclaré son avocate, Elisabeth Fritz, dans un mail à l’AFP.

Âgée d’une trentaine d’années à l’époque des faits, elle a porté plainte le 20 août 2010 contre Julian Assange, qu’elle avait rencontré au cours d’une conférence de WikiLeaks à Stockholm quelques jours auparavant. Elle l’accuse d’avoir engagé un rapport sexuel non protégé pendant qu’elle dormait dans la nuit du 16 au 17 août.

Julian Assange soutient qu’elle était consentante et avait accepté de ne pas utiliser de préservatif. C’est ce qu’il a redit à un procureur équatorien, en présence d’une magistrate suédoise, lors de son audition à l’ambassade d’Equateur en novembre.

Cet interrogatoire, négocié des mois durant par les deux parties, n’aura finalement pas changé la donne.

L’instruction suédoise, notamment retardée par le refus de M. Assange d’être entendu en Suède, aura pris près de sept ans. La plainte d’une autre jeune Suédoise pour une agression sexuelle à la même époque à Stockholm a été frappée par la prescription en 2015.

Romandie.com avec(©AFP / 19 mai 2017 16h27)                

Suède: une mosquée ravagée par un incendie probablement criminel

mai 1, 2017

Des musulmans prient dans une mosquée de Stockholm en Suède, le 12 septembre 2003 / © SCANPIX SWEDEN/AFP / JONAS EKSTROMER

La plus grande mosquée chiite en Suède, située dans la banlieue de Stockholm, a été ravagée dans la nuit de dimanche à lundi par un incendie vraisemblablement d’origine criminelle, selon la police suédoise.

Les pompiers ont été alertés peu avant 00H30 (22H30 GMT) de ce feu dans le quartier de Jakobsberg à Järfälla. « Cela brûlait violemment au niveau de la façade, à l’extérieur du bâtiment », a précisé la police dans un communiqué.

Une enquête pour incendie criminel a été ouverte. « Cela semble avoir été allumé depuis l’extérieur », a déclaré à l’agence de presse TT un porte-parole de la police de Stockholm, Lars Byström.

Aucun blessé n’est à déplorer. Les services de sécurité (Säpo) ont été associés à l’enquête en raison de l’éventualité d’un motif politique, a ajouté ce porte-parole.

« C’est la plus grande mosquée chiite en Suède, avec des milliers de fidèles (…) Ils sont vraiment inquiets », a affirmé à la chaîne de télévision publique SVT un porte-parole de l’association qui gère la mosquée, Akil Zahiri.

Plusieurs mosquées ou locaux d’associations musulmanes en Suède ont été visés ces dernières années par des incendies d’origine criminelle, dont les auteurs le plus souvent ne sont pas retrouvés.

En avril 2016, un homme de 31 ans ayant professé sa xénophobie avait été condamné à trois ans de prison pour avoir mis le feu avec un bidon d’essence à une mosquée de Borås (sud-ouest).

Le 7 avril dernier, cinq personnes avaient été tuées en Suède dans un attentat au camion bélier dans le centre de Stockholm. L’auteur de l’attaque est un Ouzbek en situation irrégulière sur le territoire suédois, qui ne cachait pas ses « sympathies jihadistes » sur les réseaux sociaux selon la police.

Romandie.com avec(©AFP / 01 mai 2017 11h42)                

Attentat de Stockholm: le suspect est un Ouzbek de 39 ans

avril 8, 2017

 

Une policière marche sur le site d’un attentat dans le centre de Stockholm le 8 avril 2017 / © AFP / Jonathan NACKSTRAND

Le suspect de l’attentat au camion-bélier qui a fait quatre morts vendredi à Stockholm est un Ouzbek de 39 ans connu des services de renseignement, ont annoncé les autorités suédoises samedi.

« C’est un homme de 39 ans d’Ouzbékistan », a déclaré lors d’une conférence de presse le responsable de la police suédoise, Dan Eliasson, au sujet d’un homme arrêté et placé en garde à vue après l’attaque. L’individu était connu des services de renseignement, a précisé un responsable de ces derniers, Anders Thornberg.

Romandie.com avec(©AFP / 08 avril 2017 14h09)

 

Suède: Un camion fonce dans une foule de piétons à Stockholm. Trois morts et plusieurs blessés

avril 7, 2017

Un camion a renversé des passants vendredi vers 14h50 dans un quartier du centre-ville de Stockholm qui a été bouclé. La radio publique Ekot évoque trois morts et de nombreux blessés.

Selon un témoin interrogé par l’agence Reuters, il s’agirait d’un camion qui a foncé chez Ahlens, un grand magasin de la capitale. Un périmètre de sécurité a été établi et le secteur bouclé, précise un journaliste de Reuters.

Attentat à Stockholm : la police diffuse des images d’un homme recherché

Stockholm – La police suédoise a diffusé des images de vidéo-surveillance d’un homme qu’elle recherche pour l’attentat au camion bélier commis vendredi à Stockholm, dont le chauffeur n’a pas été arrêté, a-t-elle annoncé lors d’une conférence de presse.

« Nous n’avons pas de contact avec celui ou ceux qui conduisaient le véhicule », a déclaré un responsable de l’enquête, Dan Eliasson.

Un autre policier, Ulf Johansson, a montré à la presse un homme relativement jeune portant une capuche noire, filmé par une caméra à proximité immédiate des lieux de l’attentat.

La police n’a donné lors de cette conférence de presse aucune information sur le nombre de blessés et de morts. « Il y a beaucoup de blessés (…) et des informations selon lesquelles il y a des morts. Nous ne pouvons pas à l’heure actuelle confirmer le nombre de blessés et de morts », a déclaré M. Eliasson.

« Plusieurs personnes sont blessées et il y a également des morts », écrivait la police dans un communiqué.

La police a appelé les citoyens à ne pas venir dans le centre de la capitale suédoise.

Romandie.com (©AFP / 07 avril 2017 18h22)

Suède: Bob Dylan à Stockholm pour recevoir son Nobel de littérature

avril 1, 2017

Des ouvrages consacrés au musicien américain Bob Dylan exposés le 13 octobre 2016 à Stockholm / © AFP/Archives / JONATHAN NACKSTRAND

Après des mois de suspense, Bob Dylan reçoit dans le plus grand secret ce week-end à Stockholm son Nobel de littérature des mains des académiciens suédois qui l’ont distingué, presque malgré lui, pour sa poésie.

Thomas Mann, Albert Camus, Samuel Beckett, Gabriel Garcia Marquez ou Doris Lessing: à 75 ans, le chanteur rejoint le Panthéon des hommes et des femmes de lettres canonisés par l’Académie suédoise depuis 1901.

Il doit se voir remettre son diplôme et sa médaille au cours d’une entrevue avec le jury suédois, dans un lieu et en un temps tenus strictement secrets.

Le mystère demeure entier quant à son discours de réception, qui peut aussi être une chanson. Tout lauréat doit rendre sa « leçon Nobel » dans les six mois suivant la cérémonie de remise du prix le 10 décembre, soit avant le 10 juin.

« L’Académie suédoise et Bob Dylan sont convenus de se rencontrer ce week-end. Cela se fera en petit comité et dans l’intimité, et aucun média ne sera présent; seuls Bob Dylan et des académiciens seront présents, conformément aux souhaits de Dylan », a expliqué la secrétaire perpétuelle de l’Académie suédoise, Sara Danius, sans préciser si cela aurait lieu samedi ou dimanche .

« Aucun discours Nobel ne sera prononcé. L’Académie a de bonnes raisons de penser qu’une version enregistrée (du discours) sera envoyée à une date ultérieure », a-t-elle ajouté.

Car sans leçon, pas de cachet: le chèque de huit millions de couronnes (838.000 euros) accompagnant les lauriers Nobel n’est signé et remis que si la leçon a été donnée.

– « Hippies séniles » –

Bob Dylan reçoit son prix Nobel de littérature à Stockholm / © AFP / Paul DEFOSSEUX, Sophie RAMIS

Seule certitude: Bob Dylan donne deux concerts dans la capitale suédoise, samedi et dimanche, coup d’envoi d’une tournée européenne à l’occasion de la sortie de son nouvel opus, un triple album de reprises de Frank Sinatra.

A quelques heures de sa première prestation samedi, les médias suédois, comme lassés, évoquaient à peine le cas Dylan sur leurs sites.

De l’avis des spécialistes, il ne devrait pas faire mention de son prix sur scène.

« Dès que vous voulez l’emmener dans une direction, il prend le contrepied », explique Martin Nyström, critique musical du quotidien Dagens Nyheter.

À la surprise générale – parfois teintée d’indignation -, Bob Dylan, de son vrai nom Robert Allen Zimmerman, avait été récompensé en octobre « pour avoir créé dans le cadre de la grande tradition de la musique américaine de nouveaux modes d’expression poétique », selon les attendus de l’Académie.

Premier musicien nobélisé par les sages suédois, son nom comme celui du Canadien Leonard Cohen, qui allait décéder en novembre, revenait de temps en temps dans les spéculations, sans jamais être pris au sérieux.

Là où les puristes attendaient ses compatriotes Philip Roth ou Don DeLillo, la secrétaire perpétuelle Sara Danius a âprement défendu son choix et celui de ses pairs, inscrivant la poésie chantée de Dylan dans la tradition homérienne.

Le musicien américain Bob Dylan, le 25 avril 2011 à Byron Bay en Australie / © AFP/Archives / TORSTEN BLACKWOOD

Du côté des indignés, l’Ecossais Irvine Welsh, auteur de « Trainspotting », s’était moqué d’un prix décerné par « des hippies séniles », tandis que le romancier français Pierre Assouline dénonçait un choix « affligeant ».

– « Arrogance » –

Pris à son corps défendant dans ce tumulte de louanges et de critiques, Bob Dylan a accueilli l’annonce par un silence non moins tonitruant. Au point de s’attirer les foudres d’un notable de l’Académie, Per Wästberg, qui s’était emporté contre son « arrogance ».

Le soir du banquet, le 10 décembre, c’est l’ambassadrice américaine en Suède qui a lu son discours de remerciements, dans lequel il confiait son étonnement de voir son nom aux côtés de ceux d’auteurs comme Rudyard Kipling (1907) ou Ernest Hemingway (1954).

« Ces géants de la littérature dont les oeuvres sont enseignées dans les classes, figurent dans les rayonnages des bibliothèques du monde entier et dont on parle avec tant de déférence ont toujours fait sur moi la plus profonde impression », disait-il alors.

Pour Martin Nyström, les absents n’ont pas toujours tort. À l’en croire, le natif du Minnesota (nord des Etats-Unis) passe son temps à accorder sa lyre: « Il a un emploi du temps incroyable. C’est un artiste, il écrit des livres, des textes, de la musique et il est en tournée sans arrêt avec son groupe », plaide-t-il.

Avec son folk-rock lettré, ses lunettes noires et sa voix rugueuse, Bob Dylan est passé du troubadour folk à l’aube des années 1960 à la superstar décorée en 2012 par le président américain Barack Obama.

L’homme à l’harmonica est souvent absent des grands rendez-vous où le monde entier l’espère. En 1969 déjà, jeune tête d’affiche du festival de la contre-culture organisé à Woodstock (nord-est des Etats-Unis), il avait été soudainement déprogrammé, occupé ailleurs.

Romandie.com avec(©AFP / 01 avril 2017 12h33)

RD Congo : deux experts de l’ONU portés disparus dans le Kasaï-Central

mars 13, 2017

La ville de Kananga est située dans le centre de la RD Congo. © Google

L’Américain Michael J. Sharp et la Suédoise Zaida Catalán, deux membres du groupe d’experts de l’ONU sur la RD Congo, sont tombés dimanche soir dans une embuscade tendue par des hommes armés dans le centre du pays, où sévit la milice du chef traditionnel Kamwina Nsapu, tué en août dernier.

Le gouvernement congolais a confirmé l’enlèvement, dimanche 12 mars, de Michael J. Sharp et de Zaida Catalán, deux chercheurs du groupe d’experts des Nations unies sur la RD Congo. « Ce sont deux officiels onusiens qui séjournaient dans notre pays pour une mission dont nous ne connaissons pas l’objet », a fait savoir lundi à Jeune Afrique Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais.

À en croire le ministre, les deux experts ont quitté Kananga dimanche 12 mars, capitale de la province du Kasaï-Central, et se sont dirigés vers la ville de Tshimbulu où des affrontements entre l’armée et des miliciens avaient fait une soixantaine de morts début février. Selon une source onusienne, les deux experts avaient rencontré le chef de poste de la Mission de l’ONU en RD Congo (Monusco) à Kananga avant de quitter la ville.

« Forces négatives non identifiées » ou milice Kamwina Nsapu ?

Michael J. Sharp, coordonnateur du groupe d’experts, et sa collègue Zaida Catalán étaient accompagnés par un traducteur congolais, tous à bord de motos conduites par trois autres Congolais, selon Lambert Mende.

« Ce groupe qui sillonnait la province du Kasaï-central à moto, sans que les autorités locales en aient été informées, serait tombé, selon les premières indications, entre les mains des forces négatives non encore identifiées sur le pont Moyo à proximité du village Ngombe, secteur de Bukonde », a indiqué dans la foulée Lambert Mende dans un communiqué officiel.

Les experts de l’ONU travaillent indépendamment de la Monusco comme du gouvernement congolais, ce qui les conduit fréquemment à rencontrer leurs sources sans protection militaire.

Les groupes d’experts de l’ONU sont chargés de rédiger des rapports annuels pour informer le Conseil de sécurité sur la situation intérieure des pays dont ils ont la charge. Les deux disparus enquêtaient sur l’insécurité dans le Kasaï-central. Cette province est depuis plusieurs mois en proie à la rébellion, sévèrement réprimée, de miliciens se réclamant du chef traditionnel Kamwina Nsapu, tué en août 2016.

« L’embuscade a eu lieu dans une brousse où il n’y a ni la police ni l’armée. Ce sont bien des jeunes drogués appartenant à la milice de Kamwina Nsapu qui ont attaqué les deux experts », affirme pour sa part Emmanuel Ramazani Shadary, vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, qui séjourne dans la région.

Ramazani Shadary a confié par ailleurs à Jeune Afrique qu’un hélicoptère de la Monusco a survolé la zone où aurait eu lieu l’enlèvement mais qu’il est « retourné à Kananga sans une indication claire sur le sort de deux experts de l’ONU ».

Jeuneafrique.com par et

Trump: la Suède présente sa version des faits face aux infos « erronées »

février 24, 2017

Stockholm – Le gouvernement suédois, agacé par les propos de Donald Trump liant l’immigration à une présumée poussée de violence dans le pays scandinave, a présenté sa version des faits pour battre en brèche les informations « simplistes » ou « erronées ».

Sur son site internet, le ministère des Affaires étrangères a rendu public jeudi soir une série de « faits » répondant à diverses « assertions simplistes ou complètement erronées » diffusées depuis les déclarations du président américain lors d’un meeting le 18 février en Floride.

Egrenant la liste des villes européennes frappées par des attentats terroristes ces derniers mois (Paris, Bruxelles, Berlin, Nice), Donald Trump avait semblé évoquer une attaque de ce type survenue le 17 février à Stockholm.

« Regardez ce qui se passe en Allemagne, regardez ce qui s’est passé hier soir en Suède. La Suède, qui l’aurait cru? La Suède. Ils ont accueilli beaucoup de réfugiés, et maintenant ils ont des problèmes comme ils ne l’auraient jamais pensé », avait-il lancé.

Mis à part le fait qu’aucun incident grave ne s’était produit en Suède, ces déclarations avaient suscité l’indignation dans le pays nordique et nourri d’innombrables articles de presse.

Mis en cause pour sa politique généreuse d’accueil des migrants (244.000 entre 2014 et 2015), le gouvernement suédois de gauche (sociaux-démocrates et écologistes) a finalement décidé de livrer sa vérité.

S’agissant de terrorisme, le ministère des Affaires étrangères rappelle que l’unique tentative d’attentat sur le territoire national s’est produite en décembre 2010. « Elle n’a pas fait de victime, sauf l’assaillant » qui s’est fait exploser dans le centre de Stockholm, souligne le ministère.

Les autorités suédoises réfutent également une autre « allégation » douteuse à leurs yeux selon laquelle la Suède enregistrerait « une hausse importante de la violence par armes à feu ».

« De façon générale, la violence a diminué en Suède ces 20 dernières années » même si la perception de la violence dans la population a, elle, augmenté, au gré de l’immigration, admet-on.

Or « bien que le nombre d’immigrés ait progressé en Suède depuis les années 1990, l’incidence de crimes violents a reculé » et « les études ne mettent pas en évidence que l’immigration conduise à une hausse de la délinquance », ajoute le ministère.

Quant aux viols, « leur nombre déclaré a augmenté mais la définition du viol s’est élargie, ce qui complique la comparaison statistique ». Par exemple, note le texte, « si une femme affirme avoir été violée par son mari chaque nuit pendant une année, 365 faits criminels seront enregistrés, alors que dans la plupart des pays, ils n’en constitueraient qu’un seul ».

Sofia Karlberg, responsable de la communication du ministère, explique que le gouvernement a souhaité en publiant ce texte « rendre une image correcte et équilibrée » de la situation dans le pays.

« Il n’est pas rare que la Suède soit utilisée à l’étranger dans des débats de politique intérieure, qu’elle serve de punching-ball », affirme-t-elle à l’AFP.

Romandie.com avec(©AFP / 24 février 2017 17h34)             

États-Unis: Quand Donald Trump invente un acte terroriste en Suède

février 19, 2017

Il est dangereux d’accueillir des réfugiés : la preuve, la Suède, pays accueillant, vient de subir un attentat, a expliqué samedi soir le président américain à ses supporteurs.

Le président américain, Donald Trump, en Floride, samedi soir 18 février 2017.

Le président américain, Donald Trump, en Floride, samedi soir 18 février 2017. GREGG NEWTON / AFP
Le président américain a expliqué devant ses partisans, samedi 18 février en Floride, qu’il était dangereux d’accueillir des réfugiés. Pour étayer son propos, Donald Trump a même voulu en fournir la preuve séance tenante : la Suède, pays particulièrement accueillant, vient de subir un attentat, dit-il. Problème, cet attentat n’a jamais eu lieu.

« Regardez ce qui se passe en Allemagne, regardez ce qui s’est passé hier soir en Suède. La Suède, qui l’aurait cru ? La Suède. Ils ont accueilli beaucoup de réfugiés, et maintenant ils ont des problèmes comme ils ne l’auraient jamais pensé », a-t-il lancé, dans un discours virulent en Floride, en défense de sa politique anti-réfugiés. Il a également cité les attentats, réels ceux-là, de Bruxelles, Nice et Paris.

Dimanche après-midi, M. Trump a tweeté : « Ma déclaration sur ce qui se passe en Suède se référait à un reportage diffusé sur [la chaîne conservatrice, ndlr]@FoxNews sur les immigrés et la Suède ».

Une explication intervenue après que le ministère suédois des affaires étrangères a activé son ambassade à Washington pour en savoir plus. « Nous avons contacté le [département d’Etat] américain pour comprendre et obtenir clarification », a déclaré à l’AFP Catarina Axelsson, une porte-parole de la diplomatie suédoise.

L’ambassade de la Suède aux Etats-Unis a également botté en touche, expliquant dans un tweet, ne pas comprendre ce à quoi M.Trump faisait référence, et avoir demandé des explications aux autorités américaines.

Hors du milieu feutré de la diplomatie, les railleries sont allées bon train, notamment sur les réseaux sociaux. Très vite, la fausse information a fait le tour de Twitter, sous les hashtags #lastnightinSweden (hier soir en Suède) et #SwedenIncident (incident en Suède).

« La Suède ? Un attentat ? Qu’est-ce qu’il a fumé ? »

L’ex-premier ministre suédois Carl Bildt a ouvert le feu : « La Suède ? Un attentat ? Qu’est-ce qu’il a fumé ? ». Gunnar Hokmark, un eurodéputé suédois, a retweeté un message d’un compatriote disant : « Hier soir en Suède, mon fils a laissé tomber son hot-dog dans le feu de camp. C’est tellement triste. » « Mais comment [Trump] a-t-il pu le savoir ? » se demande le député dans son commentaire.

D’autres tweets se moquent de M. Trump, publiant sous l’appellation de « plan secret pour un attentat en Suède »… des instructions de montage de meubles Ikea.

Le site officiel national@sweden, qui est tenu chaque semaine par un citoyen suédois différent, a reçu quelque 800 questions en quatre heures. « Non. Rien de ce genre ne s’est passé en Suède. Il n’y a pas eu d’attaque terroriste. Du tout », a répondu la responsable de la semaine, une bibliothécaire mère de famille.

Ce n’est pas la première fois que des membres de l’administration Trump font référence à des attaques terroristes inexistantes – expliquées ensuite par des lapsus. Ainsi la conseillère de Donald Trump, Kellyanne Conway – qui a inventé la notion de « faits alternatifs » –, a fait allusion au « massacre de Bowling Green » lors d’une interview. Elle a expliqué ensuite qu’elle voulait parler des « terroristes de Bowling Green », deux Irakiens inculpés en 2011 pour avoir tenté d’envoyer de l’argent et des armes à Al-Qaida.

Et le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, a parlé trois fois en une semaine de l’attentat d’Atlanta (Géorgie), avant de se souvenir que celui-ci avait en réalité eu lieu à Orlando, en Floride.

Lemonde.fr avec AFP