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Le Premier ministre libanais annonce la démission de son gouvernement

mars 22, 2013

BEYROUTH – Le Premier ministre libanais Najib Mikati a créé la surprise en annonçant vendredi la démission de son cabinet, en place depuis juin 2011, et en préconisant la mise sur pied d’un gouvernement de salut national.

Cette démission ouvre une période d’incertitude dans ce pays au moment où son voisin, la Syrie, ancienne puissance tutélaire, est ravagée par une guerre civile dont les répercussions se font sentir au Liban.

J’annonce la démission du gouvernement en espérant que cela fera prendre conscience aux principaux blocs politiques au Liban de la nécessité d’assumer leurs responsabilités et de faire preuve de cohésion pour éviter l’inconnu au Liban, a-t-il dit aux journalistes à l’issue d’un conseil des ministres marqué par de profondes divisions.

Ce sunnite de 57 ans, qui dirigeait un cabinet dominé par le mouvement chiite Hezbollah, a appelé à la formation d’un gouvernement de salut national où toutes les forces politiques libanaises seront représentées afin de sauver la patrie et suivre les évènements régionaux dans un grand esprit de responsabilité collective.

Paradoxalement, ce n’est pas le conflit syrien, dont le Liban avait décidé dès le début de se distancier, qui l’a poussé à jeter l’éponge mais des problèmes intérieurs.

M. Mikati a confié à la presse avoir pris sa décision en raison des divergences au sein du cabinet sur l’organisation des élections législatives en juin prochain et sur la prolongation du mandat du chef des Forces de sécurité intérieures (FSI, police), le général Achraf Rifi, dont le mandat se termine à la fin du mois.

Les partis chrétiens voudraient changer la loi électorale datant de 1960 car ils l’estiment défavorables à leur communauté. Selon eux, les circonscriptions actuelles favorisent les musulmans qui, plus nombreux, peuvent choisir les députés chrétiens qui leur conviennent.

Le Liban compte un tiers de chrétiens, un tiers de sunnites et une tiers de chiites mais le Parlement compte 128 députés répartis en moitié de chrétiens et moitié de musulmans.

Le changement de la loi divise donc profondément le pays. Jusqu’à présent, personne n’a trouvé une solution consensuelle et le temps presse.

Pour M. Mikati, un sunnite de Tripoli (nord), le plus important est que les élections se tiennent à la date prévue pour, dit-il, donner du sang nouveau à la politique libanaise.

Favorable de fait à la loi actuelle et constatant qu’une nouvelle loi ne pourrait pas être rédigée dans les délais impartis’, il a donc proposé vendredi à la réunion du cabinet la mise sur pied d’une commission de supervision des élections mais il n’a pas été suivi par ses ministres.

Autre point important, la prolongation du mandat du général Rifi, qui aura 60 ans en avril et doit donc partir à la retraite. Or les FSI sont un bastion sunnite, plutôt favorable au mouvement du 14 mars conduit par Saad Hariri et qui est hostile au régime syrien de Bachar al-Assad.

Dans quelques jours, une grande institution de sécurité risque de sombrer dans le vide car son directeur général doit prendre sa retraite. J’avais trouvé important dans cette phase délicate qu’il continue dans ses fonctions car c’est une obligation nationale imposée par des considérations sécuritaires mais j’ai constaté que le Conseil des ministre ne me suivait pas dans cette voie, a-t-il dit.

M. Mikati avait déjà fait part à deux reprises de son désir de démissionner, notamment après l’assassinat du chef de services de renseignements de la police libanaise Wissam al-Hassan, le 19 novembre, mais le chef de l’Etat et les grandes puissances, notamment les Etats-unis, l’avaient incité à rester à son poste.

Désormais ce gouvernement va désormais gérer les affaires courantes.

Romandie.com avec (©AFP / 22 mars 2013 21h30)

Religion : l’élection du pape François, une bonne nouvelle pour le monde musulman ?

mars 15, 2013

Manifestation en Turquie en 2006 après les propos polémiques de Benoît XVI. Manifestation en Turquie en 2006 après les propos polémiques de Benoît XVI. © AFP

Après les propos polémiques de Benoît XVI sur l’islam, l’élection d’un nouveau pape, le 13 mars, suscite un certain espoir dans le monde musulman.

L’élection d’un nouveau pape suscite dans le monde musulman beaucoup d’attentes quant à l’amélioration des rapports avec le Vatican. Le Turc Ekmeleddin Ihsanoglu, secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), qui regroupe 57 pays, a exprimé « le vif espoir de voir les relations entre l’islam et la chrétienté redevenir cordiales et marquées par l’amitié sincère. (…) En ce moment historique, l’OCI renouvelle son appel formulé depuis huit ans à une réconciliation historique entre l’islam et la chrétienté », ajoute dans un message l’organisation basée à Jeddah, en Arabie saoudite.

« Nous espérons de meilleures relations avec le Vatican après l’élection du nouveau pape, pour le bien de l’humanité tout entière », a également déclaré de son côté Mahmoud Azab, conseiller pour le dialogue interreligieux du grand imam d’Al-Azhar (le plus important centre théologique sunnite), Ahmad al-Tayyeb. Il a toutefois laissé entendre que le nouveau chef de l’Église catholique serait jugé sur pièces. « Dès qu’apparaîtra une nouvelle orientation, nous reviendrons au dialogue avec le Vatican qui avait été suspendu début 2011 », a-t-il souligné.

Visite de mosquée

En 2006, le discours de Benoît XVI à Ratisbonne (sud de l’Allemagne) dans lequel il semblait associer l’islam à la violence, avait provoqué des manifestations dans des pays musulmans. Le souverain pontife avait tenté de réparer ce faux-pas en visitant la mosquée Sultan Ahmet à Istanbul. Dans l’histoire pontificale, il s’agissait de la deuxième entrée officielle d’un pape dans une mosquée. Le dialogue avec Al-Azhar avait repris en 2009, avant d’être de nouveau interrompu après un appel du pape à protéger les minorités chrétiennes, suite à un attentat-suicide contre une église d’Alexandrie en Égypte, dans la nuit du 31 décembre 2010 au 1er janvier 2011. Al-Azhar avait vu dans ces déclarations sur les chrétiens d’Orient des « attaques répétées contre l’islam ».

« Un rétablissement de bonnes relations entre le monde musulman et le Vatican dépend de la personnalité du nouveau pape, de sa pensée et de sa vision pour le rapprochement entre les religions et les peuples », estime Ali Bakr, spécialiste des mouvements islamistes du centre d’études stratégiques d’al-Ahram au Caire.

Salafisme et dialogue

Depuis les soulèvements du Printemps arabe en 2011, les chrétiens d’Orient, notamment en Égypte, ont exprimé de vives craintes face à la progression des salafistes, tenants d’un islam rigoriste et d’une application stricte de la charia (la loi islamique). Chaabane Abdel Alim, un dirigeant du principal parti égyptien de cette obédience, al-Nour, a toutefois assuré, au lendemain de l’élection du pape François : « En tant que salafistes, nous ne sommes pas contre le dialogue (avec le Vatican), au contraire nous l’accueillons favorablement. »

Georges Fahmi, un chercheur de confession copte du centre d’études politiques du Caire Al-Badaël (les alternatives), affirme quant à lui que le nouveau pape devrait « faire prévaloir les valeurs communes de l’islam et du christianisme » pour favoriser « un retour au dialogue ». L’Égypte compte la plus vaste communauté chrétienne du Moyen-Orient, les Coptes, dans leur immense majorité des orthodoxes mais dont une petite partie est liée à l’Église de Rome.

Jeuneafrique.com avec AFP