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Congo/20 mars 2016 : Mascarade électorale

mars 19, 2016

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Élection anticipée et manifestations réprimées

 

Denis Sassou N’Guesso, déjà sur le podium des dictateurs françafricains les plus criminels, concourt aussi pour le prix de la longévité au pouvoir, avec déjà plus de 30 ans à la tête de l’Etat. La Constitution adoptée en 2002 pour donner un vernis de légalité à un pouvoir maintenu par la force concédait quelques limites au « mandat présidentiel ». Depuis 2014, son parti-Etat, le Parti congolais du travail (PCT) travaillait à modifier cette dernière pour permettre officiellement la candidature du tyran. Cette nouvelle constitution, abrogeant la restriction du nombre de mandats à deux et celle de l’âge maximum des candidats à 70 ans, est promulguée le 6 novembre 2015 à l’issue d’un référendum unanimement considéré comme frauduleux.

Le gouvernement annonce sans rire que le OUI l’emporte à 92,96% des voix, avec une participation de 72%, alors même qu’une forte abstention a été observée dans les bureaux de vote, suite à un appel au boycott de la part de l’opposition. Pour profiter d’une situation très favorable (opposition morcelée, communauté internationale – au mieux – aphone), Sassou décide d’avancer les élections présidentielles, prévues à l’été 2016, au 20 mars.

À l’annonce du référendum, le gouvernement fait face à une vive contestation populaire, qui perçoit ce référendum truqué comme l’instrument d’un coup d’État constitutionnel. Ces manifestations pacifiques seront violemment réprimées par les forces de l’ordre. Le 20 octobre 2015, cinq jours avant le référendum, police et gendarmerie tirent à balles réelles pour disperser les manifestations.

Au 17 décembre 2015, un bilan partiel minimal des victimes des forces de l’ordre pendant la période autour du référendum, en particulier les 20 et 21 octobre, est de 46 personnes décédées dont 43 identifiées, 69 personnes blessées identifiées, entre 4 et 20 personnes disparues1. Le gouvernement parle quant à lui de 4 morts. Denis Sassou Nguesso a tout fait pour empêcher que ne soit dressé un bilan.

Cette répression touche également les opposants politiques et les représentants de la société civile qui subissent arrestations extra-judiciaires, intimidations et violences. C’est dans ce cadre de coup d’État constitutionnel et de violence des forces de l’ordre à l’égard de la population civile, que se pose la question des relations diplomatiques, politiques et militaires entre la France et le Congo.

Dans un contexte préélectoral tendu, la France se distingue par son silence diplomatique et le maintien, voire le renforcement, de sa coopération militaire, ce qui amène à s’interroger sur sa possible implication et sa responsabilité dans la nouvelle vague de répression qui a lieu depuis octobre.

 

Survie.org

Le FPI confie sa survie à Bédié

juillet 15, 2011

Il ne faut toujours pas juger les politiciens, notamment africains, sur leurs discours et leur apparence, mais plutôt sur les actes qu’ils posent. Car, contrairement à ce que l’on peut penser ou croire, ils ne peuvent toujours pas être à l’endroit où le commun des militants les attend. Et le Fpi dont les dirigeants sont incarcérés ou assignés à résidence, vient de le démontrer, éloquemment, en allant confier pratiquement sa survie à Aimé Henri Konan Bédié, son farouche adversaire.

Sans bruit, le Front populaire ivoirien ( Fpi), déchu du pouvoir d’Etat le 11 avril 2011, à travers Odette Lorougnon ( Offpi), Sébastien Dano Djédjé ( ancien ministre de la réconciliation nationale et Ahité Kouassi, directeur de cabinet de Mme Lorougnon a été reçu, dans le secret de la résidence de Bédié à Daoukro, le mercredi 13 juillet 2011, par l’ancien président de la République.

Officiellement, cette délégation du parti de Gbagbo est allée « remercier Bédié pour son rôle joué dans la libération des 17 cadres du Fpi » qui étaient détenus à la nouvelle Pergola. Le Fpi, qui a estimé que Bedié s’est montré digne et républicain à la tête du pays, lui a donc confié des doléances, priant celui-ci « d’intervenir auprès du chef de l’Etat, SEM Alassane Ouattara, en vue d’obtenir la libération de son jeune frère Laurent Gbagbo et de son fils Michel en résidence surveillée à Bouna ».

Dano Djédjé et sa suite ont par ailleurs sollicité l’appui de Bédié pour le retour au pays des personnalités Fpi exilées, selon une source citée par un confrère de la place proche du Pdci-Rda. Le Fpi, en allant plaidé pour la libération de son mentor et de ses cadres, veut se remettre d’aplomb pour aborder les prochaines échéances électorales. Dano Djédjé et Odette Lorougnon, député d’Attecoubé et présidente de la structure féminine du parti de Gbagbo, au-delà de tout, veulent sauver l’essentiel, c`est-à-dire le parti.

C’est pourquoi, ils se sont engagés pour la sauvegarde, voire pour la survie du parti, qui, il faut le dire, est en plein gâchis depuis la chute de Gbagbo.

Soir Info par A.B.DEPEYL