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Sahara : l’Algérie suspend le traité d’amitié avec l’Espagne

juin 8, 2022

En réaction au soutien de Madrid au plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental, la présidence algérienne suspend, avec effet immédiat, le traité d’amitié signé en octobre 2002 avec l’Espagne.

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune. © RYAD KRAMDI/AFP

Le torchon brûle entre Alger et Madrid. Les autorités algériennes ont annoncé, ce 8 juin, la suspension « immédiate » du traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération qu’elle a conclu le 8 octobre 2002 avec le royaume d’Espagne. À l’origine de cette brouille, la décision de Madrid de soutenir le plan du Maroc pour le Sahara occidental.

« Revirement injustifiable »

« Les autorités espagnoles se sont engagées dans une campagne tendant à justifier la position qu’elles ont adoptée sur le Sahara occidental en violation de leurs obligations juridique, morale et politique de puissance administrante du territoire qui pèsent sur le royaume d’Espagne jusqu’à ce que la décolonisation du Sahara occidental soit déclarée accomplie par les Nations unies », a indiqué le communiqué de la présidence, repris par l’agence officielle APS.

« Ces mêmes autorités, qui assument la responsabilité d’un revirement injustifiable de leur position depuis les annonces du 18 mars 2022 par lesquelles le gouvernement espagnol actuel a apporté son plein soutien à la formule illégale et illégitime de l’autonomie interne préconisée par la puissance occupante, s’emploient à promouvoir un fait accompli colonial en usant d’arguments fallacieux », a ajouté le communiqué.

« Cette attitude du gouvernement espagnol s’inscrit en violation de la légalité internationale que lui impose son statut de puissance administrante et aux efforts des Nations unies et du nouvel envoyé personnel du secrétaire général et contribue directement à la dégradation de la situation au Sahara occidental et dans la région », poursuit la présidence de la République.

« En conséquence, l’Algérie a décidé de procéder à la suspension immédiate du Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération qu’elle a conclu le 8 octobre 2002 avec le royaume d’Espagne et qui encadrait jusqu’ici le développement des relations entre les deux pays. »

Le 19 mars, moins de vingt-quatre heures après l’annonce du soutien du gouvernement espagnol au plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental, l’ambassadeur d’Algérie en Espagne, Saïd Moussi, a été immédiatement rappelé à Alger.

Avec Jeune Afrique

Centrafrique : la BAD suspend toutes ses activités dans le pays

mai 13, 2022

La Banque africaine de développement (BAD) a suspendu toutes ses activités en République centrafricaine, selon des informations rendues publiques par des médias locaux, le 10 mai.

Une série de réunions avec les autorités centrafricaines a été organisée. Au menu des échanges, les différentes prises de position officielles des autorités centrafricaines vis-à-vis des institutions financières régionales et africaines. En un mot, l’adoption de la cryptomonnaie comme une monnaie légale en République centrafricaine serait la principale cause de cette crispation.

Pour la BAD, il est pratiquement impossible de travailler dans de telles conditions. En d’autres termes, toutes les activités financées par la BAD en République centrafricaine n’ont plus d’issues et sont simplement suspendues jusqu’à nouvel ordre.

C’est le cas du projet d’appui à la modernisation de l’aéroport international de Bangui Mpoko, financé à hauteur de 11 millions d’euros par la BAD. Les travaux de ce projet sont d’ores et déjà suspendus. De même que ceux du projet de développement du corridor de transport multimodal Pointe-Noire-Brazzaville-Bangui-N’Djamena, financés aussi par la BAD à hauteur de plus de 60 milliards FCFA.

D’autres projets financés par cette banque en Centrafrique sont également suspendus. Pour cette institution financière africaine, « l’Etat centrafricain est déjà en faillite. Donc il est plus que nécessaire de revoir les choses et demander à l’État centrafricain plus de garanties quant au remboursement des fonds alloués ».

Rappelons que récemment, le ministre des Finances, Hervé Ndoba, avait jugé « très alarmant l’état des finances publiques » et annoncé en même temps des coupes de 40 à 60% dans le budget de certains ministères.

« Cette annonce du premier comptable public centrafricain, associée à l’adoption du Bitcoin par le président Faustin Archange Touadera comme monnaie légale dans le pays, oblige les autres Etats de l’union monétaire avec le pays à prendre leur distance, s’apparentant, sans doute, à une déclaration de faillite », estiment les experts.

Avec Adiac-Congo par Yvette Reine Nzaba

Canada: Les visites dans les hôpitaux de l’Outaouais suspendues jusqu’à nouvel ordre

avril 15, 2022

En tout, six hôpitaux sont touchés par cette nouvelle mesure, dont l’Hôpital de Hull (archives). Photo: Radio-Canada/Félix Desroches

Faisant face à la sixième vague de la pandémie de COVID-19, le Centre intégré de santé et des services sociaux (CISSS) de l’Outaouais a pris la décision de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, les visites dans les hôpitaux de l’Outaouais.

Seuls les proches aidants pourront visiter les patients et les assister. Ils devront respecter certaines mesures sanitaires.

Le Centre intégré de santé et de services sociauxCISSS de l’Outaouais a précisé dans un communiqué de presse vendredi que cette décision a été prise afin d’assurer une protection de nos usagers les plus vulnérables, des travailleurs de la santé et de la population.

Lors d’un court point de presse, la chef du service de prévention et contrôle des infections au Centre intégré de santé et de services sociauxCISSS de l’Outaouais, Émilie Delisle, a expliqué que cette décision a été prise en raison des éclosions qui s’ajoutent dans les différents hôpitaux de la région.

On parle de 50 infections nosocomiales [maladies infectieuses contractées pendant une hospitalisation, NDLR]. Il y a plusieurs unités touchées, notamment à l’Hôpital de Hull.

Les restrictions sur les visites ne s’appliquent pas dans les Centre d’hébergement et de soins de longue duréeCHSLD et dans les résidence privée pour aînésRPA de l’Outaouais, même si certains de ces établissements sont aux prises avec des éclosions de COVID-19.

En tout, six hôpitaux sont touchés par cette nouvelle mesure, c’est-à-dire ceux de Gatineau, de Hull, de Papineau, de Maniwaki, de Shawville et de Wakefield.

Émilie Delisle a ajouté que la mesure s’appliquait également à l’Hôpital en santé mentale Pierre-Janet.

Nous remercions la population de leur collaboration, a fait savoir le Centre intégré de santé et de services sociauxCISSS de l’Outaouais vendredi matin.

Se sentir en sécurité à l’hôpital

Le président du Conseil pour la protection des malades, Paul Brunet, ne s’est pas opposé à la décision. Selon lui, il est essentiel que chaque patient qui met les pieds dans un hôpital doive se sentir en sécurité.

Si les autorités disent qu’il y a des éclosions, je suis porté à les appuyer dans ces circonstances particulières.

Lorsque M. Brunet parle de circonstances particulières, il est question du très contagieux sous-variant BA.2 et des autres grippes qui montent également. Il faut dire aux gens de limiter les visites, d’abord pour leur protection, mais surtout pour celle d’un proche plus vulnérable.

Le président du Conseil pour la protection des malades, Paul Brunet (archives). PHOTO : RADIO-CANADA

Les visites demeurent autorisées à Montford

De l’autre côté de la rivière des Outaouais, l’Hôpital Montford a précisé que sept patients atteints de la COVID-19 sont hospitalisés à l’heure actuelle. Aucune éclosion n’est en cours, a fait savoir une porte-parole par courriel.

Nous savons à quel point la présence d’un proche contribue au bien-être d’un patient. Pour l’instant, les visites demeurent autorisées, selon certaines restrictions. Nous continuons d’exiger une preuve de vaccination complète des visiteurs. Évidemment, le port du masque est obligatoire en tout temps dans l’hôpital.

L’Hôpital Montfort va surveiller la situation de près (archives). Photo : Radio-Canada/Jonathan Dupaul

Les dirigeants de l’Hôpital Montfort vont cependant demeurer attentifs à l’évolution de la situation.

Radio-Canada avec les informations de Rémi Authier

Mali : les sanctions de l’Uemoa contre Bamako suspendues

mars 24, 2022

Goodluck Jonathan et Assimi Goïta à Bamako, le 23 août 2020. © H.DIAKITE/EPA/MAXPPP

Face à un Assimi Goïta qui refuse de céder le pouvoir, les chefs d’État ouest-africains avaient pris des sanctions fortes contre Bamako le 9 janvier dernier. Celles-ci viennent d’être suspendues par la Cour de justice de l’Uemoa.

C’est une décision qui change la donne pour le Mali et redistribue les cartes entre Assimi Goïta et les chefs d’État ouest-africains. Alors que ce vendredi 25 mars, la Cedeao tient un sommet extraordinaire à Accra, la cour de justice de l’Uemoa vient de suspendre les sanctions économiques adoptées contre le Mali le 9 janvier.

Face à la volonté d’Assimi Goïta de se maintenir cinq années supplémentaires au pouvoir, les chefs d’État ouest-africains avaient décidé de mesures dures : le gel des avoirs du Mali à la banque centrale commune aux huit États membres de l’Uemoa, celui des entreprises publiques et des organismes parapublics maliens, la suspension du pays de toute assistance financière des institutions internationales…

Recours

Des sanctions contestées par l’État malien qui a diligenté un collectif d’avocats pour les faire annuler. Le 21 février dernier, ils ont déposé deux recours dénonçant leur « illégalité absolue ». Ils viennent donc d’obtenir gain de cause.

Bamako a notamment fait valoir que les textes de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) prévoient qu’elle ne peut solliciter ni recevoir de directives ou d’instructions des institutions ou organes communautaires, des gouvernements des États membres de l’Uemoa, de tout autre organisme ou de toute autre personne. Elle ne peut donc être utilisée pour asphyxier un État membre.

Position de force

Cette décision n’est pas définitive, souligne un ancien magistrat malien, car elle n’est que « suspensive ». « Cela ne présage pas de la décision définitive que prendra la Cour de justice de l’Uemoa », précise-t-il.

Reste qu’elle est une première victoire de taille pour la junte tant les sanctions mettent le pays en difficulté économique. « À la veille du sommet du 25 mars, cette ordonnance met le régime malien en position de force face aux chefs d’État de la Cedeao », commente un diplomate basé à Bamako.

Exceptionnellement invité, Assimi Goïta a choisi, selon nos informations, de ne pas se rendre au sommet extraordinaire de la Cedeao. Dans un courrier transmis à la Commission de la Cedeao, le président de la transition marque seulement sa « disponibilité à interagir par visioconférence » avec les chefs d’État ouest-africain. Il a annoncé dépêcher Abdoulaye Diop, le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Maïga, le ministre de l’Administration territoriale et porte-parole du gouvernement, Ibrahim Ikassa Maïga, le ministre de la Réforme de l’État et Fatoumata Sékou Dicko, la ministre chargé des réformes politiques et institutionnelles pour représenter le Mali. Signe qu’aucun accord décisif ne pourra avoir lieu durant le sommet.

Avec Jeune Afrique par Anna Sylvestre-Treiner et Fatoumata Diallo

Mali : les journalistes sous pression

mars 22, 2022
La presse malienne se déchire pour savoir s’il faut ou non traiter de certains sujets sécuritaires (photo d’illustration) A man buys a newspaper whose headlines announce a major drawdown of France’s military presence in the Sahel, where forces have been battling jihadist insurgents for nearly a decade, in Bamako on June 11, 2021. – French President announced on June 10, 2021 that the existing Barkhane operation would end, with France’s presence becoming part of the so-called Takuba international task force in which « hundreds » of French soldiers would form the « backbone » © ANNIE RISEMBERG/AFP

Suspensions de médias étrangers, attaques contre la presse malienne, défense d’un journalisme « patriotique » soutenant les autorités… À Bamako, la liberté d’informer est de plus en plus menacée.

Jeudi 17 mars, les autorités maliennes ont suspendu la diffusion de RFI et de France 24 pour des reportages mettant en cause l’armée dans des exactions visant des civils. Un mois plus tôt, l’envoyé spécial de Jeune Afrique était expulsé du pays, faute de détenir une accréditation dont le gouvernement a gelé le processus d’obtention. Depuis plusieurs mois, la pression s’est accrue sur les médias travaillant au Mali. Les correspondants de France 24 et de RFI, notamment, sont dans le viseur d’organisations réputées proches de la junte au pouvoir, comme le Collectif pour la défense des militaires (CDM), qui ont publié plusieurs communiqués appelant à renvoyer ces journalistes étrangers, qualifiés de « propagandistes » au service de l’État français.

Entre communiqués incendiaires, déversements de haine sur les réseaux sociaux, convocations au ministère de la Communication ou encore appels à faire du « journalisme optimiste » œuvrant à la « reconstruction du Mali », le travail des journalistes étrangers a largement été commenté. Celui des médias maliens, beaucoup moins.

Rédactions « à couteaux tirés »

Pourtant, dans ce climat d’intimidation, la presse locale fait face à un rétrécissement de sa liberté d’informer, menacée par des pressions qui poussent à l’auto-censure. « Au sein de la rédaction, les journalistes sont devenus beaucoup plus prudents dès qu’il s’agit de traiter un sujet portant sur la sécurité. Tout ce qui concerne l’armée malienne, qui est actuellement la question la plus délicate, suscite désormais le débat », explique un journaliste malien sous couvert d’anonymat.

Selon le reporter, les conférences de rédactions se déroulent désormais « à couteaux tirés » pour savoir s’il faut ou non traiter de certains sujets sécuritaires. Derniers exemples en date ? Une vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux montrant des corps calcinés dans le centre du pays et pour lesquels certaines sources locales mettent en cause la responsabilité des Forces armées maliennes (Fama). « Ces dernières semaines, il y a aussi eu l’assassinat de citoyens mauritaniens, le rapport de Human Rights Watch accusant l’armée d’exactions… Les débats ont été nourris au sein de la rédaction », explique le journaliste.

SI ON N’ENCENSE PAS L’ACTION DE L’ARMÉE MALIENNE OU DE LA TRANSITION, C’EST FORCÉMENT QU’ON EST CONTRE EUX

Dans de nombreuses rédactions maliennes, le fossé s’est élargi : d’un côté, ceux qui défendent le devoir du journalisme d’informer sans parti pris et refusent de passer sous silence certains événements. De l’autre, ceux qui souhaitent encourager « la montée en puissance » de l’armée prônée par les autorités et craignent que certaines informations mettant en cause les Fama ne démoralisent les troupes dans leur lutte contre le terrorisme.

« Journalisme patriotique »

« On nous dit aujourd’hui qu’il faut prendre partie, il n’y a plus de neutralité. Certains ont le sentiment que se joue une guerre de l’information et que les journalistes maliens doivent choisir leur camp. Si on n’encense pas l’action de l’armée malienne ou de la transition, c’est forcément qu’on est contre eux », constate notre source.

Une position manichéenne et contraire à la neutralité nécessaire au métier de journaliste, qui est notamment défendue par les organisations faîtières représentant les médias dans le pays. Ainsi, la Maison de la presse, dans un communiqué publié en janvier 2022, invitait à « plus de responsabilité, de professionnalisme et surtout de patriotisme dans le traitement de l’information ». Deux mois plus tard, suite à la suspension de RFI et de France 24, l’organisation a appelé à « œuvrer à soutenir les forces armées et de sécurité dans le noble combat contre le terrorisme » quand l’Union des journalistes du Mali dénonçait « sans réserve l’acharnement des médias étrangers contre notre armée nationale dans ce contexte très difficile pour notre pays ».

IL NE FAUDRA PAS ÊTRE SURPRIS DE VOIR DES DESCENTES POLICIÈRES DANS LES RÉDACTIONS ET DES FERMETURES DE JOURNAUX MALIENS

Si elles visent plutôt les médias étrangers, ces déclarations n’en sont pas moins une menace « à peine voilée » à destination de la presse malienne, estime un autre journaliste bamakois, qui, signe des temps, a lui aussi souhaité rester anonyme. « Ce qui se passe aujourd’hui avec RFIFrance 24 ou Jeune Afrique, ce n’est qu’une étape. La suivante visera les journalistes maliens », estime ce reporter qui, après dix ans de carrière, s’inquiète de l’avenir de la presse dans son pays.

« Demain, il ne faudra pas être surpris de voir des descentes policières dans les rédactions et des fermetures de journaux maliens. Il y a de quoi être pessimiste quant à l’avenir du journalisme critique dans notre pays, même s’il est objectif », anticipe-t-il.

Campagnes de haine sur les réseaux

S’il n’a pas reçu de menaces ou d’intimidations directes des autorités, ce journaliste observe les campagnes haineuses dont les journalistes maliens « à contre-courant de la tendance actuelle » font l’objet. Il pointe notamment les « vidéo-mans », des internautes anonymes qui créent et diffusent des montages vidéos, souvent diffamatoires et aux relents complotistes, ciblant la presse, l’armée française ou encore la Cedeao. « Ces vidéo-mans, que l’on soupçonne de travailler pour certaines personnalités au sommet de l’État, s’attaquent particulièrement aux journalistes qui critiquent le gouvernement. Ils mènent des campagnes dans lesquelles on est qualifiés d’apatrides, de vendus, de Maliens qui n’aiment pas leur pays », explique notre interlocuteur.

Ces intimidations ont également un effet sur les sources des journalistes qui, par crainte de représailles, sont de plus en plus nombreuses à ne plus vouloir décrocher leur téléphone. « Certains ont peur d’être enfermés pour une opinion dissidente, d’autre craignent de faire l’objet d’une cabale dans l’opinion publique », analyse notre journaliste.

Un amoncellement d’obstacles qui rendent le travail au quotidien « très difficile », nous dit-il. D’autant que s’y ajoute une pression financière déjà forte. « L’aide publique à la presse n’est plus disponible depuis près de trois ans, confie un homme de médias. Et aujourd’hui, on observe des coupes importantes dans les abonnements de certaines administrations publiques, ce qui représente une perte de revenus importante et augmente la pression sur la ligne éditoriale de certains journaux. »

Avec Jeune Afrique

La Garde côtière canadienne prend ses distances de la Russie

mars 13, 2022
Le brise-glace moyen de la Garde côtière canadienne Henry Larsen à Allen Bay.

La Garde côtière canadienne fait partie des huit organisations membres du Forum des gardes côtières de l’Arctique. Photo : La Presse Canadienne/Sean Kilpatrick

La Garde côtière canadienne suspend sa participation au Forum des gardes côtières de l’Arctique, où elle collaborait notamment avec la Russie et six autres pays nordiques.

Il aura fallu plus de deux semaines d’invasion russe en Ukraine pour que l’organisation prenne une décision sur son implication au sein du forum de coopération, auquel participent également les gardes côtières du Danemark, de la Suède, de l’Islande, de la Finlande, de la Norvège, des États-Unis et de la Russie.

Compte tenu de l’invasion non provoquée de l’Ukraine par la Russie, la Garde côtière canadienne suspend sa participation au Forum des gardes côtières de l’Arctique, a confirmé une porte-parole dans un courriel transmis à Radio-Canada. La décision finale a été prise vendredi.Un bateau navigue des eaux glacées.

La Garde côtière canadienne assure une présence dans l’Arctique pour le Canada. Photo : Getty Images/Clément Sabourin/AFP

Malgré son retrait, la Garde côtière canadienne veut maintenir sa collaboration avec les six autres états arctiques dans l’avenir, a-t-on ajouté.

Des discussions sont en cours avec des États partageant les mêmes idées, pour voir comment cette collaboration peut se poursuivre, explique-t-on. Nous sommes toujours convaincus qu’une collaboration constructive […] sur les questions de recherche et de sauvetage maritimes, et d’intervention environnementale dans l’Arctique est de grande utilité.

Le Forum des gardes côtières de l’Arctique est une organisation indépendante visant à favoriser une activité maritime sûre et respectueuse de l’environnement dans l’Arctique.

Diplomatie à l’arrêt

Cette annonce survient dans la foulée de la suspension des activités du Conseil de l’Arctique, une semaine plus tôt, et dont les états membres sont les mêmes que le Forum des gardes côtières. Les deux organisations travaillent d’ailleurs étroitement depuis la création du Forum, en 2015.

À l’instar du Conseil de l’Arctique, la présidence tournante du Forum était assurée par les Russes jusqu’en 2023. Des représentants des différentes gardes côtières s’étaient d’ailleurs réunis en Russie en octobre dernier.

Le Forum et le Conseil étant maintenant à l’arrêt, ce sont deux des principaux forums d’échanges diplomatiques dans l’Arctique qui sont aujourd’hui suspendus.

Avant l’invasion de la Russie en Ukraine, une exception arctique avait permis une bonne entente dans les régions circumpolaires, menant à la déclaration de Reykjavik en 2021. Les pays membres y soulignaient 25 années de collaboration soutenue dans l’Arctique.Les cinq navires participant à l'exercice Arctic Guardian, en septembre 2017. Au centre, le Pierre-Radisson de la Garde côtière canadienne

Les cinq navires participant à l’exercice Arctic Guardian, en septembre 2017. Au centre, le Pierre-Radisson de la Garde côtière canadienne. Photo: Courtoisie/Artic Coast Guard Forum

Recherche et sauvetage

Comme au Conseil de l’Arctique, où il n’est pas question de souveraineté ni de défense, les objectifs du Forum des gardes côtières sont davantage tournés vers la coopération. On y échange notamment sur les activités de recherche et sauvetage, de défense de l’environnement et de développement durable.

L’une des cibles est aussi de construire une image opérationnelle commune pour assurer des protocoles appropriés pour la coordination des interventions d’urgence et une navigation sûre. L’idée est d’assurer une bonne coordination et que chaque garde côtière connaisse bien son rôle en cas d’intervention conjointe dans les eaux arctiques.

La culture des gardes côtières diffère selon les États. La Garde côtière canadienne est de nature civile, alors que la Garde côtière russe, par exemple, est de culture militaire et relève du Service fédéral de sécurité (FSB).

Pour parfaire cette collaboration, le Forum tient des exercices pratiques en mer, soit le Arctic Guardian. Le dernier a eu lieu l’an dernier en Islande. La simulation portait sur une collision entre deux navires, dont un pétrolier.

Avec Radio-Canada par David Rémillard

Abramovitch sanctionné par le gouvernement britannique, la vente de Chelsea suspendue

mars 10, 2022
Abramovitch sanctionne par le gouvernement britannique, la vente de Chelsea suspendue
Abramovitch sanctionné par le gouvernement britannique, la vente de Chelsea suspendue© AFP/Ben STANSALL

La vente du club anglais de football de Chelsea se trouve suspendue par les sanctions annoncées jeudi par le gouvernement britannique contre son propriétaire russe Roman Abramovitch, en représailles à l’invasion russe de l’Ukraine.

Le propriétaire du club de Premier League (1e division anglaise) figure parmi sept riches et influents Russes proches du Kremlin ciblés jeudi par Londres.

Roman Abramovitch, 55 ans, avait jusqu’à présent été épargné par la vague de sanctions prises par le Royaume-Uni.

Il subit désormais un gel de ses avoirs, une interdiction de transactions avec des particuliers et des entreprises britanniques et une interdiction de voyager.

Première conséquence: la vente du club de Chelsea qu’il avait annoncée la semaine dernière anticipant de possibles sanctions, est en suspens.

Pour tempérer l’impact, le gouvernement a publié « une licence autorisant la poursuite d’un certain nombre d’activités » pour Chelsea qui pourra continuer à jouer des matchs et payer ses joueurs.

Cette licence n’autorise pas la vente du club mais le gouvernement pourra examiner une demande en ce sens, à une condition: « En aucun cas Roman Abramovitch ne pourrait tirer profit de cette vente », a déclaré un porte-parole du gouvernement. L’exécutif « est ouvert à la vente du club, mais cela nécessiterait une autre licence et des discussions avec le Trésor et d’autres ministères », a-t-il ajouté.

Chelsea a déclaré vouloir demander au gouvernement britannique de modifier la licence pour que le club puisse « fonctionner aussi normalement que possible ».

L’opérateur de téléphonie mobile Three a quant à lui annoncé la suspension de son partenariat avec le club, à qui il a notamment demandé la suppression « jusqu’à nouvel ordre » de son logo des maillots des joueurs et des abords du stade.

Le match prévu jeudi soir contre Norwich City se déroulera comme prévu, a annoncé la Premier League.

« Sang sur les mains »

Les autres oligarques sanctionnés jeudi sont le milliardaire et fondateur du géant de l’aluminium Rusal Oleg Deripaska, le directeur général du géant pétrolier russe Rosneft Igor Setchine, le président de la banque VTB – la deuxième plus grosse banque de Russie – Andreï Kostin, le PDG de la société énergétique Gazprom, Alexeï Miller, le président du poids lourd du pétrole et du gaz Transneft, Nikolai Tokarev et le président du conseil d’administration de Bank Rossiya Dmitri Lebedev.

« Les sanctions d’aujourd’hui montrent une fois de plus que les oligarques et les kleptocrates n’ont pas leur place dans notre économie ou notre société. Avec leurs liens étroits avec (le président russe Vladimir) Poutine, ils sont complices de son agression », a déclaré dans un communiqué la ministre britannique des Affaires étrangères Liz Truss. « Ils ont le sang du peuple ukrainien sur les mains. Ils devraient baisser la tête de honte. »

Roman Abramovitch a acheté Chelsea en 2003 pour 140 millions de livres (168 millions d’euros). Plusieurs acquéreurs potentiels se sont récemment manifestés, même si le prix de 3 milliards de livres (3,6 mds d’euros) que semblait espérer Abramovitch aurait été difficile à atteindre.

Avant de se résoudre à vendre, il avait essayé de sauver ce qui pouvait l’être en confiant fin février la gestion au quotidien du club aux six administrateurs de sa fondation caritative.

Il avait aussi promis que le « produit net » de la vente serait versé à une fondation au profit de « toutes les victimes de la guerre en Ukraine ».

Le gouvernement britannique a estimé la richesse de Roman Abramovitch à 9,4 milliards de livres sterling (10,7 milliards d’euros).

Hormis Chelsea, M. Abramovitch détient des participations dans le géant de l’acier Evraz – dont le cours de l’action a chuté jeudi à Londres avant d’être suspendu par l’autorité des marchés. Il détient aussi des parts dans la société russe Norilsk Nickel, spécialisée dans l’exploitation et la transformation du nickel et du palladium.

Un des autres oligarques sanctionnés, Oleg Deripaska, dont la fortune est estimée à deux milliards de livres, possède un portefeuille immobilier de plusieurs millions de livres au Royaume-Uni.

Ces sanctions s’inscrivent dans une série de mesures de représailles prises par le gouvernement britannique pour toucher l’économie russe, le Premier ministre Boris Johnson promettant d’être « impitoyable dans la poursuite de ceux qui permettent le meurtre de civils, la destruction d’hôpitaux et l’occupation illégale d’alliés souverains ».

Londres a déjà sanctionné plus de 200 des personnes, entités et filiales les plus importantes de Russie depuis l’invasion de l’Ukraine le 24 février.

Par Le Point avec AFP

McDonald’s, Coca-Cola et Starbucks suspendent leurs activités en Russie

mars 9, 2022

La chaîne McDonald’s a notamment un restaurant tout près du Kremlin. Photo : Reuters/Maxim Zmeyev

Ciblés par des critiques croissantes, les multinationales américaines McDonald’s, Coca-Cola et PepsiCo font partie des entreprises qui ont à leur tour annoncé, mardi, qu’elles suspendaient leurs activités en Russie, dans la foulée de l’invasion de l’Ukraine.

Elles ont été plus lentes à réagir que les entreprises occidentales de divers secteurs, mais leur couperet est tombé lourdement. Dans la seule journée de mardi, quatre géants américains de l’alimentation – Starbucks, McDonald’s, Coca-Cola, puis PepsiCo – ont tour à tour signalé en après-midi qu’ils coupaient, à divers degrés, temporairement les ponts avec la Russie, au 13e jour d’une guerre qui a propulsé les Ukrainiens dans une crise humanitaire d’une ampleur catastrophique.

Une décision qui s’inscrit dans un mouvement grandissant auquel se sont déjà ralliées de grandes entreprises comme Ikea, Apple, Samsung, Netflix, Nike, Visa, Mastercard, H&M, GM, BMW, Mercedes-Benz, Volvo, Toyota, Volkswagen, Chanel et Hermès.

Le conflit en Ukraine et la crise humanitaire en Europe ont causé des souffrances indicibles à des personnes innocentes. Nous nous joignons au monde pour condamner l’agression et la violence et prier pour la paix, a déclaré le PDG de McDonald’s, Chris Kempczinski, dans un courriel d’abord transmis au personnel et aux franchisés, puis publié sur le site web de la multinationale.

« Nos valeurs font en sorte que nous ne pouvons pas ignorer les souffrances humaines inutiles qui se déroulent en Ukraine. »— Une citation de  Chris Kempczinski, PDG de McDonald’s

S’il n’est pas isolé, le geste de McDonald’s apparaît particulièrement emblématique : l’entreprise américaine, symbole du capitalisme et du monde occidental, avait connu un succès immédiat avec l’ouverture de son premier restaurant à Moscou, en 1990, au crépuscule de l’URSS. Ses activités en Russie comptent pour 9 % de ses revenus.

Présente en territoire russe depuis une trentaine d’années, la société, dont l’enseigne y exploite, directement ou par ses franchisés, 850 succursales, dit servir des millions de clients chaque jour. La chaîne de restauration rapide y emploie 62 000 employés, qu’elle dit avoir l’intention de continuer de rémunérer.

À ce stade, il est impossible de prévoir quand nous pourrons rouvrir nos restaurants en Russie, ajoute le PDG, qui évoque entre autres des perturbations dans sa chaîne d’approvisionnement.

Au cours des derniers jours, la multinationale, à l’instar de Coca-Cola et de PepsiCo, faisait l’objet d’un appel au boycottage sur les réseaux sociaux en raison de son mutisme et de la poursuite de ses activités dans le pays de Vladimir Poutine.

Le contrôleur de l’État de New York, Thomas DiNapoli, qui supervise le fonds de pension de l’État, d’une valeur de 280 milliards de dollars américains, a même écrit à plusieurs entreprises pour les exhorter à mettre temporairement fin à leurs activités en Russie.

Une telle décision permettrait de prévenir divers risques d’investissement associés au marché russe et jouerait un rôle important dans la condamnation du rôle de la Russie dans l’atteinte fondamentale de l’ordre international, qui est vital pour une économie mondiale forte et saine, arguait-il, cité par l’agence Reuters, soulignant entre autres une possible atteinte à leur réputation.

Selon un recensement régulièrement mis à jour par un professeur de l’école de gestion de l’Université américaine Yale, près de 300 entreprises internationales, dont Canada Goose et Canadian Tire, se sont jusqu’ici retirées de la Russie.

Des athlètes canadiens qui tiennent des drapeaux du Canada.

McDonald’s annonce son retrait temporaire de la Russie. C’est une autre multinationale qui sanctionne ainsi Moscou, mais celle-ci a une signification particulière comme l’explique Mariève Bégin.

Une réaction en chaîne

Starbucks a emboîté le pas à la fameuse entreprise aux arches d’or et a annoncé la suspension de toutes ses activités commerciales en Russie, y compris la fermeture temporaire de ses 130 cafés et l’exportation de ses produits. Elle s’est de plus engagée à verser tous les profits tirés de ses activités en Russie à des opérations humanitaires en Ukraine.

La chaîne de café américaine a précisé dans un communiqué que le groupe koweïtien possédant la licence d’exploitation en Russie fournirait un soutien aux 2000 employés qui dépendent de Starbucks pour vivre.

Coca-Cola a elle aussi suspendu ses activités, mais elle continuera à surveiller et à évaluer la situation au fur et à mesure des circonstances, a-t-elle ajouté dans un communiqué laconique. Nos cœurs sont avec les personnes qui endurent des effets inadmissibles de ces événements tragiques en Ukraine, a soutenu la direction du géant des boissons gazeuses.

Au cours des derniers jours, des chaînes de supermarchés ukrainiens avaient pris la décision de retirer ses produits de leurs tablettes pour protester contre le maintien de ses activités dans le pays voisin.

Son concurrent PepsiCo a de son côté annoncé une pause dans la vente de ses boissons gazeuses, mais il a précisé qu’il continuerait de fournir à la population russe des aliments jugés essentiels, comme la poudre pour bébés.

General Electric a aussi signifié sur Twitter la suspension de ses activités en Russie, à quelques exceptions : elle continuera de fournir de l’équipement médical essentiel et des services d’électricité.

D’autres grandes entreprises ont annoncé des mesures similaires pendant la journée. C’est le cas du groupe français L’Oréal, de la société anglo-néerlandaise de l’agroalimentaire et des cosmétiques Unilever, du joaillier autrichien Swarovski et de l’horloger suisse Swatch Group.

Yum! Brands, la maison mère de Poulet frit KentuckyPFK et de Pizza Hut, avait annoncé lundi soir la suspension de tous ses investissements dans le pays, sans toutefois y cesser ses activités, essentiellement menées par des propriétaires indépendants sous franchise ou licence.

Ce nouveau développement constitue une mauvaise nouvelle de plus dans la journée pour Moscou, après la décision du président américain Joe Biden de mettre un frein aux importations de pétrole, de gaz et de charbon russes aux États-Unis et la volonté du géant pétrolier britannique Shell de se retirer « graduellement » du pétrole et du gaz russes.

C’est sans compter le train de sanctions sévères imposées par la communauté internationale à l’État russe et à de riches ressortissants. Selon la base de données de Castellum.ai, la Russie est désormais ciblée par plus de 2800 sanctions, ce qui en fait l’État visé par le plus grand nombre de sanctions, devant l’Iran, la Corée du Nord et la Chine.

Radio-Canada par Sophie-Hélène Lebeuf avec les informations de Agence France-Presse

Procès Sankara au Burkina Faso : le putsch de Damiba au secours de celui de Compaoré ?

mars 4, 2022
© Damien Glez

Pour les avocats des responsables présumés de la mort de Thomas Sankara, l’investiture du lieutenant-colonel à la présidence du pays démontre qu’un putsch ne constitue plus une infraction. Le procès est suspendu.

Aussi indolore semble-t-il devenu, le putsch militaire – sport politique national du Burkina Faso – est-il condamné à scander toujours la vie des Burkinabè sans que la justice ne fasse exception ? L’historique et médiatique procès de l’assassinat de Thomas Sankara – président arrivé au pouvoir à la faveur d’un coup d’État et renversé par un coup d’État – pourrait emprunter une déviation elle-même liée à… un coup d’État.

Aujourd’hui au banc des accusés, les putschistes compaoristes du 15 octobre 1987 (Gilbert Diendéré, Blaise Compaoré et Hyacinthe Kafando) paraissent proche d’être sauvés par ceux-là même qui enfoncèrent censément le dernier clou du cercueil de l’ère Compaoré en renversant l’ancien compaoriste Roch Marc Christian Kaboré.

Un coup d’État légalisé

Les avocats des trois accusés, contre lesquels sont requis plusieurs dizaines d’années de prison, ont obtenu le 3 mars la suspension du procès qui venait juste de reprendre. Leur argumentation est limpide : en validant cette semaine l’investiture du lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba à la présidence du pays, le Conseil constitutionnel a légalisé le coup de force du 23 janvier. Dès lors, tout putsch cesserait d’être une infraction au Burkina Faso, celui de Compaoré comme celui de Damiba. « Si l’attentat à la sûreté de l’État est devenu légal, je ne vois pas pourquoi nos clients sont poursuivis », conclut Me Olivier Somé.

Peut-on juger un coup d’État sous un régime issu d’un coup d’État ? L’exception d’inconstitutionnalité est-elle justifiée ? Sans doute gêné aux entournures, le Conseil constitutionnel dispose d’un délai d’un mois pour répondre à cette requête de la défense. Qui se contorsionne se contorsionnera…

« Catastrophe constitutionnelle »

Déjà en deuil de leur président Kassoum Kambou, décédé le 19 février, les sages vont devoir mettre en perspective leur habillage légal de la prise du pouvoir du Mouvement patriotique pour la sauvegarde de la restauration (MPSR) et la plaie béante de l’assassinat de l’icône « Thom Sank ». Noieront-ils le poisson de la requête dans les eaux du jargon judiciaire, eux qui savent à quel point la popularité de l’évènement de 2022 est inversement proportionnelle à celle du drame de 1987 ? Paraphraseront-ils la célèbre publicité burkinabè « Tôle, c’est pas tôle » en concluant « Putsch, c’est pas putsch » ?

Si le constitutionnaliste Abdoulaye Soma a qualifié la bienveillance du Conseil à l’égard du lieutenant-colonel Damiba de « catastrophe constitutionnelle », certains considèrent, selon le proverbe, que « lorsque le canari se casse sur sa tête, il faut en profiter pour se laver ». Dans une tribune parue 7 février dernier, le philosophe Kwesi Debrsèoyir Christophe Dabiré suggérait rien de moins que la légalisation des coups d’État en Afrique. À effet rétroactif ?

Damien Glez

Avec Jeune Afrique par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Conflit en Ukraine : le Conseil de l’Europe « suspend » la Russie

février 25, 2022
Les drapeaux de l'Ukraine, de la France et de l'Union européenne devant le ciel bleu.

L’hôtel de ville de Bordeaux, en France, montre son appui à l’Ukraine en affichant son drapeau vendredi matin. Photo : Getty Images/AFP/Thibaud Moritz

En réponse à l’invasion armée de l’Ukraine, le Conseil de l’Europe a annoncé la suspension toute participation des diplomates et délégués russes aux principales instances de l’organisation paneuropéenne « avec effet immédiat ».

Le Conseil de l’Europe est la principale organisation de défense des droits de l’homme sur le continent européen. Il comprend 47 États membres, dont plusieurs sont aussi membres de l’Union européenne.

Cette décision ne concerne toutefois pas la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), le bras judiciaire du Conseil de l’Europe, qui continuera d’offrir sa protection aux citoyens russes, a précisé l’organisation internationale dans un communiqué.

L’Union européenne (UE) a quant à elle réitéré qu’elle veut couper tous les liens entre la Russie et le système financier mondial, a affirmé vendredi le ministre français de l’Économie Bruno Le Maire. Nous voulons isoler financièrement la Russie […]. Notre objectif est de faire plier l’économie russe.

Parmi les sanctions contre la Russie, les 27 pays membres se sont entendus vendredi pour geler les avoirs du président Vladimir Poutine et de son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov dans l’UE, ont indiqué des sources européennes à l’AFP.

l’UE va limiter son accès aux marchés de capitaux européens et réduire son accès à des technologies cruciales en la privant de composants électroniques et de logiciels. Les transports, le secteur aéronautique, les semi-conducteurs, toutes les technologies sensibles de l’économie russe devraient être touchés, a assuré Bruno Le Maire.

La France va aussi offrir 300 millions d’euros destinés à l’octroi d’une aide financière de l’UE de 1,2 milliard d’euros à Kiev.

Le président Poutine a choisi de sortir l’Ukraine de la carte des États […]. La sécurité du président Zelensky est un élément central et Paris peut l’aider si nécessaire, a quant à lui affirmé le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

Une réponse « trop lente », selon Zelensky

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky juge toutefois « trop lente » la réponse de l’UE et demande qu’elle alourdisse ses sanctions contre la Russie. Comment allez-vous vous-mêmes vous défendre si vous êtes si lent à aider l’Ukraine?

« Annuler les visas pour les Russes? Déconnexion (du réseau interbancaire) Swift? Isolement total de la Russie? Rappel d’ambassadeurs? Embargo sur le pétrole? Aujourd’hui, tout doit être sur la table, car c’est une menace pour nous tous, toute l’Europe. »— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président ukrainien

Les dirigeants des 27 pays de l’UE n’ont toujours pas consenti à exclure la Russie du système d’échanges bancaires internationaux Swift.

Kiev avait exhorté les pays occidentaux à prendre cette dernière mesure, présentée par les experts comme une arme atomique financière, mais aussi susceptible de nuire à des acteurs économiques européens.

Certains États membres ont fait part de réserves, la France ne fait pas partie de ces États, a déclaré Bruno Le Maire, qui assure que la France est en faveur de l’exclusion de la Russie du système bancaire Swift.

La France a également tenté de convaincre le Bélarus de ne pas pencher du côté russe. Le Bélarus et son peuple méritent mieux que de devenir les complices et les vassaux d’un régime brutal qui a choisi de porter la guerre, sans aucune justification, au centre de l’Europe, à rebours de nos valeurs de liberté et de démocratie, a lancé le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, lors d’une rencontre avec la cheffe de l’opposition bélarusse Svetlana Tikhanovskaïa à Paris.

Plus tôt dans la journée, Poutine s’est dit prêt à à envoyer une délégation à Minsk, capitale du Bélarus, pour des pourparlers avec l’Ukraine.Des résidents de Kiev regardent le bâtiment complètement détruit.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky assure que les frappes russes visent des zones civiles à Kiev, la capitale. Photo : Getty Images/Chris Mcgrath

Le Royaume-Uni, la Pologne et la République tchèque répondent via l’espace aérien

Du côté britannique, le premier ministre Boris Johnson a contacté ses alliés de la Joint Expeditionary Force (JEF), qui regroupe dix États d’Europe du nord, dont les pays Baltes. Ils ont convenus que plus de sanctions étaient nécessaires, se concentrant notamment sur l’entourage proche du président Poutine, a précisé une porte-parole de Downing Street.

Plus tôt vendredi, Boris Johnson avait lors d’un appel avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky promis de renforcer le soutien à l’Ukraine. Londres a exclu tout envoi de soldats britanniques face aux soldats russes, mais s’est déjà dit prêt à fournir des armes défensives.

La Russie a annoncé vendredi qu’elle interdisait tous les avions liés au Royaume-Uni dans son espace aérien, à la suite de sanctions imposées par Londres à la compagnie aérienne russe Aeroflot en réaction à l’invasion russe.

L’interdiction concerne non seulement les vols à destination de la Russie, mais aussi ceux survolant le territoire russe, un espace clé reliant l’Europe à l’Asie, selon le communiqué du régulateur aérien russe Rosaviatsia.

IAG, la maison mère du transporteur British Airways, a annoncé que ses appareils ne survoleront plus l’espace aérien russe.

La Pologne et la République tchèque ont quant à elle annoncé vendredi la fermeture de leur espace aérien aux compagnies d’aviation russes, et ce, dès minuit.

« À partir de minuit aujourd’hui nous arrêtons le trafic de toutes les compagnies aériennes russes dans l’espace aérien tchèque. »— Une citation de  Martin Kupka, ministre tchèque des Transports, sur Twitter

La compagnie nationale polonaise LOT a par ailleurs annoncé la suspension dès vendredi après-midi de ses vols à destination de Moscou et de Saint-Pétersbourg.

Avec Radio-Canada