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Air France: menace de grève après le « débarquement » d’un commandant de bord

janvier 4, 2018

Les syndicats de pilotes d’Air France menacent d’une grève / © AFP/Archives / VANDERLEI ALMEIDA

L’ensemble des syndicats de pilotes d’Air France ont dénoncé jeudi le non-respect par la direction d’une « règle fondamentale » de l’aviation civile, qui confie « pour des raisons de sécurité » au commandant de bord effectuant un vol « la responsabilité de la mission », et menacé d’une grève jeudi prochain.

Dans un communiqué commun, les trois syndicats de pilotes d’Air France – SNPL, Spaf et Alter – dénoncent le « débarquement » mardi par la compagnie d’un commandant de bord qui avait refusé « pour des raisons de sécurité » d’effectuer un vol au départ de l’aéroport d’Orly « avec une composition d’équipage dégradée ».

En remplaçant « contre son gré » ce commandant de bord, la direction « a choisi, de manière inédite, de piétiner cette règle fondamentale », qui confie « au commandant de bord exécutant un vol, la responsabilité de la mission ». Elle « bafoue les dispositions du Code des transports et du Code de l’aviation civile relatives aux prérogatives des commandants de bord », estiment les syndicats.

Ils veulent que la direction « reconnaisse que cette décision n’était pas conforme au respect des prérogatives des commandants de bord » et « rappelle le périmètre de ces prérogatives à l’ensemble de l’encadrement ». Ils demandent aussi que soient modifiées des « dispositions litigieuses » du manuel d’exploitation d’Air France qui pourraient donner lieu à des « interprétations » concernant ces prérogatives.

Si « aucune réponse satisfaisante » n’est apportée, les trois syndicats « appelleront les pilotes à cesser le travail » le 11 janvier. Un préavis de grève devait être déposé dans la journée, a précisé à l’AFP Philippe Evain, président du SNPL.

Sollicitée, la direction d’Air France n’avait pas donné suite à la mi-journée.

Mardi, en l’absence d’un « chef de cabine qualifié » pour un vol au départ d’Orly, la direction a voulu « désigner un steward pour exercer cette fonction », c’est-à-dire « quelqu’un qui n’a pas l’étoffe pour ce rôle capital » en cas d’incident, d’évacuation, a expliqué M. Evain. Le pilote a, lui, demandé « un chef de cabine compétent » et proposé d’attendre « qu’il y en ait un de réserve disponible » et la direction l’a « débarqué », a-t-il ajouté.

Les pilotes « ne sauraient accepter d’exercer leur métier sous la pression d’un management qui fait passer les questions de rentabilité loin devant la sécurité des passagers, des membres d’équipage et des aéronefs », soulignent les syndicats.

Romandie.comavec(©AFP / 04 janvier 2018 13h40)                

Niger : le président Issoufou a rencontré les dirigeants des étudiants mécontents

avril 16, 2017

Niger: violentes manifestations d’élèves à Niamey © AFP

Le président du Niger, Mahamadou Issoufou, s’est entretenu samedi après-midi avec des syndicats des étudiants pour désamorcer la crise universitaire après la manifestation de lundi qui a fait un mort sur le campus de Niamey fermé depuis, a annoncé la radio publique.

« Nous avons rencontré le président de la république et des engagements ont été pris pour renouer le dialogue entre l’USN et le gouvernement », a affirmé à la radio Ousseïni Sambo, le secrétaire général du syndicat l’Union des scolaires nigériens (USN).

Renouer le dialogue 

Des sanctions vont être prises à l’encontre de responsables officiels, a-t-il souligné après la rencontre avec Mahamadou Issoufou qui, a-t-il ajouté, « a donné des instructions » en vue de la réouverture du campus universitaire, « peut-être lundi ».

Une autre rencontre est prévue avec « le Premier ministre, Brigi Rafini » pour « trouver des solutions adéquates » afin de satisfaire les revendications des étudiants, dont la construction de salles de cours et le versement des bourses, a-t-il expliqué. « Nous avons promis au président » d’agir dans « un esprit d’apaisement », a assuré Ousseïni Sambo.

Vendredi, le parquet a remis en liberté 83 manifestants arrêtés à Niamey, mais plusieurs autres responsables de syndicats d’étudiants ont été placés sous mandat de dépôt à la prison de la capitale, selon l’USN.

Un autre « engagement » obtenu à l’issue « des discussions avec le chef de l’Etat » est « la libération dans les prochains jours » de ces personnes « après avoir été entendues par la justice », a affirmé Ousseïni Sambo.

Un mort et 109 blessés

Lundi dernier, des centaines d’étudiants avaient manifesté à Niamey, paralysant la circulation à l’aide de pneus enflammés, de troncs d’arbres et de blocs de pierres, principalement sur la rive droite du fleuve Niger où se trouve l’université.

D’après un bilan officiel des manifestations rendu public mardi, 313 personnes ont été interpellées, dont 57 ont ensuite été libérées, et 109 blessées, 88 manifestants et 21 policiers.

Ce bilan a fait état du décès d’un « manifestant blessé suite à une chute », sans lien avec les « opérations de maintien de l’ordre » qui n’ont occasionné « aucune perte en vie humaine ».

Les autorités ont annoncé « l’ouverture d’une enquête » pour « déterminer les circonstances de cet accident mortel ».

L’USN a de son côté affirmé que la victime, Mala Bagalé, un étudiant en troisième année de sociologie, avait succombé après avoir été atteint par « une grenade lacrymogène ».

Jeuneafrique.com avec AFP

France/Loi Travail: la jeunesse dans la rue, une claque pour Hollande

mars 9, 2016

Environ 500 000 personnes défilaient à Paris le 4 avril 2006 contre la réforme du CPE. Ce mercredi, les organisations étudiantes appellent à la mobilisation contre la loi El Khomri.

Environ 500 000 personnes défilaient à Paris le 4 avril 2006 contre la réforme du CPE. Ce mercredi, les organisations étudiantes appellent à la mobilisation contre la loi El Khomri. AFP/OLIVIER LABAN-MATTEI

Ce mercredi, les syndicats étudiants appellent au rassemblement contre la réforme du code du travail. Un véritable symbole, alors que le président de la République avait promis d’agir prioritairement pour la jeunesse.

François Hollande s’était présenté comme le candidat de la jeunesse, porte-parole d’une génération « sacrifiée, abandonnée, reléguée », comme il l’avait martelé lors de son discours au Bourget, en janvier 2012. Mercredi, c’est bien cette même jeunesse qui promet de battre le pavé dans la France entière, pour dénoncer la teneur de la réforme du code du Travail.

EN DIRECT >> Manifestations contre la loi Travail et grève à la SNCF et la RATP 

Au sein de l’opposition, on rêve déjà que la loi subisse le même sort que le projet de création du Contrat première embauche, le CPE de sinistre mémoire pour Dominique de Villepin. En 2006, son gouvernement avait cédé à la pression de la rue en enterrant purement et simplement son dispositif. Les jeunes étaient déjà au coeur de la mobilisation.

François Hollande n’en est pas encore là. Depuis lundi, Manuel Valls s’efforce de dégonfler la polémique en recevant l’ensemble des partenaires sociaux, avec la promesse d’apporter des retouches à l’avant-projet de loi, avant sa présentation en Conseil des ministres le 24 mars prochain. Mais cette mobilisation étudiante, qui sert aujourd’hui de première revue des troupes, reste un marqueur fort.

Qui défile?

Le gouvernement va scruter de près la capacité de mobilisation des organisations étudiantes. Cette première manifestation va servir, aux dires de ses organisateurs, de tour de chauffe avant, notamment, le rendez-vous du 31 mars, qui visera lui à demander purement et simplement le retrait du projet. Entre-temps, les syndicats dits « réformistes », qui négocient une modification de certains points du texte, se retrouveront le 12 mars prochain pour faire pression sur l’exécutif.

Plusieurs représentants d’étudiants ont appelé à manifester. C’est le cas de l’Unef, premier syndicat étudiant, mais aussi de l’UNL et de la FIDL. Les jeunes socialistes ont eux aussi appelé au rassemblement, tandis que les syndicats FO, CGT et Solidaires, se retrouveront à midi devant le siège du Medef.

Un gouvernement coupé de sa jeunesse

Leur appel conjoint est le signe d’une rupture réelle entre François Hollande et la jeunesse. Le cas de l’Unef, aujourd’hui dirigé par William Martinet, un étudiant de 27 ans qui s’est notamment distingué lors de négociations avec le ministère de l’Enseignement supérieur sur la loi Fioraso, est éloquent.

En 2014, Les Inrocks révélait qu’il aurait largement été soutenu lors de sa prise de fonction par le député de la 9e circonscription des Français établis hors de France, Pouria Amirshahi. Celui-là même qui, ulcéré par la politique du gouvernement, a choisi de claquer la porte du PS la semaine dernière.

Le député entretient des liens très concrets avec l’Unef depuis plusieurs années. Il en a été le président de 1994 à 1998. L’an dernier, il a encore utilisé 10 000 euros de sa réserve parlementaire pour les reverser au premier syndicat étudiant de France. Il avait fait de même en 2013 et en 2014.

Pas moins parlante, la mobilisation des Jeunes socialistes, emmenés par Benjamin Lucas, tout récemment nommé à la présidence du « MJS ». Ce jeune homme de 25 ans s’était fait remarquer il y a 10 ans… pendant les manifestations anti-CPE.

Ce débat appartient aussi aux jeunes

Bon nombre de responsables politiques, à commencer par Xavier Bertrand, ne peuvent s’empêcher de faire le parallèle entre la situation d’aujourd’hui et celle vécue il y a dix ans par Dominique de Villepin. Elles sont pourtant différentes.

« On peut dénombrer au moins deux différences, relève pour L’Express le politologue Jérôme Sainte-Marie. Le CPE était directement lié à la question de l’entrée dans l’emploi. Il concernait directement les jeunes. Le fait que le projet de loi soit aujourd’hui porté par la gauche n’est pas anodin non plus. Il faut remonter à 1990 pour retrouver la trace d’une manifestation lycéenne d’ampleur contre un projet socialiste [contre la loi d’orientation du ministre de l’Éducation nationale de l’époque, Lionel Jospin, NDLR]. »

Les syndicats étudiants s’estiment tout de même concernés. « On a plus de la moitié des étudiants qui travaillent pour financer leurs études, relevait William Martinet en début de semaine dans Le Figaro (…) Et là, finalement ce qu’on leur explique avec ce projet de loi Travail, c’est que non seulement ils seront précaires pendant leurs études mais que finalement la précarité va les concerner toute leur vie. » Il regrette par ailleurs de ne pas avoir été reçu par les services de Myriam El Khomri.

Benjamin Lucas, lui, s’est rendu mardi rue de Grenelle. Il dit avoir senti une ministre « à l’écoute ». Avec ce bémol: « Nous n’avons pas réussi à la convaincre de la nécessité de retirer ce projet de loi. Elle ne nous a pas non plus convaincus des bienfaits de son texte. » Le MJS maintient donc, sans grande surprise, son appel à la mobilisation. « Ce n’est pas une décision agréable. Nous nous mobilisons contre un projet, pas contre une personne, se justifie-t-il. Ce serait un signal d’apaisement et de rassemblement que François Hollande nous enverrait en revenant sur le texte. »

Une mobilisation 2.0

L’enjeu principal de cette première journée de manifestation? L’ampleur de la mobilisation. Internet a joué ces dernières semaines un rôle très important dans la préparation de l’événement, avec la pétition citoyenne, qui a dépassé le million de signatures vendredi dernier, et, sur Facebook, les quelque 60 000 personnes qui se sont inscrites sur la page d’appel à la manifestation, « 9/03 GREVE GÉNÉRALE – Nous exigeons le retrait de la loi travail« , publiée par des proches du Parti communiste français où des élus à la CGT.

Internet ne fait pas tout. En 2006, les rassemblements parisiens n’en avaient pas eu besoin pour réunir plus 500 000 personnes. François Hollande espère sans doute un chiffre bien inférieur.

Lexpress.fr par

Burkina Faso : la grogne monte contre Zida et le gouvernement de transition

avril 3, 2015

Lors d'une manifestation contre la révision constitutionnelle, le 28 octobre 2014 à Ouagadougou.
Lors d’une manifestation contre la révision constitutionnelle, le 28 octobre 2014 à Ouagadougou. © AFP

Après les propos du Premier ministre Zida visant les grévistes impliqués dans de récents mouvements sociaux, la quasi-totalité des syndicats du public et du privé ont appelé à une grève générale le mercredi 8 avril.

Un peu plus de cinq mois après la chute de Blaise Compaoré, le 31 octobre dernier, l’euphorie insurrectionnelle laisse progressivement place à la grogne populaire au Burkina. Ces derniers jours, le pays a vécu deux conflits sociaux d’importance qui ont ravivé les déceptions d’une partie de la population à l’égard des autorités de transition, désormais ouvertement critiquées par les syndicats. Explications.

Une situation sociale tendue depuis plusieurs jours

Une première grève a d’abord touché les Brasseries du Burkina, filiale du groupe Castel productrice de la célèbre bière locale Brakina. Réclamant une revalorisation salariale, les employés ont stoppé le travail pendant une semaine, provoquant une pénurie de bière et d’eau minérale Lafi, également produite par le groupe, dans la région de Ouagadougou. Un accord a finalement été trouvé entre la direction et les grévistes, qui ont repris le travail après avoir obtenu une hausse du salaire de base de 15% ainsi qu’une prime.

Un second mouvement social, aux répercussions plus larges, a ensuite éclaté. Lundi et mardi derniers, les chauffeurs routiers ont bloqué les routes pour obtenir l’application d’une convention collective leur fournissant une meilleure protection sociale. Cette grève a créé de longues files d’attente devant les stations-services et surtout bloqué l’approvisionnement en pétrole de plusieurs centrales électriques, provoquant des délestages importants dans tout le pays.

Zida met le feu aux poudres

Face à ces grèves qui ont mis en difficulté une des principales entreprises du pays et paralysé l’activité de la Sonabel, la compagnie nationale d’électricité, le Premier ministre Isaac Zida est monté au créneau. Et n’a pas mâché ses mots.

Mercredi soir, le chef du gouvernement de transition a prononcé un discours offensif à la télévision dans lequel il a accusé les grévistes « de chercher à saper les efforts du gouvernement en installant un climat d’anarchie ». « Les mouvements de grèves désordonnées, revendications intempestives, occupations des lieux de travail et autres entraves à la liberté de circuler indiquent clairement que l’on veut empêcher le gouvernement de travailler et, à terme, les élections de se dérouler, a-t-il poursuivi. Le gouvernement s’opposera désormais avec fermeté et responsabilité à toute tentative de déstabilisation, d’où qu’elle vienne. »

Sans surprise, ces propos ont choqué les différents syndicats burkinabè. Qualifiant les mots de Zida « de révoltants et d’insultants », le secrétaire général de la Confédération générale du travail du Burkina (CGT-B), Bassolma Bazié, interrogé par l’AFP, a tenu à « rappeler au Premier ministre Zida qu’il occupe ce poste grâce aux sacrifices de (la rue) », ajoutant que « le mouvement syndical continuera de se battre quelles que soient les menaces proférées ». « Même sous la dictature de Blaise Compaoré, nous menions nos activités sans problème », a de son côté renchéri Paul Ouédraogo, leader de la Confédération syndicale du Burkina (CSB).

Après son bras de fer musclé, en janvier, avec le régiment de sécurité présidentielle (RSP) – qui avait failli obtenir sa démission -, Yacouba Isaac Zida se retrouve donc pour la deuxième fois de son mandat dans une situation délicate.

Appel à la grève générale le 8 avril

Depuis le début du régime de transition, de nombreux Burkinabè attendent, outre de profondes réformes politiques et judiciaires, des mesures pour faire baisser le coût de la vie. La passe d’armes entre le Premier ministre et les syndicats a finalement convaincu la Coalition nationale contre la vie chère (CCVC), qui regroupe la quasi-totalité des centrales syndicales du public et du privé, à décréter une grève générale de 24 heures le mercredi 8 avril.

Les leaders syndicaux entendent ainsi mettre la pression sur les autorités de transition pour qu’elles répondent rapidement à une série de revendications, allant de la lutte contre la vie chère à celle contre l’impunité de dignitaires de l’ancien régime. La CCVC exige notamment qu’un mandat d’arrêt international soit lancé contre Blaise Compaoré et son frère cadet François pour leur implication présumée dans différents crimes économiques et de sang, aux premiers rangs desquels les assassinats de Thomas Sankara, en 1987, et de Norbert Zongo, en 1999.

La journée de grève du 8 avril, à laquelle devraient se joindre les étudiants, s’annonce chaude sur l’ensemble du territoire. Une grande marche et un meeting sont prévus à Ouagadougou et des manifestations devraient se tenir dans les principales villes du « pays des hommes intègres ». Un premier vrai test pour le gouvernement de transition, désormais sous la menace de syndicats qui ont d’ores et déjà promis de poursuivre leur mobilisation s’ils n’obtiennent pas satisfaction.

Jeuneafrique.com par Benjamin Roger