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Des militants demandent au Canada de rapatrier des enfants coincés en Syrie

février 18, 2021

OTTAWA — Une défenseuse des droits de la personne des Nations unies et l’organisation Human Rights Watch Canada affirment que le gouvernement Trudeau n’est pas à la hauteur de sa nouvelle campagne internationale contre la détention arbitraire, puisqu’il a abandonné 25 enfants canadiens coincés dans le nord de la Syrie.

© Fournis par La Presse Canadienne

Fionnuala Ni Aolain, la rapporteuse spéciale des Nations unies sur la promotion et la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste, affirme que le Canada est l’un des 57 pays inscrits sur une «liste de la honte», car il ne prendra pas de mesures actives pour rapatrier ses ressortissants étrangers piégés dans des camps sous contrôle kurde dans le nord de la Syrie.

Farida Deif, directrice canadienne de Human Rights Watch, affirme que la Déclaration contre la détention arbitraire dans les relations d’État à État que le Canada a lancée lundi et qui a été endossée par 57 autres pays est une bonne initiative, qui est nécessaire.

Mais Mme Deif dit que la décision du gouvernement fédéral de ne pas chercher à rapatrier 46 Canadiens — dont 25 enfants, certains d’à peine deux ans — d’un camp de réfugiés du nord de la Syrie renverse tout simplement l’intention de la nouvelle déclaration.

Le patron de Mme Deif à New York, Kenneth Roth, a aidé à élaborer la déclaration, critiquant la Chine pour sa détention arbitraire des Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor.

Mme Deif s’est jointe à Mme Ni Aolain et d’autres groupes de défense des droits au Comité des affaires étrangères de la Chambre des communes jeudi, où elles ont renouvelé leurs appels pour que le gouvernement en fasse plus pour rapatrier ses ressortissants coincés en Syrie.

«Leur détention est indéniablement arbitraire et n’implique aucune procédure régulière ni aucune protection. Ces déclarations ne signifient rien à moins qu’elles ne soient appliquées aux plus vulnérables», a déclaré Mme Ni Aolain à La Presse Canadienne dans un courriel.

Le gouvernement a réussi à rapatrier une jeune Canadienne orpheline de cinq ans de Syrie en octobre dernier, mais le premier ministre Justin Trudeau et d’autres ministres ont indiqué qu’ils n’avaient pas l’intention d’aider les autres Canadiens parce que le gouvernement n’a pas de diplomates dans la zone de guerre.

«C’est vraiment stupéfiant que le gouvernement ait annoncé lundi cette déclaration contre la détention arbitraire dans les relations d’État à État, alors qu’en même temps, pendant deux ans, il a fermé les yeux sur la détention arbitraire de 46 de ses propres ressortissants», a dit Mme Deif en entrevue.

Les Canadiens font partie des quelque 10 000 ressortissants étrangers détenus dans des camps dans le nord de la Syrie par les forces kurdes après qu’elles eurent repris le contrôle de la région des mains de Daech (le groupe armé État islamique).

Pas d’accusation

Les Kurdes ont placé en détention environ 64 000 personnes après avoir mis fin au califat de Daech. Les Kurdes soupçonnaient bon nombre d’entre elles d’être des sympathisants de Daech, mais Mme Deif et d’autres défenseurs des droits de l’homme affirment qu’aucune de ces personnes n’a été formellement accusée d’un quelconque crime.

«Des milliers de personnes, y compris des enfants, sont exposées à la violence, à l’exploitation, aux sévices et à la privation dans des conditions qui, à notre avis, correspondent aux pratiques de torture, de traitement inhumain et dégradant en vertu du droit international», a déclaré Mme Ni Aolain au comité jeudi.

«J’exhorte le gouvernement et ce comité parlementaire à concentrer immédiatement leur attention sur la nécessité de faire en sorte que le Canada soit le chef de file dans ce domaine, et non un État qui se trouve sur une liste de honte en ne rapatriant pas ses femmes et ses enfants à la maison.»

Les Kurdes ont appelé les gouvernements étrangers à rapatrier leurs ressortissants.

Déclaration de l’ONU

Dans une déclaration du 8 février, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a appelé les 57 pays à prendre des mesures pour rapatrier leurs ressortissants, qui font face à des menaces croissantes, notamment l’exploitation sexuelle. Elle a été signée par Mme Ni Aolain et une vingtaine d’autres rapporteurs spéciaux de l’ONU – un groupe d’experts indépendants nommés par l’ONU pour traiter de la protection des différents aspects des droits de l’homme.

L’automne dernier, après le rapatriement de l’orpheline de cinq ans, le ministre des Affaires étrangères d’alors, François-Phillipe Champagne, avait déclaré que le gouvernement vérifiait périodiquement le bien-être des Canadiens, mais qu’il n’y avait pas eu de changement dans l’approche gouvernementale de cet enjeu.

«Notre première préoccupation est d’assurer la sûreté et la sécurité des Canadiens ici, au pays», avait déclaré M. Champagne à ce moment.

Avec Radio-Canada par Mike Blanchfield, La Presse Canadienne

Crimes de guerre et possibles crimes contre l’humanité à Idlib, selon l’ONU

juillet 7, 2020

De nombreux crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité, ont été commis dans la province d’Idlib, dernier bastion insurgé dans le nord-ouest de la Syrie soumis à une offensive du régime fin 2019 et début 2020, selon un rapport publié mardi par l’ONU.

«Des enfants ont été bombardés à l’école, des parents ont été bombardés au marché, des patients ont été bombardés à l’hôpital, et des familles entières ont été bombardées alors qu’elles fuyaient», a résumé Paulo Pinheiro, le président de la Commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie. Son rapport porte sur la période du 1er novembre au 30 avril, et documente 52 attaques en se basant sur près de 300 entretiens et du matériel photographique et vidéo.

Le régime syrien de Bachar al-Assad, appuyé par son allié russe, a relancé en décembre 2019 son offensive contre Idlib, dernier bastion aux mains de groupes rebelles et djihadistes, avant qu’une trêve précaire parrainée par la Russie et la Turquie entre en vigueur début mars. L’offensive a fait un million de déplacés et plus de 500 morts civils, selon l’ONU.

14 écoles bombardées

«Lors de cette campagne militaire, les forces pro-gouvernementales et les groupes désignés par l’ONU comme terroristes ont violé de façon flagrante les lois de la guerre et les droits des civils syriens», selon Paulo Pinheiro, cité dans le rapport. Selon la Commission Pinheiro, entre le 1er novembre et le 30 avril, 17 installations médicales, 14 écoles, 9 marchés et 12 maisons ont été bombardés, dans l’écrasante majorité des cas par les forces pro-gouvernementales et leur allié russe.

Certains de ces «bombardements indiscriminés», notamment sur Maaret al-Noomane dans la province d’Idleb et à Atarib (ouest d’Alep) en décembre et février «pourrait être constitutifs de crime contre l’humanité» selon le rapport. La Commission Pinheiro se penche aussi sur les exactions du principal groupe djihadiste dans la région, Hayat Tahrir al-Sham (HTS), accusé de «pillages, détention, torture et exécution de civils, y compris des journalistes».

HTS a également «bombardé de façon indiscriminée des zones densément peuplées, semant la terreur parmi les civils vivant dans les zones sous contrôle gouvernemental», selon le rapport. «Les femmes, hommes et enfants que nous avons interviewés avaient le choix entre être bombardés ou fuir plus avant dans les zones contrôlées par HTS où les droits de l’homme sont violés et où l’assistance humanitaire est très limitée», selon l’enquêtrice Karen Koning AbuZayd.

Par Le Figaro avec AF

Syrie: près de 500 djihadistes se sont évadés de prison, selon Moscou

octobre 22, 2019

 

Près de 500 personnes détenues dans les prisons pour djihadistes de l’Etat islamique (EI) dans le nord-est de la Syrie se sont échappées après le lancement de l’offensive turque, a annoncé mardi le ministre russe de la Défense.

La Turquie a lancé cette opération le 9 octobre pour chasser les milices kurdes qui ont joué un rôle décisif dans la lutte contre l’EI. Le retour dans leur pays des djihadistes qu’elles ont faits prisonniers est l’une des principales craintes exprimées par les puissances occidentales depuis le début de cette offensive, qu’Ankara a accepté jeudi de suspendre pour cinq jours.

Par Le Figaro.fr avec Reuters

Syrie: Ankara passe à l’attaque au nord de la Syrie

octobre 9, 2019

 

Deux jours après l’annonce du retrait américain, des blindés turcs ont passé la frontière.

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La ville de Ras al-Ain bombardée ce mercredi. DELIL SOULEIMAN/AFP

La Turquie a tenu sa parole. Deux jours après l’annonce soudaine du retrait américain, et malgré les nouvelles menaces de Donald Trump, Ankara a fini par lancer son offensive en Syrie. Mercredi soir, des militaires turcs et leurs supplétifs syriens ont traversé la frontière en direction de Tal Abyad, selon une déclaration du Ministère de la Défense turc. L’opération militaire terrestre, qui a été précédée dans l’après-midi par une série de raids aériens aussitôt confirmés par Recep Tayyip Erdogan. «Les forces armées turques et l’Armée syrienne nationale (composée de rebelles syriens soutenus par Ankara) viennent de lancer l’opération Source de paix contre les terroristes du PKK/YPG et de Daech au nord de la Syrie. Notre mission est d’empêcher la création d’un corridor terroriste sur notre frontière, et d’apporter la paix dans ce secteur», avait déclaré en fin d’après-midi le président turc via son compte Twitter. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, au moins quinze personnes ont perdu la vie, dont huit civils, dans des bombardements turcs. Tard dans la soirée, les forces kurdes déclaraient avoir repoussé l’offensive, sans donner plus de précision.

Double objectif

L’objectif, affiché depuis longtemps par Ankara, est double: éviter la création en Syrie d’une région autonome kurde contrôlée par un parti frère des rebelles armés du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan, considéré comme terroriste) et mettre en place une «zone de sécurité» pour encourager le retour des réfugiés syriens dans leur pays.

Voilà plusieurs années, déjà, qu’Erdogan demandait l’établissement d’une «zone tampon» pour contenir les forces armées kurdes à sa frontière. Une proposition longtemps rejetée par Washington. C’est en effet sur cette même portion de territoire contrôlée par les Forces démocratiques syriennes (FDS, dont font partie les YPG), acteurs incontournables du combat anti-Daech appuyés par les États-Unis, que les soldats américains avaient maintenu une présence après la chute des derniers bastions djihadistes.

Impatient, Erdogan avait menacé à maintes reprises d’envahir la région. Après une série d’échanges musclés sur fond de laborieuses négociations avec son homologue américain, les deux hommes avaient récemment tranché en faveur de la création d’une poche de sécurité de 5 kilomètres de profondeur le long de la frontière. Mais le président turc en demandait plus: pour lui, seul un périmètre de 30 kilomètres, entièrement sous contrôle turc, permettrait de satisfaire ses demandes. Dans la nuit de dimanche à lundi, le revirement américain lui a enfin donné la possibilité de mettre son plan à exécution. Pressé de passer à l’acte, Erdogan s’est d’ailleurs gardé de prendre en compte la nouvelle sortie, ce lundi, de Donald Trump qui, via son compte Twitter, se disait prêt à anéantir «complètement l’économie de la Turquie» si elle «dépasse les bornes».

C’est qu’à ces préoccupations sécuritaires s’ajoutent, pour le chef de l’État turc, des considérations de politique intérieure. Confronté à une crise économique, doublée d’une vague de ressentiment antisyriens – qui, selon les experts, auraient fait perdre à son parti la majorité des grandes villes au dernier scrutin -, Erdogan entend réinstaller au plus vite une partie des 3,6 millions de réfugiés dans leur pays.

L’offensive s’annonce néanmoins risquée. L’attentat-suicide, ce mercredi, à Raqqa, au nord de la Syrie, confirme la crainte que les djihadistes de Daech ne profitent de ce contexte volatil pour refaire surface. Si le président russe s’est contenté d’appeler son homologue turc à «bien réfléchir», la France a aussitôt affiché une position plus ferme en saisissant le Conseil de sécurité. Londres a pour sa part exprimé sa «sérieuse préoccupation».

Par LeFigaro.fr par Delphine Minoui

Syrie: 12 membres d’une force antijihadistes tués par l’EI

novembre 4, 2018

Beyrouth – Douze membres d’une force kurdo-arabe soutenue par les États-Unis ont été tués dimanche dans une attaque du groupe Etat islamique (EI) dans le dernier réduit jihadiste en Syrie, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Un porte-parole des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mustefa Bali, a confirmé à l’AFP qu’il y avait eu une attaque de l’EI contre les FDS mais démenti des pertes dans leurs rangs.

« Un jihadiste de l’EI à bord d’une voiture piégée s’est fait exploser près d’une position des FDS » dans la province de Deir Ezzor (est) non loin de la frontière irakienne, a indiqué l’Observatoire.

Il a fait état de « 12 morts et 20 blessés » parmi les FDS dans l’explosion et des accrochages ayant eu lieu « entre les villages de Hajine et Al-Bahra », le premier étant tenu par les jihadistes et le second par les FDS.

« L’EI a profité des mauvaises conditions météorologiques », a ajouté M. Abdel Rahmane, évoquant de la pluie et du brouillard « ayant empêché la coalition anti-EI de mener à bien ses frappes aériennes » en soutien aux FDS.

Selon l’OSDH, les jihadistes ont avancé en direction d’Al-Bahra, où se trouve une petite base regroupant « des cadres des FDS et des conseillers de la coalition internationale ».

Au moins quatorze civils avaient été tués samedi dans des frappes aériennes de la coalition sur Hajine et deux autres localités proches, selon l’Observatoire. Neuf jihadistes sont également morts dans les frappes.

Les FDS avaient annoncé mercredi la suspension temporaire de leur offensive contre l’EI dans cette région, après des attaques menées par l’armée turque contre des positions d’une milice kurde dans le nord du pays.

Depuis le 10 septembre, date du lancement par les FDS de l’offensive anti-EI dans la région de Hajine, au moins 327 combattants de la force kurdo-arabe ont péri, contre 523 jihadistes, selon l’OSDH.

Déclenché en 2011, le conflit en Syrie a fait plus de 360.000 morts et déplacé plus de la moitié de la population.

Romandie.com avec(©AFP / 04 novembre 2018 13h53)                                                        

États-Unis, Turquie et France doivent quitter « immédiatement » la Syrie

septembre 29, 2018

Nations unies (Etats-Unis) – Les forces militaires des Etats-Unis, de la Turquie et de la France doivent quitter « immédiatement » la Syrie, a réclamé samedi à l’ONU le chef de la diplomatie syrienne, Walid al-Moualem, en appelant aussi les réfugiés syriens à regagner leurs lieux d’origine dans le pays.

« Elles doivent se retirer immédiatement et sans aucune condition », a-t-il affirmé devant l’Assemblée générale annuelle des Nations unies, en dénonçant une « coalition internationale illégitime dirigée par les Etats-Unis », déployée en Syrie « sous prétexte de combattre le terrorisme ».

« La bataille contre le terrorisme est presque terminée », a d’autre part déclaré le ministre syrien, en précisant que Damas n’en aura vraiment fini qu’après avoir « purgé (la Syrie) des terroristes et des présences étrangères illégales ».

Pour Damas, « la situation aujourd’hui sur le terrain est plus stable et sûre » et « toutes les conditions sont réunies pour permettre le retour volontaire des réfugiés », a poursuivi Walid al-Moualem.

« La porte leur est grande ouverte » et « tous les Syriens à l’étranger peuvent revenir », a insisté le ministre, en affirmant que « des milliers de réfugiés syriens à l’étranger avaient déjà entrepris ce retour ».

« Le gouvernement syrien fera tout ce qui est en son pouvoir pour faciliter ce retour. Un comité spécial a été récemment créé pour les aider à revenir dans leurs lieux d’origine », a-t-il dit.

La Syrie a demandé « une aide internationale » pour ce retour, mais « certains pays propagent des peurs irrationnelles, politisent une question qui ne devrait être qu’humanitaire », a déploré Walid al-Moualem, sans donner de noms.

Pour la reconstruction du pays, « la priorité sera accordée à nos amis ». Les autres « ne sont ni conviés ni les bienvenus », a-t-il martelé, alors que la Russie avait réclamé la veille à la même tribune de l’ONU une aide internationale pour contribuer à cette reconstruction.

Les Occidentaux, Etats-Unis, France et Allemagne notamment, refusent toutefois toute aide notamment de l’Union européenne sans visibilité et réel engagement sur une solution politique.

Romandie.com avec(©AFP / 29 septembre 2018 15h28)                                                        

La Russie va livrer des systèmes antiaériens S-300 à l’armée syrienne sous deux semaines

septembre 24, 2018

Moscou – La Russie a annoncé lundi son intention de renforcer la défense antiaérienne de l’armée syrienne avec ses batteries S-300, à la suite de la destruction par erreur d’un avion russe après des frappes israéliennes, ainsi que de brouiller certaines communications sur la Méditerranée.

« Nous sommes convaincus que la réalisation de ces mesures va refroidir les têtes brûlées et empêchera les actes irréfléchis constituant une menace pour nos soldats », a déclaré le ministre de la Défense Sergueï Choïgou lors d’une déclaration diffusée à la télévision.

« Dans le cas contraire, nous réagirons de manière appropriée face à la situation », a-t-il averti.

Lundi dernier, la défense anti-aérienne syrienne a visé par erreur un Illiouchine-20 au-dessus de la Méditerranée, tuant les 15 militaires qui se trouvaient à bord. Au même moment, des missiles israéliens ciblaient des dépôts de munitions dans la province syrienne de Lattaquié (nord-ouest).

Moscou avait fait porter la responsabilité à l’armée israélienne et menacé de mesures de rétorsion, le président Vladimir Poutine expliquant qu’il s’agirait de renforcer les défenses de l’armée russe déployée en Syrie.

« Les forces armées syriennes seront fournies d’ici deux semaines en systèmes modernes S-300. Ils sont capables d’intercepter des appareils sur une distance de plus de 250 kilomètres et peuvent frapper en même temps plusieurs cibles dans les airs », a indiqué Sergueï Choïgou lundi.

La Russie et la Syrie ont signé en 2010 un accord pour la livraison de S-300, mais Damas n’a toujours pas pris possession de ce matériel en raison de l’opposition d’Israël, a expliqué M. Choïgou, ajoutant que « la situation a changé » vu les événements des derniers jours.

Actuellement, les S-300 opérés par les Russes sont déployés autour de la base navale russe de Tartous, des S-400 plus modernes étant déployés sur la base aérienne de Hmeinim (ouest).

Par ailleurs, « la navigation par satellite, les radars de bord et les systèmes de communication de l’aviation militaire attaquant des cibles sur le territoire syrien seront supprimées dans les zones adjacentes à la Syrie en mer Méditerranée », a indiqué Sergueï Choïgou.

Moscou accuse Israël d’être responsable de la destruction de son avion, affirmant que l’armée israélienne l’avait prévenue seulement une minute avant les frappes et que les avions israéliens s’étaient servi de l’Il-20 comme « boucliers » contre les missiles syriens.

L’armée israélienne a nié la version russe, répondant dimanche dans un communiqué que ses avions ne « s’étaient pas cachés derrière un quelconque appareil et que les appareils israéliens se trouvaient dans l’espace (aérien) israélien au moment où l’avion russe a été abattu ».

L’armée russe intervient en Syrie depuis septembre 2015 en soutien au régime de Bachar al-Assad, ce qui lui a permis de reprendre le contrôle d’une grande partie du territoire.

Romandie.com avec(©AFP / 24 septembre 2018 10h05)                                                        

Un avion russe avec 14 militaires à bord disparait des radars en Syrie

septembre 17, 2018

Moscou – Un avion russe avec 14 militaires à bord a disparu des radars lundi soir au-dessus de la mer Méditerranée alors que la Syrie était frappée par des missiles israéliens, a annoncé tôt mardi le ministère russe de la Défense.

« Le contact a été rompu avec l’équipage d’un Il-20 au-dessus de la mer Méditerranée à 35 kilomètres des côtes syriennes alors qu’il revenait à la base aérienne de Hmeimim » en Syrie, indique le ministère, précisant que l’appareil avait disparu des radars à 23H00 lundi (20H00 GMT).

Le sort des militaires à bord est « inconnu », a ajouté le ministère dans un communiqué diffusé par les agences russes.

Des recherches pour retrouver l’appareil sont en cours.

Selon le ministère russe, l’appareil a disparu lors d’une attaque aérienne menée par quatre F-16 israéliens sur des infrastructures dans la province syrienne de Lattaquié, bastion du président Bachar al-Assad.

Citant des sources sécuritaires, l’agence russe RIA Novosti indique que la défense anti-aérienne syrienne avait ouvert le feu contre l’attaque israélienne.

Le ministère russe de la Défense a également affirmé que des missiles ont été tirés par la frégate française L’Auvergne, qui croisait dans les parages au même moment.

« Les armées françaises démentent tout implication dans cette attaque », a réagi à Paris un porte-parole de l’armée française.

Romandie.com avec(©AFP / 18 septembre 2018 02h43)

Syrie: hausse des attaques de drones contre une base russe

août 24, 2018

Des rebelles et jihadistes en Syrie ont multiplié ces deux derniers mois les attaques de drones contre la principale base militaire russe dans le pays en guerre, mais celles-ci ont quasiment été toutes mises en échec, selon une ONG et des responsables russes.

Sur cette base, l’aéroport militaire de Hmeimim situé dans la province de Lattaquié (nord-ouest), sont stationnées des forces russes intervenues fin 2015 dans le conflit syrien au côté du régime de Bachar al-Assad, alors en mauvaise passe face aux rebelles et jihadistes.

« Ces derniers temps, les attaques de drone contre Hmeimim ont augmenté », même si elles ne représentent pas une réelle menace, a indiqué vendredi le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, qui a fait état de 18 « attaques » depuis le début juillet.

« La majorité des drones sont abattus par la défense aérienne russe ou syrienne », a-t-il dit à l’AFP, indiquant que ces appareils étaient envoyés par des jihadistes ou des rebelles islamistes de la province voisine d’Idleb.

Ultime grand bastion insurgé en Syrie, Idleb est dominée par Hayat Tahrir al-Cham, organisation jihadiste formée par l’ex-branche locale d’Al-Qaïda, mais elle accueille aussi une multitude de groupes rebelles.

Au total depuis janvier, l’OSDH a comptabilisé 23 « attaques au drone » contre Hmeimim. En janvier, dix drones chargés d’explosifs avaient visé la base, sans faire de victimes ou de dégâts selon l’armée russe.

Jeudi à Moscou, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a accusé des « terroristes », allusion aux rebelles et jihadistes, d’envoyer ces engins. « Les attaques de drones sont devenues régulières contre la base de Hmeimim. Nos défenses antiaériennes ont abattu 45 appareils de ce type ».

A la mi-août, un porte-parole de l’armée russe, le général Igor Konachenkov, a évoqué cette hausse. « Au cours du mois précédent, nous avons observé une hausse des tentatives d’attaques par des drones. Notre taux d’élimination est de 100% ».

Le pouvoir syrien et son allié russe pourraient lancer prochainement une offensive pour reconquérir certains secteurs périphériques de la province d’Idleb, notamment la région de Jisr al-Choughour.

« Les Russes sont convaincus que les drones (…) sont envoyés des alentours de Jisr al-Choughour », selon Sam Heller, analyste à l’International Crisis Group.

Depuis l’intervention russe, le régime a accumulé les victoires, jusqu’à reprendre près de deux tiers du territoire.

La guerre en Syrie a démarré en 2011 après la répression de manifestations prodémocratie par le régime. Elle s’est complexifiée avec l’implication de puissances étrangères et de groupes jihadistes et a fait plus de 350.000 morts.

Romandie.com avec(©AFP / (24 août 2018 13h57)                                                        

Poutine appelle l’UE à participer à la reconstruction en Syrie

août 18, 2018

Le président russe Vladimir Poutine le 18 août 2018 au château de Meseberg près de Berlin / © AFP / Tobias SCHWARZ

Le président russe Vladimir Poutine a appelé samedi les Européens à participer financièrement à la reconstruction de la Syrie pour permettre le retour chez eux de millions de réfugiés, lors d’une visite en Allemagne.

« Il faut renforcer la dimension humanitaire dans le conflit syrien et je veux dire par là avant tout l’aide humanitaire à la population syrienne, et aider les régions où les réfugiés se trouvant à l’étranger peuvent retourner », a-t-il déclaré avant un entretien avec la chancelière Angela Merkel.

Il y en a un million en Jordanie, autant au Liban, et 3 millions en Turquie, a-t-il énuméré.

L’Allemagne en a accueilli aussi plusieurs centaines de milliers depuis 2015, au plus fort de la crise migratoire, qui a ébranlé la cohésion de l’Union européenne et affaibli politiquement Angela Merkel.

« C’est potentiellement un énorme poids pour l’Europe », a-t-il mis en garde.

« C’est pourquoi il faut tout faire pour que ces gens rentrent chez eux », ce qui veut dire concrètement rétablir les services de base comme l’approvisionnement en eau ou les infrastructures médicales.

La chancelière allemande Angela Merkel et le président russe Vladimir Poutine au château de Meseberg près de Berlin le 18 août 2018 / © AFP / Tobias SCHWARZ

La chancelière a estimé de son côté que la priorité en Syrie était « d’éviter une catastrophe humanitaire », sans rentrer dans les détails.

Les deux dirigeants veulent également évoquer le règlement la crise ukrainienne, qui « malheureusement n’avance pas du tout », a jugé M. Poutine.

Le processus de paix des accords de Minsk, parrainé par l’Allemagne et la France, est au point mort, a également constaté la chancelière, soulignant l’absence « de cessez le feu stable » dans l’est de l’Ukraine. Une mission des Nations unies sur place, au menu des discussions avec M. Poutine, « pourrait peut-être jouer un rôle de pacification » dans la région, a-t-elle dit.

La Russie est accusée par Kiev et les Occidentaux de soutenir militairement les séparatistes de l’Est ukrainien, ce qu’elle nie.

La coopération économique, en particulier dans le domaine de l’énergie, doit aussi être un thème central des discussions.

Le président russe arrive pour rencontrer Angela Merkel / © AFP / Marion Payet

La Russie et l’Allemagne sont partenaires dans le projet de gazoduc Nord Stream 2, très critiqué par le président américain Donald Trump, qui doit doubler les capacités de livraison par la route de transit via la mer Baltique tout en évitant un transport via l’Ukraine.

« L’Ukraine doit à mon avis jouer un rôle dans le transit de gaz vers l’Europe », même après l’entrée en fonction de Nord Stream 2 prévue en 2019, a déclaré la chancelière.

M. Poutine a de nouveau défendu le projet, « qui répond à la demande croissante de l’économie européenne pour les ressources énergétiques ».

« Je veux souligner ici que Nord Stream 2 est uniquement un projet économique et il ne ferme pas la porte à la continuation du transit de gaz à travers le territoire de l’Ukraine », a-t-il réaffirmé.

En juillet, il avait déjà assuré que la Russie était disposée à maintenir le transit de gaz russe par l’Ukraine après la mise en service du gazoduc, mais sans en dire plus sur les volumes ou les tarifs.

Les deux responsables mènent leurs consultations au château de Meseberg, la résidence du gouvernement à 70 km au nord de Berlin. Aucune communication n’est prévue à l’issue de la rencontre.

Romandie.com avec(©AFP / (18 août 2018 21h18)