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Pandémie: les taxis londoniens broient du noir

juin 6, 2021

« La pandémie a fait des ravages », confesse Barry Ivens, qui comme ses collègues chauffeurs des emblématiques taxis noirs londoniens a beaucoup souffert financièrement et psychologiques de l’année écoulée.

Le chauffeur Barry Ivens devant son taxi, le 27 mai 2021 à Londres

© Niklas HALLE’N Le chauffeur Barry Ivens devant son taxi, le 27 mai 2021 à Londres

Le chauffeur de 53 ans, qui parcourt les rues londoniennes depuis un quart de siècle, explique n’avoir jamais rien vécu de comparable. Avec les trois confinements qui ont frappé le Royaume-Uni, pays le plus endeuillé d’Europe par la pandémie avec près de 128.000 morts, les clients se sont faits extrêmement rares, explique-t-il en recherchant une course.

Le chauffeur Barry Ivens dans son taxi, le 27 mai 2021 à Londres

© Niklas HALLE’N Le chauffeur Barry Ivens dans son taxi, le 27 mai 2021 à Londres

L’homme a puisé dans tous les moyens possibles – demandant les aides du gouvernement, mettant sur pause les remboursements de ses prêts – pour s’en sortir financièrement. Mais la crise sanitaire a aussi durement affecté son moral. 

Lui qui fait partie d’un collectif de taxis proposant des visites de la capitale souffre du manque de contact social qu’il aimait tant dans son travail. « J’étais presque comme un guide de Londres, ça me manque tout le temps », soupire Barry Ivens.

 Le chauffeur Barry Ivens dans son taxi, le 27 mai 2021 à Londres

© Niklas HALLE’N Le chauffeur Barry Ivens dans son taxi, le 27 mai 2021 à Londres

« J’essaye de me concentrer sur le fait que je suis toujours là, que ma famille va bien et que je peux conduire mon taxi », essaye-t-il de relativiser, dressant un parallèle avec « l’attitude de (sa) grand-mère pendant la guerre ». 

– « Plein d’espoir » –

Alors que le Royaume-Uni sort progressivement de son dernier confinement, les clients reviennent peu à peu, donnant à des milliers de « cabs » londoniens l’espoir que le pire est derrière eux. 

Barry Ivens estime avoir récupéré deux tiers de ses courses, mais c’est à peine suffisant pour survivre. Le tiers restant constituait en effet sa « marge de profit », explique-t-il: « C’est ce tiers-là qui payait pour ma vie ». 

Le secteur est « plein d’espoir » et commence à voir « les premiers signes de relance », nuance Steve McNamara, de l’Association des Conducteurs de Taxis (LTDA). 

Mais il souligne que les chauffeurs ont malheureusement dû consommer toute leur épargne pour survivre à l’année écoulée.  « Toute marge de manœuvre a disparu », soupire-t-il.

Les dernières statistiques officielles montrent le lourd tribut que le secteur a payé à la pandémie: le nombre de licences officielles a diminué de 5.000 en un an, pour tomber à environ 13.700. 

« De nombreux chauffeurs ont mis leur véhicule à la casse, d’autres l’ont vendu ou ont rendu leur licence », explique M. McNamara, évoquant de « terribles histoires » de « véhicules saisis et d’huissiers qui frappent aux portes ».

C’est pourquoi M. McNamara craint une « pénurie massive de taxis, quand les choses commenceront véritablement à reprendre ». D’autres, au contraire, s’inquiètent que le télétravail se pérennise, leur confisquant une partie de leur clientèle. 

Les travailleurs « reviennent au compte-gouttes », observe Paul, 59 ans et 20 ans de métier. « Mais ce qui nous inquiète, c’est que les gens ne reviendront travailler que deux ou trois jours » par semaine.

– « Londres à cœur » –

Autre manque à gagner pour les taxis: les touristes étrangers, actuellement peu nombreux à se rendre au Royaume-Uni en raison de la quarantaine obligatoire en arrivant depuis la plupart des pays. 

Pour M. McNamara, le retour des touristes fera en effet « une énorme différence », même si en attendant « les choses continuent de s’améliorer ». 

Mais après des années difficiles face à la concurrence d’applications de chauffeurs moins chers, certains craignent que le futur des taxis londoniens ait été définitivement compromis par la pandémie malgré les efforts nécessaires. 

Les chauffeurs de ces emblématiques taxis bombés – conçus à l’origine pour accueillir des passagers dotés de chapeaux haut-de-forme – ont en effet dû passer un examen diaboliquement difficile. Testant leur mémoire des rues et itinéraires, il dote la capitale de conducteurs particulièrement qualifiés, mais nécessite des années d’études et pas mal d’argent. 

« Il faut faire perdurer ces professions -c’est là-dessus que Londres s’est construite », plaide M. Ivens.

Avec FAP par jj-cdu/gmo/uh

Congo: quand le pouvoir exerce sans honte le commerce dans le transport urbain

février 27, 2018

 

 

Au Congo, les personnes qui jouissent du pouvoir et qui se disent riches manquent criardement d’innovation et se confondent avec le petit peuple dans les investissements. On ne peut pas comprendre qu’à ce stade, les membres de la famille Sassou Nguesso et certains barons du pouvoir aient des bus et taxis en circulation à Brazzaville et Pointe-Noire.

A la station du marché Total à Bacongo, l’attente se fait longue et le chauffeur accompagné de son contrôleur en profitent pour se rafraîchir dans un nganda du coin où la conversation prend une tournure des plaintes sur leurs conditions de travail.

En face, un autre chauffeur vante la générosité de sa patronne, laquelle ne tolère aucun retard de salaire. Cette patronne n’est entre autre que la première dame de la république, Antoinette Sassou Nguesso ou « Antou » pour les intimes.

L’étonnement de celle qui tient le nganda est visible : « …même eux aussi ont des bus ? » se demande-t-elle avant que le chauffeur ne rajoute qu’ils ont même des caves et Vips.

A elle seule, Antoinette Sassou Nguesso possède près de 32 bus et 15 taxis entre Brazzaville et Pointe-Noire. 10 bus type Coaster font le circuit fermé de Brazzaville et aussi marché Total-Texaco.

Ces bus Coaster rapportent chaque jour un peu plus de 60.000 fcfa contre la moitié pour les bus Hiace et 17000 fcfa pour les Taxis. Chaque jour, Mère Antou a des entrées pour ses bus et taxis de plus de 1.600.000 fcfa.

Il faudrait ajouter à cela ses nombreuses maisons en location, les stations X-Oil et surtout sa caisse noire et la popote que son mari lui donne chaque mois.

Cet acharnement à concurrencer le bas peuple prouve à quel point tous les voleurs ne se ressemblent pas. Dans certains pays d’Afrique de l’Ouest et Australe, les hommes supposés riches ont pour la plupart investit dans les grandes choses et contribuent activement au PIB de leurs pays.

Mais au Congo, les barons du pouvoir qui volent les deniers publics s’embrouillent encore dans l’informel et quand ils tentent de faire une grande chose, refuse de payer les impôts.

L’épouse du chef de l’État n’est pas la seule limitée du pouvoir et de la famille Nguesso. Son beau-frère Maurice Nguesso qui se dit aussi entrepreneur malgré ses faillites chroniques gère plus de 20 bus à Brazzaville, alors que le DG de la police, Jean François Ndenguet a lui tout simplement hérité de 8 bus Coaster du défunt colonel Marcel Ntsourou.

Sacer-infos par Stany Franck

Nganda: Café-restaurant

Michel Gbagbo serait-il malade et hospitalisé ?

mars 19, 2012

Michel Gbagbo, le fils ainé de l’ex-président de la République, Laurent Gbagbo, est actuellement interné à la Polyclinique internationale Sainte Anne-Marie (PISAM) d’Abidjan. Mais le mystère qui s’est créé autour de son hospitalisation dans ce centre médical interpelle nombre d’observateurs.

Ainsi, dans le but d’en savoir davantage sur cette présence du prisonnier de Bouna, nous nous sommes rendus le samedi 17 mars 2012 à la PISAM. Il est 14h30 quand nous arrivons sur le parking de l’hôpital. Et la première chose qui nous frappe, c’est la présence inhabituelle de policiers de la Brigade anti-émeute (BAE), installés dans un coin de la cour. Ils y ont établi une sorte de camp. A l’entrée de l’édifice, il y a au moins trois vigiles assis, les autres faisant des rondes principalement dans la grande cour de la PISAM.

Sur place, nous nous avançons vers un homme, un employé de l’hôpital pour discuter, dans l’espoir d’en savoir un peu plus sur la présence remarquable des éléments des forces de l’ordre dans l’enceinte d’un hôpital. L’homme, la trentaine révolue, est de taille moyenne. Il nous informe que cela arrive souvent quand des gradés de l’armée ou de la police sont internés à la PISAM. A l’en croire, plusieurs policiers et militaires sont actuellement hospitalisés dans cette polyclinique pour, on ne sait quelle raison. Mais une autre source nous fait savoir que la raison de l’installation de ce détachement d’agents de l’ordre dans cet hôpital est liée à la présence depuis une semaine de Michel Gbagbo, qui serait très malade.

En tout cas, selon notre interlocuteur, l’arrivée du fils de l’ex-chef de l’Etat ivoirien en ces lieux coïncide parfaitement avec la présence des hommes en armes à la PISAM. Après un petit tour sur l’esplanade de l’établissement hospitalier, nous nous asseyons sur un banc pour observer les entrées et les sorties. Plusieurs véhicules, notamment des taxis, se suivent pour débarquer ou rechercher d’éventuels clients à l’entrée du bâtiment. Mais en même temps, nous apercevons la venue d’un véhicule avec une plaque d’immatriculation militaire. Un homme noir, de grande taille et habillé en civil, rentre à la PISAM. Après lui, d’autres personnes, certainement des militaires, descendent des véhicules du même genre. Ils entrent et sortent de l’établissement. Tout est calme comme d’habitude.
Michel Gbagbo pourrait être évacué en France
Selon des informations en notre possession, le fils de Laurent Gbagbo serait mal en point et son état de santé qui s’est fortement dégradé ces derniers jours du fait de son long séjour dans la prison de Bouna, au nord de la Côte d’Ivoire, depuis la prise du pouvoir par Alassane Ouattara, pourrait nécessiter une évacuation sur la France.

Hier dimanche 18 mars 2012, nous rentrons en contact avec Me Habiba Touré à Paris avocate franco-ivoirienne du fils de l’ex-président écroué à la prison de Scheveningen, à la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye. Me Touré nous informe qu’effectivement, une évacuation de Michel Gbagbo sur la France n’est pas à écarter. « Les tractations sont en cours pour son évacuation », a-t-elle indiqué.

En Côte d’Ivoire, d’autres sources proches du dossier confirment les tractations pour le voyage de Michel Gbagbo. Pour l’heure, rien n’est évident, mais une chose est sûre : Michel Gbagbo est gravement malade et les médecins de la PISAM semblent dépassés par l’ampleur du mal qui le ronge. En attendant une probable évacuation, le fils de Laurent Gbagbo est toujours interné à la PISAM, sous une surveillance militaire.

L’Inter par Hervé KPODION