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Fête de l’indépendance du Tchad : le président Idriss Déby reçoit le titre de maréchal

août 11, 2020

 

Idriss Déby Itno, à l'Assemblée nationale le 11 août, lors de la cérémonie l'élevant au grade de Maréchal du Tchad, organisée à l'occasion du 60e anniversaire de l'indépendance du pays.

Idriss Déby Itno, à l’Assemblée nationale le 11 août, lors de la cérémonie l’élevant au grade de Maréchal du Tchad, organisée à l’occasion du 60e anniversaire de l’indépendance du pays. © DR / Présidence tchadienne

 

 

Le Tchad a célébré le 11 août 2020 ses 60 ans d’indépendance. En raison du coronavirus, la journée a été marquée par une cérémonie à l’Assemblée nationale pour élever le chef de l’Etat Idriss Déby Itno au grade de maréchal.

Les députés tchadiens viennent d’élever à l’ultime niveau de la hiérarchie militaire, le rang de maréchal, le président Idriss Déby Itno. Cette élévation a été approuvée par la majorité parlementaire et une partie de l’opposition.

Maître Jean-Bernard Padaré, porte-parole du MPS (Mouvement patriotique du salut), le parti au pouvoir, estime qu’il est tout à fait normal que le président soit honoré le jour de la fête de l’indépendance.

« Les députés, élus du peuple, jettent un regard rétrospectif sur ce qui a été accompli en 60 ans et ils ont identifié un des enfants du pays qui a consacré le plus clair de son temps à défendre l’intégrité du Tchad, la sécurité de nos concitoyens, donc ils ont décidé de l’élever à la dignité de maréchal le jour des 60 ans de notre pays. C’est symbolique, pour lui dire : nous sommes fiers de votre engagement pour assurer l’intégrité de notre territoire et la défense de nos concitoyens », a déclaré Jean-Bernard.

Toutefois, certains estiment que cette cérémonie d’élévation au rang de maréchal ne devrait pas avoir lieu le jour de la commémoration de l’indépendance du pays.

« C’est un crime national que de faire coïncider cet événement avec l’anniversaire de notre indépendance. Le mode de fonctionnement que nous connaissons va faire en sorte que chaque année, on va plutôt privilégier le maréchalat et donc on va reléguer le 11 août 1960 aux calendes grecques. C’est irresponsable et personne ne peut l’accepter », s’est insurgé l’opposant Saleh Kebzabo, président de l’Union nationale pour la démocratie et le renouveau.

Avec Adiac-Congo par Yvette Reine Nzaba

 

Le Tchad limite internet pour endiguer les «messages haineux»

août 4, 2020

 

Le débit des internautes tchadiens a été réduit pour éviter la propagation de «messages haineux» sur les réseaux sociaux, a affirmé lundi à l’AFP le ministre de la Communication. «La diffusion de messages d’incitation de haine et de division» a poussé le gouvernement à prendre «cette mesure temporaire» le 22 juillet, qui sera «levée d’un moment à l’autre», s’est contentée d’assurer le ministre Mahamat Zene Cherif, porte-parole du gouvernement.

Mais des responsables des télécoms tchadiens affirment sous couvert d’anonymat que cette décision est liée à la diffusion d’une vidéo où un officier tchadien, lors d’une altercation avec des mécaniciens le 14 juillet, tire à bout portant sur deux d’entre eux avant d’être lui-même attaqué à l’arme blanche. Selon un communiqué du procureur de la République, «un des jeunes succomba des suites de ses blessures» tandis que l’officier, hospitalisé, «sera traduit en justice une fois guéri». Sur les réseaux sociaux, comme Facebook ou WhatsApp, où la vidéo continue de circuler, certains internautes critiquent le militaire, mais soulignent également qu’il est originaire de la même ethnie que le président Idriss Déby Itno, arrivé au pouvoir par les armes en 1990.

«Les Tchadiens subissent la loi d’une minorité», fulmine ainsi un internaute sur une page Facebook d’informations tchadiennes, tandis que plusieurs autres assènent: «depuis 30 ans, il n’y a pas de justice au Tchad». La polémique a pris une telle ampleur que le président Déby a réagi à l’occasion des célébrations de l’Aïd al-Adha, le 31 juillet, sans évoquer directement le blocage d’internet ou la vidéo mais s’est focalisé sur le service de messagerie WhatsApp et les VPN, des logiciels qui permettent de contourner le blocage de l’internet local.

«WhatsApp et VPN ne sont pas créés pour s’insulter, pour cultiver la déchirure du tissu national ou pour critiquer des ethnies», a-t-il affirmé. Une association de droits des consommateurs a pour sa part demandé lundi dans un communiqué aux opérateurs de rétablir l’accès aux réseaux sociaux, dont la restriction «constituent une violation de la liberté d’expression». La mesure «constitue un manque à gagner sérieux pour nous, les opérateurs de téléphonie mobile, et nous espérons un déblocage rapide» a indiqué à l’AFP un responsable de téléphonie mobile ayant réclamé l’anonymat.

Par Le Figaro avec AFP

Tchad: au moins dix civils tués dans une attaque de Boko Haram

juillet 31, 2020

 

Au moins dix civils ont été tués et sept autres enlevés vendredi au Tchad dans une attaque attribuée au groupe djihadiste Boko Haram par un officier de l’armée et le préfet local. «Vers trois heures du matin, les éléments de Boko Haram ont attaqué Tenana, tuant deux femmes et huit hommes» de ce village de la région du Lac, une zone frontalière du Nigeria, du Niger et du Cameroun, a dit à l’AFP un officier sous couvert de l’anonymat. «Ils ont enlevé sept hommes, pillé et brûlé le village avant de se retirer», a ajouté la même source. Dans cette région marécageuse parsemée d’îlots où les djihadistes avaient trouvé refuge, l’armée tchadienne avait déclenché en avril une vaste offensive contre Boko Haram après la mort de 98 soldats dans l’attaque d’une de ses bases à Bohoma.

Le préfet de Fouli, Yacoub Mahamat Seitchimi, a confirmé l’attaque de vendredi et son bilan sans donner plus de détails. «J’ai envoyé le sous-préfet et le commandant de la gendarmerie, ils sont allés compatir avec les familles endeuillées», a-t-il dit. «Il s’agit des enfants de la localité mécontents qui s’attaquent à leurs propres parents», a-t-il ajouté. Contacté par l’AFP, le ministre de la Communication, Mahamat Zene Cherif, n’a pas confirmé l’attaque, affirmant qu’il était lui-même en train de «recouper ses informations».

Après l’offensive d’avril, qui avait conduit les troupes tchadiennes à se déployer jusqu’au Niger et au Nigeria, le président Idriss Déby Itno, qui aura en décembre passé 30 ans au pouvoir, avait affirmé qu’il n’y avait «plus un seul djihadiste sur l’ensemble de la zone insulaire». Mais le 9 juillet, un véhicule de l’armée avait sauté sur une mine artisanale à Kalam, ce qui avait provoqué la mort d’au moins huit soldats tchadiens dans une attaque également attribuée à Boko Haram.

Par Le Figaro avec AFP

Tchad: un homme muni d’un couteau abattu devant la présidence

juillet 16, 2020

 

L’homme, présenté par les autorité comme «instable mentalement», aurait tenté de dérober une arme à un soldat.

Un homme présenté comme un déséquilibré muni d’un couteau a été tué, ce jeudi 16 juillet, par des soldats devant le palais présidentiel du Tchad à N’Djamena, a assuré le parquet à l’AFP. Cette personne, «instable mentalement, s’est présentée ce matin devant le palais avec une arme blanche à la main», a détaillé Gérard Nedeou, premier substitut du procureur de N’Djamena.

«Les gardes ont d’abord essayé de le maîtriser, mais l’homme a tenté d’arracher une de leurs armes», selon M. Nedeou, ajoutant que «les gardes ont alors reçu l’ordre de tirer sur lui». Les circonstances du drame ont été confirmées à l’AFP par deux officiers du renseignement tchadien, sous couvert de l’anonymat.

Plusieurs militaires français visés par les soldats tchadiens

L’année dernière, au moins un Tchadien avait été tué et un autre blessé par balle près du même palais, devant lequel il est interdit de stationner. Le 9 juin 2020, deux militaires français ont été blessés par balles par des gardes du palais. Habillés en civil et venus préparer la visite d’un officier français, selon Paris, il filmaient le palais quand les militaires de faction ont ouvert le feu, d’après un responsable de la garde présidentielle.

Mardi, des soldats ont à nouveau tiré sur une voiture de l’armée française stationnée à proximité d’une résidence du président Idriss Déby Itno à N’Djamena. Les gendarmes français, à l’intérieur du véhicule, filmaient un monument en face de cette résidence «sans qu’ils n’aient conscience de la sensibilité de l’endroit», ont expliqué mardi dans un communiqué conjoint le Tchad et de l’Ambassade de France.

Les gardes ont cette fois visé les pneus, sans faire de blessé. La force française antidjihadiste Barkhane au Sahel a son siège à N’Djamena. Le Tchad est dirigé depuis près de trente ans par M. Déby, arrivé au pouvoir en 1990 par les armes, notamment avec l’aide de la France. Il a failli être renversé à plusieurs reprises par des rebelles. En février 2008, des miliciens étaient même arrivés jusqu’aux porte du palais présidentiel, avant d’être repoussés par les militaires tchadiens soutenus par l’armée française.

Par Le Figaro avec AFP

Tchad : le chef rebelle centrafricain Abdoulaye Miskine incarcéré à N’Djamena

juin 3, 2020

Des combattants de l'ex-Séléka, à Bangui en 2013 (Archives).

Des combattants de l’ex-Séléka, à Bangui en 2013 (Archives). © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

 

Le chef rebelle centrafricain Abdoulaye Miskine et trois de ses compagnons, qui avaient été arrêtés au Tchad, ont été placés sous mandat de dépôt et sont incarcérés à N’Djamena. Ils sont notamment accusés de « la création et la direction d’un mouvement insurrectionnel ».

Le leader et fondateur du groupe armé Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC), signataire en février d’un accord de paix entre le gouvernement centrafricain et 14 groupes armés, avait été arrêté en novembre 2019 au Tchad, à la frontière avec la Centrafrique.

« Il est reproché à Abdoulaye Miskine la création et la direction d’un mouvement insurrectionnel (ainsi que des) viols », a indiqué à l’AFP son avocat Me Mognan Kembetiade, qui affirme qu’il a été entendu par un juge d’instruction lundi et mis sous mandat de dépôt. Le gouvernement centrafricain avait alors demandé son extradition, et l’ONU l’avait mis sous sanction.

« Le temps de finir l’instruction »

« Il y a eu une plainte d’une famille tchadienne, la demande d’extradition des autorités centrafricaines et la manifestation d’intérêt de la Cour pénale internationale (CPI) », a égrainé le ministre tchadien de la Justice, Djimet Arabi, qui a confirmé que le chef rebelle avait « été mis sous mandat de dépôt le temps de finir l’instruction ».

Son homologue centrafricain, le ministre Flavien Mbata, s’est félicité d’ »un pas vers la justice, pour l’intérêt des victimes ». »Les autorités tchadiennes vont le juger et, respectant leur parole, assurer son transfèrement à la RCA et à la CPI, qui a une primauté de compétence. Si la CPI se dit prête, nous allons le confier à la CPI », a-t-il expliqué.

Figure historique de la rébellion depuis la première guerre civile centrafricaine en 2004, année au cours de laquelle il a créé le FDPC, Abdoulaye Miskine, de même que son groupe, a perdu de son pouvoir sur le terrain, mais garde des soutiens politiques et financiers.

Après avoir rejoint l’ex-rébellion Séléka, une coalition de groupes armés qui avait renversé le régime du président François Bozizé en 2013, le « général » autoproclamé Miskine avait signé l’accord de paix de Khartoum du 6 février 2019 entre le gouvernement et 14 groupes armés, par lequel les signataires se partageaient notamment des postes au gouvernement.

Depuis l’accord de Khartoum, les violences ont baissé en Centrafrique mais n’ont pas réellement cessé, et près d’un quart des quelque 4,7 millions d’habitants de ce pays parmi les plus pauvres du monde ont été contraints de fuir leurs domiciles depuis 2013.

Par Jeune Afrique avec AFP

Tchad : 44 membres de Boko Haram retrouvés morts dans leur cellule de prison

avril 20, 2020

Des soldats de l'armée nigérienne, le 7 mars 2015. (Image d'illustration)

Des soldats de l’armée nigérienne, le 7 mars 2015. (Image d’illustration) © Jerome Delay/AP/SIPA

 

Ces éléments de Boko Haram avaient été faits prisonniers au cours d’une récente opération lancée par le Tchad contre le groupe jihadiste. Ils ont été retrouvés morts dans leur cellule à N’Djamena jeudi dernier, selon une annonce du procureur de la République.

« À la suite des combats dans le lac Tchad, 58 éléments de Boko Haram avaient été faits prisonniers et déférés à N’Djamena pour les besoins de l’enquête. Jeudi matin, leurs geôliers nous ont annoncé que 44 prisonniers avaient été retrouvés morts dans leur cellule», a déclaré à la télévision nationale Youssouf Tom, procureur de la République, qui s’est rendu sur place.

«Nous avons enterré 40 corps et remis 4 corps au médecin légiste pour une autopsie», a-t-il précisé.

«La conclusion de cette autopsie indique qu’il y a eu consommation d’une substance létale et iatrogène, ayant produit un trouble cardiaque chez les uns et une asphyxie sévère chez les autres», a ajouté le procureur. L’enquête va se poursuivre «pour déterminer la cause exacte de ce drame», a-t-il indiqué.

Colère de Bohoma

Ces prisonniers avait été arrêtés lors de la vaste opération lancée par le président tchadien Idriss Déby Itno fin mars contre les groupes djihadistes qui multiplient les attaques sur le lac Tchad. Ils avaient été remis à la justice mercredi, avait annoncé le ministre tchadien de la Justice Djimet Arabi. Ils devaient ensuite être auditionnés jeudi puis être jugés par une cour criminelle.

L’opération militaire tchadienne, baptisée Colère de Bohoma s’est déroulée du 31 mars au 8 avril. Selon l’armée, au moins 52 soldats tchadiens et 1.000 djihadistes ont trouvé la mort au cours de cette opération déclenchée pour venger l’armée tchadienne.

Celle-ci avait été la cible d’une sanglante attaque le 23 mars d’éléments de Boko Haram contre l’une de ses bases, tuant une centaine de ses soldats. La pire défaite jamais enregistrée en moins de 24 heures par cette armée.

Avec Jeune Afrique avec AFP

 

Le masque devient obligatoire dans plusieurs pays d’Afrique centrale

avril 15, 2020

Dans plusieurs pays d’Afrique centrale, le port du masque est devenu obligatoire dans l’espace public afin de freiner la propagation du nouveau coronavirus, ont annoncé ces derniers jours leurs gouvernements. Au Gabon, le masque est obligatoire depuis mercredi matin, tout comme en Guinée équatoriale, qui demande aussi à ses citoyens de porter des gants lors de leur sortie.

Conscient de la difficulté des Gabonais à se procurer des masques médicaux, Libreville a recommandé à ses citoyens le port «du masque alternatif». De nombreux ateliers de couture au Gabon et ailleurs se sont mis à produire des masques en tissu, moins efficaces mais qui limitent toutefois la propagation du virus.

Lundi, le gouvernement tchadien avait également décrété le port obligatoire du masque sur son territoire avant de revenir sur sa décision le lendemain à cause du manque d’offre sur le marché. Le Cameroun – l’un des pays les plus touchés par le virus en Afrique avec 855 cas déclarés officiellement mercredi – avait déjà adopté cette mesure jeudi dernier.

Dans ces pays d’Afrique centrale, ces dispositions s’ajoutent à celles déjà prises, comme l’instauration de couvre-feux nocturnes, la fermeture des écoles, des frontières et des lieux de culte ainsi que les restrictions sur les rassemblements

Par Le Figaro avec AFP

Au Sénégal, le Tchadien Hissène Habré bénéficie d’une libération provisoire

avril 7, 2020

Hissène Habré fermant les yeux à son procès pendant le témoignage de Bandoum Bandjim, le 23 septembre 2015 à Dakar.

Hissène Habré fermant les yeux à son procès pendant le témoignage de Bandoum Bandjim, le 23 septembre 2015 à Dakar. © Capture d’écran / RTS

 

L’ex-président tchadien, qui purge à Dakar une peine de réclusion à perpétuité pour crimes contre l’humanité, a bénéficié d’une autorisation de sortie de 60 jours dans le contexte de l’épidémie de coronavirus.

Lundi 6 avril, aux environs de 21 heures locales, le plus illustre détenu de la maison d’arrêt du Cap Manuel a quitté le pavillon spécial de sa prison dakaroise. L’ex-président tchadien (1982-1990), condamné à la réclusion à perpétuité en mai 2016, notamment pour crimes contre l’humanité, a en effet bénéficie d’une autorisation de sortie de 60 jours. Il a rejoint dans la soirée sa femme et ses proches à leur domicile dakarois, où il est placé en résidence surveillée. Un domicile qu’il ne pourra quitter que « sur autorisation et pour une visite médicale », précise le colonel Jean-Bertrand Bocandé, directeur de l’administration pénitentiaire sénégalaise.

Particulièrement vulnérable

Signée par le juge d’application des peines Babacar Ndiaye Fall ce lundi, l’autorisation de sortie répond à la demande de libération déposée par les avocats de Hissène Habré le 26 mars. « La prison est un milieu qui présente de réels risques de contamination par le virus et [Hissène Habré], d’un âge avancé, est particulièrement vulnérable », mentionne l’ordonnance de sortie, que Jeune Afrique a pu consulter.

Depuis le 23 mars, afin d’éviter d’en faire un foyer de propagation du Covid-19, la maison d’arrêt avait été vidée de tous ses occupants à l’exception de l’ex-président tchadien, aujourd’hui âgé de 77 ans. Depuis quelques jours cependant, elle accueillait de nouveaux individus placés sous mandat de dépôt. « La venue de nouveaux arrivants en détention, en cette période de crise sanitaire, augmentait les risques », explique le colonel Bocandé.

Sortie sous escorte

Le 1er avril, Clément Abaïfouta, le président de l’Association des victimes des crimes du régime de Hissène Habré (AVCRHH) avait lancé un avrtissement : « La crise sanitaire ne doit pas servir d’excuse à la libération anticipée de Hissène Habré. » Une inquiétude face à laquelle l’administration pénitentiaire sénégalaise précise, dans un communiqué, qu’« il ne s’agit pas d’une libération mais d’une sortie sous escorte pénitentiaire ».

Depuis plusieurs mois déjà, la santé de Hissène Habré faisait l’objet d’une querelle entre l’administration pénitentiaire et la famille du condamné. L’épouse de ce dernier accusait ainsi l’administration carcérale de refuser l’accès aux soins à son mari, qui s’était, selon elle, fracturé le bras lors d’une chute en novembre 2019. Mais jusqu’ici, l’autorité judiciaire a estimé que Hissène Habré se portait bien.

« Nous ne pouvons que croire le gouvernement sur parole sur le fait qu’il ne s’agisse que d’une mesure temporaire pour protéger la santé de Habré », a réagit Reed Brody, défenseur des victimes et avocat pour l’ONG Human Rights Watch.

« Sa libération anticipée violerait non seulement les règles de la Cour africaine qui l’a condamné, mais aussi l’obligation du Sénégal de réprimer de manière effective ces crimes, comme l’a indiqué clairement le Comité des Nations unies contre la torture », a-t-il ajouté.

Avec Jeuneafrique par Manon Laplace – à Dakar

 

Tchad: 6 militaires tués et 10 blessés dans une attaque de Boko Haram

janvier 28, 2020

 

Six militaires tchadiens ont été tués et dix ont été blessés lors d’une attaque lundi en fin d’après-midi attribuée au groupe djihadiste Boko Haram autour de l’île de Tetewa, située sur le lac Tchad, a déclaré à l’AFP l’armée tchadienne. «Nos hommes étaient en patrouille quand ils ont été attaqués par les éléments de Boko Haram. Nous déplorons 6 morts et 10 blessés», a indiqué le général Taher Erda, chef d’état-major des armées.

Depuis plusieurs mois, les attaques djihadistes se sont intensifiées autour du lac Tchad, une vaste étendue d’eau truffée d’îlots et de marécages partagée par le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Nigeria. Depuis le début de l’année, le bilan est particulièrement lourd côté tchadien: lundi dernier, une kamikaze a fait exploser sa ceinture dans le village de Kaiga Kindjiria et a provoqué la mort de 9 civils, dont 2 femmes et 7 hommes. Neuf jours plus tôt, quatre villageois tchadiens avaient été tués et quatre femmes enlevées par les djihadistes dans une autre localité tchadienne située sur les pourtours du lac.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Tchad : abandon des poursuites visant le secrétaire général de la présidence

janvier 9, 2020

Kalzeubé Pahimi Deubet (Tchad), Premier ministre  A Paris, le 20 juin 2014.   Photo de Vincent Fournier/Jeune Afrique

Kalzeubé Pahimi Deubet (Tchad), Premier ministre A Paris, le 20 juin 2014. Photo de Vincent Fournier/Jeune Afrique © Vincent Fournier/JA

 

La justice tchadienne a abandonné les poursuites visant l’ancien Premier ministre Kalzeubé Pahimi Deubet, a annoncé son avocat mercredi. Le secrétaire général de la présidence avait été arrêté en décembre 2019 dans le cadre d’une enquête pour corruption.

L’ancien Premier ministre et actuel secrétaire général de la présidence, Kalzeubé Pahimi Deubet, a été « blanchi par la Cour suprême », a affirmé son avocat, Alain Kagonbe.

Kalzeubé Pahimi Deubet avait été écroué le 3 décembre pour détournement de deniers publics, une procédure dénoncée comme « politique » par son avocat.

L’ancien Premier ministre, qui avait dirigé le gouvernement de 2013 à 2016, avait été remis en liberté provisoire le 23 décembre. »Toutes les machinations montées contre mon client sont tombées et la vérité a jailli, parce qu’il a été innocenté », s’est félicité son avocat.

À la même période, un défenseur des droits de l’homme avait lui aussi été incarcéré, dans le cadre d’une enquête différente mais également décriée par sa défense comme politique.

Non-lieu pour un défenseur des droits humains

Le 6 décembre, Mahamat Nour Ahmed Ibedou avait été incarcéré, accusé de meurtre et de complicité de meurtre.

Cette arrestation avait notamment été condamnée par la Conférence internationale des barreaux (CIB), un collectif d’avocats de 40 pays francophones : « La CIB ne saurait tolérer l’évidente provocation que représente l’incarcération du principal défenseur des droits humains tchadien ».

Ibedou, secrétaire général de la Convention tchadienne de défense des droits de l’homme (CTDDH), « a bénéficié d’un non-lieu », a déclaré Jacqueline Moudeina, son avocate.

« Nous avons estimé qu’il n’y a pas de charges retenues contre Ibedou et le juge d’instruction a suivi nos réquisitions », a indiqué le premier substitut du procureur de la République près le tribunal de grande instance de N’Djamena, Gérard Nedeou.

Par Jeuneafrique.com avec AFP