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Le chef de l’Etat tchadien reçu à l’Elysée

juillet 5, 2021

Mahamat Idriss Déby Itno a quitté N’Djamena dimanche pour une visite d’amitié et de travail en France.

« Le président du Conseil militaire de transition, président de la République, chef de l’Etat, le général de corps d’Armée Mahamat Idriss Déby Itno, a quitté N’Djamena ce matin, à destination de Paris », pour y effectuer « une visite d’amitié et de travail », indiquait dimanche un communiqué du service de communication de la présidence tchadienne, sans livrer de détails sur le programme.

Selon Jeune Afrique, la rencontre entre Emmanuel Macron et Mahamat Idriss Déby Itno s’est tenue lundi matin en toute discrétion dans le cadre de la préparation du G5 Sahel. La date de ce nouveau sommet n’est pas encore complètement arrêtée mais la date du 9 juillet est avancée.

La France est le troisième pays visité par le chef de la junte militaire depuis qu’il a pris le pouvoir, après le Niger et le Nigeria.

Général quatre étoiles de 37 ans, Mahamat Idriss Déby Itno dirige un Conseil militaire de transition (CMT) de 15 généraux depuis l’annonce de la mort de son père, Idriss Déby Itno. Dès le 20 avril, le CMT a proclamé son chef président de la République, dissous le Parlement et le gouvernement et abrogé la Constitution. Il a promis des élections libres et transparentes après une période de transition de 18 mois renouvelable une fois. La communauté internationale, l’Union africaine (UA) et la France en tête, ont exigé que cette période n’excède pas 18 mois.

L’armée tchadienne est l’un des principaux piliers de la lutte contre les groupes jihadistes dans le Sahel. Lors des obsèques d’Idriss Déby, Emmanuel Macron était le seul chef d’Etat occidental à être allé à N’Djamena rendre un hommage appuyé au défunt et à rencontrer son fils et successeur.

Rappelons que le président français a récemment annoncé un prochain désengagement militaire progressif de la France au Sahel. La force antijihadiste française Barkhane (5.100 hommes actuellement) va disparaître au profit d’un dispositif resserré, focalisé sur la lutte antiterroriste et l’accompagnement au combat des armées locales. 

Par Julia Ndeko avec AFP

Tensions entre le Tchad et la Centrafrique : N’Djamena dénonce « un crime de guerre »

mai 31, 2021

Avec France24

Tchad : le Conseil militaire de transition nomme un gouvernement

mai 3, 2021
Le Conseil militaire de transition.

Le Conseil militaire de transition (CMT), au pouvoir depuis la mort du président Idriss Déby Itno, a nommé dimanche soir un gouvernement de transition, a annoncé à la télévision d’État le porte-parole de l’armée, le général Azem Bermandoa Agouna.

Mahamat Idriss Déby, fils du défunt président, qui a pris la tête d’un Conseil militaire de transition (CMT), a nommé par décret 40 ministres et secrétaires d’État. Un nouveau ministère de la Réconciliation nationale et du Dialogue a vu le jour.

Il avait nommé lundi Albert Pahimi Padacké au poste de Premier ministre de transition. Dernier Premier ministre d’Idriss Déby Itno avant que ce dernier ne supprime le poste en 2018, Albert Pahimi Padacké avait promis un « gouvernement de réconciliation nationale » et lancé des « larges consultations » durant la semaine en vue de proposer des noms au président du CMT.

Le nouveau portefeuille de la Réconciliation nationale et du Dialogue a été confié à Acheick Ibn Oumar, ancien chef rebelle devenu en 2019 conseiller diplomatique à la présidence. Opposant historique à Idriss Déby Itno, Mahamat Ahmat Alhabo du Parti pour les libertés et le développement (PLD), a été nommé ministre de la Justice.

Saleh Kebzabo reconnaît les autorités

Le principal opposant, Saleh Kebzabo, ne fait en revanche pas partie du gouvernement, mais il a reconnu les nouvelles autorités et deux membres de son parti, l’Union nationale pour la Démocratie et le Renouveau (UNDR), ont été nommés aux postes de ministre de l’Élevage et de secrétaire général adjoint du gouvernement.

Plusieurs anciens ministres du dernier gouvernement d’Idriss Déby Itno ont été reconduits ou nommés à d’autres ministères. Porte-parole du dernier gouvernement, Chérif Mahamat Zene est nommé ministre des Affaires étrangères, poste qu’il a déjà occupé de 2018 à 2020. Lydie Beassemda, première femme candidate à une présidentielle en avril dernier, qui fut ministre sous Idriss Déby Itno, est nommée à l’Enseignement supérieur et la Recherche.

Le CMT a promis des « élections libres et démocratiques » dans 18 mois. En attendant, la Charte de transition prévoyait la mise en place d’un gouvernement de transition, dont les membres sont nommés et révoqués par le président du CMT. Les principaux partis d’opposition, ainsi que syndicats et société civile, ont vu dans l’arrivée au pouvoir du fils d’Idriss Déby Itno un « coup d’État institutionnel » et ont appelé à une « transition dirigée par les civils ».

Par Jeune Afrique avec AFP

Tchad: L’armée choisit un Premier ministre, déjà critiqué dans l’opposition

avril 26, 2021

TCHAD: L'ARMÉE CHOISIT UN PREMIER MINISTRE, DÉJÀ CRITIQUÉ DANS L'OPPOSITION

© Reuters/POOL

N’DJAMENA (Reuters) – Le conseil militaire au pouvoir au Tchad depuis la mort du président Idriss Déby la semaine dernière a nommé lundi l’ancien Premier ministre Albert Pahimi Padacke à la tête d’un gouvernement de transition, une décision aussitôt dénoncée dans l’opposition.

L’armée a pris les rênes du pouvoir après l’annonce de la mort au combat le 19 avril d’Idriss Déby, qui dirigeait le pays depuis 1990 et venait tout juste d’être réélu. Plusieurs dirigeants d’opposition ont dénoncé un coup de force des militaires et l’un d’eux a estimé lundi qu’ils n’avaient pas le droit de nommer un Premier ministre.

Le conseil militaire, présidé par Mahamat Idriss Déby, fils du président défunt, a assuré qu’il rétrocéderait le pouvoir aux civils à l’issue d’élections démocratiques dans 18 mois.

L’évolution de la situation institutionnelle à N’Djamena est suivie de près à l’étranger, le pays étant l’un des principaux soutiens de l’Occident dans les opérations militaires internationales en cours contre les groupes djihadistes au Sahel.

Albert Pahimi Padacke, déjà Premier ministre de 2016 à 2018, était arrivé en deuxième position de l’élection présidentielle du 11 avril, derrière Idriss Déby mais il était considéré comme un allié de ce dernier.

Yacine Abderahmane, président du Parti réformiste, un mouvement d’opposition, a déclaré à Reuters qu’il n’accepterait pas sa nomination à la tête du gouvernement.

« Il n’appartient pas au conseil militaire de transition de désigner un Premier ministre de cette manière solitaire. Nous voulons qu’il y ait des discussions entre les partis politiques, la société civile et d’autres acteurs afin de parvenir à un consensus », a-t-il dit.

Avec Reuters par Mahamat Ramadane (Version française Myriam Rivet et Marc Angrand)

Tchad: Moment de recueillement des Chefs d’État aux obsèques d’Idris Déby

avril 23, 2021

Avec AlghadTV

La France apporte son soutien, au Tchad, à Mahamat Déby, le nouveau président de la Transition

avril 22, 2021

Avec Africanews

Tchad : le successeur d’Idriss Déby Itno devra compter sur le FMI

avril 21, 2021
Mahamat Idriss Deby, le fils d’Idriss Déby Itno qui présidera la transition.

Le Covid-19 et les cours du pétrole ont fragilisé une économie mise à mal par l’explosion des dépenses sécuritaires. Mais une enveloppe de 560 millions de dollars a été promise en janvier à N’Djamena.

« La mort du président tchadien Idriss Déby risque de provoquer une instabilité politique dans ce pays producteur de pétrole et dans l’ensemble de la région d’Afrique centrale, avec un impact potentiel sur le secteur pétrolier », s’inquiète l’agence de notation S&P Global au lendemain de l’annonce du décès du chef d’État, qui venait d’être élu pour un sixième mandat à la tête du pays.

Il faut dire que la lutte contre le terrorisme (Boko Haram, État islamique) et les rébellions (notamment du Conseil de commandement militaire pour le salut de la République et du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad) pesait lourd sur une économie d’à peine 12,5 milliards de dollars.

Avec 1,5 milliard de barils de réserves pétrolières prouvées et une production d’environ 140 000 b/j, le Tchad est le dixième producteur d’Afrique. L’or noir représente 90 % de ses exportations, environ 40% des recettes publiques et 20% du PIB.

Le secteur agricole (céréales, gomme arabique, coton et élevage) et l’industrie tertiaire (banques, commerce, télécoms etc.) représentent respectivement environ 40% de l’économie.

Dette pétrolière

Avant même les chamboulements auxquels le pays fait désormais face, le Tchad s’était déjà lourdement endetté, notamment auprès du trader Glencore via des prépaiements de sa future production pétrolière, faisant face à une crise aiguë de liquidités, malgré un pourcentage d’endettement somme toute raisonnable, à 42 % du PIB.

Cet étranglement des finances publiques, aggravé par la crise du Covid-19, a poussé le pays à demander, fin janvier, à bénéficier du nouveau cadre de restructuration des dettes mis en place en novembre 2020 par le G20. Un cadre qui pousse les créanciers privés – dont Glencore – à s’engager au moins autant que les prêteurs publics.

À la même période, le FMI et N’Djamena ont conclu un accord dans le cadre de la Facilité élargie de crédit et du Mécanisme élargi de crédit portant sur 560 millions de dollars sur quatre ans.

« Le programme à moyen terme des autorités est axé sur des réformes ambitieuses visant à soutenir le redressement post-crise et la réduction de la pauvreté, ainsi qu’à rétablir la viabilité de la dette », avait annoncé l’institution qui a revu à la baisse, en avril (avant l’annonce du décès d’Idriss Déby Itno), ses prévisions de croissance pour le pays cette années, ramenée à 2,1%, contre une anticipation à 6,1 % six mois plus tôt.

Déficit commercial et réserves de change taries

L’institution internationale se prononce rarement – en public – sur les transitions politiques dans ses pays d’intervention. Et le calendrier précis de déboursement de l’enveloppe de 560 millions de dollars promise en début d’année n’est pas connu.

Mais il ne fait aucun doute, toutefois, que tant sur les volets budgétaires que sur le renforcement des réserves de devises du pays, les nouvelles autorités tchadiennes devront compter sur l’appui du Fonds. Et ce d’autant plus que « l’insécurité régionale persistante pourrait perturber le commerce bilatéral et mettre sous tension les finances publiques », avertissait il y a quelques mois la Banque mondiale.

Selon les projections, les recettes du gouvernement tchadien étaient attendus en baisse de 10 % à 747 milliards de F CFA par rapport à l’année précédente, pour des dépenses en progression de 10,5 % à 1 177 milliards de F CFA.

Pour ne rien arranger, la balance commerciale (échange de biens) du pays avait périclité en 2020, passant d’un excédent de 676 milliards de F CFA à un déficit de 3 milliards selon les projections du Fonds, qui anticipait il y a encore quelques mois un « rebond » à 198 milliards de F CFA en 2021. Et les réserves de change du pays plafonnent à 300 millions de dollars loin des 1,1 milliard d’avant la crise pétrolière.

Les réformes auxquelles s’étaient engagés l’exécutif tchadien auprès du FMI comprenaient, entre autres, l’amélioration du climat et le renforcement du secteur bancaire, de la transparence – notamment dans l’attribution des marchés publics – et de la gouvernance (lutte contre la corruption, déclarations de patrimoine…).

Dans un message publié ce 21 avril, Kristalina Georgieva, la dirigeante du FMI, a exprimé ses condoléances au peuple tchadien et salué la mémoire « d’un dirigeant qui a consacré sa vie à son pays et à la sécurité de la région du Sahel. 

Avec Jeune Afrique par Nelly Fualdes

Mort d’Idriss Déby : le président tchadien « serait mort lors de son transfert à N’Djamena »

avril 20, 2021

Avec France 24

Tchad : le jour où Idriss Déby Itno a été tué au combat

avril 20, 2021
Selon la télévision nationale tchadienne, le chef de l’État a succombé à des blessures reçues au combat dans la région du Kanem.

Au lendemain de l’annonce de sa réélection à la présidence pour un sixième mandat, le chef de l’État tchadien, Idriss Déby Itno, est décédé, ce mardi 20 avril. Selon la télévision nationale tchadienne, il aurait succombé à des blessures reçues au combat ces derniers jours.

Idriss Déby Itno est décédé, ce mardi 20 avril. Selon la télévision nationale tchadienne, le chef de l’État aurait succombé à des blessures reçues au combat le 19 avril dans la région du Kanem face aux rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT). Il avait été annoncé vainqueur quelques heures plus tôt de la présidentielle tchadienne avec 79,32 % des voix et aurait entamé son sixième mandat.

« Idriss Déby Itno vient de connaître son dernier souffle en défendant l’intégrité territoriale sur le champ de bataille », a déclaré le porte-parole de l’armée, le général Azem Bermandoa Agouna, dans un communiqué lu à l’antenne de Télé Tchad ce 20 avril en fin de matinée.

IL A ÉTÉ BLESSÉ AU COURS DES ACCROCHAGES ET A RENDU L’ÂME UNE FOIS RAPATRIÉ À N’DJAMENA

« Le maréchal du Tchad, Idriss Déby Itno, comme il le fait chaque fois que les institutions républicaines sont gravement menacées, a pris la tête des opérations lors du combat héroïque mené contre les hordes terroristes venues de la Libye. Il a été blessé au cours des accrochages et a rendu l’âme une fois rapatrié à N’Djamena », a précisé l’armée.

Selon nos informations, Idriss Déby Itno était monté au front dans le Kanem dans la journée de lundi, afin de pousser ses hommes au combat. Les affrontements avec les rebelles du FACT avaient alors été très violents, occasionnant de nombreuses pertes dans les deux camps. Touché dans une manœuvre, Idriss Déby Itno a été rapatrié à N’Djamena dans la soirée, avant de succomber quelques heures plus tard, vers 1 heure du matin.

Une transition de dix-huit mois

Aussitôt le décès du président connu de ses proches, les hauts gradés de l’armée se sont réunis autour du général Mahamat Idriss Déby, fils du défunt, afin de se mettre d’accord sur les grands axes d’une charte de la transition et les modalités de cette dernière. Ils ont alors décidé la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale et la mise en place d’une transition de dix-huit mois, dont l’annonce a été faite dans la matinée du 20 avril.

Un deuil national de quatorze jours a également décrété sur toute l’étendue du territoire et des obsèques nationales seront organisées. Un couvre-feu allant de 18 heures à 5 heures du matin est aussi instauré dans tout le pays et les frontières terrestres et aériennes sont fermées jusqu’à nouvel ordre. Selon des sources à N’Djamena, la capitale est pour le moment calme, même si des mouvements de population ont été observés du Tchad vers le Cameroun en milieu de journée.

« Un conseil militaire de transition [CMT] est mis en place pour assurer la défense de notre cher pays dans cette situation de guerre contre le terrorisme et les forces du mal afin d’assurer la continuité de l’État », a déclaré l’armée. Le CMT, précise-t-elle encore, assurera le pouvoir durant dix-huit mois, à l’issue desquels de nouvelles institutions seront établies par l’organisation d’élections « libres, démocratiques et transparentes ».

La transition sera dirigée par Mahamat Idriss Déby. Ce dernier, fils d’Idriss Déby Itno, est général de l’armée tchadienne et dirigeait depuis de nombreuses années la Direction générale des services de sécurité des institutions de l’État (DGSSIE), dont fait partie la garde présidentielle.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier

Niger : la CNDH confirme des cas de viols par des soldats tchadiens du G5 Sahel

avril 4, 2021
Un soldat de l’armée malienne avec le G5 Sahel à Sevare, le 30 mai 2018.

Dans un rapport rendu public le 2 avril, la Commission nationale des droits humains (CNDH) du Niger a confirmé qu’une fillette et deux jeunes femmes avaient été violées par des éléments tchadiens du G5 Sahel au cours du mois de mars dans la région de Tillabéri.

Le 2 avril, la CNDH a publié les conclusions de son enquête de terrain au sujet des allégations de viols perpétrés par des soldats tchadiens du G5 Sahel dans le département de Tera, au Niger, où ceux-ci étaient cantonnés avant de rejoindre la zone dite « des trois frontières ». Après avoir rencontré les autorités administratives et judiciaires, les témoins et les victimes présumées, la CNDH a conclu au bien-fondé des accusations contre les militaires.

« Il y a eu effectivement des viols sur une fille mineure de onze ans en classe de CE2 et deux femmes mariées (dont une enceinte) âgées de 23 et de 32 ans, toutes les deux mères de plusieurs enfants », détaille le rapport, rédigé après deux jours d’investigation sur place. « Il faut souligner que, pour ces deux femmes, ces actes odieux ont été commis en présence de leurs maris sous menace d’arme à feu de leurs agresseurs », ajoute le document signé par Émérite Khalid Ikhiri, président de la CNDH.

« Traduire les coupables devant les juridictions compétentes »

Toujours selon la CNDH, plusieurs tentatives de viol sont également à déplorer sur au moins cinq autres femmes. Celles-ci « ont réussi à s’enfuir quand (les) hommes armés (se sont) introduits dans leurs maisons. « La mission a aussi fait le constat d’agressions et de confiscations de biens sur de paisibles citoyens », détaille encore la commission, qui appelle les autorités à « traduire les coupables devant les juridictions compétentes ».

La Force conjointe G5 Sahel (FC-G5S) a réagi samedi, affirmant avoir envoyé une mission spéciale dans la localité de Tera.

« Face à des faits d’une telle gravité, en lien avec les autorités nigériennes et tchadiennes, la FC-G5S a pris des mesures idoines », peut-on lire dans le communiqué. Les soldats incriminés ont été retirés des effectifs et rapatriés dans leur pays d’origine. La Force conjointe G5 Sahel a également initié des sanctions disciplinaires. 

Le ministère des Affaires étrangères tchadien a déclaré que les auteurs avaient déjà été arrêtés et qu’ils « subiront les sanctions qui s’imposent ».

Avec Mathieu Olivier