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Tchad : le jour où Idriss Déby Itno a été tué au combat

avril 20, 2021
Selon la télévision nationale tchadienne, le chef de l’État a succombé à des blessures reçues au combat dans la région du Kanem.

Au lendemain de l’annonce de sa réélection à la présidence pour un sixième mandat, le chef de l’État tchadien, Idriss Déby Itno, est décédé, ce mardi 20 avril. Selon la télévision nationale tchadienne, il aurait succombé à des blessures reçues au combat ces derniers jours.

Idriss Déby Itno est décédé, ce mardi 20 avril. Selon la télévision nationale tchadienne, le chef de l’État aurait succombé à des blessures reçues au combat le 19 avril dans la région du Kanem face aux rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT). Il avait été annoncé vainqueur quelques heures plus tôt de la présidentielle tchadienne avec 79,32 % des voix et aurait entamé son sixième mandat.

« Idriss Déby Itno vient de connaître son dernier souffle en défendant l’intégrité territoriale sur le champ de bataille », a déclaré le porte-parole de l’armée, le général Azem Bermandoa Agouna, dans un communiqué lu à l’antenne de Télé Tchad ce 20 avril en fin de matinée.

IL A ÉTÉ BLESSÉ AU COURS DES ACCROCHAGES ET A RENDU L’ÂME UNE FOIS RAPATRIÉ À N’DJAMENA

« Le maréchal du Tchad, Idriss Déby Itno, comme il le fait chaque fois que les institutions républicaines sont gravement menacées, a pris la tête des opérations lors du combat héroïque mené contre les hordes terroristes venues de la Libye. Il a été blessé au cours des accrochages et a rendu l’âme une fois rapatrié à N’Djamena », a précisé l’armée.

Selon nos informations, Idriss Déby Itno était monté au front dans le Kanem dans la journée de lundi, afin de pousser ses hommes au combat. Les affrontements avec les rebelles du FACT avaient alors été très violents, occasionnant de nombreuses pertes dans les deux camps. Touché dans une manœuvre, Idriss Déby Itno a été rapatrié à N’Djamena dans la soirée, avant de succomber quelques heures plus tard, vers 1 heure du matin.

Une transition de dix-huit mois

Aussitôt le décès du président connu de ses proches, les hauts gradés de l’armée se sont réunis autour du général Mahamat Idriss Déby, fils du défunt, afin de se mettre d’accord sur les grands axes d’une charte de la transition et les modalités de cette dernière. Ils ont alors décidé la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale et la mise en place d’une transition de dix-huit mois, dont l’annonce a été faite dans la matinée du 20 avril.

Un deuil national de quatorze jours a également décrété sur toute l’étendue du territoire et des obsèques nationales seront organisées. Un couvre-feu allant de 18 heures à 5 heures du matin est aussi instauré dans tout le pays et les frontières terrestres et aériennes sont fermées jusqu’à nouvel ordre. Selon des sources à N’Djamena, la capitale est pour le moment calme, même si des mouvements de population ont été observés du Tchad vers le Cameroun en milieu de journée.

« Un conseil militaire de transition [CMT] est mis en place pour assurer la défense de notre cher pays dans cette situation de guerre contre le terrorisme et les forces du mal afin d’assurer la continuité de l’État », a déclaré l’armée. Le CMT, précise-t-elle encore, assurera le pouvoir durant dix-huit mois, à l’issue desquels de nouvelles institutions seront établies par l’organisation d’élections « libres, démocratiques et transparentes ».

La transition sera dirigée par Mahamat Idriss Déby. Ce dernier, fils d’Idriss Déby Itno, est général de l’armée tchadienne et dirigeait depuis de nombreuses années la Direction générale des services de sécurité des institutions de l’État (DGSSIE), dont fait partie la garde présidentielle.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier

Niger : la CNDH confirme des cas de viols par des soldats tchadiens du G5 Sahel

avril 4, 2021
Un soldat de l’armée malienne avec le G5 Sahel à Sevare, le 30 mai 2018.

Dans un rapport rendu public le 2 avril, la Commission nationale des droits humains (CNDH) du Niger a confirmé qu’une fillette et deux jeunes femmes avaient été violées par des éléments tchadiens du G5 Sahel au cours du mois de mars dans la région de Tillabéri.

Le 2 avril, la CNDH a publié les conclusions de son enquête de terrain au sujet des allégations de viols perpétrés par des soldats tchadiens du G5 Sahel dans le département de Tera, au Niger, où ceux-ci étaient cantonnés avant de rejoindre la zone dite « des trois frontières ». Après avoir rencontré les autorités administratives et judiciaires, les témoins et les victimes présumées, la CNDH a conclu au bien-fondé des accusations contre les militaires.

« Il y a eu effectivement des viols sur une fille mineure de onze ans en classe de CE2 et deux femmes mariées (dont une enceinte) âgées de 23 et de 32 ans, toutes les deux mères de plusieurs enfants », détaille le rapport, rédigé après deux jours d’investigation sur place. « Il faut souligner que, pour ces deux femmes, ces actes odieux ont été commis en présence de leurs maris sous menace d’arme à feu de leurs agresseurs », ajoute le document signé par Émérite Khalid Ikhiri, président de la CNDH.

« Traduire les coupables devant les juridictions compétentes »

Toujours selon la CNDH, plusieurs tentatives de viol sont également à déplorer sur au moins cinq autres femmes. Celles-ci « ont réussi à s’enfuir quand (les) hommes armés (se sont) introduits dans leurs maisons. « La mission a aussi fait le constat d’agressions et de confiscations de biens sur de paisibles citoyens », détaille encore la commission, qui appelle les autorités à « traduire les coupables devant les juridictions compétentes ».

La Force conjointe G5 Sahel (FC-G5S) a réagi samedi, affirmant avoir envoyé une mission spéciale dans la localité de Tera.

« Face à des faits d’une telle gravité, en lien avec les autorités nigériennes et tchadiennes, la FC-G5S a pris des mesures idoines », peut-on lire dans le communiqué. Les soldats incriminés ont été retirés des effectifs et rapatriés dans leur pays d’origine. La Force conjointe G5 Sahel a également initié des sanctions disciplinaires. 

Le ministère des Affaires étrangères tchadien a déclaré que les auteurs avaient déjà été arrêtés et qu’ils « subiront les sanctions qui s’imposent ».

Avec Mathieu Olivier

Mahamat Saleh Annadif, nouveau patron de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest

mars 15, 2021
Mahamat Saleh Annadif.

Le diplomate tchadien quitte Bamako et la Minusma pour devenir le chef du bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel.

La double information circulait depuis un mois dans les couloirs du siège de l’ONU à New York. Elle est désormais presque officielle depuis l’adoption début mars, par le Conseil de sécurité, des propositions de nominations soumises par le secrétaire général, António Guterres.

Le Tchadien Mahamat Saleh Annadif, âgé de 64 ans, cédera le 1er avril son poste bamakois de représentant spécial et de chef de la Minusma au Mauritanien El Ghassim Wane et occupera, à compter de cette date, celui de représentant spécial, chef du Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, basé à Dakar.

Un bilan salué

Natif d’Arada, ancien ministre des Affaires étrangères et ex-secrétaire général de la présidence sous Idriss Déby Itno, Annadif dirigeait la Minusma depuis un peu plus de cinq ans. Un exercice complexe et exposé pour lequel il n’aura pas démérité, son action étant régulièrement saluée tant par les partenaires extérieurs du Mali que par la classe politique locale.

À Dakar, Annadif succédera au diplomate ghanéen Mohamed Ibn Chambas, 70 ans, ancien secrétaire exécutif de la Cedeao qui, depuis six ans, a eu à gérer des crises électorales (Togo, Guinée, Côté d’Ivoire…) avec des résultats mitigés.

Outre ses responsabilités en matière de diplomatie préventive, de médiation et de facilitation, le Tchadien devra faire avancer des dossiers aussi divers que la bonne gouvernance, la lutte contre le terrorisme et la criminalité, l’état de droit ou le contentieux frontalier entre le Nigeria et le Cameroun. Last but not least : il sera rejoint au Sénégal par ses proches – le poste de représentant spécial au Mali est lui « sans famille » pour des raisons de sécurité.

De l’UA à la Minusma

Son successeur à Bamako, El Ghassim Wane, 61 ans, a effectué l’essentiel de sa carrière au sein de la Commission de l’Union africaine (UA), notamment au département Paix et sécurité, puis auprès du président de la Commission, Moussa Faki Mahamat, dont il a dirigé le cabinet avec le titre de conseiller en chef de 2017 à 2019.

Auparavant, ce natif d’Aleg avait effectué une brève incursion au poste de sous-secrétaire général de l’ONU chargé des opérations de maintien de la paix. Depuis juin 2019, El Ghassim Wane enseignait à l’université George Washington, aux États-Unis, et au King’s College de Londres, en attendant une nouvelle affectation.

En concurrence pour la tête de la Minusma avec la Guinéenne Bintou Keita et avec l’Américain David Gressly, le diplomate mauritanien avait la voie libre depuis la nomination de la première en RDC et du second au Yémen.

Avec Jeune Afrique

Présidentielle au Tchad : Saleh Kebzabo, principal opposant d’Idriss Déby Itno, retire sa candidature

mars 2, 2021
l’opposant tchadien Saleh Kebzabo a retiré sa candidature à la présidentielle du 11 avril 2021.

Le principal opposant au Tchad, Saleh Kebzabo, a retiré lundi sa candidature de la présidentielle du 11 avril en accusant le président Idriss Déby Itno, grand favori pour un sixième mandat, d’intimider ses rivaux par l’usage de la force.

Candidat malheureux à quatre reprise contre Idriss Déby ItnoSaleh Kebzabo a annoncé son retrait au lendemain d’une sanglante tentative d’arrestation par l’armée de Yaya Dillo Djerou, autre candidat déclaré, qui s’est soldée par la mort d’au moins trois personnes : sa mère et deux militaires. Condamnant « l’attaque militaire du domicile de M. Yaya Dillo Djerou », le député de l’opposition a dénoncé « le climat d’insécurité qui entachera certainement la campagne électorale pour les candidats qui vont affronter M. Déby, lequel dirige le Tchad d’une main de fer depuis plus de 30 ans.

Et Saleh Kebzabo, invoquant « une militarisation évidente du climat politique », a annoncé le retrait de sa candidature, « pour ne pas avoir à servir de caution à la mascarade qui se prépare sur une grande échelle ».

Cet ancien journaliste, arrivé troisième à la présidentielle de 1996, s’était rallié au chef de l’État au second tour, avant d’entrer dans son gouvernement. Il y enchaînera les portefeuilles jusqu’à sa rupture avec Idriss Déby Itno en 1999, qu’il affrontera encore sans succès aux présidentielles de 2001, 2006 et 2016. Dimanche, la police épaulée par des militaires lourdement armés et des blindés ont tenté d’arrêter l’opposant et candidat déclaré Yaya Dillo à son domicile de N’Djamena, en vertu de deux mandats d’amener de la justice pour « diffamation et injures » à l’égard de l’épouse du chef de l’État.

Le gouvernement accuse Yaya Dillo Djerou

Le mouvement de Yaya Dillo Djerou, le Front nouveau pour le changement (FNC), a assuré dans un communiqué que cinq membres de la famille de l’opposant, dont sa mère, ont été tués par un corps d’élite de l’armée qui ont « défoncé son portail avec un char blindé ». Une version contredite lundi par le ministre des Affaires étrangères Amine Abba Sidick devant le corps diplomatique : « un tir de l’intérieur visant les forces de l’ordre a atteint mortellement la mère de Yaya Dillo », a-t-il affirmé, ajoutant que deux militaires ont été tués dans un blindé dans la cour de l’opposant.

Selon le ministre, « Dillo et cinq hommes armés de fusils de guerre » ont ouvert le feu sur les forces de l’ordre dès leur arrivée. Puis un blindé léger est entré dans la cour du domicile et a été pris d’assaut, deux membres de l’équipage ont été tués. Dans la cohue, les soldats « ont laissé partir des civils » et Yaya Dillo Djerou « s’est probablement échappé en se cachant parmi eux », a assuré le ministre. « Sa position demeure inconnue », a confirmé lundi le procureur de la République de N’Djamena Youssouf Tom.

Ancien chef rebelle et membre de la même ethnie zaghawa que Déby, Yaya Dillo Djerou avait rallié en 2007 le président tchadien, dont il était devenu ministre avant d’occuper plusieurs postes de conseiller à la présidence. Il fut ensuite représentant du Tchad à la Commission des États de l’Afrique centrale (Cemac) jusqu’en 2020, avant de rejoindre l’opposition.

Internet restreint

Lundi, quelques blindés et des membres de la garde présidentielle et de la gendarmerie étaient encore positionnés près du domicile de Yaya Dillo Djerou. L’accès à internet mobile, quasiment impossible dimanche, était encore fortement perturbé lundi.

Depuis plusieurs semaines, le gouvernement interdit systématiquement et réprime durement toute manifestation de l’opposition et de la société civile qui réclament « l’alternance et plus de justice sociale ». Amnesty international a dénoncé des « restrictions non nécessaires et disproportionnées du droit à la liberté de réunion pacifique » et des « arrestations arbitraires ».

Outre Idriss Déby Itno, une quinzaine de personnes ont annoncé leur intention de déposer leur candidature à la présidentielle, mais la Cour suprême doit publier dans les jours qui viennent la liste de celles officiellement retenues.

Par Jeune Afrique avec AFP

Tchad : ce que les autorités reprochent à l’opposant Yaya Dillo Djerou

mars 1, 2021
L’ancien chef rebelle tchadien Yaya Dillo Djerou à N’Djamena, le 10 novembre 2007.

Le domicile de Yaya Diallo Djerou était encore encerclé par les forces de l’ordre tchadiennes le matin du lundi 1er mars. Une tentative d’arrestation de l’opposant y a fait au moins deux morts la veille. 

Selon les autorités tchadiennes, au moins deux personnes ont été tuées et cinq autres blessées dimanche 28 janvier à N’Djamena, dans des échanges de tirs au cours d’une tentative d’interpellation au domicile de l’opposant et ancien ministre Yaya Dillo Djerou.

« Il y a eu deux morts et cinq blessés dont trois parmi les forces de l’ordre, a indiqué Chérif Mahamat Zene, porte-parole du gouvernement. Les forces de défense et de sécurité […] ayant essuyé des tirs d’armes », elles « n’ont pas eu d’autre choix que de riposter ».

« Le gouvernement condamne avec la dernière énergie cette rébellion armée au cœur de la capitale, qui n’est qu’une tentative de déstabilisation des institutions de l’État fomentée de longue date », a accusé le porte-parole.

Confrontation avec Hinda Déby Itno…

« Ils viennent de tuer ma mère et plusieurs de mes parents », a quant à lui affirmé Yaya Dillo Djerou, qui s’est déclaré candidat à l’élection présidentielle du 11 avril. « Un blindé a enfoncé ma porte principale. La lutte pour la justice doit continuer pour sauver notre pays. […] Mes chers compatriotes, levons-nous ! » a-t-il ajouté dimanche 28 février dans la soirée.

Yaya Dillo Djerou est sous le coup de deux mandats d’arrêt à la suite d’une plainte déposée en mai 2020 par la première dame, Hinda Déby Itno, et sa fondation Grand Cœur pour diffamation et injures. L’opposant avait dénoncé sur les réseaux sociaux une convention signée entre Grand Cœur et le gouvernement dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de coronavirus.

Ancien ministre des Mines et de l’Énergie et ex-conseiller à la présidence de la République, il avait parlé de « conflit d’intérêts » à propos de cet accord dans une vidéo qui était par la suite devenue virale. Selon Dillo Djerou, la fondation s’attribue de façon abusive les prérogatives de certains ministères, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation.

… et candidature à la présidentielle

À la suite de cette plainte, l’ancien conseiller du président avait été suspendu, le 11 mai 2020, de ses fonctions de représentant tchadien à la Commission économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) pour « manque de neutralité et violation du droit de réserve ». Sous la pression de N’Djamena, et notamment de la vice-présidente de la Commission, Fatima Haram Acyl, sœur d’Hinda Déby Itno, il en avait été licencié le 6 juillet.

Selon nos informations, plusieurs convocations ont été émises depuis mai 2020 par la justice tchadienne pour entendre Yaya Dillo Djerou, lequel ne s’est pas présenté, mettant en avant jusque début juillet l’immunité que lui conférait son rôle au sein de la Cemac.

La police a aussi tenté de se présenter à son domicile à au moins deux reprises, mais a rebroussé chemin face aux partisans présents sur les lieux.

INTERROGÉ EN PLACE PUBLIQUE DEVANT UNE FOULE DE SPECTATEURS FILMANT LA SCÈNE

L’ancien ministre a toutefois été entendu début juillet par des agents de la police judiciaire, lors d’un séjour privé dans son village d’Iriba, dans la province de Wadi Fira (frontalière avec le Soudan). Une scène étonnante puisque l’ancien rebelle du Socle pour le changement, l’unité et la démocratie (Scud), rallié en 2007 à Idriss Déby Itno, y a été interrogé en place publique devant une foule de spectateurs filmant la scène.

« De la barbarie pure et simple », selon Saleh Kebzabo

Le 26 février, Yaya Dillo Djerou avait déposé son dossier de candidature pour la présidentielle du 11 avril prochain, lors de laquelle le président Idriss Déby Itno briguera un sixième mandat. Il avait été désigné mi-février par le Parti socialiste sans frontières (PSF), à l’issue d’un congrès extraordinaire organisé sur le thème « L’heure du changement a sonné ».

Ce 1er mars, Saleh Kebzabo, autre opposant ayant déclaré sa candidature à la magistrature suprême, a annoncé suspendre sa participation au processus électoral. Il a qualifié les événements au domicile de Yaya Dillo Djerou de « barbarie pure et simple » de la part de « dirigeants indignes ». Succès Masra, autre prétendant ayant déposé son dossier de candidature pour la présidentielle, a réclamé la démission d’Idriss Déby Itno.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier

Fête de l’indépendance du Tchad : le président Idriss Déby reçoit le titre de maréchal

août 11, 2020

 

Idriss Déby Itno, à l'Assemblée nationale le 11 août, lors de la cérémonie l'élevant au grade de Maréchal du Tchad, organisée à l'occasion du 60e anniversaire de l'indépendance du pays.

Idriss Déby Itno, à l’Assemblée nationale le 11 août, lors de la cérémonie l’élevant au grade de Maréchal du Tchad, organisée à l’occasion du 60e anniversaire de l’indépendance du pays. © DR / Présidence tchadienne

 

 

Le Tchad a célébré le 11 août 2020 ses 60 ans d’indépendance. En raison du coronavirus, la journée a été marquée par une cérémonie à l’Assemblée nationale pour élever le chef de l’Etat Idriss Déby Itno au grade de maréchal.

Les députés tchadiens viennent d’élever à l’ultime niveau de la hiérarchie militaire, le rang de maréchal, le président Idriss Déby Itno. Cette élévation a été approuvée par la majorité parlementaire et une partie de l’opposition.

Maître Jean-Bernard Padaré, porte-parole du MPS (Mouvement patriotique du salut), le parti au pouvoir, estime qu’il est tout à fait normal que le président soit honoré le jour de la fête de l’indépendance.

« Les députés, élus du peuple, jettent un regard rétrospectif sur ce qui a été accompli en 60 ans et ils ont identifié un des enfants du pays qui a consacré le plus clair de son temps à défendre l’intégrité du Tchad, la sécurité de nos concitoyens, donc ils ont décidé de l’élever à la dignité de maréchal le jour des 60 ans de notre pays. C’est symbolique, pour lui dire : nous sommes fiers de votre engagement pour assurer l’intégrité de notre territoire et la défense de nos concitoyens », a déclaré Jean-Bernard.

Toutefois, certains estiment que cette cérémonie d’élévation au rang de maréchal ne devrait pas avoir lieu le jour de la commémoration de l’indépendance du pays.

« C’est un crime national que de faire coïncider cet événement avec l’anniversaire de notre indépendance. Le mode de fonctionnement que nous connaissons va faire en sorte que chaque année, on va plutôt privilégier le maréchalat et donc on va reléguer le 11 août 1960 aux calendes grecques. C’est irresponsable et personne ne peut l’accepter », s’est insurgé l’opposant Saleh Kebzabo, président de l’Union nationale pour la démocratie et le renouveau.

Avec Adiac-Congo par Yvette Reine Nzaba

 

Le Tchad limite internet pour endiguer les «messages haineux»

août 4, 2020

 

Le débit des internautes tchadiens a été réduit pour éviter la propagation de «messages haineux» sur les réseaux sociaux, a affirmé lundi à l’AFP le ministre de la Communication. «La diffusion de messages d’incitation de haine et de division» a poussé le gouvernement à prendre «cette mesure temporaire» le 22 juillet, qui sera «levée d’un moment à l’autre», s’est contentée d’assurer le ministre Mahamat Zene Cherif, porte-parole du gouvernement.

Mais des responsables des télécoms tchadiens affirment sous couvert d’anonymat que cette décision est liée à la diffusion d’une vidéo où un officier tchadien, lors d’une altercation avec des mécaniciens le 14 juillet, tire à bout portant sur deux d’entre eux avant d’être lui-même attaqué à l’arme blanche. Selon un communiqué du procureur de la République, «un des jeunes succomba des suites de ses blessures» tandis que l’officier, hospitalisé, «sera traduit en justice une fois guéri». Sur les réseaux sociaux, comme Facebook ou WhatsApp, où la vidéo continue de circuler, certains internautes critiquent le militaire, mais soulignent également qu’il est originaire de la même ethnie que le président Idriss Déby Itno, arrivé au pouvoir par les armes en 1990.

«Les Tchadiens subissent la loi d’une minorité», fulmine ainsi un internaute sur une page Facebook d’informations tchadiennes, tandis que plusieurs autres assènent: «depuis 30 ans, il n’y a pas de justice au Tchad». La polémique a pris une telle ampleur que le président Déby a réagi à l’occasion des célébrations de l’Aïd al-Adha, le 31 juillet, sans évoquer directement le blocage d’internet ou la vidéo mais s’est focalisé sur le service de messagerie WhatsApp et les VPN, des logiciels qui permettent de contourner le blocage de l’internet local.

«WhatsApp et VPN ne sont pas créés pour s’insulter, pour cultiver la déchirure du tissu national ou pour critiquer des ethnies», a-t-il affirmé. Une association de droits des consommateurs a pour sa part demandé lundi dans un communiqué aux opérateurs de rétablir l’accès aux réseaux sociaux, dont la restriction «constituent une violation de la liberté d’expression». La mesure «constitue un manque à gagner sérieux pour nous, les opérateurs de téléphonie mobile, et nous espérons un déblocage rapide» a indiqué à l’AFP un responsable de téléphonie mobile ayant réclamé l’anonymat.

Par Le Figaro avec AFP

Tchad: au moins dix civils tués dans une attaque de Boko Haram

juillet 31, 2020

 

Au moins dix civils ont été tués et sept autres enlevés vendredi au Tchad dans une attaque attribuée au groupe djihadiste Boko Haram par un officier de l’armée et le préfet local. «Vers trois heures du matin, les éléments de Boko Haram ont attaqué Tenana, tuant deux femmes et huit hommes» de ce village de la région du Lac, une zone frontalière du Nigeria, du Niger et du Cameroun, a dit à l’AFP un officier sous couvert de l’anonymat. «Ils ont enlevé sept hommes, pillé et brûlé le village avant de se retirer», a ajouté la même source. Dans cette région marécageuse parsemée d’îlots où les djihadistes avaient trouvé refuge, l’armée tchadienne avait déclenché en avril une vaste offensive contre Boko Haram après la mort de 98 soldats dans l’attaque d’une de ses bases à Bohoma.

Le préfet de Fouli, Yacoub Mahamat Seitchimi, a confirmé l’attaque de vendredi et son bilan sans donner plus de détails. «J’ai envoyé le sous-préfet et le commandant de la gendarmerie, ils sont allés compatir avec les familles endeuillées», a-t-il dit. «Il s’agit des enfants de la localité mécontents qui s’attaquent à leurs propres parents», a-t-il ajouté. Contacté par l’AFP, le ministre de la Communication, Mahamat Zene Cherif, n’a pas confirmé l’attaque, affirmant qu’il était lui-même en train de «recouper ses informations».

Après l’offensive d’avril, qui avait conduit les troupes tchadiennes à se déployer jusqu’au Niger et au Nigeria, le président Idriss Déby Itno, qui aura en décembre passé 30 ans au pouvoir, avait affirmé qu’il n’y avait «plus un seul djihadiste sur l’ensemble de la zone insulaire». Mais le 9 juillet, un véhicule de l’armée avait sauté sur une mine artisanale à Kalam, ce qui avait provoqué la mort d’au moins huit soldats tchadiens dans une attaque également attribuée à Boko Haram.

Par Le Figaro avec AFP

Tchad: un homme muni d’un couteau abattu devant la présidence

juillet 16, 2020

 

L’homme, présenté par les autorité comme «instable mentalement», aurait tenté de dérober une arme à un soldat.

Un homme présenté comme un déséquilibré muni d’un couteau a été tué, ce jeudi 16 juillet, par des soldats devant le palais présidentiel du Tchad à N’Djamena, a assuré le parquet à l’AFP. Cette personne, «instable mentalement, s’est présentée ce matin devant le palais avec une arme blanche à la main», a détaillé Gérard Nedeou, premier substitut du procureur de N’Djamena.

«Les gardes ont d’abord essayé de le maîtriser, mais l’homme a tenté d’arracher une de leurs armes», selon M. Nedeou, ajoutant que «les gardes ont alors reçu l’ordre de tirer sur lui». Les circonstances du drame ont été confirmées à l’AFP par deux officiers du renseignement tchadien, sous couvert de l’anonymat.

Plusieurs militaires français visés par les soldats tchadiens

L’année dernière, au moins un Tchadien avait été tué et un autre blessé par balle près du même palais, devant lequel il est interdit de stationner. Le 9 juin 2020, deux militaires français ont été blessés par balles par des gardes du palais. Habillés en civil et venus préparer la visite d’un officier français, selon Paris, il filmaient le palais quand les militaires de faction ont ouvert le feu, d’après un responsable de la garde présidentielle.

Mardi, des soldats ont à nouveau tiré sur une voiture de l’armée française stationnée à proximité d’une résidence du président Idriss Déby Itno à N’Djamena. Les gendarmes français, à l’intérieur du véhicule, filmaient un monument en face de cette résidence «sans qu’ils n’aient conscience de la sensibilité de l’endroit», ont expliqué mardi dans un communiqué conjoint le Tchad et de l’Ambassade de France.

Les gardes ont cette fois visé les pneus, sans faire de blessé. La force française antidjihadiste Barkhane au Sahel a son siège à N’Djamena. Le Tchad est dirigé depuis près de trente ans par M. Déby, arrivé au pouvoir en 1990 par les armes, notamment avec l’aide de la France. Il a failli être renversé à plusieurs reprises par des rebelles. En février 2008, des miliciens étaient même arrivés jusqu’aux porte du palais présidentiel, avant d’être repoussés par les militaires tchadiens soutenus par l’armée française.

Par Le Figaro avec AFP

Tchad : le chef rebelle centrafricain Abdoulaye Miskine incarcéré à N’Djamena

juin 3, 2020

Des combattants de l'ex-Séléka, à Bangui en 2013 (Archives).

Des combattants de l’ex-Séléka, à Bangui en 2013 (Archives). © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

 

Le chef rebelle centrafricain Abdoulaye Miskine et trois de ses compagnons, qui avaient été arrêtés au Tchad, ont été placés sous mandat de dépôt et sont incarcérés à N’Djamena. Ils sont notamment accusés de « la création et la direction d’un mouvement insurrectionnel ».

Le leader et fondateur du groupe armé Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC), signataire en février d’un accord de paix entre le gouvernement centrafricain et 14 groupes armés, avait été arrêté en novembre 2019 au Tchad, à la frontière avec la Centrafrique.

« Il est reproché à Abdoulaye Miskine la création et la direction d’un mouvement insurrectionnel (ainsi que des) viols », a indiqué à l’AFP son avocat Me Mognan Kembetiade, qui affirme qu’il a été entendu par un juge d’instruction lundi et mis sous mandat de dépôt. Le gouvernement centrafricain avait alors demandé son extradition, et l’ONU l’avait mis sous sanction.

« Le temps de finir l’instruction »

« Il y a eu une plainte d’une famille tchadienne, la demande d’extradition des autorités centrafricaines et la manifestation d’intérêt de la Cour pénale internationale (CPI) », a égrainé le ministre tchadien de la Justice, Djimet Arabi, qui a confirmé que le chef rebelle avait « été mis sous mandat de dépôt le temps de finir l’instruction ».

Son homologue centrafricain, le ministre Flavien Mbata, s’est félicité d’ »un pas vers la justice, pour l’intérêt des victimes ». »Les autorités tchadiennes vont le juger et, respectant leur parole, assurer son transfèrement à la RCA et à la CPI, qui a une primauté de compétence. Si la CPI se dit prête, nous allons le confier à la CPI », a-t-il expliqué.

Figure historique de la rébellion depuis la première guerre civile centrafricaine en 2004, année au cours de laquelle il a créé le FDPC, Abdoulaye Miskine, de même que son groupe, a perdu de son pouvoir sur le terrain, mais garde des soutiens politiques et financiers.

Après avoir rejoint l’ex-rébellion Séléka, une coalition de groupes armés qui avait renversé le régime du président François Bozizé en 2013, le « général » autoproclamé Miskine avait signé l’accord de paix de Khartoum du 6 février 2019 entre le gouvernement et 14 groupes armés, par lequel les signataires se partageaient notamment des postes au gouvernement.

Depuis l’accord de Khartoum, les violences ont baissé en Centrafrique mais n’ont pas réellement cessé, et près d’un quart des quelque 4,7 millions d’habitants de ce pays parmi les plus pauvres du monde ont été contraints de fuir leurs domiciles depuis 2013.

Par Jeune Afrique avec AFP