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Une opposante à la guerre en Ukraine perturbe le journal télévisé russe

mars 15, 2022

Choisissant une heure de grande écoute, celle qui est présentée comme Marina Ovsiannikova a affiché son message devant des millions de Russes. Photo : Twitter/@Kira_Yarmysh

Une femme a fait irruption lundi soir pendant le journal télévisé le plus regardé de Russie avec une pancarte critiquant l’offensive militaire en Ukraine, une scène rarissime dans un pays où l’information est strictement contrôlée.

L’ONG de défense des droits des manifestants OVD-Info, qui présente cette femme comme Marina Ovsiannikova, une employée de la chaîne, a dans un premier temps rapporté qu’elle avait été arrêtée et emmenée au commissariat. Elle a ensuite indiqué être sans nouvelles de la jeune femme.

La scène pour laquelle elle a été arrêtée s’est produite pendant le principal programme d’information du soir de la plus puissante chaîne télévisée du pays, Pervy Kanal, baptisé Vremia (le temps), un rendez-vous quotidien suivi par des millions de Russes depuis l’époque soviétique.

Alors que la célèbre présentatrice Ekaterina Andreïeva était en train de parler, Mme Ovsiannikova a surgi derrière elle avec une pancarte sur laquelle on pouvait lire :

« Non à la guerre. Ne croyez pas la propagande. On vous ment, ici. »— Une citation de  Message sur la pancarte brandie par Marina Ovsiannikova

Les Russes sont contre la guerre, pouvait-on encore lire sur la pancarte sur laquelle le drapeau de l’Ukraine et celui de la Russie étaient dessinés.

Imperturbable, la présentatrice a continué de parler quelques secondes pendant que la protestataire scandait arrêtez la guerre, puis la chaîne s’est empressée de diffuser un reportage sur les hôpitaux, mettant fin au direct sur le plateau.

Une enquête interne est en train d’être menée sur cet incident, a laconiquement déclaré Pervy Kanal dans un communiqué.

Selon l’agence de presse Tass, la jeune femme pourrait être poursuivie pour avoir discrédité l’utilisation des forces armées russes.

Coup d’éclat à la télévision russe. Les explications de Tamara Alteresco.

Le pouvoir russe a récemment fait voter plusieurs lois prévoyant de lourdes peines pouvant aller jusqu’à 15 ans de prison pour la diffusion de ce que les autorités considèrent comme de fausses informations sur l’armée.

La simple utilisation du mot guerre par des médias ou des particuliers pour décrire l’intervention russe en Ukraine est passible de poursuites.

La vidéo de l’incident s’est propagée comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes saluant le courage extraordinaire de cette femme, dans un contexte de brutale répression contre toute forme de dissidence.

Depuis le début de l’intervention en Ukraine le 24 février, plusieurs milliers de manifestants ont été arrêtés en Russie, dont plus de 5000 dans la seule journée du 6 mars.

Le salut de la Russie ne peut venir que de femmes comme elle!, s’enthousiasmait un internaute sur Twitter, pendant qu’un autre appelait à la protéger immédiatement.

Léonid Volkov, un proche de l’opposant Alexeï Navalny, emprisonné depuis l’an dernier après avoir survécu à un empoisonnement, a dit sur Twitter que son mouvement était prêt à payer toute amende qui serait infligée à Mme Ovsiannikova.Début du widget . Passer le widget?

Вау. Девушка крутая pic.twitter.com/QXC6s4DPki— Кира Ярмыш (@Kira_Yarmysh) March 14, 2022

J’ai honte

Dans une vidéo enregistrée préalablement et publiée par OVD-Info, Mme Ovsiannikova expliquait que son père étant ukrainien et sa mère russe, elle n’arrivait pas à voir les deux pays comme ennemis.

Malheureusement, j’ai travaillé pour Pervy Kanal ces dernières années, faisant de la propagande pour le Kremlin. J’en ai très honte aujourd’hui, dit-elle.

« J’ai honte d’avoir permis que des mensonges soient diffusés à la télévision, honte d’avoir permis que le peuple russe soit  »zombifié ». »— Une citation de  Marina Ovsiannikova

Dans leur tentative de contrôler toute information au sujet du conflit, les autorités ont bloqué la plupart des médias encore indépendants, ainsi que les principaux réseaux sociaux, comme Twitter et Facebook.

Résultat : la plupart des Russes n’ont accès qu’à la version délivrée par le gouvernement et les médias contrôlés par le Kremlin, dont Pervy Kanal, voulant qu’il s’agisse d’une opération militaire spéciale visant à dénazifier l’Ukraine et à empêcher un génocide.

Avec Radio-Canada par Agence France-Presse

Présidence de l’UE : le temps de parole du président Macron sera décompté

octobre 21, 2021

Dans la perspective de la présidentielle, la parole d’Emmanuel Macron est décomptée sur les chaînes télé et les radios dès qu’il parle de sujets nationaux.

Emmanuel Macron profitera-t-il de la presidence de l'UE des le 1er janvier 2022 pour multiplier les prises de parole ?
Emmanuel Macron profitera-t-il de la présidence de l’UE dès le 1er janvier 2022 pour multiplier les prises de parole ?© GONZALO FUENTES / POOL / AFP

Le 1er janvier 2022, la France prendra la présidence de l’Union européenne pour six mois. Pour la première fois, cette présidence coïncide avec la campagne électorale présidentielle. Emmanuel Macron peut-il profiter de ses multiples prises de parole à venir pour marquer des points dans le cœur des Français ? Comment savoir lorsqu’il parle au nom de l’Europe ou en son nom ? D’autant qu’il peut attendre pour se déclarer jusqu’au 8 mars, date de la publication officielle par le Conseil constitutionnel des candidats à l’élection présidentielle. On sait déjà que le chef de l’État français doit prononcer le 19 janvier un discours devant le Parlement européen à Strasbourg.

« La règle qui s’applique est claire, précise Roch-Olivier Maistre. Pour la présidence française 2022, si le président rend compte d’un conseil de l’Union européenne, il sera pleinement dans l’exercice de ses fonctions. Si des microphones lui sont tendus à la fin de la conférence pour le faire réagir sur ce qu’a dit un candidat à la présidentielle ou une annonce qui concerne le débat national, le compteur de temps de parole se met en marche immédiatement. »

« L’arrêt Hollande »

Cette règle du décompte du temps de la parole présidentielle est méconnue. Elle est pourtant appliquée depuis un arrêt du Conseil d’État de 2009. À chaque fois que le président de la République s’exprime non dans l’exercice de ses fonctions mais sur des questions qui relèvent du débat politique national, il voit ainsi son temps de parole décompté sur les chaînes de télévision et les radios. « On distingue vraiment les interventions du chef de l’État dans la plénitude de ses fonctions et celles concernant le débat politique », insiste Roch-Olivier Maistre, président du CSA.

Pour l’anecdote, le Conseil d’État avait édicté ce principe dans une décision ordonnant au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) de prendre en compte le temps de parole présidentiel, à la suite d’une plainte contre Nicolas Sarkozy de deux députés socialistes : Didier Mathus et un certain… François Hollande. Ce dernier s’était plaint en 2007 de l’absence de décompte des prises de position du président Sarkozy. Ironiquement, la règle qu’il avait exigée s’est d’ailleurs retournée ensuite contre François Hollande lors de son mandat présidentiel, entre 2012 et 2017…

Éric Zemmour et les nocturnes de LCI

Depuis septembre, le polémiste Éric Zemmour, probable candidat à la présidentielle, est considéré comme « un acteur du débat politique national » et est donc soumis au décompte du temps de parole dans l’audiovisuel. Le CSA assume et ne regrette pas du tout sa décision. « Je crois que les dernières semaines ne nous ont pas démenties », indique Roch-Olivier Maistre, président de l’institution.
Par ailleurs, lors de la présentation des modalités de décompte du temps parole durant la campagne présidentielle, il a rappelé que le CSA serait « très vigilant » à ce que les chaînes, d’information en continu notamment, n’abusent pas de la nuit pour rééquilibrer les temps de parole. LCI s’est déjà fait rappeler à l’ordre à la suite de la multirediffusion en pleine nuit en novembre 2020 d’une interview de l’écologiste Yannick Jadot. CNews a par ailleurs récemment diffusé en pleine nuit le meeting de Jean-Luc Mélenchon à Reims.

Par Le Point avec Olivier Ubertalli

L’affaire du viol mimé à la télé va-t-elle permettre un #MeToo ivoirien ?

septembre 7, 2021
Une militante féministe lors d’une manifestation contre la chaîne de télévision Nouvelle Chaine Ivorienne (NCI) au siège de la NCI à Abidjan le 1er septembre 2021.

La séquence a provoqué une vague d’indignation que les peines prononcées par la justice n’ont pas fait retomber. Elle a aussi mis en lumière l’activisme d’une nouvelle génération de féministes. Entretien avec Désirée Dénéo, secrétaire générale de la Ligue ivoirienne des droits des femmes.

Désirée Dénéo est la secrétaire générale de la Ligue ivoirienne des droits des femmes, une association créée l’année dernière qui multiplie les actions sur le terrain et les campagnes de sensibilisation aux violences faites aux femmes. Elle revient pour Jeune Afrique sur le scandale provoqué par l’affaire de la « démonstration » de viol retransmise sur les antennes de la NCI et sur la difficulté qu’il y a à faire bouger les mentalités.

Jeune Afrique : Comment expliquez-vous la mobilisation inédite qu’a connue la Côte d’Ivoire après la diffusion de cette séquence où l’on voit un invité, présenté comme un violeur repenti, mimer une scène de viol sur un mannequin en plastique ?

Désirée Dénéo : La scène dont vous parlez a d’abord choqué pour des questions de pudeur. Nous sommes dans une société qui reste attachée à un certain puritanisme. Mais les féministes ivoiriennes ont aussi joué un rôle dans l’expression de cette indignation collective. Nous sommes de plus en plus nombreuses, nous sommes aussi mieux organisées, et nous savons donner de la voix sur les réseaux sociaux.

L’animateur de l’émission en question, Yves de Mbella, a été condamné à un an de prison avec sursis ; son invité a écopé de deux ans de prison ferme. Êtes-vous satisfaite ?

Je ne le suis qu’à moitié puisque la chaine, la NCI, n’a pas été condamnée. Nous sommes encore en train de travailler sur cet aspect avec notre avocate. Il y aura une suite. C’est pour cela que nous avons refusé de participer à l’émission d’excuses de la NCI.

Une nouvelle génération de féministes, dont vous faites partie, a émergé en Côte d’Ivoire. Quelles sont vos revendications les plus urgentes ?

Nos revendications sont multiples, mais l’urgence aujourd’hui, c’est de mettre en place un arsenal législatif pour lutter contre les violences faites aux femmes en Côte d’Ivoire ainsi que le prévoit la Convention sur l’élimination des violences faites aux femmes que ce pays a ratifiée. Nous demandons notamment la gratuité du certificat médical pour les femmes victimes de viol et de violences. Un décret de 2016 rend ce certificat non-obligatoire pour déposer une plainte en cas de viol, mais sans ce document, la plainte n’aboutit que très rarement à une condamnation. Ce certificat est donc indispensable.

JE DIS TRÈS SOUVENT QUE JE SUIS FÉMINISTE POUR LA GÉNÉRATION À VENIR

Par ailleurs, nos forces de défense et de sécurité ne sont pas suffisamment formées et il faut les sensibiliser sur cette question. Nous réclamons aussi avec insistance un véritable centre d’accueil pour les femmes victimes de violences. Le seul qui existe en Côte d’Ivoire se trouve à Abidjan : il a une capacité de sept places et ne peut accueillir les victimes que pendant trois jours. C’est très insuffisant.

Sommes-nous à l’aube d’un mouvement #Metoo en Côte d’Ivoire et plus généralement en Afrique de l’Ouest ?

Je dirais que oui, même si l’on aurait tort de penser que tout cela est nouveau et que les féministes ouest-africaines étaient jusqu’à présent restées en marge du mouvement. En Côte d’Ivoire, la question des violences faites aux femmes est revenue sur la table et dans les médias grâce aux réseaux sociaux. Des femmes telles que Lamazone Wassawaney, avec la campagne #Brisonslesilenceduviol lancée il y a quelques années, ont participé à la libération de la parole des victimes.

Et il y a donc cette nouvelle génération de féministes à laquelle j’appartiens. Nous sommes blogueuses, web-activistes et nous avons une certaine maîtrise des médias qui nous permet de monter au créneau quand il le faut. Nous agissons collectivement. Nous avons par exemple en Côte d’Ivoire un collectif d’activistes féministes qui est accompagné par l’ONG américaine EngenderHealth. Dans la sous-région, nous avons aussi un réseau et des groupes Facebook créés pour mettre en commun nos revendications. Il y a une réelle sororité entre nous.

Se dire féministe est-il toujours aussi difficile ou bien observez-vous une évolution des mentalités ?

C’est un mouvement qui est toujours mal compris ici. Peut-être parce que les hommes sont attachés à leurs privilèges. Les petites filles sont éduquées selon la vision patriarcale et l’on apprend à tout accepter en tant que femme, à être soumise. Et dès lors que l’on s’oppose à un système qui fonctionne depuis des siècles, c’est tout à fait logique que cela dérange. Je dis très souvent que je suis féministe pour la génération à venir. J’espère que le combat que mène ma génération leur permettra de vivre dans une société juste et égalitaire.

Avec Jeune Afrique par Florence Richard

Reconfinement : comme au printemps, les Français ont passé plus de temps devant la télévision

novembre 30, 2020

En novembre, la durée d’écoute globale de la télévision a gagné 29 minutes par rapport à l’année dernière, selon le baromètre mensuel de Médiamétrie.

Comme au printemps, le confinement a fait grimper en novembre le temps passé par les Français devant la télévision au profit notamment des chaînes d’infos en continu, selon le baromètre mensuel de Médiamétrie publié lundi.

La durée d’écoute globale de la télévision, qui prend en compte le visionnage sur tous les écrans (téléphone, ordinateur…), en rattrapage et hors domicile, s’est établie à 4h23 en novembre, soit 29 minutes de plus qu’un an plus tôt. Lors du premier confinement, plus strict et inédit, cette durée passée devant les chaînes de télévision avait encore plus grimpé pour atteindre 4h40, à contre-courant de la baisse observée depuis plusieurs années.

Le classement des chaînes ne s’en trouve pas pour autant bousculé. TF1 reste en tête avec une part d’audience (PDA) de 20,1%, en hausse de 0,2 point par rapport à novembre 2019. Elle signe ainsi «son meilleur mois depuis juin 2019», d’après un communiqué de la chaîne. Suivent France 2 avec une PDA de 14,1% (+0,2 point sur un an) et M6, remontée sur le podium le mois dernier, avec une PDA de 9,5% (-0,1 point). France 3 (+0,2 point à 9,3%) reste en quatrième position devant France 5, stable à 3,7%. De son côté, Arte gagne 0,2 point à 2,9% tandis que Canal+ en perd 0,1 à 1,2%.

Chez leurs concurrentes de la TNT, les chaînes d’info continuent de profiter de l’appétit des Français pour l’actualité, qu’elle soit liée à la crise sanitaire ou à d’autres événements comme la présidentielle américaine. BFMTV revendique ainsi la place de 6e chaîne de France avec 3,3% de PDA (à égalité avec TMC), en hausse d’1,1 point sur un an, soit la «plus forte progression» du paysage audiovisuel français. CNews égale son record du mois dernier avec 1,8% de PDA (+1 point sur un an) et distance LCI, malgré le record de la chaîne pour un mois de novembre (+0,4 point à 1,2%), Franceinfo (+0,3 point à 0,8%) enregistrant aussi un «mois record depuis sa création».

Par ailleurs, TMC (stable à 3,3%) creuse l’écart avec C8 (-0,2 à 2,7%), talonnée par W9 (+0,2 à 2,6%). Enfin, à part RMC Découverte (-0,3 à 2,1%), aucune autre chaîne ne dépasse 2% de PDA.

Par Le Figaro avec AFP

Décolonisations : la télévision française pose enfin des images sur l’horreur

octobre 10, 2020
Des tirailleurs sénégalais dans le documentaire « Décolonisations, du sang et des larmes », de Pascal Blanchard et David Korn-Brzoza

Diffusé sur France 2 et disponible en streaming, le documentaire « Décolonisations, du sang et des larmes », de Pascal Blanchard et David Korn-Brzoza, met fin, avec d’autres travaux récents, au silence entourant cette période sanglante de l’histoire de France.

Massacres de Sétif de 1945, répression de l’insurrection malgache de 1947… Pendant longtemps, l’extrême brutalité de la France face aux velléités d’indépendance de ses colonies s’est limitée à une ou deux phrases dans les livres d’histoire. Quelques mots, quelques chiffres, qui masquaient difficilement le grand silence entourant l’indicible.À

Mais la violence extrême de l’ancienne puissance impériale, cachée péniblement sous le tapis, a fini par rejaillir d’autant plus vigoureusement dans les débats politiques récents. Et l’audiovisuel français, qui n’est certes plus la voix de son maître, mais qui ne peut plus non plus se contenter d’une indifférence coupable, a engagé en 2020 un tournant radical grâce à deux travaux d’exception.

Violence de l’occupant

Il y a d’abord eu Décolonisations, série documentaire en trois volets des réalisateurs Marc Ball et Karim Miské et de l’historien Pierre Singaravélou diffusée en janvier sur la chaîne franco-allemande Arte. Pour la première fois, la parole était donnée aux anciens colonisés ou leurs descendants pour composer une histoire globale sur près d’un siècle et demi de combats contre l’occupant.

Voici à présent Décolonisations, du sang et des larmes, diffusée en prime time sur France 2. La grande chaîne du service public n’a pas lésiné sur les moyens pour rendre cette pilule amère un peu moins dure à avaler. Les deux documentaires de 80 minutes, disponibles en replay sur le site de la chaîne, s’appuient d’abord sur d’incroyables archives, parfois inédites, mises à disposition notamment par l’armée française et colorisées pour l’occasion.

Ces documents sont parfois stupéfiants, comme ceux montrant l’exposition coloniale parisienne de 1931, qui ouvrent le documentaire… Ou simplement effroyables, à l’image de l’exécution sommaire de supposés rebelles, tués froidement par des soldats français au début de la guerre d’Algérie.

Enfin des images sont posées sur l’horreur. Et si elles disent parfois la violence des indépendantistes, elles raconte surtout celle, disproportionnée, de l’occupant.https://www.youtube.com/embed/friJojhilyw?feature=oembed

Dibango, Thuram et Vergès

Ponctuellement, des invités souvent prestigieux parlent de ce qu’ils, ou de ce que leurs parents, ont vécu. Les agitateurs du groupe Zebda, Hakim et Mustapha Amokrane, le regretté Manu Dibango, la journaliste Mélanie Wanga, l’animateur Soro Solo, l’ex-footballeur Lilian Thuram, la politologue et militante Françoise Vergès… Quels que soient leurs racines et leurs parcours, tous disent au fond la même chose. Leur histoire intime, celle racontée dans leur famille, celle qui les a marqués parfois dans leur chair, est bien loin de l’histoire officielle française.

Ces interventions (un peu courtes à notre goût) permettent d’incarner au présent les blessures de l’histoire qui n’ont toujours pas cicatrisé et de mieux comprendre les débats d’actualité sur les réparations coloniales.À LIRE Françoise Vergès : « Le récit historique en France ne s’est jamais décolonisé »

En voix off, le réalisateur et acteur Lucien Jean-Baptiste avance progressivement la thèse des auteurs : les décolonisations ne sont pas quelques conflits juxtaposés, dont on a surtout retenu l’Indochine et l’Algérie, mais une suite de troubles liés entre eux, entraînant la France dans une guerre de près d’un quart de siècle.

Encore beaucoup de travail

Pédagogique, didactique, et pas manichéen, le documentaire s’appuie surtout sur de précédents travaux de Pascal Blanchard réalisés en collaboration avec d’autres historiens, notamment l’ouvrage Décolonisations françaises, la chute d’un empire (éd. La Martinière) et l’exposition « Les indépendances, 35 ans de décolonisations françaises ».

Ce documentaire et celui diffusé en janvier sur Arte ouvrent une brèche. Mais il faudra certainement encore beaucoup de travaux grand public comme celui-ci pour combler tous les trous de mémoire de l’histoire de France… Et développer l’histoire récente sur les relations de la métropole avec ses anciennes colonies, qui n’ont pas beaucoup perdu de leur violence.

Avec Jeune Afrique par Léo Pajo

États-Unis: L’animateur de télévision Regis Philbin s’éteint à l’âge de 88 ans

juillet 26, 2020
© Fournis par La Presse canadienne
NEW YORK — Regis Philbin qui a animé pendant longtemps des émissions matinales et le jeu-questionnaire «Who Wants to Be a Millionnaire?» à la télévision américaine est mort à l’âge de 88 ans.

Philbin est mort vendredi, à peine un mois avant son 89e anniversaire, de causes naturelles, selon un communiqué de la famille transmis par le porte-parole de l’animateur, Lewis Kay.

Les personnalités se sont succédé à l’émission qui portait son nom. On se rappellera surtout des échanges sur les événements de la veille qu’il avait avec sa co-animatice Kathie Lee Gifford à l’émission «Live! with Regis and Kathie Lee» de 1985 à 2000 ou Kelly Ripa à «Live! with Regis and Kelly», de 2001 jusqu’à 2011.

«Il n’existe aucun mot pour tout mon affection pour mon grand ami Regis, a écrit Gifford, sur Instagram. Je l’adorais, tout simplement. Chaque jour avec lui était un cadeau.»

Les téléspectateurs ont bien ri de la fausse indignation affichée par Philbin parce qu’il n’avait pas obtenu la meilleure table dans un restaurant, la veille, ou se plaignant d’être brimé par sa partenaire.

Après avoir commencé sa carrière professionnelle en stationnant des automobiles dans une station de télévision de Los Angeles, Phibin a totalisé plus de 15 000 heures en ondes. Son nom est d’ailleurs inscrit dans le Livre des records de Guinness.

Il a aussi animé «Who Wants to Be a Millionaire», le jeu télédiffusé qui a été brièvement l’émission la plus populaire au tournant du siècle. ABC l’a diffusé jusqu’à cinq fois par semaine. Au cours de ses deux premières années en onde, elle a engendré environ 1 milliard $ en revenus. Le réseau a dit qu’elle avait été l’émission la plus profitable de l’histoire de la télévision. Elle a aussi été profitable pour Philbin qui est devenu lui-même multimillionnaire.

La fameuse question que posait Philbin. «Est-ce votre dernière réponse ?», est devenue un slogan national.

«On attend tout sa vie pour avoir une telle chance, et parfois, cela n’arrive jamais», avait dit Philbin lors d’une entrevue à l’Associated Press en 1999.

Il a aussi gagné un Emmy d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.

En 2008, Philbin disait que «sortir le meilleur d’un invité était une spécialité».

«La limite de temps oblige à aller directement au point. Cela doit compter, avant d’aller à la publicité et de recommencer. Envoyer la vidéo. Dire au revoir. Et toujours parler sur un ton convivial.»

David Bauder, The Associated Press

Au moins un mort et 37 blessés dans un à Madagascar

septembre 9, 2018

Antananarivo – Au moins une personne est morte et 37 ont été blessées dimanche dans une bousculade à l’entrée d’un stade de la capitale malgache Antananarivo avant le coup d’envoi d’un match de football entre Madagascar et le Sénégal.

« Il y a eu une bousculade devant le stade (…) pour l’instant nous avons un bilan d’un mort et 37 blessés », a déclaré à la presse le directeur de l’hôpital Hjra, Oliva Alison (bien Alison) Rakoto.

Selon des témoins, la bousculade s’est déroulée à l’entrée du stade de Mahamasina.

Des milliers de spectateurs étaient massés depuis le tout début de la matinée pour assister à la rencontre entre l’équipe nationale de Madagascar et celle du Sénégal pour les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2019.

« Notre oncle est allé faire la queue pour voir le match. Il est parti de chez nous vers 8 heures. On a entendu qu’il était hospitalisé ici, après avoir été piétiné dans la bousculade », a raconté à l’AFP une femme de 30 ans, Henintsoa Mialy Harizafy.

« Je n’ai pas compris pourquoi il n’y avait qu’un seul portail ouvert alors que c’est un grand match », a poursuivi Mme Harizafy, venue à l’hôpital Hjra pour prendre des nouvelles de son oncle.

« Nous étions venu faire la queue à 6h du matin. Nous étions à un mètre et demi du portail lorsque la bousculade a eu lieu », a déclaré à l’AFP un autre spectateur, Rivo Raberisaona.

« Moi, j’ai été piétiné au dos. Mais mon sac à dos a amorti les coup », a poursuivi M. Raberisaona, précisant qu’un autre de ses amis avait été lui aussi hospitalisé.

Malgré l’accident, la rencontre entre Madagascar et le Sénégal a débuté comme prévu à 14h30 locales (11h30 GMT) devant plus de 20.000 spectateurs.

L’histoire du football africain est marquée par d e fréquents mouvements de foule meurtriers.

En février 2017, un mouvement de foule avait fait 17 morts et 58 blessés en Angola devant le stade de Uige (nord), avant le début d’un match entre le club local de Santa Rita et du Recreativo do Libolo, en ouverture de la saison du championnat national.

La bousculade était survenue après une intervention de la police, qui avait fait usage de grenades lacrymogènes pour dégager les abords du stade devant lequel se pressait la foule.

En 2009, 19 personnes étaient mortes dans la capitale économique ivoirienne Abidjan après une bousculade lors d’un match de qualification pour la Coupe du monde 2010 entre la Côte d’Ivoire et le Malawi.

Romandi.com avec (©AFP / 09 septembre 2018 12h23)                                                        

Belgique: un animateur de télévision inculpé dans une affaire de vol avec violences

août 29, 2018

Bruxelles – L’animateur de télévision belge Stéphane Pauwels a été inculpé mercredi dans une affaire de vol à main armée avec violences, puis libéré sous contrôle judiciaire, a annoncé le parquet fédéral belge, compétent en matière de criminalité organisée.

Stéphane Pauwels, 50 ans, animateur sur la chaîne RTL-TVI, est un visage très connu du petit écran en Belgique, et intervient aussi dans plusieurs émissions de chaînes françaises (W9, M6, TF1) sur le football.

Présenté à un juge d’instruction de Mons (sud) mercredi, au lendemain de son interpellation par la police, « il a été inculpé et libéré sous conditions », a déclaré à l’AFP Wenke Roggen, porte-parole du parquet fédéral.

L’animateur est suspecté d »être « coauteur de vol à l’aide de violence, avec arme, la nuit et en bande ayant utilisé un véhicule », a précisé la magistrate.

Elle n’a pas voulu s’exprimer sur les conditions du contrôle judiciaire.

Les faits remontent à mars 2017. Un vol à main armée avait alors visé une habitation de Lasne, commune cossue située au sud de Bruxelles.

L’affaire, qualifiée dans les médias de « home invasion » (ce qui suppose des violences contre des occupants de la maison), a été jointe à une instruction portant au total sur une vingtaine de faits de vols à main armée, vols avec effraction et trafic de stupéfiants.

Cinq personnes sont actuellement en détention préventive dans le cadre de ce dossier, a souligné Mme Roggen.

M. Pauwels a choisi comme avocat Me Sven Mary, célèbre en Belgique pour avoir défendu Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos des attentats parisiens du 13 novembre 2015 (130 morts).

Contacté par l’agence de presse Belga, le groupe RTL Belgique n’a pas souhaité faire de commentaire sur une affaire « qui relève de la vie privée ».

En plus de ses multiples interventions sur les compétitions de football, Stéphane Pauwels anime sur RTL-TVI une émission baptisée « Orages de la vie », racontant les épreuves qu’ont pu traverser des personnalités plus ou moins connues.

« La vie est rarement un long fleuve tranquille. Pour certains, l’existence peut être particulièrement difficile, les faisant passer en un instant du bonheur à l’épreuve », est-il expliqué sur le site présentant l’émission.

Romandie.com avec(©AFP / 29 août 2018 19h42)                                                        

Pyongyang, 15h00: le silence de la foule face à la télévision officielle

septembre 22, 2017

Des spectateurs écoutent la lecture d’une déclaration du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un devant un écran géant installé près de la gare de Pyongyang le 22 septembre 2017 / © AFP / Ed JONES

La foule, soudain, devient silencieuse et retient son souffle quand l’écran géant à l’extérieur de la gare principale de Pyongyang noircit. Il est 15H00 (06H30 GMT): le régime va faire une annonce.

Il y a là des travailleurs, des étudiants en uniforme gris, des familles qui sortent de la gare avec leurs bagages, des femmes qui s’abritent sous des parapluies du soleil encore dur de cette fin d’été.

Pendant quelques minutes, tous fixent religieusement le grand écran.

« La foi du révolutionnaire est immuable, même dans la mort », rappelle d’abord un message sur fond rouge.

On peut compter sur la Télévision centrale coréenne quand il s’agit de célébrer les oeuvres du Leader suprême, comme Kim Jong-Un est connu en République populaire et démocratique de Corée (RPDC), le nom officiel de la Corée du Nord.

Mais vendredi matin, le Rodong Sinmun, organe officiel du Parti des travailleurs au pouvoir, et l’agence officielle KCNA avaient déjà rapporté la cinglante envolée de M. Kim contre Donald Trump, le « gâteux américain mentalement dérangé », après les menaces de ce dernier à la tribune de l’ONU.

Alors sur la place de la gare, l’attente du téléspectateur était élevée.

C’est alors qu’est apparue la présentatrice favorite du régime, la septuagénaire Ri Chun-Hee, celle qu’on mobilise pour les grands événements, qu’il s’agisse des essais nucléaires ou des décès dans la dynastie des Kim.

Cette fois, pas d’annonce. Elle a simplement lu la déclaration de Kim Jong-Un, avec en fond une photo du dirigeant à son bureau du Comité central du Parti des travailleurs.

– ‘Trump est un fou’ –

« Un chien effrayé aboie plus fort encore », lit Mme Ri, alors que la foule grossit pour atteindre plusieurs centaines de personnes près de la gare. Le dirigeant nord-coréen explique dans son texte que Donald Trump paiera « cher » pour avoir menacé la Corée du Nord de « destruction totale ».

Sur l’image derrière la présentatrice, Kim Jong-Un, assis à son bureau, fixe l’appareil photo, un micro devant lui, une feuille de papier dans les mains.

Contrairement à la plupart des déclarations à la télévision, qui tendent à se concentrer sur les gouvernements plus que sur les personnes, celle-ci tranche par sa condamnation directe du président, le qualifiant de « néophyte en politique » ou encore d' »hérétique ».

« Trump a rendu le monde nerveux avec ses menaces et son chantage contre tous les pays du monde », attaque M. Kim. « Il est inapte à assurer le commandement suprême d’un pays, et il est certainement un voyou et un gangster qui aime jouer avec le feu, plutôt qu’un homme politique. »

Kim Jong Un a beau être un des dirigeants les plus jeunes au monde et être deux fois plus jeune que Donald Trump, il a une plus longue expérience du pouvoir puisqu’il est aux commandes de la Corée du Nord depuis six ans.

Et « c’est comme s’il l’avait pris de haut en lui expliquant qu’il ne pouvait parler ainsi aux Nations unies », a expliqué John Delury, de l’Université Yonsei à Séoul.

Pour son public à Pyongyang, c’était forcément inspirant.

D’autant que du fait de l’interdiction stricte de toute publication étrangère en Corée du Nord, seules les informations approuvées par le régime ont cours. Or celui-ci s’efforce sans relâche d’ancrer dans la population l’idée que le pays risque à tout moment d’être envahi par les forces américaines et doit, par conséquent, développer son arsenal nucléaire pour se protéger.

« Nous n’avons plus besoin de mots », affirme Kim Kwang-Hyok, un ouvrier du bâtiment, en serrant le poing après avoir écouté la déclaration télévisée. « Il faut traiter ce chien fou à coups de bâton. »

Les Nord-Coréens rencontrés à Pyongyang n’expriment en tant normal que des avis partagés par le régime quand ils parlent aux médias étrangers.

Ryu Ri Hwa, 74 ans, ressent une « colère indescriptible ».

« Nous avons l’arme nucléaire donc je suis très confiante. Nous pouvons gagner 100 fois, 1.000 fois la guerre tant que nous avons notre leader », dit-elle.

« Trump est un fou, un fou, un fou qui ne sait rien. »

Romandie.com avec (©AFP / 22 septembre 2017 18h11)                

Congo: Un journaliste de la télévision d’État gravement mutilé à Pointe-Noire

août 22, 2017

journalist

Le journaliste mutilé et tailladé aux tessons

Le journaliste Chanel Ibata Ndinga de l’antenne régionale de la Télévision congolaise à Pointe-Noire a été victime d’une agression sauvage lundi. L’auteur des coups, un agent des Douanes en fuite, est activement recherché par la police.

Chanel Ibata Ndinga, journaliste reporter est resté de longues heures sur la table d’opération lundi, pour subir à vif, faute d’anesthésie appropriée, une chirurgie réparatrice sur son visage profondément charcuté par son agresseur, Bouéti Didier, un agent des Douanes en service à Pointe-Noire.

Pas moins d’une cinquantaine de points de sutures ont été posés sur le cou et le visage du journaliste complètement défigurés, par des plaies très larges, faites au moyen d’une bouteille préalablement cassée.

plaie

L’état des blessures laisse présager que l’agresseur avait la ferme intention de donner la mort.

Dire que le journaliste a eu beaucoup de chance car les blessures au niveau du coup ont été moins profondes que celles sur la joue, entaillant à peine la veine carotide, sans la percer.

douanier

Bouéti Didier, auteur de l’agression. Le journaliste aurait « détourné » sa petite amie

Sur le motif de l’agression, les versions divergent. Certains dans le milieu des journalistes soutiennent que l’attaque serait la conséquence des investigations menées par le journaliste auprès des douaniers véreux qui se livreraient à des pratiques mafieuses.

D’autres par contre soutiennent qu’il n’y a rien de tout cela. L’attaque aurait plutôt un mobile passionnel. Des témoins affirment que portant des coups, l’agresseur aurait entre autres mots, lancé : « quand je t’aurai arrangé le visage, je verrai comment elle va encore te suivre ».

Quelle que soit la cause de l’agression, seule l’enquête de police en élucidera les contours.

Du coté de la direction de Télé-Pointe-Noire, il n’y a encore eu ni de déclaration officielle ou de dépôt de plainte, tout comme de celui de l’agressé, à titre individuel.

Entre-temps, la rue ponténégrine s’est saisie de l’affaire, qu’elle cuisine à toutes les sauces.

Lesechos-congobrazza.com par Bertrand BOUKAKA