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Angola : entre Isabel dos Santos et João Lourenço, la tension monte d’un cran

mars 29, 2021
Isabel dos Santos à Londres, le 9 janvier 2020.

La femme d’affaires angolaise et fille aînée de l’ancien président dos Santos accuse l’exécutif angolais d’avoir mené « un complot » pour saisir illégalement ses actifs.

La crispation monte d’un cran entre Isabel dos Santos et la présidence angolaise. Dans un communiqué diffusé le 29 mars par une agence de relations publiques anglaise, la femme d’affaires, en difficulté depuis l’arrivée au pouvoir en 2017 du successeur de son père, João Lourenço, dénonce un « complot gouvernemental » mis en œuvre par l’actuel exécutif pour « saisir illégalement » ses actifs.PUBLICITÉ

Dans le cadre d’un litige autour de l’opérateur télécom Unitel, dont Isabel dos Santos et l’État angolais (via la compagnie pétrolière Sonangol) sont actionnaires, la fille aînée de l’ancien président dos Santos indique avoir produit devant un tribunal commercial de Londres des enregistrements audio et vidéo démontrant l’existence d’un « groupe de travail formel au niveau du gouvernement dont le but explicite est de concevoir et coordonner une campagne de saisie d’actifs » contre elle.

Les éléments fournis – collectés par la controversée société de renseignement privée Black Cube, créée par des anciens agents du Mossad israélien et qui a compté parmi ses clients le producteur américain Harvey Weinstein et l’homme d’affaires franco-israélien Beny Steinmetz – attestent aussi, selon Isabel dos Santos, de pressions de l’exécutif sur la justice angolaise pour obtenir le gel préventif de ses avoirs.

Nouvelle offensive

Celui-ci, prononcé fin 2019 en Angola puis début 2020 au Portugal, a, affirme le camp dos Santos, empêché la femme d’affaires de se porter candidate (via sa société Vidatel) au rachat de la participation de 25 % d’Unitel détenue par le groupe brésilien Oi et de régler le montant dû à l’une de ses filiales (PT Ventures) dans le cadre d’un arbitrage international.

Début 2020, c’est Sonangol (via la société Mercury) qui s’est porté acquéreur des 25 %, faisant ainsi passer à 50 % sa participation au capital d’Unitel, contre 25 % pour Vidatel d’Isabel dos Santos et 25 % pour une autre société, Geni, détenue par le général et ancien homme de confiance de José Eduardo dos Santos, Leopoldino do Nascimento « Dino ».

Cette prise de parole, couplée à la publication par le Financial Times d’un article présentant les éléments versés au dossier, est une nouvelle offensive du clan dos Santos contre la présidence Lourenço et la justice angolaise.

Lourenço sous pression

Menée par l’agence Powerscourt, qui défend les intérêts d’Isabel dos Santos depuis début 2020 et a notamment eu pour clients Beny Steinmetz et Dan Gertler – elle intervient après deux premières communications, début et fin mai 2020, dénonçant l’utilisation de documents falsifiés par les autorités de Luanda pour prononcer le gel des avoirs.

Sollicités par Jeune Afrique, la présidence angolaise et le bureau du procureur général de la République, qui rejettent depuis l’ouverture des procédures l’idée d’un processus politique contre Isabel dos Santos, n’ont pas adressé de réponse avant la publication.

Tendues, les relations entre la femme d’affaires – engagée dans des procédures à Londres, Amsterdam, Lisbonne, aux Îles Vierges Britanniques – et l’exécutif angolais se dégradent encore alors que le président Lourenço est sous pression pour produire des résultats dans le cadre de sa lutte contre la corruption comme vis-à-vis de sa promesse d’améliorer les conditions de vie de la population.

Avec Jeune Afrique Estelle Maussion

Haïti sous tension

novembre 5, 2019
© Philippe Leblanc 

Depuis sept semaines, des manifestations spontanées paralysent le pays.

Chaque jour, des milliers de contestataires bloquent de nombreuses rues avec des pierres, des branches, des troncs d’arbres, des blocs de béton, des barrières de métal.

Tout ce qu’ils trouvent sert à paralyser la circulation et à empêcher le transport de marchandises vitales. Ils espèrent attiser la colère des citoyens pour forcer le président à démissionner.

Les manifestants ont cependant été moins nombreux dans les rues de Port-au-Prince depuis deux jours, ce qui a permis aux policiers de dégager des artères importantes et permettre à la circulation de reprendre.

Manifestations et violence

Le carrefour de l'aéroport a été rebaptisé Carrefour des résistants.

© Fournis par Canadian Broadcasting Corporation Le carrefour de l’aéroport a été rebaptisé Carrefour des résistants.
Manifestations et routes bloquées ont aussi contribué à une hausse de la criminalité. Des brigands ont régulièrement profité de la présence de certains barrages routiers improvisés en périphérie de la capitale pour braquer ceux qui osaient s’y aventurer. On rapporte aussi quelques enlèvements.

La tension semble continuer de monter dans les rues de Port-au-Prince même si les manifestants étaient moins nombreux depuis quelques jours. Il suffit de s’arrêter quelques minutes au carrefour de l’aéroport rebaptisé Carrefour des résistants pour entendre une salve de coups de feu à quelques mètres de là.

Quelques instants plus tard, au Champ de mars, lieu de rassemblement traditionnel de jeunes pour discuter de politique et de la situation en Haïti, d’autres coups de feu retentissent. Ils semblent plus loin, à quelques coins de rue de là. La pétarade est plus longue et on ne sait pas si les tireurs avancent vers la place publique ou non. Mais les jeunes n’y prêtent aucune attention. Ils continuent de discuter entre eux comme si de rien n’était.

Du 15 au 30 septembre uniquement, le Réseau national de défense des droits humains, une ONG haïtienne, a recensé 17 morts et 189 blessés directement en lien avec les soulèvements populaires.

Un président qui incarne les maux affligeant Haïti

Étude Lobs explique que Jovenel Moïse a accentué la misère dans ce pays parmi les plus pauvres de la planète.

© Fournis par Canadian Broadcasting Corporation Étude Lobs explique que Jovenel Moïse a accentué la misère dans ce pays parmi les plus pauvres de la planète.
Étude Lobs a 53 ans, un sourire contagieux et un ferme désir de voir le président démissionner. Derrière les chaudrons de son stand de nourriture de rue, où elle sert du spaghetti et des omelettes dans un sandwich, elle explique que Jovenel Moïse a accentué la misère dans ce pays parmi les plus pauvres de la planète.

Elle vit au quotidien les conséquences de l’inflation galopante de 17 % annuellement. Une douzaine d’œufs lui coûtait 200 gourdes haïtiennes (2,80 $) il y a deux ans et demi. La même boîte coûte aujourd’hui 300 gourdes (4,20 $).

Depuis que Jovenel Moïse est président, nous avons faim et nous manquons de nourriture, dit-elle. Il n’y a pas de travail. Les banques sont fermées. Les écoles aussi. Nos enfants souffrent, affirme Étude.

L’ONU estime que deux millions d’enfants sont privés d’école depuis des semaines en raison du soulèvement populaire et du désordre en Haïti. Étude Lobs a perdu la majeure partie de ses clients puisque son kiosque est situé à côté du Collège Canado-Haïtien.

Elle demeure néanmoins responsable de sa famille et de ses cinq enfants. Son fils de 27 ans, Christian, l’accompagne aujourd’hui. Il n’arrive pas à trouver du travail dans ce pays au taux de chômage avoisinant les 70 %.

Tant qu’à rester à la maison à ne rien faire, je l’amène ici avec moi pour qu’il m’aide, explique Étude.

Des promesses vides et brisées

Joël Célestin est adossé contre le mur tout près d’Étude et de son fils. Il ne se gêne pas pour intervenir lui aussi. Non seulement le président Moïse a-t-il appauvri les Haïtiens, dit-il, il leur a aussi fait des promesses mirobolantes qui ne se sont jamais réalisées, ce qui contribue à la méfiance envers les politiciens.

Aux élections présidentielles de 2016 [à laquelle le taux de participation n’était que de 21 %], il a promis du travail et de l’eau aux citoyens, affirme Joël. Il a aussi promis l’électricité 24 heures par jour, mais on n’a jamais eu ça. Il y a encore des pannes de courant rotatives.

Joël Célestin est artiste dans un pays où les citoyens se battent chaque jour pour leur survie. Penser vendre ses toiles en ce moment n’est tout simplement pas réaliste.

Radio-Canada.ca par Philippe Leblanc

Tensions entre la Côte d’Ivoire et l’ambassadeur de l’Union européenne

septembre 5, 2018

Jean-François Valette, ancien ambassadeur de l’Union européenne à Abidjan. © Twitter/Union européenne en Côte d’Ivoire

Alors que la divulgation d’un sévère rapport interne de l’Union européenne a crispé les relations avec la Côte d’Ivoire, l’ex-ambassadeur de l’UE à Abidjan, Jean-François Valette, confirme ses critiques dans un courrier à Jeune Afrique.

Entre la Côte d’Ivoire et Jean-François Valette, qui vient de quitter ses fonctions d’ambassadeur de l’Union européenne à Abidjan, les relations sont devenues si difficiles que chaque mot est désormais l’objet de bataille. Un face-à-face peu courant dans un univers diplomatique habituellement feutré.

Dernier épisode en date, un confidentiel, publié dans Jeune Afrique n°3005-3006 du 12 au 25 août 2018 intitulé « Valette sur la sellette ». Cet article faisait état de la convocation du diplomate par Fidèle Sarassoro, le directeur de cabinet d’Alassane Ouattara, suite à la fuite d’un rapport interne à l’Union européenne très critique à l’égard de la Côte d’Ivoire. Il relatait notamment que Jean-François Valette avait « dit assumer ce rapport, tout en s’excusant pour la fuite. »

Nouveau pic

Dans un droit de réponse envoyé le 30 août à Jeune Afrique (voir ci-dessous), le diplomate dit « s’inscrire en faux » contre une partie de ces affirmations : « Cela ne correspond pas aux propos que […] j’ai tenus à M. Sarassoro […], je n’avais pas à m’en excuser et je ne l’ai donc pas fait », écrit-il.

Une précision en forme de nouveau pic à l’égard des autorités ivoiriennes. Jean-François Valette réaffirme en effet que le contenu était « l’exact reflet de l’analyse collective des huit ambassadeurs européens présents en Côte d’Ivoire », notamment la France.

Bilan inquiétant de la situation en Côte d’Ivoire

Cela faisait de longs mois que le monde diplomatique abidjanais savait que les relations étaient délétères entre l’ambassadeur de l’Union européenne et la Côte d’Ivoire, mais ce sont huit pages qui ont mis le feu aux poudres.

Ce rapport interne de l’Union européenne daté du 18 avril 2018 et qui a fuité fin juillet sur les réseaux sociaux dresse un bilan inquiétant de la situation en Côte d’ivoire, « un pays moins solide et démocratique que sa bonne image pourrait le laisser penser. » Le texte recense des signaux « qui incitent à la vigilance » : une réduction de la croissance, la multiplication par deux de la dette publique, l’augmentation du déficit public. Il s’inquiète également de « l’hermétisme » des autorités ivoiriennes face aux critiques et d’un pouvoir qui semble « trop faible politiquement pour accepter le jeu démocratique », évoquant de multiples « dérives. »

« Volonté manifeste de nuire »

Un constat sans concession qui a fait bondir les autorités ivoiriennes. Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères s’est élevé contre un rapport « inamical », dont la diffusion révélerait « une volonté manifeste de nuire et d’entacher la crédibilité de la Côte d’Ivoire. »

Les attaques personnelles n’ont pas été oubliées. Alors que le ministère ivoirien des Affaires étrangères dénonçait « une série de manquements » et la « discourtoisie » de Jean-François Valette, ce dernier, dans son droit de réponse, se disait surpris de la publication de cette note sur la page Facebook du ministre.

C’est dans ce contexte de forte défiance que Jean-François Valette a quitté ses fonctions le 31 août dernier et a été remplacé par l’Allemand Jobst von Kirchmann. L’Union européenne est un des principaux partenaires de la Côte d’Ivoire.

Jeuneafrique.com

Allemagne: 18 blessés à Chemnitz, toujours sous tension

septembre 2, 2018

Encadrés par les forces de l’ordre, des partisans du parti d’extrême droite AfD défilent à Chemnitz dans l’est de l’Allemagne le 1er septembre 2018 / © AFP / John MACDOUGALL

Dix-huit personnes ont été blessées en marge de nouvelles manifestations samedi soir dans la ville allemande de Chemnitz, épicentre de la contestation anti-migrants de l’extrême droite, contre laquelle le ministre des Affaires étrangères a appelé à la mobilisation générale.

Selon un bilan publié dimanche par la police, des heurts avec les forces de l’ordre sont survenus lors de la dispersion de deux cortèges antagonistes ayant rassemblé au total plus de 11.000 personnes.

D’un côté, environ 8.000 sympathisants de la droite ultra anti-migrants ont marché dans les rues de cette cité saxonne de l’ex-RDA, en hommage à un Allemand de 35 ans tué il y a une semaine de coups de couteau.

La justice a arrêté dans cette affaire un demandeur d’asile irakien et un Syrien.

– Afghan frappé –

De l’autre, quelque 3.000 sympathisants de gauche ont organisé une contre manifestation pour dénoncer l’extrême droite.

Parmi les blessés, légers pour la plupart, figurent trois policiers.

Un groupe de militants sociaux-démocrates a été agressé et leurs drapeaux cassés en rejoignant leur bus. Un responsable du parti, Sören Bartol, s’est dit « scandalisé » sur Twitter.

Une équipe de la télévision publique locale MDR a déposé plainte après avoir été agressée lors d’un tournage.

Chemnitz n’est ni grise ni brune », pouvait-on lire sur une immense affiche collée sous l’imposant buste de Karl Marx situé devant l’Hôtel de Ville. Chemnitz fut baptisée Karl-Marx-Stadt durant la période communiste en RDA. / © AFP / John MACDOUGALL

Par ailleurs, en marge de ces rassemblements, dans un quartier périphérique de Chemnitz, un Afghan de 20 ans a été roué de coups dans la soirée par un groupe de quatre hommes au visage camouflé. Il a été légèrement blessé selon la police.

Le rassemblement anti-migrants était organisé à l’initiative principalement de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD).

Certains des participants scandaient « nous sommes le peuple », reprenant le slogan des manifestants lors de la chute du régime communiste de RDA à l’automne 1989, ou encore « Merkel dégage! ».

– Merkel sous pression –

Chemnitz est sous tension permanente depuis une semaine.

Le 26 août, juste après le meurtre ayant mis le feu aux poudres, une manifestation de sympathisants d’extrême droite avait dégénéré en « chasses collective » à l’étranger dans les rues de Chemnitz, certains défilant en faisant le salut hitlérien.

Et le lendemain, des échauffourées entre manifestants d’extrême droite et d’extrême gauche avaient fait plusieurs blessés.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a exhorté dimanche la population à se mobiliser pour défendre les valeurs démocratiques.

Allemagne: face-à-face entre pro et anti-étrangers à Chemnitz / © AFP / Marion Payet, Bart Biesemans

« Malheureusement, notre société s’est installée dans un confort dont il nous faut sortir » face aux défis de Chemnitz, a dit le chef de la diplomatie au quotidien Bild.

« Il nous faut quitter nos divans douillets et prendre la parole », a-t-il dit, en demandant que le « coma éveillé » de la majorité de la population, qui ne soutient pas les idées de la droite ultra, prenne fin.

Lundi à Chemnitz, un concert rock contre la xénophobie est prévu sous le mot d’ordre « Nous sommes plus nombreux ».

Lors d’un concert de son groupe U2 cette semaine à Berlin, le chanteur irlandais a pris position sur ces événements en estimant que les néonazis de Chemnitz n’avaient « pas leur place en Europe ».

Sur le plan politique, les échauffourées de Chemnitz illustrent à nouveau les difficultés persistantes d’Angela Merkel sur la question migratoire dans son pays.

L’opposition, et pas seulement à l’extrême droite, continue à lui reprocher sa décision il y a tout juste trois ans – le 4 septembre 2015 – d’ouvrir les portes du pays à plus d’un million de demandeurs d’asile en 2015 et 2016.

La chancelière de centre-droit a condamné les « chasses » aux étrangers de Chemnitz mais est restée depuis silencieuse sur le sujet.

La question divise il est vrai profondément son propre camp conservateur, et donc son gouvernement.

L’aile droite bavaroise de son parti démocrate-chrétien (CSU) ne cesse de la critiquer et de réclamer une politique migratoire plus dure, avec en ligne de mire deux élections régionales en octobre, en Hesse et justement en Bavière.

Romandie.com avec(©AFP / (02 septembre 2018 15h06)

RDC: la candidature de Bemba « irrecevable », la tension remonte

août 24, 2018

L’opposant congolais Jean-Pierre Bemba s’adresse à la presse le 2 août 2018 à Kinshasa. / © AFP / Junior D. KANNAH

La tension est repartie à la hausse en République démocratique du Congo où la candidature de l’ex-chef de guerre Jean-Pierre Bemba a été jugée « irrecevable » vendredi par la commission électorale, ce qui a suscité la colère de l’opposition contre le président Joseph Kabila et un « simulacre » d’élection.

La commission électorale nationale et indépendante (Céni) a officiellement rejeté la candidature de M. Bemba, adversaire du président Kabila depuis 2006, en raison de sa condamnation par la Cour pénale internationale dans une affaire annexe de subornation de témoins.

M. Bemba avait fait un retour triomphal à Kinshasa le 1er août après son acquittement en juin par la CPI dans l’affaire principale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité (18 ans de prison).

Début juillet, l’affaire pour subornation de témoins est revenue devant un procureur de la CPI qui a requis un maximum de cinq ans de prison. Les avocats de M. Bemba plaident la relaxe, mettant en avant ses dix ans déjà passés derrière les barreaux.

A Kinshasa, le cas Bemba est avant tout politique.

Juste avant l’annonce de la commission électorale, l’ensemble de l’opposition au président Joseph Kabila avait lancé un appel à la « mobilisation générale » en accusant « le pouvoir en place » de vouloir « exclure » plusieurs de ses candidats.

L’opposition exige « que monsieur Kabila et sa famille politique libèrent le processus électoral, en arrêtant de donner des injonctions à la commission électorale », lit-on dans ce communiqué signé par M. Bemba, l’opposant en exil Moïse Katumbi et Félix Tshisekedi.

– Liste définitive le 19 septembre –

Au total, la commission électorale a écarté six candidats sur les 25 qui avaient déposé leur dossier à l’élection présidentielle prévue le 23 décembre.

Outre M. Bemba, la commission a écarté trois anciens premiers ministres de M. Kabila, Samy Badibanga, Adolphe Muzito, et Antoine Gizenga, 92 ans, ex-frère d’armes du héros de l’indépendance Patrice Lumumba en 1960.

« Ces invalidations sont inacceptables et montrent encore une fois l’instrumentalisation totale de la Céni par Kabila », a réagi sur Twitter Moïse Katumbi.

Ex-gouverneur du Katanga passé à l’opposition en 2015, M. Katumbi affirme avoir été lui-même empêché de rentrer en RDC pour déposer sa candidature lorsqu’il s’est présenté les 3 et 4 août au poste-frontalier entre la Zambie et le Congo.

Il vit depuis mai 2016 en Belgique et a été condamné en son absence à trois ans de prison. « Un fugitif », pour le ministre de la Justice, qui fait état d’un mandat d’arrêt international contre lui.

« Avec la population, l’opposition, la société civile, et nos partenaires, faisons front, augmentons la pression, refusons le simulacre d’élections +kabilistes+ », ajoute M. Katumbi.

Les six candidats écartés peuvent saisir la Cour constitutionnelle dans les 48 heures. La commission électorale doit publier la liste définitive -après recours- des candidats le 19 septembre.

La commission a en revanche retenu le dossier de Félix Tshisekedi, président du parti historique d’opposition UPDS, et fils de son fondateur, Etienne Tshisekedi, décédé à Bruxelles le 1er février 2017.

Elle a aussi validé la candidature de l’ex-ministre de l’Intérieur et chef du parti présidentiel PPRD Emmanuel Ramazani Shadary, le « dauphin » désigné par le président Kabila et sa coalition Front commun pour le Congo (FCC).

Le retrait de M. Kabila, qui ne pouvait plus se représenter mais que ses adversaires soupçonnaient de vouloir passer en force, avait été perçu comme un signe encourageant par certains observateurs.

« Le renoncement de M. Kabila à un troisième mandat inconstitutionnel ne constituait pas la fin du combat dans la quête d’élections inclusives, transparentes, crédibles et apaisées », préviennent les opposants dans leur communiqué.

Plus grand pays d’Afrique sub-saharienne (2,3 millions de km2, quelque 80 millions d’habitants), la RDC n’a jamais connu de transition pacifique du pouvoir.

Le pays regorge de coltan, cobalt cuivre, or…mais le revenu moyen de ses habitants est de 1,25 dollar par jour.

La commission électorale a aussi validé 15.222 candidatures aux élections législatives, en écartant 283 dossiers.

Les trois élections présidentielle, législatives, et provinciales doivent se tenir le 23 décembre. Elles ont été deux fois reportées depuis décembre 2016, date de la fin officielle du deuxième et dernier mandat de M. Kabila.

Romandie.com avec(©AFP / (25 août 2018 04h09)

L’Iran dévoile son premier avion de combat, en pleine tension avec Washington

août 21, 2018

Téhéran – L’Iran a dévoilé mardi son premier avion de combat de fabrication 100% iranienne, tout en affirmant que ses capacités militaires sont uniquement dissuasives et visent à parvenir à une « paix durable », en pleine tension avec les Etats-Unis sur le dossier nucléaire.

Selon l’agence de presse iranienne Tasnim, cet avion de chasse dispose d’équipements technologiques « de pointe », dont des radars polyvalents. L’appareil a été testé avec succès et une démonstration de vol a été diffusée par certains médias officiels.

La télévision d’Etat a montré, à l’occasion de la journée nationale de l’Industrie de la Défense, le président Hassan Rohani assis dans le cockpit de l’avion baptisé « Kowsar ».

« Quand je parle de notre aptitude à nous défendre, cela signifie que nous cherchons une paix durable », a fait valoir M. Rohani, s’exprimant dans le cadre de la parade militaire organisée dans la capitale iranienne.

« Certains pensent que lorsqu’on accroît sa force militaire, c’est qu’on cherche la guerre. Mais nous cherchons plutôt la paix et nous ne voulons pas la guerre », a t-il poursuivi dans ce discours télévisé.

« Si nous n’avons pas de moyens de dissuasion, cela donnera un feu vert aux autres pour entrer dans ce pays », a-t-il encore argué.

– « A moindre coût » –

Rohani, président depuis cinq ans et en difficulté sur la plan intérieur, a réaffirme que l’Iran devait faire preuve de retenue et en même temps de dissuasion, dans une apparente allusion à ses opposants radicaux, qui adoptent un ton plus guerrier vis-à-vis des Etats-Unis.

« Avec quelques phrases, on peut commencer un combat. Avec quelques actes militaires ont peut entrer en confrontation, mais ça sera coûteux », a-t-il averti, plaidant pour une protection du pays « à moindre coût ».

Le ministre de la Défense Amir Hatami avait annoncé la tenue de cet évènement samedi dernier, affirmant que son pays cherchait à améliorer ses capacités balistiques pour répondre aux « menaces » d’Israël et des Etats-Unis, ses ennemis jurés.

« Nos ressources sont limitées », mais « nous mettons à niveau nos missiles en fonction des menaces et des actions de nos ennemis, comme moyen de dissuasion ou de riposte dévastatrice », avait-il dit.

Les déclarations iraniennes interviennent en pleine tension avec l’administration du président américain Donald Trump, régulièrement soupçonnée de caresser l’espoir d’un changement de régime en Iran.

Arrivé au pouvoir en 2017, Trump a décidé en mai dernier de se retirer de l’accord nucléaire de 2015 entre l’Iran et les grandes puissances. Le 7 août, il a unilatéralement rétabli des sévères sanctions à l’encontre de l’Iran, notamment des blocages sur les transactions financières et les importations de matières premières.

Une nouvelle salve de sanctions touchant le secteur des hydrocarbures est prévue en novembre afin d’accroître la pression sur Téhéran.

Des analystes estiment que les ventes de brut iranien pourraient baisser de 700.000 barils par jour par rapport à leur niveau actuel qui est de 2,3 millions de barils par jour.

– « Groupe de travail » –

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a annoncé jeudi dernier la création d’un « groupe de travail sur l’Iran » destiné à faire respecter les sanctions économiques américaines contre Téhéran, au risque de sanctions « secondaires » aux pays qui ne les respecteraient pas.

Malgré les sanctions, M. Trump a dit qu’il restait « ouvert » à un « accord plus global qui concernerait l’ensemble des activités néfastes (de l’Iran), y compris son programme balistique et son soutien au terrorisme ».

Le 13 août, le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a lui affirmé qu’il n’y aurait ni guerre ni négociations avec les Etats-Unis, les problèmes de son pays étant le résultat d’une mauvaise gestion du gouvernement plutôt que du rétablissement des sanctions.

Face aux sanctions, plusieurs entreprises internationales ont toutefois commencé à quitter l’Iran.

Le géant pétrolier français Total, qui avait déjà prévenu qu’il lui serait impossible d’y rester sans une dérogation de la part des autorités américaines, s’est officiellement désengagé de ses projets d’investissements de plusieurs milliards de dollars, a annoncé lundi Téhéran.

Les Etats-Unis souffrent « d’une addiction aux sanctions », avait dénoncé quelques heures plus tôt le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, dans une interview diffusée par CNN.

Romandie.com avec(©AFP / 21 août 2018 12h53)                                                        

Trump et l’Iran s’interpellent à coups de tweets menaçants

juillet 23, 2018

Le président américain Donald Trump le dimanche 22 juillet à sa descente de Marine One / © AFP/Archives / Nicholas Kamm

Le ton monte, via tweets interposés: le président américain Donald Trump a lancé une mise en garde d’une rare virulence contre l’Iran, à laquelle Téhéran a répondu du tac au tac.

Le message menaçant de Donald Trump, envoyé tard dimanche soir, a suscité des interrogations sur la stratégie américaine face à la République islamique, l’administration Trump étant régulièrement soupçonnée de caresser l’espoir d’un changement de régime en Iran.

Dans un registre évoquant celui utilisé il y a un an face à la Corée du Nord, le président américain a appelé l’Iran à « ne plus jamais » menacer les Etast-Unis au risque d’en « subir les conséquences ».

« NOUS NE SOMMES PLUS UN PAYS QUI SUPPORTE VOS PAROLES DÉMENTES DE VIOLENCE ET DE MORT. FAITES ATTENTION ! », a-t-il écrit dans un message adressé à son homologue iranien Hassan Rohani.

« FAITES ATTENTION ! », lui a rétorqué quelques heures plus tard, exactement sur le même mode, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

Si le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rendu hommage à la « position ferme » du président américain, ce message abrupt a aussi suscité une avalanche de questions sur sa portée exacte.

Interrogée sur les motivations du président, sa porte-parole Sarah Sanders a souligné que son « objectif ultime » était de s’assurer que Téhéran n’obtienne pas l’arme nucléaire et « la protection des Américains ».

Ce message est intervenu après un avertissement de M. Rohani au dirigeant américain, lui conseillant de « ne pas jouer avec la queue du lion » et assurant qu’un conflit avec l’Iran serait la « mère de toutes les guerres ».

Une photo diffusée par la présidence irianienne dimanche montrant le président Hassan Rohani dimanche / © Iranian Presidency/AFP/Archives / –

Le président iranien a en outre de nouveau averti que l’Iran pourrait fermer le détroit stratégique d’Ormuz, qui contrôle le Golfe et par où passe jusqu’à 30% du pétrole mondial transitant par voie maritime.

Une menace qui a poussé le centre de réflexion International Crisis Group à relever le niveau de menace sur ce passage stratégique à « sévère ».

Le 8 mai, M. Trump, qui a fait du régime de Téhéran sa principale bête noire, a claqué la porte de l’accord censé empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique et de rétablir toutes les sanctions levées dans le cadre de ce texte jugé trop laxiste.

– « Détourner l’attention » –

Nombre d’observateurs voyaient d’abord lundi dans la virulente sortie du président une volonté de faire diversion a moment où il traverse une passe difficile après ses propos particulièrement conciliants à l’égard de son homologue russe Vladimir Poutine à Helsinki.

« Frustré par l’absence de progrès avec la Corée du Nord, en colère à cause des réactions négatives après Helsinki, Trump essaye d’évacuer, de faire le dur et de changer de sujet », a réagi Aaron David Miller, ancien diplomate et négociateur dans plusieurs administrations démocrates comme républicaines.

« Si la tirade en majuscules de Trump démontre une chose, c’est que les Etats-Unis n’ont pas de politique sur l’Iran », a-t-il ajouté, déplorant une réthorique « vide et ridicule ».

L’accord de 2015 sur le nucléaire en Iran / © AFP / afp

S’appuyant sur ses discussions avec des responsables européens, Rob Malley, président de l’International Crisis Group, soulignait de son côté que ces derniers « ne prennent pas vraiment au sérieux (le tweet présidentiel), y voyant d’abord une façon de détourner l’attention de Mueller (procureur spécial qui enquête sur une éventuelle collusion entre Moscou et l’équipe Trump) et Poutine ».

Si les deux dossiers sont à de nombreux égards très différents, les mots utilisés par Donald Trump évoquent ceux employées il y a un peu plus d’un an à l’adresse du régime nord-coréen et nombre d’observateurs voient des similitudes avec la campagne de « pression maximum » mise en avant face à Pyongyang.

En septembre 2017, lors de son premier discours devant l’assemblée générale de l’ONU, M. Trump avait menacé de « détruire totalement » la Corée du Nord, s’en prenant violemment au « régime dévoyé » de Pyongyang.

Il s’est depuis engagé dans un processus de négociations qui s’est traduit par un sommet à Singapour avec Kim Jong Un qu’il avait pourtant qualifié de Rocket Man » (homme-fusée).

Plus d’un mois après ce face-à-face historique, nombre d’observateurs soulignent cependant l’absence d’avancées concrètes sur la « dénucléarisation complète de la péninsule coréenne » que la communauté internationale appelle de ses voeux.

Lundi, le président américain a vivement réagi à un article du Washington Post selon lequel il serait, en privé, particulièrement frustré par l’absence d’avancée sur ce dossier.

« Les +Fake news+ disent, sans même me demander (toujours des sources anonymes), que je suis en colère parce que cela ne va pas assez vite. Faux, très heureux! », a-t-il tweeté.

Romandie.com avec(©AFP / 24 juillet 2018 04h11)

RDC: vive tension autour de la visite de Félix Tsisekedi à Lubumbashi

octobre 23, 2017

 

Le centre-ville de Lubumbashi, capitale de la province minière du Katanga. © Gwenn Dubourthoumieu pour J.A

Alors que le chef de file de l’opposition, Félix Tshisekedi, est arrivé ce lundi à Lubumbashi, la police locale a annoncé l’arrestation d’au moins 28 militants de son parti, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) dimanche 23 octobre. Des opposants venus l’accueillir ont également été molestés par les forces de l’ordre.

Le président du Rassemblement, la principale coalition d’opposition, Félix Tshisekedi, est arrivé ce lundi à Lubumbashi. Plusieurs dizaines de militants de l’opposition qui convergeaient vers l’aéroport pour l’accueillir ont été dispersés à coup de gaz lacrymogènes et de matraque.

Parmi eux, Antoine Gabriel Kyungu wa Kumwanza, député provincial et responsable local du Rassemblement. Contacté par Jeune Afrique, l’ancien président de l’assemblée provinciale de l’ex-Katanga raconte l’arrivée sous tension de Félix Tshisekedi : « Ils ne m’ont pas permis de me rendre à l’aéroport pour accueillir mon hôte, Félix Tshisekedi. Quatre jeeps bourrées de policiers et militaires lourdement armés m’ont intercepté et m’ont remmené sous escorte à mon domicile. Tout Lubumbashi est quadrillé, la ville est assiégée ! C’est inacceptable ! »

Selon Antoine Gabriel Kyungu wa Kumwanza, Félix Tshisekedi devrait s’exprimer depuis dans la journée. « Des forces de l’ordre ont installé des tanks dans plusieurs endroits de la ville pour empêcher la manifestation de l’opposition. En conséquence, nous attendons Félix Tshisekedi chez moi, à Kipopo, dans le quartier du Golf (à Lubumbashi, NDLR) où il pourra s’adresser à la population », a ajouté le député provincial.

Au moins 28 opposants arrêtés

« L’ordre a été donné par la mairie de Lubumbashi de disperser tout attroupement de plus de cinq personnes », a déclaré le général Paulin Kyungu, chef de la police de la province du Haut-Katanga. La veille, ce dernier avait déjà annoncé à l’AFP l’arrestation de « 28 [activistes] détenus au cachot. Ils seront jugés selon la loi », avait-il déclaré. « Ils insultaient le chef de l’État », a-t-il ajouté, précisant que les personnes interpellées sont des militants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

Une version contestée par le parti d’opposition. « 48 de nos militants ont été arrêtés. Nous exigeons leur libération sans condition », a pour sa part déclaré Dany Kabongo, président de la jeunesse de l’UDPS. Les policiers « ont fait irruption dans notre siège, caillassé le bureau, passé à tabac nos militants », a-t-il ajouté, les accusant également d’avoir emporté une importante somme d’argent.

Condamnation de l’ONU

Les Nations unies ont appelé à leur « libération immédiate et inconditionnelle » par la voix de Maman Sidikou, chef de la Mission de l’ONU en RDC, dans un communiqué publié lundi. La Monusco « condamne » ces arrestations d’opposants survenues alors qu’ils participaient à une réunion privée au siège de l’UDPS.

Climat politique tendu

Dans la soirée de dimanche, l’UPDS avait mis en garde les autorités contre une tentative « d’empêcher tout accueil » de M. Tshisekedi à Lubumbashi ». Un avertissement que le général Kyungu avait rapidement balayé : « Félix Tshisekedi peut venir comme il veut à Lubumbashi », mais la police agira « conformément au dispositions prises par les autorités urbaines ».

Dans un communiqué, le maire de Lubumbashi Jean Oscar Sanguza avait ajouté « qu’aucune manifestation à caractère public ne peut être organisée sans autorisation écrite de l’autorité urbaine introduite avec accusé de réception sept jours avant ».

Le climat politique s’est à nouveau tendu depuis l’annonce par le président de la Commission électorale, Corneille Nangaa, qu’il n’y aurait pas d’élection pour la succession de Joseph Kabila avant 2019.

Jeuneafrique.com

La tension monte au Kenya, où l’opposition crie à la fraude électorale

août 9, 2017

Des habitants marchent près de barricades en flammes dans le bidonville de Mathare à Nairobi, le 9 août 2017. Ils protestent contre les résultats de l’élection présidentielle au Kenya. / © AFP / MARCO LONGARI

La tension montait mercredi au Kenya où l’opposant Raila Odinga rejette en bloc les résultats provisoires d’une élection présidentielle manipulée selon lui par piratage informatique, le sortant Uhuru Kenyatta étant crédité d’une confortable avance.

Au lendemain de l’élection, la police a tiré des grenades lacrymogènes en direction de plusieurs centaines de manifestants dans des fiefs de l’opposition coutumiers de ce genre d’échauffourées en période électorale: un quartier de Kisumu (ouest) ainsi qu’à Nairobi, dans le bidonville de Mathare et le quartier adjacent Huruma.

La Commission électorale (IEBC) a publié mercredi à la mi-journée les résultats transmis électroniquement par plus de 95% des bureaux de vote, créditant M. Kenyatta de 54,35% des suffrages, contre 44,78% pour Raila Odinga, sur un total de 14,4 millions de votes comptabilisés. Ces résultats provisoires doivent encore être validés sur la foi des procès-verbaux des bureaux de vote.

« Il s’agit d’une fraude d’une gravité monumentale, il n’y a pas eu d’élection », a déclaré à la presse Raila Odinga, le candidat de la coalition d’opposition Nasa, des accusations qui, combinées aux manifestations, faisaient ressurgir le spectre des violences de la présidentielle de 2007.

Selon le rival de M. Kenyatta, des pirates informatiques ont « manipulé » l’élection à l’avantage du président sortant en prenant le contrôle du système de comptage des voix grâce aux codes d’accès d’un responsable informatique de la Commission électorale assassiné un peu plus d’une semaine auparavant.

« Uhuru doit rentrer chez lui », a lancé celui qui avait également contesté ses défaites en 2007 et 2013. M. Odinga a soutenu être en tête de l’élection, et a également appelé les Kényans au calme avant toutefois d’ajouter: « Je ne contrôle pas le peuple ».

Le président n’a lui pas encore réagi aux résultats provisoires publiés par l’IEBC, alors que son parti a rejeté les accusations de l’opposition.

Le président de l’IEBC, Wafula Chebukati, a qualifié l’élection de « libre et juste » et souligné que les résultats publiés en ligne, sur la base de transmissions électroniques depuis les bureaux de vote, ne sont pas « définitifs ». La collecte des copies originales des procès-verbaux de chacun des bureaux de vote, en vue de la publication des résultats définitifs, pourrait prendre plusieurs jours, a-t-il dit.

« Pour l’instant, je ne peux pas dire si ce système a été piraté ou non », a en outre déclaré M. Chebukati au sujet du piratage informatique évoqué par l’opposition.

– Déploiement sans précédent –

Pendant ce temps, à Kisumu (ouest), un des bastions de l’opposition, des centaines de partisans de M. Odinga avaient érigé des barricades et mis le feu à des pneus. « Si Raila n’est pas président, nous ne pouvons pas avoir la paix », a vitupéré l’un d’eux avant que les gaz lacrymogènes de la police ne dispersent la foule.

Mercredi matin, les rues de Nairobi étaient anormalement calmes. La police anti-émeute a été déployée dans plusieurs bidonvilles de la capitale, est intervenue à Mathare et Huruma, dans le nord-est de la ville, notamment en tirant des coups de semonce vers le ciel.

Candidat pour la quatrième fois à la présidentielle, M. Odinga avait crié à la fraude en 2007 à l’annonce de la réélection du président Mwai Kibaki. Le Kenya avait alors plongé dans deux mois de violences politico-ethniques et de répression policière ayant fait 1.100 morts et plus de 600.000 déplacés.

En 2013, M. Odinga avait dénoncé des fraudes après la victoire dès le premier tour de M. Kenyatta. Il avait saisi la Cour suprême, qui avait tout de même validé les résultats.

En amont du scrutin, qui a donné lieu au déploiement sans précédent de plus de 150.000 membres des forces de sécurité, de nombreux observateurs avaient exprimé leur crainte de troubles à l’annonce des résultats. La campagne 2017 a été acrimonieuse, l’opposition accusant le pouvoir de préparer des fraudes.

– Problèmes localisés –

Les opérations de vote s’étaient pourtant déroulées sans encombre mardi dans la plupart des 41.000 bureaux. Surtout, malgré quelques problèmes localisés, le système d’identification biométrique des électeurs a semble-t-il fonctionné normalement, contrairement à quatre ans plus tôt.

Les quelque 19,6 millions d’électeurs Kényans devaient aussi élire leurs députés, gouverneurs, sénateurs, élus locaux et représentantes des femmes à l’Assemblée.

Le vote au Kenya se joue plus sur des sentiments d’appartenance ethnique que sur des programmes, et MM. Kenyatta (un Kikuyu) et Odinga (un Luo) avaient mis sur pied deux puissantes alliances électorales.

M. Kenyatta, 55 ans, et son vice-président William Ruto (un Kalenjin) avaient mis en avant leur bilan économique, notamment avec une croissance à plus de 5% par an et le développement des infrastructures. Raila Odinga a dénigré ce bilan, critiquant la hausse du prix des denrées alimentaires et se posant en garant d’une croissance économique mieux partagée.

Romandie.com avec(©AFP / 09 août 2017 15h31)                

Allemagne: Premier face à face Trump-Poutine au sommet d’un G20 sous tension

juillet 7, 2017

Le président américain Donald Trump arrive au sommet du G20, le 7 juillet 2017 à Hambourg / © AFP / Tobias SCHWARZ

Le président américain Donald Trump a rencontré pour la première fois vendredi le maître du Kremlin Vladimir Poutine, un face-à-face sous haute tension en marge d’un sommet du G20 déjà marqué par des affrontements entre police et manifestants.

Les deux hommes ont échangé une première poignée de main et quelques mots en fin de matinée, avant d’entamer une séance de travail à Hambourg en Allemagne avec les chefs d’Etat les plus puissants du monde.

Ils doivent se retrouver pour une véritable discussion afin de discuter des nombreux sujets de crispation entre les deux pays vers 13H45 GMT. La veille, M. Trump a critiqué jeudi le « rôle déstabilisateur » selon lui de Moscou.

Cette rencontre électrique sera un des temps fort d’un sommet du G20 particulièrement tendu, entre les pays membres mais aussi dans les rues où des heurts ont éclaté entre opposants au G20 et la police.

Avant même l’ouverture du sommet, la police a fait état de 111 blessés légers parmi les forces de l’ordre lors des heurts de la nuit. Les protestataires parlent eux « de nombreux blessés » dans leurs rangs, « dont certains grièvement ».

– Voitures incendiées –

Les manifestations ont repris vendredi vers 07H00 locales (05H00 GMT), avec pour objectif de bloquer l’accès des délégations à l’enceinte très sécurisée qui accueille le sommet: des voitures ont été incendiées, notamment des voitures de police, et les policiers ont dispersé au moins un cortège avec des canons à eau et du gaz lacrymogène.

Avec un certains succès: les arrivées de certaines délégations ont été perturbées.

La rencontre Trump Poutine sera scrutée de près, à l’affût du moindre signe de crispation ou, plus improbable, de complicité.

« Il sont tous les deux à l’aise dans l’intimidation et la diversion (…). Ce qui se passera alors entre eux va probablement définir leur relation future », anticipe Derek Chollet, expert au German Marshall Fund of the United States.

– Poutine maître à bord ? –

Le président américain, qui après avoir fait l’éloge de Vladimir Poutine a dû battre en retraite devant les soupçons de collusion entre son entourage et le Kremlin et une série de contentieux entre les deux pays, a certainement le plus à perdre.

Au plus bas dans les sondages aux Etats-Unis, il va devoir trouver le ton juste pour tenter de relancer la relation russo-américaine, plombée sous la présidence Obama, mais sans être taxé de faiblesse ou de complaisance envers le maître du Kremlin.

Le format de la rencontre, qui aura des allures de tête-à-tête, suscite d’ores et déjà beaucoup d’interrogations. Donald Trump ne sera en effet accompagné que de son secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, et d’un interprète, a confirmé à l’AFP une source à la Maison Blanche.

« Les deux n’ont aucune expérience en politique étrangère. Ils devraient être accompagnés de +pros+ face à Poutine », relève Thomas Wright, expert à la Brookings Institution.

« Poutine aime les réunions en petit format. Cela veut dire que la Maison Blanche a laissé le Kremlin dicter les termes de la rencontre », s’inquiète l’ancien ambassadeur américain à Moscou, Michael McFaul, en déplorant l’absence de conseillers qui auraient pu tempérer l’imprévisibilité de Donald Trump.

Un des points débattus entre les deux dirigeants sera la guerre en Syrie, après les vives tensions qui ont suivi la destruction par les Américains d’un avion syrien qui menaçait, selon eux, leur allié kurde.

Les Etats-Unis sont « prêts à explorer la possibilité d’établir avec la Russie des mécanismes communs » de stabilisation de la Syrie, dont des zones d’exclusion aérienne et une « livraison coordonnée de l’aide humanitaire », a souligné Rex Tillerson.

Outre ce temps fort diplomatique, le G20 va débattre de sujets difficiles, comme le climat et le commerce.

Là encore, les Etats-Unis, qui ont déjà remis en cause les accords de Paris sur le climat, risquent d’apparaître seuls contre tous s’ils agitent le spectre protectionniste contre la Chine sur l’acier et contre l’Allemagne dans le secteur automobile.

Le vice-ministre chinois des Finances Zhu Guangyao, cité par l’agence Xinhua, a dit à plusieurs journalistes qu’il espérait parvenir à un consensus sur l’attachement au libre-échange, dont « différents pays bénéficient à des degrés divers ».

– Hypocrites et cyniques –

Sur le climat, les discussions entre délégations ne seront « pas franchement faciles » non plus, a concédé la chancelière allemande Angela Merkel, se refusant à tout pronostic sur un possible compromis.

« Nous allons dire (à Donald Trump, ndlr) que nous pensons qu’il est fondamental qu’il assume un rôle moteur dans la lutte contre le changement climatique et pour la création d’emplois », a déclaré le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, au quotidien allemand Bild, tandis que la Première ministre britannique Theresa May a déclaré à la BBC qu’elle croyait « possible » que les Etats-Unis rejoignent finalement l’accord de Paris.

Romandie.com avec(©AFP / 07 juillet 2017 14h17)