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« Fasciste ! » : vives tensions en marge du discours d’Éric Zemmour à Ajaccio

octobre 9, 2021

Des altercations ont éclaté entre partisans du polémiste et militants indépendantistes et de gauche lors d’une réunion publique samedi après-midi en Corse.

« Le nationalisme corse n’est pas une maladie, c‘est le symptôme d’une France qui n’est plus en mesure de répondre aux attentes des Corses », a déclaré Éric Zemmour.© MAGALI COHEN / Hans Lucas via AFP

« Fasciste », « raciste », « xénophobe »… Les invectives ont fusé aux abords du port Tino-Rossi à Ajaccio samedi après-midi. De vives tensions ont eu lieu en marge d’une réunion publique d’Éric Zemmour, en déplacement pour la promotion de son livre La France n’a pas dit son dernier mot. Le polémiste n’était pas encore arrivé sur le quai d’honneur lorsque des altercations ont éclaté entre ses partisans et des militants indépendantistes et de gauche.

Des coups ont été brièvement échangés entre les deux camps. Plusieurs personnes ont été blessées au cours de ces échauffourées, obligeant les gendarmes mobiles à disperser les deux groupes d’individus. « Nous sommes venus dire à Éric Zemmour qu’il n’est pas le bienvenu chez nous », assène un jeune militant du parti nationaliste Core in Fronte.

Au moment où l’essayiste s’adressait à une foule de quelque 300 personnes venues écouter son discours sur le quai l’Herminier, un camion équipé d’un système de haut-parleurs a diffusé des slogans antifascistes à l’endroit de ses partisans, parmi lesquels figuraient des militants du parti souverainiste d’extrême droite Forza Nova. « La Corse a toujours été une terre d’accueil et nous pensons que la diversité est une richesse, contrairement à ce que véhicule Zemmour, appuie un militant de la CGT, parmi les manifestants. Nous sommes là pour lui faire comprendre qu’il ne fait pas l’unanimité. »

« Quand on veut me faire taire, je parle encore plus »

Ces vives tensions n’auront toutefois pas empêché le probable candidat à l’élection présidentielle de rencontrer le public corse en marge de sa réunion. « Quand on veut me faire taire, je parle encore plus », a prestement balayé Éric Zemmour face à la presse, avant de répondre aux « antifascistes de salon » : « Le nationalisme corse n’est pas une maladie, c‘est le symptôme d’une France qui n’est plus en mesure de répondre aux attentes des Corses. Le nationalisme se résoudra quand la France redeviendra grande. » Des propos qui ont été perçus comme une provocation par les nationalistes. Sur la place des Palmiers, où le polémiste a rejoint une librairie pour une séance de dédicaces, les pro et les anti-Zemmour se sont longuement fait face à coups d’invectives, les uns brandissant son livre, les autres des slogans antifascistes.

C’est dire si la venue de l’essayiste dans l’île n’aura pas été sans faire de remous. Vendredi, tandis que celui-ci s’apprêtait à débarquer à l’aéroport de Figari, 250 personnalités du monde culturel, politique et syndical insulaire ont signé une tribune dans Corse-Matin pour s’opposer à « l’idéologie » et aux « appels à la haine » d’Éric Zemmour. Dans la soirée, une première séance de signatures de son livre à Sartène avait été marquée par de vifs échanges entre Paul-Félix Benedetti, conseiller territorial du parti indépendantiste Core in Fronte, et le polémiste.

Avec Le Point de notre correspondant en Corse Julian Mattéi

Tensions entre le Tchad et la Centrafrique : N’Djamena dénonce « un crime de guerre »

mai 31, 2021

Avec France24

RDC – Bataille rangée à l’Assemblée : comment les tensions entre pro-Tshisekedi et pro-Kabila ont dégénéré

décembre 9, 2020
Un blessé lors des affrontements entre députés pro-Kabila et pro-Tshisekedi au Parlement congolais, à Kinshasa, le 8 décembre 2020.

Les tensions entre les partisans de Félix Tshisekedi et de Joseph Kabila ont atteint un niveau inédit, avec des affrontements jusque dans l’enceinte du Parlement. Récit de ces folles journées qui ont suivi l’annonce de la rupture de la coalition.

Les images, surréalistes, ont fait le tour de la toile. Une véritable bataille rangée entre des députés pro-Kabila d’un côté et pro-Tshisekedi de l’autre. Des chaises volent, certains élus brandissent des barreaux de ces chaises qu’ils viennent de fracasser pour frapper leurs collègues députés. Un homme, le visage en sang, est évacué à bout de bras tandis que la rixe fait rage. Ce mardi, le hall d’entrée du Palais du peuple a été le théâtre d’un bien triste spectacle.

La veille, déjà, les députés en étaient venus aux mains dans l’enceinte même de l’hémicycle. Des élus de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) se sont rués sur l’estrade, renversant les bureaux où siègent habituellement la présidente de l’Assemblée nationale, Jeanine Mabunda, et ses vice-présidents.

Guerre ouverte

Depuis que Félix Tshisekedi a annoncé, le 6 décembre, la fin du mariage de raison qui le liait à Joseph Kabila depuis son arrivée au pouvoir, les tensions déjà vives entre les membres du Front commun pour le Congo (FFC, de l’ancien président congolais) et de Cap pour le changement (Cach, la coalition présidentielle à laquelle appartient l’UDPS) ont tourné à la guerre ouverte.

Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est le dépôt, samedi, d’une pétition demandant la destitution de Jeanine Mabunda et plus généralement des membres de l’actuel bureau de l’Assemblée. Plus de 250 députés nationaux ont apposé leur nom au bas de ce texte, lancé à l’initiative de l’UDPS. Sur ce total, une centaine d’élus sont issus de partis membres du FCC…

Dans le camp de l’ancien président congolais, on affirme que beaucoup de ces signatures ont été obtenues par la corruption. « Nous avons des preuves audio, vidéo et écrites que 7 000 dollars ont été distribués à chaque député en échange des signatures », a notamment affirmé Didier Manara, président du groupe parlementaire du Parti pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, de Joseph Kabila), sans pour autant produire lesdites preuves.

Jeanine Mabunda avait malgré tout décidé de convoquer une séance plénière, pour ce lundi. Mais les pétitionnaires, opposés à cette démarche, ont tout fait pour que celle-ci ne se tienne pas, brandissant l’article 31 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, qui stipule que « lorsque le président de l’Assemblée nationale est mis en cause » les députés ne peuvent être convoqués que par le « bureau d’âge », constitué du doyen de l’Assemblée et des deux députés les plus jeunes. Et c’est Jean-Marc Kabund-a-Kabund, président intérimaire de l’UDPS, qui a lui-même été destitué de ses fonctions de premier vice-président de l’Assemblée en mai dernier après qu’une pétition a été lancée contre lui, qui a pris la tête des « frondeurs ».

Ce lundi, tandis que des manifestants se rassemblent à l’extérieur du Palais du peuple, le ton monte à l’intérieur : les députés font le coup de poing, grimpent sur l’estrade, bousculent les assesseurs et renversent le mobilier.

Dans la soirée, Jeanine Mabunda fait publier un premier communiqué par le bureau qu’elle préside. Elle y annonce la suspension de toutes les activités parlementaires jusqu’à nouvel ordre.

Deux plénières convoquées

Mais c’était sans compter sur la détermination des pétitionnaires, qui ont obtenu du secrétaire général de l’Assemblée nationale – dont le camp Mabunda affirme qu’il a été « enlevé » – qu’il convoque une plénière pour le mardi 8 décembre, à 11h. Un seul point à l’ordre du jour : installation du fameux « bureau d’âge » et l’examen donc des pétitions visant le bureau de Jeanine Mabunda.

Mise devant le fait accompli, cette dernière décide alors de revenir sur sa décision de suspendre l’activité parlementaire et de convoquer à son tour une plénière pour le jour même, mais une heure plus tôt, à 10h.

Comme l’on pouvait s’y attendre, la confrontation entre les deux camps, chacun voulant tenir « sa » plénière, a immédiatement tourné à la foire d’empoigne. Les affrontements entre députés, auxquels leurs gardes du corps ont parfois prêté main forte, ont duré plusieurs heures.

À l’extérieur du bâtiment, Jean-Marc Kabund s’en prend verbalement à des policiers. « Présentement, là, dans le bureau de Mabunda, il y a des sacs de machettes ! » lance-t-il au commissaire général de la police nationale congolaise, Dieudonné Amuli, l’accusant de prendre le parti des pro-Kabila et de « tirer sur les Combattants » – en référence aux militants UDPS massés devant les grilles de l’Assemblée.

Jeanine Mabunda sera finalement exfiltrée de l’Assemblée. « Nous déplorons plusieurs blessés et une hôtesse du bureau de Jeanine Mabunda a été sexuellement abusée », accuse l’un de ses proches.

Le FCC appelle à la « mobilisation générale »

Les députés pétitionnaires ont, eux, fini par se réunir. Ils étaient, à les en croire, « 279 députés au total ». Le « bureau d’âge » a été installé et une date a été fixée pour l’examen et le vote des pétitions visant Mabunda et ses vice-présidents : le jeudi 10 décembre.

« Ce qui s’est passé est un coup d’État constitutionnel ! », déplore Lambert Mende, l’un des caciques du FCC. Le front pro-Kabila a cependant prévu de participer à cette fameuse séance. « La mobilisation est générale », affirme Mende à Jeune Afrique.

Le vote de ce jeudi sera crucial dans la crise institutionnelle qui vient de s’ouvrir. Il dira si Félix Tshisekedi peut compter ou non sur une nouvelle majorité au sein de l’Assemblée nationale. Dans son discours de dimanche, le chef de l’État avait laissé entendre que si cette nouvelle majorité en sa faveur était introuvable, une dissolution de l’Assemblée nationale serait envisagée.

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala – à Kinshasa

L’Iran a visé un faux porte-avions américain lors d’exercices dans le Golfe

juillet 28, 2020

 

Ces manœuvres surviennent alors que les tensions entre Washington et Téhéran ne cessent de croître.

Les forces armées iraniennes ont détruit avec des missiles la maquette d’un porte-avions américain, mardi 28 juillet, lors d’exercices militaires dans les eaux du Golfe au sud de l’Iran, a annoncé la télévision d’État. Les exercices, appelés «Prophète Mohammed 14», ont eu lieu près du détroit d’Ormuz, important couloir de navigation notamment pour les pétroliers.

Ces manœuvres surviennent alors que les tensions entre Washington et Téhéran ne cessent de croître, en particulier depuis le retrait unilatéral en 2018 des États-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien et le rétablissement de sanctions américaines contre la République islamique.

Une attaque aérospatiale et navale

Selon des images diffusées à la télévision d’État, des forces terrestres et aériennes iraniennes se sont préparées à une attaque au large de la côte située au sud-ouest du pays. Des vedettes rapides étaient chargées de tirer et de lancer des roquettes sur le porte-avions. Par la suite, des missiles sol-mer ciblaient et détruisaient le faux transporteur.

La maquette d’un porte-avions de classe Nimitz est apparue ensuite avec des rangées de faux avions de combat visibles de chaque côté de sa piste d’atterrissage. La télévision d’État a coupé la séquence pour montrer des roquettes tirées vers la mer à l’arrière de camions, avant de montrer des dégâts à la coque de la maquette du faux porte-avions. Un autre missile tiré depuis un hélicoptère laisse une traînée de fumée avant de s’écraser sur le côté du faux navire de guerre Nimitz.

Des forces armées ont ensuite été vues en train de descendre sur le pont du navire, alors qu’une dizaine de vedettes rapides l’entouraient. «Ce qui a été montré aujourd’hui dans ces exercices, au niveau des forces aérospatiales et navales, était tout à fait offensif», a déclaré le général Hossein Salami, chef des Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique.

«Irresponsable et dangereux»

De son côté, la marine américaine a dénoncé le comportement «irresponsable et dangereux» de l’Iran. «Cet exercice n’a pas perturbé les opérations de la coalition dans la région et n’a eu aucun impact sur la libre circulation du commerce dans le détroit d’Ormuz et les eaux environnantes», a néanmoins tempéré la porte-parole de la Cinquième flotte américaine, Rebecca Rebarich.

Par Le Figaro avec AFP

RDC: tensions dans le Sud-Kivu où l’ONU renforce sa présence

septembre 16, 2019

 

Les Nations unies ont annoncé ce lundi un renforcement de leur présence militaire dans une zone de l’est de la République démocratique du Congo en proie à des violences communautaires et où s’est récemment rendu un de leurs hauts responsables.

Les violences agitent le territoire de Minembwe (Sud-Kivu), dans une région de hauts plateaux. Le 4 septembre, le secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, avait plaidé sur place en faveur de «la prévention et la résolution des conflits intercommunautaires». «Les Nations unies n’abandonneront pas le peuple congolais», avait lui-même déclaré le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres le 2 septembre à Kinshasa.

Quelques jours plus tard, le 7, des rebelles de la communauté bembe ont lancé une attaque contre un village de «Banyamulenge», ces Congolais éleveurs aux très lointaines ascendances rwandaises. «Les miliciens ont incendié toutes les maisons, les populations ont fui vers le centre de Minembwe», a rapporté à l’AFP Gadi Mukiza, bourgmestre de la commune rurale de Minembwe. La Mission des Nations unies au Congo (Monusco) «renforce ses moyens de protection des civils dans cette zone pour soutenir les autorités congolaises et appelle les acteurs de ce conflit à mettre fin à la violence», a déclaré sa cheffe, Leila Zerrougui, dans un communiqué. La Monusco a déployé ses hélicoptères d’attaque en soutien à l’armée congolaise, a-t-elle détaillé.

La Monusco note par ailleurs que entre 500 et 600 personnes se rassemblent chaque jour autour de ses bases à Minembwe et à Mikenge pour recevoir assistance et protection. La région est le théâtre de violences depuis début mai après la mort d’un notable des Banyamulenge, tués par des membres d’une communauté rivale. Les rumeurs d’intervention du Burundi et surtout du Rwanda (deux pays voisins de la RDC) dans ce conflit n’ont jamais été démontrées. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), 34.000 déplacés seraient directement affectés par ces nouveaux affrontements et de multiples villages auraient été brûlés

Par Le Figaro.fr avec AFP

La Bourse de Shanghai dévisse sous le poids des tensions sino-américaines

octobre 8, 2018

Photo d’archives du 25 septembre 2018, un investisseur à la Bourse de Shanghai. / © AFP/Archives / Johannes EISELE

Les places boursières chinoises ont dégringolé lundi, subissant le contrecoup de l’escalade généralisée des tensions avec les États-Unis pendant la semaine écoulée, alors que les marchés du géant asiatique étaient fermés.

A la Bourse de Shanghai, l’indice composite a terminé en repli de 3,72% à 2.716,51 points, tandis que la place de Shenzhen cédait 3,83% à 1.386,28 points. Les deux marchés sont restés fermés la semaine dernière pour cause de fête nationale chinoise, au moment où les relations avec les États-Unis se dégradaient fortement.

Les relations avec les États-Unis ont été notamment marquées la semaine dernière par des informations de l’agence financière Bloomberg selon lesquelles de minuscules puces informatiques auraient été insérées dans des ordinateurs américains fabriqués en Chine afin de voler des secrets technologiques américains.

Ces informations ont pénalisé lundi les valeurs technologiques, notamment le groupe de télécommunications ZTE, qui a cédé plus de 8%. ZTE a déjà fait l’objet de sanctions aux États-Unis et a été menacé de faillite ces derniers mois à la suite de menaces de l’administration Trump.

Le discours du vice-président américain Mike Pence, qui s’est livré jeudi à un réquisitoire en règle contre Pékin, accusé de travailler à la défaite de Donald Trump, a pu aussi agir sur le moral des investisseurs.

D’autant que des navires de guerre chinois et américain se sont dangereusement approchés en mer de Chine.

Cette chute intervient alors que la banque centrale chinoise a annoncé dimanche qu’elle allait réduire d’un point de pourcentage le taux de réserves obligatoires pour la plupart des banques, la quatrième baisse de cette année visant à les encourager à accorder davantage de crédits aux petites entreprises et au secteur privé.

Ces réductions successives doivent permettre à la Chine d’amortir l’impact économique des taxes imposées par le président américain, Donald Trump, sur 250 milliards de dollars de marchandises chinoises, environ la moitié des exportations du pays vers les États-Unis.

A Hong Kong, à 40 minutes de la clôture, l’indice Hang Seng était en repli de 1,18%.

Romandie.com avec(©AFP / (08 octobre 2018 10h22)

A Gao, les soupçons de fraude électorale réveillent les tensions ethniques

août 5, 2018

Un homme achète un quotidien rapportant les résultats du premier tour de l’élection présidentielle au Mali, le 3 août 2018 à Bamako. / © AFP / ISSOUF SANOGO

Thé à la main, Alassane Maïga ne décolère pas: « On a bourré les urnes dans les zones nomades, pour le candidat du pouvoir ». Dans le nord du Mali, les soupçons de fraude électorale attisent les tensions ethniques.

« On », ce sont les « peaux claires », Touareg et Arabes, précise cet enseignant de Gao convaincu que ce sont les mêmes qui « tous les jours » causent de « l’insécurité », sans pouvoir préciser laquelle de ces communautés il accuse.

« Quand dans un village, il y a 5.000 personnes mais 6.000 qui votent… c’est du bourrage, c’est trop! », tempête cet homme de 45 ans, observateur électoral à Gao lors du premier tour le 29 juillet, dont le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta, est sorti largement en tête, loin devant le chef de l’opposition, Soumaïla Cissé.

Ces allégations, sur toutes les lèvres des partisans de l’opposition depuis la proclamation des résultats officiels provisoires par le ministère de l’Administration territoriale, jeudi soir, sont difficiles à prouver.

Le gouvernement les a annoncés à l’échelle nationale, mais n’a « pas du tout l’intention de les publier en détail, bureau par bureau », a indiqué une source proche du ministère, resté sourd aux demandes répétées de l’opposition et des observateurs internationaux au nom de l’exigence de « transparence ».

Une à une, alors qu’une patrouille de police des Nations unies est venue dans son quartier en prendre le pouls, Alassane énumère les communes proches où les « peaux claires » auraient, selon lui, « bourré les urnes » au profit du président, surnommé « IBK », donné grand favori du second tour le 12 août.

– Insécurité propice aux fraudes –

En mars, les autorités avaient imposé un couvre-feu d’une semaine à Gao, la plus grande ville du Nord, à la suite d’affrontements mortels entre communautés songhaï et arabe.

Le président Ibrahim Boubacar Keïta (gauche) et son principal adversaire, le chef de l’opposition Soumaïla Cissé (droite) votent lors de la présidentielle au Mali, le 29 juillet 2018. / © AFP/Archives / ISSOUF SANOGO, STR

Dans cette région, où l’Etat est peu ou pas présent, les groupes armés signataires de l’accord de paix de 2015, principalement touareg, ont participé à la sécurisation du vote. Plusieurs habitants de Gao accusent le parti présidentiel d’en avoir profité pour pactiser avec eux afin de truquer le scrutin.

« On entend ça partout en ville », confirme un responsable de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma), sous couvert de l’anonymat, sans pouvoir confirmer pour autant qu’il y a bien eu fraude.

Et dimanche, l’entourage de Soumaïla Cissé a annoncé à l’AFP avoir saisi la cour constitutionnelle du pays pour « bourrages d’urnes, violation de la loi électorale, irrégularités » par le camp « IBK ». Deux autres opposants, l’homme d’affaires Aliou Boubacar Diallo et l’ex-Premier ministre Cheick Modibo Diarra, respectivement arrivés troisième et quatrième, ont également saisi la justice.

« Les bourrages d’urnes expliquent notamment les scores d’IBK dans le Nord et le Centre », a affirmé un porte-parole du chef de l’opposition.

« C’est une fraude totale! », lance plus loin Mohammed Touré, en train de prendre le thé avec des amis.

« Dans une commune, ils ont eu 9.772 voix pour IBK et seulement une pour Cissé… mais ils ont 9.000 inscrits! », affirme cet entrepreneur de 31 ans, qui dit tenir ces informations de gens sur place, alors que la participation au niveau national a été officiellement de 43,06%.

– Volonté de paix –

Des soldats maliens patrouillent à Menaka, dans le nord du pays, le 9 mai 2018. / © AFP/Archives / Sebastien RIEUSSEC

Si Gao, aux portes du désert, a été étonnamment calme lors du scrutin, à travers le pays ce sont plus de 700 bureaux de vote, essentiellement dans les zones rurales du centre, sur quelque 23.000, qui n’ont pas pu ouvrir en raison d’incidents violents.

« C’est dans les zones où il n’y a pas de sécurité qu’on entend qu’IBK a volé. Là-bas, les chefs de bureau ont pris les urnes et les ont remplies pour IBK », affirme Abdoulmajid Agagrossi, 23 ans.

Cet électricien au chômage, qui ne demande que « du travail » et de « rester en paix », a affiché sa préférence jusque sur le guidon de son scooter, où trône le visage de Soumaïla Cissé, natif de la région de Tombouctou (nord-ouest), contrairement à IBK, originaire du Sud.

Cinq ans après l’intervention française qui a chassé les jihadistes du Nord, où ils avaient instauré un régime de terreur, les habitants de Gao rencontrés par l’AFP, pro-IBK ou pro-Cissé, s’accordent sur une chose: les violences doivent cesser.

« On veut que le gouvernement travaille pour la sécurité du Mali », résume Ismaël, guide touristique de 24 ans, reconverti vendeur d’artisanat dans la base des troupes de l’opération française Barkhane.

Vêtu d’un boubou blanc écarlate, Idriss Adrega, lui, soutient IBK, car « on ne peut pas nier ce qu’il a fait », tout en regrettant: « Les routes sont mauvaises, il y a beaucoup de choses qui nous manquent, il n’y a pas de sécurité, on nous tire dessus ».

Pour cet imam, « Nous, à Gao, on a trop souffert ».

Romandie.com avec(©AFP / 05 août 2018 20h02)

Israël renforce le blocus sur Gaza dans un contexte de vives tensions

juillet 17, 2018

Photo prise le 17 juillet 2018 à Kerem Shalom, le seul point de passage de marchandises entre Israël et la bande de Gaza sous blocus / © AFP / SAID KHATIB

Israël a renforcé encore davantage le blocus sur la bande de Gaza, en réaction aux cerf-volants incendiaires lancés ces derniers mois depuis l’enclave palestinienne, qui ont provoqué des dommages pour son secteur agricole et contribué au risque d’embrasement.

Trois jours après la pire confrontation armée entre Israël et le mouvement islamiste Hamas depuis la guerre de 2014, le ministère de la Défense israélien a suspendu mardi les livraisons de fioul et de gaz via Kerem Shalom, le seul point de passage de marchandises entre Israël et l’enclave.

La semaine dernière, Israël avait déjà annoncé la fermeture immédiate de ce point de passage, le Hamas dénonçant un « crime contre l’humanité ».

Depuis plus de dix ans, la bande de Gaza, territoire coincé entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée, est soumis à un strict blocus terrestre, maritime et aérien imposé par Israël.

Le renforcement de ce blocus intensifie la pression sur le Hamas, détériorant encore la situation humanitaire déjà précaire dans l’enclave où 80% des deux millions d’habitants sont tributaires d’une aide, selon la Banque mondiale.

Rafah, l’autre point de passage des biens vers Gaza ouvrant vers l’Egypte, était aussi fermé mardi matin, a constaté un journaliste de l’AFP, sans qu’une confirmation officielle en détaille les raisons.

Il était fermé de manière quasi-permanente depuis quelques années.

– Cerfs volants incendiaires – / © AFP / SAID KHATIB

– « Tuer les incendiaires » –

Depuis plus d’une semaine, Israël durcit sa réponse aux cerfs-volants et ballons enflammés lancés depuis Gaza, qui ont déjà dévoré plus de 2.600 hectares de terres israéliennes, selon les autorités.

Après les pierres, le cerf-volant et sa déclinaison incendiaire sont devenus le symbole de la mobilisation palestinienne, embarrassant les dirigeants israéliens qui ne parviennent pas à stopper les dégâts causés par ces engins artisanaux, le plus souvent fabriqués avec un morceau de bois, du plastique et des tissus enflammés.

Ces projectiles incendiaires accompagnent les manifestations de Gazaouis qui protestent le long de la barrière qui sépare Israël de Gaza depuis le 30 mars contre le blocus et pour exiger le retour des réfugiés palestiniens chassés ou qui ont fui de leurs terres en 1948 lors de la création de l’Etat d’Israël.

Au moins 144 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne depuis le début de ce mouvement. Aucun Israélien n’a été tué.

En visite lundi dans les localités voisines de la bande de Gaza, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a rappelé que son pays considérait les cerfs-volants enflammés comme des violations du cessez-le-feu avec le Hamas.

Photo prise le 17 juillet 2018 montrant des bateaux de pêche au port de Gaza, Israël réduisant la zone de pêche sur la côte de 6 à 3 milles / © AFP / SAID KHATIB

« Si je ne me fais pas comprendre par les mots, le message sera clarifié par des actions de l’armée », a-t-il prévenu.

Son ministre de l’Education, Naftali Bennett, a lui estimé mardi qu’il fallait « tuer les terroristes incendiaires et « éteindre cette vague de terrorisme ».

– « Jouer avec le feu » –

Lundi, l’armée israélienne a attaqué deux positions du Hamas d’où, selon elle, des ballons incendiaires avaient été lancés. Ces dernières semaines, les frappes israéliennes étaient surtout dissuasives, ciblées à proximité des lanceurs de projectiles enflammés.

« L’occupation israélienne a exagéré les dégâts causés par les cerfs-volants et les ballons, afin de justifier son attaque contre Gaza », a estimé Sami Abou Zohri, un porte-parole du Hamas dans un communiqué.

« L’occupation israélienne joue avec le feu si ses avions de guerre visent les lanceurs de cerfs-volants », a-t-il averti.

Un cerf-volant auquel est attaché un cocktail Motlotov est dirigé par de jeunes Palestiniens vers la frontière entre la bande de Gaza et Israël, le 18 avril 2018 / © AFP / MAHMUD HAMS

Pour Israël, le Hamas a la capacité de stopper les cerfs-volants.

« Rien ne se passe à Gaza sans le consentement du Hamas », a affirmé à l’AFP Gabi Siboni, directeur de l’institut israélien des études de sécurité nationale et ancien officier de l’armée israélienne, précisant que les cerfs-volants pourraient être à l’origine d’une nouvelle escalade militaire.

Pour Jamal al-Fadi, professeur de science politique à Gaza, le Hamas pourrait stopper ces projectiles mais il les utilise pour faire pression sur Israël.

« Le Hamas est limité dans sa réponse militaire », a-t-il expliqué à l’AFP. « Il n’a pas intérêt à aller à la confrontation, car les gens ne veulent pas d’une guerre à moins qu’elle soit imposée par Israël ».

Samedi, Israël a mené des dizaines de raids aériens, en réponse aux projectiles incendiaires et aux manifestations le long de la barrière qui le sépare de la bande de Gaza.

Ces frappes ont tué deux adolescents palestiniens de 15 et 16 ans, alors que 200 roquettes et obus ont été tirés en réponse depuis l’enclave vers le territoire israélien.

Le Hamas a annoncé plus tard qu’un cessez-le-feu avait été conclu grâce à une médiation égyptienne. Depuis, quelques échanges de tirs seulement sont venus troubler le calme précaire.

Romandie.com avec(©AFP / 17 juillet 2018 14h30)

Centrafrique: tension à Bangui à l’occasion d’une journée « ville morte »

mai 5, 2018

 

Casques bleus dans le quartier PK5 de Bangui, en février 2016. © Jerome Delay/AP/SIPA

La tension a été vive tout au long de la journée de vendredi à l’occasion d’une journée « ville morte » décrétée par la société civile à Bangui, où la mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca) a été prise à partie, a constaté un journaliste de l’AFP.

Plusieurs barricades ont été érigées à divers endroits de la capitale centrafricaine, dont le quartier musulman du PK5 isolé du reste de la ville. Des habitants en colère ont également bloqué des véhicules et des membres de la Minusca, avec une attitude hostile à leur égard.

Face à la crainte de subir la vindicte populaire, au moins 12 personnes blessées en début de semaine au PK5 ont refusé de sortir du centre de soins de la Croix rouge centrafricaine situé dans ce quartier.

Cette tension est survenue après des violences qui ont fait 24 morts et plus de 170 blessés mardi et qui font craindre une résurgence d’affrontements intercommunautaires à grande échelle.

Au nord de Bangui, des hommes appartenant au groupe armé du Front populaire pour la renaissance de Centrafrique (FPRC) ont été arrêtés à Dekoa, localité située sur la route menant de Kaga Bandoro à la capitale, a annoncé vendredi le Premier ministre Simplice Sarandji devant l’Assemblée nationale.

Menace d’une offensive sur Bangui

Mi-avril, deux des principaux groupes rebelles armés issus de l’ex-Séléka prétendant défendre les musulmans, dont le FPRC, avaient menacé de lancer une offensive sur Bangui depuis Kaga Bandoro.

Selon une source onusienne, plusieurs véhicules chargés d’éléments du FPRC ont été repérés vendredi matin dans un village non loin de Dekoa.

« On les a vu entrer, ça a semé la panique chez la population », a témoigné un habitant.

Plusieurs postes renforcés constitués de sacs de sable ont récemment été installés sur la route de Bangui à Damara, ville située à 70 km au nord de Bangui, axe menant jusqu’à Kaga Bandoro en passant par Dekoa, à constater l’AFP.

Le spectre d’affrontements entre musulmans et chrétiens ou animistes a resurgi depuis les violences perpétrées à Bangui mardi.

L’élément déclencheur a été l’interpellation par des forces de défense et de sécurité centrafricaines de « Moussa Empereur », un élément d’une milice du PK5.

Attaque d’une Église

Une église a dans la foulée été attaquée par des hommes armés venus du quartier musulman, causant la mort de plusieurs civils et d’un prêtre, l’abbé Albert Tougoumalé-Baba.

Une enquête a été ouverte et une cellule d’investigation mise en place par la justice centrafricaine.

Selon la Minusca, l’attaque de l’église était une « réaction à l’interpellation » de « Moussa Empereur », mais selon le gouvernement, elle était « une action planifiée » depuis plusieurs jours.

Selon plusieurs témoignages recueillis par l’AFP, les miliciens du PK5 n’ont pas ciblé l’église en tant que telle, mais des forces de l’ordre qui s’étaient réfugiées à l’intérieur.

Planifiée ou non, l’attaque de l’église a déclenché une vague de colère à Bangui, et a fait resurgir le spectre des violences communautaires dans le pays, rappelant les années 2013-2014.

Des violences avaient éclaté après la descente sur Bangui de la rébellion de la Séléka, composée de nombreux musulmans, qui avait renversé le président François Bozizé. Des milices « antibalakas », essentiellement chrétiennes et animistes, s’étaient ensuite constituées pour combattre la Séléka qui menait une politique de terreur dans la capitale centrafricaine.

Une intervention internationale, onusienne et française (Sangaris) dans Bangui et en province avait ensuite considérablement réduit le niveau des violences. Lesquelles ont peu à peu repris depuis le départ des soldats français, en octobre 2016.

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Tensions pré-électorales à Madagascar

avril 7, 2018

 

Andry Rajoelina, l’ancien président malgache, à l’ONU. © Frank Franklin II/AP/SIPA

À quelques mois du scrutin présidentiel, qui doit se tenir cette fin d’année, les tensions s’accumulent sur la scène politique malgache, notamment par des décisions controversées du gouvernement, dont de nouvelles lois électorales, et des soupçons de corruption.

La date exacte du scrutin présidentiel attendu pour cette fin d’année n’a toujours pas été annoncée par la présidence, mais la situation commence déjà à se tendre sur la scène politique malgache. Depuis ces derniers mois, le chef de l’État Hery Rajaonarimampianina et son gouvernement multiplient les décisions controversées qui font craindre « une véritable dérive autoritaire », de la part de l’opposition et des médias, mais aussi de la magistrature et d’une large partie de la société civile, devant une population trop lasse pour réagir et une communauté internationale qui se contente des derniers progrès économiques enregistrés pour éviter d’avoir à se positionner.

Les conclusions de la mission rendue par le FMI, fin mars à Antananarivo, confirmant la vigueur retrouvée de la croissance, estimée à 5 % cette année, sont pourtant passées inaperçues au milieu des décisions administratives et constitutionnelles prises par le pouvoir et qui défrayent la chronique sur la Grande Île.

Nouvelles lois électorales controversées

Comme s’il savait déjà que son bilan économique ne suffira pas à lui garantir la victoire, le président, officiellement en lice pour un second mandat, donne la sensation de vouloir changer les règles du jeu et de compliquer la tâche de ses principaux concurrents, à quelques mois du scrutin. L’adoption, très attendue, des nouvelles lois électorales, le 3 avril, a ainsi tourné à la foire d’empoigne sur les bancs de l’Assemblée nationale. Comme le craignait les différents partis de l’opposition, « aucune des recommandations émises par le comité consultatif qui a réuni pouvoir et opposition pendant plusieurs mois en 2017 n’a été retenue », regrette Hajo Herivelona Andrianainarivelo, président du Malagasy Miara-miainga (MMM), composante de l’Alliance républicaine de Madagascar (Armada). Les trois projets de loi organique, relatifs respectivement au régime général des élections et des référendums ; à l’élection du président de la République et à celles des députés, ont donc été votés par l’Assemblée tels que les lui avait transmis le Conseil des ministres quelques jours plus tôt.

De nombreuses dispositions contenues dans ces lois alimentent pourtant la polémique : de la constitution des listes électorales au raccourcissement drastique de la campagne d’entre-deux-tours et des délais de recours, sans oublier le flou introduit dans le nouveau texte, concernant la démission d’un président candidat à sa succession, tel que le prévoit la Constitution jusqu’au lendemain des résultats du 2ème tour.

Pendant une heure et demie, les parlementaires de l’opposition, ont brandi des pancartes « Stop à la corruption », avant de quitter l’hémicycle

Jean-Max Rakotomamonjy, le président de l’Assemblée, a coupé court au débat, préférant passer en revue les 44 amendements à l’ordre du jour, alors que régnait la confusion la plus totale dans les travées de l’Assemblée, devant le regard impassible du Premier ministre, Olivier Mahafaly Solonandrasana et de son gouvernement. Pendant une heure et demie, les parlementaires de l’opposition, regroupant les indépendants, les élus du TIM de Marc Ravalomanana et ceux du MAPAR d’Andry Rajoelina, ont brandi des pancartes « Stop à la corruption », avant de quitter l’hémicycle et laisser le champ libre aux 79 députés présents en séance qui, 4 heures plus tard, adoptaient comme un seul homme l’ensemble des textes.

Des enveloppes, pouvant contenir jusqu’à 50 millions d’ariarys, auraient été échangées

Un certain nombre d’entre eux s’étaient déjà retrouvés quelques jours plus tôt, durant le week-end de Pâques, à l’hôtel du Paon d’or, près de l’aéroport, pour une session de travail avec certains membres du gouvernement. Des enveloppes, pouvant contenir jusqu’à 50 millions d’ariarys (12 500 euros), auraient été échangées, selon la presse malgache, pour éviter la moindre révision des textes devant l’Assemblée. Une vidéo a circulé sur les réseaux sociaux dès le 3 avril, montrant des parlementaires se partageant de l’argent dans une chambre d’hôtel. Elle a vite provoqué la consternation dans la population, avant qu’il ne soit avéré qu’elle datait en fait de 2016 et qu’elle avait été postée par un membre du MAPAR.

Saisi par les députés de l’opposition, le bureau indépendant anti-corruption (Bianco) a néanmoins ouvert une enquête le 5 avril, sur les soupçons qui entachent l’adoption de ces projets de loi. Le président Rajaonarimampianina aurait lui-même été ému par les critiques qui s’abattent sur son camp ces derniers jours. Selon un conseiller proche du gouvernement, il aurait sévèrement réprimandé ses ministres et même parlé de refaire passer ces textes devant l’Assemblée, lors d’une nouvelle session extraordinaire, la quatrième depuis le début de cette année. Le chef de l’État compte peut-être ainsi répondre aux attentes de « transparence et de légalité », émis le 6 avril par Rivo Rakotovao, le président du Sénat, appelé également à entériner les lois électorales adoptées par l’Assemblée.

Andry Rajoelina interdit de vol aérien

Dans un tel chaos juridique et constitutionnel, l’opposition a beau jeu de parler de recul démocratique. Surtout que d’autres faits viennent alimenter leur crainte. À commencer par l’impossibilité pour Andry Rajoelina de se rendre à l’un de ses meetings organisés, le 30 mars, dans la ville de Mahajanga, au nord du pays. Arguant de la sécurité même du leader du MAPAR, la préfecture avait d’abord interdit la manifestation avant d’être contredite par le tribunal administratif. Andry Rajoelina décide donc d’affréter un jet de la compagnie TOA, mais pour des problèmes techniques, il n’est pas autorisé à décoller de l’aéroport d’Ivato, par l’Aviation civile de Madagascar (ACM).

Les autorités ont parlé de rassemblements importants autour de l’aéroport d’Amborovy qui dessert Mahajanga, pour justifier l’annulation du vol

L’ancien président de la transition, qui doit annoncer sa candidature à la présidentielle dans les toutes prochaines semaines, emprunte alors un vol régulier d’Air Madagascar. Mais alors que l’avion s’apprête à s’élancer, la tour de contrôle donne l’ordre aux pilotes de couper les gaz et de faire descendre la soixantaine de passagers à bord. La décision aurait, cette fois, été prise par l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA), sans fournir d’explications.

« Les autorités ont parlé de rassemblements importants autour de l’aéroport d’Amborovy qui dessert Mahajanga, pour justifier l’annulation du vol », précise un responsable d’Air Madagascar. Andry Rajoelina et les siens n’ont pas tardé à dénoncer une manœuvre du gouvernement. « Le régime a violé le droit élémentaire de libre circulation d’un citoyen malgache sur le territoire national », s’emporte Christine Razanamahasoa, députée du MAPAR. Du côté du TIM également, on crie à la manipulation présidentielle et à l’intimidation. Les supporters de Marc Ravalomanana craignent en effet que leur champion ne puisse concourir à la présidentielle si la nouvelle loi électorale interdit bien à tout justiciable de participer à la moindre élection.

Face à un pouvoir devenu, semble-t-il, adepte du passage en force, « seuls le Conseil d’État et les tribunaux administratifs du pays sont encore aujourd’hui en mesure de faire entendre la raison du droit, comme a réussi à le faire le tribunal administratif de Mahajanga, veut croire Fanirisoa Ernaivo, la présidente du Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM). La Cour suprême, elle, a déjà été mise au pas, suite au renvoi de son Procureur général, Ranary Robertson Rakotonavalona, début mars. Normalement réservée au Conseil supérieur de la magistrature, la décision a été prise par la ministre de la Justice, Rasolo Elise Alexandrine. Sans provoquer la moindre vague, dans un pays qui commence à s’inquiéter, en silence, de la tournure que pourrait prendre la situation dans les derniers mois précédents l’élection présidentielle.

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