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Syrie: un imam pro-régime assassiné puis traîné à terre à Alep

mars 30, 2013

BEYROUTH – Un imam pro-régime d’une mosquée d’Alep, la grande ville du nord de la Syrie, a été assassiné par des rebelles qui ont par la suite traîné son corps à terre, rapporte samedi l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Cheikh Hassan Seifeddine, connu pour ses positions pro-régime, a été tué dans la nuit de vendredi à samedi par des combattants rebelles (…) et son corps a été traîné à terre, selon l’OSDH.

L’agence officielle Sana a de son côté rapporté que cheikh Seifeddine, imam de la mosquée Al-Hassan, dans l’est du quartier de Cheikh Makssoud, dans le nord d’Alep, a été assassiné par des terroristes qui ont mutilé son corps par la suite.

Le régime désigne sous le terme de terroriste l’opposition armée qui le combat depuis plus de deux ans.

La chaîne officielle d’informations en continu Al-Ikhbariya a rapporté que le cheikh avait été égorgé, citant les autorités religieuses à Alep.

Les oulémas d’Alep dénoncent ce crime ignoble commis par les ennemis de l’humanité qui ont assassiné cheikh Hassan Seifeddine et ont posé sa tête sur le minaret de la mosquée al-Hassan, a rapporté la télévision.

Cheikh Makssoud est un secteur à majorité kurde. De violents combats entre pro et anti régime ont éclaté au cours des dernières 24 heures dans l’est de ce secteur, habité par des sunnites non-kurdes.

Les affrontements ont impliqué essentiellement des non-kurdes, selon l’OSDH, qui s’appuie sur un large réseau de militants et de sources médicales et militaires à travers le pays.

Les oulémas ont réclamé que l’armée syrienne libère la Syrie des criminels mercenaires porteurs de la pensée obscurantiste, en référence aux groupes jihadistes très actifs dans les combats entre rebelles et armée régulière.

Les combats dans l’est de Cheikh Makssoud ont fait 31 morts –10 civils, 14 militants armés pro-régime et sept rebelles–, selon l’OSDH.

D’après l’organisation, l’armée tente d’empêcher les rebelles de s’emparer de l’est de Cheikh Makssoud qui est situé sur une colline et qui permet aux insurgés de mener des attaques au mortier sur les secteurs d’Alep contrôlés par le régime.

Alep est secouée depuis près de neuf mois par de violentes combats entre rebelles et armée pour le contrôle de la capitale économique de la Syrie.

Sur d’autres fronts, l’armée de l’air, principal atout du régime dans sa bataille contre la rébellion, a lancé plusieurs raids contre des localités dans la région de Deraa, berceau de la révolution dans le sud du pays.

Parmi les zones visées figure Daël, ville prise vendredi par les rebelles qui accélèrent ainsi leurs avancées dans le sud, coupant progressivement la province de Deraa de la capitale Damas.

Cette province est stratégique car elle est frontalière de la Jordanie. Lundi, des rebelles ont fermé les deux uniques postes-frontière avec le royaume, selon l’armée jordanienne. Les insurgés ont également pris récemment le contrôle d’une bande de 25 km allant de la Jordanie à la ligne de cessez-le feu avec Israël sur le plateau du Golan, selon l’OSDH.

La Syrie soupçonne la Jordanie d’avoir ouvert récemment sa frontière pour laisser entrer dans le sud du pays des jihadistes et des armes, avait affirmé à l’AFP une source de sécurité à Damas.

A Damas, l’armée bombardait les quartiers périphériques de Qaboun (nord-est) et Jobar (est) ainsi que la banlieue de Daraya (sud-ouest), bastions des rebelles qui tentent depuis plusieurs semaines d’avancer vers le centre de la capitale.

Les violences qui ne connaissent pas de répit ont fait 157 morts vendredi et au moins 83 samedi en fin d’après-midi, selon un bilan provisoire de l’OSDH.

Romandie avec (©AFP / 30 mars 2013 17h03)

Crise malienne : « L’armée tchadienne est à la disposition de l’Union africaine », selon Sékouba Konaté

novembre 14, 2012
Sékouba Konaté est arrivé à N'Djamena lundi 12 novembre. Sékouba Konaté est arrivé à N’Djamena lundi 12 novembre. © AFP

Exclusif. Après des mois d’hésitation, le chef de l’État tchadien, Idriss déby Itno, a décidé d’engager ses troupes au Nord-Mali. C’est ce qu’il a confié lors d’un entretien, mercredi 14 novembre à N’Djamena, au commandant de la Force africaine en attente (FAA, de l’UA), le général guinéen Sékouba Konaté.

C’est à un de ses frères d’armes, le général Sékouba Konaté, qu’Idriss Déby Itno a réservé la primeur de sa décision. Mercredi 14 novembre au matin, au cours d’un entretien à la présidence, à N’Djamena, le chef de l’État a confié au commandant de la Force africaine en attente (FAA, de l’UA) que « les forces tchadiennes sont à la disposition de l’Union Africaine et de la Cedeao [pour une intervention au Nord-Mali, NDLR], si elles en font la demande ».

La décision était dans l’air depuis lundi, avec l’arrivée de l’ancien président guinéen de transition dans la capitale tchadienne. Officiellement, Sékouba Konaté venait parler de la mise en œuvre du processus devant aboutir à la mise en place de la force africaine en attente. Mais le sujet de la crise au Mali était incontournable.

Idriss Déby Itno, qui pourrait se rendre à Paris avant la fin de l’année, a donné son accord à la participation de l’armée tchadienne pour une intervention au Mali, mais a souhaité que l’Union africaine et la Cedeao fassent une requête en ce sens. D’autres discussions sont prévues pour déterminer le niveau de participation des Tchadiens (nombre de soldats, moyens). Selon des sources militaires, les troupes d’élite de l’unité anti-terroriste, formées dans le cadre de la coopération avec les États-Unis, devraient former la tête de pont du détachement tchadien.

Les raisons de l’hésitation

Convié à participer au sommet de la Cedeao consacré au Mali, la semaine dernière à Abuja, Déby Itno s’était fait représenter par son Premier Ministre, Emmanuel Nadingar, qui s’est contenté de dire que le Tchad réservait sa réponse.

« Cette affaire concerne d’abord l’Afrique de l’Ouest, on a parlé du Tchad dès que l’idée d’une intervention étrangère a été  évoquée. N’étant pas de l’Afrique de l’Ouest, nous devions ménager les susceptibilités des autres puissances de la sous-région », explique un diplomate sous couvert de l’anonymat. Qui évoque, sans le citer, le Nigeria avec lequel le Tchad a quelques difficultés au sujet de Boko Haram. Les autorités nigérianes sont très remontées contre les Tchadiens, qu’ils soupçonnent de fermer les yeux sur les activités de la secte islamiste sur son territoire. Sur ce dossier, N’Djamena a visiblement préféré jouer profil bas.

 Jeuneafrique.com  par Madjiasra Nako, à N’Djamena