Posts Tagged ‘THAÏLANDE’

Thaïlande: les enfants bloqués dans une grotte inondée écrivent à leurs parents

juillet 7, 2018

Des soldats thaïlandais poursuivent les opérations d’évacuation pour libérer 12 enfants et leur entraîneur de football bloqués dans la grotte de Tham Luang, le 7 juillet 2018 à Mae Sai / © AFP / YE AUNG THU

Des lettres des douze enfants bloqués depuis 14 jours dans une grotte inondée en Thaïlande ont été transmises samedi via les plongeurs, tandis que les secours évoquaient une fenêtre de trois à quatre jours pour les évacuer avant l’arrivée de nouvelles pluies.

« Ne vous inquiétez pas, Papa et Maman. Cela fait deux semaines que je suis parti, mais je vais revenir vous aider à la boutique », écrit Ekkarat, signant de son surnom, Bew. Ses parents tiennent une petite épicerie.

« Je vais bien, mais il fait un peu froid ici. ne vous inquiétez pas pour moi. N’oubliez pas de me préparer une fête d’anniversaire », dit un autre enfant, Duangphet, signant de son surnom, Dom.

« Si je sors, s’il vous plaît, emmenez-moi manger du moo krata », un plat thaïlandais à base de porc grillé et de légumes, dit un troisième, Piphat, signant de son surnom, Nick.

Les lettres écrites par les enfants à leurs familles, qui attendent avec angoisse à la sortie de la grotte, sont les premières preuves de vie publiques transmises depuis mardi.

Des volontaires participant aux opérations de secours des enfants bloqués dans une grotte inondée se reposent à Mae Sai, dans le nord de la Thaïlande, le 7 juillet 2018 / © AFP / YE AUNG THU

Le jeune entraîneur ddee football qui a emmené le groupe d’enfants dans cette expédition qui a mal tourné, a écrit une lettre d’excuses aux parents: « Merci pour tout le soutien moral. Je demande pardon à tous les parents », dit Ekkapol Chantawong, 25 ans.

Les opinions en Thaïlande sont partagées entre ceux qui lui reprochent d’avoir emmené les enfants sous sa responsabilité dans une grotte connue pour être inondable à la mousson, et d’autres qui lui sont gré d’avoir donné aux enfants sa ration de nourriture avant qu’ils ne soient localisés.

Après la publication de deux vidéos, la première filmée lors de la découverte du groupe par des plongeurs britanniques lundi soir, la deuxième mardi, aucune vidéo n’a été publiée depuis du groupe retrouvé perché sur un rebord, à plusieurs kilomètres dans les tréfonds de la grotte.

Ils ont été piégés le 23 juin par la montée des eaux dans cette grotte au fin fond du nord de la Thaïlande, à la frontière avec la Birmanie et le Laos.

Thaïlande : opérations de secours / © AFP / Laurence CHU

Les secours s’interrogeaient samedi sur l’opportunité de déclencher une évacuation périlleuse, des pluies de mousson attendues prochainement risquant de ruiner les efforts continus depuis plusieurs jours pour drainer l’eau de la grotte.

« Maintenant et pendant les trois ou quatre prochains jours, les conditions pour une évacuation sont parfaites en ce qui concerne l’eau, le temps et la santé des garçons », a déclaré aux journalistes Narongsak Osottanakorn, le chef de la cellule de crise. « Nous devons decider ce que nous pouvons faire ».

Les secours ont inséré un tuyau de plusieurs kilomètres pour acheminer de l’oxygène dans la poche où le groupe s’est réfugié.

Le niveau d’oxygène s’est stabilisé dans la grotte, mais le niveau de « dioxyde de carbone est un autre facteur » à prendre en compte, a-t-il précisé.

Photo d’une lettre écrite par un des garçons piégés dans la grotte en Thaïlande, fournie par l’armée thaïlandaise le 7 juillet 2018 / © ROYAL THAI NAVY SEAL/AFP / Handout

« Lorsque vous êtes dans un espace confiné, si l’oxygène descend à 12%, le corps commence à ralentir et les gens peuvent perdre connaissance », a dit Narongsak Osottanakorn.

Des pluies attendues prochainement pourraient réduire une bonne partie du rebord boueux sur lequel le groupe a trouvé refuge.

« L’eau pourrait monter jusqu’au lieu où les enfants sont assis et réduire cet endroit à moins de 10 m2 », a fait savoir Narongsak Osottanakorn, citant des estimations d’experts et de plongeurs.

Samedi soir, une grosse averse de mousson est tombée pendant une demi-heure, rappelant l’urgence à évacuer les enfants.

Photo non datée fournie le 17 juillet 2018 par la Marine Royale de la ThaÏlande montrent des soldats dans la grotte de Tham Luang / © ROYAL THAI NAVY/AFP / Handout

– Plus de 1.100 journalistes –

Tôt samedi, il avait dit que les enfants n’étaient pas encore prêts à entreprendre le dangereux parcours pour sortir de la grotte. Mais le niveau d’eau dans la grotte a été réduit grâce aux opérations de drainage.

Long de plusieurs kilomètres dans des boyaux accidentés, le parcours pour sortir de la grotte comprend de difficiles passages sous l’eau.

Signe du péril de l’entreprise, un ancien plongeur de la marine thaïlandaise a péri vendredi lors d’une opération de ravitaillement des enfants.

Un policier thaïlandais à Mae Sai, dans le nord de la Thaïlande, le 7 juillet 2018 / © AFP / Ye Aung THU

Or, une bonne partie des enfants, âgés de 11 à 16 ans, ne savent pas nager, et aucun n’a fait de plongée.

Pour le moment, il faut onze heures à un plongeur aguerri pour faire l’aller-retour jusqu’aux enfants: six heures aller, cinq heures retour grâce au courant.

A l’intérieur, les enfants sont « en bonne santé », a assuré M. Osottanakorn.

Pour préparer une évacuation par le haut, alternative à une extraction en plongée, plus de cent forages ont été réalisés à la verticale dans la montagne: certains peu profond, mais l’un d’entre eux long de 400 mètres.

Samedi dix sauveteurs chargés d’explorer la montagne pour trouver des voies susceptibles de conduire vers la grotte ont été légèrement blessés lorsque leur voiture est tombée d’une falaise.

L’opération de sauvetage fait toujours la Une de l’actualité, avec désormais plus de 1.100 journalistes enregistrés sur place, leurs caméras alignées dans la boue de cette forêt tropicale.

Romandie.com avec(©AFP / 07 juillet 2018 22h15)

Thaïlande: une vingtaine de disparus dans un naufrage au large de Phuket

juillet 5, 2018

Bangkok – Une vingtaine de personnes sont portées disparues après qu’un bateau de plongée avec 90 personnes à bord a chaviré au large de l’île touristique de Phuket en Thaïlande, ont annoncé jeudi les services de secours.

Le bateau a chaviré dans une mer agitée et « l’opération de sauvetage se poursuit », a annoncé un responsable des services de secours, basés à Bangkok.

Le bateau allait de Koh Racha à Phuket, dans le sud de la Thaïlande.

On ignorait dans un premier temps si les victimes étaient des touristes, mais Phuket attire de nombreux visiteurs étrangers.

Dans un autre accident, un yacht, appelé le Senerita, transportant 39 personnes a chaviré jeudi dans la même région, a annoncé le responsable.

Selon de premières informations, tous les passagers sont sains et saufs, mais le responsable n’a pu donner plus d’informations.

La Thaïlande est l’objet de l’attention des médias internationaux pour le sauvetage spectaculaire de douze enfants et de leur entraîneur de football piégés depuis 12 jours dans une grotte inondée dans le nord.

Romandie.com avec(©AFP / 05 juillet 2018 14h22)                                                        

En Thaïlande, les enfants piégés dans une grotte retrouvés « sains et saufs »

juillet 2, 2018

Photo des jeunes footballeurs retrouvés par les sauveteurs dans la grotte de Tham Luang en Thaïlande, le 2 juillet 2018 / © AFP / LILLIAN SUWANRUMPHA

Les 12 enfants et leur entraîneur de foot pris au piège depuis neuf jours dans une grotte inondée en Thaïlande ont été retrouvés « sains et saufs » lundi soir, suscitant la liesse des secouristes et des familles.

« Nous les avons retrouvés tous les 13 sains et saufs », a annoncé le gouverneur de la province de Chiang Rai, Narongsak Osottanakorn, au milieu des cris d’enthousiasme des secouristes et des journalistes.

Mais l’évacuation ne sera pas immédiate, a précisé celui qui dirige aussi la cellule de secours. Des secouristes resteront dans la grotte avec eux jusqu’à ce qu’ils soient assez en forme pour parcourir les près de quatre kilomètres les séparant de la sortie, en partie inondés.

« Nous allons leur apporter de la nourriture, mais nous ne sommes pas sûrs qu’ils puissent se nourrir vu qu’ils n’ont pas mangé depuis longtemps », a-t-il ajouté.

Un médecin doit se rendre sur place, en plongeant, pour évaluer leur condition physique. Les personnes étant restées longtemps dans l’obscurité et le confinement d’une grotte peuvent présenter des troubles oculaires et pulmonaires.

Des plongeurs de la marine royale thaïlandaise inspectent un tunnel de la grotte de Tham Luang, où sont bloqués 12 enfants et leur entraîneur de football, le 1er juillet 2018 près de Chiang Rai / © ROYAL THAI NAVY/AFP / ROYAL THAI NAVY

Une vidéo poignante filmée par des sauveteurs montre un groupe d’enfants maigres, vêtus de maillots de football trop grands et maculés de boue. Ils sont réfugiés sur un promontoire étroit entouré d’eau.

« Merci », s’exclame l’un d’eux. Un autre répond « 13 » quand un des plongeurs à l’accent britannique demande combien ils sont.

Tout en éclairant le groupe avec sa torche, le plongeur cherche à rassurer les enfants: « beaucoup, beaucoup de gens sont en route » pour les secourir, affirme-t-il. « Vous êtes très résistants ».

Les plongeurs ont trouvé les jeunes un peu au-delà de « Pattaya Beach », la zone soupçonnée de leur tenir lieu d’abri. « Pattaya Beach était inondée mais nous les avons retrouvés 300 à 400 mètres plus loin », a précisé le gouverneur.

Bonheur des familles qui campaient à l’extérieur de la grotte de Tham Luang en Thaïlande après avoir appris que les 12 enfants et leur entraîneur qui y étaient piégés depuis neuf jours ont été retrouvés sains et saufs, le 2 juillet 2018nndes enfants piégés dans une grotte inondée en Thaïlandedans la grotte  / © AFP / Lillian SUWANRUMPHA

Lundi soir, la nouvelle s’est répandue à vitesse grand V sur les réseaux sociaux et les parents des enfants, qui dorment pour certains dans un gîte non loin de la grotte depuis des jours, ont exprimé leur joie, unissant leurs mains.

« Je suis si heureux… Je veux le voir, en bonne santé mentale et physique », a réagi Thinnakorn Boonpiem, père d’un des disparus. « Je suis soulagée », confie une mère, rassurée depuis que les secouristes lui ont dit que son fils avait survécu « en buvant de l’eau de pluie » ruisselant dans la grotte.

Les jeunes footballeurs âgés de 11 à 16 ans et leur entraîneur s’étaient aventurés le soir du 23 juin, après leur entraînement sportif, dans la grotte de Tham Luang, dans cette zone de forêt tropicale dense, à la frontière avec la Birmanie et le Laos.

Mais ils avaient été bloqués par les fortes pluies de mousson et aucun contact n’avait depuis pu être noué avec eux.

Thaïlande : la grotte de Tham Luang / © AFP / Laurence CHU

– Soulagement national –

Leur drame a été relayé en direct à la télévision thaïlandaise et les internautes ne parlaient que de cela depuis des jours.

Lundi, une cérémonie avait été organisée à l’école des enfants. « Laissez-le revenir et jouer au football avec nous, il me manque », avait imploré parmi les 200 enfants réunis pour l’occasion Tilek Jana, dont l’ami Prajak est parmi les disparus.

« Je prie toutes les nuits pour que ces 13 vies soient sauvées », avait ajouté Jakkrit Muenghong, un des professeurs de Prajak.

Thailande: images des enfants retrouvés dans une grotte / © Royal Thai Navy/AFP / –

Un chanteur célèbre en Thaïlande, Kong Huayrai, a même écrit une chanson en leur hommage: « Nous ne savons pas qui vous êtes, à quoi vous ressemblez, mais où êtes-vous? Avez-vous froid et faim? », dit la balade, diffusée à la télévision. « Le vent peut-il vous atteindre pour vous dire qu’il y a des gens qui vous attendent? », poursuit la chanson.

Lundi, des membres de l’ethnie montagnarde des Lisu se sont réunis non loin de la grotte pour sacrifier des poulets et des cochons, une offrande aux esprits de la rivière et de la forêt, pour les implorer de permettre le retour sains et saufs.

Des dizaines de plongeurs, y compris internationaux, ont été mobilisés pendant plus d’une semaine.

Des équipes de spécialistes étrangers venus d’Australie, de Grande-Bretagne, du Japon, de Chine, ainsi qu’une trentaine de soldats américains, ont prêté main forte au millier de secouristes thaïlandais mobilisés.

Le chef de la junte, le général Prayut Chan-O-Cha, qui s’était rendu sur place cette semaine, a lundi soir « remercié tous les sauveteurs pour leur mobilisation ».

Romandie.com avec(©AFP / 02 juillet 2018 23h34)

Enfants piégés dans une grotte en Thaïlande: les plongeurs réussissent à approcher

juin 30, 2018

Photo fournie le 30 juin 2018 par la marine royale thaïlandaise de plongeurs inspectant une galerie remplie d’eau dans la grotte de Tham Luang où sont piégés 12 enfants et leur entraîneur de foot / © ROYAL THAI NAVY SEAL/AFP / Handout

A la faveur d’une baisse des eaux, les sauveteurs mobilisés depuis sept jours pour sauver 12 enfants et leur entraîneur de foot piégés dans une grotte inondée en Thaïlande ont enfin réussi samedi à s’approcher de la zone où ils sont supposés s’être réfugiés.

Les plongeurs « sont à deux-trois kilomètres » de l’endroit où sont supposés être les enfants, « nous étions arrivés jusque là une fois mardi, mais le courant était trop fort », s’est réjoui le gouverneur de Chiang Rai, Narongsak Osottanakorn.

« La situation est meilleure aujourd’hui qu’hier et les jours précédents. L’eau a considérablement baissé », grâce aux pompes installées et à l’arrêt de la pluie, a-t-il ajouté.

Mais, si les secouristes se refusent pour l’heure à évoquer une issue autre qu’heureuse, aucun contact n’a encore pu être établi avec les jeunes footballeurs entrés samedi soir dans la grotte de Tham Luang, située près de la frontière avec la Birmanie et le Laos, après leur entraînement.

Des boîtes contenant de la nourriture mais aussi des téléphones portables ont été lancés la veille depuis un puits à la verticale de la grotte, non loin de l’endroit où les sauveteurs espèrent que les enfants se trouvent.

Des équipes de secours lors d’un exercice d’évacuation sur une route boueuse menant à la grotte de Tham Luang où sont piégés douze enfants et leur entraîneur de foot, le 30 juin 2018 à Chiang Rai, en Thaïlande / © AFP / Sippachai KUNNUWONG

Ils ont aussi répété samedi un exercice d’évacuation afin d’être prêt une fois le contact établi, tandis que des moines bouddhistes priaient en faveur d’un dénouement heureux.

« Il s’agit de mettre en place un protocole sur ce qu’on doit faire avant de les emmener à l’hôpital », a expliqué le gouverneur de Chiang Rai. Après une semaine dans l’obscurité de la grotte, les victimes souffriront de troubles oculaires et pulmonaires et leur évacuation doit être menée avec précaution.

« C’est un test, ne paniquez pas. Si nous sortons les garçons de là, nous saurons comment les envoyer à l’hôpital en hélicoptère », a-t-il ajouté, précisant que plusieurs hôpitaux de la région participaient à l’exercice profitant d’un temps plus clément après des pluies diluviennes.

Mais cette grotte est une des plus grandes de Thaïlande, avec un réseau de plus de dix kilomètres, en faisant un lieu apprécié par les spéléologues aguerris.

Photo fournie le 30 juin 2018 par la marine royale thaïlandaise de plongeurs inspectant une galerie remplie d’eau dans la grotte de Tham Luang où sont piégés 12 enfants et leur entraîneur de foot / © Royal Thai Navy/AFP / Handout

Plusieurs centaines de secouristes restaient mobilisés samedi, dont des soldats américains et des plongeurs britanniques. Ceux-ci luttaient depuis des jours avec une eau boueuse, sans visibilité, limitant fortement leur progression par l’entrée principale, inondée.

– Espoirs autour du puits –

D’où, en parallèle de l’envoi des plongeurs via l’entrée principale, les espoirs autour du puits à la verticale de la grotte: des rangers débroussaillaient samedi les alentours, pour permettre aux hélicoptères d’atterrir et d’évacuer les enfants par là.

Avec des trombes d’eau tombées toute cette semaine sur la province de Chiang Rai, l’eau n’a cessé de monter dans la cavité, où les enfants âgés de 11 à 16 ans et leur entraîneur de 25 ans sont pris au piège depuis samedi.

Enfants piégés en Thaïlande: les sauveteurs se rapprochent / © AFP / Jonathan Klein, Farid Addala

Si les enfants arrivent à boire de l’eau dans la grotte inondée, ils peuvent tenir plusieurs semaines sans nourriture, souligne Anmar Mirza, expert américain des opérations de sauvetages souterrains.

Des garçons athlétiques et en bonne santé peuvent « facilement tenir un mois », dit-il.

Mais « le principal problème est d’ordre psychologique, parce qu’ils ne savent pas quand les secours vont les retrouver », ajoute-t-il.

En 2014 en Allemagne, un homme a pu être secouru dans une grotte après 11 jours d’attente. En 2012, au Pérou, des mineurs avaient pu être sauvés après sept jours sous terre. En 2010, au Chili, des mineurs avaient tenu 17 jours.

Romandie.com avec(©AFP / 30 juin 2018 17h03)

Enfants piégées dans une grotte en Thaïlande: la pluie freine les sauveteurs

juin 27, 2018

Des soldats thaïlandais participent à une opération de secours pour retrouver des enfants pris au piège dans une grotte inondée, le 26 juin 2018 à Chiang Rai / © AFP / Lillian SUWANRUMPHA

Les secouristes peinaient mercredi à évacuer l’eau d’une grotte inondée du nord de la Thaïlande où douze enfants et leur entraîneur de football sont pris au piège depuis quatre jours.

Des moines bouddhistes ont été dépêchés sur les lieux pour prier en faveur d’un dénouement heureux alors que les familles s’accrochaient toujours à l’espoir qu’ils seraient secourus rapidement.

Les 12 garçons âgés de 11 à 16 ans et leur coach de 25 ans étaient entrés dans la grotte de Tham Luang, située près de la frontière avec la Birmanie et le Laos, après leur entraînement de football samedi. Mais les pluies de mousson ont bloqué l’entrée principale de la grotte, réseau souterrain complexe et long de plusieurs kilomètres.

Des centaines de secouristes travaillaient d’arrache-pied pour installer des pompes afin de tenter de faire baisser le niveau de l’eau inondant la cave. Mais la bataille était rude car la pluie continuait de tomber dans la région.

« Les opérations sont bien plus difficiles aujourd’hui », a déclaré le gouverneur de la province de Chiang Rai, Narongsak Ossttanakorn, lors d’un point presse devant la grotte. « On s’efforce d’évacuer l’eau mais le niveau monte encore ».

Les 200 secouristes dépêchés dans les galeries de la cavité pour tenter de retrouver les disparus n’avaient pas non plus la tâche facile.

Thaïlande / © AFP / Gal ROMA

« L’eau à l’intérieur de la grotte est très boueuse et il y a peu d’oxygène », a expliqué le gouverneur. « Chaque seconde compte pour ces enfants », a-t-il poursuivi, précisant que trois plongeurs étrangers spécialisés étaient attendus sur place dans la soirée.

« La montée du niveau de l’eau est un obstacle majeur pour l’opération de sauvetage, et il y a eu de fortes pluies cette nuit », a renchéri pour l’AFP Khanchit Chomphudaeng, un des responsables des efforts de sauvetage.

Selon la marine thaïlandaise, très impliquée dans cette vaste opération, le niveau de l’eau a augmenté de 15 centimètres dans la nuit. Et une troisième zone du réseau souterrain est désormais inondée.

– Espérer du « fond du coeur » –

Dans le même temps, des moines bouddhistes, en robe safran traditionnelle, sont arrivés sur les lieux pour chanter des prières devant la grotte, avec les familles des jeunes footballeurs, qui campent pour certaines depuis plusieurs jours sur place.

Un moine bouddhiste prie devant l’entrée de la grotte de Tham Luang où sont pris au piège 12 enfants et leur entraîneur, le 26 juin 2018 à Chiang Rai, en Thaïlande / © AFP / Lillian SUWANRUMPHA

« J’espère qu’aujourd’hui, avec l’aide de toutes les équipes, il sera sauvé », confie Pean Kamlue, mère d’un adolescent de 16 ans coincé. « J’en suis certaine au fond de mon coeur. »

En parallèle des efforts pour retrouver les enfants par l’entrée principale, les chercheurs tentaient de débusquer des entrées alternatives au réseau souterrain, par le sommet de la cavité, en explorant la montagne.

Les premières journées de recherche n’ont pas permis de découvrir la moindre trace du groupe à l’intérieur de la cavité. Les autorités pensent qu’ils pourraient avoir trouvé refuge un peu plus loin dans la grotte où ils se seraient rendus pour d’échapper à la montée des eaux.

A l’entrée de la grotte, un panneau prévient les visiteurs de ne pas y entrer durant la saison des pluies, entre juillet et novembre.

C’est une mère de famille qui a donné l’alerte, ne voyant pas revenir son fils samedi soir. Les affaires des enfants- vélos et chaussures – ont été retrouvées quelques heures plus tard juste à l’entrée de la grotte, située dans un grand parc.

Thaïlande: la pluie freine les opérations de secours / © AFP / Sippachai Kunnuwong, Lillian Suwanrampha, Farid Addala

L’équipe de football, baptisée « les sangliers », et leur entraîneur connaissent bien l’endroit, ont fait valoir les autorités.

Le Premier ministre adjoint Prawit Wongsuwan s’est déclaré optimiste.

« J’ai les plus grands espoirs qu’on va retrouver ces 13 personnes, trop de jours se sont écoulés », a-t-il dit à la presse.

En 2007, six touristes étrangers et leurs deux guides thaïlandais ont été tués après avoir été emportés par des inondations éclair dans une grotte du parc national de Khao Sok, dans le sud de la Thaïlande.

Romandie.com avec(©AFP / 27 juin 2018 14h54)

Thaïlande: un yakuza japonais en fuite démasqué par des photos de ses tatouages

janvier 11, 2018

Bangkok – Après près de 13 années comme fugitif en Thaïlande, un yakuza japonais, démasqué grâce aux photos de ses tatouages devenues virales sur le Net, a été arrêté par la police thaïlandaise.

Shigeharu Shirai, 72 ans, a été interpellé mercredi à Lopburi, petite ville du centre de la Thaïlande connue pour ses centaines de singes en liberté dans les rues.

« Le suspect a reconnu qu’il était le chef du sous-gang Yakuza Kodokai », a déclaré jeudi Wirachai Songmetta, le porte-parole de la police thaïlandaise. Ce gang fait partie de l’un des plus grands gangs de yakuza, le Yamaguchi-gumi.

Les autorités japonaises le recherchaient notamment pour son rôle dans l’assassinat d’un rival en 2003.

« Le suspect n’a pas avoué le meurtre mais a reconnu que la victime le menaçait », a ajouté le porte-parole de la police.

Peu de temps après le meurtre, Shigeharu Shirai avait disparu et était venu se cacher en Thaïlande, où il s’est marié.

Le secret de sa cachette semblait bien gardé jusqu’à ce qu’un journal local poste la photo de cet homme frêle en train de jouer aux dames dans la rue et arborant d’immenses tatouages et un petit doigt en moins.

Partagées plus de 10.000 fois sur internet, les clichés ont attiré l’attention de la police japonaise qui a demandé à Bangkok d’enquêter.

Sans passeport ni visa, il a été officiellement arrêté pour être entré illégalement en Thaïlande et sera extradé pour faire face à des poursuites au Japon.

Quelque 70.000 Japonais vivent officiellement en Thaïlande, où les constructeurs automobiles japonais ont délocalisé nombre d’usines.

D’après la police thaïlandaise, le gangster a fait profil bas depuis son arrivée en Thaïlande, il y a 13 ans, recevant de l’argent deux ou trois fois par an de la main d’un Japonais qui lui rendait visite.

Tout comme leurs pendants italiens (la mafia) ou chinois (les triades), les yakuza vivent notamment du jeu, de la drogue et de la prostitution, mais ils se sont aussi immiscés au fil des années dans de nombreux secteurs d’activité (BTP, recyclage ou recrutement) dont ils perturbent les règles et rackettent des sociétés.

L’existence de ces clans, apparus dans le chaos du Japon d’après-guerre, est autorisée en tant que tel, bien qu’une partie de leurs activités soit interdite. D’après les sociologues, la présence des yakuza réduit la petite délinquance contrôlée par ces organisations.

Romandie.com avec(©AFP / 11 janvier 2018 11h42)                                            

Une famille zimbabwéenne bloquée depuis deux mois à l’aéroport de Bangkok

décembre 28, 2017

Une famille zimbabwéenne est bloquée depuis deux mois à l’aéroport de Bangkok / © AFP/Archives / ROMEO GACAD

Une famille zimbabwéenne est bloquée depuis deux mois à l’aéroport de Bangkok, a annoncé jeudi la police, une situation qui a ému de nombreux Thaïlandais en cette période de fêtes de fin d’année.

Les quatre adultes et quatre enfants, âgés de deux à 11 ans, tentent depuis la fin octobre de quitter la Thaïlande. Mais ils ne disposent d’aucun visa pour se rendre dans un autre pays, ils ne veulent pas rentrer au Zimbabwe et la Thaïlande leur refuse un visa de rentrée car ils ont dépassé la date limite de leur séjour.

Leur situation a été rendue publique par un Thaïlandais qui a posté sur Facebook une photo où on le voit offrir un cadeau de Noël à l’un des enfants. Le message relatant l’histoire est devenu viral parmi les internautes qui se demandaient comment ils ont survécu tout ce temps dans le principal aéroport de Bangkok.

Des rapprochements ont été faits avec le film « The Terminal », sorti en 2004, où un homme joué par Tom Hanks se retrouve bloqué dans un aéroport de New York pour des raisons politico-administratives.

Selon la police thaïlandaise de l’immigration, la famille zimbabwéenne est entrée en mai dans le pays grâce à un visa touristique.

Le 23 octobre, ils ont essayé de gagner l’Espagne via l’Ukraine mais la compagnie aérienne les a refusés car ils n’avaient pas de visa pour l’Espagne. Comme leur visa pour la Thaïlande a expiré depuis plusieurs mois, ils ne peuvent plus entrer dans le pays.

Ils ont également refusé de rentrer chez eux, disant craindre pour leur sécurité en raison de troubles au Zimbabwe et sont restés coincés à l’aéroport de Bangkok où des compagnies aériennes leur donnent de quoi manger, a déclaré un responsable policier sous couvert de l’anonymat.

Le président Robert Mugabe a été chassé du pouvoir le mois dernier par un coup de force militaire après des décennies de régime autoritaire. Mais le Zimbabwe a depuis retrouvé le calme et le nouveau président a encouragé les Zimbabwéens qui avaient fui sous Mugabe à revenir chez eux.

La famille a fait une demande d’asile dans l’espoir d’être admise dans un autre pays que la Thaïlande.

Une porte-parole du Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés, Vivian Tan, a déclaré que le HCR explorait différentes solutions possibles, sans donner de détails.

Avec sa politique de visa à l’arrivée pour les touristes, la Thaïlande est depuis longtemps une destination pour des gens fuyant la violence ou la pauvreté. Mais elle n’autorise pas l’installation de réfugiés sur son territoire.

Romandie.com avec(©AFP / 28 décembre 2017 14h12)

Thaïlande: un activiste mis au vert par l’armée avant la crémation du roi

octobre 25, 2017

Une Thaïlandaise tient un portrait du roi défunt Bhumibol Adulyadej, le 25 octobre 2017 à Bangkok / © AFP / Anthony WALLACE

Un activiste qui envisageait de mener une provocation symbolique jeudi, jour de la crémation du roi de Thaïlande, a été exfiltré hors de Bangkok par les militaires, a dénoncé une ONG mercredi, alors que des milliers de Thaïlandais affluaient déjà sur le site de la cérémonie.

L’ONG respectée Thai Lawyers for Human Rights dénonce une descente de militaires survenue mardi au domicile d’Ekachai Hongkangwan à Bangkok, lui donnant le choix entre « faire un tour du côté de Kanchanaburi (localité de l’ouest de la Thaïlande) ou rester dans une baraque militaire ».

Mercredi, Ekachai « était détenu à Kanchanaburi », a précisé l’AFP l’avocat Anon Numpa, de Thai Lawyers for Human Rights, qui a pu lui parler. Il se trouve dans un hôtel, sous surveillance militaire, et est tenu d’y rester jusqu’au 27 octobre.

« Il n’a pas été mis en examen, mais les militaires ont dit qu’il avait été emmené pour le bon déroulement de la cérémonie de crémation royale », a ajouté l’avocat Anon Numpa.

Aucun commentaire n’a pu être obtenu auprès des autorités, comme c’est souvent le cas avec le régime militaire ultra-royaliste au pouvoir depuis un coup d’Etat en 2014. Il est coutumier des détentions de plusieurs jours des détracteurs du régime.

Il est reproché à Ekachai un post sur Facebook la semaine dernière, dans lequel il disait qu’il porterait jeudi une chemise rouge, une allusion au mouvement des Chemises rouges, favorable à l’ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra et à sa soeur Yingluck, dont les gouvernements ont été démis par des coups d’Etat militaires en 2006 et 2014.

« Le 26 octobre, je mettrai une chemise rouge et ferai quelque chose d’impensable », avait écrit Ekachai sur sa page Facebook le 20 octobre, dans un pays où nul n’ose critiquer la royauté, protégée par une loi de lèse-majesté drastique.

Pendant ce temps, à Bangkok, sur le parcours du convoi funéraire du roi Bhumibol Adulyadej, qui doit sortir du palais jeudi matin, les Thaïlandais étaient déjà des milliers à se masser mercredi soir, prêts à passer la nuit sur le trottoir pour être aux premières loges.

« Je veux venir lui dire au revoir le plus près possible », explique dans la foule, protégée du soleil par une mer de parapluies noirs, Una Tontakulchanchai.

« Il a régné pendant 70 ans et a fait beaucoup pour le peuple. Je n’ai rien à lui offrir en retour si ce n’est ma loyauté », ajoute une autre Thaïlandaise, Samruan Amma.

Au moins 250.000 personnes sont attendues jeudi dans les rues de Bangkok.

De son vivant, le roi Bhumibol avait déjà un statut de demi-dieu, après des décennies de culte de la personnalité le présentant comme le père de la Nation, garant de la stabilité d’un pays marqué par de profondes divisions politiques.

Romandie.com avec(©AFP / 25 octobre 2017 14h44)                

Thaïlande: un homme tue un bébé et se suicide en direct sur Facebook

avril 25, 2017

Bangkok – Un Thaïlandais a tué un bébé de 11 mois avant de se suicider en direct sur Facebook Live, a indiqué mardi la police locale, quelques jours après la diffusion d’un meurtre aux Etats-Unis sur le même réseau social.

Ce sont des amis de l’homme qui ont alerté la police de Phuket (île touristique du sud du pays), qui s’est immédiatement rendue sur place. « Ils étaient déjà morts quand je suis arrivé » lundi après-midi, a déclaré à l’AFP le lieutenant Jullaus Suvannin, l’un des premiers sur les lieux du drame, ajoutant qu’un smartphone avait été retrouvé posé contre un mur.

La police a expliqué que l’homme en question, Wuttisan Wongtalay, s’était disputé avec la mère de la petite fille, sans être en mesure de préciser s’il en était le père ou non.

Facebook a qualifié la vidéo « d’épouvantable ». « Il n’y a pas de place pour des contenus de ce genre sur Facebook et elle a été retirée », a indiqué Facebook à l’AFP.

La chaîne de télévision thaïlandaise Channel 3 a diffusé des images de la mère désespérée, entourée de ses proches, lorsqu’elle est venue récupérer mardi à l’hôpital les corps de son enfant et de Wuttisan Wongtalay.

Ce meurtre survient quelques jours après celui de Cleveland, au nord des Etats-Unis, quand un homme de 37 ans avait tué un retraité, un homme pris au hasard dans la rue, et diffusé la vidéo sur Facebook. Après trois jours de traque, le tueur s’était suicidé.

Dans la foulée, le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, avait assuré que son groupe ferait tout son possible pour empêcher la répétition de telles tragédies. Mercredi, il a reconnu lors d’un discours que Facebook avait encore « beaucoup de travail » à faire dans ce domaine.

Facebook dispose d’une équipe de modérateurs opérant 24 heures sur 24 qui peuvent décider de retirer des contenus qui leur sont signalés. Les suicides et crimes sont traités en priorité, mais la rapidité de sa réaction est limitée par l’énorme quantité de contenus postés en ligne chaque jour.

Facebook note aussi que des vidéos de tentatives de suicide ont permis aux forces de l’ordre de sauver des vies, comme par exemple en janvier en Thaïlande.

Ces meurtres ne sont pas les premiers diffusés en direct sur internet. Cela a déjà été le cas en février pour un double meurtre perpétré à Chicago, au nord des Etats-Unis.

Le gouverneur de Phuket a appelé les Thaïlandais à ne pas partager le clip de quatre minutes du meurtre et du suicide, qui était toujours visible mardi après-midi sur le compte d’internautes thaïlandais.

Romandie.com avec(©AFP / 25 avril 2017 20h18)

Thaïlande : la fin de la prostitution à Pattaya, un vœu pieux

avril 18, 2017

 

Dans un bar à hôtesses thaïlandais de Pattaya, le 29 mars 2017 / © AFP / Roberto SCHMIDT

La junte a beau promettre de vouloir ramener Pattaya dans le droit chemin, May est convaincue qu’elle continuera encore longtemps à gagner sa vie en se prostituant dans la capitale thaïlandaise du vice.

D’une part parce que comme des dizaines de milliers d’autres travailleurs et travailleuses du sexe, elle n’a aucune envie de changer de boulot. Et de l’autre parce que rien ne laisse penser que le flot de clients étrangers soit en voie de se tarir.

Pattaya, à deux heures par la route au sud de Bangkok, a perdu sa virginité il y a un demi-siècle quand les militaires américains ont commencé à y affluer pour tenter d’oublier les horreurs de la Guerre du Vietnam.

Aujourd’hui, ses prostituées peuvent espérer gagner entre 70.000 et 150.000 bahts (1.900 à 4.100 euros) par mois, soit dix fois le salaire moyen en Thaïlande.

« Je gagne bien ma vie et ça profite aussi à ma famille », explique May à l’AFP, tout en tapinant sur « Walking Street », une longue rue qui regorge de bars à hôtesses et de discothèques bruyantes.

Plusieurs affaires criminelles récentes -dont des meurtres d’étrangers- ont contraint les autorités à sortir de leur réserve en raison de leur retentissement dans la presse internationale.

Et à en croire May, une transgenre, l’ambiance a changé sur la « Walking Street » à mesure que se sont multipliées les descentes de police liées à cette volonté affichée par la junte de moraliser la ville.

Le lieutenant-colonel Sulasak Kalokwilas fait partie de ces officiers aujourd’hui investis d’une mission impossible : éradiquer la prostitution.

Le lieutenant-colonel Sulasak Kalokwilas (C) et son groupe passent devant des rabatteuses, à Pattaya en Thaïlande, le 29 mars 2017 / © AFP / Roberto SCHMIDT

– Tabou, Point G et Fahrenheit –

« Nous sommes en train de supprimer les spectacles obscènes et sales. Nous tentons de les faire disparaître », explique-t-il, alors qu’à proximité, des femmes en tenue légère tentent d’attirer le chaland dans des bars au nom évocateur comme le Tabou, le Point G et le Fahrenheit.

Ce dernier établissement se targue d’avoir « Les filles les plus chaudes de Pattaya ».

L’aplomb du chef de la police de Pattaya, le colonel Apichai Kroppeth, est remarquable quand il affirme que ces femmes « ne sont pas impliquées dans la prostitution ».

« Elles travaillent comme serveuses, elles s’assoient et discutent avec les clients, certaines dansent », assure-t-il.

Pour les habitants de la ville, la campagne des autorités suit un schéma bien connu. Généralement, ce sont de gros titres négatifs dans la presse internationale qui déclenchent les coups de filet.

Mais cette répression est toujours limitée car on ne s’attaque pas ainsi à un secteur économique qui rapporte autant.

Dans Walking Street, une rue de Pattaya qui regorge de bars à hôtesses, le 29 mars 2017 / © AFP / Roberto SCHMIDT

« Vous vous attendez vraiment à ce que le braconnier protège le gibier ? », interroge un Occidental installé à Pattaya.

Les prostituées sont loin d’être les seules à gagner leur vie de leur activité, qui est aussi la vache à lait des patrons des bars et des salons de massage, des taxis, des mafias et, disent certains, des policiers pourtant chargés de lutter contre elle.

La prostitution « génère des sommes d’argent énormes et ne pourrait exister sans la connivence de la police », affirme le journaliste britannique Andrew Drummond, qui a couvert les faits divers en Thaïlande pendant 20 ans.

Des accusations démenties par le colonel Apichai qui affirme que ses hommes ne touchent « évidemment pas de pots-de-vin ».

– 12 millions de touristes –

La prostitution est bien sûr illégale en Thaïlande. Mais les patrons de bar contournent la loi en n’employant officiellement les filles que pour occuper les clients et discuter avec eux.

Ils touchent cependant une commission de l’ordre de 500 bahts (13 euros) chaque fois qu’un client souhaite quitter le bar avec cette « employée ». Et ce qui se passe ensuite pendant ce moment « privé », officiellement, ne regarde que ces deux derniers.

Un policier patrouille dans Walking Street, une rue de Pattaya qui regorge de bars à hôtesses, le 29 mars 2017 / © AFP / Roberto SCHMIDT

Les autorités ont annoncé la fin prochaine de ce commerce sans dire comment vivraient ensuite les travailleuses et travailleurs du sexe, ainsi que leurs familles.

Un rapport de l’Onusida évaluait en 2014 à 140.000 le nombre des prostituées en Thaïlande. La seule Pattaya en compterait plusieurs dizaines de milliers.

Pour Suladda Sarutilavan, la directrice de l’office du tourisme local, la station balnéaire a d’ores et déjà amorcé sa mue en visant un public familial demandeur d’activités nautiques, de golf ou autre.

En 2016, 12 millions de touristes -dont 70% d’étrangers- ont visité cette ville aux 2.000 hôtels qui offre plus de 100.000 chambres.

Cette mue, reconnaît Suladda Sarutilavan, est cependant compliquée par la réputation sulfureuse de Pattaya, qui est entretenue par la presse au moindre fait divers.

Les Occidentaux installés sur place soutiennent, quant à eux, que la cité est sûre.

« Chaque fois que je sortais à Coventry, il y avait une ou deux bagarres », se souvient le Britannique Bryan Flowers qui s’est fixé il y a une dizaine d’années à Pattaya, où il possède plusieurs bars.

« Je me sens totalement en sécurité ici ».

Romandie.com avec(©AFP / 18 avril 2017 09h29)