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Londres expulse 23 diplomates russes et gèle les contrats bilatéraux

mars 14, 2018

La Première ministre britannique Theresa May a annoncé le 14 mars 2018 le gel de toute relation bilatérale avec Moscou et l’expulsion de 23 diplomates russes. Capture d’écran du système de retransmission du Parlement britannique PRU.n / © PRU/AFP / HO

La Première ministre britannique Theresa May a annoncé mercredi une série de sanctions contre la Russie, dont l’expulsion de 23 diplomates et le gel des contacts bilatéraux, jugeant Moscou « coupable » de l’empoisonnement d’un ex-espion russe sur son sol.

L’ambassade de Russie à Londres a immédiatement dénoncé la réaction britannique, la qualifiant d' »hostile, inacceptable et injustifiée », dans un communiqué.

Theresa May a dénoncé devant le Parlement « un usage illégal de la force par l’État russe contre le Royaume-Uni » et jugé « tragique » la « voie choisie » par le président russe Vladimir Poutine, qui n’a pas répondu à sa demande d’explication sur cette affaire.

Elle s’exprimait dix jours après l’empoisonnement d’un ex-espion, Sergueï Skripal, 66 ans, et de sa fille Ioulia, 33 ans, victimes d’une attaque avec un agent innervant militaire de fabrication russe à Salisbury, dans le sud-ouest de l’Angleterre.

L’escalade des tensions entre les deux pays intervient à quelques jours de l’élection présidentielle en Russie, dimanche, dont le président Vladimir Poutine est le grand favori, et à quelques mois de la Coupe du monde de football en Russie.

Theresa May a précisé à ce propos que Londres n’enverrait aucun représentant, diplomate ou membre de la famille royale, pour assister à la compétition.

La Russie disposait jusqu’ici de 59 diplomates accrédités au Royaume-Uni. Les 23 diplomates expulsés ont « une semaine » pour quitter le territoire, a indiqué Theresa May.

Ajoutant qu’elle suspendait « tous les contacts bilatéraux de haut niveau prévus » et « la révocation de l’invitation faite au ministre des Affaires étrangères (Sergueï Lavrov) de visiter » le Royaume-Uni, elle a toutefois dit « continue(r) de croire que ce n’est pas dans notre intérêt national de couper tout dialogue ».

Tentant de réunir le soutien de ses alliés et de la communauté internationale, au moment où le pays s’apprête à quitter l’Union européenne, la cheffe du gouvernement britannique a demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, qui se tiendra ce mercredi à 19H00 GMT, a annoncé la présidence néerlandaise en exercice de la plus haute instance de l’ONU.

Le Royaume-Uni y « informera » le Conseil sur l’empoisonnement de l’ex-espion russe.

Le Kremlin a clamé de nouveau mercredi matin, peu avant l’annonce de ces sanctions, son innocence en soulignant qu’il « n’admet pas » les accusations « sans preuves » et les ultimatums de Londres. Son porte-parole Dmitri Peskov a espéré « que le bon sens l’emportera ». « La Russie n’a aucun rapport avec ce qui s’est passé au Royaume-Uni », a-t-il réaffirmé.

– ‘Attaque inacceptable’ –

Londres avait fixé un ultimatum pour que la Russie fournisse des explications à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) sur l’agent innervant militaire utilisé, qui a expiré mardi à minuit.

Les principaux alliés du Royaume-Uni, France, Union européenne, Allemagne, Etats-Unis, ont apporté leur soutien aux Britanniques.

Le président du Conseil européen Donald Tusk a estimé mercredi à Helsinki que la Russie était « très probablement » derrière cette « attaque brutale » et annoncé qu’il allait demander à mettre le sujet à l’agenda du sommet européen prévu la semaine prochaine.

L’Otan a de son côté sommé la Russie de répondre aux questions posées par le Royaume-Uni et dénoncé mercredi l’empoisonnement de Skripal comme « une violation flagrante des normes et accords internationaux » sur les armes chimiques.

A l’issue d’une conversation téléphonique avec Mme May, le président américain Donald Trump avait estimé mardi que la Russie devait apporter des réponses « sans ambiguïté » sur cet empoisonnement, selon la Maison Blanche.

« Les deux dirigeants estiment qu’il doit y avoir des conséquences pour ceux qui usent de ces armes odieuses en violation flagrante des normes internationales », a ajouté la présidence américaine.

– ‘Novitchok’ –

Retrouvés inconscients le 4 mars sur un banc à Salisbury, Sergueï Skripal et sa fille, sont hospitalisés depuis dans un état « critique ». Un policier qui était intervenu sur place reste lui aussi dans un état « grave » mais fait de « bons progrès », selon la police.

Selon Theresa May, la substance utilisée appartient au groupe des agents toxiques « Novitchok », mis au point par la Russie à l’époque soviétique.

L’un des « pères » des « Novitchok », Vil Mirzaïanov, qui vit désormais aux États-Unis, a affirmé que la Russie était le seul pays capable de produire et déployer un agent innervant aussi puissant.

L’affaire a rappelé le cas de Litvinenko, ancien agent secret russe empoisonné au polonium-210 et mort à Londres en 2006, où la responsabilité russe avait été établie par un juge britannique.

Dans ce contexte, le décès inexpliqué, lundi à son domicile à Londres, d’un autre Russe, Nikolaï Glouchkov, ancien partenaire en affaires du milliardaire et opposant au Kremlin Boris Berezovksi, décédé en 2013, a attiré l’attention des médias.

Berezovski avait été retrouvé pendu à son domicile.

Romandie.com avec(©AFP / 14 mars 2018 15h24)                

Ex-espion empoisonné: Washington soutien May qui pointe du doigt la Russie

mars 12, 2018

La Première ministre britannique Theresa May devant le parlement à Londres, le 12 mars 2018 / © PRU/AFP / HO

Washington a apporté son soutien à Londres qui a estimé « très probable » que la Russie soit « responsable » de l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal et l’a sommée de s’expliquer d’ici mardi soir. Moscou a qualifié ces accusations de « provocation ».

Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, a déclaré que Washington faisait « toute confiance à l’enquête britannique selon laquelle la Russie est probablement responsable de l’attaque avec un agent innervant qui s’est déroulée à Salisbury la semaine dernière ».

« Nous sommes d’accord sur le fait que les responsables –à la fois ceux qui ont commis le crime et ceux qui l’ont ordonné– doivent en subir les sérieuses conséquences appropriées », a-t-il ajouté, après un entretien téléphonique avec son homologue britannique Boris Johnson.

Interrogé sur l’éventualité d’une réaction de la part des membres de l’Otan après l’attaque d’un des leurs, le chef de la diplomatie américaine a affirmé: « Cela va à coup sûr entraîner une réaction ».

Le secrétaire général de l’Alliance atlantique Jens Stoltenberg avait auparavant jugé l’empoisonnement « très préoccupant pour l’Otan », soulignant que le Royaume-Uni était un « allié très précieux ».

Lors d’une intervention lundi devant le parlement britannique, Theresa May a estimé « très probable que la Russie soit responsable » de l’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille Youlia, signant une escalade de la tension entre les deux pays.

Moscou a aussitôt réagi en dénonçant une « provocation ». « C’est un numéro de cirque à destination du parlement britannique », a déclaré la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova, citée par les agences de presse. Sur Facebook, le ministère russe des Affaires étrangères a affirmé que les accusations visaient à « discréditer la Russie », à l’approche de la Coupe du monde de football, dont elle avait remporté l’organisation notamment aux dépens du Royaume-Uni.

Mme May a souligné que l’agent innervant utilisé contre l’ex-espion et sa fille était une substance « de qualité militaire », du groupe des agents « Novichok » mis au point par la Russie. Elle a donné donné jusqu’à mardi soir à Moscou pour fournir des explications à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).

« En l’absence de réponse crédible, nous en conclurons que cette action constitue un usage illégal de la force par l’Etat russe contre le Royaume-Uni. Et je reviendrai alors devant la chambre (des Communes) et présenterai l’éventail des mesures que nous prendrons en représailles », a-t-elle averti.

– Un ‘jeu très dangereux’ –

La dirigeante a rappelé que l’empoisonnement, une attaque « aveugle et imprudente », s’inscrivait « dans un contexte bien établi d’agressions menées par l’Etat Russe », mentionnant l' »annexion illégale de la Crimée », les violations « répétées » de l’espace aérien de plusieurs pays européens, des campagnes de cyberespionnage, ainsi que l' »attaque barbare » contre Alexandre Litvinenko, ancien agent secret russe empoisonné au Polonium-210 et mort à Londres en 2006.

Évoquant les sanctions prises contre des ressortissants russes après cette affaire, qui « restent en place », elle s’est dite « prête à prendre des mesures plus importantes ».

La ministre de l’Intérieur Amber Rudd doit présider mardi à 10H30 (11H30 GMT) une réunion interministérielle de crise Cobra pour faire le point sur l’enquête, selon le ministère.

Interrogé avant l’allocution de Mme May par la BBC sur une éventuelle responsabilité de la Russie, le président Vladimir Poutine a répondu, selon les agences de presse russes : « Tirez les choses au clair de votre côté et après nous en parlerons avec vous ».

L’ambassade de Russie à Londres a accusé de son côté le gouvernement britannique de jouer un « jeu très dangereux ». Cela « envoie l’enquête sur une piste politique inutile, et porte le risque de graves conséquences à long terme pour nos relations » bilatérales, a déclaré un porte-parole de l’ambassade.

Au cours d’un entretien téléphonique avec Theresa May, le président français Emmanuel Macron a fait part de sa « solidarité avec le Royaume-Uni », affirme Downing Street, selon qui les deux dirigeants ont convenu d' »agir de concert avec les alliés » pour répondre au « comportement agressif de la Russie ».

Le 4 mars, Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Youlia, 33 ans, ont été découverts empoisonnés sur un banc de la petite ville de Salisbury, en Angleterre. Ils sont dans un état « critique mais stable, en soins intensifs », tandis qu’un policier, également victime de l’agent innervant, est « conscient » et se trouve « dans un état grave mais stable ».

– ‘Plus dangereux que le sarin –

Les agents « Novichok » sont « plus dangereux et plus sophistiqués que le sarin ou le VX », deux autres agents innervants, « et plus difficiles à identifier », a souligné Gary Stephens, professeur de pharmacologie à l’université de Reading (sud de l’Angleterre). Ils causent « un ralentissement du rythme cardiaque et une compression des voies respiratoires, conduisant à une mort par asphyxie ».

A Salisbury, une contamination « limitée » a été constatée dans le restaurant Zizzi et dans le Mill Pub, où se sont rendus Sergueï Skripal et sa fille.

« Le risque pour le public est faible », a assuré Mme May.

Toutefois, des centaines de personnes ayant fréquenté ces lieux le jour ou le lendemain de l’empoisonnement ont été invitées dimanche à laver leurs vêtements et nettoyer sacs à main ou téléphones portables avec des lingettes désinfectantes.

Ces conseils dispensés sept jours après l’incident ont provoqué la consternation.

« Ou c’est vraiment vraiment grave ou ça ne l’est pas mais il n’y a pas d’entre-deux », a réagi une habitante de Salisbury, Debbie Power, citée par le Daily Telegraph. Les lieux fréquentés par l’ex-espion restent fermés et encadrés par un cordon de police.

Romandie.com avec(©AFP / 13 mars 2018 01h35)                

Theresa May en visite surprise à Bagdad

novembre 29, 2017

La Première ministre britannique Theresa May, le 27 novembre 2017 à Londres / © AFP / Daniel LEAL-OLIVAS

La Première ministre britannique Theresa May a effectué mercredi une visite surprise à Bagdad, où elle a rencontré son homologue irakien Haider al-Abadi, a annoncé à l’AFP un responsable irakien.

« M. Abadi a reçu Mme May et la délégation qui l’accompagne », a affirmé Haidar Hamada, chef du bureau de presse du Premier ministre.

Il a indiqué que Theresa May « avait réitéré son soutien à l’unité de l’Irak », dans une référence manifeste au récent référendum d’autodétermination au Kurdistan irakien. « L’atmosphère de la réunion a été très positive et la Grande-Bretagne a confirmé son grand soutien à l’Irak et son admiration pour les victoires irakiennes et le grand courage dans la lutte contre Daech » (un acronyme arabe du groupe Etat islamique), a-t-il ajouté.

La Grande-Bretagne fait partie de la coalition internationale antijihadiste menée par les États-Unis. Les forces irakiennes ont chassé l’EI de la quasi-totalité de son territoire.

Par ailleurs, a-t-il ajouté, « ils ont discuté des efforts pour rétablir la stabilité et la coopération économique en respectant l’unité de l’Irak et sa constitution ».

Romandie.com avec(©AFP / 29 novembre 2017 15h08)                

Royaume-Uni: nouvelle démission au sein du gouvernement de May

novembre 8, 2017

La Première ministre britannique Theresa May, lors d’une conférence à Londres, le 6 novembre 2017 / © AFP/Archives / Daniel LEAL-OLIVAS

La secrétaire d’Etat britannique au Développement international Priti Patel a démissionné mercredi soir après avoir rencontré des personnalités politiques israéliennes sans en informer son gouvernement, devenant la deuxième responsable à quitter le cabinet en une semaine, a annoncé Downing street

Priti Patel, 45 ans, a présenté ses excuses et sa démission à Theresa May, après avoir été convoquée au 10 Downing street mercredi soir, écourtant une tournée en Afrique.

« J’ai agi avec les meilleures intentions, mais mes actions n’ont pas respecté les exigences de transparence et de franchise que j’ai défendues et promues », écrit-elle dans sa lettre de démission.

« Le Royaume-uni et Israël sont des alliés proches et il est juste que nous travaillions étroitement ensemble. Mais cela doit être fait de manière formelle, à travers les canaux officiels », lui a écrit en retour Theresa May, encore davantage fragilisée par ce nouvel épisode.

Il s’agit en effet du deuxième départ au sein du gouvernement conservateur en une semaine après celui du ministre de la Défense Michael Fallon le 1er novembre. Ce dernier est mis en cause dans un scandale de harcèlement sexuel qui ébranle la classe politique et menace de faire tomber également un proche de Theresa May, le vice-Premier ministre Damian Green, ainsi que le secrétaire d’Etat au Commerce international Mark Garnier.

Mme Patel avait déjà présenté des excuses lundi pour avoir rencontré toute une série de responsables israéliens, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahu, et des représentants d’ONG et d’entreprises durant ses vacances en août sans en informer son gouvernement à l’avance.

– Financer l’armée israélienne –

Elle avait dit à Mme May avoir évoqué la possibilité de financer l’assistance humanitaire apportée à des blessés syriens dans le Golan, dont Londres ne reconnaît pas l’occupation partielle par Israël, selon Downing Street.

Mais Priti Patel avait gardé certains éléments sous silence. Elle n’aurait pas expliqué que cette aide impliquerait de financer l’armée israélienne, qui a déjà permis d’évacuer plus de 3.100 blessés syriens vers des hôpitaux israéliens. D’après le quotidien israélien Haaretz, elle aurait même visité un hôpital militaire de campagne dans ce territoire.

Elle avait également omis de mentionner une autre rencontre, en septembre, avec le ministre israélien de la Sécurité intérieure Gilad Erdan à Westminster alors qu’elle avait reconnu un entretien le même mois avec le directeur général du ministère des Affaires étrangères Yuval Rotem à New York.

Pour la députée du parti Libéral-Démocrate Jo Swinson, la secrétaire d’Etat a commis « une erreur de jugement épouvantable ». « C’est bien que Patel soit partie mais le cabinet de Theresa May doit maintenant révéler honnêtement ce qu’ils savaient et quand », a-t-elle ajouté dans un communiqué.

– « Manquements graves » –

« C’est scandaleux et on peut se demander combien d’autres cas, et pas seulement en Grande-Bretagne, n’ont pas été portés à la connaissance du public », avait commenté plus tôt dans la journée la dirigeante palestinienne Hanane Achraoui jointe par l’AFP à Jerusalem.

Le départ de cette fervente partisane du Brexit fragilise une équipe gouvernementale déjà divisée sur la question. Engagée dans des négociations cruciales avec Bruxelles sur la sortie de l’Union européenne, Theresa May peine à tenir ses troupes.

« On n’a pas l’impression d’une orientation, d’un contrôle, de la part de la Première ministre dans ces polémiques, au moment où nous avons vraiment besoin d’un gouvernement qui fonctionne », a regretté Yvette Cooper, figure du parti travailliste, sur la BBC.

Par ailleurs, un poids lourd de l’exécutif, le chef de la diplomatie Boris Johnson, habitué des gaffes, s’est lui aussi fait remarquer cette semaine pour avoir tenu des propos jugés préjudiciables à une Irano-Britannique emprisonnée en Iran, corrigés ensuite.

Romandie.com avec(©AFP / 09 novembre 2017 02h53)                

Une photo de Theresa May à Bruxelles suscite la risée des internautes

octobre 20, 2017

La Première ministre britannique Theresa May avant une rencontre bilatérale avec le président du Conseil européen Donald Tusk, le 20 octobre 2017 à Bruxelles / © POOL/AFP / Geert Vanden Wijngaert

Les réseaux sociaux, et une partie de la presse britannique, se gaussaient vendredi de la Première ministre Theresa May apparaissant sur une photo, seule à une table vide, au sommet européen de Bruxelles, « métaphore » pour certains des négociations sur le Brexit.

Sur ce cliché, devenu viral, la dirigeante est assise, regard baissé, devant une grande table décorée de quatre pots de fleurs, et semble perdue dans ses pensées. Elle attend en fait le président du Conseil européen Donald Tusk, avec qui elle doit s’entretenir.

Moqueurs, les internautes ont rapidement fait le rapprochement avec la situation politique de Theresa May, contestée depuis son revers aux législatives de juin dernier, mais aussi en raison du risque d’enlisement des négociations sur le Brexit avec les 27 autres pays de l’UE.

« Je pensais franchement qu’il s’agissait d’une image d’illustration représentant la solitude absolue. Mais non. C’est bien notre Première ministre à Bruxelles aujourd’hui », a tweeté Nooruddean.

« Voici une photo de Theresa May avec tous ses amis proches », raillait de son côté l’utilisateur « Nasmamu ».

« On pourrait penser que Theresa May aurait l’air plus joyeuse devant l’énorme cercueil de Boris Johnson », son ministre des Affaires étrangères et rival potentiel, a dit Beaubodor, sur Twitter.

D’autres en profitaient pour tourner en dérision les prétentions du gouvernement britannique à vouloir signer des accords commerciaux facilement avec le reste du monde une fois le pays sorti de l’UE.

« Theresa May entourée de tous les accords commerciaux que nous allons rapidement signer après le Brexit », a écrit Marcus Johns.

Le journal conservateur The Daily Telegraph a fait lui dans l’ironie avec une légende « Theresa contemplant ses options », soit quatre… pots de fleurs.

« Pauvre Theresa May », résumait l’édition britannique du Huffington Post, selon qui l’image est « perçue comme une métaphore brutale de l’isolement du Royaume-Uni lors des négociations sur le Brexit ».

Romandie.com avec(©AFP / 20 octobre 2017 22h08)                

Grande-Bretagne: Theresa May, le discours de la reconquête tourne au cauchemar

octobre 4, 2017

Theresa May face à un manifestant qui lui tend un formulaire de licenciement, le 4 octobre 2017 à Manchester / © AFP / PAUL ELLIS

Quintes de toux, irruption d’un comédien, lettres qui s’effondrent: le discours de reconquête de Theresa May a tourné au cauchemar mercredi à Manchester, fragilisant un peu plus la Première ministre britannique, au gouvernement miné par les divisions sur le Brexit.

Ce devait être le congrès du renouveau pour Theresa May, l’occasion de tourner la page des législatives du 8 juin et du revers essuyé par les tories, qui ont perdu leur majorité absolue, et elle une bonne partie de son autorité.

Hélas, tout ou presque est parti de travers lors de son allocution devant ses ministres et des centaines de militants du parti conservateur, réuni en congrès depuis dimanche à Manchester, la grande ville du nord-ouest de l’Angleterre.

Comme poursuivie par un chat noir, Theresa May a vu son discours brièvement interrompu par un manifestant –un acteur– qui lui a tendu un formulaire de licenciement, prétendument à la demande de son ministre des Affaires étrangères Boris Johnson.

Mme May a également été stoppée par de fréquentes quintes de toux, jusqu’à ce que son ministre des Finances Philip Hammond lui fasse parvenir un bonbon pour calmer sa gorge.

Enfin, deux lettres du slogan « Building a country for everyone » (Bâtir un pays pour tous) inscrit derrière elle se sont détachées tandis qu’elle s’exprimait…

Pour le quotidien Guardian (centre gauche), « difficile » de ne pas y voir la « métaphore » d’une Première ministre « à la peine » et « à court d’idées ».

« Quel désastre! », a taclé Seema Malhotra, députée de l’opposition travailliste, sur Twitter. « C’est un vrai foutoir, pas un gouvernement ».

Dans un éditorial cinglant, le quotidien conservateur Daily Telegraph jugeait même la Première ministre « finie ».

– ‘Je suis désolée’ –

Tant bien que mal, entre deux quintes de toux, Theresa May a tenté de présenter sa vision des mois et années à venir, appelant son parti à faire bloc derrière elle et à dépasser ses divergences sur le Brexit.

« Mettons-nous à niveau et donnons au pays le gouvernement dont il a besoin », a-t-elle déclaré.

Dans un discours se voulant porteur d’espoir à l’heure où le Royaume-Uni affronte avec le Brexit son plus grand défi depuis la Deuxième Guerre mondiale, la dirigeante a appelé ses troupes à « surmonter les obstacles » pour « renouveler le rêve britannique ».

Et devant des militants toujours déboussolés par la déconfiture des législatives, elle a de nouveau présenté ses excuses: « Je suis désolée », a-t-elle dit.

Mme May a déroulé une série de mesures destinées à ranimer ce conservatisme social qu’elle avait annoncé après sa prise de fonctions en juillet 2016. A commencer par un programme de deux milliards de livres (2,25 milliards d’euros) visant à encourager le financement de « logements abordables ».

L’objectif? « Faire en sorte que notre économie et notre société fonctionnent pour tous partout dans ce pays, et pas seulement pour quelques privilégiés », a dit Theresa May, qui avait déjà annoncé un gel des frais d’inscription pour les étudiants.

Une manière pour elle de chasser sur les terres des travaillistes du radical Jeremy Corbyn, gonflés à bloc par leurs gains aux législatives.

Elle n’a que brièvement mentionné le Brexit, pour assurer qu’il était dans l’intérêt de tous de voir les « négociations réussir » mais que son gouvernement se tenait prêt à « toute éventualité ».

– Boris, encore Boris –

Son discours a conclu un congrès dont le contenu avait d’entrée de jeu été largement éclipsé par l’étalage des divisions des conservateurs sur les négociations de sortie de l’UE.

L’intenable Boris Johnson s’était en effet empressé, dès samedi, d’édicter dans le Sun ses propres « lignes rouges » sur le Brexit, critiquant en creux les orientations de Theresa May.

Partisan d’une rupture franche avec l’UE, « Bojo » s’est fait reprendre par Philip Hammond, partisan d’un Brexit en douceur. « Personne n’est inamovible », a mis en garde Hammond lundi, alertant sur les risques que font peser les divisions sur les négociations, dont le Parlement européen a déploré mardi les progrès insuffisants.

Mais Boris Johnson a encore réussi à faire les gros titres mercredi pour une énième gaffe, déclarant que la Libye pourrait devenir attrayante pour les touristes et les investisseurs… si elle parvenait à « se débarrasser des cadavres ».

Romandie.com avec(©AFP / 04 octobre 2017 19h45)                

Theresa May au Japon pour tenter de rassurer sur le Brexit

août 30, 2017

La Première ministre britannique Theresa May et son homologue japonais Shinzo Abe à Kyoto, au Japon, le 30 août 2017 / © POOL/AFP / KIM KYUNG-HOON

La Première ministre britannique, Theresa May, est arrivée mercredi au Japon pour une visite à forte coloration économique, destinée à rassurer les entreprises sur le Brexit et à plaider pour un accord bilatéral de libre-échange.

Elle est arrivée en début d’après-midi à Osaka (ouest), avant de rejoindre son homologue japonais Shinzo Abe dans l’ancienne ville impériale de Kyoto pour une cérémonie de thé, suivie d’un dîner informel.

Les discussions se poursuivront jeudi à Tokyo, avec en toile de fond les négociations entre les Britanniques et l’Union européenne (UE) sur les modalités du divorce des deux parties.

Les pourparlers patinent. Or le temps presse pour les 1.000 sociétés japonaises présentes au Royaume-Uni (dont le conglomérat industriel Hitachi et les groupes automobiles Toyota, Nissan et Honda) où elles emploient quelque 140.000 personnes. Elles utilisent souvent le royaume pour fournir leurs clients européens ou superviser leurs activités dans l’UE.

« Nous allons demander transparence et visibilité pour minimiser l’impact sur nos entreprises », a expliqué un responsable japonais chargé des Affaires européennes.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, a eu beau se vanter, à l’occasion d’une visite à Tokyo en juillet, du maintien des investissements japonais un an après le choc du Brexit, il n’a pas dissipé les inquiétudes de la « Japan Inc ».

Face à l’incertitude actuelle, plusieurs firmes nippones basées à Londres réfléchissent à d’autres options, en particulier les grands établissements bancaires que le Brexit pourrait priver des « passeports financiers » européens.

– ‘Période de transition’ –

Les constructeurs d’automobiles, qui ne peuvent pas fermer leurs usines du jour au lendemain, ont pour l’heure maintenu leurs engagements, mais ils espèrent eux aussi des garanties solides du gouvernement britannique. Theresa May doit notamment rencontrer au cours de son séjour le président du conseil d’administration de Toyota, Takeshi Uchiyamada.

« Le meilleur scénario pour nous serait que le Royaume-Uni décide d’annuler le Brexit », confie Ichiro Hara, à la tête du bureau des Affaires internationales au sein de la fédération patronale Keidanren.

« Mais si ce n’est pas une option, alors il nous faut une période de transition pour atténuer les conséquences négatives », a-t-il dit à l’AFP.

La chef du gouvernement britannique, qui vient accompagnée d’une délégation d’entrepreneurs, devrait aussi aborder la question d’un éventuel traité commercial entre les deux pays, bien que des négociations concrètes ne puissent pas pour le moment être engagées.

Le Japon veut en premier lieu mettre la touche finale à un ambitieux pacte de libre-échange avec l’UE annoncé début juillet et surtout « il n’est pas possible d’entamer des discussions officielles tant que le Brexit n’est pas effectif », souligne Osamu Tanaka, économiste à l’institut de recherche Daiichi Life.

« Il faut d’abord répondre à nos préoccupations actuelles avant de discuter de nos relations futures », confirme le responsable du Keidanren. En début de semaine, l’UE avait adressé aux Britanniques un message similaire, les appelant à négocier « sérieusement » les termes de leur divorce plutôt que d’imaginer de futurs accords commerciaux.

Au programme enfin de ce premier déplacement de Theresa May au Japon, la coopération des deux nations en matière de défense et de sécurité au moment même où les tensions s’exacerbent sur le dossier nord-coréen.

La dirigeante britannique s’est dite mardi « scandalisée » par le tir de missile nord-coréen au-dessus de l’archipel nippon. « De notre point de vue, nous sommes prêts à continuer de travailler avec nos partenaires internationaux pour maintenir la pression sur la Corée du Nord », a-t-elle assuré.

Sa visite s’achèvera vendredi par une rencontre avec l’empereur Akihito, dont l’abdication est attendue pour fin 2018 ou courant 2019.

Romandie.com avec(©AFP / 30 août 2017 14h38)

Brexit: May veut rassurer les Européens installés au Royaume-Uni

juin 26, 2017

Capture d’écran à partir d’une vidéo de la chaîne parlementaire britannique (PRU) qui montre la Première ministre Theresa May le 26 juin 2017 au Parlement à Londresnn / © PRU/AFP / HO

« Nous voulons que vous restiez »: la Première ministre britannique Theresa May a tenté lundi de rassurer les citoyens européens installés au Royaume-Uni en leur promettant qu’il ne leur serait pas demandé « de quitter le Royaume-Uni » après le Brexit.

« Je sais qu’il y a de l’inquiétude concernant ce qui arrivera aux citoyens européens », a déclaré Mme May en détaillant devant le Parlement britannique son projet sur le statut des immigrés européens dans le Royaume-Uni post-Brexit.

« Mais aujourd’hui, je tiens à calmer ces inquiétudes. Je souhaite rassurer pleinement les gens en leur disant qu’en vertu de ce projet, il ne sera demandé à aucun citoyen européen se trouvant actuellement légalement au Royaume-Uni de (le) quitter au moment où le pays quittera l’UE ».

« Nous voulons que vous restiez », a assuré Mme May.

Cette question très sensible concerne 3,2 millions de ressortissants de l’UE qui s’interrogent depuis le référendum sur l’UE du 23 juin 2016 sur leur avenir dans ce pays.

Une communauté « appréciée », mais dont le sort dépendra aussi des droits qui seront accordés après le Brexit aux 1,2 million de Britanniques installés dans les 27 autres pays de l’UE, souligne le projet du gouvernement, un document de 17 pages, dévoilé lundi.

Le règlement de cette question fait partie des dossiers érigés en priorité par l’UE dans le cadre des négociations sur le Brexit qui ont officiellement débuté il y a une semaine.

Selon le projet, les citoyens européens conserveront leurs droits actuels jusqu’au jour de sortie de l’UE, et devront ensuite demander l’obtention d’un nouveau statut.

Le gouvernement fait la distinction entre les personnes présentes depuis au moins cinq ans dans le pays, à une date butoir restant à définir, et les autres.

Dans le premier cas, les citoyens européens pourront réclamer un statut de résident permanent, et disposer alors des mêmes droits qu’un Britannique, en termes d’accès au travail ou à la santé par exemple.

Les autres devront en revanche passer par un statut de résident temporaire, dont les contours n’ont pas été précisés.

La date butoir devrait être comprise entre le lancement officiel de la procédure de divorce (mars 2017) et la sortie effective du pays (théoriquement mars 2019). Elle fera l’objet de « discussions » avec les 27 en lien avec un accord de réciprocité pour les droits des Britanniques installés dans l’UE, selon le gouvernement.

Le document précise que ces règles ne s’appliqueront pas aux personnes qui se seront rendues coupables de crimes « graves » ou « répétés », ou considérées comme une « menace pour le Royaume-Uni ».

– ‘Pas une offre généreuse ‘ –

Alors que nombre de ressortissants présents dans le pays s’inquiètent d’éventuelles futures lourdeurs procédurales pour l’obtention d’un nouveau statut, le gouvernement promet de « moderniser » le fonctionnement de l’administration, avec des frais aussi bas que possible.

L’exécutif assure également que la transition se fera en douceur et que les candidats au statut de résident disposeront d’un délai « adapté » pour déposer leur dossier.

Le projet confirme enfin que la Cour européenne de justice ne sera plus compétente au Royaume-Uni pour trancher les litiges sur les droits des citoyens de l’UE après le Brexit.

La proposition a été vivement critiquée par le chef de l’opposition travailliste Jeremy Corbyn. « Ce n’est pas une offre généreuse (…) C’est la confirmation que Mme May veut utiliser les gens comme monnaie d’échange », a-t-il dénoncé, en estimant le Royaume-Uni avait besoin « d’une nouvelle approche sur le Brexit ».

Présentée la semaine dernière par Theresa May lors d’un sommet à Bruxelles, l’offre non détaillée alors avait été fraîchement accueillie par les dirigeants européens, comme par les citoyens européens installés au Royaume-Uni.

Ce projet est « en-deçà de nos attentes » et « risque d’aggraver la situation » pour les Européens qui vivent au Royaume-Uni, avait ainsi déploré le président du Conseil européen Donald Tusk.

« C’est un premier pas, mais ce pas n’est pas suffisant », avait estimé le président de la Commission Jean-Claude Juncker.

Romandie.com avec(©AFP / 26 juin 2017 16h57)                

Royaume-Uni: démission des deux chefs de cabinet de Theresa May

juin 10, 2017

Nick Timothy (G), chef de cabinet de la Première ministre britannique Theresa May, le 12 mai 2017 à Darlington / © POOL/AFP / Justin TALLIS

Les deux chefs de cabinet de la Première ministre britannique Theresa May ont annoncé samedi leur démission après l’échec des conservateurs qui ont perdu jeudi leur majorité absolue au parlement, à quelques jours du début des négociations du Brexit.

« Je prends mes responsabilités pour mon rôle dans cette campagne électorale qui était de superviser le programme », a écrit Nick Timothy dans une lettre publiée sur le site ConservativeHome, proche des Tories.

L’autre principale conseillère de Mme May, « Fiona Hill a également démissionné », a affirmé peu après un porte-parole du Parti conservateur.

Ces deux fidèles de la Première ministre étaient dans la tourmente depuis l’échec des conservateurs lors des législatives anticipées où ils ont cédé douze sièges et perdu leur majorité absolue à la Chambre des Communes.

En tant que responsables de la campagne des Tories, qualifiée de « catastrophique » par plusieurs députés conservateurs, leur position était devenue intenable.

D’après plusieurs médias britanniques, des poids lourds du parti ont même exigé leur départ à Theresa May si elle voulait éviter une rébellion ouverte.

Fiona Hill et Nick Timothy conseillaient déjà Mme May lorsqu’elle était ministre de l’Intérieur, entre 2010 et 2016.

La cheffe du gouvernement a refusé vendredi de démissionner elle-même, déclarant qu’elle allait former un nouveau gouvernement avec l’appui du parti nord-irlandais DUP qui « mènera à bien la sortie de l’Union européenne ».

Mme May avait confirmé dans la foulée ses principaux ministres, Philip Hammond (Finances), Boris Johnson (Affaires étrangères), David Davis (Brexit), Amber Rudd (Intérieur) et Michael Fallon (Défense).

Elle devait nommer d’autres ministres samedi et remplacer neuf membres de l’exécutif, essentiellement des secrétaires d’Etat, battus jeudi.

Romandie.com avec(©AFP / 10 juin 2017 14h59)                

Royaume-Uni: privée de sa majorité absolue, May reconduit son gouvernement

juin 9, 2017

La Première ministre britannique Theresa May quitte le QG du Parti conservateur à Londres le 9 juin 2017 / © AFP / Ben STANSALL

Sous le choc d’élections qui lui ont fait perdre sa majorité absolue et la fragilisent, la Première ministre britannique Theresa May a reconduit vendredi dans leurs fonctions ses principaux ministres, à dix jours de l’ouverture des négociations du Brexit.

Les conservateurs sont arrivés en tête du scrutin mais ont perdu une douzaine de sièges, tandis que l’opposition travailliste en a gagné une trentaine, selon les résultats quasi-définitifs, entrainant des demandes de démission de Theresa may.

Les ministres des Finances Philip Hammond, des Affaires étrangères Boris Johnson, en charge du Brexit, David Davis ainsi que la ministre de l’Intérieur Amber Rudd et son collègue de la Défense Michael Fallon ont été reconduits dans leurs fonctions a indiqué Downing Street dans un communiqué, précisant que d’autres nominations seraient annoncées dans la soirée.

May Theresa May maintient ainsi sa garde rapprochée. En milieu de journée, elle s’était rendue au palais de Buckingham pour obtenir le feu vert d’Elizabeth II, au lendemain des législatives.

« Ce gouvernement guidera notre pays dans les discussions cruciales sur le Brexit qui commenceront dans dix jours et répondra au souhait des Britanniques en menant à bien la sortie de l’Union européenne », a-t-elle assuré.

A la tête d’un gouvernement minoritaire, Mme May dépend désormais du petit parti nord-irlandais unioniste DUP et ses 10 sièges pour atteindre la majorité absolue, alors qu’elle avait convoqué ces législatives anticipées afin d’avoir une majorité renforcée pour négocier la sortie de l’Union européenne avec les 27 à partir du 19 juin.

Jeremy Corbyn, le chef du Labour, largement réélu dans sa circonscription d’Islington, a réclamé la démission de Theresa May. Il a appelé à « un Brexit qui protège les emplois », assurant que le processus de sortie de l’Union européenne « devait se poursuivre » et que son parti était « prêt à mener les négociations au nom du pays ».

– Chute de la livre –

La livre sterling a lourdement chuté vendredi perdant 1,5% de sa valeur face au dollar. La Bourse de Londres a terminé en nette hausse de 1,04%, les grandes multinationales cotées sur ce marché profitant de l’affaiblissement de la monnaie britannique qui dope la valeur de leurs revenus à l’étranger.

Le commissaire européen français Pierre Moscovici a jugé que Mme May avait « perdu son pari », son homologue allemand, Günther Oettinger, considérant pour sa part que Londres était désormais un partenaire « faible » pour négocier la sortie de l’UE.

Pour le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel, le scrutin constitue un désaveu pour Mme May et sa position en faveur d’un Brexit « dur ».

A Paris, le Premier ministre Edouard Philippe a jugé que ces résultats étaient « une forme de surprise » mais qu’ils ne remettaient pas « en cause » la procédure de divorce de la Grande-Bretagne d’avec l’UE.

Le négociateur en chef de l’UE sur le Brexit, Michel Barnier, a assuré que Bruxelles attendrait que le Royaume-Uni soit « prêt » avant d’entamer les négociations. « Unissons nos efforts pour conclure un accord », a-t-il tweeté.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a lui aussi appelé à « faire le maximum pour éviter » une absence d’accord tandis que le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a mis en garde contre tout « retard supplémentaire » dans les négociations, affirmant que la Commission était prête.

– ‘Bazar complet’ –

L’onde de choc des législatives a également touché l’Ecosse, où les indépendantistes du SNP essuient de lourdes pertes, n’ayant plus que 35 sièges contre 56 en 2015. Deux figures phare des indépendantistes, Alex Salmond et Angus Robertson, ont perdu leurs sièges, un échec qui met un frein à leurs velléités d’indépendance.

La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a elle appelé Theresa May à « abandonner » son projet de Brexit « dur » après son échec aux élections.

Seul parti résolument europhile, les Libéraux-Démocrates, qui ont désormais 12 sièges (quatre de plus) ont prévenu dès jeudi soir qu’il n’y aurait « pas de coalition ». Evoquant Theresa May, Tim Farron, le chef des Lib Dem, a jugé que « si elle avait une once d’amour propre, elle démissionnerait ».

« Je suis tellement contente, c’est une véritable vengeance pour nous », s’est réjouie Sarah Holmes, 26 ans, fêtant le bon résultat du Labour dans un bar de Londres.

Pour Angus en revanche, c’est « un bazar complet ». Cet électeur de 43 ans qui vote habituellement pour le Labour a choisi pour la première fois de voter conservateur parce qu’il « y a un besoin de stabilité à cause du Brexit ».

Après les surprises du référendum sur la sortie de l’UE et de l’élection de Donald Trump, « c’est la leçon des deux dernières années », analyse Brian Klaas, de la London School of Economics : « les électeurs n’aiment pas qu’on prenne leur vote pour acquis ».

Romandie.com avec(©AFP / 09 juin 2017 20h05)