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GB/élections: les conservateurs perdent leur majorité absolue (projections)

juin 8, 2017

 

Londres – Les conservateurs de la Première ministre britannique Theresa May sont en tête des élections législatives mais perdent leur majorité absolue, selon les premières projections publiées à la clôture des bureaux de vote jeudi.

Les Tories décrochent 314 sièges, contre 330 dans l’assemblée sortante, tandis que les travaillistes de Jeremy Corbyn gagnent 32 sièges à 266 mandats, selon une estimation Ipsos/MORI

Si ces projections étaient confirmées, cela signifierait un échec cinglant pour Theresa May, qui a convoqué ces élections anticipées dans le but de conforter sa majorité en vue des négociations du Brexit.

Mme May disposait dans le Parlement précédent d’une majorité de 17 voix.

Quant aux indépendantistes écossais du SNP, ils perdent une vingtaine de sièges, avec 34 sièges, et les Libéraux-Démocrates sont en progression avec 14 sièges. Le parti europhobe Ukip a lui disparu du Parlement, selon ces projections.

Romandie.com avec(©AFP / 08 juin 2017 23h18)                                            

Grande-Bretagne: à huit jours des législatives, May en zone de turbulences

mai 31, 2017

La Première ministre conservatrice Theresa May, lors d’un déplacement de campagne pour les législatives à Plymouth, au Royaume-Uni, le 31 mai 2017 / © POOL/AFP / Leon Neal

A huit jours des élections législatives au Royaume-Uni, la Première ministre conservatrice Theresa May traverse une période de turbulences susceptible de jeter le doute sur la large victoire sur l’opposition travailliste qui lui était encore promise il y a quelques semaines.

La Première ministre pourrait-elle perdre le pari qu’elle a lancé en convoquant en avril des élections anticipées? A l’époque, les Tories bénéficiaient dans les sondages d’une bonne vingtaine de points d’avance sur le Labour et semblaient bien partis pour renforcer considérablement leur majorité au Parlement, actuellement de 17 sièges.

L’idée était de faire coup double en donnant à Theresa May les coudées franches pour négocier le Brexit tout en pulvérisant les travaillistes du très à gauche Jeremy Corbyn.

Mais la campagne a depuis été marquée par plusieurs trous d’air côté conservateur. Il y a eu d’abord la présentation du programme des Tories qui s’est soldée par une polémique, désastreuse en termes d’image, sur un projet controversé de réforme des aides sociales aux personnes âgées.

Plus récemment, Theresa May a été interpellée sur les coupes budgétaires imposées par le gouvernement conservateur dans les services publics et la police depuis 2010, le parti europhobe Ukip l’accusant même d’être en partie responsable de l’attentat de Manchester qui a fait 22 morts le 22 mai.

Ces difficultés se sont traduites dans les sondages par un resserrement entre les conservateurs et le Labour. Selon une enquête ITV-Survation publiée mardi, le parti de Theresa May (43%) ne dispose ainsi plus que de six points d’avance sur le Labour (37%).

Mais il y a pire pour les Tories. D’après des projections réalisées par l’institut YouGov et publiées mercredi par le quotidien The Times, les conservateurs pourraient perdre 20 sièges, tandis que les travaillistes en gagneraient une trentaine.

Les conservateurs resteraient certes la première force au Parlement, mais un tel résultat les priverait de la majorité.

– ‘Pas confiance aux sondages’ –

Le Times prévient toutefois que ces projections, réalisées en l’espace d’une semaine auprès de 50.000 personnes, comportent une « forte marge d’erreur », un autre scénario évoquant par exemple une nette victoire des Tories.

L’enquête YouGov a d’ailleurs été accueillie avec beaucoup de réserve dans les deux camps. En visite à Plymouth (sud-ouest de l’Angleterre), Mme May a déclaré que « le seul sondage qui compte, c’est celui qui aura lieu le 8 juin », jour du scrutin.

« Je ne fais pas confiance aux sondages », a réagi côté travailliste la ministre de l’Education du cabinet fantôme du Labour, Angela Rayner.

A défaut de donner avec certitude le nom du vainqueur, cette enquête souligne à quel point l’écrasante victoire des Tories semble loin d’être acquise et explique, selon certains observateurs, le durcissement du ton de Theresa May à l’égard de Jeremy Corbyn ces derniers jours.

« May accentue les attaques personnelles alors que les sondages se resserrent », titrait mercredi le quotidien The Guardian en revenant sur un discours prononcé la veille par la cheffe de l’exécutif.

En déplacement à Wolverhampton (centre de l’Angleterre), elle a douté de la capacité de Jeremy Corbyn à affronter les difficiles négociations sur le Brexit, déclarant que s’il devenait Premier ministre, il se retrouverait « tout seul et tout nu dans la salle de négociations de l’Union européenne ».

L’intéressé a réagi lors d’une conférence de presse à Londres en jugeant ces propos « totalement déplacés », et riposté en accusant Theresa May de vouloir engager un rapport de force avec Bruxelles susceptible de coûter cher au Royaume-Uni.

L’incertitude avant le scrutin du 8 juin mettait la livre britannique sous pression. Pour Devata Tseng, analyste chez FxPro, « si les sondages continuent de basculer vers le côté travailliste d’ici au scrutin du 8 juin, les inquiétudes liées aux perspectives économiques et politiques vagues de l’après Brexit vont s’accentuer et peser d’autant plus sur la livre ».

Romandie.com avec(©AFP / 31 mai 2017 13h21)                

Manchester: Theresa May sous le feu des critiques

mai 26, 2017

Des véhicules de police stationnent à proximité de la gare de Piccadilly à Manchester, le 26 mai 2017 / © AFP / Ben STANSALL

Le gouvernement de Theresa May s’est retrouvé sous le feu des critiques de l’opposition à la reprise de la campagne électorale vendredi pour avoir diminué le nombre des policiers, quatre jours après l’attentat de Manchester.

La police a arrêté un nouveau suspect dans la banlieue de Manchester et huit personnes restent en garde à vue dans le cadre de l’enquête pour démanteler le réseau jihadiste derrière l’attentat suicide de lundi soir, revendiqué par le groupe Etat islamique (EI). Il a fait 22 morts et 116 blessés dont 75 sont encore hospitalisés, selon un nouveau bilan.

Suspendue après l’attentat d’un commun accord entre la Première ministre Theresa May et le chef de l’opposition travailliste Jeremy Corbyn, la campagne électorale a repris dans un climat transformé par la mise du pays en état d’alerte terroriste maximal, avec l’armée déployée en renfort de la police.

Le leader travailliste Jeremy Corbyn a souligné le lien entre la politique étrangère du Royaume-Uni et les attentats – une référence aux engagements militaires en Irak et en Afghanistan, ainsi qu’aux frappes menées en Syrie, auxquels il s’est toujours opposé. Une victoire du Parti travailliste aux législatives « changerait ce que nous faisons à l’étranger » a-t-il expliqué, en insistant sur le fait que « la guerre contre le terrorisme ne fonctionne tout simplement pas ».

Jeudi, la vice-présidente du parti europhobe Ukip, Suzanne Evans, avait reproché à Mme May d’être « en partie responsable » de l’attaque en raison des coupes dans le budget de la police quand elle était ministre de l’Intérieur (2010-2016) avant de devenir Premier ministre.

Le nombre de policiers a diminué d’environ 14%, soit 20.000 officiers, entre 2009 et 2016, selon le groupe de réflexion indépendant Institut d’études fiscales. Les conservateurs sont au pouvoir depuis 2010.

Selon un sondage de l’institut YouGov publié dans le Times, la marge séparant les conservateurs des travaillistes dans les intentions de vote n’est plus que de cinq points, alors qu’elle s’élevait à 24 points en avril.

Mme May a convoqué ces élections anticipées dans le but d’en sortir renforcée en vue des négociations sur la sortie de l’Union européenne qui doivent s’ouvrir peu après le scrutin.

– Incident ‘particulièrement malheureux’ –

En signe de solidarité, le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson a effectué une visite éclair à Londres. Il s’est dit confiant que « la relation spéciale » entre les deux pays « surmonterait sans aucun doute » l’incident « particulièrement malheureux » des fuites dans l’enquête de police aux médias américains.

Theresa May a demandé au président américain Donald Trump que les informations sur l’enquête en cours restent « confidentielles », jeudi à Bruxelles au sommet de l’Otan et M. Trump s’est engagé à poursuivre les responsables.

La cheffe du gouvernement se trouvait vendredi pour une journée en Sicile au sommet du G7 et doit y exhorter les géants de l’internet à s’impliquer davantage pour éliminer les contenus extrémistes en ligne. Le président français Emmanuel Macron lui a promis de faire « tout ce qui est possible » pour l’aider à lutter contre le terrorisme lors d’une entretien bilatéral.

– ‘Ville résiliente’ –

Bravant la tension et la peur du terrorisme, la ville de Manchester reprend une vie normale. Des centaines de Mancuniens se pressent ainsi dans les salons de tatouage pour faire graver sur leur peau une petite abeille, symbole de résilience dans cette ville à la culture ouvrière, a constaté une journaliste de l’AFP.

Et en fin de journée s’ouvriront les GreatCityGames. Plusieurs médaillés olympiques doivent participer à cette compétition d’athlétisme sur Deansgate, l’une des principales artères de la ville, à quelques centaines de mètres de l’Arena, la salle de concert où a eu lieu l’attentat lundi soir.

« Manchester est vraiment une ville résiliente, et nous attendons avec impatience cet événement sportif majeur, organisé avec le soutien de la police », a déclaré Luthfur Rahman, chargé des affaires culturelles et sportives de la municipalité.

Parallèlement, l’enquête sur le réseau jihadiste à l’origine de l’attentat se poursuit. Vendredi matin, la police a arrêté un homme dans le quartier de Moss Side (sud de Manchester). Un autre homme qui avait été arrêté auparavant a été libéré.

Jeudi soir, une longue perquisition s’est déroulée dans une maison à Wigan (ouest de Manchester), où un suspect avait été arrêté la veille. La police a découvert des « objets potentiellement suspects » et a procédé à des « explosions contrôlées ».

Les découvertes commencent à lever le voile sur l’auteur de l’attentat, Salman Abedi, qui a baigné dans un contexte familial jihadiste et était animé d’un désir de « vengeance », selon ses proches.

Né à Manchester de parents libyens ayant fui le régime de Mouammar Kadhafi, il s’était rendu en Libye récemment avant de regagner la Grande-Bretagne quatre jours avant l’attentat.

Romandie.com avec(©AFP / 26 mai 2017 15h58)                

Emmanuel Macron en première ligne au sommet du G7

mai 26, 2017

Une photo d’Emmanuel Macron, avec en arrière-plan la Première ministre britannique Theresa May (g) et le président américain Donald Trump, au G7 à Taormina en Italie, le 26 mai 2017 / © POOL/AFP / STEPHANE DE SAKUTIN

Vingt jours après son élection, le président français Emmanuel Macron rejoint le club très fermé des dirigeants du G7, en première ligne face à Donald Trump lors d’un sommet compliqué qui lui donne l’occasion de se forger une stature internationale.

Après le sommet de l’Otan à Bruxelles, le président français a atterri jeudi minuit avec son épouse Brigitte en Sicile, où, en plus des réunions des Sept, il rencontrait vendredi en tête-à-tête cinq dirigeants : Theresa May (Grande-Bretagne), Justin Trudeau (Canada), Mahamadou Issoufou (Niger), Béji Caïd Essebsi (Tunisie) et Shinzo Abe (Japon).

Parcourant à pied la rue principale de Taormina, il est apparu très souriant et détendu aux côtés de ses collègues, saluant les rares habitants de cette station balnéaire ayant décidé de rester chez eux en dépit de mesures drastiques de sécurité.

Mais au-delà des poignées de main, des sourires et des accolades, ce G7 est aussi un défi pour le nouveau président, qui a dû prendre le train en marche, les préparatifs ayant débuté en janvier. Son « sherpa », chargé de cette préparation, l’ex-ambassadeur Philippe Etienne, a pris le relais de celui de François Hollande, Jacques Audibert.

Cette arrivée tardive est d’autant plus délicate que ce G7 s’annonce plus compliqué que les précédents.

« Généralement le communiqué final est prêt à l’avance. Mais pas cette fois, à cause de l’incertitude de la position américaine sur le climat et le commerce international. Les sherpas continueront à négocier sur place jusqu’à samedi », a expliqué la délégation française.

Paris, avec d’autres pays européens, cherche à éviter un texte final mentionnant à peine le climat et les Accords de Paris, ce qui serait considéré comme un recul. L’enjeu est donc de taille pour le nouveau président français face à son homologue américain qui refuse toujours de se prononcer sur cette question.

– ‘la réponse de la France’ –

Mais les G7 ont un autre enjeu: c’est l’une des rarissimes occasions où les dirigeants du monde se rencontrent physiquement et peuvent se mesurer, échanger, créer des liens.

Et le président français s’est déjà fait un ami en la personne du Premier ministre canadien Justin Trudeau.

« Assis à la même table qu’Emmanuel Macron pour la première fois, nous parlons emploi, sécurité et climat, j’ai hâte d’avoir d’autres conversations, mon ami », a affirmé sur Twitter M. Trudeau, lui aussi né dans les années 70.

Arrivé au pouvoir en un an, à 39 ans, M. Macron suscite incontestablement la curiosité de ses pairs.

« Pour lui, ce sera trois jours de conquête, pour séduire, convaincre, montrer qui il est, ce qu’il veut faire. C’est une occasion en or d’avoir toutes ces échéances très rapprochées, Otan et G7, et il reçoit (le président russe Vladimir) Poutine après à Versailles », a expliqué Jacques Audibert jeudi sur CNews.

« Les chefs d’Etat et de gouvernement adorent ces réunions où ils peuvent discuter entre eux, seuls, jusque tard dans la nuit, ce qu’ils ne peuvent jamais faire dans les grandes réunions », raconte-t-il. « Les rencontres bilatérales sont aussi essentielles ».

Emmanuel Macron sera scruté car son élection est « la réponse de la France, une réponse d’ouverture, dynamique, le contraire de ce que les gens craignaient » en cas de victoire de la candidate d’extrême droite Marine Le Pen à la présidentielle, selon l’ex-conseiller.

Pour lui, « les dirigeants sont très curieux entre eux », ce sont avant tout des hommes politiques, et ils s’interrogent évidemment sur l’élection de cet outsider, jamais élu auparavant.

Et avec l’irruption parfois musclée de Donald Trump sur la scène internationale, les petits gestes comptent aussi. Les poignées de mains viriles entre Donald Trump et Emmanuel Macron à Bruxelles jeudi ont été très largement relayées sur les réseaux sociaux, avec des pluies de commentaires sur les jointures blanchies du président français.

Le duel entre les deux hommes est regardé avec curiosité tant ils paraissent à l’opposé l’un de l’autre. La presse italienne a même fait cette semaine d’Emmanuel Macron « l’antidote » à Donald Trump, après sa victoire en France, considérée comme un coup d’arrêt à la vague populiste qui semblait tout emporter sur son passage après le Brexit en Grande-Bretagne et l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis.

Romandie.com avec(©AFP / 26 mai 2017 17h26)                

France: Emmanuel Macron, une mauvaise nouvelle pour les Brexiters

avril 26, 2017

Emmanuel Macron en campagne à Amiens, dans le nord de la France, le 26 avril 2017 / © AFP / Eric FEFERBERG

Autant les partisans du Brexit adorent la dirigeante de l’extrême droite française Marine Le Pen, autant une arrivée au pouvoir de son rival centriste à la présidentielle Emmanuel Macron, donné gagnant par les sondages, serait une mauvaise nouvelle.

Europhobes et europhiles confondus, les médias britannique ont tous fait la même analyse au lendemain du premier tour dimanche: Emmanuel Macron, s’il est élu le 7 mai, ne va pas faciliter la tâche de la Première ministre Theresa May dans les négociations ardues de sortie de l’Union européenne qui l’attendent.

« Emmanuel Macron serait mauvais pour le Brexit et Theresa May », assure le quotidien conservateur europhobe Daily Telegraph. « Macron pourrait mener un dur marchandage dans les négociations du Brexit », s’inquiète le quotidien europhile de gauche The Guardian.

A la suite du référendum du 23 juin 2016 qui a décidé du Brexit, Theresa May a déclenché le 29 mars le divorce avec l’Union européenne en annonçant vouloir sortir du marché unique pour reprendre le contrôle de l’immigration, tout en négociant une nouvelle relation commerciale avec le club des 27 la plus favorable possible pour son pays. Or elle est loin de partir en position de force dans cet exercice qui doit durer deux ans maximum, face à des dirigeants européens désireux d’empêcher une autre défection.

Le quotidien des affaires Financial Times relève lui aussi « toute une série de raisons » pour lesquelles l’élection d’Emmanuel Macron « pourrait considérablement compliquer la situation pour les Britanniques ». Parmi elles, c’est « un Européen convaincu » peu prêt à faire des concessions au partant, sans compter qu’en tant qu’ancien banquier chez Rotschild, il y voit une occasion de maximiser la place financière de Paris au détriment de la City, selon certains analystes.

L’ennemi, c’est Macron!

Dans son programme électoral, le leader d’En Marche! a inséré tout un chapitre sur l’Europe et ses bienfaits dans lequel il ne laisse pas vraiment d’espace pour une exception britannique: « Dans la discussion du Brexit, nous défendrons l’intégrité du marché unique européen. Toutes les entreprises qui y accèdent doivent être soumises aux mêmes disciplines », écrit-il.

Reçu à Londres fin février par Theresa May, il avait assuré vouloir « une mise en oeuvre juste du Brexit protégeant les intérêts français et européens ». « Le meilleur accord commercial pour le Royaume-Uni (…) c’est l’appartenance à l’UE », lançait-il dans la foulée lors d’une réunion électorale à Westminster Hall.

« A première vue, ça a l’air mauvais parce que Macron a eu une ligne dure sur la question du Brexit, disant que l’UE doit rester ferme avec le Royaume-Uni afin d’en faire un exemple pour d’autres pays qui pourraient être tentés de prendre le même chemin, alors que Marine Le Pen a exprimé sa compréhension de la position britannique », relève pour l’AFP Simon Tilford, directeur adjoint du Center for European Reform.

Mais « une ligne dure n’est pas nécessairement mauvaise pour le Royaume-Uni si ça le force à faire des compromis et à être plus honnête sur les contreparties auxquelles il fait face », estime cet expert.

« L’ennemi, c’est Macron! », a lui lancé sur la radio LBC Nigel Farage, ex-dirigeant du parti europhobe Ukip et grand manitou du Brexit, qui espère une victoire de Le Pen. « Il veut renforcer Bruxelles et ça ne sert pas nos intérêts alors que Juncker et les autres se mettent tous d’accord pour nous punir », a-t-il dit en référence au président de la Commission européenne.

Pour Simon Tilford, toutefois, « le Royaume-Uni n’a aucun intérêt à l’instabilité politique ou même au chaos qui pourrait résulter de l’élection de Marine Le Pen ».

Romandie.com avec(©AFP / 26 avril 2017 12h51)

Législatives anticipées au Royaume-Uni, le pari de Theresa May

avril 18, 2017

 

La Première ministre britannique Theresa May devant le 10 Downing Street à Londres, le 18 avril 2017 / © AFP / DANIEL SORABJI

Dans une annonce surprise, la Première ministre conservatrice britannique Theresa May a appelé mardi à la tenue d’élections législatives anticipées le 8 juin, un pari destiné à renforcer sa majorité en vue des négociations du Brexit.

Les divisions au parlement de Westminster « menacent nos chances de faire du Brexit un succès. Tenir ces élections est l’unique moyen d’assurer la stabilité pour les années à venir », a-t-elle expliqué dans une déclaration solennelle devant sa résidence officielle du 10, Downing Street.
Pour valider la tenue du scrutin, trois ans avant sa date prévue, Mme May doit encore obtenir mercredi l’aval du parlement à la majorité des deux tiers.

Cela ne devrait poser aucun problème puisque le leader de l’opposition travailliste, Jeremy Corbyn, a immédiatement « accueilli favorablement » l’annonce.

La perspective d’élections anticipées et le scénario possible d’une Première ministre confortée par le vote populaire a aussitôt fait grimper la livre sterling qui a atteint son plus haut en deux mois face au dollar.

Côté UE, le scrutin anticipé « ne change pas les plans » des 27, a réagi un porte-parole du président du Conseil européen, alors que les négociations devraient commencer fin mai/début juin pour un divorce effectif prévu fin mars 2019.

Mme May compte tirer profit de l’extrême faiblesse des travaillistes dans les sondages pour asseoir son autorité et conforter sa majorité.

Elle a pris les rênes de l’exécutif, sans être élue, quelques jours après le coup de tonnerre du référendum du 23 juin 2016 où les Britanniques se sont prononcés à près de 52% pour un Brexit, conduisant son prédécesseur David Cameron à la démission.

Le leader du parti travailliste, Jeremy Corbyn, à Londres le 23 mars 2017 / © AFP/Archives / DANIEL LEAL-OLIVAS

– Popularité au zénith –

Les prochaines élections législatives n’étaient prévues que pour 2020. Mais Theresa May, dont la popularité est au zénith, a estimé que c’était le bon moment pour renforcer sa légitimité et avoir les coudées franches.

« Nous avons besoin de nouvelles élections et nous en avons besoin maintenant. Nous avons une opportunité unique de le faire avant d’entrer dans le vif des négociations » avec l’UE, a-t-elle déclaré.

Actuellement, le parti conservateur ne dispose que d’une courte majorité de 17 députés au parlement de Westminster et le gouvernement n’est pas à l’abri d’une rébellion dans son propre camp susceptible de freiner son action.

La tentation était grande d’accroître cette majorité avec des sondages qui prédisent tous un boulevard aux Tories face aux travaillistes et leur leader radical Jeremy Corbyn en cas d’élections anticipées.

Deux enquêtes d’opinion publiées au cours du week-end par les instituts YouGov et ComRes donnent 21 points d’avance aux conservateurs.

« Elle est au plus fort politiquement et elle a tout intérêt à empocher ce soutien politique aujourd’hui » avant que cela ne devienne « extrêmement difficile pour elle », a commenté une source diplomatique d’un pays européen. « La bonne nouvelle côté européen c’est que du coup elle sera moins fragile pour encaisser toutes les concessions qu’elle devra faire », a ajouté cette source.

Theresa May appelle à des législatives anticipées le 8 juin / © AFP / Kilian Fichou, Audrey Letendart

– « Revirement spectaculaire » –

Un mandat renforcé permettrait également à Mme May d’aborder plus sereinement la question de l’Ecosse qui s’est engagée sur la voie d’un nouveau référendum d’indépendance en réponse au Brexit, rejeté par une majorité d’Ecossais.

Réagissant à l’appel à des élections anticipées, La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a dénoncé « un des revirements les plus spectaculaires de l’histoire politique récente » destiné à « forcer un Brexit dur et imposer de nouvelles coupes budgétaires en chemin ».

Le risque -considéré comme faible par les analystes- pour Theresa May, qui a longtemps écarté le scénario d’élections anticipées, est que les europhiles se mobilisent fortement contre elle.

Le leader du parti libéral-démocrate, Tim Farron, a d’ores et déjà appelé les pro-UE à saisir « cette chance pour changer la direction de notre pays » et « éviter le désastre d’un Brexit dur », qui verrait une sortie du pays du marché unique.

« Chaque vote pour les conservateurs rendra les choses plus difficiles pour l’opposition qui veut nous empêcher de faire le boulot », a insisté Mme May.

Si elle a fini par se résoudre à ce scrutin « avec réticence », c’est seulement parce que « c’est l’unique moyen d’apporter de la stabilité pour les années à venir », a-t-elle assuré.

Romandie.com avec(©AFP / 18 avril 2017 15h07)

Présidentielle française: Macron rencontre May, invite les expatriés à revenir

février 21, 2017

Londres – Le candidat centriste à la présidentielle française, Emmanuel Macron, a rencontré mardi à Londres la Première ministre Theresa May pour évoquer le Brexit et a appelé les expatriés à revenir entreprendre en France.

Lors d’un meeting devant plusieurs milliers de personnes, Emmanuel Macron a exprimé sa volonté de « convaincre » certains des 300.000 Français vivant au Royaume-Uni, dont une majorité à Londres, de « revenir entreprendre, faire en France, innover, chercher, enseigner ».

« Je veux que l’on soit un pays où l’on peut faire tout cela », a-t-il dit. En France, « on n’a pas le droit d’échouer, mais pas le droit de réussir trop bien », a-t-il poursuivi, devant un public comptant des entrepreneurs et de nombreux employés de la finance.

« Il faut aimer le succès », ou alors les Français vont « le chercher ailleurs », a-t-il regretté, déplorant la « peur de l’échec » propre selon lui à la France.

Taclant à plusieurs reprises le candidat de la droite François Fillon, englué depuis trois semaines dans une affaire d’emplois fictifs présumés, Emmanuel Macron a évoqué « l’argent qu'(il) a (lui-même) gagné » avant de se lancer en politique. « Je vous rassure, c’est moi qui l’ai gagné. J’avais un travail, ça semble affreux… », a-t-il ironisé.

Dans la salle figuraient notamment le footballeur Yohan Cabaye et le député du parti libéral-démocrate (centre) Nick Clegg, ancien vice-Premier ministre britannique.

Selon deux sondages publiés mardi, Emmanuel Macron arrive soit en deuxième position des intentions de vote au premier tour de la présidentielle, ex aequo avec François Fillon, soit troisième derrière ce dernier.

Le candidat centriste avait auparavant rencontré Theresa May au 10, Downing Street, pour évoquer notamment la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

A l’issue de l’entretien, il a affirmé en anglais avoir exprimé à Mme May sa « volonté d’aboutir à un Brexit juste », tout « en protégeant les intérêts des Français et des Européens ».

« Nous avons parlé de lutte contre le terrorisme, de défense, qui sont des sujets très structurants pour notre pays », a ajouté en français M. Macron, qui était le premier candidat à la présidentielle française reçu par Mme May.

Un porte-parole de Downing Street a expliqué que cette rencontre avait été organisée à la demande de M. Macron et qu’il n’était pas inhabituel qu’un dirigeant britannique reçoive un candidat français, citant Nicolas Sarkozy reçu par Tony Blair en 2007.

Romandie.com avec(©AFP / 21 février 2017 21h42)