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Burkina Faso/28e anniversaire de l’assassinat de Thomas Sankara : Une commémoration sur fond d’espoirs

octobre 15, 2015

15 octobre 1987-15 octobre 2015. Voilà 28 ans que le père de la révolution d’août 1983 a été assassiné. Depuis lors, sa famille et de nombreux Burkinabè ne cessent de réclamer justice pour Thomas Sankara. Cette année, pour la première fois, cet anniversaire sera commémoré sans Blaise Compaoré, celui à qui a profité le crime. A contexte particulier, commémoration particulière. Il n’y aura pas de recueillement au cimetière de Dagnöen cette année. Les restes des corps des victimes ayant été exhumés depuis le mois de mai dernier pour des besoins de l’enquête.

 
 
28e anniversaire de l’assassinat de Thomas Sankara : Une commémoration sur fond d’espoirsLe 28e anniversaire de l’assassinat de Thomas Sankara sera commémoré sous le thème « 28 ans de résistance : à quand la justice ? ». L’on était habitué au recueillement des sankaristes au cimetière de Dagnöen. Ce ne sera pas le cas cette année puisque les restes du fringant capitaine n’y sont plus. L’insurrection populaire d’octobre 2014 étant passée par là. Entrainant du coup un nouvel espoir chez les burkinabè se réclamant de l’idéal sankariste. Un espoir de justice pour les suppliciés du 15 octobre 1987.

Pour ce 15 octobre 2015, le premier sans Blaise Compaoré au pouvoir, l’évènement sera marqué par des activités de prières et de réflexion sur toute l’étendue du territoire national. Un anniversaire qui se tient deux jours après que les avocats aient reçu les résultats des tests balistiques et de l’autopsie des restes du corps du président Sankara et des autres victimes du coup d’Etat d’octobre 1987. Et tout porte à croire que c’est bien le père de la révolution qui reposait au cimetière de Dagnöen. Ce sont les tests ADN (en cours) qui viendront confirmer ou infirmer cette thèse. Déjà, on parle d’un corps criblés de balles.

Des conférences en plein air

A situation particulière, commémoration particulière. Un panel sur le dossier judiciaire avec un collectif d’avocats, des conférences publiques sur les évènements du 15 octobre 1987 et des projections de film suivi de débats sont donc au menu. Et, c’est un espace ouvert dans un quartier populaire qui a été choisi pour abriter ces activités commémoratives. Il s’agit du terrain Miramar sise à Tampouy, non loin du monument des martyrs. C’est là que se passera l’essentiel des activités. Mais, des conférences publiques et projections de films sont prévues également à l’Université de Ouagadougou, à la cité universitaire de la Patte d’oie, mais aussi sur Avenue Thomas Sankara sise à Paspanga.

Ceci, en vue de permettre aux plus jeunes de connaître cette icône du panafricanisme qui aura dirigé la révolution burkinabè pendant quatre. Mais ayant laissé des traces indélébiles. Si bien que 28 ans après son assassinat, Thomas Sankara demeure plus que jamais dans les mémoires des Burkinabè. Le panel animé par les avocats de la famille permettra sans doute d’en savoir plus sur l’avancée du dossier judiciaire qui résonne au-delà des frontières du Burkina.

En tous les cas, l’on n’a jamais été aussi près de la manifestation de la vérité dans ce dossier. Car, ceux qui étaient présumés faire obstacles à la manifestation de la vérité sur les circonstances de la mort du président Sankara sont loin des affaires désormais. Celui qui a bénéficié du coup d’Etat d’octobre 1987, Blaise Compaoré, a été chassé par la rue en octobre 2014. Le général Gilbert Diendéré dont le nom revient le plus souvent dans cette affaire s’est aussi tiré une balle dans le pied en tentant une prise du pouvoir par les armes. La suite est connue. Il est depuis incarcéré à la Maison d’arrêt et de correction de l’armée, en attendant son procès. C’est dire que pour les proches de Thomas Sankara, une lueur d’espoir s’ouvre enfin pour que justice soit rendue.


 Lefaso.net par Moussa Diallo

Les résultats de l’assassinat de Thomas Sankara devaient être dévoilés ce 17 septembre

septembre 17, 2015
Thomas Sankara, ancien président du Burkina Faso, assassiné le 15 octobre 1987. © AFP

Thomas Sankara, ancien président du Burkina Faso, assassiné le 15 octobre 1987. © AFP

Le juge d’instruction en charge de l’enquête sur l’assassinat de Thomas Sankara avait convoqué les avocats des parties civiles ce jeudi matin pour leur communiquer les résultats de l’autopsie du corps présumé de l’ex-président.

Ce n’est sûrement pas la cause, ni même l’explication, du coup d’État mené ce jeudi 17 septembre par le régiment de sécurité présidentielle (RSP) et le général Gilbert Diendéré contre les autorités de transition. Mais ce hasard de calendrier interpelle.

Dans une lettre officielle dont « Jeune Afrique » a obtenu une copie, le juge d’instruction militaire François Yaméogo, chargé de l’enquête sur l’assassinat de Thomas Sankara, avait convoqué ce jeudi matin, à 9h00, les avocats des parties civiles impliquées dans ce dossier pour « prendre connaissance des conclusions des rapports de l’expertise balistique et de l’autopsie après exhumation des restes présumés » de l’ancien président et de ses douze camarades assassinés le 15 octobre 1987 à Ouagadougou.

Diendéré suspecté d’être impliqué dans l’affaire Sankara

Mariam Sankara, la veuve de Thomas, a elle aussi reçu cette convocation. Actuellement en France, elle n’avait pas prévu de s’y rendre mais attendait que ses avocats la tiennent informée.

Ces résultats d’enquête étaient attendus depuis près de quatre mois et l’ouverture des tombes supposées de Sankara et ses proches par des experts burkinabè et français, fin mai, au cimetière de Dagnoën, à Ouagadougou.

Étouffée par le régime Compaoré, l’enquête sur l’assassinat de Thomas Sankara avait été relancée par le régime de transition renversé jeudi par les militaires formant le Conseil national pour la démocratie (CND). Son président, le général Gilbert Diendéré, bras droit de Blaise Compaoré depuis plus de trente ans, est suspecté d’être impliqué dans l’assassinat de Thomas Sankara.

Copie de la convocation de la Cour

Copie de la convocation de la Cour

Jeuneafrique.com par et

Affaire Thomas Sankara : Mariam demande aux députés français d’ouvrir une enquête

juin 17, 2015
Veuve Sankara

Mariam Sankara

Mariam, la veuve de l’ex-président burkinabè Thomas Sankara, poursuit sa quête de vérité, du Burkina Faso à la France où elle a demandé mardi aux députés français d’ouvrir une enquête parlementaire.

« Je n’ai pas abandonné, je n’abandonnerai pas, jusqu’à ce que vérité soit faite », confie Mariam Sankara, dans un rare entretien accordé, le 16 juillet, à l’Agence France presse (AFP).

Elle vit en exil à Montpellier, dans le sud de la France, où elle s’est installée en 1990 avec ses deux enfants. Mais elle était à Paris mardi pour demander aux députés français d’ouvrir une enquête parlementaire sur les circonstances de la mort de son époux.

Si on arrivait à ouvrir les archives, on pourrait situer les responsabilités.

Mariam Sankara souhaite que Paris contribue à éclaircir le mystère. « La France a été souvent citée dans les complicités, en ce qui concerne l’assassinat. Si on arrivait à ouvrir les archives, on pourrait situer les responsabilités », estime-t-elle. « Il y va de l’intérêt de la France, du Burkina et de toute l’Afrique que cette vérité se sache ».

« J’ai écrit à Hollande, pas de réponse »

Les autorités françaises n’ont jusqu’ici jamais donné suite à ses requêtes. « Cela fait 18 ans que la plainte est déposée. J’ai écrit au président Chirac (1995-2007), j’ai reçu une réponse comme quoi ce genre de chose ne se produirait plus. J’ai écrit au président Sarkozy (2007-2012) qui a répondu aussi qu’ils vont veiller à ce que ce genre de situation ne se reproduise plus au Burkina », explique-t-elle.

« J’ai écrit à Hollande quand il est devenu président mais je n’ai pas reçu de réponse… », ajoute-t-elle.

Elle espère que les députés français accepteront sa demande d’enquête parlementaire. Mais cela suppose un consensus politique et « je pense que cela peut être difficile », reconnaît-elle. Deux requêtes similaires, émanant de députés burkinabè, étaient restées lettre morte en 2011 et 2012.

« Je vais revenir au Burkina »

Fêtée à son retour au pays en mai, Mariam Sankara cultive la discrétion et fuit les journalistes. « Je ne me donne pas un rôle politique. Les sankaristes ont un candidat que nous soutenons qui est Bénéwendé Sankara [sans lien de parenté] », souligne-t-elle.

Mais elle s’est inscrite sur les listes électorales et pourrait s’impliquer aux côtés de son candidat dans la campagne électorale au Burkina Faso, à l’approche des scrutins présidentiel et législatif d’octobre.

« Je m’installerai un jour au Burkina », ajoute Mariam Sankara. « J’ai ma mère, j’ai des frères. Je vais revenir ».

Ses deux enfants, adultes et établis aux États-Unis, viendront peut-être aussi. « Ils sont Burkinabè, nous sommes toujours restés Burkinabè », assure-t-elle.

Depuis la chute de Blaise Compaoré, la justice burkinabè a ouvert une enquête en mars et elle a convoqué Mariam Sankara pour l’auditionner en mai.

« J’ai été entendue. J’ai eu l’impression que le juge voulait vraiment aller au bout de cette enquête, je ne peux qu’espérer que cela se passe bien », dit-elle.

À la demande du juge d’instruction, les restes de Thomas Sankara et des douze autres victimes sont exhumés fin mai.

« Le but, c’est d’identifier les corps mais aussi de déterminer les circonstances des décès puisque nous avions reçu des certificats disant qu’il s’agissait de morts naturelles ».

Jeuneafrique.com

Burkina : sous le sceau de Sankara

juin 10, 2015
Une fresque représentant Thomas Sankara. © ARCHIVES/AFP

Une fresque représentant Thomas Sankara. © ARCHIVES/AFP

Elle fut une ministre de l’ancien président. Aujourd’hui chargée de la Justice, Joséphine Ouédraogo veut faire la lumière sur l’assassinat de son mentor, dont le corps supposé vient d’être exhumé.

Sa vie a basculé une première fois en septembre 1984. À l’époque jeune sociologue, Joséphine Ouédraogo sillonne le pays, nouvellement baptisé Burkina Faso, pour différentes enquêtes de terrain. Un matin, son téléphone sonne. Au bout du fil, une voix qu’elle reconnaît immédiatement : celle du président Thomas Sankara. « Joséphine, j’ai besoin de gens comme toi, qui connaissent le pays, les femmes et les paysans. » La voilà ministre de l’Essor familial et de la Solidarité. Fidèle sankariste, elle conservera le poste jusqu’au 15 octobre 1987, jour de l’assassinat du capitaine révolutionnaire.

Près de trente ans plus tard, Blaise Compaoré, le tombeur de Sankara, vacille à son tour. Joséphine Ouédraogo ne le sait pas encore, mais sa vie va connaître un nouveau tournant. Le palais de Kosyam ? Il s’en est fallu de peu, son nom ayant été au coude-à-coude avec celui de Michel Kafando. « J’aurais accepté cette mission par sens de l’État. Mais en y réfléchissant bien, je suis soulagée de ne pas avoir été choisie », sourit-elle. Elle est finalement nommée ministre de la Justice. Un poste éminemment symbolique en cette période post-Compaoré.

Devenue l’une des têtes d’affiche du gouvernement de transition, cette femme de 65 ans originaire de Koudougou, élégante et élancée, découvre rapidement l’énorme attente qui pèse sur ses épaules. Après vingt-sept ans d’une justice aux ordres de « Blaise », les Burkinabè demandent des comptes, en particulier sur les affaires Sankara et Zongo (un journaliste tué en 1998). L’une de ses premières décisions est donc de relancer l’enquête sur l’assassinat du président du Conseil national révolutionnaire, bloquée depuis près de vingt ans par les juridictions civiles. Sur ordre du ministre de la Défense (qui n’est autre que le Premier ministre, Yacouba Isaac Zida), la justice militaire est saisie. Pour la première fois, un juge d’instruction est nommé, des témoins et des proches des victimes sont auditionnés et l’on procède même à l’exhumation, fin mai, des corps supposés de Sankara et de ses douze camarades au cimetière de Dagnoën, à Ouagadougou.

« J’ai été très émue quand j’ai récupéré ce dossier sur mon bureau, confie Joséphine Ouédraogo. Le destin est parfois curieux. » Elle affirme pourtant ne pas être animée par un esprit de vengeance personnelle. Un effort probablement difficile pour celle qui fréquentait « Thom Sank » avant même qu’il soit président (sa grande soeur était une amie de Mariam Sankara, l’épouse du disparu). « Il a profondément marqué ma vision politique », affirme-t-elle fièrement aujourd’hui.

Écuries

Sans surprise, la garde des Sceaux du « nouveau » Burkina ne mâche pas ses mots lorsqu’elle évoque l’ancien régime. « Le système judiciaire était totalement pourri et corrompu, infiltré de bout en bout par le pouvoir, lâche-t-elle. L’assassinat était devenu un mode de gouvernance et les dossiers finissaient tous en impasse. » Ancienne fonctionnaire internationale à la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, à Addis-Abeba, puis secrétaire exécutive de l’ONG Enda Tiers-Monde, à Dakar, Joséphine Ouédraogo pense avoir été choisie pour nettoyer les écuries d’Augias justement parce qu’elle n’avait rien à voir avec le monde judiciaire.

Parallèlement à l’affaire Sankara, son principal chantier a été l’organisation de vastes états généraux de la justice pour « tout remettre à plat ». Pendant cinq jours, fin mars, à Ouagadougou, elle a réuni 2 000 participants (magistrats, avocats, membres de la société civile, forces de police et de gendarmerie, chefs coutumiers…) pour jeter les bases d’une justice (enfin) indépendante. Un Pacte national pour le renouveau de la justice a été signé. Sa mise en oeuvre doit être confiée à une haute autorité indépendante dont la ministre espère qu’elle sera mise sur pied avant la fin de la transition, en octobre. « Si nous y parvenons, j’aurais grandement accompli ma mission », estime-t-elle. Elle ne le dit pas ouvertement, mais nul doute qu’une avancée significative dans l’affaire Sankara susciterait aussi chez elle le sentiment du devoir accompli.

Jeuneafrique.com par – Envoyé spécial

Burkina: des « ossements » exhumés de la tombe supposée de Sankara

mai 26, 2015

Des « ossements » ont été exhumés de la tombe supposée contenir la dépouille de l’ex-président burkinabé Thomas Sankara, a affirmé l’avocat de sa famille à l’AFP. Il avait été assassiné en 1987 lors d’un coup d’État.

« Je peux certifier que dans la tombe supposée être celle de Thomas Sankara, des restes ont été exhumés. En tant qu’avocat représentant la famille, nous avons constaté aux environs de 8h35, à 45 cm de profondeur les premiers ossements », a déclaré Me Benwendé Stanislas Sankara. Il assiste à l’exhumation dans le cimetière de Dagnoën, un quartier de Ouagadougou.

Thomas Sankara avait été enterré à la sauvette le soir du 15 octobre 1987, après son assassinat lors du coup d’État qui porta Blaise Compaoré au pouvoir. Il aurait été inhumé au cimetière de Dagnoën, mais sa famille et ses nombreux partisans doutent que son corps s’y trouve réellement.

Les restes qui ont été retirés de la poussière sont constitués de « quelques ossements, de tissus au fond rouge avec des traits noirs », a détaillé l’avocat. « Nous pensons que les restes qui ont été totalement enlevés aux environs de 11 heures pourront permettre aux experts de faire leur travail scientifique et de produire le rapport que nous attendons », a poursuivi Me Sankara.

Avec douze compagnons
La gendarmerie a empêché tout attroupement autour de l’endroit, mais quelques curieux se sont réunis à plus de 500 mètres de là.

L’exhumation des corps censés être ceux de Sankara et de douze de ses compagnons a démarré lundi. Les tombes de deux de ses compagnons d’infortune de l’ex-président avaient été alors ouvertes.

« Ils ont trouvé des restes de survêtement dans la première tombe. Dans la deuxième tombe, ils ont trouvé deux dents, une partie de la mâchoire et d’autres restes de survêtement », avaient indiqué à l’AFP des proches de victimes.

Au passage du corbillard transportant les « caisses contenant ces restes », et escorté par la gendarmerie, la foule amassée aux abords du cimetière avait entonné l’hymne national.

Enquête

L’opération d’exhumation est conduite par trois médecins, un Français et deux Burkinabé, en présence du commissaire du gouvernement et d’un juge d’instruction.

Le régime de M. Compaoré avait toujours refusé l’ouverture d’une enquête sur les circonstances de l’assassinat de Sankara. Début mars, le gouvernement de transition mis en place après la chute en octobre du président Compaoré a finalement autorisé l’exhumation du corps de Sankara dans le but de l’identifier formellement.

Les tombes ont été mises sous scellés début avril par la justice militaire du Burkina qui enquête depuis mars sur les circonstances de la disparition du « père de la révolution burkinabé ».

Romandie.com

Exhumation du corps de Sankara : le Burkina retient son souffle

mai 26, 2015

Thomas Sankara, ex-président du Burkina Faso, a été assassiné le 15 octobre 1987 à Ouagadougou.
Thomas Sankara, ex-président du Burkina Faso, a été assassiné le 15 octobre 1987 à Ouagadougou. © AFP

Après l’ouverture, lundi, des tombes de deux de ses compagnons, l’exhumation du corps supposé de l’ex-président burkinabè Thomas Sankara, assassiné en 1987 lors d’un coup d’État, aura lieu mardi matin au cimetière de Ouagadougou.

Enterré à la sauvette le soir du 15 octobre 1987, après son assassinat qui porta Blaise Compaoré au pouvoir, le corps de Thomas Sankara est resté pendant près de deux décennies une énigme. Alors que les autorités de l’époque ont toujours affirmé qu’il a été inhumé au cimetière de Dagnoën (quartier est de Ouagadougou), la famille de l’ex-président burkinabè et ses nombreux partisans doutent que sa dépouille s’y trouve réellement au lieu indiqué.

Ce 26 mai, tout le pays maintient son souffle. Car « la tombe de Thomas Sankara sera ouverte ce mardi matin », a déclaré Me Benwendé Stanislas Sankara, l’avocat de la famille.

L’opération d’exhumation des corps de Sankara et de ses douze compagnons assassinés avec lui a commencé lundi, dans le cadre d’une instruction ouverte fin mars.

« On veut la vérité »

Dans la deuxième tombe, ils ont trouvé deux dents, une partie de la mâchoire et d’autres restes de survêtement », ont indiqué des proches de victimes. « Ce n’est pas facile pour certaines familles, c’est une ambiance de mort… C’est comme si on était à la morgue », a raconté Me Sankara. « C’est dur pour nous, je suis dedans [dans le cimetière] avec ma petite sœur. Quand papa est mort, elle avait 6 mois », a confirmé la fille de Der Somda, un compagnon de Sankara assassiné en même temps que lui.

Au passage du corbillard transportant les « caisses contenant ces restes », et escorté par la gendarmerie, la foule amassée aux abords du cimetière a entonné l’hymne national. Le lundi matin, la gendarmerie avait bloqué l’accès du cimetière à des dizaines de curieux qui scandaient : « On veut la vérité » ou « La patrie ou la mort, nous vaincrons ».

Selon des proches des victimes, des jeunes gens munis de « pioches et pelles » ont ouvert « deux tombes » dans le cimetière. « Ça risque de prendre beaucoup de temps », a dit Mariam Gouem, fille d’un des gardes de corps de Sankara également tué le 15 octobre 1987.

L’opération est conduite par trois médecins, un Français et deux Burkinabè, en présence du commissaire du gouvernement et d’un juge d’instruction.

La famille de Thomas Sankara, représentée par son avocat, n’assiste pas à l’exhumation.

Jeuneafrique.com avec AFP

Burkina: la dépouille de Thomas Sankara devrait être exhumée mardi

mai 25, 2015

Burkina: la dépouille de Thomas Sankara devrait être exhumée mardi
Burkina: la dépouille de Thomas Sankara devrait être exhumée mardi © AFP

L’exhumation du corps de l’ex-président burkinabè Thomas Sankara, assassiné en 1987 lors d’un coup d?État, aura lieu mardi dans un cimetière de Ouagadougou où les tombes de deux de ses compagnons ont déjà été ouvertes ce lundi, a affirmé l’avocat de sa famille à l’AFP.

« La tombe de Thomas Sankara sera ouverte mardi matin », a déclaré Me Benwendé Stanislas Sankara, l’avocat de la famille.

L’opération d’exhumation des corps de Sankara et de ses douze compagnons assassinés avec lui a commencé lundi, dans le cadre d’une instruction ouverte fin mars.

Thomas Sankara avait été enterré à la sauvette le soir du 15 octobre 1987, après son assassinat lors du coup d?État qui porta Blaise Compaoré au pouvoir.

Il aurait été inhumé au cimetière de Dagnoën (quartier est de Ouagadougou), mais sa famille et ses nombreux partisans doutent que son corps s’y trouve réellement.

« Ils ont trouvé des restes de survêtement dans la première tombe. Dans la deuxième tombe, ils ont trouvé deux dents, une partie de la mâchoire et d’autres restes de survêtement », ont indiqué à l’AFP des proches de victimes.

« Ce n’est pas facile pour certaines familles, c’est une ambiance de mort. . . C’est comme si on était à la morgue », a raconté Me Sankara.

« C’est dur pour nous, je suis dedans (dans le cimetière) avec ma petite s?ur. Quand papa est mort, elle avait 6 mois », a confirmé la fille de Der Somda, un compagnon de Sankara assassiné en même temps que lui.

Au passage du corbillard transportant les « caisses contenant ces restes », et escorté par la gendarmerie, la foule amassée aux abords du cimetière a entonné l’hymne national.

Le matin, la gendarmerie avait bloqué l’accès du cimetière à des dizaines de curieux qui scandaient : « On veut la vérité » ou « La patrie ou la mort, nous vaincrons ».

Selon des proches des victimes, des jeunes gens munis de « pioches et pelles » ont ouvert « deux tombes » dans le cimetière.

« Ca risque de prendre beaucoup de temps », a dit à l’AFP Mariam Gouem, fille d’un des gardes de corps de Sankara également tué le 15 octobre 1987.

L’opération est conduite par trois médecins, un Français et deux Burkinabè, en présence du commissaire du gouvernement et d’un juge d’instruction.

La famille de Thomas Sankara, représentée par son avocat, n’assiste pas à l?exhumation.

Le régime de M. Compaoré avait toujours refusé l’ouverture d’une enquête sur les circonstances de l’assassinat de Sankara. Début mars, le gouvernement de transition mis en place après la chute en octobre du président Compaoré a finalement autorisé l’exhumation du corps de Sankara dans le but de l’identifier formellement.

Les tombes ont été mises sous scellés début avril par la justice militaire du Burkina qui enquête depuis mars sur les circonstances de la disparition du « père de la révolution burkinabè ».

Plusieurs auditions ont déjà eu lieu et notamment le 14 mai celle de Mariam Sankara, veuve du défunt président.

La figure de Thomas Sankara, révolutionnaire loué pour son intégrité et icône du panafricanisme, a été abondamment évoquée durant le soulèvement populaire qui a conduit à la chute de Compaoré le 31 octobre dernier.

Jeuneafrique.com

Burkina : l’exhumation du corps supposé de Thomas Sankara débutera le 25 mai à Ouagadougou

mai 22, 2015

Thomas Sankara à Tenkodogo le 2 octobre 1987, quelques jours avant sa mort.
Thomas Sankara à Tenkodogo le 2 octobre 1987, quelques jours avant sa mort. © Archives J.A.

Promises par les autorités de transition, les opérations d’exhumation des corps supposés de Thomas Sankara et de ses douze camarades assassinés le 15 octobre 1987 débuteront le lundi 25 mai au cimetière Dagnoën de Ouagadougou.

Après des années de blocage judiciaire, l’enquête sur l’assassinat du président Thomas Sankara va bientôt connaître un tournant décisif. Lundi 25 mai, trois experts – deux médecins légistes burkinabè et un français, le professeur Alain Miras – débuteront, sur ordre du juge d’instruction militaire François Yaméogo, l’exhumation des corps supposés du capitaine révolutionnaire et de ses douze camarades, au cimetière de Dagnoën, à Ouagadougou.

Selon Me Benewende Sankara, avocat de la famille de l’ancien chef de l’État, les opérations débuteront à 8h du matin en présence des familles des victimes. La première tombe ouverte sera très probablement celle de Thomas Sankara. Si l’ouverture des sépultures et les prélèvements ADN sur les corps supposés ne devraient prendre que quelques jours, l’analyse des résultats devrait, elle, être moins rapide. Selon une source proche du dossier, « les prélèvements seront sûrement analysés dans des laboratoires étrangers ».

Depuis la chute de Blaise Compaoré, le 31 octobre dernier, l’espoir de découvrir la vérité sur la mort du président Sankara a refait surface au Burkina Faso. Pour la première fois en près de vingt ans de procédures, un juge d’instruction a été nommé et chargé d’enquêter sur cette affaire d’État. Il a commencé par placer sous scellé, le 9 avril, les treize tombes présumées de Thomas Sankara et de ses camarades, assassinés par un commando d’hommes armés le 15 octobre 1987 au Conseil de l’entente. Il a ensuite entamé les auditions de témoins ou de proches des victimes. Mariam Sankara, la veuve de l’ancien président, a notamment été entendue pendant plus de huit heures le 18 mai, quatre jours après son retour symbolique à Ouagadougou.

Jeuneafrique.com par Benjamin Roger

Burkina Faso : l’affaire Thomas Sankara, chronique d’un déni de justice

avril 16, 2015

Thomas Sankara, ex-président du Burkina Faso, a été assassiné le 15 octobre 1987 à Ouagadougou.
Thomas Sankara, ex-président du Burkina Faso, a été assassiné le 15 octobre 1987 à Ouagadougou. © AFP

Alors que l’enquête vient d’être relancée par la justice militaire du Burkina, retour sur dix-huit années de blocages judiciaires autour de l’assassinat de Thomas Sankara.

Après un long déni de justice sous le régime de Blaise Compaoré, l’enquête sur l’assassinat de Thomas Sankara, le 15 octobre 1987, est sur le point d’être relancée au Burkina Faso. En mars 2015, le gouvernement de transition a saisi le procureur du tribunal militaire et pris un décret autorisant l’exhumation du corps présumé de l’ancien président. Pour la première fois, un juge d’instruction, François Yaméogo, a été nommé et est chargé d’enquêter sur ce dossier. Le 9 avril, il a fait placer la tombe supposée de Thomas Sankara sous scellé et s’apprête à mener ses premières auditions.

Ces récentes avancées contrastent avec dix-huit longues années de combat judiciaire mené par la famille de Sankara et ses défenseurs. Depuis 1997, date de la première plainte auprès de la justice burkinabè, ils n’ont cessé de se heurter à un mur, aujourd’hui fissuré depuis la chute de « Blaise ».

1997 – La première plainte contre X pour assassinat

Le 29 septembre 1997, juste avant le dixième anniversaire de la mort de Thomas Sankara et la fin du délai de prescription, sa veuve, Mariam, et ses deux fils, Philippe Relwendé et Auguste Wendyam, se constituent partie civile dans une plainte contre X pour assassinat au tribunal de grande instance de Ouagadougou.

La famille porte également plainte pour faux en écriture administrative, le certificat de décès de l’ex-président révolutionnaire portant en effet la mention « mort de mort naturelle ».

>> Lire aussi Burkina Faso : les Sankara, une famille à recomposer

2001 – Impossible de saisir la justice militaire

Après cinq années de péripéties judiciaires, ponctuées de renvois devant différentes juridictions, la Cour suprême, dans un arrêt en date du 19 juin 2001, déclare irrecevable le pourvoi du dossier en cassation.

Le lendemain de cette décision, le 20 juin 2001, les avocats de la famille Sankara mènent plusieurs requêtes pour tenter de saisir la justice militaire, vu que les juridictions civiles se sont déclarées incompétentes. Elles restent toutes sans suite. Ils écrivent notamment une lettre au ministre de la Défense pour lui demander de saisir le procureur du tribunal militaire.  Leur demande ne sera jamais entendue, le ministre de l’époque n’était autre que… Blaise Compaoré en personne.

2002 – Saisine du Comité des droits de l’homme de l’ONU

Constatant que leur plainte contre X pour assassinat n’aboutissait pas, la partie civile dépose, le 8 octobre 2002, une plainte contre X pour enlèvement et séquestration de Thomas Sankara. Mais le dossier reste totalement bloqué au Burkina Faso. Les défenseurs de la famille ont donc recours aux procédures juridiques internationales. La « Campagne internationale justice pour Sankara » (CIJS), un collectif juridique composé d’une quinzaine d’avocats canadiens, européens et africains, dépose plainte contre l’État burkinabè le 13 octobre 2002 devant le Comité des droits de l’homme des Nations unies pour violation du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ratifié par le Burkina en 1999.

Thomas Sankara à Tenkodogo, le 2 octobre 1987. © Archives Jeune Afrique

Thomas Sankara à Tenkodogo, le 2 octobre 1987. © Archives Jeune Afrique

2006 – Le Comité des droits de l’homme de l’ONU donne raison à la famille Sankara

Après avoir jugé recevable la plainte de la CIJS en mars 2004, le Comité des droits de l’homme de l’ONU donne raison aux plaignants le 5 avril 2006. Il demande à l’État burkinabé « d’élucider l’assassinat de Thomas Sankara; de fournir à la famille les moyens d’une justice impartiale; de rectifier son certificat de décès; de prouver le lieu de son enterrement; de compenser la famille pour le traumatisme subi; d’éviter que pareille tragédie ne se reproduise; et de divulguer publiquement la décision du comité », précisant que le régime Compaoré « dispose de 90 jours pour s’exécuter ».

2008 – … avant de revenir sur sa décision

Le 21 avril 2008, à la surprise des plaignants, le Comité des droits de l’homme des Nations unies clos le dossier Sankara.  Dans son communiqué, il déclare qu' »il considère le recours de l’État partie comme satisfaisant aux fins du suivi de ses constatations et n’a pas l’intention d’examiner cette question plus en avant au titre de la procédure de suivi. » En clair : le comité onusien estime que l’État burkinabè a répondu à ses demandes et que l’affaire est close.

2009 – Lancement de la campagne « Justice pour Thomas Sankara, Justice pour l’Afrique

Le 21 décembre 2009, à l’occasion du soixantième anniversaire de la naissance de Thomas Sankara, le collectif international « Justice pour Thomas Sankara, Justice pour l’Afrique », soutenu par de nombreuses ONG, lance une pétition en ligne disponible en cinq langues demandant l’ouverture d’une enquête indépendante et l’ouverture des archives, notamment en France. Elle reçoit le soutien de nombreuses personnalités et artistes africains (Alain Mabanckou, Tiken Jah Fakoly, Balufu Bakupa-Kanyinda…) et européens, mais aussi d’associations et de partis politiques.

2011 – Des députés burkinabè demandent une enquête parlementaire en France

Le 26 avril 2011, douze députés burkinabè écrivent à leurs homologues français pour solliciter la « création d’une commission d’enquête parlementaire dans le cadre de l’assassinat du Président Thomas Sankara ». Cette demande d’enquête parlementaire n’a jamais été acceptée par la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française.

Thomas Sankara (g), le chef de l'État burkinabé, et Blaise Compaoré (d), ministre d'État, le 4 août 1987 à Bobo Dioulasso. © Manouche/Archives Jeune Afrique

Thomas Sankara (g), le chef de l’État burkinabé, et Blaise Compaoré (d), ministre d’État, le 4 août 1987 à Bobo Dioulasso. © Manouche/Archives Jeune Afrique

2012 – Classement de la plainte contre X pour séquestration

Près de dix ans après le dépôt de la plainte contre X pour séquestration et enlèvement de Thomas Sankara, la cour burkinabè de cassation déclare le 28 juin 2012 que cette procédure est irrecevable. La plainte pour séquestration est définitivement classée et la famille de l’ancien président subit un nouveau revers judiciaire.

2014 – La justice civile se déclare incompétente sur la demande d’expertise ADN

Le 30 avril 2014, le tribunal de grande instance de Ouagadougou se déclare incompétent sur la demande d’exhumation du corps supposé de Thomas Sankara pour procéder à des expertises ADN. La famille de l’ex-président avait demandé à ce qu’on ouvre la tombe où il est censé être enterré, au cimetière de Dagnoën, dans l’est de la capitale burkinabè, pour qu’on identifie la dépouille.

2015 – Un décret autorise l’exhumation du corps supposé de Thomas Sankara

Le 4 mars 2015, un décret du gouvernement de transition « permet aux ayants-droit de feu Thomas Isidore Noël Sankara, président du Faso du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, d’ouvrir la tombe supposée contenir son corps et de faire procéder à toute expertise nécessaire à l’identification ». Ce texte, annoncé à plusieurs reprises par les autorités de transition et attendu par la famille, permet formellement l’exhumation du corps reposant dans sa tombe supposée au cimetière de Dagnoën.

Jeuneafrique.com par Benjamin Roger

Burkina : le gouvernement autorise l’exhumation du corps supposé de Thomas Sankara

mars 5, 2015

Thomas Sankara à Harare, le 2 septembre 1986.
Thomas Sankara à Harare, le 2 septembre 1986. © AFP

Le gouvernement de transition burkinabè a adopté mercredi un décret autorisant l’exhumation et l’expertise de la dépouille supposée de Thomas Sankara. Mais la procédure s’annonce encore longue, aucun accord n’ayant été conclu entre les autorités et Mariam Sankara, la veuve de l’ex-président.

Une nouvelle étape vient d’être franchie dans l’enquête sur l’assassinat de Thomas Sankara. Le gouvernement de transition burkinabè a adopté, mercredi 4 mars, en conseil des ministres, un décret « portant autorisation d’exhumation et d’expertises des restes du président Thomas Isidore Noël Sankara ». Le compte-rendu du Conseil précise que l’adoption de ce décret permet aux ayants-droit de l’ancien chef de l’État « d’ouvrir la tombe supposée contenir son corps et de faire procéder à toutes expertises nécessaires à l’identification ».

Les autorités de transition répondent ainsi aux critiques qui commençaient à monter à Ouagadougou. À peine arrivés au pouvoir, le président Michel Kafando et le Premier ministre Yacouba Isaac Zida avaient multiplié les déclarations sur la réouverture de l’explosif dossier Sankara, suscitant une forte attente dans la famille et au sein de la population. Mais, en un peu plus de trois mois au pouvoir, le régime de transition a été rattrapé par d’autres priorités et la relance de cette affaire complexe reléguée au second plan. Lors d’une interview accordée à Jeune Afrique au début du mois de février, le président Michel Kafando s’était même montré plutôt agacé lorsqu’il a fallu répondre à la question : « Ce sont des sujets dont je ne veux pas avoir à reparler encore et encore »

Aucun accord conclu entre la famille et les autorités

Malgré ce décret, la réouverture de la tombe de l’ancien capitaine révolutionnaire ne semble pas être pour demain. Dans un communiqué transmis à la presse, Mariam Sankara, la veuve de Thomas, affirme qu’elle n’a jamais eu de « contact officiel » avec les autorités de transition et qu’aucun accord sur les modalités de « réouverture du dossier juridique et les travaux légistes d’identification » n’a été conclu. Installée à Montpellier, dans le sud de la France, elle réaffirme tout de même « sa disponibilité à discuter » de ces formalités qu’elle a sollicités. Reste maintenant au ministre de la Défense de saisir le tribunal militaire – la justice civile s’étant déclarée incompétente sur ce dossier – pour qu’il ordonne l’ouverture d’une procédure.

Thomas Sankara a été tué le 15 octobre 1987 par un commando d’hommes armés à Ouagadougou dans des circonstances troubles. Le régime de Blaise Compaoré, fortement suspecté d’avoir trempé dans l’assassinat de son ancien frère d’armes, a tout fait pour étouffer cette affaire. À tel point que le doute subsiste toujours sur l’identité de la dépouille reposant dans la tombe supposée de Sankara, au cimetière de Dagnoën, dans la capitale burkinabè. Depuis 2010, sa famille réclame donc l’exhumation et l’identification du corps pour tenter de faire la lumière sur la mort de l’idole de la nation.

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Jeuneafrique.com par Benjamin Roger