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À New York, Tidjane Thiam et son fonds séduisent les investisseurs

mars 1, 2021
Tidjane Thiam, le 13 février 2020.Weigh on Results

La nouvelle société d’investissement du financier franco-ivoirien a levé 300 millions de dollars lors de sa première introduction à la Bourse de New York.

Le curriculum vitae de l’ancien DG de Credit Suisse aura su convaincre les investisseurs. En fin de semaine dernière, l’introduction en Bourse de la « société d’acquisition à vocation spécifique » (SPAC, en initiales anglaises) lancée par Tidjane Thiam et ses partenaires, Adam Gishen et Abhishek Bhatia, a été couronnée de succès.

L’opération, revue à la hausse par rapport à son objectif initial de 250 millions de dollars, en raison d’une forte demande, a finalement été réalisée au prix de 10 dollars pour 30 millions d’unités, d’après la communication financière de la société à l’issue du « pricing ».

Les parts du véhicule, baptisé Freedom Acquisition I Corp, sont négociées depuis le 26 février à la Bourse de New York sous le symbole « FACT.U ».À LIRE Tidjane Thiam : tout comprendre au « SPAC », la société d’investissement à 250 millions de dollars que prépare le financier franco-ivoirien

Cibler le secteur des services financiers

La société de « chèque en blanc », enregistrée aux Îles Caïmans, a été constituée dans le but de « procéder à des opérations de fusion, d’échange d’actions, d’acquisition d’actifs, d’achat d’actions, de réorganisation ou de rapprochement entre une ou plusieurs entreprises similaires », selon le prospectus destiné aux investisseurs et déposé mi-février.

Fondé par Tidjane Thiam, Adam Gishen et Abhishek Bhatia, Freedom Acquisition I Corp est soutenu par un fonds privé affilié à Pacific Investment Management Company (Pimco).

La structure prévoit de cibler le secteur des services financiers, en particulier les entreprises technologiques présentant un potentiel de croissance et de stabilité financière. D’un point de vue géographique, la boussole est pointée vers les marchés développés, tels que l’Amérique du Nord ou l’Europe, et les marchés émergents, en Asie, en Amérique latine et certains pays d’Afrique.

Avec Jeune Afrique par Aurélie M’Bida

Tidjane Thiam, nouveau « gardien » du capitalisme inclusif avec le Vatican

décembre 8, 2020
Tidjane Thiam à Davos, le 22 janvier 2019.

L’ancien patron franco-ivoirien de Credit Suisse intègre le Conseil pour un capitalisme inclusif, initié par le pape François, qui réunit une vingtaine de dirigeants mondiaux d’entreprises.

Mettre en avant la dimension morale de la vie économique pour favoriser « un développement humain intégral », tel était le vœu du souverain pontife lorsqu’il a lancé les premières consultations, fin 2019, avec une organisation américaine qui plaide pour une vision vertueuse de l’économie de marché, le Conseil pour un capitalisme inclusif.

Ce dernier annonce, ce 8 décembre, le lancement officiel d’un partenariat avec le Vatican. Concrètement, un groupe d’investisseurs et de chefs de grands groupes mondiaux, appelés « gardiens », s’engage à « réformer le capitalisme (…) pour le bien de l’humanité » et à promouvoir la dynamique auprès du secteur privé pour que capitalisme rime davantage avec justice, inclusion et développement durable.

Ces dirigeants, qui représentent plus de 10 500 milliards de dollars d’actifs sous gestion, doivent se réunir chaque année avec le pape François et le cardinal ghanéen Peter Turkson – l’un des deux cardinaux africains pressentis en 2013 pour succéder à Benoît XVI et devenir ainsi le premier « pape noir » de l’histoire – pour faire le point sur leurs actions visant à faire progresser le capitalisme inclusif.

Finance « désintéressée »

Parmi eux, l’ancien directeur général de Credit Suisse, Tidjane Thiam, dont les derniers choix dans la sphère économique témoignent d’une volonté pour celui que d’aucuns qualifient de « prodige de la finance » de partager son expérience au service du continent.

Depuis son départ de la deuxième plus grande banque helvète, le dirigeant a ainsi intégré la task force de l’Union africaine – aux côtés de Ngozi Okonjo-Iweala, Trevor Manuel et Donald Kaberuka -, chargée de trouver une solution coordonnée et continentale à la crise sanitaire.

Après une parenthèse ivoirienne, pendant la présidentielle remportée le 3 novembre par Alassane Ouattara, il est recruté par le Rwanda pour promouvoir la place financière de Kigali en intégrant le board du Rwanda Finance Limited.

Dirigeants de haut niveau

Thiam, qui siège depuis juin au conseil d’administration du numéro trois mondial du luxe, le français Kering, est par ailleurs membre du « Groupe des 30 », un organisme mondial indépendant, créé en 1978, et composé de dirigeants des secteurs public et privé.

Parmi eux, plusieurs anciens gouverneurs de banques centrales dont Jacob A. Frenkel, le président du conseil des administrateurs et ancien gouverneur de la banque centrale d’Israël, Jean-Claude Trichet, ancien gouverneur de la Banque de France puis de la Banque centrale européenne, ou encore Maria Ramos, coprésidente du groupe de travail du secrétaire général des Nations unies sur le financement numérique des objectifs de développement durable et ancienne DG d’Absa Group.À LIRE Tidjane Thiam, le banquier qui dérangeait la Suisse

Dans le cadre du Conseil pour un capitalisme inclusif, Tidjane Thiam se retrouve ainsi engagé aux côtés d’autres poids lourds mondiaux des affaires, tels le Mexicain Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE, l’Italo-Américain Carmine Di Sibio, PDG du géant de l’audit EY, Oliver Bäte, PDG du groupe allemand d’assurances Allianz, l’Indo-Américain Ayay Banga, PDG de Mastercard ou encore Kenneth Frazier, PDG de Merck & Co et premier dirigeant noir-américain d’un laboratoire pharmaceutique.

Avec Jeune Afrique par Aurélie M’Bida

Tidjane Thiam laisse Credit Suisse avec des bénéfices au plus haut depuis 2010

février 15, 2020

Tidjane Thiam, patron de Credit Suisse, à New York, le 25 septembre 2019

Tidjane Thiam, patron de Credit Suisse, à New York, le 25 septembre 2019 © Mark Lennihan/AP/SIPA 

À la veille de céder son siège à la tête de Credit Suisse, le directeur général franco-ivoirien a présenté des résultats records. L’aboutissement d’un programme de redressement de la banque zurichoise entamé il y a cinq ans.

« Je suis fier de ce que le Credit Suisse a réalisé pendant mon mandat. Nous avons remis le Credit Suisse sur de bons rails et nos résultats de 2019 montrent que nous pouvons être durablement rentables », a déclaré Tidjane Thiam lors de la présentation des résultats annuels de la banque helvète, dont il vient d’être contraint de quitter la direction.

Au titre de 2019, Credit Suisse affiche en effet un bénéfice avant impôts de 4,7 milliards de francs suisses (4,4 milliards d’euros) – contre 3,4 milliards un an auparavant -, soit un bond de 40 % et une performance jamais atteinte depuis dix ans.

Et c’est sans doute en raison de ces bénéfices records que le financier de 57 ans a tenu à présenter en personne, et dans le détail, les résultats 2019 de Credit Suisse avant de passer la main et le micro à son successeur, Thomas Gottstein. Un exposé en forme de défense du bilan de ses cinq années passées à la tête de la deuxième banque du pays.

Envolée de performances

En outre, le bénéfice net attribuable aux actionnaires a progressé de 69 % à 3,4 milliards de francs suisses sur l’année, au-dessus des prévisions des analystes de 3,2 milliards de francs suisses. Tandis que pour le seul quatrième trimestre de 2019, la banque suisse a affiché un bénéfice net de 852 millions de francs suisses. Un résultat à nuancer puisqu’à la même période en 2018, un mini-crack boursier était venu ternir les bilans des sociétés cotées à la bourse de Zurich.

Le chiffre d’affaires de la banque a lui atteint 22,4 milliards de francs suisses, contre 20,9 milliards en 2018. Le rendement des fonds propres tangibles a atteint 9 % en 2019, en hausse de 5 % par rapport à 2018, cependant que Credit Suisse vise 10 % en 2020.

Le conseil d’administration propose le versement d’un dividende de 0,2776 franc suisse par action, à comparer à la rémunération de 0,2625 franc au titre de 2018.

Recentrage vers la gestion de fortune

Après avoir mené avec succès le redressement de l’assureur Prudential, de 2009 à 2014, Tidjane Thiam avait pris ses fonctions en juillet 2015 avec pour mission de restructurer la banque, et réorientant les activités vers la gestion de fortune au dépens de l’activité banque d’affaires.

Notre banque a beaucoup changé depuis 2015

« Notre objectif était de devenir une banque générant une croissance rentable, conforme et de qualité. De 2016 à 2019, nous avons développé nos affaires de gestion de fortune et généré des afflux net de nouveaux capitaux de 121 milliards de francs, et notre bénéfice avant impôts lié à la gestion de fortune a enregistré une croissance à deux chiffres (+15 %) pendant quatre années de suite, passant de 2,7 milliards de francs en 2015 à 4,7 milliards de francs en 2019 », a ajouté Tidjane Thiam.

Et d’en conclure : « notre restructuration a été un succès et notre performance en 2019, première année après cette restructuration, illustre à quel point la banque a changé depuis 2015. »

Pas d’annonce de mandat politique

Contraint à quitter Credit Suisse une semaine auparavant, à la suite du scandale d’espionnage qui a éclaboussé le colosse de Zurich en 2019, et touchant de près son proche collaborateur d’alors, Pierre-Olivier Bouée, le directeur général n’a pas donné de piste quant à son futur immédiat.

Il a en effet indiqué lors de la conférence aux investisseurs qu’il allait à présent « se reposer et passer du temps avec sa famille ». Alors que d’aucuns espéraient une déclaration quant à un possible futur mandat politique.

Avec Jeuneafrique par Aurélie M’Bida 

 

Tidjane Thiam entend rester au Crédit Suisse et exclut de se présenter à la présidentielle en Côte d’Ivoire

septembre 7, 2018

 

Le Franco-Ivoirien Tidjane Thiam a vu sa carrière décoller après son arrivée à Londres en 2002. © Michel Buholzer/AFP

 

Tidjane Thiam, directeur général du Credit Suisse, a déclaré qu’il excluait de se lancer dans une carrière politique en Côte d’Ivoire, son pays natal, où la prochaine élection présidentielle aura lieu en 2020. Il affirme vouloir rester à la tête de la banque suisse.

Interrogé sur les appels lancés en Côte d’Ivoire en faveur de sa candidature à la présidentielle de 2020, Tidjane Thiam, 56 ans, a dit au quotidien suisse Le Temps être « touché et honoré » par ces marques de soutien. Avant d’ajouter : « J’ai dit à plusieurs reprises et depuis de nombreuses années ma détermination à ne pas avoir d’activité politique. »

Dans cette déclaration, Tidjane Thiam insiste par ailleurs sur son « engagement à long terme » en tant que patron du Credit Suisse. Un engagement réaffirmé dans un communiqué publié le 6 septembre par la banque et signé par le Franco-Ivoirien.

J’entends continuer dans mon rôle de CEO du Credit Suisse

« Après trois années passées à la direction du Credit Suisse, ma tâche n’est pas achevée et j’ai bien l’intention de la poursuivre. (…) J’entends donc continuer dans mon rôle de CEO du Credit Suisse, en dirigeant le développement de nos activités après une phase de profonde restructuration. »

Né en 1962 en Côte d’Ivoire et lié par sa mère à la famille de Félix Houphouët-Boigny, Tidjane Thiam a dirigé le Bureau national d’études techniques et de développement (BNETD) dans les années 1990. Ancien ministre du Plan de Côte d’Ivoire sous la présidence d’Henri Konan Bédié et jusqu’au coup d’État de Noël 1999, il est à la tête du Credit Suisse depuis juillet 2015. En 2016, déjà, il avait démenti une rumeur lui attribuant des vues sur la direction du FMI.

Jeuneafrique.com

L’Ivoirien Tidjane Thiam prend la tête de Crédit Suisse

mars 11, 2015

Tidjane Thiam est né en 1962 en Côte d'Ivoire. © AFP/Getty Images

Tidjane Thiam est né en 1962 en Côte d’Ivoire. © AFP/Getty Images

Le groupe bancaire Credit Suisse a annoncé le 10 mars l’arrivée fin juin du Franco-Ivoirien Tidjane Thiam au poste de directeur général. L’ancien patron du BNETD et ministre du Plan de Côte d’Ivoire était depuis 2009 à la tête de l’assureur britannique Prudential.La banque helvétique Crédit Suisse a annoncé le 10 mars au matin le départ de son directeur général Brady Dougan et son remplacement à partir de la fin du mois de juin par Tidjane Thiam, actuellement à la tête de l’assureur britannique Prudential. L’homme d’affaires franco-ivoirien prendra ainsi la tête d’une des principales institutions financières au monde, fondée au milieu du 19ème siècle à Zurich et comptant plus de 45 000 collaborateurs pour environ 1200 milliards d’euros d’actifs gérés.

Très rentable, ce géant bancaire a toutefois vu son actualité récente peturbée par une condamnation record aux Etats-Unis : début 2014, Credit Suisse avait accepté de payer 2,8 milliards de dollars pour avoir conseillé et aidé certains de ses clients américains à établir des « déclarations fiscales tronquées ». Ce qui ne l’a pas empêché d’annoncer début février des bénéfices d’environ 2 milliards d’euros. Le groupe helvétique, spécialisé dans la banque privée, la banque d’investissement et la gestion d’actifs, est présent dans cinquante pays à travers le monde.

Honoré.

« Je suis honoré d’avoir la possibilité de diriger cette grande institution et en particulier de suivre Brady, qui a été un PDG régulièrement distingué. Credit Suisse a un business exceptionnel, grand peuple, une stratégie solide et forte impulsion… J’ai hâte de travailler avec l’équipe de dirigeants, le conseil d’administration, et tous les employés de Credit Suisse pour maintenir la forte dynamique et servir nos clients en Suisse et dans le monde », a souligné Tidjane Thiam dans un communiqué de presse diffusé par Credit Suisse.

Liens familiaux

Tidjane Thiam naît en 1962 en Côte d’Ivoire. Il est lié par sa mère à la famille de Félix Houphouët-Boigny. Son père Amadou Thiam, journaliste franco-sénégalais, venait alors de lancer Radio Côte d’Ivoire.

Il effectue ses études à l’École Polytechnique et à École nationale supérieure des Mines de Paris. Il obtiendra également plus tard un MBA de l’INSEAD avant de rejoindre le cabinet McKinsey dans les années 80. Il travaille ensuite pour le gouvernement ivoirien de Henri Konan Bédié au sein duquel il est ministre du Plan et du Développement et dirige le célèbre Bureau national d’études techniques et de développement (BNETD), une institution publique à l’origine des grands travaux d’infrastructures du pays ouest-africain.

En 1999, après cinq ans dans son pays d’origine, Tidjane Thiam quitte la Côte d’Ivoire après le coup d’État.

Carrrière britannique

Il retourne alors chez McKinsey avant d’entrer en 2002 au sein du groupe d’assurances Aviva. Il rejoint un autre groupe d’assurances britannique, Prudential, en 2008 d’abord en tant que directeur financier avant d’être nommé PDG en 2009. Il est alors le premier dirigeant noir d’une entreprise cotée au « footsie », l’indice des plus grandes entreprises cotées à la Bourse de Londres. Il a accéléré le basculement de Prudential vers l’Asie avant de s’attaquer, plus récemment, à l’Afrique, en rachetant à partir de fin 2013 des assureurs au Ghana (Express Life Insurance) puis au Kenya (Shield Insurance).

Le Franco-Ivoirien estime que son installation à Londres lui a permis de faire exploser le « plafond de verre » qui l’empêchait d’accéder à de très hautes responsabilités en France. « Tous mes copains avaient des entretiens d’embauche sauf moi », expliquait-il il y a quelques années au quotidien français Les Echos, précisant que l’un de ses enseignants lui aurait alors donné ce conseil : « Va voir chez les Anglo-Saxons ! ».

Jeuneafrique.com par Frédéric Maury