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Éthiopie : les rebelles du Tigré accusent l’UA de « partialité »

août 29, 2021
Des soldats tigréens à Mekele au lendemain de la reprise de la capitale du Tigré, le 29 juin 2021.

Les rebelles tigréens ont accusé dimanche l’Union africaine (UA) de « partialité » à la suite de la désignation par l’organisation panafricaine d’un médiateur dans ce conflit qui déchire le nord de l’Éthiopie depuis près d’un an.

« Il serait naïf de penser que cette mission puisse marcher », a affirmé sur Twitter le porte-parole des rebelles Getachew Reda, trois jours après la nomination de l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo comme représentant de l’UA dans la Corne de l’Afrique avec pour mission de « promouvoir la paix, la sécurité, la stabilité et le dialogue politique ».

« Résoudre une crise requiert au moins la reconnaissance de l’existence, sinon de l’importance, d’un problème, écrit le porte-parole des rebelles tigréens. Nous avons du mal à comprendre comment on peut attendre un rôle constructif de la part d’une organisation qui a donné tout son sens au mot partialité. »

Conflit dévastateur

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a pour sa part rejeté à plusieurs reprises toute proposition de médiation avec les leaders tigréens, affirmant qu’il ne s’agissait que d’une « opération limitée de maintien de l’ordre ». Abiy Ahmed avait envoyé l’armée au Tigré, région la plus septentrionale du pays, en novembre 2020 pour renverser les autorités dissidentes issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Selon le prix Nobel de la paix 2019, cette opération répondait à des attaques contre des camps de l’armée fédérale ordonnées par le TPLF. La victoire devait être rapide, mais la région s’est enfoncée dans un conflit dévastateur, marqué par de nombreuses exactions contre les civils.

L’UA dans une position délicate ?

Fin juin, les forces pro-TPLF ont repris la capitale régionale Mekele, puis l’essentiel du Tigré et poussé dans les régions limitrophes de l’Amhara et de l’Afar pour mettre fin à ce qu’elles décrivent comme un blocus humanitaire du Tigré et pour empêcher les forces pro-gouvernementales de se regrouper.

LES ALLIÉS DE L’ÉTHIOPIE ONT EMPÊCHÉ TOUTE DISCUSSION SUR LE SUJET AU CONSEIL DE SÉCURITÉ DES NATIONS UNIES

Le conflit s’est avéré un sujet délicat pour l’Union africaine, basée à Addis Abeba, et les alliés de l’Éthiopie ont empêché toute discussion sur le sujet au Conseil de sécurité des Nations unies. Selon l’ONU, le conflit a déjà placé quelque 400 000 personnes dans une situation proche de la famine.

Olusegun Obasanjo avait déjà mené en juin au titre de l’UA une mission d’observation des élections générales qui ont débouché sur une large victoire des partisans d’Abiy Ahmed, malgré l’absence de scrutin pour raisons de sécurité dans un quart du pays, dont le Tigré.

Par Jeune Afrique avec AFP

En Ethiopie, la jeunesse est appelée à prendre les armes pour freiner l’avancée des rebelles du Tigré

juillet 31, 2021

Cette campagne d’enrôlement express vise à renforcer une armée fédérale aux abois après des mois de guérilla dans la province du nord.

Henok Ashenafi se dit prêt à tout sacrifier. Ce jeune homme de 27 ans, légèrement bedonnant, vient d’abandonner l’épicerie qu’il tient à Addis-Abeba, la capitale de l’Ethiopie, et laisse sa femme derrière lui. Lui qui n’a jamais manipulé un fusil de sa vie part aujourd’hui à la guerre. « Un entraînement rapide me suffira pour être en forme et capable de combattre le Front de libération du peuple du Tigré [FLPT] », claironne-t-il, quelques heures avant son départ.

Ce jour de la fin juillet, à Addis-Abeba, ils sont plus de 3 000 à avoir répondu à l’appel du gouvernement. Alors que les troupes fédérales éthiopiennes sont engagées depuis neuf mois dans une opération militaire sans issue contre les forces rebelles de la province septentrionale du Tigré, les autorités appellent la jeunesse à prendre les armes.

Sur la grande place Meskel, en plein centre de la capitale, les nouvelles recrues sont exhibées par la mairie d’Addis-Abeba, face à un public majoritairement composé de fonctionnaires de la capitale éthiopienne. Sur l’estrade où se produit la fanfare de l’armée nationale, un slogan proclame en grosses lettres : « Tant que nous serons là, l’Ethiopie ne sera pas vaincue par une guerre par procuration. » La municipalité a convoqué ses associations pour participer au spectacle : un groupe de supporteurs d’un club de football de la capitale, des vétérans de l’armée éthiopienne et même l’équipe de taekwondo de la ville. Autour, pourtant, la vie suit son cours. L’événement n’attire que peu de curieux.

« En finir avec ce cancer »

Henok Ashenafi et ses comparses arborent tous un tee-shirt aux couleurs de l’armée éthiopienne et une casquette kaki marquée de l’inscription « L’Ethiopie nous appelle ». Mais sous leurs attirails militaires, les nouveaux appelés cachent des motivations diverses. « Le FLPT m’a terrorisé depuis ma naissance », lâche Temesgen Hailu, un maçon de 26 ans, accusant le parti tigréen d’avoir depuis toujours attisé les divisions ethniques dans le pays. « Je m’engage pour en finir une bonne fois pour toutes avec ce cancer », insiste-t-il, reprenant l’expression utilisée par le premier ministre Abiy Ahmed pour qualifier le FLPT.

Girma Takele, 18 ans, originaire de la région Oromia, la plus vaste du pays, explique quant à lui que rejoindre l’armée est le moyen « d’avoir enfin un travail », lui qui peinait à trouver comment gagner sa vie.

Ces derniers jours, l’enrôlement massif de la jeunesse éthiopienne se déroule dans la précipitation. Les rebelles tigréens progressent dans les régions Amhara et Afar, voisines du Tigré, menaçant de couper la route qui relie Addis-Abeba à Djibouti, un axe d’approvisionnement vital pour la capitale éthiopienne.

Des troupes fédérales émaciées

La guerre du Tigré, débutée en novembre 2020, a longtemps été confinée à la province du nord. Les troupes éthiopiennes, épaulées par l’armée érythréenne et les forces spéciales de la région Amhara, ont repoussé des mois durant les soldats du FLPT dans le maquis. Fin juin, lors d’une spectaculaire contre-offensive, les rebelles ont repris le contrôle de la quasi-totalité de la province, forçant l’armée nationale à une humiliante retraite.

Déterminé à récupérer un territoire de l’ouest du Tigré (le Wolkait) aujourd’hui contrôlé et revendiqué par les nationalistes amhara, le FLPT continue de se battre. En guise de riposte, la région Amhara a décidé de conscrire tous les hommes de plus de 18 ans possédant une arme. La levée massive de ces miliciens ainsi que la diffusion d’un discours identitaire font craindre un basculement dans la guerre civile.

Le pouvoir éthiopien tente de rester dans le jeu malgré l’effondrement de son armée nationale. Privées des nombreux généraux tigréens dès le début de la guerre, les troupes fédérales sortent émaciées de sept mois de guérilla dans les montagnes du Tigré. Au moins 6 000 soldats ont été faits prisonniers. Des milliers d’autres ont péri. De nombreuses armes lourdes ont été détruites ou récupérées par les rebelles.

« La soudaine vague de recrutement s’explique par une urgence militaire », confirme un humanitaire qui souhaite garder l’anonymat. « Sans réelle capacité opérationnelle, l’armée mise maintenant sur l’effet de nombre », ajoute-t-il.

« Ramassés de force dans la rue »

Questionnée sur l’ampleur des recrutements, Billene Seyoum, la porte-parole du premier ministre, n’a pas souhaité avancer de chiffre. Au moins cinq des dix régions éthiopiennes sont concernées par ces opérations de mobilisation, précise la porte-parole. « Ces individus veulent donner leur vie pour l’Ethiopie, assure-t-elle. Ils montrent leur solidarité en s’engageant dans l’armée. »

Pourtant, plusieurs partis d’opposition de la région Oromia interrogés par « Le Monde Afrique » affirment que ces jeunes hommes et femmes sont loin d’être toujours volontaires. « Certains s’inscrivent parce qu’ils n’ont pas de travail ou de famille. Mais la plupart ont été ramassés de force dans la rue », rapporte un membre du Congrès fédéraliste oromo (OFC).

Ce propos, même s’il émane d’un parti d’opposition, jette le doute sur les prétentions d’Abiy Ahmed qui revendiquait, le 6 juillet, sa capacité à lever une force nationale en quelques jours seulement. « En une, deux ou trois semaines, 100 000 forces spéciales entraînées, armées et organisées peuvent être mobilisées. Si la force spéciale n’est pas suffisante, si une milice est nécessaire, en un ou deux mois, un demi-million de miliciens peuvent être mobilisés », affirmait-il.

Depuis les revers subis par son armée, le premier ministre, lui-même ancien lieutenant-colonel, multiplie les discours emphatiques pour appeler à la mobilisation. « Il n’y a pas d’engagement plus courageux que celui de servir son pays sans repos, de donner son amour sans hésitation et de se sacrifier pour ces principes », clamait-il sur son compte Twitter le 26 juillet.

La population incitée à mettre la main à la poche

Mais la guerre coûte cher. L’économie sort exsangue du conflit tigréen. L’Etat y a déjà consacré quelque 2,3 milliards de dollars (1,9 milliard d’euros), soit la moitié du coût du grand barrage de la Renaissance sur le Nil, en construction depuis 2011. Outre la recherche de nouvelles recrues pour partir au front, le gouvernement éthiopien appelle donc la population à mettre la main à la poche. La région Amhara et la ville d’Addis-Abeba relaient quotidiennement des dizaines de numéros de comptes bancaires sur les réseaux sociaux, espérant voir affluer les dons de la population.

« Difficile de dire aujourd’hui combien d’argent nous est parvenu par ce canal, reconnaît Abdi Tsegaye, porte-parole de la mairie de la capitale. Mais les commerçants ont participé en nombre. » Près de 24 millions de dollars ont été récoltés dans les rues d’Addis-Abeba, selon la municipalité. Certains commerçants, notamment des bijoutiers, affirment pourtant que les autorités ne leur ont pas laissé le choix, les menaçant de difficultés administratives s’ils ne contribuaient pas.

Passée l’euphorie patriotique, Henok, Girma, Temesgen et les autres se retrouveront rapidement sur le champ de bataille. Ils n’ont pourtant aucune expérience militaire, et ne savent pas très bien ce qui les attend avant d’aller combattre.

L’armée éthiopienne, la mairie d’Addis-Abeba et le bureau du premier ministre n’ont pas souhaité préciser la nature des entraînements qui doivent leur être proposés. Une source gouvernementale dans la capitale éthiopienne glisse que ces jeunes sont envoyés directement en région Afar, sans formation préalable et parfois même sans armes.

Par Le Monde avec Noé Hochet-Bodin (Addis-Abeba, correspondance)

Ethiopie: trois employés de MSF tués dans une attaque au Tigré

juin 25, 2021
Ethiopie: trois employes de MSF tues dans une attaque au Tigre
Ethiopie: trois employés de MSF tués dans une attaque au Tigré© AFP/Archives/PIERRE ANDRIEU, –

Trois employés de Médecins sans Frontières (MSF), une Espagnole et deux Ethiopiens, ont été tués dans une attaque dans la région en guerre du Tigré éthiopien, a annoncé vendredi la branche espagnole de MSF.

« Nous avons perdu le contact avec eux et la voiture dans laquelle ils voyageaient hier dans l’après-midi, et ce matin le véhicule a été retrouvé vide et leurs corps sans vie à quelques mètres », a indiqué MSF dans un communiqué en dénonçant « un assassinat brutal ».

María Hernández, de nationalité espagnole et âgée de 35 ans, était l’une des coordinatrices d’urgence de MSF au Tigré. Yohannes Halefom Reda et Tedros Gebremariam Gebremichael, tous deux Ethiopiens et âgés de 31 ans, étaient assistant de coordination et chauffeur pour l’ONG.

« María, Yohaness et Tedros étaient là-bas pour aider la population et il est impensable qu’ils aient payé de leurs vies pour cela », a poursuivi l’ONG.

La ministre espagnole des Affaires étrangères Arancha Gonzalez Laya a dénoncé sur Twitter « l’assassinat » de ces trois employés de MSF et a indiqué que Madrid était en « contact avec les autorités éthiopiennes pour éclaircir les faits et rapatrier le cadavre » de María Hernández.

L’armée fédérale éthiopienne mène depuis novembre au Tigré une opération qui a conduit au renversement des autorités locales dissidentes, issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Depuis, Addis Abeba a installé une administration de transition au Tigré.

Cette opération militaire s’est transformée en conflit de longue durée, marqué par de nombreux récits d’exactions sur les civils (massacres, viols, déplacements de population…).

Mardi, au moins 64 personnes ont été tuées et 180 autres blessées sur un marché de la région, dans une frappe aérienne

Par Le Point avec AFP

Ethiopie: 64 morts dans une frappe aérienne de l’armée éthiopienne au Tigré

juin 24, 2021
Ethiopie: 64 morts dans une frappe aerienne de l'armee ethiopienne au Tigre
Ethiopie: 64 morts dans une frappe aérienne de l’armée éthiopienne au Tigré© AFP/Yasuyoshi CHIBA

Au moins 64 personnes ont été tuées et 180 autres blessées mardi sur un marché de la région en guerre du Tigré, dans une frappe aérienne menée par l’armée éthiopienne qui affirme avoir visé des combattants rebelles.

Mercredi, des survivants sortis au compte-gouttes de la localité de Togoga, située à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de la capitale régionale Mekele, avaient raconté le carnage causé la veille à la mi-journée par un bombardement aérien alors que le marché hebdomadaire était bondé.

Jeudi, un responsable régional de l’administration intérimaire de cette région du nord de l’Ethiopie a dressé le lourd bilan.

« Jusqu’à présent, il y a 64 morts et 180 blessés à Togoga », a déclaré à l’AFP Mulu Atsbaha, conseiller en charge de la santé maternelle et infantile au sein de l’administration de transition du Tigré.

Ce bilan, élaboré à partir de chiffres recueillis auprès « des dirigeants locaux et de la population de Togoga », reste provisoire. M. Mulu a indiqué que la collecte d’informations auprès des familles des victimes allait se poursuivre.

Ce bombardement sanglant a été condamné mercredi par l’ONU, qui a demandé une « enquête rapide sur cette attaque et les actes ultérieurs privant les victimes de soins médicaux », ainsi que l’Union européenne et les Etats-Unis. Le pape François a indiqué jeudi suivre « avec appréhension » le conflit au Tigré.

Le bombardement est intervenu au lendemain d’élections législatives et régionales en Ethiopie, qui ne se sont pas tenues au Tigré, où l’armée fédérale mène depuis novembre une opération qui a conduit au renversement des autorités locales dissidentes, issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Depuis, Addis Abeba a installé une administration de transition au Tigré.

Cette opération militaire s’est transformée en conflit de longue durée, marqué par de nombreux récits d’exactions sur les civils (massacres, viols, déplacements de population…).

« Propagande »

Au centre des accusations, l’armée éthiopienne a indiqué jeudi avoir mené une « opération » le 22 juin à Togoga contre des forces réunies « pour célébrer ce qu’ils appellent la fête des martyrs », commémoration d’un bombardement sur la ville tigréenne d’Hawzen le 22 juin 1988 durant la guerre civile, a déclaré à l’AFP un porte-parole, le colonel Getnet Adane.

« Il n’est pas possible que ces (combattants) lorsqu’ils dansent armés pour célébrer leur soi-disant +Jour des martyrs+, puissent en même temps s’appeler des civils lorsqu’ils sont ciblés dans une opération militaire. C’est inacceptable », a-t-il affirmé.

« Il est clair que les derniers combattants du TPLF et de ses milices s’habillent en civil », a-t-il insisté.

« Lier cette opération à un jour de marché (…), c’est de la pure propagande », a-t-il affirmé. L’armée éthiopienne est également accusée d’avoir empêché les secours d’accéder à Togoga et les blessés de se rendre à l’hôpital de Mekele.

Plusieurs ambulanciers ont raconté avoir voulu rejoindre Togoga depuis mardi et en avoir été empêchés par des soldats.

De rares ambulances ont été autorisées à passer. Un total de 73 blessés, dont plusieurs enfants en bas âge, avaient atteint Mekele jeudi après-midi, a-t-on appris de source médicale.

Un médecin a déclaré jeudi matin à l’AFP que le personnel de l’hôpital de Mekele avait procédé à des amputations et traitait également des brûlures et des blessures par éclats d’explosif, caractéristiques d’un bombardement.

« Je n’ai rien entendu jusqu’à ce qu’un avion de chasse nous survole. Et tout à coup, il y a eu une explosion, des débris métalliques ont volé dans tous les sens. Deux de mes amis ont été tués » a rapporté à l’AFP à Mekele un survivant, Gebregiorgies Gebrehaweria, 23 ans.

Avion abattu

Un haut responsable du TPLF, Getachew Reda, a dénoncé sur Twitter une « attaque gratuite ». Il a par ailleurs affirmé mercredi soir que les forces pro-TPLF avaient abattu un avion « transportant des explosifs et des munitions ».

Jeudi, les vols commerciaux en provenance et à destination de Mekele étaient annulés pour la seconde journée consécutive.

Les combats durent depuis plus de sept mois au Tigré entre les forces pro-TPLF et l’armée fédérale éthiopienne, épaulée par des troupes des autorités régionales voisines de l’Amhara et l’armée de l’Erythrée, pays frontalier du Tigré.

Ils ont fait des millions de déplacés et selon l’ONU, au moins 350.000 personnes sont en situation de famine dans la région, ce que conteste le gouvernement éthiopien.

Ces derniers jours, habitants, responsables locaux et diplomates ont relaté à l’AFP un regain d’activité militaire, notamment autour des villes stratégiques d’Adigrat et Wukro.

Jeudi matin, des habitants faisaient état de bombardements au nord de Mekele.

Par Le Point avec AFP

Éthiopie: la crise au Tigré se poursuit, dénonce Amnistie internationale

avril 15, 2021

NAIROBI, Kenya — Des soldats érythréens sont toujours déployés dans la région éthiopienne troublée du Tigré et continuent à tuer des civils plusieurs semaines après que l’Éthiopie eut promis leur départ, dénonce Amnistie internationale.

© Fournis par La Presse Canadienne

Le Conseil de sécurité des Nations unies doit discuter de la situation au Tigré au cours des prochaines heures. Des milliers de personnes ont déjà perdu la vie et les États-Unis ont soulevé des allégations de nettoyage ethnique dans la partie occidentale de cette région de six millions d’habitants.

Le nettoyage ethnique désigne le déplacement de certains habitants par la violence, souvent par le biais de meurtres et de viols.

Citant plusieurs témoins, Amnistie internationale a indiqué dans un communiqué que des soldats érythréens qui traversaient la ville d’Adwa, lundi, ont commencé à tirer sans raison sur les habitants, faisant au moins trois morts et 19 blessés.

Six victimes auraient été touchées grièvement, selon un employé de l’hôpital local.

La directrice régionale d’Amnistie, Sarah Jackson, a qualifié la fusillade «d’autre attaque illégale par les forces érythréennes contre les civils du Tigré».

Malgré les nombreux gains réalisés au cours des dernières décennies, un trop grand nombre de femmes dans le monde se voient toujours refuser l’égalité des droits avec les hommes. Trop souvent, les femmes sont la cible de violence et de discrimination en raison de leur sexe. Voici 50 photos inspirantes de partout dans le monde relatant la lutte des femmes pour leurs droits au fil des ans.

Une porte-parole du premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, Billene Seyoum, n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires.

M. Abiy a reconnu publiquement pour la première fois le mois dernier, après l’avoir nié pendant plusieurs mois, que des soldats érythréens se trouvaient au Tigré. Le secrétaire général de l’ONU a déjà dit que M. Abiy lui avait «garanti» qu’aucun soldat érythréen ne se trouvait au Tigré.

L’Éthiopie a récemment annoncé que les forces érythréennes avaient commencé à se replier.

Mais des témoins ont confié à l’Associated Press que des soldats circulent librement dans certaines régions du Tigré, pillant et tuant, alors qu’ils appuient les forces éthiopiennes et leurs alliés qui traquent les leaders en fuite de la région. Le gouvernement érythréen est un ennemi de longue date des leaders du Tigré.

Des combats meurtriers se poursuivent dans plusieurs secteurs du Tigré. Une querelle politique entre M. Abiy et les leaders du Tigré, qui ont dominé le gouvernement éthiopien pendant trente ans, s’est transformée en guerre ouverte.

– Par The Associated Press avec La Presse Canadienne

Ethiopie: Un humanitaire tué dans la région du Tigré, annonce une ONG néerlandaise

décembre 31, 2020

ETHIOPIE: UN HUMANITAIRE TUÉ DANS LA RÉGION DU TIGRÉ, ANNONCE UNE ONG NÉERLANDAISE

© Reuters/BAZ RATNER

NAIROBI (Reuters) – L’association caritative néerlandaise ZOA a annoncé la mort d’un de ses employés dans la région du Tigré, au nord de l’Éthiopie, où les forces du Front de Libération du peuple du Tigré (TPLF)combattent le gouvernement fédéral d’Addis-Abeba depuis le 4 novembre.

L’humanitaire de 52 ans a été tué dans le camp de réfugiés de Hitsats, a annoncé mercredi l’association qui n’a pas donné son nom ni de détails sur les circonstances de son décès.

Redwan Hussein, porte-parole du groupe de travail d’urgence sur le Tigré, n’a pas répondu immédiatement aux demandes de commentaires de Reuters.

Quatre travailleurs humanitaires éthiopiens employés par deux organisations étrangères distinctes ont été tués à Hitsats en novembre, près de la frontière avec l’Érythrée.

Avec Reuters par (Bureau de Nairobi, version française Kate Entringer)

Ethiopie: Le HRC demande l’accès aux camps de réfugiés érythréens du Tigré

décembre 1, 2020

 ETHIOPIE: LE HRC DEMANDE L'ACCÈS AUX CAMPS DE RÉFUGIÉS ÉRYTHRÉENS DU TIGRÉ© Reuters/Baz Ratner

GENEVE (Reuters) – Le Haut Commissariat de l’Onu aux réfugiés (HCR) a demandé mardi aux autorités éthiopiennes l’autorisation d’accéder aux camps de réfugiés érythréens du Tigré qui abritent 96.000 personnes et dont les réserves alimentaires seraient épuisées depuis un mois.

« Notre extrême inquiétude vient du fait que nous entendons parler d’attaques, de combats près des camps. Nous entendons parler d’enlèvements et de renvois forcés, c’est donc très important pour nous d’avoir cet accès pour aller voir ce qui s’est passé là-bas », a déclaré Babar Baloch, porte-parole de l’organisation, lors d’un point de presse.

Selon Addis-Abeba, l’armée éthiopienne a achevé ce week-end la reprise en main de la région dissidente, ce que Debretsion Gebremichael, président du Front de Libération du peuple du Tigré (TPLF), a démenti.

Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a ordonné le 4 novembre à l’armée d’intervenir dans cette région du nord du pays peuplée de cinq millions d’habitants pour y restaurer l’état de droit après avoir imputé l’attaque d’une base gouvernementale aux forces locales.

Avec Reuters par (Stephanie Nebehay avec Emma Thomasson à Berlin, version française Jean-Philippe Lefief, édité par Blandine Hénault)

Conflit dans le Tigré, en Éthiopie : Yoweri Museveni et Olusegun Obasanjo s’impliquent

novembre 16, 2020
Des Éthiopiens ayant fui les combats dans le Tigré pour se réfugier au Soudan, le 15 novembre 2020.

Le conflit entre le pouvoir central et la région dissidente du Tigré, qui s’étend désormais à l’Érythrée, est au centre d’un intense balai diplomatique. Tandis que le président ougandais Yoweri Museveni affirme s’impliquer directement, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo est annoncé à Addis-Abeba pour une mission de médiation.

Olusegun Obasanjo « est en route pour Addis-Abeba pour des pourparlers », a assuré ce lundi Kehinde Akiyemi, porte-parole de l’ex-président nigérian, précisant qu’il allait mener une mission de « médiation ». Le gouvernement éthiopien et l’Union africaine (UA) ont cependant indiqué ne pas avoir d’informations concernant cette mission.

Cette annonce intervient alors que Yoweri Museveni, le président ougandais, a reçu le vice-Premier ministre éthiopien, Demeke Mekonnen Hassen, également ministre des Affaires étrangères. « Il faut qu’il y ait des négociations et que le conflit s’arrête », a déclaré Museveni à l’issue de cet entretien qui s’est tenu à Gulu, dans le nord de l’Ouganda. « Je suis totalement en désaccord avec la politique axée sur le fédéralisme ethnique, a encore précisé le chef de l’État ougandais. Nous devons mettre l’accent sur la question de l’unité et des intérêts communs, car c’est le seul moyen de prospérer. »

Le président ougandais Yoweri Museveni et vice-Premier ministre éthiopien, Demeke Mekonnen Hassen, le 16 novembre 2020 à Gulu (Nord de l'Ouganda).

Selon deux responsables gouvernementaux cités par l’AFP, Yoweri Museveni devait également recevoir ce lundi une délégation du Front de libération des peuples du Tigré (TPLF), parti qui dirige la région dissidente. Mais aucun détail n’a filtré sur cette rencontre.

Escalade

Le conflit qui fait rage dans la région du Tigré, où le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a envoyé l’armée fédérale le 4 novembre, après des mois de tensions croissantes avec les autorités régionales du TPLF, a franchi un seuil supplémentaire ces derniers jours. Le TPLF a tiré samedi des roquettes sur la capitale de l’Érythrée frontalière, qu’il accuse de prêter main-forte à l’armée fédérale éthiopienne dans son offensive.

Dimanche, Abiy Ahmed a assuré que les opérations militaires « progressaient bien » et que « l’Éthiopie était plus que capable d'[en] atteindre les objectifs […] par elle-même ». Les médias d’État éthiopiens ont par ailleurs annoncé la prise d’Alamata, localité du sud-est du Tigré, à 180 km de route au sud de la capitale régionale, Mekele.

Une escalade qui renforce les craintes des observateurs que le conflit au Tigré ne dégénère et n’entraîne l’Éthiopie dans un conflit communautaire incontrôlable en même temps qu’il déstabilise la Corne de l’Afrique.

Le Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR) a alerté sur les conséquences de la crise, disant notamment s’attendre à une vague massive de réfugiés au Soudan voisin. Près de 25 000 Éthiopiens, hommes, femmes et enfants, ont déjà fui au Soudan les combats au Tigré, selon l’agence officielle soudanaise Suna.

 Par Jeune Afrique avec AFP