Posts Tagged ‘Togo’

Suisse/Genève: disparition d’un homme à Onex, de son domicile, le 23 septembre

septembre 27, 2018

 

Un homme a disparu de son domicile à Onex, le 23 septembre. Il est activement recherché.

 

Monsieur Blagogee Koffi N Maurice a disparu de son domicile

Monsieur Blagogee Koffi N Maurice a disparu de son domicile Image: Police cantonale genevoise

La police cantonale genevoise a lancé un avis de disparition pour retrouver au plus vite Monsieur Blagogee Koffi N Maurice qui a disparu de son domicile d’Onex, le 23 septembre aux environs de 17h20.

Selon les premières infos récoltées par les enquêteurs, ce monsieur se serait rendu près de l’embarcadère d’Onex-Evaux. Les recherches restent toujours infructueuses.

Monsieur Blagogee Koffi N Maurice, né le 6 novembre 1970 et d’origine togolaise, mesure 1m70 et a le crâne rasé. Il porte un tatouage représentant un scorpion sur le bras gauche.

Lorsqu’il a quitté son domicile, Monsieur Blagogee Koffi N Maurice portait un short beige à carreaux et un polo gris de marque «Steve Guerdat». Il était chaussé de sandales noires en cuir.

Toute personne ayant vu cet homme ou pouvant donner des renseignements pour le retrouver au plus vite est priée de téléphoner au 022.427.75.10. (comm/nxp)

Ave Romandie.com avec Créé: 27.09.2018, 17h03

Togo: dizaines de milliers de manifestants dans les rues de Lomé

décembre 30, 2017

Lomé – Des dizaines de milliers de personnes sont à nouveau descendues dans les rues de Lomé samedi, avant-dernier jour d’une année tourmentée au Togo, pour protester contre le régime du président Faure Gnassingbé, a constaté un journaliste de l’AFP.

A l’appel de la coalition des 14 partis politiques de l’opposition, les manifestants ont sillonné plusieurs artères de la capitale togolaise, scandant des slogans hostiles au régime en place, avant de tenir un meeting en bordure de mer.

Jean-Pierre Fabre, chef de file de l’opposition et Brigitte Adjamagbo-Johnson, coordonnatrice de la coalition, marchaient au milieu du cortège, encadré par les forces de l’ordre.

« Nous ne serons jamais fatigués. Cette fois-ci, nous irons jusqu’au bout de cette lutte que nous avons entamée depuis plusieurs mois », a lancé au milieu d’un groupe de jeunes manifestants, Alain, conducteur de taxi-moto.

« Personne ne baissera les bras, car nous voyons déjà la fin de ce régime cinquantenaire », a renchéri une manifestante, vêtue d’un tee-shirt orange, frappé de l’effigie de M. Fabre.

Aucun incident n’a été enregistré lors de cette nouvelle manifestation de l’opposition, la troisième cette semaine. Jeudi, la marche avait été dispersée par des gaz lacrymogènes, les manifestants n’ayant pas respecté l’itinéraire prévu, selon la police.

Au moins 12 personnes avaient été blessées, dont cinq grièvement, et une quinzaine arrêtées, selon l’opposition.

La coalition de l’opposition organise depuis septembre des manifestations quasi hebdomadaires contre le président, héritier d’une famille au pouvoir depuis 50 ans.

Faure Gnassingbé est à la tête du Togo depuis 2005, succédant à son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui a dirigé sans partage le pays pendant 38 ans.

Un projet de révision de la constitution est en cours, mais la limitation à deux mandats présidentiels n’est pas rétroactive, et autoriserait le président à se représenter en 2020 puis en 2025, ce que rejette l’opposition.

Plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, inquiets de l’instabilité que peut engendrer la crise togolaise, ont demandé des pourparlers entre le pouvoir et l’opposition, sous la médiation du président ghanéen Nana Akufo-Addo et guinéen Alpha Condé.

Mais le dialogue annoncé depuis début novembre par le gouvernement, peine à démarrer.

L’opposition exige des « mesures d’apaisement » notamment la libération des manifestants en prison et le retrait des forces de sécurité dans le Nord, avant le début des discussions.

Le 12 décembre, la coalition a boycotté des « consultation » initiées par le gouvernement, reprochant au pouvoir en place de vouloir être juge et partie.

Une délégation de l’opposition a été reçue vendredi à Accra par le président Nana Akufo-Addo.

« Nous avons rencontré le président ghanéen et ce dernier nous a affirmé que les deux médiations (ghanéenne et guinéenne) se poursuivent », a déclaré Jean-Pierre Fabre à l’AFP.

« Au lendemain du sommet de la Cédéao, le pouvoir a tenté de distiller au sein de la population des informations selon lesquelles les Togolais sont suffisamment mûrs pour discuter entre eux. Le niveau atteint par la crise exclut toute discussion des Togolais entre eux », a-t-il martelé.

Romandie.com avec(©AFP / 30 décembre 2017 19h49)

Togo: Gilchrist Olympio se retire de la vie politique et demande à Faure Gnassinbé de ne pas se représenter

novembre 29, 2017

Gilchrist Olympio, fils du premier président du Togo, Sylvanus Olympio, et dirigeant de l’UFC., à Paris en 2011. © Vincent Fournier/JA

Ancien opposant historique aux régimes successifs de Eyadema et Faure Gnassingbé, Gilchrist Olympio a annoncé son retrait de la vie politique. Dans sa dernière intervention, celui qui a accepté de signer un accord avec le parti au pouvoir, demande « un retour aux fondamentaux de la Constitution de 1992 ».

A bientôt 80 ans, Gilchrist Olympio vient de provoquer ce 28 novembre un mini-séisme politique en annonçant son retrait de la vie politique du Togo après près de 50 ans d’opposition acharnée aux régimes de feu Gnassingbé Eyadema et de Faure Gnassingbé, qui lui a succédé en 2005. « L’avenir de l’UFC, de la contestation politique, et du Togo, devront demain être imaginés et poursuivis par des jeunes hommes et femmes de moins de 80 ans », a indiqué celui qui a repris le flambeau politique de son père, Sylvanus Olympio, premier président de la République togolaise assassiné lors d’un coup d’État le 13 janvier 1963.

Bilan au vitriol de l’accord avec le parti au pouvoir

Très actif ces dernières semaines en coulisses dans la tentative de résolution de la crise politique qui secoue le pays depuis plusieurs semaines, l’emblématique patron de l’Union des forces de changement a crée la surprise, tant par l’annonce de son retrait que par le bilan qu’il a livré de l’accord signé par l’UFC avec l’ancien parti au pouvoir, le Rassemblement du peuple togolais (RPT), auquel a succédé en 2012 l’Union pour la République (Unir).

Les espérances de changement et notre vision d’un Togo nouveau sont toujours à réaliser

Cet accord, signé en 2010 entre les deux principaux partis du paysage politique de l’époque sous l’égide de la Communauté de Sant’Egidio, a notamment permis à des membres de l’UFC de faire leur entrée au gouvernement. L’accord « demandait au RPT les mêmes concessions qui sont aujourd’hui encore réclamées par les manifestants », a indiqué Gilchrist Olympio.

« Force est de constater que les termes de cet accord ne sont pas entièrement réalisés. Malgré ces insuffisances,  nous avons fait le difficile choix de rester fidèle à notre engagement, conscients du fait que les espérances de changement et notre vision d’un Togo nouveau sont toujours à réaliser », a-t-il poursuivi.

Appel à l’union de l’opposition

Pour ce qui pouvait être considéré comme une dernière prise de parole publique en tant que chef de parti, l’octogénaire a appelé l’opposition – qui a renouvelé ses appels à manifester pour les 29 et 30 novembre – à ne pas se laisser prendre en otage par le cycle de la violence.

« Nous devons avoir le courage de dénoncer fermement les incitations à la haine véhiculées à travers les réseaux sociaux, de même que les actes de violence qui ont été commis au cours des manifestations », a lancé celui qui a affronté feu le président Eyadema lors de la présidentielle de 1998.

Pour sortir de la crise, Gilchrist Olympio propose « un retour aux fondamentaux de la Constitution de 1992 ».  Au président Faure Gnassingbé, il demande d’accepter « le principe de ne pas se représenter à la présidentielle de 2020, afin de laisser le champ libre à une consultation démocratique libre ». Réclamant une union de l’opposition, il a souhaité « un projet clair et responsable pour préparer la compétition d’idées à laquelle tous les partis devront prendre part ».

Avec deux députés, il est difficile aujourd’hui à l’UFC de s’ériger en donneur de leçons

Contacté par Jeune Afrique, Atcholi Aklesso, secrétaire exécutif du parti au pouvoir, tempère les critiques et dit même sa « satisfaction ». Aklesso préfère souligner « dans cette déclaration de l’UFC, la condamnation de la violence, le refus du procès en patronyme et la reconnaissance des avancées significatives obtenues depuis l’arrivée au pouvoir du Président Faure Gnassingbé relativement au développement économique du pays ».

Atcholi Aklesso remet cependant en cause la légitimité de la voix d’Olympio : « Avec deux députés, il est difficile aujourd’hui à l’UFC de s’ériger en donneur de leçons, même si nous saluons sa participation au gouvernement dont il salue d’ailleurs les réalisations. »

« Il est important de faire remarquer qu’il appartient à l’Unir de décider en temps opportun et à l’issue d’un débat interne, de qui portera ses couleurs [en 2020, NDLR], et ce conformément aux lois en vigueur », a conclu le secrétaire exécutif de la majorité.

Jeuneafrique.com par – Correspondant à Lomé

Togo: l’opposition dénonce une « répression sauvage » des manifestants dans le nord

novembre 8, 2017

Les forces de l’ordre ont notamment fait usage de lacrymogènes pour disperser les manifestants de l’opposition, ce 18 octobre 2017 à Lomé. © DR

Des milliers de manifestants demandant le départ du président Faure Gnassingbé sont à nouveau descendus dans les rues de Lomé et de plusieurs autres villes mercredi à l’appel de l’opposition. Ils dénoncent une « répression sauvage » dans le nord, où le gouvernement invite à ne pas manifester, des armes volées à l’armée étant selon lui en circulation.

« Faure, dégage » : le mot d’ordre est toujours le même depuis la fin août sur les pancartes brandies lors des marches de l’opposition togolaise. Cette dernière a entamé hier trois jours de rassemblements à travers le pays pour exiger notamment le retour à la Constitution du 14 octobre 1992 dans sa forme originelle, la révision du cadre électoral et l’instauration du droit de vote des Togolais de l’étranger.

Dans les rues, les manifestants ont dénoncé une « répression sauvage » ayant fait une vingtaine de blessés la veille dans le nord du pays, où les manifestations ont été interdites, malgré leur autorisation préalable par le gouvernement.

À Sokodé et Bafilo, des militaires « cagoulés et lourdement armés ont pris position » aux points de départ des marches mardi. Ils ont « dispersé à coup de bâton et de grenades lacrymogènes le moindre attroupement », a affirmé la coalition de 14 partis à l’origine de la mobilisation dans une déclaration.

Cette répression a fait, selon eux, « 16 blessés par balle et bastonnade » à Sokodé, fief de l’opposant Tikpi Atchadam, et trois blessés à Bafilo, « dont un handicapé qui a été tabassé ».

« C’est là la preuve de plus de la duplicité de ce régime à qui on ne peut faire confiance », accusent les opposants, alors que le pouvoir avait prôné l’apaisement lundi. Le gouvernement avait aussi invité l’opposition au « dialogue » et annoncé la libération de 42 personnes arrêtées lors de précédentes manifestations.

« Au moins 10 blessés »

Pour le ministre de la Sécurité, Yark Damehane, il serait « prudent d’éviter toute manifestation » dans la région de Sokodé. « Il y a des armes qui sont en circulation. Les deux militaires qui ont été tués (le 16 octobre, ndlr) ont vu leurs armements emportés. Jusqu’à ce jour nous ne savons pas qui les détient. Des commissariats saccagés, plus de 80 cartouches dans la nature. Est-ce raisonnable de laisser les gens manifester dans cette situation ? » a-t-il expliqué.

Dans un communiqué conjoint, l’Union européenne, les Nations Unies et les ambassades de France, des États-Unis et d’Allemagne se sont contentées mardi d’ »accueillir positivement les mesures d’apaisement annoncées par le gouvernement » tout en appelant « les manifestants à témoigner de leurs convictions par des moyens pacifiques ».

Amnesty International a de son côté dénombré « au moins 10 blessés » qui étaient encore hospitalisés à Sokodé mardi, dont un « par balle ».

L’opposition demande une limitation du nombre de mandats présidentiels à deux et la démission de Faure Gnassinbgé. Le gouvernement compte organiser un référendum pour faire adopter une réforme prévoyant notamment cette limitation des mandats présidentiels, mais la mesure n’est pas rétroactive, permettant à Faure Gnassingbé de se présenter aux scrutins de 2020 et 2025.

Jeuneafrique.com

Togo: pourquoi l’opposition est vent debout contre la nouvelle commission électorale ?

octobre 20, 2017
Le président togolais Faure Gnassingbe au Nigeria, le 29 mai 2015. © Sunday Alamba/AP/SIPA

Alors que les manifestations de l’opposition de succèdent depuis mercredi, avec son lot d’affrontements et de violences à Lomé et dans d’autres villes du pays, les nouveaux membres de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) ont prêté prêtent serment ce vendredi devant la Cour constitutionnelle. Une Ceni qui, avant même son installation, a été vivement critiquée par l’opposition.

A peine recomposée, déjà critiquée. Les nouveaux membres de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) ont prêté serment ce vendredi 20 octobre devant les juges de la Cour constitutionnelle, alors que l’opposition a maintenu son appel à de nouvelles manifestations contre Faure Gnassingbé, après deux journées marquées par des violences, mercredi et jeudi. Mais dès lundi 16 octobre au matin, le siège de l’institution installé à Lomé a reçu la visite de dizaines de militants de l’opposition, venus exprimer leur refus du référendum programmé pour adopter les réformes proposées par le gouvernement.

Pour les manifestants, la Ceni, ainsi que le prochain scrutin qu’elle est amenée à superviser, ne sont pas crédibles. « En aucun cas, nul ne peut nous imposer un référendum truqué d’avance », pouvait-on lire sur les nombreuses affiches brandies devant le siège de la Commission, situé juste en face de l’université de Lomé.

« Nous ne sommes pas d’accord avec la composition actuelle de la Ceni. Nous ne sommes pas d’accord avec son fonctionnement », laissait, lundi, un manifestant d’une vingtaine d’années, lors de ce rassemblement qui n’aura duré que quelques minutes, avant d’être dispersé par la police.

Une Ceni boycottée par l’opposition parlementaire

Le jeudi 12 octobre, l’Assemblée nationale a procédé à l’élection de 12 nouveaux membres – sur le 17 que compte de la Ceni – qui entament un mandat d’une année. Mais cette commission à la composition renouvelée ne compte aucun membre de l’opposition parlementaire. Invitée par le président de l’Assemblée nationale à proposer des noms pour le renouvellement de la Ceni, l’opposition a accusé le gouvernement d’être dans une logique de la « provocation ». « Le pouvoir semble ne pas prendre la mesure des événements en cours dans le pays », juge ainsi Brigitte Adjamagbo-Johnson, présidente de CAP 2015.

Le règle de composition de le Ceni prévoit respectivement cinq postes pour l’opposition et cinq pour le parti au pouvoir. Les sept autres postes étant en théorie attribuées à la société civile, aux partis extra-parlementaires et à l’administration. Depuis plusieurs années, la question de la Ceni divise la classe politique togolaise. Selon l’opposition, sa composition n’a jamais été paritaire.

Controverse autour de personnalités

Selon l’opposition, accorder des sièges à la société civile, à l’administration et à des membres de partis non représentés au Parlement est une stratégie du pouvoir pour avoir une totale mainmise sur l’instance de contrôle du processus électoral.

Les personnes désignées pour occuper ces places sont souvent taxées d’être de mèche avec le parti au pouvoir, faussant dans les faits la parité théoriquement imposée à la Commission.

Au lendemain de leur désignation par l’Assemblée nationale, certains nouveaux élus pour le compte de la société civile ont ainsi été attaqués – images à l’appui – pour leur supposée militantisme au sein du parti au pouvoir et même de l’opposition. D’un côté, par exemple, Yawa Kouigan est accusée d’être membre du parti au pouvoir, tandis que Ouro-Bossi Tchacondo serait proche des Forces Démocratiques pour la République (FDR), une formation membre de la coalition de l’opposition à l’origine des manifestation de ces dernières semaines.

Règles controversées

Depuis les années 1990, la composition de la Ceni a toujours été une question épineuse au sein de la classe politique togolaise. Avec huit sièges au total à se répartir entre les partis de l’opposition – cinq aux partis représentés au Parlement, trois pour ceux qui n’y sont pas -, la pléthore de partis de l’opposition n’arrive presque jamais à un consensus en ce qui concerne la répartition de ces sièges en son sein.

Pour un ancien membre de la Ceni, la recomposition de l’institution « risque de déclencher une guerre fratricide au sein de l’opposition, où de nouveaux visages ont émergé ces dernières années ».

Par exemple, le Parti national panafricain(PNP) de Tikpi Atchadam n’a pas d’élus à l’Assemblée nationale. Le PNP n’a pas, non plus, fait de proposition de noms au titre des places réservées aux partis extra-parlementaires. Or, s’il faut s’en tenir à la réalité sur le terrain depuis deux mois, ce parti aurait toute sa place au sein de la Commission électorale.

L’idée d’une Ceni technique a été avancée en début d’année par le gouvernement à travers le ministre de l’Administration. Là encore, l’idée a reçu une fin de non-recevoir de l’opposition qui se méfie du profil des personnalités qui pourraient être choisies pour y siéger.

En attendant que la question du référendum soit tranchée, au moins deux scrutins majeurs sont à l’agenda de cette nouvelle Ceni pour 2018 : les locales et les législatives. L’opposition parlementaire finira-t-elle par y envoyer ses représentants ?

Jeuneafrique.com par – à Lomé

Togo: cinq blessés par balles dans des heurts à Lomé

octobre 19, 2017

Lomé – Cinq personnes ont été blessées par balle jeudi à Lomé dans des heurts opposant des jeunes aux forces de l’ordre togolaises avant une manifestation de l’opposition interdite, selon des sources concordantes.

Mercredi, au moins quatre personnes avaient déjà été tuées, selon le gouvernement, dans les deux principales villes du pays, Lomé et Sokodé, au cours de violents affrontements.

Des bandes de jeunes avaient dressé comme la veille des barricades et brûlé des pneus à Bè, secteur historique de l’opposition dans Lomé d’où devaient partir les marches. Les forces de l’ordre, déployées en nombre, sont intervenus pour les disperser en usant massivement de gaz lacrymogènes, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Cinq jeunes de Bè ont été blessés « par balle », dont deux se trouvent dans un « état critique », a déclaré à l’AFP Eric Dupuy, porte-parole de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC, opposition), qui a également fait état de « tirs autour du domicile » du chef de file historique de l’opposition, Jean-Pierre Fabre, vers 13H00 locales et GMT.

Contacté par l’AFP, le directeur d’Amnesty international Togo, Aimé Adi, a confirmé le bilan de cinq blessés par balle, qui étaient en train d’être « évacués » vers une clinique de la capitale togolaise pour être soignés en urgence.

La principale coalition d’opposition avait maintenu malgré l’interdiction du gouvernement son appel à marcher jusqu’au siège de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) pour demander la démission du président Faure Gnassingbé, héritier d’une famille au pouvoir depuis 50 ans.

Dans le centre de Lomé, les rues étaient quasiment désertes, la plupart des habitants n’osant pas sortir de chez eux et les commerces sont restés fermés, hormis quelques moto-taxis circulant sur les grands axes.

« Les activités sont au point mort après des jours de perturbation par des marches. Ce qui se passe pèse tellement sur nous, il faut que les politiques dialoguent pour trouver une solution à cette crise » expliquait un vendeur de téléphones portables à Deckon, le quartier commerçant de Lomé.

Depuis août, de nombreuses marches ont été organisées au Togo, dont celles des 6 et 7 septembre, qui ont rassemblé plus de 100.000 personnes dans Lomé et plusieurs dizaines de milliers dans les villes du nord du pays.

Douze personnes, dont une majorité d’adolescents, ont été tuées en deux mois de manifestations.

« La France suit avec préoccupation la situation au Togo », a commenté jeudi le ministère français des Affaires étrangères lors d’un point presse à Paris. « Nous condamnons fermement les violences récentes qui ont fait plusieurs victimes (et) appelons les parties à l’apaisement et à entamer un dialogue ».

Selon une source proche de la présidence togolaise, le chef de l’Etat béninois Patrice Talon s’est rendu discrètement à Lomé mercredi soir pour s’entretenir avec son homologue togolais de la crise politique que traverse son pays. C’est la deuxième fois en une semaine qu’il se rend au Togo.

Romandie.com avec(©AFP / 19 octobre 2017 15h37)                                            

Togo: affrontements meurtriers entre manifestants et forces de l’ordre à Lomé

octobre 18, 2017
Les forces de l’ordre ont notamment fait usage de lacrymogènes pour disperser les manifestants de l’opposition, ce 18 octobre 2017 à Lomé. © DR

Des manifestants de l’opposition ont tenté mercredi matin de se rassembler aux points de départs d’une marche interdite par les autorités. Le face à face avec les forces de l’ordre a rapidement tourné à l’affrontement à plusieurs endroits de la capitale. Plusieurs personnes ont été blessées et au moins deux manifestants ont été tués.

Comme il fallait s’y attendre, ce mercredi 18 octobre vient s’ajouter aux nombreux jours de tensions politiques que connaît le Togo depuis deux mois. Chaussées endommagées, pneus brûlés, voitures et motos détruites , édifices vandalisés… Depuis les premières heures de la matinée, Lomé ressemble à un champ de bataille, dans plusieurs quartiers.

A 18h, heure de Lomé, alors que la nuit tombait sur la ville, la tension semblait encore palpable dans nombre de quartiers, après une journée d’affrontements violents. Selon un bilan délivré par l’opposition – qui a annoncé maintenir son appel à manifester de nouveau ce jeudi 19 octobre -, les affrontements ont fait deux morts et 20 blessés chez les manifestants, et 39 personnes auraient été arrêtées.

Les militants de l’opposition, suivant les recommandations de leurs leaders, ont tenté de se rassembler tôt ce mercredi matin aux deux points de départ de la marche qui devait avoir pour point de chute le siège de l’Assemblée nationale situé dans le quartier administratif de Lomé.

Affrontements dès les premières heures de la matinée

Les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont débuté dès 8 heures à plusieurs endroits de la capitale. A Bè, Agoè, Attikoumé et dans certains quartiers situés en périphérie de Lomé, des manifestants ont érigé des barricades, brûlé des pneus pour tenter de briser le blocus imposé par les forces de l’ordre. Le face-à-face a été immédiatement très tendu à de nombreux carrefours stratégiques de Lomé. En début d’après-midi, les affrontements se sont propagés à plusieurs autres quartiers de la capitale, notamment Baguida et Kodjoviakopé.

La manifestation de l’opposition a tourné aux affrontements à Lomé, ce mercredi 18 octobre 2017. © DR

 

 

Dans certains quartiers réputés acquis au pouvoir, des jeunes armées de bâtons se sont positionnés tôt ce matin pour empêcher les mouvements de l’opposition, laissant présager d’affrontements avec les militants de l’opposition. De nombreux témoins affirment avoir croisé à différents endroits de la ville des hommes en tenue civile, armés de bâtons.

Par ailleurs, des élèves d’écoles proche des lieux des affrontements ont été délogés par des manifestants de l’opposition dans la matinée.

Dans l’après-midi, le domicile du chef de file de l’opposition, Jean-Pierre Fabre, président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), principal parti d’opposition togolais, a été la cible de tirs de gaz lacrymogènes par les forces de l’ordre, selon des responsables de l’ANC.

Certains quartiers de la capitale semblaient épargnés par ces violences, mais la circulation sur les principaux axes, comme le boulevard du 13 janvier, a été fortement ralentie. L’affluence dans les marchés et autres centres commerciaux également. A noter qu’aucune perturbation des réseaux internet n’a été signalée dans le pays, au contraire de ce qui avait été observé lors de précédentes journées de mobilisation de l’opposition.

Dans les rues de Lomé, ce mercredi 18 octobre, forces de l’ordre et partisans de l’opposition se sont affrontés toute la journée. © DR

 

Marches interdites

Les autorités avaient rappelé à plusieurs reprises ces derniers jours l’interdiction de marcher les jours ouvrables suite aux violences qui ont émaillé les manifestations des mercredi 4 et jeudi 5 octobre à Lomé. « L’opposition peut tenir des meetings… Mais pour les marches, qui souvent sont émaillées d’incidents où on fait sortir les élèves, s’attaque à ceux qui ne marchent pas, le gouvernement a la responsabilité de la sécurité et des marcheurs et des non-marcheurs », avait indiqué mardi le ministre de la Sécurité, Yark Damehane.

Il estime que l’opposition veut « défier l’autorité de l’État » en passant outre les mesures annoncées la semaine dernière. Si la marche est interdite, les autorités rappellent avoir demandé aux leaders de le coalition d’organiser – s’ils le souhaitent – un meeting à la plage de Lomé afin d’éviter les incidents dans la ville.

Dans un communiqué rendu public le jeudi 12 octobre, la Coalition des 14 partis avait dénoncé « le caractère illégal » de l’interdiction par le pouvoir des marches de protestation. « Quand l’Etat se met lui-même à violer les lois, les citoyens ont le devoir sacré de résister », pouvait-on lire dans le communiqué.

Une partie de l’opposition n’a pas souhaité se joindre aux manifestations. C’est le cas de Gerry Taama, président du Nouvel engagement togolais (NET) qui, pour la première fois depuis le début de la crise, n’a pas rejoins les marcheurs. « Il y a une irresponsabilité partagée. La présence des militaires et de miliciens qui se pavanent est inadmissible. Par contre, après les événements de lundi à Sokodé, il fallait surseoir à cette marche, pour préserver la paix », estimait l’opposant en début de journée, ce mercredi.

La Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie a également appelé au calme, demandant aux différentes parties « d’encourager toute action de nature à contribuer à la résolution de cette crise ».

Jeuneafrique.com par – à Lomé

Togo: flambée de violence dans plusieurs villes après l’arrestation d’un imam proche de Tikpi Atchadam

octobre 17, 2017

 

Tikpi Atchadam au début du mois d’août, à Lomé. © Baudoin Mouanda pour JA

Un mouvement d’humeur parti de la ville de Sokodé (centre), où un imam proche de Tikpi Atchadam, leader de la contestation contre le pouvoir togolais, a été arrêté lundi, a touché plusieurs villes du pays et la banlieue nord de la capitale. Deux militaires et un jeune manifestant ont été tués.

Tout a commencé lundi peu après dix-huit heures  à Sokodé, lorsque des éléments des forces de l’ordre ont procédé à l’interpellation de l’imam Al Hassan. Ce dernier, réputé proche de Tikpi Atchadam, est le coordonnateur du Parti national panafricain (PNP) à Sokodé, deuxième ville la plus peuplée du pays. Très vite, les militants du PNP ont envahi les rues de la ville pour protester contre cette interpellation. Plusieurs édifices sont partis en feu, dont le siège de l’Union pour la République (Unir), le parti au pouvoir.

Les affrontements entre forces de sécurité et jeunes ont duré une bonne partie de la nuit selon des témoignages recueillis sur place. Plusieurs résidences de ministres et cadres du parti au pouvoir ont été pillées et saccagées, la succursale de l’Union togolaise de banque (UTB) a également été attaquée.

Trois morts dans les affrontements

Le bilan de ces affrontements est lourd. Deux militaires ont été tués alors qu’ils étaient en faction devant le domicile du ministre de l’Agriculture, le colonel Ouro-Koura Agadazi, originaire de Sokodé. Ils « ont été lynchés et exécutés et leurs armes et munitions ont été emportées », précise un communiqué du gouvernement. Un jeune manifestant a également été tué, et une vingtaine de blessés a été recensé parmi les civils et les forces de sécurité, selon le gouvernement, qui qualifie les attaques d’« actes à visée terroriste ».

Le ministre de la Sécurité, contacté par une radio locale mardi matin, a indiqué que l’imam Al Hassan, coutumier des prêches appelant à des violences, aurait récidivé lors de sa prédication du 13 octobre, et demandé à la population de s’en prendre aux forces de l’ordre. À la suite de quoi il a été interpellé sur ordre du parquet.

Contagion

Ces manifestations se sont rapidement propagées dans d’autres villes du pays et dans la banlieue nord de la capitale. Il était impossible par exemple de circuler sur la nationale numéro 1 à hauteur d’Agoè Zongo lundi dans la nuit. « De nombreux passants ont été passés à tabac par les manifestants qui ont érigé des barricades et qui semblaient vouloir en découdre avec les forces de l’ordre », témoigne un riverain.

Une source sécuritaire contactée par Jeune Afrique indique qu’il y a eu des blessés dans les rangs des manifestants et des forces de l’ordre, et même parmi les simples passants, sans toutefois donner de chiffres. Le siège du Parti national panafricain à Lomé a été saccagé dans la nuit par des éléments pour le moment non-identifiés.

Ces tensions se produisent à la veille de nouvelles marches de l’opposition sur l’Assemblée nationale (le 18 octobre) et sur le siège de la Cedeao à Lomé (le 19 octobre) alors même que le gouvernement interdit désormais ces manifestations pendant les jours ouvrables. « Il faut qu’on se ressaisisse, notre pays ne mérite pas ça », a déclaré le ministre de la Sécurité, lançant un appel au calme.

Jeuneafrique.com par Edmond dalmeida

Les origines de Eyadema

octobre 8, 2017

Togo: quelle stragégie pour l’opposition et la majorité au lendemain des manifestations ?

septembre 22, 2017
Manifestation de l’opposition à Lomé, au Togo, le 3 août 2013 (image d’illustration). © Erick Kaglan/AP/SIPA

Après les manifestations de mercredi et jeudi dans les rues du Togo, dernier épisode du bras de fer opposant le pouvoir et l’opposition, des voix commencent à se faire entendre pour appeler les deux camps au dialogue afin de trouver une solution consensuelle à la crise politique.

Il y avait du monde dans les rues de Lomé et de certaines villes de l’intérieur du pays les 21 et 22 septembre. Mais vraisemblablement moins que lors des manifestations des 29 août (côté pouvoir), 5 et 6 septembre (côté opposition). Alors que l’opposition appelle à de nouvelles manifestations pour les 26, 27 et 28 septembre, certains observateurs – et même des militants – commencent à se demander si la méthode de la rue est la bonne pour obtenir satisfaction.

Car, faut-il le rappeler, l’Assemblée nationale a voté le 19 septembre une proposition du gouvernement tendant à limiter désormais le mandat du président de la République à deux et instaurant un scrutin uninominal à deux tours pour l’élection présidentielle. Même si ces dispositions ont toujours été réclamées depuis une dizaine d’années par l’opposition, les leaders de la contestation estiment désormais qu’il faudrait revenir au texte originel de la Constitution de 1992, avec surtout l’alinéa 2 de l’article 5. Motif de la manœuvre : mettre Faure Gnassingbé hors jeu pour les prochaines élections présidentielles.

Boycott périlleux

Au Parlement, donc, l’opposition a adopté une stratégie de boycott laissant les députés de la majorité donner leur aval à un texte qui, bien que n’ayant pas été adopté (faute des 4/5e requis), pourra désormais être soumis à référendum. Au perchoir de l’Assemblée nationale lors de la révision constitutionnelle de 2002 (qui a notamment fait sauter le verrou de la limitation du mandat présidentiel), Fambaré Ouattara Natchaba est sorti cette semaine de son silence pour critiquer la stratégie de l’opposition.

L’ancien dauphin constitutionnel du président Eyadema rappelle que c’est précisément cette attitude de boycott qui a permis aux députés du parti au pouvoir (RPT à l’époque) de « toiletter » la texte fondamental de 1992. « C’était à la dernière réunion du Comité paritaire de suivi qui avait eu lieu le 1er mai 2002 au siège de l’Unesco à Paris. J’avais déclaré devant toutes les délégations de l’opposition et tous nos médiateurs que l’Assemblée serait dissoute conformément aux vœux de l’opposition, qu’on irait à des élections législatives anticipées. Je leur ai ensuite dit : ‘Mais si vous ne participez pas, je vous avertis que le RPT sera majoritaire et si nous nous sommes majoritaires, nous allons changer la Constitution de 1992 pour sortir de ces ambiguïtés’ ». La suite, on la connait.

Pour Mohamed Madi Djabakate, du Centre pour la gouvernance démocratique et la prévention des crises (CGDPC), « le boycott du parlement ne sera pas productif. Mais tout porte à croire que l’opposition se retrouve piégée par sa propre stratégie. Les deux partis politiques dépositaires des manifestations comme solution à la crise politique togolaise (PNP-ANC) ne peuvent plus prendre le risque d’aller à un dialogue avec le pouvoir, car ils ont commis la maladresse de faire croire à leurs militants que le dialogue ne fait pas partie des moyens de leur combat ».

Piège du référendum

Si tout semble désormais en place pour un référendum, comme le dispose l’article 144 de la Constitution, les observateurs conseillent à l’opposition de ne pas s’engager sur une voie qui risque de lui être défavorable. En tête des manifestations de ces deux derniers jours du côté de l’opposition, Gerry Taama estime qu’il faut « devenir raisonnable et négocier car Unir (au pouvoir, ndlr), aujourd’hui, a besoin aussi des réformes ». « Si le référendum passe, l’opposition perd presque tout », reconnaît-il. Et tant qu’une nouvelle Constitution n’est pas adoptée, l’actuelle reste en vigueur…

Seule alternative désormais, un dialogue direct entre les différentes parties pour aboutir à une solution consensuelle. Dans une déclaration conjointe signée le 22 septembre, le Système des Nations Unies, la délégation de l’Union Européenne et les ambassades de France, de la  République Fédérale d’Allemagne, et des Etats-Unis d’Amérique au Togo ont déploré les violences qui se sont produites dans la ville de Mango. Ils encouragent « tous les Togolais à s’inscrire dans un dialogue pacifique en vue de l’adoption des réformes constitutionnelles qui permettront de renforcer la démocratie au Togo et de préparer sereinement les élections locales et législatives en 2018 ».
Faure Gnassingbé, dont « la neutralité peut être présumée », selon Mohamed Madi Djabakate, car n’ayant pas jusqu’ici pris la parole officiellement, pourrait « au nom de l’exécutif renvoyer un projet de réforme enrichi avec les amendements de l’opposition parlementaire au niveau de l’Assemblée nationale pour une nouvelle étude ». Le chef de l’État s’exprimera-t-il avant les prochaines manifestations de l’opposition ? Bien malin qui pourra répondre.

Jeuneafrique.com par – à Lomé