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Le Togo en passe d’adhérer au Commonwealth

juin 23, 2021
Le Togo en passe d’adhérer au Commonwealth

(Agence Ecofin) – Après le Rwanda en 2009, qui a ouvert la voie, le Togo, à l’instar du Gabon, autre pays francophone, frappe à la porte du Commonwealth, l’organisation qui regroupe essentiellement d’anciens territoires de l’Empire britannique.

« Le Commonwealth, c’est un marché de 2 milliards de consommateurs. C’est une opportunité pour le Togo », a indiqué Franck Missité, directeur de Cabinet au ministère de la Communication alors qu’une mission de l’organisation intergouvernementale démarrait une nouvelle évaluation à Lomé.

Le pays qui ambitionne depuis 2014 d’adhérer à la communauté dont les Etats membres sont en majorité d’anciens territoires de l’empire britannique, ne compte pas toutefois rompre les liens avec la francophonie.

« Le Togo ne quitte pas la francophonie. Il demeure membre à part entière. Le Togo reste un pays francophone. On va seulement renforcer les programmes d’enseignement de l’anglais. Nous voulons simplement réactiver d’autres partenariats », a précisé le directeur de cabinet.

Sur le plan économique, l’adhésion du pays au Commonwealth, lui permettra de bénéficier du Fonds pour la Coopération Technique (CFTC) qui joue un rôle important dans le progrès économique et social de ses membres, souligne Togo First

Ainsi, la délégation après avoir échangé avec le Premier ministre, Victoire Tomegah-Dogbé et des membres du gouvernement, s’entretiendra avec les organisations de la société civile (OSC), les médias et les partis politiques.

Au terme de la mission, la délégation produira un rapport qui devra situer le Togo sur la suite du processus d’adhésion.

Le Commonwealth a pour mission de promouvoir une série de valeurs communes à ses membres, notamment l’égalité, la non-discrimination, la démocratie et la primauté du droit.

Avec Agenceecofin par Esaïe Edoh

France: Macron reçoit le président togolais Faure Gnassingbé

avril 9, 2021
Macron recoit le president togolais Faure Gnassingbe
Macron reçoit le président togolais Faure Gnassingbé© AFP/Ludovic MARIN

Emmanuel Macron reçoit vendredi pour un déjeuner de travail le président togolais Faure Gnassingbé, qui effectue sa première visite en France depuis sa réélection pour un quatrième mandat en 2020, a-t-on appris auprès de l’Elysée.

La crise au Sahel, la lutte contre la menace jihadiste mais aussi « le renforcement de la relation bilatérale dans un contexte d’efforts appuyés du Togo en matière de gouvernance pour renforcer son attractivité économique », seront au menu de cette rencontre à l’Elysée, où le président togolais avait déjà été reçu en 2019.closevolume_off

Les deux chefs d’Etat aborderont aussi l’initiative « Talents en commun », qui vise à « permettre à des personnes de la diaspora de mettre leur expertise au profit de l’administration d’un pays africain », a précisé l’Elysée.

Faure Gnassingbé préside le Togo, un pays de huit millions d’habitants, depuis 2005, date à laquelle il a succédé après son décès à son père Gnassingbé Eyadéma, qui a dirigé le pays d’une main de fer pendant 38 ans.

Sa victoire a été acquise après un amendement de la Constitution qui lui a permis d’être de nouveau candidat.

En décembre, Amnesty international avait dénoncé la « répression croissante des voix dissidentes par les autorités togolaises », à la suite de l’arrestation de deux représentants d’un important mouvement de l’opposition qui continue de mettre en cause les résultats de la présidentielle de l’an dernier.

Avec Le Point avec AFP

Togo : la difficile quête de consensus de Faure Gnassingbé pour les régionales

mars 16, 2021
Portrait de Faure Gnassingbé, le 1er novembre 2019.

Depuis quatre mois, les modalités de l’organisation des élections régionales sont au cœur des discussions. La date du scrutin n’a pas encore été fixée, mais il devrait se tenir au plus tard en septembre prochain.

Comment parvenir à organiser les futures élections régionales de façon consensuelle ? Comment répartir les sièges suivant les cinq régions administratives du pays ? À quoi ressembleront le chronogramme et le protocole à suivre dans le contexte de crise sanitaire ?

Moins de deux ans après la tenue des premières élections municipales depuis trente ans, le Togo se dirige vers l’organisation des régionales pour parachever son processus de décentralisation. Mais, alors que la date du scrutin n’est pas encore fixée, les règles du jeu font l’objet d’intenses tractations politiques depuis quatre mois. Le président togolais a chargé son gouvernement de parvenir à un consensus d’autant plus difficile à trouver que, un an après la présidentielle de 2020, une partie de l’opposition conteste toujours la victoire de Faure Essozimna Gnassingbé.

Sur la centaine de partis politiques recensés au Togo, 26 seulement ont été invités à participer à cette Concertation nationale entre acteurs politiques (CNAP). Parmi les critères d’éligibilité, le fait d’avoir participé à au moins une des trois dernières élections. Mais parmi ceux-ci, une partie a refusé de répondre à l’invitation.

De nombreux absents

Début février, le Comité d’action pour le renouveau (CAR) a suspendu sa participation au dialogue. Le parti fondé par l’ancien Premier ministre Yawovi Madji Agboyibo a argué ne pas avoir été entendu sur plusieurs des points qu’il souhaitait mettre à l’ordre du jour, notamment sa demande de lever des poursuites à l’encontre d’Agbeyomé Kodjo.

Ce dernier, qui continue de se proclamer « président élu », est toujours poursuivi pour « troubles aggravés à l’ordre public » et « atteinte à la sécurité intérieure de l’État ». Sans surprise, sa formation, le Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD), ne participe pas au dialogue. De même que la Dynamique Mgr Kpodzro (DMK), qui avait porté la candidature de Kodjo à la présidentielle, n’a assisté à aucune des réunions qui se succèdent depuis décembre dernier sous la houlette du ministre  de l’Administration territoriale, Payadowa Boukpessi. La Convention démocratique des peuples africains (CDPA) de Brigitte Adjamagbo-Johnson a également brillé par son absence.

Au total, 17 partis ont répondu présent. Leurs représentants participent aux débat dirigés par un bureau à la présidence tournante, assurée tour à tour par un membre de l’Union des forces du changement (UFC, opposition) et de l’Union pour la République (UNIR, le parti de Faure Gnassingbé). L’objectif, fixé par le ministre Payadowa Boukpessi, est clairement défini : après les élections communales de juin et août 2019, « le gouvernement veut procéder à l’installation effective des régions qui interviendra à la suite de l’élection des conseillers régionaux prévue pour 2021. »

Jean-Pierre Fabre rompt avec la stratégie de la chaise vide

Si l’un des participants aux quatre sessions qui se sont tenues depuis décembre assure que « les discussions se déroulent sur une base de confiance », les contestations qui ont suivi la proclamation de la victoire de Faure Gnassingbé ont laissé des traces. « Cette présidentielle n’a pas étanché la soif de changement des populations », estime Kagbara Innocent, député et président du Parti Démocratique Panafricain (PDP), dont la candidature à l’élection avait été invalidée. L’opposant a cependant décidé de s’engager dans le dialogue en cours, insistant sur « le besoin d’entreprendre les réformes majeures nécessaires à la reconstruction d’une stabilité durable ».

Également présente autour de la table, l’Alliance nationale pour le Changement (ANC) de Jean-Pierre Fabre est bien décidée à jouer sa propre carte, et refuse d’adopter la stratégie de la chaise vide de la DMK ou de la CDPA. Après son cuisant échec lors de la dernière présidentielle, à laquelle il était arrivé en troisième position loin derrière Agbéyomé Kodjo – que beaucoup, au sein de son parti, attribuent aux conséquences du boycott des législatives de 2018 -, Jean-Pierre Fabre entend désormais « apporter aux discussions des contributions à la hauteur des attentes des populations togolaises, qu’il s’agisse de l’amélioration du cadre électoral, des mesures d’apaisement politique et des questions  économiques et sociales », assure Patrick Lawson, premier vice-président de l’ANC qui représente Fabre à ce dialogue.

Outre les prérogatives des futures régions dans le développement économique ou en matière de services publics de proximité, l’élection des conseillers régionaux a aussi un enjeu politique qui dépasse le seul cadre des collectivités territoriales. Il est en effet prévu que deux tiers des futurs sénateurs soient élus par les conseillers régionaux. L’un des sujets de discussion en cours porte justement sur la répartition géographique de ces « grand électeurs » selon la démographie de chacune des régions. Institué par la Constitution de 2002, le Sénat n’a toujours pas été mis en place.

Avec Jeune Afrique par Charles Djade – à Lomé

Togo : un mandat d’arrêt international émis contre l’opposant Agbéyomé Kodjo

juillet 16, 2020

L'opposant togolais Agbéyomé Kodjo, le 24 février à Lomé.

L’opposant togolais Agbéyomé Kodjo, le 24 février à Lomé. © Sunday Alamba/AP/SIPA

 

La justice togolaise a émis un mandat d’arrêt international contre Agbéyomé Kodjo, arrivé deuxième à la présidentielle de février remportée par le chef de l’État sortant, Faure Essozimna Gnassingbé. L’opposant vit désormais dans la « clandestinité au Togo ».

« Un mandat d’arrêt international a été délivré contre Agbéyomé Kodjo. Nous l’avions appris hier auprès du juge instructeur », a déclaré jeudi sur une radio privée Me Darius Kokou Atsoo, son principal avocat. « C’est un acte d’acharnement de plus contre Agbéyomé Kodjo, qui n’entame en rien notre détermination à faire éclater la vérité juridique dans cette affaire », a-t-il souligné.

L’opposant avait refusé de se présenter à une convocation de la justice le 10 juillet, assurant dans une déclaration diffusée sur les réseaux sociaux qu’il « craignait pour sa vie ».  Le procureur de la République du Togo, Essolissam Poyodi, a confirmé qu’un « mandat d’arrêt international » avait été lancé à l’encontre de l’opposant depuis cette date.

« Clandestinité »

Il reste depuis introuvable, mais il assuré, dans un message envoyé à l’AFP, être resté au Togo « dans la clandestinité », car sa vie « est en danger ». L’opposant est placé sous contrôle judiciaire depuis le 24 avril, après avoir passé quatre jours à la gendarmerie nationale. Le doyen des juges d’instruction lui avait interdit de quitter le Togo sans autorisation.

Candidat du Mouvement Patriotique pour la Démocratie et le Développement (MPDD), Agbéyomé Kodjo a obtenu 19,46% des suffrages le 22 février, contre 70,78% pour Faure Essozimna Gnassingbé, selon les résultats officiels que l’opposant conteste fermement.

Son immunité parlementaire avait été levée en mars, à la demande du parquet de Lomé, pour s’être « autoproclamé » président de la République. Il s’est également présenté comme « prétendu chef de l’État et chef suprême des Armées », appelant la Nation et les forces armées à se mobiliser contre le pouvoir, des propos et agissements relevant « des qualifications de troubles aggravés à l’ordre public (…) et d’atteinte à la sécurité intérieure de l’État », selon le procureur.

Fin juin, le MPDD a également demandé la libération de 16 de ses militants incarcérés depuis le 21 avril. Ces derniers avaient été condamnés à quatre mois de prison ferme, pour « flagrant délit, rébellion et complicité de rébellion.

Par Jeune Afrique avec AFP

Mort mystérieuse d’un haut gradé: le Togo sollicite «l’expertise» de la France

juillet 13, 2020

 

Le lieutenant-colonel Bitala Madjoulba avait été retrouvé mort dans son bureau le 4 mai dernier.

Le Togo a sollicité «l’expertise» de la justice française dans l’enquête ouverte en mai sur la mort mystérieuse d’un haut gradé de l’armée, au lendemain de l’investiture du président Faure Gnassingbé, a indiqué à l’AFP, ce lundi 13 juillet, le ministre de la Sécurité.

Le lieutenant-colonel Bitala Madjoulba, commandant du 1er Bataillon d’intervention Rapide (BIR), avait été retrouvé mort dans son bureau le matin du 4 mai. «Le Togo a demandé, dans le cadre de l’entraide pénale internationale, des expertises à la justice française», a déclaré le ministre, le général Yark Damehame.

«La commission d’enquête a envoyé en France, des balles issues des tirs de comparaison et leurs étuis», a précisé le ministre, qui dirige la commission d’enquête mise en place par les autorités sur ce dossier. Une balle a été extraite du corps de la victime lors de l’autopsie, avait déclaré en mai le procureur de la République, Essolissam Poyodi.

Aucune réaction officielle à ce décès n’a été publiée à ce jour. Le successeur du défunt, le lieutenant-colonel Tchangani Atafaï, a pris ses fonctions peu après. Des habitants de Siou, village natal de la victime à plus de 500 km au nord de Lomé, ont manifesté à plusieurs reprises, pour exiger «toute la lumière» sur sa mort.

L’opposition demande une enquête «indépendante»

Nommé à la tête du 1er BIR en 2014, le lieutenant-colonel Madjoulba avait fait l’École de guerre du Cameroun, l’École nationale des officiers du Sénégal et dirigé plusieurs contingents onusiens. Des médias locaux ont évoqué la piste d’un «règlement de comptes» au sein de l’armée et plusieurs leaders de l’opposition ont dénoncé le silence des autorités, réclamant une enquête «indépendante» et «impartiale».

La veille de sa mort, Faure Gnassingbé était investi pour un quatrième mandat de cinq ans à la tête de ce pays d’Afrique de l’Ouest qu’il dirige depuis 2005, à la suite du décès de son père, le général Eyadéma. Il a été réélu le 22 février avec plus de 70% des voix selon les résultats officiels, contestés par l’opposition.

Par Le Figaro avec AFP

Togo : l’opposant Agbéyomé Kodjo libéré sous contrôle judiciaire

avril 25, 2020

Agbéyomé Kodjo, le 22 février 2020, lors de l'élection présidentielle, à Lomé au Togo

Agbéyomé Kodjo, le 22 février 2020, lors de l’élection présidentielle, à Lomé au Togo © AP/Sipa 

L’opposant togolais Agbéyomé Kodjo, arrivé deuxième à la présidentielle de février derrière le sortant Faure Gnassingbé, et arrêté mardi à son domicile, a été libéré vendredi soir et placé sous contrôle judiciaire.

 

 « Agbéyomé Kodjo a été libéré vendredi soir et placé sous contrôle judiciaire, avec des conditions », a déclaré Me Claver N’dry, l’un de ses avocats. Selon une note du doyen des juges d’instruction, l’opposant a interdiction de quitter le Togo sans autorisation et ne doit pas faire de « déclarations tendant à la remise en cause des résultats de la présidentielle du 22 février ». Il est également interdit de « tous propos, déclarations, ou attitudes tendant à remettre en cause et à saper l’ordre constitutionnel et institutionnel ».
Atteinte à la sûreté de l’État
L’immunité parlementaire d’Agbéyomé Kodjo avait été levée en mars, à la demande du parquet de Lomé, pour s’être « autoproclamé » président de la République. Il s’est également présenté comme « prétendu chef de l’État et chef suprême des armées », appelant la nation et les forces armées à se mobiliser contre le pouvoir, des propos et agissements relevant « des qualifications de troubles aggravés à l’ordre public (…) et d’atteinte à la sécurité intérieure de l’État », selon le procureur.
L’opposant a été arrêté mardi à son domicile et conduit au Service central de recherches et d’investigations criminelles (SCRIC) de la gendarmerie. Il avait manqué de se rendre à des convocations de la gendarmerie, le 1er puis le 9 avril, et de nouveau mardi, pour des raisons de « santé », selon ses avocats.
Contrôle judiciaire de deux autres opposants
Les évêques du Togo et plusieurs partis d’opposition, ont demandé la libération d’Agbéyomé Kodjo. Par ailleurs, deux autres dirigeants de l’opposition, Brigitte Adjamagbo-Johnson et Fulbert Attisso, sont également placés sous contrôle judiciaire, selon des sources judiciaires
Agbéyomé Kodjo, qui a obtenu 19,46% des suffrages le 22 février, contre 70,78% à Faure Gnassingbé, selon les résultats officiels, a formulé un recours en justice, rejeté en mars par la Cour constitutionnelle, qui a validé le scrutin. Faure Gnassingbé est arrivé au pouvoir en 2005 après le décès de son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui avait lui-même dirigé le Togo pendant 38 ans.
Par Jeune Afrique avec AFP

Togo : arrestation de l’opposant Agbeyomè Kodjo

avril 21, 2020

L'opposant togolais Agbéyomé Kodjo, le 24 février à Lomé.

L’opposant togolais Agbéyomé Kodjo, le 24 février à Lomé. © Sunday Alamba/AP/SIPA

 

Après s’être proclamé « président élu » du Togo, Agbeyomè Kodjo a été arrêté ce mardi pour n’avoir pas répondu à sa troisième convocation successive devant le Service central de recherches et d’investigations criminelles de la gendarmerie.

Tous les signes d’une arrestation prochaine étaient là : depuis lundi, le domicile de l’opposant togolais était encerclé par un fort dispositif de forces de l’ordre. Ce mardi matin, Agbeyomè Kodjo a donc, sans surprise, été interpellé à son domicile du quartier de Tokoin-Forever, à Lomé, alors qu’il se trouvait avec sa famille.

Selon une source judiciaire de Jeune Afrique, celui qui n’a cessé de revendiquer la victoire à la présidentielle du 22 février a ensuite été conduit dans les locaux des services de renseignements, pour y être interrogé.

Détention provisoire ?

Il doit ensuite être auditionné par le procureur de la République, avant que le magistrat ne statue sur un éventuel placement en détention préventive. Celle-ci semble d’ores et déjà acquise, à en croire une source proche du parquet, qui assure qu’« il sera détenu pendant toute la procédure ».

« C’est un enlèvement pur et simple », a dénoncé pour sa part Bessan Kodjo, un cadre du Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD), dont Agbeyomè Kodjo est le président.

L’ancien Premier ministre est poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, notamment ceux d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État, d’usage des insignes de l’État, de nominations illégales, de troubles aggravés à l’ordre public ainsi que de dénonciations calomnieuses.

Levée de l’immunité

L’Assemblée nationale avait, le 16 mars, levé la double immunité dont bénéficiait Agbéyomè Kodjo comme député et ancien président du Parlement. Une mesure contestée par le président du MPDD qui a saisi, début avril, le tribunal de première instance de Lomé, affirmant que cette procédure aurait violé son droit à la défense.

« La suspension provisoire de toute enquête judiciaire entamée sur la base d’une décision contestée et attaquée devant une juridiction indépendante compétente pour rendre une décision à l’issue d’un procès équitable s’impose », avaient alors, vainement, plaidé ses avocats auprès du procureur de la République

S’il n’a pas répondu physiquement aux deux premières convocations du Service central de recherches et d’investigations criminelles (SCRIC) de la gendarmerie, Agbéyomè Kodjo s’est fait représenter à chaque fois par ses avocats, qui ont notamment présenté un certificat médical justifiant l’absence de leur client.

Lundi, face à la presse, les avocats de l’opposant avaient annoncé que leur client était souffrant et ne pouvait pas se déplacer pour répondre à la troisième convocation délivrée en moins d’un mois. Me Atsoo Kokou Totékpo-Mawu a notamment avait notamment argué du « réveil récent d’une pathologie locorégionale ancienne » entravant « douloureusement depuis quelques temps, toute mobilité spontanée ».

Messe « d’investiture »

Selon les résultats définitifs de la présidentielle du 22 février, proclamés par la Cour constitutionnelle, Agbéyomè Kodjo a été crédité de 19,46% des suffrages contre 70,78% pour Faure Gnassingbé, et 5% à l’opposant historique, Jean-Pierre Fabre.

Le candidat du MPDD conteste cependant ces chiffres, et affirme que sa victoire lui a été « volée ». Il s’est auto-proclamé « président » lors d’une messe « d’investiture » organisée le 1er février sous l’égide de Mgr Philippe Fanoko Kossi Kpodzro, l’archevêque émérite de Lomé. Il a également nommé un Premier ministre et s’est même adressé à l’armée en endossant le rôle de son « chef suprême ». Autant de faits qui lui valent aujourd’hui les poursuites dont il est l’objet.

Avec Jeuneafrique par Fiacre Vidjingninou

Togo : décès de l’ancien Premier ministre Edem Kodjo

avril 11, 2020

Edem Kodjo (Togo), ancien secrétaire général de l'OUA, ancien Premier ministre du Togo, facilitateur de l'Union africaine pour le dialogue politique en cours en RD Congo. A Paris, le 05.12.2016.

Edem Kodjo (Togo), ancien secrétaire général de l’OUA, ancien Premier ministre du Togo, facilitateur de l’Union africaine pour le dialogue politique en cours en RD Congo. A Paris, le 05.12.2016. © Vincent Fournier/JA 

L’ancien Premier ministre et ex-secrétaire général de l’OUA est décédé ce samedi matin, en région parisienne, à l’âge de 81 ans.

Edem Kodjo est décédé dans la matinée du samedi 11 avril à l’Hôpital américain de Neuilly, en région parisienne, où il était hospitalisé depuis neuf mois à la suite d’un accident vasculaire-cérébral. L’information a été confirmée à Jeune Afrique par son épouse.

Secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) de 1978 à 1983, Edem Kodjo avait aussi été le Premier ministre du Togo à deux reprises : sous la présidence de Gnassingbè Eyadéma d’abord, d’avril 1994 à août 1996, puis sous celle de son fils, Faure Essozimna Gnassingbé, de juin 2005 à septembre 2006.

Mission impossible

En 2009, il avait publiquement annoncé qu’il se retirait de la scène politique togolaise. Il avait repris du service quelques années plus tard, en janvier 2016, en tant que facilitateur du dialogue politique en RD Congo – une mission difficile, « impossible » disait-il, qui lui avait été confiée par la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, alors présidente de la Commission de l’Union africaine (UA). Après dix mois d’une facilitation chahutée, qui lui avait valu d’être contesté par l’opposition congolaise, il avait fini par jeter l’éponge.

Il avait 81 ans.

Avec Jeuneafrique

Présidentielle au Togo : sept candidats retenus par la Cour constitutionnelle

janvier 18, 2020

Vote dans un bureau de Lomé, en 2015 (photo d'illustration).

Vote dans un bureau de Lomé, en 2015 (photo d’illustration). © Erick Kaglan/AP/SIPA

 

La Cour constitutionnelle a publié sa décision vendredi et retenu sept candidats sur les dix enregistrés par la commission électorale, parmi lesquels le président Faure Gnassingbé, en lice pour un quatrième mandat.

Parmi les autres candidats, figurent Jean-Pierre Fabre, chef de file historique de l’opposition et président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), et l’ancien Premier ministre et président du Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD), Kodjo Agbéyomé.

La Commission électorale nationale indépendante (Céni) avait enregistré le 8 janvier, les dossiers de dix personnalités.

La Cour constitutionnelle a rejeté les dossiers de deux candidats, pour « insuffisance du nombre de signatures d’électeurs » en leur faveur.

Le troisième (indépendant) avait entre temps décidé de retirer sa candidature.

Révision constitutionnelle

La campagne électorale pour cette présidentielle doit démarrer le 6 février et prendre fin le 20 février. Environ 10.000 gendarmes et policiers membres d’une « Force sécurité élection présidentielle » (FOSEP) seront déployés à travers le pays en vue de sécuriser le scrutin, selon les autorités.

L’actuel président Faure Gnabssingbé, au pouvoir depuis 2005, a été réélu en 2010 et en 2015 au terme de scrutins contestés.

En mai 2019, les députés ont voté une révision constitutionnelle qui permet non seulement au président Gnassingbé de se représenter en 2020 et 2025, mais aussi de bénéficier d’une immunité à vie « pour les actes posés pendant les mandats présidentiels ».

Par Jeuneafrique.com

 

Présidentielle au Togo: des opposants demandent la «suspension» du processus électoral

novembre 13, 2019

 

Plusieurs partis d’opposition ont demandé la «suspension» du processus électoral en vue de la présidentielle prévue en 2020 au Togo, pendant que l’ONU et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) s’activent pour un scrutin «crédible et transparent».

L’archevêque émérite de Lomé (1992-2020), Mgr Philippe Fanoko Kpodzro, avait appelé les opposants et la société civile à former une plateforme revendicative pour faire une série de recommandations au pouvoir en place. Plusieurs partis d’opposition, qui faisaient notamment parti de la coalition dissoute de la C14, ou l’importante organisation de la société civile Togo Debout y ont pris part, et ont demandé mardi la suspension du processus électoral. Néanmoins, les deux grands partis de l’opposition, l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) et le Parti National Panafricain (PNP), qui étaient moteurs des nombreuses manifestations contre le pouvoir entre 2017 et 2018, n’ont pas répondu à l’invitation de l’archevêque.

Au terme de deux jours de concertation, la plateforme d’opposition a également demandé l’ouverture d’un dialogue avec le pouvoir ainsi que la recomposition de la Cour constitutionnelle et le réaménagement de la Commission électorale nationale indépendante (Céni). De son côté, une mission conjointe des Nations unies et de la Cédéao conduite par Mohamed Ibn Chambas, représentant spécial des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, était à Lomé cette semaine pour «travailler étroitement avec les institutions et voir comment nous pouvons nous rendre utile pour assurer des élections crédibles et transparentes», a déclaré à la télévision d’Etat M.Chambas. La présidentielle se tiendra «au plus tôt le 19 février et au plus tard le 5 mars 2020» au Togo, a indiqué fin octobre la Cour constitutionnelle.

Le président Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005 après avoir succédé à son père, devrait être candidat à un quatrième mandat, malgré de nombreux appels de l’opposition à la démission. Début mai, les députés togolais avaient voté une révision constitutionnelle qui permet non seulement au président Gnassingbé de se représenter en 2020 et 2025, mais aussi de bénéficier d’une immunité à vie «pour les actes posés pendant les mandats présidentiels».

Par Le Figaro.fr avec AFP