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Total, le Congo, le FMI et le « Fonds vautour »: l’histoire d’un montage

avril 10, 2018

Des documents issus des « Paradise Papers » révèlent comment le pétrolier français a aidé l’Etat africain à berner le FMI.

 

  • Les montages offshore de Total pour aider le Congo à berner le FMI

C’est une histoire découverte au détour de quelques centaines de pièces d’archive du cabinet d’avocats britannique Appleby, dont des millions de documents ont pu être consultés par les journalistes du Monde et les partenaires du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ). En litige avec le Congo depuis son rachat d’Elf en 2000, le groupe français Total parvient à un accord avec Brazzaville en juillet 2003 : la compagnie pétrolière obtient l’effacement de divers contentieux avec l’Etat et, en échange, lui cède pour un franc symbolique ses parts dans une concession pétrolière maritime. En besoin de liquidités, le Congo veut vendre par anticipation le pétrole qui sera extrait dans les années suivantes… mais cette pratique est interdite par le Fonds monétaire international pour tous les Etats demandant son aide.

Les documents racontent comment Total a réalisé un complexe montage offshore pour masquer la véritable identité du nouveau propriétaire du champ pétrolier, sollicitant au passage l’aide de la banque française BNP Paribas.

Lire l’enquête :   Comment le groupe Total a aidé le Congo à berner le FMI

  • Elliott Management, le « fonds vautour » qui veut faire payer les Etats

Le dossier « Likouala » (du nom d’une société écran montée par Total) aurait pu rester secret si un fonds d’investissement américain ne s’en était pas mêlé. Elliott Management s’est fait une spécialité de racheter, à bas prix, des émissions de dette souveraines d’Etat en situation de quasi-faillite et de faire payer ces derniers, souvent par des actions en justice. Cela a été le cas avec l’Argentine, cela l’a également été avec le Congo : après une procédure judiciaire tentant de dévoiler le véritable propriétaire du champ pétrolier maritime, Elliott Management est parvenu à un accord financier avec le Congo pour rembourser une partie de sa dette.

Lire le zoom :   Elliott Management, le fonds spéculatif qui a fait payer le Congo-Brazzaville

Agathe Dahyot pour « Le Monde »
  • Le Congo, Etat aux comptes opaques et miné par la corruption

Cette histoire pourrait ne relever que du passé si le Congo n’était de nouveau pas au bord de la faillite et à ce titre, solliciter à nouveau l’aide du Fonds monétaire international. La vente par anticipation de pétrole, ainsi que des emprunts gagés sur les produits pétroliers, sont toujours interdits par l’institution mondiale. Le FMI est confronté de manière régulière à l’opacité des comptes publics congolais.

Des ONG demandent notamment à l’institution internationale de s’assurer de « conditions de transparence » dans le pays et la mise en place de « cadastres pétroliers » dans le pays, pour centraliser « toutes les informations disponibles sur les entreprises extractives ».

Lire aussi :   Le FMI face à l’opacité des comptes publics du Congo-Brazzaville

A ce problématique manque de transparence, s’ajoute une machine d’Etat minée par la corruption. Celle-ci est au cœur de la vie politique et économique du pays. On retrouve, dans l’histoire récente du pays, plusieurs affaires dans lesquelles les bénéfices pétroliers du pays ont été soustraits au profit de quelques puissants, parmi lesquels les proches du président actuel, Denis Sassou-Nguesso.

Lire aussi :   Congo, cache-cache et corruption

  • Le pétrole d’Elf, ou l’essence de la Françafrique

L’histoire remet en lumière le rôle prépondérant qu’a eu, pendant plusieurs décennies, la compagnie pétrolière Elf, rouage essentiel de la Françafrique mêlant argent sale, diplomatie et réseaux d’espions.

Récit :   Le pétrole congolais d’Elf, huile de la Françafrique

France-Congo: Rassemblement devant le siège de Total à Paris

novembre 12, 2015
Auteur: Diaspora

Zenga-mambu.com

Le patron de Total, Christophe de Margerie, tué par la CIA ? Le parcours d’une folle rumeur

octobre 29, 2015
Un an après la mort du patron de Total, mort dans un accident d’avion à Moscou le 20 octobre 2014, une « information » récurrente attribue la responsabilité aux services secrets. REUTERS / ANDREW WINNING

Un an après la mort du patron de Total, mort dans un accident d’avion à Moscou le 20 octobre 2014, une « information » récurrente attribue la responsabilité aux services secrets. REUTERS / ANDREW WINNING

Le 20 octobre 2014, le PDG de Total, Christophe de Margerie, mourait dans un accident d’avion sur le tarmac de l’aéroport de Vnoukovo, à Moscou. Au moment du décollage, l’appareil avait heurté un chasse-neige sur la piste, tuant également trois membres d’équipage. Diffusée quelques jours après l’accident, une « information » revient avec insistance un an après les faits : la mort du patron du groupe pétrolier français aurait été commanditée par la CIA.

Les services secrets américains auraient ainsi voulu « faire taire » Christophe de Margerie, qui venait de se prononcer contre les sanctions occidentales lors d’une réunion avec le premier ministre russe, Dmitri Medvedev.

Quelqu’un a dit que quelqu’un aurait évoqué l’éventualité d’un complot

Comme souvent dans ce genre de cas, les sites qui relaient cette rumeur, en français comme en anglais, mentionnent des sources floues mais prises comme avérées :

« Le quotidien américain, Wall Street Journal, a rapporté qu’en Russie, la télévision d’Etat a rapporté que le PDG de Total, Christophe de la Margerie, était, farouchement, opposé aux sanctions des Etats-Unis et de l’Union européenne contre Moscou, et que la CIA avait programmé sa mort, pour le faire taire. »

L’article en question du Wall Street Journal est une chronique (et donc un article d’opinion plus que factuel) de Stephen Fidler, chef du bureau du journal américain à Bruxelles. Publiée le 23 octobre 2014, elle analyse la différence de traitements médiatiques, et plus largement de visions du monde, entre Russes et Occidentaux. C’est là qu’est évoqué le passage ensuite repris pour alimenter la rumeur :

« Quand le patron de Total, Christophe de Margerie, a été tué (…), cela ressemblait à un accident. Les téléspectateurs russes ont eu une tout autre version. Selon une grande chaîne russe, l’hypothèse d’un complot par la CIA pourrait ne pas être exclue. Après tout, M. de Margerie était opposé aux sanctions occidentales contre Moscou et Washington aurait voulu le faire taire. Cette histoire n’a pas été relayée par un nationaliste un peu fou mais par un présentateur.

Cela illustre une tendance de plus en plus évidente : Russes et Occidentaux se parlent sans se comprendre. Ce n’est pas seulement une différence d’opinions à propos d’un même événement, mais ils ne croient pas aux mêmes faits. C’est comme deux personnes dans une pièce plongée dans le noir, comme l’a dit un Américain après une conférence avec experts russes et occidentaux. »

Un glissement progressif vers la « certitude »

Le scénario d’un complot par la CIA est donc ici mentionné comme une thèse absurde, le journaliste américain s’étonnant qu’elle émane d’un présentateur, a priori plus sensible aux faits, plutôt que d’un militant cherchant à atteindre un objectif politique. Mais le simple fait de mentionner les trois lettres C, I, A, a visiblement transformé la chronique en article de référence pour nombre de sites friands des thèses complotistes.

Nous ne sommes pas parvenus à retrouver cet instant où le présentateur d’une chaîne russe aurait évoqué ce complot. Quoi qu’il en soit, il est intéressant de constater l’évolution du niveau de « certitude » au fur et à mesure des reprises :

  1. Selon l’article du Wall Street Journal, la chaîne russe aurait dit que « l’hypothèse d’un complot pourrait ne pas être exclue ».
  2. Selon l’hebdomadaire britannique The Week, « une chaîne russe voit un complot de la CIA derrière l’accident d’avion ». La source est la chronique du Wall Street Journal, mais le conditionnel a ici disparu.
  3. Le site WikiStrike, spécialiste des thèses farfelues et complotistes, assure que « selon les Russes, le PDG de Total aurait été assassiné par la CIA ». Le conditionnel est ici présent, mais ce n’est plus « une chaîne russe » mais bien « les Russes » – sous-entendu, l’Etat. Une variante au présent : « La Russie révèle que le PDG de Total a été assassiné par la CIA ».
  4. Une étape supplémentaire est franchie avec le site « Stopmensonges.com » [sic], selon lequel « la Russie classifie comme assasinat [sic] par la CIA la mort PDG de Total ».

Six personnes mises en examen dans l’enquête

Un an après les faits, l’accident demeure la thèse retenue par les enquêteurs. Cinq personnes ont été inculpées, dont le chef des travaux de déneigement, le chef d’escale de l’aéroport, des contrôleurs aériens et surtout le conducteur du chasse-neige, Vladimir Martynenko, qui a passé onze mois en prison avant d’être libéré le 21 septembre dans l’attente de son procès, selon les médias russes.

Interrogé par le site Lenta.ru, M. Martynenko reconnaît être « coupable d’avoir roulé sans autorisation sur la piste d’envol » mais invoque les mauvaises conditions météorologiques le jour de l’accident. « Je ne savais pas où je me trouvais », affirme-t-il.

Quoi qu’il en soit, aucun élément ne vient étayer la thèse d’un supposé complot visant le patron de Total.

Le mari de l’une des victimes, une hôtesse qui se trouvait à bord du jet, a toutefois émis des doutes sur la thèse officielle, s’interrogeant sur le nombre de chasse-neige (« il y avait trois déneigeuses, alors qu’il ne neigeait pas », assure-t-il) et sur la version du conducteur (« cela fait dix ans qu’il travaille sur cet aéroport, (…) il sait très bien qu’on ne traverse pas une piste sans l’autorisation de son convoyeur ou de la tour de contrôle »).

Sans toutefois émettre d’hypothèses infondées, il a demandé à ce que « la justice russe et française essaient de [lui] apporter des réponses ».

Lemonde.fr par Alexandre Pouchard, Journaliste aux Décodeurs

Total: le duo Pouyanné-Desmarest pour assurer l’après-Margerie

octobre 22, 2014

Paris – Patrick Pouyanné, qui dirige chez Total la branche Raffinage-Chimie, a été nommé directeur général du groupe, sous la présidence de Thierry Desmarest, a indiqué mercredi Total à l’issue d’un conseil d’administration, confirmant l’information dévoilée par l’AFP de source syndicale.

Thierry Desmarest s’effacera ensuite pour que (Patrick) Pouyanné devienne PDG, a précisé la source syndicale, au lendemain du décès accidentel du patron du géant pétrolier, Christophe de Margerie, en Russie.

Le mandat de président de Thierry Desmarest s’achèvera fin 2015 dans le respect des limites d’âge prévues par les statuts, a confirmé Total.

Thierry Desmarest, actuel président d’honneur de Total, ne pourra en effet assurer la présidence du groupe que jusqu’à l’an prochain, où il aura atteint la limite d’âge (70 ans en décembre) prévue par les statuts du groupe.

Les fonctions de président et directeur général de Total seront alors regroupées, a ajouté le groupe qui a précisé à l’AFP que Patrick Pouyanné deviendra ainsi PDG du groupe.

La décision sur la nouvelle gouvernance a été prise à l’unanimité par le conseil d’administration.

Renouvelé en 2012, Christophe de Margerie, tué à 63 ans dans un accident d’avion, n’avait pas désigné publiquement de dauphin susceptible de lui succéder.

Le groupe a rendu hommage aux exceptionnelles qualités tant humaines que professionnelles de l’ancien PDG.

Polytechnicien et ingénieur du corps des Mines, Patrick Pouyanné, 51 ans, occupe le poste de directeur général de la branche Raffinage-Chimie chez Total depuis 2011.

La tradition du géant pétrolier, qui choisit ses dirigeants en interne, a une nouvelle fois été respectée, conformément aux vœux des syndicats.

Total, première entreprise française par la taille de ses activités et de ses bénéfices et qui compte 100.000 employés, affichait en 2013 un chiffre d’affaires de 189,5 milliards d’euros.

Romandie.com avec (©AFP / 22 octobre 2014 14h01)