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Israël: un employé consulaire français inculpé pour trafic d’armes à Gaza

mars 19, 2018

Photo d’un agent consulaire français accusé d’avoir participé à un trafic d’armes dans les Territoires palestiniens, à son arrivée au tribunal de Beer-Sheva, dans le sud d’Israël, le 19 mars 2018 / © AFP / JACK GUEZ

Un employé du consulat général de France à Jérusalem a été inculpé lundi par la justice israélienne pour avoir participé à un trafic d’armes dans les Territoires palestiniens, accusation très rare, grave pour lui et délicate pour la diplomatie française.

Romain Franck, jeune contractuel travaillant comme chauffeur pour ce consulat, est accusé par Israël de s’être servi des privilèges associés aux activités diplomatiques pour faire sortir des dizaines d’armes de la bande de Gaza vers la Cisjordanie, pour le compte d’un réseau de trafiquants palestiniens.

Autorités israéliennes et françaises ont souligné la gravité des faits reprochés. Mais, une semaine avant la visite du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, elles ont mis en exergue qu’il aurait agi de son propre chef, et que les relations franco-israéliennes ne seraient pas affectées.

Romain Franck, âgé de 23 ou 24 ans selon les sources, « a agi pour l’argent, de son propre chef et à l’insu de ses supérieurs », a indiqué la sécurité intérieure (Shin Beth) israélienne.

Un juge du tribunal de Beer-Sheva (sud) lui a notifié son inculpation, ainsi qu’à cinq Palestiniens, complices présumés du trafic. Il a prolongé la détention de Romain Franck, arrêté mi-février, jusqu’au 28 mars dans un premier temps.

Assisté d’un interprète, le jeune homme, en tenue de détenu kaki, ne s’est quasiment pas exprimé au cours de cette brève audience très formelle suivie par au moins deux diplomates français.

Les circonstances de l’affaire restent troubles. Mais, sans avoir la même immunité qu’un diplomate, Romain Franck est soupçonné d’avoir mis à profit la relative protection que lui conférait son statut d’agent technique pour transporter dans un véhicule du consulat, en cinq voyages, environ 70 pistolets et deux fusils automatiques entre Gaza et la Cisjordanie.

– ‘Il n’a pas nié’ –

La bande de Gaza est gouvernée par le mouvement islamiste Hamas, considéré comme « terroriste » par Israël, qui lui a livré trois guerres depuis 2008. L’enclave est soumise par Israël à un rigoureux blocus destiné à contenir le Hamas. Mais l’intérieur des véhicules diplomatiques est généralement exempt de contrôle.

Romain Franck recevait les armes d’un employé du Centre culturel français à Gaza, franchissait la frontière avec Israël, parcourait à travers le territoire israélien les quelques dizaines de kilomètres jusqu’en Cisjordanie, autre territoire palestinien, sous occupation israélienne, selon le Shin Beth.

Là, il remettait les armes à un individu qui les revendait à des trafiquants, selon la même source. Neuf personnes en tout, dont un agent de sécurité palestinien du consulat général, ont été arrêtées, dit le Shin Beth.

Jusqu’alors « il n’a pas nié les faits », dit-on de source diplomatique française.

Romain Franck avait été recruté au consulat général comme « volontaire international », statut qui permet à de jeunes adultes de bénéficier généralement d’un contrat d’un an, éventuellement renouvelable, pour une expérience professionnelle à l’étranger.

Le Shin Beth ne fait mention d’aucune motivation politique pro-palestinienne de sa part.

Cependant, ajoute-t-il, « c’est une affaire très grave, dans laquelle on a exploité de manière cynique l’immunité et les privilèges accordés aux représentants étrangers » pour se livrer au trafic d’armes susceptibles d’être employées contre des Israéliens.

Dans un contexte de persistance du vieux conflit israélo-palestinien et d’attentats anti-israéliens, Israël déploie beaucoup d’énergie pour démanteler les trafics d’armes, détruire les ateliers de fabrication et empêcher le Hamas, enfermé à Gaza, de porter la lutte en Cisjordanie.

– ‘Relations excellentes’ –

L’affaire est potentiellement gênante pour la diplomatie française.

Le consulat général de Jérusalem n’a pas seulement une tâche consulaire, mais assure aussi une mission diplomatique sensible auprès de l’Autorité palestinienne, embryon d’Etat palestinien indépendant.

Sans avoir de contact avec le Hamas, considéré comme « terroriste » par l’Union européenne, les diplomates français se rendent régulièrement à Gaza, à la différence par exemple des Américains.

Le général israélien Poli Mordechai, qui supervise les activités israéliennes de nature civile dans les Territoires, a affirmé sur Facebook la nécessité de renforcer les procédures et la délivrance de permis, parce que « les organisations terroristes de Gaza ne reculent devant aucun moyen, qu’il s’agisse d’aide médicale ou internationale, pour servir leurs intérêts ».

Cependant, avec une évidente volonté de calmer le jeu, Israéliens et Français ont insisté sur leur coopération dans le dossier.

« Les relations avec la France sont excellentes et ne seront pas affectées par cette affaire », a dit un responsable israélien sous le couvert de l’anonymat.

Du côté français aussi, on s’employait à contrôler les dommages. Le Quai d’Orsay prend le sujet « très au sérieux ». Romain Franck avait fait l’objet de contrôles et il n’y avait rien à lui reprocher, assure une source diplomatique.

« C’est une affaire individuelle », dit-elle. Mais une enquête administrative sur place a été ordonnée, et « toutes les conclusions » en seront tirées, a souligné le Quai d’Orsay.

Romandie.com avec(©AFP / 19 mars 2018 15h36)                

Attaque de « mercenaires libériens » en Côte d’Ivoire

septembre 19, 2011

L’attaque de « mercenaires libériens » dans l’ouest de la Côte d’Ivoire a fait au moins 23 morts, selon Abidjan. Elle s’est déroulée dans la localité de Ziriglo et non de Nigré, comme l’indiquaient précédemment des sources militaires.

Selon un bilan officiel publié dimanche par le ministère ivoirien de la Défense, ce n’est pas le village de Nigré mais celui de Ziriglo, proche de la grande forêt de Taï, qui a été la cible d’une attaque de « mercenaires libériens ». Le bilan est quant à lui revu à la hausse : il n’est plus de 14 tués, dont trois « assaillants » mais de 23 morts, dont 13 civils ivoiriens (parmi lesquels des femmes et des enfants), six Burkinabè, trois Nigériens et un soldat des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI).

La zone fait « l’objet de bouclage et de ratissage par les FRCI et la gendarmerie nationale appuyées par des moyens terrestres et aériens de (la force onusienne) Onuci », poursuit le ministère qui annonce également que « des sections d’infanterie seront déployées au plus près des populations de l’ouest ».

Déstabilisation

La région occidentale de la Côte d’Ivoire a été la plus touchée par les affrontements entre pro-Ouattara et pro-Gbagbo pendant la crise postélectorale qui a fait au moins 3000 morts entre décembre 2010 et avril 2011, selon l’ONU.

Réunis le 10 septembre au Nigeria avec d’autres chefs d’Etat d’Afrique de l’Ouest, le président ivoirien Alassane Ouattara et son homologue libérienne Ellen Johnson Sirleaf ont appelé l’ONU à intensifier sa surveillance de la zone frontalière entre leurs deux pays. D’importantes quantités d’armes et de munitions y ont été saisies, ce qui suscite des craintes pour la stabilité du Liberia, sorti il y a huit ans d’une guerre civile (1989-2003), et qui organise des élections générales le 11 octobre.

Jeuneafrique.com avec AFP

Mali : le chef rebelle Ibrahim Ag Bahanga trouve la mort dans un accident de voiture

août 27, 2011

Le chef rebelle touareg Ibrahim Ag Bahanga est mort à la suite d’un accident de voiture dans la région de Kidal au Nord Mali, le vendredi 26 août 2011. Ag Bahanga restait une menace permanente pour la stabilité du nord du pays.

Il était aux environs de 18 heures (locales), vendredi dernier, lorsque le chef rebelle Ibrahim Ag Bahanga a rendu l’âme après un accident mortel, non loin de la commune d’intadjedite, dans le cercle de Tinéssako, région de Kidal (au nord du Mali). Son enterrement a eu lieu peu après, à Intadjedite.

« Les conditions de conservation du corps ne sont pas réunies dans le désert, ce qui explique cet enterrement rapide », raconte un élu local de Kidal. L’information a été confirmée par plusieurs sources et à tous les niveaux de l’appareil sécuritaire malien, mais jusque-là rien n’a filtré sur les circonstances réelles de l’accident qui a coûté la vie à Ag Bahanga.

Trafic d’armes

Celui-ci n’a jamais été totalement d’accord avec les accords de paix signés en 2006 à Alger entre le gouvernement malien et les membres de la rébellion de l’Alliance du 23 mai. Ag Bahanga prend les armes en 2008 et s’illustre par la prise en otages de plusieurs militaires maliens. En février 2009, sa base ayant été détruite par l’armée malienne, il s’exile en Libye avec la bénédiction de Kaddafi avant de revenir discrètement au début de 2011 dans le désert malien, au nord de Kidal, avec un groupe des jeunes armés de cette région.

Ag Bahanga était soupçonné de s’être procuré des armes en provenance de la Libye et d’avoir passé des accords de partenariat avec Al-Qaïda au Maghreb islamique dans le cadre d’un vaste trafic d’armes. Il y a quelques jours encore, des sources sécuritaires maliennes l’accusaient d’avoir reçu au moins cinquante véhicules armés en provenance de la Libye.

Jeuneafrique.com par Baba Ahmed, à Bamako