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« Sur Internet, nous travaillons tous, et la pénibilité de ce travail est invisible »

mars 11, 2017

Le chercheur Antonio Casilli explique comment, derrière des services en apparence gratuits, Facebook, Amazon, Google… ont créé une « économie du clic ».
 
Quel est le point commun entre le moment ou vous remontez votre fil Facebook, celui où vous regardez des vidéos sur YouTube et lorsque vous cherchez des photos de chatons sur Google ? Dans les trois cas, vous l’ignorez sans doute, vous êtes en train de travailler. Sur Internet, les grandes plates-formes numériques américaines font tout pour capter notre attention et notre temps, nous offrant des services toujours plus sophistiqués pour communiquer, voyager, nous informer, ou tout simplement consommer.

Des outils gratuits, du moins en apparence. Car derrière nos loisirs numériques se cache un bouleversement majeur, mondial, de la façon dont nous produisons de la valeur. De manière plus ou moins invisible, plus ou moins insidieuse, la Silicon Valley nous a tous mis au travail.

Antonio Casilli est enseignant-chercheur à Télécom ParisTech et à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), auteur, avec le sociologue Dominique Cardon, de Qu’est-ce que le Digital Labor ? (INA éditions, 2015).

Dans votre ouvrage, vous expliquez que dès l’instant où quelqu’un se connecte à Facebook, voire à Internet en général, il est mis au travail. De quelle manière ?

Antonio Casilli : C’est un concept que la communauté scientifique appelle le digital labor, c’est-à-dire un travail du clic, composé de plusieurs petites tâches, réalisé sur des plates-formes, qui ne demande pas de qualification et dont le principal intérêt est de produire des données. C’est un travail éminemment social. Sur les réseaux sociaux, par exemple, vous êtes toujours en train de coopérer avec quelqu’un – vous partagez son contenu, likez sa photo, et ainsi de suite –, mais également de travailler pour quelqu’un – le réseau social, qui exploite vos données. C’est ainsi que les grandes plates-formes numériques auxquelles nous avons accès produisent de la valeur.

Quelles sont ces plates-formes, et comment nous font-elles travailler ?

Il en existe quatre types. Le premier type, ce sont les plates-formes à la demande, comme Uber ou Airbnb, qui sous couvert d’une autre activité (transport, location, etc.) font de la production de données, enregistrent nos destinations, notre localisation, nos commentaires, notre réputation, nos évaluations, et qui revendent ensuite ces données.

Du côté des chauffeurs du VTC, à lire :   Uber crée « une nouvelle population de travailleurs pauvres et mal couverts »

Le deuxième type, ce sont les plates-formes de microtravail comme Amazon Mechanical Turk, Upwork, l’application mCent… Des sites sur lesquels des millions de personnes dans le monde réalisent des tâches extrêmement simples [chercher sur Internet l’adresse d’un magasin, numériser les informations d’une carte de visite, décrire les éléments d’une image…] pour des rémunérations extrêmement faibles, de l’ordre de quelques centimes d’euros par minute.

Le troisième type, ce sont les plates-formes de gestion de l’Internet des objets. Nos smartphones, nos montres connectées, mais aussi nos télévisions, nos ampoules ou nos thermostats connectés produisent de la donnée qui est ensuite exploitée. Nos maisons se transforment en usine à données, et cette production converge vers les immenses serveurs de Google ou d’Amazon.

Le dernier type, enfin, ce sont les plates-formes sociales. Ecrire un post, formuler un tweet, filmer une vidéo pour la partager, mais aussi faire circuler des contenus, signaler ceux qui sont choquants ou inappropriés, c’est du travail, même s’il y a un côté jeu, un côté qui procure du plaisir.

Est-ce vraiment un problème de travailler indirectement et gratuitement pour Facebook ou pour Uber ? Après tout, ils fournissent aussi des services qui sont utiles et pour lesquels nous ne payons pas…

Les personnes qui ne voient pas le souci dans le digital labor sont des privilégiés. Ce sont les gens qui ont le temps et le capital social et culturel nécessaires pour profiter à l’extrême de ce qu’offre le Net. Internet a été conçu pour plaire à ces personnes-là, et celles-ci y trouvent un plaisir fou.

Mais dans le même temps, lorsque nous laissons parler notre privilège, nous faisons l’impasse sur des dizaines de millions de personnes en Inde, en Chine ou ailleurs qui nous permettent de profiter d’Internet pour un salaire de la faim. Une plate-forme comme Upwork affiche 12 millions de travailleurs enregistrés, autant pour les Chinois de Witmart. Les microtâches réalisées sur ces plates-formes servent à améliorer les intelligences artificielles et les algorithmes des services que nous utilisons, à filtrer les contenus que nous ne voulons pas voir. Un travail invisible, une économie du clic, faite de travailleurs exploités à l’autre bout du monde.

Comment se fait-il que cet aspect de l’activité sur Internet soit méconnu des utilisateurs du réseau ?

Parce que ces entreprises font appel à des ruses pour nous convaincre de travailler pour elles. Pour commencer, la production de données est la plus simple possible. En 2011, Mark Zuckerberg affirmait qu’un partage sur Facebook devait se faire « sans aucune résistance ». On cherche à fluidifier la production de données.

La seconde ruse, qui rend le travail invisible à nos yeux, c’est la « ludification » ; on fait de la production un jeu, ce qui permet aux gens de tirer un plaisir du fait de passer des heures et des heures connectés à des systèmes qui, pourtant, ne cessent de leur adresser des injonctions : clique ici, « like » cette vidéo, commente ton expérience, etc.

Sur les plates-formes de microtravail, c’est la même chose. L’interface d’Amazon Mechanical Turk est assez sympa : des icônes partout, un effet d’émulation entre travailleurs, une valorisation de la réactivité, des scores qui débloquent d’autres jobs à accomplir, etc.

En somme, la ludification permet de pousser les gens à constamment interagir…

Pas seulement. En faisant de la production un jeu, et donc en la sortant de la transaction économique, on minimise le risque que les gens s’organisent, prennent conscience qu’ils sont en train de travailler et, finalement, demandent de l’argent. C’est pour cette raison qu’il est très difficile d’organiser une prise de conscience collective : tout est fait pour que l’utilisateur soit mis en dehors de la logique contractuelle ou salariale.

« Les personnes qui filtrent les vidéos des égorgements de l’Etat islamique sont aux Philippines, au Mexique, ailleurs. On a délocalisé la pénibilité »

Dans ce cas, le « digital labor » n’est-il pas un travail heureux ?

La vraie question n’est pas celle du bonheur ou du plaisir, mais celle de la pénibilité du travail, qui devient invisible. D’autres que nous se tapent les tâches pénibles, les visionnages de contenus méprisables, affreux, terribles, et font marcher le trafic organique dans Facebook. Les personnes qui filtrent les vidéos des égorgements de l’Etat islamique sont aux Philippines, au Mexique, ailleurs. On a délocalisé la pénibilité.

Comment peut-on faire pour prendre en compte ces nouvelles formes de production qui échappent aux cadres habituels du temps de travail, des contrats, du salaire ?

Il y a un problème d’organisation au niveau international, un problème urgent, sérieux, pour lequel il n’y a pour l’instant pas de réponse. Aujourd’hui, si quelqu’un fait grève aux Philippines, un Indonésien va récupérer le travail. Mais ce n’est pas qu’une question de concurrence entre différents pays. Comment donner à tout le monde des droits, la possibilité de contester des conditions de travail ?

En revanche, dans les contextes nationaux, les choses bougent rapidement. Les syndicats, en France, en Allemagne, en Scandinavie, en Autriche, lancent des réflexions sur les travailleurs des plates-formes, de toutes les plates-formes, celles à la demande, bien sûr, comme Uber, mais aussi les plates-formes de microtâches. Le syndicat allemand IGmetall, par exemple, a lancé Fair Crowd Work, un outil qui doit permettre à ceux qui accomplissent un microtravail de dénoncer les mauvaises pratiques, d’évaluer leurs employeurs, etc.

Si cette régulation ne vient pas, que se passera-t-il ?

Un syndicat, aujourd’hui, ne peut pas se permettre de continuer à avoir les mêmes logiques de dialogue social ou de financement, car les scénarios qui se préparent sont des scénarios de conflictualité. Elle est déjà là : Uber et tant d’autres font face à des grèves, les modérateurs et les filtreurs s’organisent. Mais en face, les entreprises traditionnelles se « plateformisent » à mesure qu’elles se tournent vers l’exploitation de données, la mise en place d’algorithmes, etc. Cette polarisation demande que les corps intermédiaires sachent de quoi il est question, et quelles sont leurs responsabilités sociales et politiques.

Lemonde.fr  propos recueillis par Grégoire Orain

France/Loi Travail : «Je suis debout, motivée, déterminée», assure Myriam El Khomri

mars 2, 2016

A la sortie du Conseil des ministres, Myriam El Khomri s'est dite déterminée. 

A la sortie du Conseil des ministres, Myriam El Khomri s’est dite déterminée.  Capture BFM TV.
Après une journée de repos, la ministre du Travail est apparue souriante et «déterminée» à la sortie du Conseil des ministres ce mercredi. Mardi, après l’annonce lundi du report de la présentation de son projet de loi Travail, Myriam El Khomria été victime d’un «accident domestique» et a été forcée d’annuler ses rendez-vous avec les partenaires sociaux.
Au lendemain de sa brève hospitalisation, la ministre a pris soin de retirer sa minerve, selon BFMTV, pour répondre aux journalistes. «Je vais très bien, je suis déterminée à faire avancer» la loi Travail, a-t-elle assuré, se disant «debout» et «motivée». Concernant sa santé, elle a assuré : «La seule chose qui pourrait m’affecter, ce serait l’inertie pour notre pays».

QUESTION DU JOUR. Loi El Khomri : le gouvernement ira-t-il jusqu’au bout ?

Concernant le report de 15 jours de la présentation de son projet de loi, Myriam El Khomri, sous le feu des critiques depuis plusieurs semaines, veut profiter de «ces 15 jours pour trouver un point d’équilibre». La ministre a également regretté des «critiques parfois excessives», relevant aussi «des remarques sincères qui s’expriment» et prévoyant de «discuter» et «amender».

Myriam El Khomri doit poursuivre les discussions, entamées la semaine dernière, avec les syndicats et le patronat sur les amendements possibles au texte, dont l’examen en conseil des ministres a été reporté au 24 mars. De son côté, Manuel Valls, qui a essayé de calmer le jeu mardi à l’Assemblée, recevra également les partenaires sociaux à partir de la semaine prochaine.

VIDEO. «La seule chose qui pourrait m’affecter, c’est l’inertie pour notre pays», affirme Myriam El Khomri

 

L’appel à la cohésion de Hollande et Valls

François Hollande et Manuel Valls ont appelé mercredi en Conseil des ministres à «la cohésion et à la solidarité de l’ensemble du gouvernement» sur le projet de loi travail, et assuré la ministre Myriam El Khomri de «son soutien», a rapporté le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

«On va s’engager dans une phase de concertation la semaine prochaine sur cette loi avec le souci du dialogue, de la discussion», a souligné le président de la République qui a affirmé avec le Premier ministre la nécessité sur ce texte controversé d’«une cohésion et (d’)une solidarité de l’ensemble du gouvernement», a indiqué Stéphane Le Foll après le conseil des ministres.

Leparisien.fr

Les pays où il fait bon travailler en Afrique

mai 2, 2015
Centre textile Shining à Maseru au Lesotho.John Hogg/World Bank Photo Collection

Centre textile Shining à Maseru au Lesotho.John Hogg/World Bank Photo Collection

Quels sont les pays sur le continent où il fait bon travailler ? Réponse en demi-teinte, en fonction du point de vue que l’on adopte sur les pays de forte tradition syndicale, les économies les plus performantes, celles où des filets de sécurité sociale ont été posés, ou encore les nations qui luttent le plus efficacement contre la fuite des cerveaux…

Où en Afrique la fête du 1er-Mai sera-t-elle une vraie occasion de réjouissances ? Les situations s’avèrent si contrastées à travers le continent qu’aucune exception ne saute aux yeux – hormis l’Afrique du Sud, qui reste le seul marché émergent du continent et qui offre dans ses industries des conditions de travail surveillées de près par de puissants syndicats.

Ce qui n’a pas empêché le drame de Marikana de se produire, lorsque la police a ouvert le feu en août 2012 sur des mineurs en grève, faisant 34 morts sur le site d’une mine de platine. En Afrique du Sud, comme partout ailleurs en Afrique, un large secteur informel échappe par ailleurs à toute réglementation. Et des immigrés venus du Zimbabwe, du Malawi ou du Mozambique sont prêts à travailler pour des salaires bien plus modestes que les Smig âprement négociés, secteur par secteur, par les syndicats noirs sud-africains…

Parmi les pays à forte tradition syndicale, il faut citer le Sénégal où la ville de Thiès a été le berceau de la lutte ouvrière, mais aussi le Mali où les syndicats étudiants sont montés en puissance après la chute du régime de Moussa Traoré en 1991. Sans oublier le Niger où le socialiste Mahamadou Issoufou, président depuis 2011, a mené un front pour la restauration de la démocratie qui a rassemblé forces politiques et centrales syndicales. Mais la puissance des syndicats n’est pas synonyme de bonnes conditions de travail ni même d’emploi dans ces pays sahéliens où la jeunesse est prête à risquer sa vie pour aller gagner son pain en Europe…

Les économies les plus performantes

Faut-il se précipiter vers les économies les plus performantes du continent pour voir ses conditions de travail s’améliorer ? Selon le rapport global de la compétitivité publié en 2014 par le Forum économique mondial, et qui tient compte du PNB par habitant, mais aussi des infrastructures, de l’éducation et de l’innovation, Maurice reste en tête au sud du Sahara, suivie par l’Afrique du Sud, le Rwanda, le Botswana, la Namibie, le Kenya, les Seychelles, la Zambie, le Gabon et le Lesotho.

Ce qui ne veut pas dire que les conditions de travail soient partout idéales : le droit du travail prévoit des conditions spéciales pour les jours de cyclone à l’île Maurice où les ouvriers agricoles de la filière sucre se sont battus depuis les années 1930 pour améliorer leur sort sur les plantations. Ce qui n’empêche pas les immigrés bangladais d’être exploités, aujourd’hui encore, dans certaines des industries de confection qui ont fait le succès de Maurice à l’export. Ces ouvriers ont négocié en 2013 de « meilleures » conditions de travail – à savoir, 60 heures de travail par semaine pour un salaire de 205 euros !

Le Rwanda, un pays qui s’est professionnalisé et sait faire de la place aux jeunes, attire désormais des cadres de toute l’Afrique – jusqu’au Sénégal. En Zambie en revanche, les conditions de travail n’exercent pas le même attrait… On a vu dans ce pays des responsables de sociétés minières chinoises tirer sur des mineurs en grève en Zambie et inversement, des mineurs zambiens tailler en pièces un contremaître chinois.

Au Lesotho, un royaume de montagnes enclavé en territoire sud-africain, les usines de confection chinoises, principal employeur du pays, sont connues pour le mauvais sort qu’elles réservent à leurs effectifs. Ces derniers, composés à 80% de femmes, travaillent à la chaîne par rotations de neuf heures par jour pour quelque 100 dollars par mois.

Les filets de sécurité sociale

Mais les syndicats veillent au grain, là aussi, et les ouvrières du Lesotho ont obtenu en 2011 le droit à des congés maternité qui paraissent sous d’autres cieux parfaitement normaux. En Afrique, rappelle l’Organisation internationale du travail (OIT), seulement 5% à 10% de la population active bénéficie d’une couverture sociale et la situation va plutôt en s’aggravant, même si les Etats font de plus en plus d’efforts pour mettre en place des filets de sécurité. Alors que les pays peinent à mettre en place des systèmes d’assurance maladie, s’y prenant parfois de manière coercitive comme au Rwanda où tout le monde doit cotiser, les systèmes d’assurance chômage restent largement inexistants sur le continent, à quelques exceptions près comme la Côte d’Ivoire.

En matière de sécurité sociale, c’est la Tunisie qui donne l’exemple en se rapprochant de la couverture universelle, selon l’OIT. Le pays est passé, en matière de santé et de pensions, d’une couverture de 60% en 1989 à 84% en 1999. En Afrique du Sud, le régime public de retraite financé par l’impôt atteint près de 2 millions de bénéficiaires, auxquels elle a permis de sortir de la pauvreté. Les autorités se refusent cependant à accorder un « revenu minimum d’insertion », réclamé à cor et à cris par la société civile. « Nous n’allons pas subventionner des alcooliques et des joueurs de loto », avait répondu l’ancien ministre des Finances Trevor Manuel quand les manifestants demandaient quelque 12 euros par mois pour les 42% de Sud-Africains qui vivent sous le seuil de pauvreté.

Les pays qui luttent contre la fuite des cerveaux

Enfin, toujours plus agréable quand on est un cadre bien formé de travailler dans des pays où les salaires ne se réduisent pas à de simples bols de cacahuètes – comme en Gambie, un pays qui propose 700 euros par mois à un professeur d’université expérimenté. Le Sénégal a revalorisé les salaires de ses professeurs dans l’enseignement supérieur sous Abdoulaye Wade, au début des années 2000. Il est redevenu décent d’enseigner à Dakar, avec des salaires qui vont de 1 000 à 2 000 euros en fonction de l’ancienneté et des grades, sans avoir à faire un autre métier le soir ou le week-end pour payer ses factures. La Côte d’Ivoire a, elle aussi, revalorisé les salaires de ses enseignants.

Au Bénin, la paie des personnels de santé a été revue à la hausse en 2008, faisant passer le traitement d’un médecin spécialiste, professeur agrégé de l’université, de moins de 500 euros à plus de 1 800 euros. L’objectif : fidéliser ces docteurs à leur poste, dans les hôpitaux publics les mieux équipés, pour réduire leur tentation d’avoir une seconde activité plus lucrative dans le système de santé privé.

En Afrique du Sud, le salaire des médecins les moins bien payés – les internes des hôpitaux publics – a été augmenté de 53% en une seule fois en juillet 2009, passant de 1 300 à 2 000 euros par mois, tandis que les spécialistes gagnent désormais 6 200 euros par mois. L’objectif : pallier la fuite des cerveaux dans le domaine de la santé, un véritable exode s’étant produit à la fin des années 1990, de la simple aide-soignante au chirurgien chevronné. La pénurie de médecins est telle en Afrique du Sud que des juniors sont nommés à des postes de spécialistes, sans pour autant en avoir les compétences…

Rfi.fr Par Sabine Cessou

Thomas Vergara : le grand amour de Nabilla se remet au travail

mars 2, 2015
Thomas Vergara

Thomas Vergara

Au boulot !

Près de quatre mois après s’être fait poignar­der, Thomas Vergara s’ap­prête à reprendre son travail. Son agent a fait savoir qu’il était à nouveau dispo­nible pour venir faire le show dans des soirées en boîte de nuit.

La conva­les­cence est finie pour Thomas Vergara : le jeune homme, qui se remet­tait douce­ment de sa bles­sure reçue dans la nuit du 6 au 7 novembre dernier, se sent d’at­taque pour reprendre le travail. Un peu moins de quatre mois après le début de l’af­faire Nabilla et son coup de couteau, l’an­cien candi­dat des Anges de la télé­réa­lité est sur le point de retrou­ver son job d’avant le drame : faire le tour des boîtes de nuit pour toucher de jolis cachets. Remis, il pourra bien­tôt à nouveau lever les bras en l’air et siffler des coupes de cham­pagne et des verres de whisky-coc’ dans les carrés VIP des boîtes de France et de Navarre.

C’est son agent, Michaël Bizet, qui a annoncé la nouvelle sur Twit­ter ce week-end : « Reprise des bookings disco­thèque de Thomas Vergara avec Jeboo­ku­nes­tar.com », a-t-il écrit. Un message partagé par le jeune homme sur son propre compte offi­ciel, et qui suscite beau­coup de réac­tions contras­tées. Si certains fans sont très heureux de pouvoir le retrou­ver sur les dance­floors, d’autres ont eu des réac­tions plus piquantes (mais telle­ment drôles) : « Et Nabilla en guest en lanceuse de couteaux, mdr ? » Ce serait rigolo, dis donc.

Voici.fr par Mathias Alcaraz

Coucher avec sa patronne

juillet 14, 2011

Méfiez-vous si vous tentez de séduire votre patronne au travail. La marche est haute et les risques élevés.

Selon une enquête internationale, seulement neuf dixième de un pourcent des hommes font la cour à leur patronne dans le but précis de coucher avec.

Un peu moins du tiers y arrivent et, pour quelques minutes ou quelques heures de plaisir, dans 80% des cas, ils seront congédiés.

Ces chiffres concernent l’Europe et la Russie. En Amérique du Nord, les résultats sont encore plus faibles.

Conte : Le Cheval et le Zèbre

juin 26, 2011

Un Cheval fatigué de tourner en rond dans la forêt dit à son cousin le Zèbre d’aller chercher du travail chez le fermier du village.

Très tôt le lundi pendant que les moineaux friquets chantaient dans la joie l’hymne de l’aube aux sons d’interminables pépiements saluant le lever du jour dans la beauté de l’aurore; ils prirent une toilette sobre et rapide, firent quelques ablutions pour se nettoyer la bouche avec un morceau de liane et mangèrent les restes de la nourriture de la veille. Le Cheval et le Zèbre se placèrent au bord de la route pour attendre le fermier qui a l’habitude de passer par là pour lui suggérer de lui rendre la bienveillance d’un quelconque service de portage entre la ferme et le marché.

Interpellé par leur hennissement nasillard, il se tourna vers eux, ralentit ses pas pour les attendre. Il crut voir des jumeaux car leur ressemblance était fort identique. Mais tel ne fut pas le cas, ils étaient des simples cousins de la même famille. Quand ils furent à son approche, ils exprimèrent leur désir dans une pensée fort claire consistant à la quête d’un travail saisonnier par rapport à la corpulence de leur constitution physique. Le fermier pensant aussitôt à ses lourdes charges et aux moyens dérisoires à sa disposition, saisit l’opportunité de cette belle sollicitation des manœuvres. Ils cheminèrent avec ses ouvriers à la ferme, les embaucha, signa un contrat et leur montra les différentes tâches à exécuter.

Le Cheval chargea sur son dos des gigots de viande de bœuf tandis que le Zèbre porta sur lui des barres de fromage. Il leur expliqua l’emplacement de son magasin au marché d’où ils déposeraient les colis. Il les paya et prirent rendez-vous le lendemain devant la porte de la ferme.

Le Zèbre qui avait la mission de transporter la marchandise la plus précieuse – peureux et imprévisible – par manque d’assurance de l’équilibre de son dos fit tomber les morceaux de fromage qui se couvrirent de terre. Il s’arrêta un instant, les ramassa, les essuya et les remit dans leur emballage. Quant au Cheval il avait réussi à faire arriver la viande à destination dans les meilleures conditions de son obligation et en toute responsabilité dans la parfaite conscience du travail le mieux accompli.

Le fermier après voir fini les quelques activités de contrôle et de surveillance de sa ferme, partit rejoindre sa marchandise pour commencer la vente auprès de ses nombreux clients qui étaient déjà en file indienne connaissant l’heure d’ouverture de son magasin. L’achalandage avait augmenté en quantité du fait de la modernité de la fabrication mais aussi de la bonne réputation de sa qualité au regard de la publicité qui produisait depuis belle lurette une large répercussion dans le périmètre d’habitation et au-delà des frontières. Le monopole aidant, il avait tout vendu en peu de temps. Heureux de sa recette, il comptait son argent au grand sourire de ses lèvres qui illuminaient son visage.

Le lendemain comme convenu, le fermier retrouva ses ouvriers à la ferme. Il leur demanda de charger cette fois-ci des bidons de lait, de la volaille et de la viande de porc. Il partit ensemble avec eux monta sur le dos du cheval dandinant sur le cuir soyeux de sa colonne vertébrale, prenant soin de caresser sa crinière. Le Zèbre qui marchait à côté introduisait quelques bonnes petites phrases dans la conversation :
• « Monsieur le fermier vous ne regretterez pas nos services tant que vous comprendriez combien de fois nous pourrions être utiles dans la société des hommes »
• Le fermier répondit sans hésitation : « Il me faut encore un petit temps d’essai avec vous pour bien apprécier la qualité de votre rendement car il est trop tôt que je puisse porter un jugement hâtif sur vous».

Dès leur apparition à la place du marché des clameurs de protestation les accueillirent accompagnées des huées qu’ils ne comprenaient pas du tout. Jetant le regard, en biais, à gauche et à droite, la mine des clients était grise et peu joyeuse. Après qu’il eût descendu du cheval, il vit devant sa porte les paquets de fromage vendus la veille entassés barrant toute la porte pour l’empêcher de rentrer marqués d’écrits à l’encre noire : « Remboursement! ». Il demanda le secours de ses ouvriers pour dégager la porte et il accéda dans son magasin avec la nouvelle marchandise. Le zèbre à la vue du retour de cette marchandise bougea ses épaules et ses nasaux pour avoir compris.

Aussitôt, il était rejoint par des agents du service de la santé publique, du service des consommateurs ainsi que du service d’hygiène qui engagèrent des pourparlers pendant quelques minutes afin de trouver une solution à la colère de sa clientèle. Ceux-ci lui dirent que son fromage contenait des grains de sable et qu’il était impropre à la consommation raison pour laquelle tous les clients sont venus le rendre. Il poussa un cri d’étonnement : ce n’est pas vrai, grommela-t-il, c’est du jamais vu chez-moi, c’est pour la première fois. Il prit par hasard quelques paquets de fromage, les ouvrit pour s’en apercevoir. Effectivement, il sentit lui-même la présence du sable dans son fromage. Il sortit et s’excusa auprès de ses nombreux clients et les remboursa pour asseoir la confiance et maintenir leur fidélité. Il promit qu’une inspection des services habilités devrait se rendre sur le lieu de la fabrique d’après l’entente pour vérifier les conditions dans lesquelles il produit son fromage.

Le fermier demanda au Cheval et au Zèbre s’ils pouvaient lui rendre ce service de prendre chacun sur son dos deux personnes jusqu’à la ferme. Ils acceptèrent. Par groupe de deux, ils montèrent et partirent. Le fermier et un agent de la santé publique qui étaient transportés par le Cheval arrivèrent sans difficultés alors que l’agent de l’hygiène publique et celui des consommateurs furent exposés aux caprices et nombreuses chutes par le zèbre. Ils tombèrent dix fois en route, les membres endoloris, plein de torticolis, fatigués et épuisés. Ils jurèrent de ne plus se faire transporter par lui.

Confus et honteux d’apprendre le mauvais service rendu, le fermier donna en aparté un avertissement solennel au Zèbre et invita les inspecteurs d’effectuer leur enquête. Ils trouvèrent la fabrique dans un état de propreté irréprochable. Ils firent un essai de fabrication du fromage sans pouvoir détecter du sable. Ils conclurent une origine étrangère dans la survenance de l’incident fâcheux découvert par les consommateurs. Ils poussèrent la réflexion de la recherche vers les transporteurs c’est-à-dire du côté du Cheval et du Zèbre. En revoyant le film de la journée du lundi, ils constatèrent que la viande transportée par le cheval n’avait pas de problème, seul le fromage qui en présenta.

Dès lors ils interrogèrent les ouvriers si, par hasard, en cours de route, la marchandise était tombée. Les deux ouvriers refusèrent. Au regard du précédent du Zèbre, des soupçons commençaient à peser sur lui. Une commission repartit avec le Cheval sur la route pour inspecter et découvrit à un endroit quelconque un indice révélateur d’herbe couchée qui attira leur attention où un paquet de fromage avait été abandonné. Celui-ci faisait partie du lot transporté par le Zèbre. On le prit et le ramena comme moyen de preuve pour confondre le transporteur de la marchandise.

La commission se réunit dans la ferme, appela le Zèbre si par mésaventure, il avait fait tomber le fromage. Dès qu’il vît le paquet, il tremblait dans toute sa chair, au point de faire des pertes d’urine salissant le sol et il accepta d’avoir fait tomber tout le fromage en route pendant que le Cheval était à une bonne distance de lui. « Il s’arrêta, le ramassa, l’essuya et le remit dans leur emballage respectif », dit-il.

Furieux de cette déclaration d’aveu à caractère de grand malaise et d’extrême gravité pouvant entacher sa réputation après un long refus à reconnaître son acte. Le fermier prit une charrette, l’ajusta et demanda au cheval de raccompagner la délégation des trois membres chargés de l’inspection de son milieu de travail.

Le Cheval les conduisit au galop de sa course et revint rapidement. Le fermier le remercia de son dévouement, de son exemplarité et le recruta pour un contrat à durée indéterminée. Il appela le Zèbre pour lui réprimander de lui avoir caché cette information. Celui-ci répliqua que chez-eux, ils mangent même de la nourriture couverte de terre. Le fermier fâché lui infligea un blâme au dossier et lui dit que les hommes et les animaux n’ont pas développé les mêmes aptitudes de goût. Il voulut encore se justifier que son dos n’était pas fait pour transporter des lourdes charges. Excédé, il lui remit une lettre de licenciement lui demandant de repartir dans son milieu vital des savanes pour plaire à la nature sauvage car il n’est bon à rien. Il prit de la peinture et lui traça des zébrures, des raies indélébiles comme marques à vie sur sa peau pour facilement le reconnaître entre lui et son parent. Alors que le Cheval qui est son cousin est un travailleur consciencieux, ayant un bon comportement, une bonne mobilité et avec qui il peut réaliser de nombreux projets de métiers dans la société des humains allant des travaux champêtres en passant par l’équitation jusqu’au tourisme voire à la communication.

Depuis ce temps, le Cheval est devenu un ami et un employé de l’homme qui partage avec lui une intime complicité vitale pour des moments heureux et paisibles passés ensemble depuis des millénaires.

Le travail bien fait peut vous apporter une récompense excellente pour honorer vos qualités.

© Bernard NKOUNKOU

Cœur sans pitié

février 21, 2011

Il m’avait coupé les pieds
Dans l’indifférence de ma liberté
Son cœur plein de haine et sans pitié
M’enseignait pourtant chaque fois la bonté

Il s’était enrichi de mes heures de travail
Et il me traitait comme son dernier bétail
Envoyé dans les champs d’épices et de coton
Me maltraitant souvent comme son vieux mouton

Alors mes enfants issus des nuits de ses œuvres
Étaient réduits en simples petits bons manœuvres
Qu’ils vendaient parfois au marché public à vil prix
En échange de barre de sel et de maigre sac de riz.

Bernard NKOUNKOU

Dans la sphère du travail

septembre 12, 2010

Sous le pont de mon travail
les heures passent à l’envol
quand je pense à la maison
j’ai hâte de retrouver la toison

Dans les bottes du chantier
je marche au pas du métier
avec les contraintes de la tâche
qui à aucun prix ne me lâchent

Quand sonne le moment de la pause
je vais prendre au goûter ma bonne dose
du café noir du Nespresso de l’entreprise
avant que je ne m’enferme dans l’emprise

Au temps rythmé de la reprise
je courre avec ma main grise
reprendre ma place au boulot
afin de redresser les poteaux.

Bernard NKOUNKOU