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États-Unis: Trump appelle le New York Times à révéler le nom du « lâche »

septembre 6, 2018

Le président américain Donald Trump, le 5 septembre 2018 à la Maison Blanche / © AFP / NICHOLAS KAMM

Dans un climat de suspicion et de paranoïa à la Maison Blanche, Donald Trump a appelé jeudi soir le New York Times à révéler le nom du « lâche » qui a rédigé une tribune anonyme dénonçant son comportement erratique.

« Personne ne sait qui sait », a-t-il lancé lors d’un meeting de campagne à Billings, dans le Montana, dénonçant ces « anonymes qui défient les électeurs pour promouvoir leur programme secret » et sont « une menace pour la démocratie elle-même ».

Au nom de la sécurité nationale, le quotidien devrait publier son nom « immédiatement », a-t-il ajouté, avant d’encourager les journalistes à enquêter avec détermination sur son identité : »Ce serait un bon scoop! »

Dans un texte intitulé « Je fais partie de la résistance au sein de l’administration Trump », un membre de l’administration a raconté, sous couvert d’anonymat, comment lui et d’autres s’efforçaient de lutter de l’intérieur contre les « pires penchants » d’un président au leadership « mesquin », « impétueux » et « inefficace ».

La publication très controversée de ce témoignage anonyme, intervenue au lendemain de la diffusion d’extraits d’un livre explosif du journaliste d’investigation Bob Woodward, suscitait une myriade de questions à Washington et au-delà.

L’auteur mystérieux a-t-il écrit seul ou s’est-il fait le porte-parole d’un groupe plus large? Fait-il partie du cercle rapproché du président, au sein de la célèbre « West Wing », ou travaille-t-il dans un ministère? Finira-t-il par sortir du bois pour donner davantage de poids à son témoignage?

La formulation utilisée par le New York Times –« haut responsable de l’administration Trump »– est suffisamment large pour laisser libre cours à toutes les interprétations et permettre à chacun de dresser sa liste, jusqu’aux hypothèses les plus farfelues.

Fait rare, la Première dame Melania a donné de la voix, dénonçant avec force, dans une réponse écrite à CNN, l’anonymat derrière lequel l’auteur de ce témoignage s’est réfugié. « Vous ne protégez pas ce pays, vous le sabotez par vos actes lâches », a-t-elle lancé à l’adresse de ce dernier.

Scène incroyable: le bureau du vice-président s’est senti tenu de publier un communiqué assenant que Mike Pence était blanc comme neige dans cette affaire.

« Le vice-président signe les tribunes qu’il écrit », a souligné sur Twitter son porte-parole. « Le New York Times devrait avoir honte, tout comme la personne qui a écrit cette tribune fausse, absurde et lâche », a-t-il ajouté, assurant que l’équipe du « VP » était « au-dessus de telles manoeuvres ».

– 25e amendement –

Dans un étonnant ballet révélant le degré de tension régnant dans les hautes sphères du pouvoir américain, nombre de responsables de premier plan se sont aussi fendus d’un communiqué, assurant la main sur le coeur n’être en rien liés à cette affaire.

« Les spéculations selon lesquelles la tribune du New York Times a été écrite par moi ou mon adjoint sont fausses », a souligné dans un communiqué Dan Coats, patron du renseignement américain.

En déplacement en Inde, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a assuré que le texte n’était pas de lui. Les services du chef du Pentagone Jim Mattis ont fait passer le même message.

Dans sa tribune, l’auteur anonyme –qualifié d' »individu très dangereux » par Rudy Giuliani, avocat de Donald Trump– affirme que le président nuit « à la bonne santé » de la république.

« C’est la raison pour laquelle nous nous sommes engagés à faire ce que nous pouvons pour préserver nos institutions démocratiques tout en contrecarrant les impulsions les plus malencontreuses de M. Trump jusqu’à ce qu’il ait quitté son poste », ajoute-t-il.

« Si de hauts responsables du gouvernement estiment que le président des Etats-Unis est dans l’incapacité de faire son travail, alors ils devraient invoquer le 25e amendement », a martelé Elizabeth Warren.

La sénatrice démocrate du Massachusets faisait référence à une procédure complexe –distincte de la célèbre destitution (« impeachment »)– qui doit être lancée par le vice-président et son cabinet, puis approuvée par le Congrès, visant à priver le président américain de ses fonctions.

Pour l’ancien directeur de la CIA John Brennan, cette tribune en tout point extraordinaire démontre « le degré d’inquiétude au sein même de l’administration ».

« Je ne sais pas comment Donald Trump va réagir à cela », a-t-il déclaré sur NBC. « Un lion blessé est un animal très dangereux et je pense que Donald Trump est blessé ».

Romandie.com avec(©AFP / (07 septembre 2018 04h43)

États-Unis: Qui a finalement signé la tribune qui enflamme Trump ?

septembre 6, 2018

 

Pompeo nie être l’auteur de la « triste » tribune anti-Trump du New York Times

New Delhi – Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a nié jeudi être l’auteur de la « triste » tribune anonyme publiée par le New York Times, qui critique sévèrement le président Donald Trump.

« Personne ne devrait être surpris que le New York Times, un journal libéral qui a attaqué sans relâche cette administration, ait choisi de publier un tel article », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à New Delhi.

« Il n’est pas de moi », a-t-il tenu à préciser, alors que l’identité de son auteur reste sujette à spéculations.

Les responsables du journal « n’auraient pas dû choisir de prendre pour argent comptant les opinions d’un mauvais acteur mécontent et déloyal »

« Si vous n’êtes pas en position d’exécuter le projet du chef, vous n’avez qu’une option : partir. Et au lieu de cela, cette personne, selon le New York Times, a choisi non seulement de rester mais de saper ce que le président Trump et son administration essayent de faire ».

« Et je dois vous dire que je trouve incroyablement inquiétants les efforts des médias à cet égard pour saper cette administration », a-t-il ajouté.

Pence n’est pas l’auteur de la tribune anonyme visant Trump

« Le vice-président signe les tribunes qu’il écrit »… L’équipe de Mike Pence a pris soin de préciser jeudi qu’il n’était pas l’auteur de la tribune anonyme visant Donald Trump publiée dans le New York Times.

« Le New York Times devrait avoir honte, tout comme la personne qui a écrit cette tribune fausse, absurde et lâche », a écrit dans un tweet Jarrod Agen, directeur de la communication de M. Pence.

« Nous sommes au-dessus de telles manœuvres d’amateurs », a-t-il ajouté.

Donald Trump a réagi mercredi soir avec véhémence à la publication par le New York Times d’une tribune anonyme d’un haut responsable de son administration expliquant comment il s’efforçait, avec d’autres, de lutter de l’intérieur contre les « pires penchants » du président américain.

L’auteur de ce texte hors du commun, intitulé « Je fais partie de la résistance au sein de l’administration Trump », souligne qu’il ne s’agit pas pour lui de soutenir la démarche des démocrates, mais de protéger son pays contre le comportement de son 45e président.

Romandie.com avec(©AFP / (06 septembre 2018 13h43)

États-Unis: Colère de Trump après la tribune anonyme et explosive d’un « résistant »

septembre 6, 2018

Le président Donald Trump a reçu une délégation de shérifs américains à la Maison Blanche le 5 septembre 2018 / © AFP / NICHOLAS KAMM

Donald Trump a réagi avec véhémence mercredi à la publication par le New York Times d’une tribune anonyme d’un haut responsable de son administration expliquant comment il s’efforçait, avec d’autres, de lutter de l’intérieur contre les « pires penchants » du président américain.

Visiblement furieux contre cette « résistance silencieuse » qui sort de l’ombre et le place en difficulté, le locataire de la Maison Blanche est allé jusqu’à parler, dans un tweet lapidaire, de « TRAHISON ».

Dans une incroyable tournure des événements témoignant d’une forme de fébrilité, le magnat de l’immobilier a appelé le quotidien à dénoncer « immédiatement » ce « lâche », au nom de la sécurité nationale.

L’auteur de ce texte hors du commun, intitulé « Je fais partie de la résistance au sein de l’administration Trump », souligne qu’il ne s’agit pas pour lui de soutenir la démarche des démocrates, mais de protéger son pays contre le comportement de son 45e président.

La publication –controversée– de ce témoignage intervient au lendemain de la diffusion d’extraits d’un livre explosif du journaliste d’investigation Bob Woodward, qui dresse le portrait d’un président colérique et paranoïaque que ses collaborateurs s’efforcent de contrôler, voire de contourner, pour éviter de dangereux dérapages.

« Nous pensons que nous avons d’abord un devoir envers notre pays et que le président continue à agir d’une façon néfaste à la bonne santé de notre république », écrit le responsable anonyme.

« C’est la raison pour laquelle nous nous sommes engagés à faire ce que nous pouvons pour préserver nos institutions démocratiques tout en contrecarrant les impulsions les plus malencontreuses de M. Trump jusqu’à ce qu’il ait quitté son poste », ajoute-t-il.

– « L’amoralité du président » –

« Le coeur du problème est l’amoralité du président », poursuit-il.

Estimant que l’administration a engrangé un certain nombre d’avancées depuis son élection –déréglementation, réforme fiscale, renforcement de l’armée–, il juge que ces dernières ont été obtenues « en dépit de et non grâce » à Donald Trump, dont il qualifie le style de leadership de « mesquin », « impétueux » et « inefficace ».

Qui est l’auteur mystérieux? Le Tout-Washington était engagé mercredi soir dans un véritable jeu de piste, en quête d’indices dans ce véritable brûlot pour révéler l’identité du « résistant ».

En déplacement à New Delhi, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a nié jeudi être l’auteur de cette « triste » tribune. Les responsables du journal « n’auraient pas dû choisir de prendre pour argent comptant les opinions d’un mauvais acteur mécontent et déloyal », a-t-il estimé, jugeant « incroyablement inquiétants les efforts des médias pour saper » l’administration Trump.

Trump dénonce la tribune anonyme d’un membre de son gouvernement / © AFP /

Le New York Times explique avoir pris la décision rare de publier une tribune anonyme à la demande de son auteur, dont le quotidien connaît l’identité.

« Nous pensons que publier cet essai est le seul moyen de permettre à nos lecteurs de prendre connaissance d’un point de vue important », a expliqué le journal.

L’ancien chef de la diplomatie américaine John Kerry a évoqué, sur CNN, une « véritable crise constitutionnelle ».

La porte-parole la Maison Blanche, Sarah Sanders, s’est elle dite « déçue mais pas surprise » par la décision du quotidien de publier le texte, dénonçant une tribune « pathétique, irréfléchie et égoïste ».

« Près de 62 millions de personnes ont voté pour le président Donald J. Trump en 2016 (…) Aucune d’entre elles n’a voté pour une source lâche et anonyme du New York Times en faillite », a-t-elle ajouté, reprenant à son compte une expression fréquemment utilisée par le président américain.

Selon elle, l’auteur de ce texte « fait passer son ego avant la volonté du peuple américain ». « Ce lâche devrait faire la seule chose qui s’impose et démissionner », a-t-elle conclu.

La publication de ce texte a suscité la stupeur et de nombreuses interrogations, parfois aussi de vives critiques, au sein des rédactions des grands journaux américains et au sein même du New York Times.

« En clair, les journalistes du New York Times doivent maintenant essayer de déterminer l’identité d’un auteur dont nos collègues de la rubrique Opinion se sont engagés à protéger l’anonymat? », s’est ainsi interrogée sur Twitter Jodi Kantor, journaliste d’investigation au New York Times.

« Ou est-ce que le journal dans son ensemble est tenu par cette promesse d’anonymat? », a-t-elle ajouté. « Je ne pense pas, mais c’est fascinant », a-t-elle encore écrit, évoquant une démarche probablement « sans précédent ».

Romandie.com avec(©AFP / (06 septembre 2018 13h09)

Un cadre de la Francophonie suspend après une tribune anti-CFA publiée sur « Le Monde Afrique »

décembre 8, 2017

L’économiste Kako Nubukpo est depuis plusieurs années l’une des figures de la contestation contre la monnaie des quinze pays d’Afrique francophone.

L’économiste togolais Kako Nubukpo. Crédits : CC 2.0

La tribune contre le franc CFA signée par le Togolais Kako Nubukpo le 30 novembre sur Le Monde Afrique en réponse aux propos tenus par Emmanuel Macron lors de son déplacement à Ouagadougou, le 28 novembre, aura été celle de trop. Le directeur de la francophonie économique et numérique au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a été officiellement suspendu de ses fonctions mardi 5 décembre par la secrétaire générale de l’institution, Michaëlle Jean. Une éviction qualifiée de « brutale » par M. Nubukpo qui, après avoir refusé de démissionner, s’est vu notifier une « suspension de fonctions à titre conservatoire ». Son salaire a été bloqué, son ordinateur et son adresse mail lui ont été retirés tout comme son badge lui donnant accès à l’immeuble de l’avenue Bosquet, dans le 7arrondissement de Paris où se trouve le siège de l’OIF.

La publication de cette tribune lui a été directement reprochée. L’économiste avait qualifié d’« imprécise, caricaturale et finalement déshonorante pour les dirigeants africains » la parole d’Emmanuel Macron après que celui-ci a déclaré devant les étudiants de l’université de Ouagadougou et le président burkinabé qui l’accompagnait que « le franc CFA est non-sujet pour la France ».

Les prises de position de M. Nubukpo ne sont pourtant pas nouvelles. Il a publié plusieurs ouvrages dont le dernier, Sortir l’Afrique de la servilité volontaire : à qui profite le franc CFA ? (Ed. La Dispute, 2016), a reçu un large écho médiatique. Il était déjà en poste à l’OIF.

« Débat sans tabou » ?

Cet ultime événement n’est cependant pas le seul à avoir provoqué sa chute. Agacé par les interventions répétées de Kako Nubukpo contre le carcan monétaire dont souffriraient les anciennes colonies françaises d’Afrique de l’Ouest et centrale, le président ivoirien Alassane Ouattara avait, en marge des assemblées générales des Nations unies de septembre, à New York, interpellé publiquement Michaëlle Jean sur les diatribes de son économiste. M. Ouattara est parmi les plus fervents défenseurs de la monnaie créée en 1945, aujourd’hui arrimée à l’euro. Dans sa lettre adressée mardi à l’économiste, l’OIF ne dissimule pas « les protestations des chefs d’Etat ».

Mme Jean, dont le mandat s’achève en 2018, aurait-elle interprété les remontrances de M. Ouattara comme un avertissement ? Il n’a également échappé à personne qu’Emmanuel Macron, en défendant l’avenir de la Francophonie à Ouagadougou, a gratifié Leïla Slimani du crédit d’en ouvrir « une nouvelle page », ne citant à aucun moment de son discours ni l’OIF ni Mme Jean. L’écrivaine a été nommée représentante personnelle du chef de l’Etat pour la Francophonie.

Pour justifier sa décision, l’OIF invoque vendredi dans un communiqué un manquement au « devoir de réserve » auquel était tenu M. Nubukpo en tant que fonctionnaire international. Un devoir qu’il n’aurait pas respecté en dépit de multiples avertissements.

Le départ de l’économiste, qui fut aussi ministre de la prospective du Togo et perdit son poste pour les mêmes raisons en 2015, intervient dans un contexte qui a évolué : le débat sur le CFA a gagné en visibilité depuis quelques mois. Des manifestations d’ampleurs variables ont été organisées en France et sur le continent. « Il est surprenant qu’à un moment où le président Macron invite à avoir ce débat sans tabou, l’institution dans laquelle il pourrait légitimement avoir lieu, cherche à l’étouffer », fait remarquer sans autre commentaire M. Nubukpo.

Lemonde.fr par Laurence Caramel