Posts Tagged ‘Tristell Mouanda Moussoki’

Congo-Livre : « Et quand nos rêves embrassent les ténèbres » à la rencontre des étudiants

juillet 11, 2022

Recueil de poèmes de 41 pages publié par les Editions Mikanda de la République démocratique du Congo, « Et quand nos rêves embrassent les ténèbres » a été au centre d’un échange, le 7 juillet, entre son auteur, Tristell Mouanda Moussoki, et les étudiants de l’Université Marien-Ngouabi.

1-Des panelistes et l’auteur, à droite, lors de la présentation du livre/Adiac

C’est au sein de la bibliothèque de la Faculté des lettres, arts et sciences humaines (Flash) que s’est déroulée la rencontre littéraire autour du recueil « Et quand nos rêves embrassent les ténèbres ». Chant ardent, mû par l’ampleur de la douleur, ce recueil est une poésie miroir qui blâme le mal pour désaliéner la marche de la société africaine et l’aider à accomplir son destin. En effet, ce que Tristell Mouanda scrute dans une tonalité tragique et pathétique aboutit très rapidement à une conscience marquée, donnant au poème toute sa densité révolutionnaire.

Dans un élan de permettre à l’assistance, dominée par la présence des étudiants, de comprendre les différents poèmes qui composent ce livre, le comédien et metteur en scène Guy Stan Matingou a ponctué les échanges par des temps de lecture de quelques extraits du livre puisés, entre autres, des pages 10,12, 14, 16, 38 et 40.

Selon Tristell Mouanda, ces extraits sont une façon pour lui de convoquer les hommes au vivre-ensemble, les jeunes à s’élever pour rencontrer la lumière. De plus, à travers quelques poèmes, il attire l’attention des Etats africains, déclarant que « la jeunesse est la racine même du rêve, c’est l’avenir d’un pays. Et, une jeunesse mal formée, mal éduquée, c’est une jeunesse délaissée ».

2- Les étudiants assistant aux échanges/Adiac

La rencontre littéraire a été également l’occasion favorable pour le public de manifester son ressenti à travers des questions à l’endroit de l’auteur. Celles-ci ont porté notamment sur le sens du titre de l’ouvrage ; le choix d’aborder les souffrances du peuple africain ; le fait que l’ensemble des poèmes n’a pas de titres, etc.  Répondant à ces interrogations, Tristell Mouanda a notifié qu’on ne peut pas être poète et ne pas s’interroger ; aussi l’émotion naît lorsqu’on est face à la nature ou à une problématique.

« Les rêves embrassent les ténèbres, c’est simplement la question de la souffrance, de la douleur. Le rêve du peuple africain est avorté et quand c’est le cas, on n’est pas dans la lumière, mais plutôt dans l’obscurité, voire l’échec. Je suis un poète de mon époque, j’essaie de voir le contour de ma société. En effet, je ne peux pas écrire sur des questions qui dépassent mon entendement. Par ailleurs, je n’ai pas titré les poèmes parce que pour moi, la poésie c’est une prière, c’est l’acheminement des idées. Quand je suis donc en transe, je n’ai pas le temps de titrer justement les poèmes », a longuement expliqué le poète.

Après l’intervention de l’auteur, le public a salué ses efforts et son travail abattu pour rédiger ce recueil de poèmes. « En tant que poète, il s’est donné une mission cardinale, celle de libérer le peuple africain et de lui permettre de quitter l’état dans lequel il se trouve afin d’atteindre l’avenir. Un avenir plus associé avec la nuit mais avec la lumière », a déclaré Prince Matoko.

Notons qu’au terme des échanges, Tristell Mouanda a dédicacé quelques exemplaires de son ouvrage. Cette cérémonie littéraire a connu la présence du responsable de la maison d’édition Mikanda, le poète Youssef Branh, directeur de la bibliothèque de la Flash, Roland Ondoumbou, et du Dr Leckaka-Peya.

Avec Adiac-Congo par Merveille Atipo et Mira Boussiengue, stagiaire