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Madagascar: la TV de Rajoelina en partie coupée, une députée de son parti interpellée

juin 9, 2015

Antananarivo – La chaîne de télévision Viva, propriété de l’ex-homme fort de Madagascar Andry Rajoelina, a été en partie coupée mardi par les autorités, quelques heures après l’interpellation d’une députée et la saisie de fonds appartenant à la formation politique de M. Rajoelina.

Ces incidents surviennent en pleine confrontation politique entre le président Hery Rajaonarimampianina, isolé et privé de majorité, et le parlement qui a voté sa destitution il y a 15 jours. La Haute Cour Constitutionnelle doit encore se prononcer et pourrait invalider le vote.

Huit de nos quinze antennes relais de télévision, en dehors d’Antananarivo, sont maintenant hors service après la coupure par l’État du courant d’alimentation de ces équipements, a indiqué à l’AFP Fetra Rakotondrasoa, rédacteur en chef de la télévision Viva.

La radio-télévision Viva a émis depuis quelque temps au niveau national en utilisant des équipements de l’État en violation des textes en vigueur, a pour sa part répliqué le gouvernement.

La coupure, effective depuis mardi midi, n’est pas sans rappeler un épisode très similaire qui s’était produit fin 2008. L’antenne de Viva avait alors été suspendue, provoquant des manifestations de protestation des partisans d’Andry Rajoelina, alors maire de la capitale malgache. Le mouvement de rue avait progressivement pris de l’ampleur jusqu’à aboutir au renversement en mars 2009 du président Marc Ravalomanana, finalement lâché par l’armée.

Pour Augustin Andriamananoro, vice-président du parti d’Andry Rajoelina (le Mapar), la coupure des relais de télévision est un acte visant personnellement Andry Rajoelina.

On empêche d’abord sa télévision d’émettre en dehors d’Antananarivo, puis on intercepte les fonds de son parti, a-t-il dénoncé.

Dans la nuit de lundi à mardi, la gendarmerie et la police malgaches ont interpellé une députée du Mapar et fouillé sa voiture, provoquant des incidents avec une vingtaine de parlementaires.

Après avoir brisé une vitre de la voiture et usé de gaz lacrymogènes pour disperser l’attroupement, les forces de l’ordre ont saisi deux cartons de billets contenant 200 millions d’ariary, l’équivalent de 66.000 euros, selon la police.

La députée, Mme Lanto Rakotomanga, sortait d’une réunion à laquelle assistait Andry Rajoelina.

Alors que les forces de l’ordre ordonnaient à Mme Rakotomanga d’ouvrir son véhicule, une vingtaine de députés avaient tenté d’empêcher la fouille, invoquant leur immunité parlementaire et l’absence de mandat de perquisition.

Selon le parti de la députée, l’argent devait servir à rembourser les cautions avancées par les candidats aux élections municipales prévues le 31 juillet.

Il s’agit de remboursements de cautions que les candidats maires du Mapar ont versé à l’État. La provenance de l’argent, c’est la caisse du Mapar, a assuré l’avocat de la députée, Me Sylvestre Razafimahefa.

La députée n’a pas été emmenée par les forces de l’ordre mais hospitalisée, après avoir été incommodée par les gaz lacrymogènes.

Romandie.com avec(©AFP / 09 juin 2015 18h39)

Dominique Strauss-Kahn/Claire Chazal: Record d’audience et critiques assassines

septembre 20, 2011

Qui n’était pas branché à 20h09 devant TF1 dimanche soir ? Vous étiez plus de 13,4 millions de téléspectateurs, soit 47% de parts d’audience selon Médiamétrie, à suivre la première intervention de Dominique Strauss-Kahn depuis son retour « triomphal » en France il y a quinze jours. C’est un record d’audience pour cette année, tous programmes confondus. C’est aussi un record pour un journal télévisé depuis le 7 novembre 2005, au moment des violences urbaines. Sur Twitter, cette interview a généré, selon l’AFP, 14 000 réactions d’internautes.

Critiques à ma droite…

Après cette intervention extrêmement réfléchie et cette interview si bien huilée préparée « aux petits oignons » par la horde de communicants de DSK avec la direction de TF1 et Claire Chazal, les réactions ont été nombreuses, d’abord sur Twitter. Jean-Pierre Raffarin remarquait que DSK était « plus à l’aise pour afficher sa compétence que sa sincérité », ajoutant que « la décence eût été le silence ». Jean-François Copé, numéro un de l’UMP, décrit comme « dérisoire » et « triste » cette intervention, regrettant au passage le retour de la théorie du complot, qui fait aujourd’hui la Une de Libération. DSK a déclaré hier soir : « Un piège ? C’est possible. Un complot ? Nous verrons. » Pour Copé, « c’est extrêmement choquant qu’on vienne rajouter une théorie du complot à tout ce que nous venons de vivre. » Hervé Morin, président du Nouveau Centre, ironise quant à lui sur le discours de DSK : « On est malheureux de savoir qu’il voulait vivre dans un studio de 20m² et qu’il a été obligé de louer une maison 50 000 euros par mois. » Marine le Pen estime que « cet homme avait le plus grand mépris pour les femmes, à qui il accorde une fonction utilitaire » et ajoute qu’il avait « menti » sur le contenu du rapport du procureur – brandi à plusieurs reprises par DSK durant son intervention – qui « en aucun cas, n’innocente M. Strauss-Kahn. »

Un Bisounours, mais surtout des primaires à gauche

À gauche, les réactions sont contrastées. Sur BFM TV, Jack Lang fait preuve d’un certain lyrisme : « Dominique a parlé la langue du coeur, de la vérité et de l’intelligence. Son intervention remarquable était pleine d’émotion et de justesse […] Son analyse visionnaire de l’Europe fait apparaître que la France aura de nouveau besoin de son impressionnante compétence et de son expérience. » DSK ne se ferme aucune porte – « prendre le temps de réfléchir, mais toute ma vie a été consacrée à essayer d’être utile au bien public » – ce qui inquiète bien Hervé Morin : « Il vous dit : j’ai sauté 2012, je serai là en 2017. » Ségolène Royal, candidate à la primaire Socialiste « retient l’envie de tourner la page (…) mais aussi l’envie de passer à autre chose, d’élever le débat politique. Cette émission a permis de clore quelque chose qui nous a beaucoup trop occupés », a-t-elle déclaré lundi sur RTL.

Durant l’interview, Dominique Strauss-Kahn confirme bien (on n’en doutait pas !) qu’il avait l’intention de se présenter à la primaire socialiste et l’existence d’un pacte selon lequel, lui et Martine Aubry ne se présenteraient pas face à l’autre. Cette petite précision fait l’affaire des soutiens de François Hollande, favori de la primaire, qui ne manquent pas d’insinuer, comme Pierre Moscovici, qu’elle confirme qu’Aubry est une candidate de substitution. DSK peut regretter son rendez-vous manqué avec les Français, car il était vraiment en pôle position pour être le candidat du partie socialiste et Nicolas Sarkozy aurait eu du « mouron » à se faire pour l’élection présidentielle…

Les Féministes ne décolèrent pas

Outre les politiques, ce sont les associations de défense des femmes qui ont beaucoup commenté cette interview. Les féministes, dont certaines étaient réunies dimanche soir devant TF1, sont en colère. Pour l’avocate Gisèle Halimi, « ce qui est grave, c’est chaque fois que la dignité des femmes est en cause comme cela, on tente de faire passer les femmes qui sont de pures victimes pour des affabulatrices. » La porte-parole d’Osez le féminisme, Thalia Breton, s’est dite « écoeurée ». La présidente de l’association Paroles de femmes, Olivia Cattan, a jugé que les déclarations de DSK étaient « lamentables ».

L’amie Claire Chazal

Si la presse américaine évoque avec sobriété une « interview de 20 minutes qui semblait avoir été très préparée » (Washington Post), un DSK « mal à l’aise, parfois en colère » (New York Times) qui a « refusé de renoncer à un retour à la politique » (Los Angeles Times), la presse française s’est montrée plus sévère, y compris avec Chazal. À commencer par Alain Duhamel qui, dans son édito politique ce matin sur RTL, remet en cause le bien fondé de cette interview : « Pour dire les choses carrément, on sait bien que Claire Chazal n’a pas le punch ou la verve de Jean-Michel Aphatie comme intervieweuse. Elle a choisi un registre modeste, elle l’a fait avec sobriété, avec précision, avec un professionnalisme presque excessif tant tout paraissait tellement vissé. Mais je dirais une chose très simple : c’est une amie d’Anne Sinclair et une amie d’Anne Sinclair ne devait pas interroger Dominique Strauss-Kahn ». L’avocate féministe Gisèle Halimi soulignait à son tour : « On a assisté à un entretien de connivence où les liens d’amitié entre la journaliste qui l’interrogeait et DSK sont apparus gros comme des câbles. »

Sur Twitter, le journaliste médias du Point, Emmanuel Berretta, s’est prêté au petit jeu des questions qu’auraient dû poser Claire Chazal : « Si Nafissatou Diallo était consentante, qui a fait le premier pas ? » ou encore « Avez-vous souvent rencontré des femmes de ménage de grands hôtels prêtes à des rapports avec un inconnu et gratuitement ? » Rappelons que les faits se sont déroulés en seulement 9 minutes…

(Ne pas) tourner la page

Un dernier mot sur L’Express que Dominique Strauss-Kahn a qualifié de « tabloïd » hier soir sur TF1. Son directeur de la publication Christophe Barbier a répondu en fin de matinée dans une lettre, qui sera l’édito de la prochaine édition du magazine attendu mercredi dans les kiosques. Christophe Barbier écrit : « Le vrai sujet n’est pas l’attitude de la presse, c’est la vôtre. »

On devrait encore entendre parler longtemps de cette affaire DSK, ne serait-ce parce que la plainte au civil de Nafissatou Diallo est toujours d’actualité et que ses avocats attendent de pied ferme d’interroger l’ancien directeur général du FMI (sans doute fin 2011, début 2012). Sans compter l’affaire Tristane Banon toujours pas bouclée. N’en déplaise à Ségolène Royal, il n’est pas encore temps de tourner la page…

Purepeople.com

Libye: raid sur la TV libyenne, enquête sur le meurtre du général Younès

juillet 31, 2011

L’Otan a bombardé des émetteurs de télévision à Tripoli tuant trois journalistes, selon un communiqué libyen, alors qu’à Benghazi, fief des insurgés, une enquête a été ouverte après le meurtre du général Younès, ancien pilier du régime devenu chef d’état-major des rebelles.

« Trois de nos collègues ont été tués et 15 autres blessés durant l’exercice de leur devoir professionnel en tant que journalistes libyens », a indiqué samedi Khaled Bazilia, le directeur de la chaîne libyenne Al-Jamahiriya diffusant en langue anglaise.

M. Bazilia, qui lisait le communiqué, a qualifié les raids de l’Otan menés dans la nuit de vendredi à samedi d' »acte de terrorisme international », en violation des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.

Plus tôt, l’Otan avait annoncé avoir mené une série de frappes de précision contre trois émetteurs de la télévision libyenne afin de « réduire le colonel Kadhafi au silence ».

Mais samedi soir, Mouammar Kadhafi a répété qu’il n' »abandonnera jamais » la bataille, dans un nouveau message sonore à ses partisans à Janzour, banlieue ouest de Tripoli, diffusé par la télévision libyenne qui émet toujours malgré les raids.

Il a prévenu ses ennemis qu’ils allaient être « vaincus devant la résistance et le courage du peuple libyen ».

Le dirigeant libyen, au pouvoir depuis 42 ans, résiste depuis cinq mois et demi à un soulèvement contre son régime autoritaire et aux raids menés par l’Otan sous mandat de l’ONU pour protéger la population civile d’une répression sanglante.

Pour sa part, le vice-ministre libyen aux Affaires étrangères, Khaled Kaaim, a indiqué dans la nuit de samedi à dimanche que le régime du colonel Kadhafi était en contact avec des membres du Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion.

« Il y a des contacts avec Mahmoud Jebril (numéro deux du CNT), avec (Ali) Al-Issaoui (responsables des relations extérieures), (le dignitaire religieux) Ali Sallabi et d’autres », a déclaré M. Kaaim au cours d’une conférence de presse.

A Benghazi, fief des rebelles, le CNT « a nommé une commission d’enquête » pour tenter d’éclaircir les circonstances de la mort d’Abdel Fatah Younès, a annoncé Ali Tarhuni, chargé des affaires économiques au sein du CNT.

Le corps criblé de balles et partiellement calciné du général Younès a été retrouvé vendredi matin dans les faubourgs de Benghazi, mais le CNT avait été informé de sa mort la veille, quand le chef d’une bande armée à l’origine de sa mort avait avoué le crime, a-t-il expliqué.

« Le chef de la bande est en prison maintenant », a déclaré M. Tarhuni, ajoutant que certains des autres auteurs du crime étaient encore recherchés et que leurs motivations n’étaient pas claires. « Nous ne savons pas pour qui ils travaillaient », a-t-il dit.

Il a précisé que ceux qui ont attaqué le général Younès étaient des membres de la brigade Jarah Ibn al-Obeïdi.

Les milices rebelles dissoutes

Plusieurs membres du CNT ont accusé Mouammar Kadhafi d’être derrière l’assassinat, tandis que des rumeurs affirment que le général a été exécuté par des rebelles qui le soupçonnaient de trahison.

Vendredi soir, le porte-parole du régime libyen, Moussa Ibrahim, a accusé Al-Qaïda d’avoir commis le meurtre pour « marquer sa présence et son influence dans cette région » de l’Est contrôlée par la rébellion.

Pour Tripoli, cet assassinat est une nouvelle preuve que le CNT n’a « aucun pouvoir à Benghazi ». « C’est Al-Qaïda qui a le pouvoir à l’Est », a ajouté le porte-parole.

Agé de 67 ans, le général Younès avait participé au coup d’Etat qui a porté le colonel Kadhafi au pouvoir en 1969, avant de devenir son éminence grise. Envoyé à Benghazi pour mater la révolte naissante mi-février, il avait, contre toute attente, rallié la rébellion.

Les rebelles libyens ont ordonné samedi à toutes les milices de se dissoudre et de se rallier au Conseil national de transition (CNT) après cet assassinat.

« Le temps est venu de dissoudre ces brigades. Quiconque refusera d’appliquer ce décret sera jugé », a indiqué le président du CNT Moustapha Abdeljalil au cours d’une conférence de presse.

Vendredi soir, les Etats-Unis ont exhorté les rebelles à rester unis et concentrés sur leur objectif de renverser le colonel Kadhafi, tandis que la France et le Royaume-Uni ont appelé à la prudence sur les explications et les responsabilités dans cette affaire.

Quant aux finances des rebelles, leur état s’est légèrement amélioré avec l’arrivée à Benghazi d’un prêt de 200 millions de dollars de la part de la Turquie, a annoncé M. Tarhuni, précisant que cet argent était avant tout destiné aux montagnes de Nefoussa, au sud-ouest de Tripoli, où les combattants rebelles et leurs familles manquent de tout à l’approche du ramadan.

Le prêt turc vient s’ajouter à un prêt de 180 millions de dollars de la part du Koweït, tandis qu’un autre prêt de 415 millions de dollars de la France était attendu « dans les prochains jours », a précisé M. Tarhuni.

Jeuneafrique.com avec AFP