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Soudan : après le coup d’État, les grandes puissances placent leurs pions

octobre 27, 2021
Le général en chef de l’armée soudanaise, Abdel Fattah al-Burhane, à Khartoum, le 26 octobre 2021. © ASHRAF SHAZLY/AFP

Avec le putsch militaire survenu le 25 octobre, le pays suscite l’intérêt de nombreux pays. États-Unis, Égypte, Émirats… chacun cherche à préserver ses intérêts face à la nouvelle donne politique.

Le coup d’État militaire au Soudan, le 25 octobre dernier, est un nouveau camouflet pour la diplomatie américaine. Les putschistes n’ont pas hésité à agir quelques jours seulement après la réunion de crise entre le Premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, et l’envoyé spécial de Washington, le sous-secrétaire d’État américain Jeffrey Feltman, à Khartoum.

Signe de leur intérêt pour le pays, les États-Unis ont été les premiers à condamner le coup d’État, aussitôt suivis par l’Union européenne, la Ligue arabe et l’Union africaine (UA), notamment. Après la timide réaction de l’organisation continentale face aux coups d’État survenus cette année au Mali, au Tchad et en Guinée, le président de l’UA, Moussa Faki Mahamat, a exprimé le 25 octobre sa « profonde consternation » face à la « situation actuelle au Soudan », appelant à la reprise des consultations entre civils et militaires, au strict respect des droits humains, et à la libération de tous les dirigeants politiques arrêtés. Une réunion d’urgence du Conseil de paix et de sécurité de l’UA a été convoquée dans la foulée. 

L’Égypte et les Émirats, soutiens des putschistes ?

Les yeux sont également rivés sur l’Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad), la principale organisation régionale de la Corne de l’Afrique. Elle est attendue sur ce dossier après avoir été mise à l’écart lors du déclenchement de la guerre au Tigré, en Éthiopie, en novembre 2020.

DANS LA BATAILLE DU GRAND BARRAGE DE LA RENAISSANCE, LE CAIRE GAGNE UN ALLIÉ PLUS CLAIR

Pour le voisin éthiopien, le coup d’État au Soudan est d’ailleurs une mauvaise nouvelle. Face au Premier ministre Hamdok, l’armée soudanaise faisait pression depuis des mois pour qu’une ligne plus agressive à l’encontre d’Addis-Abeba soit adoptée. Le Soudan, l’Éthiopie et l’Égypte sont en conflit autour du contrôle des eaux du Nil à cause de la construction du Grand Barrage de la Renaissance (Gerd) par Addis-Abeba. Dans cette bataille, Le Caire gagne un allié plus clair depuis que les militaires soudanais ont exclu les civils du pouvoir. 

Vus par de nombreux politiciens et militants soudanais comme ayant soutenu – voire encouragé – le coup d’État, les Égyptiens, tout comme les Émiratis et les Saoudiens, feront sans doute profil bas dans un premier temps. Leur inflexibilité idéologique va être mise à l’épreuve. Ces pays semblent craindre davantage une transition démocratique au Soudan que l’influence de leurs ennemis politiques, les Frères musulmans.

À la recherche de nouveaux alliés

Les mouvements politiques islamistes soudanais, liés au Parti du Congrès national d’Omar el-Béchir et aux Frères musulmans, appellent depuis plusieurs semaines à un coup d’État contre les civils du gouvernement de transition. Le putsch du 25 octobre va relancer leur combat contre les réformes politiques, économiques et judiciaires déjà entamées. Alors que le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et le prince héritier des Émirats arabes unis Mohammed ben Zayed al-Nahyan sont des ennemis déclarés des Frères et de leurs affiliés, des représentants égyptiens et émiratis vont se rendre à Khartoum, comme ce fut le cas après le renversement d’Omar el-Béchir en avril 2019, pour défendre leurs intérêts dans les négociations à venir.

La junte va avoir grand besoin de ses alliés dans le Golfe, car avec cette nouvelle donne politique, l’accord international de réduction de la dette du Soudan, l’accord avec le FMI et la Banque mondiale et les centaines de millions de dollars d’aide bilatérale américaine vont être menacés.

NOUS APPELONS LE PEUPLE SOUDANAIS À MANIFESTER

Le pays, dont l’avenir politique demeure incertain, promet donc de devenir un jeu d’échec entre grandes puissances. Alors qu’Abdallah Hamdok était encore détenu par les militaires, son bureau a publié une déclaration exhortant les manifestants à descendre dans la rue pour protéger les récents progrès accomplis en matière de droits démocratiques. « Nous appelons le peuple soudanais à manifester en utilisant tous les moyens pacifiques possibles… pour reprendre sa révolution aux voleurs. »

Ce mardi 26 octobre, le Premier ministre renversé a été ramené chez lui par les militaires, mais il reste en résidence surveillée. Et les manifestants continuaient de battre le pavé. 

Avec Jeune Afrique par Patrick Smith

Le Camerounais John Nkengasong, de l’Union africaine à l’administration Biden

septembre 24, 2021
John Nkengasong à Addis-Abeba, en 2019

Encore inconnu il y a deux ans, le virologue camerounais a acquis une renommée internationale en devenant l’un des piliers de la lutte contre le Covid en Afrique. Au point que Washington l’a choisi pour prendre la tête du programme américain de lutte contre le VIH.

Fin 2019, peu de gens connaissaient le docteur John Nkengasong en dehors de son Cameroun natal et des milieux médicaux américains. Né à Douala en 1959, ce diplômé en virologie de l’université de Yaoundé s’est spécialisé en médecine tropicale à Anvers avant de rejoindre, en 1993, l’OMS puis, rapidement, d’entrer dans le réseau américain des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), ce qui l’a amené à vivre de nombreuses années aux États-Unis mais aussi à travailler en Afrique, et en particulier à Abidjan. Avec, parmi ses spécialités, la lutte contre l’épidémie de VIH.

« Héros africain des temps modernes »

C’est donc un scientifique camerounais au profil très « américain » qui, en 2016, est appelé par l’Union africaine à prendre la direction de la toute nouvelle structure mise en place pour lutter à l’échelle continentale contre les grandes épidémies : l’Africa CDC. À Addis-Abeba, où siège la nouvelle institution, beaucoup louent le calme et le sens de la pédagogie du brillant scientifique. Mais s’il fait la fierté des Camerounais, John Nkengasong n’est pas encore une célébrité internationale.

Tout change début 2020, avec l’apparition du Covid-19. Si Tedros Adhanom Ghebreyesus, le patron de l’OMS et Matshidiso Moeti, la directrice du bureau africain de l’organisation, occupent la scène médiatique dès l’identification du virus en Chine, John Nkengasong et l’Africa CDC ne vont pas tarder à devenir familier aux oreilles de ceux qui s’intéressent au mystérieux coronavirus, avant même qu’il n’atteigne l’Afrique. Dès la fin février, le médecin camerounais évoque dans le Lancet une « menace imminente » qui pourrait avoir « un effet dévastateur » sur le continent. C’est d’ailleurs sans doute grâce à son insistance que l’UA parvient à réunir, le 22 février, les ministres africains de la Santé afin d’évoquer le problème et de commencer à discuter des moyens de protection et de riposte.

IL N’HÉSITE PAS À CONDAMNER L’ÉGOÏSME DES PAYS RICHES AU SUJET DE LA RÉPARTITION DES VACCINS

Aujourd’hui, le Dr Nkengasong fait partie des quatre ou cinq noms qui reviennent systématiquement lorsqu’on évoque la riposte africaine au Covid-19. Il figure dans la plupart des listes et classements de personnes les plus influentes du continent, y compris celui du Time, paru tout récemment, dans lequel Ngozi Okonjo-Iweala, également distinguée, le qualifie de « héros africain des temps modernes ». Le patron de l’Africa CDC est souvent la voix la plus audible, au point d’éclipser parfois celle des dirigeants de l’OMS, avec lesquels il prend toujours soin de préciser qu’il travaille main dans la main.

Débauché par Washington

Partisan de la fabrication en Afrique de matériel médical et de médicaments, favorable à la levée des brevets sur les vaccins – comme il le déclarait dans une interview à Jeune Afrique en janvier 2021 –, il ne mâche pas non plus ses mots pour condamner l’égoïsme des pays riches en ce qui concerne la répartition des vaccins et appelle à une remise à plat complète de la politique internationale en la matière.

C’est donc cet homme que, selon une indiscrétion du New York Times publiée le 21 septembre, l’administration américaine s’apprête à débaucher pour le mettre à la tête du PEPFAR, le programme gouvernemental américain de lutte contre le VIH (actif dans 50 pays, notamment en Afrique). La nomination n’a pas été officialisée à ce jour mais devrait intervenir très vite. Au Cameroun, la presse a d’ailleurs déjà salué « le premier Africain de l’administration Biden ».

L’AFRICA CDC PERD UN PATRON EFFICACE ET CHARISMATIQUE

Pour John Nkengasong, cette évolution de carrière est logique. Spécialiste du VIH, il a longtemps travaillé avec les Américains, y compris au sein du PEPFAR lorsque celui-ci a été créé, en 2003. Il y bénéficiera de moyens colossaux – le programme a déjà investi 85 milliards de dollars depuis sa création et son budget annuel avoisine les 7 milliards – et aura fort à faire, la lutte contre le sida ayant beaucoup pâti des contraintes imposées par la pandémie de Covid depuis deux ans. Le nombre de personnes dépistées aurait ainsi baissé de 22 % en 2020.

L’UA en quête de leaders

Le revers de la médaille concerne l’Africa CDC. L’agence perd un patron efficace et charismatique alors même que le continent reste confronté à de nombreux défis sanitaires, au premier rang desquels la pandémie de Covid-19, qui sévit toujours. Nul ne songe à critiquer le choix de John Nkengasong d’aller faire profiter une autre organisation de ses talents, mais beaucoup, y compris au sein de l’UA, craignent une « perte de leadership » au moins temporaire et se demandent où trouver une personnalité capable de succéder au médiatique virologue camerounais.

La pandémie de Covid a toutefois permis de faire émerger les noms de grands spécialistes africains des virus et de la santé publique, du Maroc à l’Afrique du Sud. C’est dans cette liste que l’UA va maintenant devoir choisir. Et le plus tôt sera le mieux.

Avec Jeune Afrique par John Nkengasong

New-York : Félix Tshisekedi ce mardi à la tribune de l’ONU

septembre 20, 2021

Président en exercice de l’Union africaine, le président congolais figure parmi les chefs d’État de la planète qui s’exprimeront ce 21 septembre, à l’ouverture de la 76 session de l’Assemblée générale des Nations unies.

C’est depuis l’aéroport international de Loano, à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga, que le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi-Tshilombo, s’est envolé le 19 septembre pour New-York, aux Etats-Unis. Il est allé participer à la 76session de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU). Le 20 septembre, aux premières heures, le chef de l’Etat congolais a foulé le sol newyorkais, par l’aéroport international John F. Kennedy. Il a été reçu au pied de l’avion par M. Balumuene, ambassadeur de la République démocratique du Congo aux États-Unis, avant de rejoindre sa résidence de circonstance, apprend-on des sources proches de la présidence. Déjà, au menu de ses premières activités, Félix Tshisekedi devrait s’entretenir en tête-à-tête avec le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, avant son grand oral du 21 septembre du haut de la tribune des Nations unies.

Sauf imprévu, l’agenda mis à jour par le bureau de l’institution onusienne prévoit que le Félix-Antoine Tshisekedi -Tshilombo prenne la parole à la tribune en onzième position, à 14h00, heure de New-York (soit 19h00, heure de Kinshasa). Son oral sera le deuxième du genre après celui de sa première participation, en septembre 2019. Cette 76e session de l’Assemblée générale de l’ONU est une occasion pour les chefs d’Etat du monde d’échanger sur les grandes questions qui préoccupent la planète, entre autres, la pandémie de la covid-19 qui a privé les dirigeants de la planète de ce rendez-vous annuel en 2020.

Pour cette année, le thème retenu est « Miser sur l’espoir pour renforcer la résilience afin de se relever de la covid-19, reconstruire durablement, répondre aux besoins de la planète, respecter les droits des personnes et revitaliser l’organisation des Nations unies ».

Un discours très attendu

Le discours du président congolais et président en exercice de l’Union africaine est très attendu. Un discours aux multiples enjeux, notamment la question sécuritaire et sanitaire. Il est très attendu car il permettra au président Félix-Antoine Tshisekedi-Tshilombo de faire entendre la voix de l’Afrique et de son pays. Le chef de l‘Etat congolais devra donner sa vision de la prévention au traitement pour arriver à immuniser le monde et, particulièrement, l’Afrique de la covid-19. Il aura donc à défendre ses propositions presque déjà publiques qui privilégient une vaccination de masse, la fabrication des vaccins en Afrique ainsi que la poursuite des recherches sur les différents traitements.  

Un autre sujet qui devrait revenir dans son discours, c’est la sécurité avec notamment la violence qui prévaut à l’est dans son pays et en Afrique. Du terrorisme en Afrique centrale et au Sahel en passant par la déstabilisation des institutions par les coups d’Etat, il est attendu du président en exercice de l‘Union africaine des réponses idoines et efficaces susceptibles de faire bouger les lignes. Il sera aussi question, pour Félix Tshisekedi, de faire le point sur l’économie du continent africain et sur les objectifs du développement durable.

D’autres thèmes comme le changement climatique, l’autonomisation de la femme, ou encore, les droits humains, devraient logiquement figurer dans le discours du Chef de l’Etat congolais à la 76ème session de l’Onu que va présider l’actuel ministre des Affaires étrangères des Maldives, Abdulla Shahid, élu le 7 juin 2021 par l’Assemblée  générale.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

Éthiopie : les rebelles du Tigré accusent l’UA de « partialité »

août 29, 2021
Des soldats tigréens à Mekele au lendemain de la reprise de la capitale du Tigré, le 29 juin 2021.

Les rebelles tigréens ont accusé dimanche l’Union africaine (UA) de « partialité » à la suite de la désignation par l’organisation panafricaine d’un médiateur dans ce conflit qui déchire le nord de l’Éthiopie depuis près d’un an.

« Il serait naïf de penser que cette mission puisse marcher », a affirmé sur Twitter le porte-parole des rebelles Getachew Reda, trois jours après la nomination de l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo comme représentant de l’UA dans la Corne de l’Afrique avec pour mission de « promouvoir la paix, la sécurité, la stabilité et le dialogue politique ».

« Résoudre une crise requiert au moins la reconnaissance de l’existence, sinon de l’importance, d’un problème, écrit le porte-parole des rebelles tigréens. Nous avons du mal à comprendre comment on peut attendre un rôle constructif de la part d’une organisation qui a donné tout son sens au mot partialité. »

Conflit dévastateur

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a pour sa part rejeté à plusieurs reprises toute proposition de médiation avec les leaders tigréens, affirmant qu’il ne s’agissait que d’une « opération limitée de maintien de l’ordre ». Abiy Ahmed avait envoyé l’armée au Tigré, région la plus septentrionale du pays, en novembre 2020 pour renverser les autorités dissidentes issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Selon le prix Nobel de la paix 2019, cette opération répondait à des attaques contre des camps de l’armée fédérale ordonnées par le TPLF. La victoire devait être rapide, mais la région s’est enfoncée dans un conflit dévastateur, marqué par de nombreuses exactions contre les civils.

L’UA dans une position délicate ?

Fin juin, les forces pro-TPLF ont repris la capitale régionale Mekele, puis l’essentiel du Tigré et poussé dans les régions limitrophes de l’Amhara et de l’Afar pour mettre fin à ce qu’elles décrivent comme un blocus humanitaire du Tigré et pour empêcher les forces pro-gouvernementales de se regrouper.

LES ALLIÉS DE L’ÉTHIOPIE ONT EMPÊCHÉ TOUTE DISCUSSION SUR LE SUJET AU CONSEIL DE SÉCURITÉ DES NATIONS UNIES

Le conflit s’est avéré un sujet délicat pour l’Union africaine, basée à Addis Abeba, et les alliés de l’Éthiopie ont empêché toute discussion sur le sujet au Conseil de sécurité des Nations unies. Selon l’ONU, le conflit a déjà placé quelque 400 000 personnes dans une situation proche de la famine.

Olusegun Obasanjo avait déjà mené en juin au titre de l’UA une mission d’observation des élections générales qui ont débouché sur une large victoire des partisans d’Abiy Ahmed, malgré l’absence de scrutin pour raisons de sécurité dans un quart du pays, dont le Tigré.

Par Jeune Afrique avec AFP

RDC/Union Africaine : lancement d’une académie temporaire pour encadrer la jeunesse

juillet 29, 2021

L’Académie des jeunes agents de changement a été lancée, le 29 juillet, à Kinshasa par le panel chargé d’accompagner le mandat de la République démocratique du Congo à la présidence de l’Union Africaine(UA). Mission : encadrer les jeunes Congolais en vue de les préparer à postuler à des postes au sein de l’UA et d’autres institutions internationales, indique le communiqué de presse du panel.

L’affiche annonçant la formation en faveur des jeunes

La cérémonie de lancement de cette académie s’est déroulée en présence du ministre de la Jeunesse, de l’Initiation à la nouvelle citoyenneté et de la Cohésion nationale, Dr Yves Bunkulu Zola, du coordonnateur du panel, le Pr Ntumba Luaba et de la commissaire chargée des Ressources humaines, des Sciences, Techniques et Innovations à l’UA, Pre Sarah Anyang Agbor.

Pour sa première session de formation, annonce le communiqué, l’Académie des jeunes agents de changement accueille cent cinquante jeunes Congolais âgés de 25 à 35 ans, dont cent onze hommes et trente-neuf femmes. Ces jeunes ont été retenus à l’issue d’un appel à candidatures qui a été diffusé au courant du mois de juin 2021 sur plusieurs plateformes numériques. A la clôture de l’appel à candidatures, indique-t-on, 1891 jeunes ont répondu sur le formulaire en ligne. Après vérification des critères d’éligibilité, c’est-à-dire l’âge, le contenu des dossiers, y compris les pièces complémentaires demandées, le comité de pré-sélection a mis de côté les candidatures ne répondant pas aux critères de base. Ce premier tri a abouti à un vivier d’environ trois cents dossiers que le comité de sélection a minutieusement examinés, pour retenir finalement cent cinquante candidats, souligne le communiqué.

Cursus et parcours variés

Les candidats retenus, explique-t-on, ont des cursus académiques et des parcours professionnels très variés, mais ils possèdent tous au moins un diplôme de graduat. Les candidats, précise-t-on, ont été retenus uniquement sur la base de leurs qualifications et expériences professionnelles, sans égard à leurs provinces d’origine. La plupart des candidats retenus résident à Kinshasa, mais 30% d’entre eux résident en provinces. Quinze Congolais de la diaspora font également partie de la liste des candidats retenus.

Formation en ligne

Du 29 juillet au 5 août, indique-t-on, ces cent cinquante jeunes et le comité organisateur vont participer à une formation en ligne organisée par la division jeunesse de la commission de l’UA. Les thèmes abordés sont : l’Union africaine et la Commission de l’Union africaine, le Panafricanisme ; Cadre de développement du rôle des jeunes (Agenda 2063, AYC, APAYE, MOCAAP, 4As) ; rôle des jeunes : cadre de développement  des jeunes (Intégration des jeunes) ; responsabilité des jeunes : AUC Programmes (AUYVC, YPP, Programme de stage et d’échange), développement de CV et technique d’entretien ; nouvelle plateforme de carrière de l’UA et exigences de recrutement.

Jeunesse, une opportunité pour le présent et une garantie pour le futur

L’Académie des jeunes agents de changement, explique-t-on, est mise en place grâce à l’appui de la division jeunesse de la commission de l’UA, en collaboration avec le ministère de la Jeunesse, l’équipe du panel chargé de l’éducation, jeunesse, science, technologie et innovation, des jeunes défenseurs de la Charte africaine de la jeunesse, du Conseil national de la jeunesse ainsi que du réseau africain des adolescents et jeunes en population et développement (AfriYAN). « Cette première initiative à l’Union africaine marque la présidence qu’assure son Excellence Monsieur le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo  avec comme thème « Arts, culture et patrimoine : leviers pour l’édification de l’Afrique que nous voulons », qui se base sur une vision stratégique d’« une union africaine au service des peuples africains », se déclinant en neuf piliers prioritaires, dont le pilier 6 qui vise à promouvoir le développement du capital humain africain pour une Afrique émergente. Investir dans le capital humain, c’est investir dans la jeunesse qui est mis au centre des actions du chef de l’Etat et président en exercice de l’UA. Dans sa vision, la jeunesse est une opportunité pour le présent et une garantie pour le futur », dit le panel.P

Avec Adiac-Congo par Patrick Ndungidi

Israël obtient le statut d’observateur à l’Union africaine

juillet 23, 2021
Mur de séparation à Jérusalem-Est

L’État hébreu réclamait ce statut auprès de l’organisation panafricaine depuis des années. En mai, le président de la commission de l’UA avait « condamné fermement » les « bombardements » israéliens dans la bande de Gaza.

L’ambassadeur israélien Aleli Admasu a présenté jeudi ses lettres de créances au président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, selon des communiqués de l’organisation panafricaine et de la diplomatie israélienne. « Cela corrige une anomalie qui a perduré pendant près de deux décennies et représente une partie importante du renforcement des relations extérieures d’Israël », s’est félicité dans un communiqué le ministre israélien des Affaires étrangères Yaïr Lapid.

La Palestine déjà observateur à l’UA

Israël entretient des relations avec 46 pays africains «et a des partenariats de grande ampleur et des coopérations dans de nombreux domaines, y compris le commerce et l’aide», selon le texte. Israël avait ce statut d’observateur au sein de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) jusqu’à sa transformation en Union africaine en 2002. La Palestine bénéficie déjà de ce statut d’observateur à l’UA, où elle compte d’importants soutiens, notamment dans le conflit israélo-palestinien.

En mai, Moussa Faki avait « condamné fermement » les « bombardements» israéliens dans la bande de Gaza ainsi que « les actions de l’armée israélienne, y compris les évictions illégales, continues et par la force de Palestiniens de leurs foyers à Jérusalem-Est (…) en flagrante violation du droit international ». De nombreux pays et organisations avaient critiqué et condamné le non respect du droit international, la répression à Jérusalem-Est et les bombardements israéliens sur Gaza.

L’escalade de violence avait fait plus de 250 morts palestiniens dont 65 enfants, et 14 morts côté israélien, dont un enfant et d’autres civils. Dans son communiqué jeudi, le président de la commission souligne que l’UA « a été très claire sur sa position selon laquelle, dans la question de la Palestine et d’Israël, une solution à deux États est nécessaire à une coexistence pacifique ». Ces dernières années, Israël a renouvelé ses relations diplomatiques avec le Maroc, le Tchad et la Guinée. Le Soudan, qui a adhéré aux accords d’Abraham il y a quelques mois, a également annoncé la normalisation de ses relations avec Israël.

Par Jeune Afrique avec AFP

Le Président de l’UA uaFélix Tshisekedi en visite de travail dans trois pays

mai 10, 2021

Avec Voc info TV

Félix Tshisekedi décline sa vision stratégique d’une Union africaine au service des peuples

février 15, 2021

« J’en appelle à une mobilisation générale des leaders occidentaux et des peuples d’Afrique, des hommes, femmes et jeunes, pour la réalisation de la vision portée par l’Agenda 2063 ». Cette exhortation adressée aux membres du corps diplomatique accrédités en RDC, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, l’a faite le samedi 13 février au Palais de la nation, à la faveur du banquet de restitution du 34e sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine.

Parlant justement des objectifs de cet agenda 2063 cristallisés autour du crédo « L’Afrique que nous voulons », le nouveau président en exercice de l’Union africaine (UA) a néanmoins reconnu les progrès réalisés dans ce cadre en 2020.  Sa vision panafricaine et stratégique liée à sa mandature à la présidence de l’UA est fondée sur la perspective d’une « Union africaine au service des peuples » et qui met essentiellement en avant la pleine participation des peuples africains au développement du continent. Le respect des principes démocratiques et de bonne gouvernance, la promotion de la justice sociale, le respect de la dignité humaine et la consolidation de la solidarité africaine sont autant de pistes de réflexion qu’entend impulser cette vision stratégique. Les priorités du premier plan décennal (2013-2023) de mise en œuvre de l’Agenda 2063 en constituent des domaines d’intervention, la finalité étant de créer « une nouvelle Afrique intégrée, prospère et pacifique, dirigée par ses propres citoyens et représentant une force dynamique sur l’arène internationale ».

Cette vision stratégique de Félix-Antoine Tshisekedi s’articule sur neuf piliers prioritaires avec un accent particulier sur les questions relatives à la sécurité sanitaire, à la lutte contre la covid-19 et la couverture vaccinale. C’est sous le signe de la continuité qu’il place son mandat à la tête de l’UA. Rien, a-t-il déclaré, « n’est plus pressant aujourd’hui que de poursuivre les accomplissements majeurs accomplis dans le cadre des initiatives de promotion de l’intégration régionale intervenues avec le lancement effectif de la Zone de libre-échange continentale africaine ainsi que la campagne Faire taire les armes et la consolidation des initiatives de l’UA dans la lutte contre la covid-19 ». Toutefois, a-t-il indiqué, sa vision stratégique ainsi que le Plan d’action soutenant sa mandature ont été remis au secrétariat de la commission qui en assurera la traduction dans les langues officielles de l’UA avant d’en faire une très large diffusion.

Pour une renaissance africaine

Tirant les enseignements de la pandémie de covid-19 et de ses conséquences désastreuses, le chef de l’Etat a indiqué qu’elle aura offert à l’Afrique « l’occasion de réexaminer ses priorités socio-économiques, de réduire ses dépendances et vulnérabilités externes, d’accroître sa capacité de résilience, en rassemblant et mobilisant les énergies et forces de ses populations ». Il a, par ailleurs, ressassé son leitmotiv d’une « Afrique émancipée qui compte sur elle-même et trouve des solutions endogènes et collectives à ses problèmes ».  Bref, une Afrique qui réunit les conditions de la « Renaissance africaine » chère aux pères fondateurs de l’UA. Sur le plan sanitaire, Félix-Antoine Tshisekedi a appelé au renforcement du système de santé, à l’investissement dans les secteurs de l’éducation et de la recherche scientifique et au développement, par chaque pays, de son capital humain.

Le mandat de la RDC à la tête de l’UA étant placé sous le signe du renforcement des liens de coopération existant avec tous les partenaires bilatéraux et multilatéraux, sans exclusive, il va sans dire que les Africains sont astreints « à agir ou réagir ensemble, dans une réponse commune ou partagée ». Là-dessus, le président de la République a salué toutes les initiatives internationales visant à promouvoir l’investissement, la croissance et le développement du continent africain à l‘instar des programmes AfricanGrowth et  Millenium challenge corporation (MCC), du Forum Chine-Afrique, de la Ticad, du Pacte du G20, etc.

« L’Afrique que nous voulons doit être une Afrique de paix. Une Afrique où du nord au sud et de l’est à l’ouest, la paix et la sécurité deviendront des cultures communes », a conclu le cinquième président du Congo indépendant qui, par-dessus-tout, tient à réaliser un mandat fructueux à la tête de l’UA avec l’appui et l’accompagnement de toutes les représentations diplomatiques présentes en RDC.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

UA : Moussa Faki Mahamat reconduit à la tête de la Commission, Félix Tshisekedi prend la présidence

février 7, 2021
Félix-Antoine Tshisekedi a reçu en audience Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine, le 3 décembre 2020.

Au premier jour de son sommet en visioconférences, l’Union africaine a reconduit à sa tête le Tchadien Moussa Faki Mahamat, en plein débat sur la lutte contre le Covid-19 et l’approvisionnement vaccinal du continent.

« Profondément honoré par ce vote de confiance historique et écrasant », a commenté sur twitter Moussa Faki Mahamat, réélu en fin d’après-midi par 51 États membres sur 55. Il se voit reconduit pour un mandat de quatre ans à la tête de la Commission de l’Union africaine, organe exécutif et institution clé de l’organisation panafricaine.

Au passage, il a félicité Monique Nsanzabaganwa, vice-gouverneur de la Banque nationale du Rwanda, élue son adjointe à la tête de la Commission.

Ancien Premier ministre du Tchad, Moussa Faki Mahamat était seul candidat à sa succession, et faisait face à des accusations -qu’il rejette- « d’une culture de harcèlement sexuel, de corruption et d’intimidation au sein de la commission », selon une récente note de l’International Crisis Group (ICG).

Certains États s’étaient également inquiétés du respect du secret de ce vote organisé à distance et par internet.

« Nationalisme vaccinal »

Organisé exceptionnellement en ligne pour éviter toute contamination, ce sommet se déroule exactement un an après la détection d’un premier cas de Covid-19 en Égypte. À l’époque, l’arrivée de l’épidémie sur le continent avait fait craindre une explosion des fragiles systèmes de santé africains, un scénario apocalyptique qui ne s’est pas réalisé.

L’Afrique reste pour l’instant relativement épargnée, avec 3,5% des cas et 4% des morts officiellement recensés dans le monde, selon le Centre de contrôle et de prévention des maladies de l’UA (Africa CDC).

Mais de nombreux pays sont actuellement confrontés à une seconde vague préoccupante et ont du mal à accéder aux vaccins, alors qu’à raison de deux doses par personne, l’Afrique aura besoin d’1,5 milliard de doses pour vacciner 60% de ses environ 1,3 milliard d’habitants.

« Cette maladie a provoqué beaucoup de souffrance et de difficultés sur notre continent », a déclaré le chef de l’État sud-africain Cyril Ramaphosa, président sortant de l’UA, dans son discours d’ouverture, soulignant que l’urgence sanitaire se doublait d’une « grave crise économique et sociale ».

Les dirigeants africains se montrent de plus en plus agacés face à la course effrénée aux vaccins, dans laquelle ils partent avec un lourd handicap.

Dans une récente interview, Moussa Faki Mahamat a dénoncé le « nationalisme vaccinal » et les « pays riches qui s’arrogent la priorité, certains pré-commandant même plus que ce dont ils ont besoin ».

« Sortir des salles de réunion »

Les débats à huis clos ont démarré par une intervention de Cyril Ramaphosa sur les actuels efforts africains face à la pandémie. Dans son discours il a également appelé le Fonds monétaire international (FMI) à débloquer de nouvelles ressources « pour corriger l’inégalité flagrante des mesures de relance fiscales entre les économies avancées et le reste du monde ».

Son successeur à la présidence tournante annuelle de l’organisation, son homologue de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi, s’est engagé à rendre l’UA plus pertinente en la « faisant sortir des salles de réunion ».

Félix Tshisekedi a exposé un programme ambitieux portant à la fois sur la lutte contre la changement climatique, les violences sexuelles, la promotion de la zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), ou encore le méga-projet de barrage hydro-électrique Inga dans son pays.

Autre enjeu -interne celui-là- à l’UA, le Nigérian Bankole Adeoye a été élu la tête d’un super département regroupant les Affaires politiques, et le département Paix et sécurité. Il devrait jouer un rôle crucial, aux côtés de Moussa Faki Mahamat, pour tenter de régler de nombreuses crises africaines que l’UA est accusée de négliger.

Le Conseil de Paix et de Sécurité n’a, par exemple, quasiment pas abordé le conflit entre le gouvernement camerounais et les séparatistes anglophones, ou l’essor inquiétant des islamistes radicaux dans le nord du Mozambique.

La crise au Tigré qui secoue depuis trois mois l’Éthiopie, qui abrite le siège de l’UA, fait elle partie des dossiers les plus sensibles.

Dès le déclenchement des combats début novembre, Moussa Faki Mahamat avait appelé à la cessation des hostilités entre le gouvernement d’Addis-Abeba et les autorités dissidentes du Tigré, une région du nord de l’Éthiopie. Mais le Premier ministre éthiopien et prix Nobel de la Paix 2019 Abiy Ahmed a refusé toute médiation de l’UA dans une opération « de maintien de l’ordre » relevant de la souveraineté nationale.

Ce sommet coïncide également avec l’annonce d’une nouvelle politique diplomatique des États-Unis par Joe Biden, qui souhaite renouer des liens avec les institutions multilatérales, notamment l’Union africaine.

Par Jeune Afrique avec AFP

Ce que la réforme de l’Union africaine va changer

février 6, 2021
Au siège de l’Union africaine, à Addis-Abeba, en 2016.

Le 34ème sommet de l’Union africaine s’ouvre samedi à Addis-Abeba et devrait notamment reconduire Moussa Faki Mahamat à la tête de la Commission. Il s’agira de la première élection depuis le processus de réformes entamé en 2016.

Ce samedi 6 février s’ouvre, à Addis-Abeba, le 34ème sommet des chefs d’État de l’Union africaine (UA). Au cours de ce rendez-vous, qui se déroulera pour l’essentiel en visioconférence, le Congolais Félix Tshisekedi prendra le relais du Sud-Africain Cyril Ramaphosa à la présidence tournante de l’organisation et Moussa Faki Mahamat devrait être reconduit à la tête de la Commission de l’UA.

Si le Tchadien est l’unique candidat à sa propre succession, cette élection n’est pas pour autant dénuée d’enjeux : il s’agira de la première depuis que le processus de réformes confié au Rwandais Paul Kagame et porté par Moussa Faki Mahamat a été lancé. « Nous sommes à la fin d’un processus qui a commencé en juin 2016 », commente Pierre Moukoko Mbonjo, ex-ministre camerounais des Relations extérieures, qui pilote la cellule de mise en œuvre de la réforme institutionnelle de l’UA. Ces changements sont censés rendre l’organisation plus efficace mais aussi la recentrer sur ses missions prioritaires.

Parité et fiches de poste

S’il est réélu, Moussa Faki Mahamat devra nécessairement être secondé par une vice-présidente – c’est désormais la règle. À l’inverse, si une femme devait reprendre les rennes de cette instance, son vice-président serait un homme. Que Moussa Faki Mahamat soit le seul candidat induit que le mandat du Ghanéen Kwesi Quartey à la vice-présidence ne sera pas reconduit. Kigali, qui vise le poste, a présenté la candidature de l’économiste Monique Nsanzabaganwa, gouverneure adjointe de la Banque nationale du Rwanda. La même règle s’appliquera désormais pour l’élection des commissaires : une parité parfaite devra être respectée, dans le respect des équilibres régionaux.

Les modalités de présélection ont quant à elles radicalement changé et sont d’ores et déjà en cours d’expérimentation. Pour le renouvellement des membres de la Commission, les chefs d’État ont ainsi élaboré des fiches de poste précises pour chaque département retenu. La réforme ayant réduit à six le nombre de commissaires, huit postes sont à pourvoir, dont la présidence et la vice-présidence.

Fin mai, les fiches ont été adressées au conseiller juridique de la Commission, lequel a publié sur le site internet de l’organisation un appel à candidatures ouvert aux ressortissants des États membres de l’Union. Ceux-ci disposaient alors de trois mois pour déposer leurs dossiers sur le bureau du doyen des ambassadeurs – accrédités auprès de l’UA – de leurs régions respectives. Une étape censée inciter les États à se concerter au préalable au niveau régional.

Ensuite, ledit doyen saisit le Conseiller juridique de la Commission, qui lui-même transmet les dossiers à un panel de « sages » composé de personnalités africaines choisies dans chacune des cinq régions du continent. Si celui-ci est supposé compter cinq membres, on n’en recense pour l’instant que quatre, l’Afrique du Nord n’ayant pas encore pu désigner son représentant : le Camerounais Philémon Yang (Centre), l’Éthiopienne Konjit Sinegiorgis (Est), le Namibien Tuliameni Kalomoh (Sud) et le Gambien Hassan Bubacar Jallow (Ouest).

Pouvoir sur les commissaires

Pour assister le panel dans son travail de présélection des dossiers de candidature, l’Union africaine a recruté le cabinet de conseil et d’audit PwC Afrique. Chaque prétendant, soutenu par son gouvernement, est ainsi évalué. La liste définitive, établie à la suite des entretiens, a été envoyée le 7 octobre aux États-membres et en particulier aux dix-huit pays ayant présenté un ou des candidats.

S’agissant du président et de la vice-présidente, le processus de sélection est plus politique. Il prévoit, entre autres étapes, un débat radiodiffusé opposant les candidats. Moussa Faki Mahamat étant le seul candidat en lice, cette confrontation n’aura pas lieu cette année.

L’ORGANISATION NE TIENDRA DÉSORMAIS QU’UN SEUL GRAND SOMMET ANNUEL, AU LIEU DE DEUX

Jusqu’à présent, les États membres de l’UA élisaient non seulement le président de la Commission mais aussi, directement, son vice-président et chacun des commissaires. Cela avait pour conséquence de saper l’autorité du président de la Commission, qui n’avait pas le pouvoir de nommer ou de révoquer un commissaire. Cette situation avait été identifiée comme problématique dès 2007 dans un rapport signé par le Nigérian Adebayo Adedeji, mais dont les conclusions étaient restées lettre morte. Lors du sommet extraordinaire de juin 2018, le problème avait été de nouveau posé dans la proposition de réforme, mais la majorité des États s’était opposée à l’idée de faire du président de la Commission un « dictateur » ayant pouvoir de nommer et révoquer les commissaires.

Décision a également été prise de ne garder qu’un seul grand sommet annuel de l’organisation au lieu de deux. Le sommet anciennement convoqué en juin est censé ne plus être qu’une réunion de coordination entre les communautés économiques régionales.

Il fallait également recentrer l’UA sur ses missions prioritaires. Quatre domaines ont donc été identifiés et serviront de boussole à la nouvelle commission : les affaires politiques ; la paix et la sécurité ; l’intégration économique (Zlecaf) et la représentation globale du continent.

Avec Jeune Afrique par Georges Dougueli