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Éthiopie : les rebelles du Tigré accusent l’UA de « partialité »

août 29, 2021
Des soldats tigréens à Mekele au lendemain de la reprise de la capitale du Tigré, le 29 juin 2021.

Les rebelles tigréens ont accusé dimanche l’Union africaine (UA) de « partialité » à la suite de la désignation par l’organisation panafricaine d’un médiateur dans ce conflit qui déchire le nord de l’Éthiopie depuis près d’un an.

« Il serait naïf de penser que cette mission puisse marcher », a affirmé sur Twitter le porte-parole des rebelles Getachew Reda, trois jours après la nomination de l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo comme représentant de l’UA dans la Corne de l’Afrique avec pour mission de « promouvoir la paix, la sécurité, la stabilité et le dialogue politique ».

« Résoudre une crise requiert au moins la reconnaissance de l’existence, sinon de l’importance, d’un problème, écrit le porte-parole des rebelles tigréens. Nous avons du mal à comprendre comment on peut attendre un rôle constructif de la part d’une organisation qui a donné tout son sens au mot partialité. »

Conflit dévastateur

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a pour sa part rejeté à plusieurs reprises toute proposition de médiation avec les leaders tigréens, affirmant qu’il ne s’agissait que d’une « opération limitée de maintien de l’ordre ». Abiy Ahmed avait envoyé l’armée au Tigré, région la plus septentrionale du pays, en novembre 2020 pour renverser les autorités dissidentes issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Selon le prix Nobel de la paix 2019, cette opération répondait à des attaques contre des camps de l’armée fédérale ordonnées par le TPLF. La victoire devait être rapide, mais la région s’est enfoncée dans un conflit dévastateur, marqué par de nombreuses exactions contre les civils.

L’UA dans une position délicate ?

Fin juin, les forces pro-TPLF ont repris la capitale régionale Mekele, puis l’essentiel du Tigré et poussé dans les régions limitrophes de l’Amhara et de l’Afar pour mettre fin à ce qu’elles décrivent comme un blocus humanitaire du Tigré et pour empêcher les forces pro-gouvernementales de se regrouper.

LES ALLIÉS DE L’ÉTHIOPIE ONT EMPÊCHÉ TOUTE DISCUSSION SUR LE SUJET AU CONSEIL DE SÉCURITÉ DES NATIONS UNIES

Le conflit s’est avéré un sujet délicat pour l’Union africaine, basée à Addis Abeba, et les alliés de l’Éthiopie ont empêché toute discussion sur le sujet au Conseil de sécurité des Nations unies. Selon l’ONU, le conflit a déjà placé quelque 400 000 personnes dans une situation proche de la famine.

Olusegun Obasanjo avait déjà mené en juin au titre de l’UA une mission d’observation des élections générales qui ont débouché sur une large victoire des partisans d’Abiy Ahmed, malgré l’absence de scrutin pour raisons de sécurité dans un quart du pays, dont le Tigré.

Par Jeune Afrique avec AFP

RDC/Union Africaine : lancement d’une académie temporaire pour encadrer la jeunesse

juillet 29, 2021

L’Académie des jeunes agents de changement a été lancée, le 29 juillet, à Kinshasa par le panel chargé d’accompagner le mandat de la République démocratique du Congo à la présidence de l’Union Africaine(UA). Mission : encadrer les jeunes Congolais en vue de les préparer à postuler à des postes au sein de l’UA et d’autres institutions internationales, indique le communiqué de presse du panel.

L’affiche annonçant la formation en faveur des jeunes

La cérémonie de lancement de cette académie s’est déroulée en présence du ministre de la Jeunesse, de l’Initiation à la nouvelle citoyenneté et de la Cohésion nationale, Dr Yves Bunkulu Zola, du coordonnateur du panel, le Pr Ntumba Luaba et de la commissaire chargée des Ressources humaines, des Sciences, Techniques et Innovations à l’UA, Pre Sarah Anyang Agbor.

Pour sa première session de formation, annonce le communiqué, l’Académie des jeunes agents de changement accueille cent cinquante jeunes Congolais âgés de 25 à 35 ans, dont cent onze hommes et trente-neuf femmes. Ces jeunes ont été retenus à l’issue d’un appel à candidatures qui a été diffusé au courant du mois de juin 2021 sur plusieurs plateformes numériques. A la clôture de l’appel à candidatures, indique-t-on, 1891 jeunes ont répondu sur le formulaire en ligne. Après vérification des critères d’éligibilité, c’est-à-dire l’âge, le contenu des dossiers, y compris les pièces complémentaires demandées, le comité de pré-sélection a mis de côté les candidatures ne répondant pas aux critères de base. Ce premier tri a abouti à un vivier d’environ trois cents dossiers que le comité de sélection a minutieusement examinés, pour retenir finalement cent cinquante candidats, souligne le communiqué.

Cursus et parcours variés

Les candidats retenus, explique-t-on, ont des cursus académiques et des parcours professionnels très variés, mais ils possèdent tous au moins un diplôme de graduat. Les candidats, précise-t-on, ont été retenus uniquement sur la base de leurs qualifications et expériences professionnelles, sans égard à leurs provinces d’origine. La plupart des candidats retenus résident à Kinshasa, mais 30% d’entre eux résident en provinces. Quinze Congolais de la diaspora font également partie de la liste des candidats retenus.

Formation en ligne

Du 29 juillet au 5 août, indique-t-on, ces cent cinquante jeunes et le comité organisateur vont participer à une formation en ligne organisée par la division jeunesse de la commission de l’UA. Les thèmes abordés sont : l’Union africaine et la Commission de l’Union africaine, le Panafricanisme ; Cadre de développement du rôle des jeunes (Agenda 2063, AYC, APAYE, MOCAAP, 4As) ; rôle des jeunes : cadre de développement  des jeunes (Intégration des jeunes) ; responsabilité des jeunes : AUC Programmes (AUYVC, YPP, Programme de stage et d’échange), développement de CV et technique d’entretien ; nouvelle plateforme de carrière de l’UA et exigences de recrutement.

Jeunesse, une opportunité pour le présent et une garantie pour le futur

L’Académie des jeunes agents de changement, explique-t-on, est mise en place grâce à l’appui de la division jeunesse de la commission de l’UA, en collaboration avec le ministère de la Jeunesse, l’équipe du panel chargé de l’éducation, jeunesse, science, technologie et innovation, des jeunes défenseurs de la Charte africaine de la jeunesse, du Conseil national de la jeunesse ainsi que du réseau africain des adolescents et jeunes en population et développement (AfriYAN). « Cette première initiative à l’Union africaine marque la présidence qu’assure son Excellence Monsieur le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo  avec comme thème « Arts, culture et patrimoine : leviers pour l’édification de l’Afrique que nous voulons », qui se base sur une vision stratégique d’« une union africaine au service des peuples africains », se déclinant en neuf piliers prioritaires, dont le pilier 6 qui vise à promouvoir le développement du capital humain africain pour une Afrique émergente. Investir dans le capital humain, c’est investir dans la jeunesse qui est mis au centre des actions du chef de l’Etat et président en exercice de l’UA. Dans sa vision, la jeunesse est une opportunité pour le présent et une garantie pour le futur », dit le panel.P

Avec Adiac-Congo par Patrick Ndungidi

Israël obtient le statut d’observateur à l’Union africaine

juillet 23, 2021
Mur de séparation à Jérusalem-Est

L’État hébreu réclamait ce statut auprès de l’organisation panafricaine depuis des années. En mai, le président de la commission de l’UA avait « condamné fermement » les « bombardements » israéliens dans la bande de Gaza.

L’ambassadeur israélien Aleli Admasu a présenté jeudi ses lettres de créances au président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, selon des communiqués de l’organisation panafricaine et de la diplomatie israélienne. « Cela corrige une anomalie qui a perduré pendant près de deux décennies et représente une partie importante du renforcement des relations extérieures d’Israël », s’est félicité dans un communiqué le ministre israélien des Affaires étrangères Yaïr Lapid.

La Palestine déjà observateur à l’UA

Israël entretient des relations avec 46 pays africains «et a des partenariats de grande ampleur et des coopérations dans de nombreux domaines, y compris le commerce et l’aide», selon le texte. Israël avait ce statut d’observateur au sein de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) jusqu’à sa transformation en Union africaine en 2002. La Palestine bénéficie déjà de ce statut d’observateur à l’UA, où elle compte d’importants soutiens, notamment dans le conflit israélo-palestinien.

En mai, Moussa Faki avait « condamné fermement » les « bombardements» israéliens dans la bande de Gaza ainsi que « les actions de l’armée israélienne, y compris les évictions illégales, continues et par la force de Palestiniens de leurs foyers à Jérusalem-Est (…) en flagrante violation du droit international ». De nombreux pays et organisations avaient critiqué et condamné le non respect du droit international, la répression à Jérusalem-Est et les bombardements israéliens sur Gaza.

L’escalade de violence avait fait plus de 250 morts palestiniens dont 65 enfants, et 14 morts côté israélien, dont un enfant et d’autres civils. Dans son communiqué jeudi, le président de la commission souligne que l’UA « a été très claire sur sa position selon laquelle, dans la question de la Palestine et d’Israël, une solution à deux États est nécessaire à une coexistence pacifique ». Ces dernières années, Israël a renouvelé ses relations diplomatiques avec le Maroc, le Tchad et la Guinée. Le Soudan, qui a adhéré aux accords d’Abraham il y a quelques mois, a également annoncé la normalisation de ses relations avec Israël.

Par Jeune Afrique avec AFP

Le Président de l’UA uaFélix Tshisekedi en visite de travail dans trois pays

mai 10, 2021

Avec Voc info TV

Félix Tshisekedi décline sa vision stratégique d’une Union africaine au service des peuples

février 15, 2021

« J’en appelle à une mobilisation générale des leaders occidentaux et des peuples d’Afrique, des hommes, femmes et jeunes, pour la réalisation de la vision portée par l’Agenda 2063 ». Cette exhortation adressée aux membres du corps diplomatique accrédités en RDC, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, l’a faite le samedi 13 février au Palais de la nation, à la faveur du banquet de restitution du 34e sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine.

Parlant justement des objectifs de cet agenda 2063 cristallisés autour du crédo « L’Afrique que nous voulons », le nouveau président en exercice de l’Union africaine (UA) a néanmoins reconnu les progrès réalisés dans ce cadre en 2020.  Sa vision panafricaine et stratégique liée à sa mandature à la présidence de l’UA est fondée sur la perspective d’une « Union africaine au service des peuples » et qui met essentiellement en avant la pleine participation des peuples africains au développement du continent. Le respect des principes démocratiques et de bonne gouvernance, la promotion de la justice sociale, le respect de la dignité humaine et la consolidation de la solidarité africaine sont autant de pistes de réflexion qu’entend impulser cette vision stratégique. Les priorités du premier plan décennal (2013-2023) de mise en œuvre de l’Agenda 2063 en constituent des domaines d’intervention, la finalité étant de créer « une nouvelle Afrique intégrée, prospère et pacifique, dirigée par ses propres citoyens et représentant une force dynamique sur l’arène internationale ».

Cette vision stratégique de Félix-Antoine Tshisekedi s’articule sur neuf piliers prioritaires avec un accent particulier sur les questions relatives à la sécurité sanitaire, à la lutte contre la covid-19 et la couverture vaccinale. C’est sous le signe de la continuité qu’il place son mandat à la tête de l’UA. Rien, a-t-il déclaré, « n’est plus pressant aujourd’hui que de poursuivre les accomplissements majeurs accomplis dans le cadre des initiatives de promotion de l’intégration régionale intervenues avec le lancement effectif de la Zone de libre-échange continentale africaine ainsi que la campagne Faire taire les armes et la consolidation des initiatives de l’UA dans la lutte contre la covid-19 ». Toutefois, a-t-il indiqué, sa vision stratégique ainsi que le Plan d’action soutenant sa mandature ont été remis au secrétariat de la commission qui en assurera la traduction dans les langues officielles de l’UA avant d’en faire une très large diffusion.

Pour une renaissance africaine

Tirant les enseignements de la pandémie de covid-19 et de ses conséquences désastreuses, le chef de l’Etat a indiqué qu’elle aura offert à l’Afrique « l’occasion de réexaminer ses priorités socio-économiques, de réduire ses dépendances et vulnérabilités externes, d’accroître sa capacité de résilience, en rassemblant et mobilisant les énergies et forces de ses populations ». Il a, par ailleurs, ressassé son leitmotiv d’une « Afrique émancipée qui compte sur elle-même et trouve des solutions endogènes et collectives à ses problèmes ».  Bref, une Afrique qui réunit les conditions de la « Renaissance africaine » chère aux pères fondateurs de l’UA. Sur le plan sanitaire, Félix-Antoine Tshisekedi a appelé au renforcement du système de santé, à l’investissement dans les secteurs de l’éducation et de la recherche scientifique et au développement, par chaque pays, de son capital humain.

Le mandat de la RDC à la tête de l’UA étant placé sous le signe du renforcement des liens de coopération existant avec tous les partenaires bilatéraux et multilatéraux, sans exclusive, il va sans dire que les Africains sont astreints « à agir ou réagir ensemble, dans une réponse commune ou partagée ». Là-dessus, le président de la République a salué toutes les initiatives internationales visant à promouvoir l’investissement, la croissance et le développement du continent africain à l‘instar des programmes AfricanGrowth et  Millenium challenge corporation (MCC), du Forum Chine-Afrique, de la Ticad, du Pacte du G20, etc.

« L’Afrique que nous voulons doit être une Afrique de paix. Une Afrique où du nord au sud et de l’est à l’ouest, la paix et la sécurité deviendront des cultures communes », a conclu le cinquième président du Congo indépendant qui, par-dessus-tout, tient à réaliser un mandat fructueux à la tête de l’UA avec l’appui et l’accompagnement de toutes les représentations diplomatiques présentes en RDC.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

UA : Moussa Faki Mahamat reconduit à la tête de la Commission, Félix Tshisekedi prend la présidence

février 7, 2021
Félix-Antoine Tshisekedi a reçu en audience Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine, le 3 décembre 2020.

Au premier jour de son sommet en visioconférences, l’Union africaine a reconduit à sa tête le Tchadien Moussa Faki Mahamat, en plein débat sur la lutte contre le Covid-19 et l’approvisionnement vaccinal du continent.

« Profondément honoré par ce vote de confiance historique et écrasant », a commenté sur twitter Moussa Faki Mahamat, réélu en fin d’après-midi par 51 États membres sur 55. Il se voit reconduit pour un mandat de quatre ans à la tête de la Commission de l’Union africaine, organe exécutif et institution clé de l’organisation panafricaine.

Au passage, il a félicité Monique Nsanzabaganwa, vice-gouverneur de la Banque nationale du Rwanda, élue son adjointe à la tête de la Commission.

Ancien Premier ministre du Tchad, Moussa Faki Mahamat était seul candidat à sa succession, et faisait face à des accusations -qu’il rejette- « d’une culture de harcèlement sexuel, de corruption et d’intimidation au sein de la commission », selon une récente note de l’International Crisis Group (ICG).

Certains États s’étaient également inquiétés du respect du secret de ce vote organisé à distance et par internet.

« Nationalisme vaccinal »

Organisé exceptionnellement en ligne pour éviter toute contamination, ce sommet se déroule exactement un an après la détection d’un premier cas de Covid-19 en Égypte. À l’époque, l’arrivée de l’épidémie sur le continent avait fait craindre une explosion des fragiles systèmes de santé africains, un scénario apocalyptique qui ne s’est pas réalisé.

L’Afrique reste pour l’instant relativement épargnée, avec 3,5% des cas et 4% des morts officiellement recensés dans le monde, selon le Centre de contrôle et de prévention des maladies de l’UA (Africa CDC).

Mais de nombreux pays sont actuellement confrontés à une seconde vague préoccupante et ont du mal à accéder aux vaccins, alors qu’à raison de deux doses par personne, l’Afrique aura besoin d’1,5 milliard de doses pour vacciner 60% de ses environ 1,3 milliard d’habitants.

« Cette maladie a provoqué beaucoup de souffrance et de difficultés sur notre continent », a déclaré le chef de l’État sud-africain Cyril Ramaphosa, président sortant de l’UA, dans son discours d’ouverture, soulignant que l’urgence sanitaire se doublait d’une « grave crise économique et sociale ».

Les dirigeants africains se montrent de plus en plus agacés face à la course effrénée aux vaccins, dans laquelle ils partent avec un lourd handicap.

Dans une récente interview, Moussa Faki Mahamat a dénoncé le « nationalisme vaccinal » et les « pays riches qui s’arrogent la priorité, certains pré-commandant même plus que ce dont ils ont besoin ».

« Sortir des salles de réunion »

Les débats à huis clos ont démarré par une intervention de Cyril Ramaphosa sur les actuels efforts africains face à la pandémie. Dans son discours il a également appelé le Fonds monétaire international (FMI) à débloquer de nouvelles ressources « pour corriger l’inégalité flagrante des mesures de relance fiscales entre les économies avancées et le reste du monde ».

Son successeur à la présidence tournante annuelle de l’organisation, son homologue de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi, s’est engagé à rendre l’UA plus pertinente en la « faisant sortir des salles de réunion ».

Félix Tshisekedi a exposé un programme ambitieux portant à la fois sur la lutte contre la changement climatique, les violences sexuelles, la promotion de la zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), ou encore le méga-projet de barrage hydro-électrique Inga dans son pays.

Autre enjeu -interne celui-là- à l’UA, le Nigérian Bankole Adeoye a été élu la tête d’un super département regroupant les Affaires politiques, et le département Paix et sécurité. Il devrait jouer un rôle crucial, aux côtés de Moussa Faki Mahamat, pour tenter de régler de nombreuses crises africaines que l’UA est accusée de négliger.

Le Conseil de Paix et de Sécurité n’a, par exemple, quasiment pas abordé le conflit entre le gouvernement camerounais et les séparatistes anglophones, ou l’essor inquiétant des islamistes radicaux dans le nord du Mozambique.

La crise au Tigré qui secoue depuis trois mois l’Éthiopie, qui abrite le siège de l’UA, fait elle partie des dossiers les plus sensibles.

Dès le déclenchement des combats début novembre, Moussa Faki Mahamat avait appelé à la cessation des hostilités entre le gouvernement d’Addis-Abeba et les autorités dissidentes du Tigré, une région du nord de l’Éthiopie. Mais le Premier ministre éthiopien et prix Nobel de la Paix 2019 Abiy Ahmed a refusé toute médiation de l’UA dans une opération « de maintien de l’ordre » relevant de la souveraineté nationale.

Ce sommet coïncide également avec l’annonce d’une nouvelle politique diplomatique des États-Unis par Joe Biden, qui souhaite renouer des liens avec les institutions multilatérales, notamment l’Union africaine.

Par Jeune Afrique avec AFP

Ce que la réforme de l’Union africaine va changer

février 6, 2021
Au siège de l’Union africaine, à Addis-Abeba, en 2016.

Le 34ème sommet de l’Union africaine s’ouvre samedi à Addis-Abeba et devrait notamment reconduire Moussa Faki Mahamat à la tête de la Commission. Il s’agira de la première élection depuis le processus de réformes entamé en 2016.

Ce samedi 6 février s’ouvre, à Addis-Abeba, le 34ème sommet des chefs d’État de l’Union africaine (UA). Au cours de ce rendez-vous, qui se déroulera pour l’essentiel en visioconférence, le Congolais Félix Tshisekedi prendra le relais du Sud-Africain Cyril Ramaphosa à la présidence tournante de l’organisation et Moussa Faki Mahamat devrait être reconduit à la tête de la Commission de l’UA.

Si le Tchadien est l’unique candidat à sa propre succession, cette élection n’est pas pour autant dénuée d’enjeux : il s’agira de la première depuis que le processus de réformes confié au Rwandais Paul Kagame et porté par Moussa Faki Mahamat a été lancé. « Nous sommes à la fin d’un processus qui a commencé en juin 2016 », commente Pierre Moukoko Mbonjo, ex-ministre camerounais des Relations extérieures, qui pilote la cellule de mise en œuvre de la réforme institutionnelle de l’UA. Ces changements sont censés rendre l’organisation plus efficace mais aussi la recentrer sur ses missions prioritaires.

Parité et fiches de poste

S’il est réélu, Moussa Faki Mahamat devra nécessairement être secondé par une vice-présidente – c’est désormais la règle. À l’inverse, si une femme devait reprendre les rennes de cette instance, son vice-président serait un homme. Que Moussa Faki Mahamat soit le seul candidat induit que le mandat du Ghanéen Kwesi Quartey à la vice-présidence ne sera pas reconduit. Kigali, qui vise le poste, a présenté la candidature de l’économiste Monique Nsanzabaganwa, gouverneure adjointe de la Banque nationale du Rwanda. La même règle s’appliquera désormais pour l’élection des commissaires : une parité parfaite devra être respectée, dans le respect des équilibres régionaux.

Les modalités de présélection ont quant à elles radicalement changé et sont d’ores et déjà en cours d’expérimentation. Pour le renouvellement des membres de la Commission, les chefs d’État ont ainsi élaboré des fiches de poste précises pour chaque département retenu. La réforme ayant réduit à six le nombre de commissaires, huit postes sont à pourvoir, dont la présidence et la vice-présidence.

Fin mai, les fiches ont été adressées au conseiller juridique de la Commission, lequel a publié sur le site internet de l’organisation un appel à candidatures ouvert aux ressortissants des États membres de l’Union. Ceux-ci disposaient alors de trois mois pour déposer leurs dossiers sur le bureau du doyen des ambassadeurs – accrédités auprès de l’UA – de leurs régions respectives. Une étape censée inciter les États à se concerter au préalable au niveau régional.

Ensuite, ledit doyen saisit le Conseiller juridique de la Commission, qui lui-même transmet les dossiers à un panel de « sages » composé de personnalités africaines choisies dans chacune des cinq régions du continent. Si celui-ci est supposé compter cinq membres, on n’en recense pour l’instant que quatre, l’Afrique du Nord n’ayant pas encore pu désigner son représentant : le Camerounais Philémon Yang (Centre), l’Éthiopienne Konjit Sinegiorgis (Est), le Namibien Tuliameni Kalomoh (Sud) et le Gambien Hassan Bubacar Jallow (Ouest).

Pouvoir sur les commissaires

Pour assister le panel dans son travail de présélection des dossiers de candidature, l’Union africaine a recruté le cabinet de conseil et d’audit PwC Afrique. Chaque prétendant, soutenu par son gouvernement, est ainsi évalué. La liste définitive, établie à la suite des entretiens, a été envoyée le 7 octobre aux États-membres et en particulier aux dix-huit pays ayant présenté un ou des candidats.

S’agissant du président et de la vice-présidente, le processus de sélection est plus politique. Il prévoit, entre autres étapes, un débat radiodiffusé opposant les candidats. Moussa Faki Mahamat étant le seul candidat en lice, cette confrontation n’aura pas lieu cette année.

L’ORGANISATION NE TIENDRA DÉSORMAIS QU’UN SEUL GRAND SOMMET ANNUEL, AU LIEU DE DEUX

Jusqu’à présent, les États membres de l’UA élisaient non seulement le président de la Commission mais aussi, directement, son vice-président et chacun des commissaires. Cela avait pour conséquence de saper l’autorité du président de la Commission, qui n’avait pas le pouvoir de nommer ou de révoquer un commissaire. Cette situation avait été identifiée comme problématique dès 2007 dans un rapport signé par le Nigérian Adebayo Adedeji, mais dont les conclusions étaient restées lettre morte. Lors du sommet extraordinaire de juin 2018, le problème avait été de nouveau posé dans la proposition de réforme, mais la majorité des États s’était opposée à l’idée de faire du président de la Commission un « dictateur » ayant pouvoir de nommer et révoquer les commissaires.

Décision a également été prise de ne garder qu’un seul grand sommet annuel de l’organisation au lieu de deux. Le sommet anciennement convoqué en juin est censé ne plus être qu’une réunion de coordination entre les communautés économiques régionales.

Il fallait également recentrer l’UA sur ses missions prioritaires. Quatre domaines ont donc été identifiés et serviront de boussole à la nouvelle commission : les affaires politiques ; la paix et la sécurité ; l’intégration économique (Zlecaf) et la représentation globale du continent.

Avec Jeune Afrique par Georges Dougueli

Mandat de Félix Tshisekedi à la tête de l’UA en 2021: le panel a tenu une réunion avec le ministère des Affaires étrangères

novembre 30, 2020

Le Panel chargé d’accompagner le mandat du chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, à la tête de l’Union africaine (UA) pour l’exercice 2021-2022, a fait sa première réunion conjointe avec la Task force du ministère des Affaires étrangères, le 20 novembre, au siège dudit ministère.

Pr Alphonse Ntumba Luaba

Consolider la vision stratégique et le Plan d’action pour la présidence de l’UA en 2021 selon les directives reçues du président de la République, tel a été l’objet de cette séance de travail, à en croire le coordonnateur du Panel, Alphonse Ntumba Luaba, qui s’est confié à la presse. Les échanges, a-t-il indiqué, se sont cristallisés essentiellement autour des orientations du chef de l’Etat avec comme premier axe stratégique la consolidation de la paix et de la sécurité, y compris la sécurité sanitaire en cette période post-covid-19. De l’intégration régionale avec, en sus, la continuation du projet de la zone de libre-échange continentale au Grand Inga présenté comme un projet rassembleur et d’industrialisation de l’Afrique, en passant par les questions du genre, de la jeunesse, etc., tout a donc été passé au crible par les participants à cette réunion préparatoire.

Tout en évoquant la détermination et l’engagement du président de la République, Alphonse Ntumba Luaba a indiqué que ce dernier tient à ce que la présidence de l’UA par la RDC à travers sa personne soit un tournant majeur. « Nous voulons qu’il y ait des avancées significatives de l’UA,  de sorte à favoriser l’émergence d’une UA plus attentive au sort des peuples africains et à celui des plus vulnérables de ses enfants », a-t-il martelé.

Le coordonnateur du Panel a pris l’engagement d’accompagner le chef de l’Etat dans la réussite de son mandat à la tête de l’UA conformément à son vœu le plus ardent, celui de stabiliser la RDC, de faire taire totalement les armes en Afrique, y compris à l’est de la RDC et ce, par la prévention et la lutte contre les menaces et les actions terroristes.

Notons que le panel est une structure de réflexion et de travail chargé d’assister le président Félix Tshisekedi dans l’élaboration et la mise en oeuvre de son plan d’action comme président de l’UA, de contribuer à l’analyse, à la rédaction et à la préparation des prises de position continentale du chef de l’État et d’assurer le suivi fonctionnel, administratif et financier des activités de la présidence de l’UA assurée par la RDC

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

Coronavirus : l’Union africaine dénonce les discriminations dont sont victimes les Africains en Chine

avril 11, 2020

Moussa Faki Mahamat (Tchad), ancien Premier Ministre de 2003 à 2005, il est président de la Commission de l'Union africaine depuis 2017.

Moussa Faki Mahamat (Tchad), ancien Premier Ministre de 2003 à 2005, il est président de la Commission de l’Union africaine depuis 2017. © Vincent Fournier/JA

 

Les Africains vivant dans la grande métropole chinoise de Canton, dans le sud de la Chine, dénoncent de nombreuses discriminations après plusieurs cas positifs au Covid-19 parmi la communauté nigériane. L’Union africaine a fait part de sa préoccupation et convoqué l’ambassadeur chinois à l’UA.

Expulsions, suspicion, interdictions d’entrée dans les commerces : les discriminations relayées par des Africains établis à Canton (Guangzhou), dans le sud de la Chine, ont conduit Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’Union africaine, à convoquer l’ambassadeur chinois à l’UA.

« Mon bureau a invité l’ambassadeur de Chine auprès de l’UA, M. Liu Yuxi, pour exprimer notre extrême préoccupation face aux allégations de mauvais traitements infligés aux Africains à Guangzhou et a appelé à des mesures correctives immédiates », a indiqué Moussa Faki Mahamat sur son compte Twitter.

Des discriminations également dénoncées par les ambassadeurs africains en Chine, qui ont fait part part de leur inquiétude au ministère chinois des Affaires étrangères dans une lettre ouverte adressée le 10 avril. « Le Groupe des ambassadeurs africains à Pékin exige immédiatement la cessation des tests de force, de la quarantaine et des autres traitements inhumains infligés aux Africains de la province du Guangdong en particulier et de l’ensemble de la Chine, et exige également que les Africains soient traités de la même manière que les Chinois et les autres ressortissants », dénoncent-ils.

Racisme et suspicion

La tension est ainsi montée à Canton (15 millions d’habitants) après la découverte par les autorités locales d’au moins huit personnes contaminées qui ont fréquenté l’arrondissement de Yuexiu, où vit une importante communauté africaine. Parmi eux figuraient cinq Nigérians. Ils ont déclenché un tollé en Chine après s’être échappés de leur quarantaine pour se rendre dans plusieurs restaurants et lieux publics.

Conséquence, les autorités ont testé ou placé en quarantaine quelque 2 000 personnes avec lesquelles ils avaient été en contact, a rapporté un média d’État. Canton a, jusqu’au dernier bilan établi jeudi, fait état de 114 cas « importés ». Parmi eux figurent 16 Africains, le reste étant des ressortissants chinois.

Cette statistique n’a toutefois pas freiné la suspicion à l’égard de la communauté africaine de la ville. Plusieurs Africains ont indiqué à l’AFP avoir été chassés de leur logement, puis refusés dans des hôtels.

 « On est dans la rue comme des mendiants »

« J’ai dû dormir sous un pont pendant quatre jours sans rien à manger. Je ne peux même pas acheter de nourriture, car aucun magasin ou restaurant ne m’accepte », affirme Tony Mathias, un étudiant ougandais. « On est dans la rue comme des mendiants », peste le jeune homme de 24 ans, qui dit avoir été forcé lundi de quitter l’appartement où il vivait.

Selon Tony Mathias, les policiers n’ont exigé ni dépistage ni quarantaine, mais lui ont tout simplement dit d’aller dans une autre ville. Contactée, la police de Canton a refusé de répondre à ces accusations.

Autre victime : un homme d’affaires nigérian dit avoir été chassé de son appartement cette semaine. « Quand la police nous voit, elle nous interpelle et nous demande de rentrer. Mais où est-ce qu’on peut bien aller? », soupire-t-il.

Quand tu es noir, tu ne peux pas sortir

D’autres assurent avoir été soumis à des dépistages massifs et placés en quarantaine. La Chine, qui a désormais endigué l’épidémie, interdit l’entrée des étrangers sur son territoire, notamment pour prévenir une seconde vague de contamination. La plupart des personnes qui se déplacent dans le pays doivent subir une quarantaine de 14 jours dans leur lieu de destination.

Thiam, un étudiant guinéen, affirme avoir été testé négatif. Selon lui, la police a exigé qu’il soit placé place en quarantaine, même s’il n’a pas quitté Canton depuis le début de l’épidémie en janvier. « Toutes les personnes que j’ai vu être testées sont des Africains. Les Chinois peuvent se déplacer librement. Mais quand tu es noir, tu ne peux pas sortir », dit-il.

« Malentendus »

Denny, un marchand nigérian expulsé de son appartement, dit avoir passé plusieurs jours dehors avant que des policiers ne le conduisent finalement en quarantaine dans un hôtel. « Même si on est testé négatif, la police ne nous autorise pas à rester dans notre appartement. Aucune raison n’est donnée », assure-t-il.

 

L’affaire des cinq Nigérians a entraîné un torrent de commentaires haineux sur les réseaux sociaux. Certains ont même appelé à expulser de Chine tous les Africains.

Interrogé jeudi, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a reconnu des « malentendus » dans les mesures de prévention à Canton.

« Le gouvernement chinois traite tous les étrangers en Chine de la même manière (…) et a une tolérance zéro vis-à-vis des paroles et actes discriminatoires », a-t-il assuré lors d’un point presse régulier. Il a appelé les autorités locales à « améliorer leurs mécanismes et méthodes de travail ».

Par Jeune Afrique avec AFP

 

Le Rwanda va accueillir des Africains retenus dans des camps libyens

septembre 10, 2019

 

Le Rwanda a signé ce mardi un accord avec l’Union africaine (UA) et le Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR) en vue d’accueillir temporairement des réfugiés et demandeurs d’asile africains bloqués en Libye, un accord que l’UA espère répliquer avec d’autres nations du continent.

«Nous recevrons un nombre initial de 500 (personnes) dans quelques semaines», a déclaré Hope Tumukunde Gasatura, représentante permanente du Rwanda à l’UA, lors d’une conférence de presse à Addis Abeba, aux côtés de représentants de l’organisation panafricaine et du HCR. Ce premier groupe est «composé principalement de personnes originaires de la Corne de l’Afrique», ont précisé l’UA et l’ONU dans un communiqué. Elles seront accueillies dans un centre de transit au Rwanda avant d’être relocalisées dans d’autres pays ou, si elles le veulent, retourner dans leur propre pays.

Germaine Kamayirese, la ministre rwandaise chargée des mesures d’Urgence, a déclaré à la presse à Kigali que certains réfugiés «pourraient recevoir l’autorisation de rester au Rwanda». En raison du chaos qui a suivi la chute de l’ancien dictateur Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est devenue un point de passage important pour les migrants originaires d’Afrique subsaharienne cherchant à rejoindre l’Europe.

L’ONU estime que 42.000 réfugiés africains se trouvent actuellement en Libye, a affirmé Cosmas Chanda, représentant du HCR auprès de l’UA. «Nous avons désespérément cherché des solutions pour ces gens (…), de moins en moins de pays à travers le monde sont prêts à accueillir des réfugiés», a-t-il dit.

Le président rwandais, Paul Kagame, avait proposé dès novembre 2017 d’accueillir des Africains bloqués en Libye, dans la foulée d’un reportage de CNN montrant ce qui ressemblait à un marché d’esclaves. La question a une nouvelle fois pris de l’importance dernièrement après la mort en juillet de 40 personnes, tuées par une frappe aérienne sur un centre de détention de migrants à Tajoura, dans la banlieue-est de Tripoli.

Le gouvernement rwandais se dit prêt à accueillir dans son centre de transit jusqu’à 30.000 Africains bloqués en Libye, mais uniquement par groupes de 500, afin d’éviter que le pays ne soit débordé. «C’est un moment historique, parce que des Africains tendent la main à d’autres Africains», s’est réjouie Amira Elfadil, commissaire de l’UA aux Affaires sociales. «Je suis convaincue que cela fait partie des solutions durables». L’UA espère que d’autres pays africains accepteront de fournir une aide similaire.

Depuis 2017, le HCR a «évacué» plus de 4400 réfugiés et demandeurs d’asile depuis la Libye, dont 2900 via un centre de transit au Niger et 425 via un centre de transit en Roumanie. Mais l’agence onusienne a été critiquée pour sa gestion des mécanismes de transit. Le centre de transit au Niger a rapidement été surpeuplé, tandis que les demandes d’asile ont été traitées avec lenteur.

Le Rwanda et le HCR ont «appris de l’expérience au Niger, et nous avons amélioré la procédure», a soutenu Cosmas Chanda, reconnaissant toutefois que «le processus sera très long». Selon Hope Tumukunde Gasatura, les réfugiés et demandeurs d’asile seront accueillis dans des installations qui ont déjà été utilisées par des réfugiés burundais fuyant la crise dont leur pays est le théâtre depuis 2015.

Par Le Figaro.fr avec Reuters