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RDC : Augustin Kibassa rame pour se maintenir à flot

octobre 15, 2021
Kash © Kash

Fragilisé par la polémique qui fait rage autour de la taxe sur le Registre des appareils mobiles (RAM), le ministre des Télécommunications a gagné un sursis. Mais pour combien de temps ?

La barque commence à être bien chargée… Mais Augustin Kibassa Maliba a réussi pour le moment à conserver son poste. Mercredi 13 octobre, les députés ont rejeté une motion de défiance à son égard, initiée par le Front commun pour le Congo (FCC, de Joseph Kabila) qui reproche au ministre des Postes, des Télécommunications et des Nouvelles technologies de l’information et de la communication sa volonté de maintenir la taxe sur le Registre des appareils mobiles (RAM), vouée aux gémonies par de nombreux élus et représentants de la société civile.

Les députés de la majorité présidentielle ont volé au secours du ministre, faisant valoir qu’il fallait, avant de procéder à un vote d’une telle importance, lui laisser le temps de venir s’expliquer de vive-voix devant les élus.

« Sauver le soldat Kibassa »

Augustin Kibassa a pour sa part assuré avoir entendu les critiques. Et s’être même « senti personnellement interpellé par la pertinence des interventions des députés ». Il leur a promis de saisir le gouvernement à ce sujet lors d’un prochain conseil des ministres. Une manière pour lui de partager une part des attaques dont il fait l’objet depuis plusieurs semaines avec l’ensemble du gouvernement…

Au sein de l’Union sacrée, le mot d’ordre est encore de « sauver le soldat Kibassa ». Mais pour combien de temps ? Lors de la réunion qui s’est tenue, lundi 11 octobre, pour mobiliser les députés de la majorité sur ce dossier, certains d’entre eux ont rué dans les brancards lorsque Jean-Marc Kabund-a-Kabund, premier vice-président de l’Assemblée nationale et patron de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS, de Félix Tshisekedi), a pris la défense du ministre.

Kash

Avec Jeune Afrique par Kash

Caricaturiste, bédéiste et peintre congolais installé à Kinshasa.

RDC-Religion : la Cénco fustige la haine contre l’Eglise catholique

août 2, 2021

Les cardinal, archevêques et évêques indignés face aux attaques perpétrés contre l’Eglise promettent, par ailleurs, de continuer à jouer leur rôle de sentinelle et réitère leur engagement à poursuivre l’accompagnement du peuple congolais dans la consolidation de la démocratie et l’amélioration de ses conditions de vie.

Des lieux de culte catholiques profanés

Dans leur réaction du 2 août, le cardinal, les archevêques et évêques catholiques membres du comité permanent de la Conférence épiscopale nationale de la République démocratique du Congo (Cénco) ont exprimé leur peine face à la haine contre leur église ainsi que des actes de vandalisme perpétrés contre certains lieux de culte et des installations de cette confession religieuse. « La Cénco condamne fermement ces actes de violence inadmissibles qui sont une atteinte à la  liberté religieuse et d’expression, mais aussi une entorse à la démocratie. C’est un grand recul sur le chemin de l’état de droit auquel aspire tout le peuple congolais », ont fait savoir les prélats catholiques.

Face à ces actes décriés, le cardinal, les archevêques et évêques, qui notent que le cardinal n’a pas pris une position qui n’est pas celle de la Cénco dans le cadre de sa mission prophétique, leur peine est d’autant plus grande que tous ces actes manifestent une haine contre l’Eglise catholique.  Pour la Cénco, dans sa position prise, elle ne fait qu’accomplir sa mission prophétique, dans la recherche du bien-être du peuple congolais. « Pourquoi s’en prendre à la Cénco quand elle prêche la cohésion nationale ? Pourquoi l’attaquer quand elle défend l’indépendance de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) ? », se sont-ils demandé. Ils ne s’expliquent pas que leur position leur attire la foudre.

La poursuite de sa mission

Malgré ces actes d’agression et de vandalisme, la Cénco promet de continuer à mener sa mission et réitère son engagement à poursuivre l’accompagnement du peuple congolais dans la consolidation de la démocratie et l’amélioration de ses conditions de vie. « Pour l’amour des Congolais, la Cénco ne se taira point », ont dit les prélats.

Toutefois, la Cénco, qui condamne ces actes ignobles, demande à ses fidèles chrétiens et aux défenseurs de la démocratie de ne pas réagir violemment. « La violence est l’arme de ceux qui maquent les arguments dans un débat démocratique et citoyen. Elle tue la démocratie qu’elle remplace par la dictature », a-t-elle noté.

Les prélats catholiques attendent, cependant, des commanditaires de ces actes, d’arrêter alors qu’au gouvernement, ils demandent de pendre cette situation en  main, en identifiant ces inciviques qui ont opéré à visage découvert afin qu’ils soient sévèrement sanctionnés et que plus jamais pareils attaques ne se répètent.

Dans les faits, la Cénco note, par ailleurs, que c’est depuis le mois d’avril que des actes abominables de profanation sur les lieux de culte sont enregistrés notamment à Mbuji-Mayi dans le Kasaï. Elle se dit aussi consternée de voir sur la toile, le 31 juillet, le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Augustin Kabuya, tenir des propos désobligeants à l’endroit du cardinal archevêque de Kinshasa et son secrétaire général, les accusant entre autres de politiser l’Eglise.

Les prêtres se disent choqués de constater que, juste après ces déclarations d’un de haut cadre du parti au pouvoir, des actes de vandalisme accompagnés des injures macabres sont posés à l’archevêché de Kinshasa et à la résidence du cardinal par un groupe de jeunes non autrement identifiés qui, dans leur discours, ont repris certains propos du secrétaire général de l’UDPS.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

RDC : manifestation de soutien à Tshisekedi en pleine crise avec le camp Kabila

novembre 15, 2020
Le président congolais Félix Tshisekedi, en octobre 2020 lors de la prestation de serment des nouveaux juges nommés à la Cour constitutionnelle.

Plusieurs milliers de militants du parti présidentiel UDPS ont marché samedi à Kinshasa pour soutenir les consultations initiées par le président Félix Tshisekedi en vue de constituer « une union de la nation » en pleine crise avec le camp de son prédécesseur Joseph Kabila.

Ces milliers de militants du parti présidentiel UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) ont scandé des slogans hostiles à l’ancien président Joseph Kabila. Ils ont aussi appelé, à travers des chansons, à la fin de la coalition Front commun pour le Congo (FCC) de Kabila et Cap pour le changement (Cach) de Tshisekedi qui dirige la RDC en vertu d’un accord.

Effigie de Kabila

Bien qu’encadrés par la police sous un soleil de plomb sur un trajet de près de 5 km, ces manifestants ont tenté de brûler une effigie de l’ancien président Kabila avec un cocktail Molotov. Des policiers ont rapidement éteint le feu.

« Le résultat final de la marche de ce jour est la rupture du mariage FCC-CACH », a déclaré Sylvain Mutombo, l’un des manifestants, ministre délégué à la défense et chef d’un parti allié au parti présidentiel UDPS.

C’EST UN COMPLOT POUR NEUTRALISER NOTRE AUTORITÉ MORALE JOSEPH KABILA

Sur le parcours, aucune banderole ou affiche ne reprend cet appel à la fin de la coalition FCC-Cach. Le camp Kabila voit à travers ces consultations et la marche, une tentative de refaire l’unité de l’ex-opposition dont est issue le président Tshisekedi.

« C’est un complot pour neutraliser notre autorité morale Joseph Kabila, le mettre hors-jeu, avec lui le FCC », a déclaré André-Alain Atundu, l’un des parte-parole des pro-Kabila.

Mais, les marges de Félix Tshisekedi sont cependant étroites. Le FCC fidèle à l’ex-président Kabila, revendique 319 députés sur les 500 à l’Assemblée nationale et plus de 90 sénateurs sur 109.

Le rôle des évêques

Lancées le 2 novembre, les consultations menées par le président Tshisekedi, se poursuivront lundi après la trêve du week-end.

De leur côté, les évêques catholiques ont rendu visite à l’ancien président Kabila, au candidat malheureux à la présidentielle du 30 décembre 2018, Martin Fayulu ainsi qu’au Premier ministre Sylvestre Ilunga.

Par Jeune Afrique avec AFP

RDC – Donatien N’shole (Cenco) : « L’alternance de 2018 ne donne pas les résultats escomptés »

novembre 14, 2020
L'abbé Donatien N'shole, secrétaire général de la Cenco, en janvier 2019 à Kinshasa.

La Conférence épiscopale nationale du Congo tente de jouer les médiateurs entre Tshisekedi et Kabila. Son secrétaire général, l’abbé Donatien N’shole, insiste : les consultations en cours doivent permettre de « changer les choses » en profondeur.

Lundi 9 novembre, au Palais de la Nation. Face à une forêt de micros, entouré des évêques congolais, le cardinal Fridolin Ambongo se fait solennel. Si la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a accepté de participer aux discussions que Félix Tshisekedi a lancées pour tenter de constituer cette « union sacrée » qu’il appelle de ses voeux, c’est parce que « le peuple attend beaucoup de ces consultations ».

« La situation actuelle a démontré ses limites. Le peuple n’est plus au coeur des soucis de ceux qui nous gouvernent. Il faut que quelque chose change », martèle l’archevêque de Kinshasa.

Quelques jours plus tard, une délégation de la Cenco, conduite par son président, Mgr Marcel Utembi, l’archevêque de Kisangani, a rencontré Joseph Kabila, qui a demandé aux cadres du Front commun pour le Congo (FCC) de ne pas participer de manière individuelle aux consultations. Objectif de cette rencontre :  « Lui donner des conseils, en ce moment, et aussi l’écouter afin de continuer à réfléchir », a déclaré à l’issue de l’entretien l’abbé Donatien N’shole, secrétaire général de la Cenco.

La Cenco a également rencontré Martin Fayulu, candidat malheureux à la présidentielle qui a refusé de participer aux consultations, ainsi que le Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, membre du FCC de Kabila.

L’abbé Donatien N’shole, qui a reçu Jeune Afrique au au siège de la Cenco, à Kinshasa, insiste sur le fait que la démarche des évêques congolais n’entre pas en concurrence avec les consultations menées par le chef de l’État, mais vise à favoriser l’émergence d’une « solution politique appropriée ». Et pour Donatien N’shole, l’une des principales urgences est de procéder à des réformes électorales consensuelles car « la mauvaise gestion des élections de 2018 est la principale raison de la crise actuelle ».

Jeune Afrique : En quelques jours, les évêques ont rencontré le président Félix Tshisekedi, son prédécesseur Joseph Kabila, l’opposant Martin Fayulu et le Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Quel a été le message porté ?

Donatien N’shole : La crise est profonde et les évêques ont voulu dire leur regret face au fait que, malgré leurs multiples interpellations sur les querelles intestines qui déchirent la coalition FCC-Cach [Cap pour le changement], la situation ne fait qu’empirer.

Les Congolais souffrent énormément et il n’y a pas d’avancées sur les réformes attendues. Nous sommes arrivés à la conclusion que, dans la dynamique actuelle, on ne peut pas espérer reconstruire le pays. Il faut donc une solution politique appropriée.À LIRE RDC – Matthieu Kalele : « Nous avons assisté à une régression sociale qui est allée en s’amplifiant »

Que préconisez-vous ?

Nous n’avons pas de recettes politiques à donner.

Votre initiative ne risque-t-elle pas de perturber les consultations lancées par Félix Tshisekedi ?

Pas du tout. Nous ne faisons qu’apporter notre contribution, pour impliquer les acteurs politiques et faire comprendre à tous qu’il faut mener des réformes consensuelles, en particulier en ce qui concerne les élections.

Il faut le dire avec insistance : la mauvaise gestion des élections de 2018 est la principale raison de la crise actuelle. Il faudra donc se préparer pour organiser des scrutins [en 2023] qui nous feront sortir de la crise et donneront des institutions fortes et légitimes.

La dissolution de la coalition au pouvoir vous semble-t-elle inévitable ?

Il faut une nouvelle dynamique politique. La dynamique actuelle, malheureusement, ne peut pas nous offrir de bonnes choses.

À la fin des consultations de Félix Tshisekedi, quelle option vous semble-t-elle préférable ?

Encore une fois, il ne revient pas aux évêques de dicter au président sa conduite. Mais il lui revient de prendre ses responsabilités, tout en privilégiant l’intérêt supérieur de la nation, le respect de la Constitution et l’intégrité du pays.

Comment espérer une solution consensuelle alors que certains des principaux acteurs politiques, dont les alliés de Joseph Kabila ou l’opposant Martin Fayulu, s’opposent à la démarche du président Tshisekedi ?

C’est bien pour cela que nous nous impliquons ! Tout le monde doit comprendre que la raison première de cette crise que nous traversons réside dans la mauvaise gestion des élections passées. La meilleure solution est donc de préparer, dès à présent, de bonnes élections pour 2023. Il faut atteindre le consensus sur ce point.

Pour cela, il n’est pas utile d’organiser un grand dialogue comme celui qui a débouché sur l’accord de la Saint-Sylvestre en 2016. On a surtout besoin que les principaux acteurs politiques se concentrent sur l’essentiel. Il faut plutôt imaginer un mécanisme dans lequel les grandes forces politiques peuvent se retrouver et mettre en place des réformes qui vont protéger les intérêts des uns et des autres et, surtout, répondre aux besoins de la population.

Martin Fayulu, pour avoir échangé avec lui, n’est pas fermé à l’idée échanger avec le président Tshisekedi. Mais c’est le cadre de ces consultations qui lui pose problème.À LIRE Tensions entre Tshisekedi et Kabila en RDC : l’armée appelle à ne pas « opposer les militaires les uns aux autres »

Craignez-vous que la situation actuelle débouche sur une période d’instabilité politique ?

Nous ne le souhaitons évidemment pas, mais c’est possible, si les acteurs politiques ne se montrent pas responsables. Mais l’alternance de 2018 ne donne pas les résultats escomptés. Les éléments positifs qui ont été salués au début [du mandat de Félix Tshisekedi] ne font plus espérer. Il faut changer des choses.

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala – à Kinshasa

Tensions entre Tshisekedi et Kabila en RDC : l’armée appelle à ne pas « opposer les militaires les uns aux autres »

novembre 13, 2020

Des soldats des FARDC, à Béni, dans l'est du pays, en décembre 2018 (illustration).

Alors que la tension ne cesse de monter au sommet de l’État entre le président Félix Thsisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila, le porte-parole de l’armée a mis en garde les politiques et appelé les militaires à « ne pas se laisser influencer ».

Le message, le contexte, le ton. Tout, dans la sortie médiatique de l’armée congolaise, s’apparente à une stratégie de communication de crise, alors que les tensions politiques entre le président Félix Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila ne cessent de s’accentuer à mesure que les jours passent.

Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), « condamnent avec véhémence la campagne séditieuse concoctée dans des officines rétrogrades mieux identifiés et bientôt détruites, campagne dédiée à la démoralisation des forces armées dans le but d’opposer nos militaires les uns contre les autres », a lancé d’entrée le général Léon Richard Kasonga, porte-parole de l’armée congolaise, devant les journalistes qui avaient répondu à la convocation au quartier général de l’armée ce jeudi 12 novembre.

Si le ton est si offensif, voire alarmiste, c’est, à en croire une source militaire qui s’est confiée à Jeune Afrique, notamment en raison de la polémique qu’ont suscité sur les réseaux sociaux les propos tenus la veille par Augustin Kabuya, secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

La charge de Kabuya contre Sele Yalaghuli

Au cours de la « matinée politique » organisée le mardi 10 novembre au siège du parti présidentiel, Augustin Kabuya a notamment accusé le ministre des Finances, José Sele Yalaghuli, de bloquer des fonds destinés aux forces de sécurité. « Vous voulez retourner au pouvoir, mais il faut présenter un bilan. Vous avez commis plusieurs assassinats et crimes économiques. Vos noms sont cités dans les rapports des pillages de ce pays, a alors lancé Kabuya devant des cadres de son parti, dans une diatribe visant les cadres des partis pro-Kabila. Aujourd’hui, vous vous organisez avec le ministre des Finances pour bloquer les paiements en vue de dresser l’armée, la police et les fonctionnaires contre le chef de l’État. »

Alors qu’il évoquait le bras de fer qui oppose Cap pour le changement (Cach), la coalition de Tshisekedi, au Front commun pour le Congo (FCC), de Joseph Kabila, Augustin Kabuya continue sur sa lancée, se montrant même menaçant.  « Nous sommes prêts à les affronter, et certains d’entre eux vont prendre le chemin d’exil, martèle-t-il. Ils ont choisi cette voie sans se rendre compte que, sans l’UDPS, ils auraient subi le sort des Mobutistes le 17 mai 1997. »

José Sele Yalaghuli a, depuis, annoncé avoir saisi le procureur général près la cour d’appel de Kinshasa, auprès duquel il a porté plainte pour « diffamation » et « incitation à attenter à la vie d’autrui ».

« Ne jamais trahir le Congo »

Les propos de Kabuya n’en ont pas moins trouvé un fort écho sur les réseaux sociaux. « Les auteurs de l’appel à la révolte des militaires dans les réseaux sociaux doivent savoir que leur brouhaha ne passera pas », a prévenu le général Léon Richard Kasong, qui a également balayé les allégations portant sur le défaut de paiement de la solde de militaires, évoquée par l’inspection générale des finances dans un courrier adressé à Félix Tshisekedi le 6 novembre. Au contraire, le porte-parole des FARDC assure que « les militaires en opération tout comme ceux en cantonnement perçoivent leurs soldes et divers avantages pécuniaires. »

Appelant les militaires à « demeurer unis, disciplinés et vigilants derrière le commandant suprême », le général Kasonga insiste : « Les militaires ne doivent pas se laisser ni influencer, ni entraînés dans des polémiques qui n’ont aucun rapport avec [leurs] missions constitutionnelles ».

« La discipline impose aux militaires de n’exécuter que les ordres émanant de leur hiérarchie », a encore insisté le général, rappelant aux troupes qu’elles « doivent soumission et loyauté aux institutions légalement établies, car c’est le sens même de notre serment : ne jamais trahir le Congo ».

Quant aux « politiques de tous bords », le général leur a lancé un appel solennel à « s’abstenir d’épiloguer sur les forces armées et d’adresser des invectives au commandement des forces armées ».

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala – à Kinshasa

RDC/Vie des partis. Jacquemin Shabani : « J’espère pour eux que c’est juste un discours politique, sinon c’est de la rébellion »

novembre 12, 2020

Le président de la commission électorale permanente de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a, dans un entretien avec Le Courier de Kinshasa, réagi aux communiqué final de la retraite du FCC tenue à Safari Beach à Kinshasa.

Jacquemin Shabani

Réagissant au communique final qui a sanctionné la dernière retraite des cadres du Front commun pour le Congo (FCC), Jacquemin Shabani, cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et président de la commission électorale permanente du parti (CEP), a, dans un entretien exclusif au Courier de Kinshasa, admis que le dossiers des juges à la Cour constitutionnelle était une page déjà tournée, étant donné que ladite cours fonctionne déjà avec ou sans leur consentement. « Je crois qu’en ce qui concerne les juges constitutionnels, c’est une page tourné. L’affaire des juges est derrière nous ….J’espère pour eux que c’est juste un discours politique sinon, c’est de la rébellion », a-t-il dit.

Quant au refus des membres du FCC de participer aux consultations que le chef de l’état a initiées, ce cacique de l’UDPS s’est voulu tranchant. Il estime que c’est mal poli le fait que les membres du FCC se sont retirés en retraite alors que la première autorité du pays les invite pour discuter sur des questions ayant trait à l’évolution de la vie sociale des Congolais. « J’estime que c’est imprudent et mal appris. Le président de la République vous convie et toutes les autres forces sociales à une consultation, vous, vous allez en retraite », a déclaré Jacquemin ShabaniPour ce dernier, il aurait été mieux que ces membres du FCC fassent des conclusions de leur retraite l’objet de leurs discussions avec Felix Tshisekedi.  Ce cadre de l’UDPS se dit, par ailleurs, confiant et pense qu’avant la fin de ces assises le FCC aussi sera reçu par le président de la République.

Pour l’ex-secrétaire général de l’UDPS, l’accord FCC- Cap pour le changement (Cach), qui lie Félix Tshisekedi et Joseph Kabila ainsi que leurs groupements politiques respectifs, a déjà montré ses limites. De son avis, le président de la République s’est donné beaucoup de peine pendant deux années pour couvrir les failles de cet accord et qu’il s’avère impérieux de requalifier la majorité parlementaire pour un nouveau décollage. « Lorsqu’un groupe politique se rebelle contre le pouvoir judiciaire, c’est clair que la crise est là ! Elle a été couverte par le chef de l’Etat dans l’espoir de trouver une issue favorable mais rien n’est venu. Il est donc temps de requalifier la majorité », a-t-il fait constater. Quant à l’avenir de cet accord, Jacquemin Shabani dit que ce document ne lie pas le pays indéfiniment. Ce document, pense-t-il, a été signé pour le bien du Congo et si ça ne marche pas, on peut s’en passer pour le bien des Congolais.

Pour répondre aux détracteurs de l’UDPS qui présentent aux probables futurs alliés le spectre de la trahison et qui prennent exemple sur l’actuelle situation des alliés tels que le  FCC et Vital Kamerhe, Jacquemin shabani s’indigne et invite ces derniers à considérer le combat de le l’UDPS. «  Il faut  décrypter les comportements de nos différents partenaires à partir du moment où nous avons fait le constat que ceux-ci ne sont plus en mesure de nous accompagner dans notre combat de faire développer le Congo. Là, nous invitons notre partenaire à revisiter les termes du partenariat », a-t-il insisté.

L’UDPS se prépare déjà pour un nouveau mandat de Felix Tshisekedi

Jacquemin Shabani a également réagi à propos de l’audio de Joseph Kabila diffusée par l’hebdomadaire Jeune Afrique, dans laquelle l’ex-chef de l’Etat parlait de l’accord qui le lie au rejeton du sphinx de Limete selon laquelle le Cach dont l’UDPS soutiendrait le candidat du FCC à la présidentielle en 2023. L’ex-secrétaire général de l’UDPS affirme qu’il ignore l’existence d’un tel accord et avoue, par ailleurs, que son parti est déjà à la manœuvre pour mettre en marche toutes les batteries qui vont concourir à la réélection de Felix Tshisekedi pour un nouveau mandat à la tête du pays. « Je ne suis pas au courant de cet accord auquel il a fait allusion. Le peuple et moi avions plutôt suivi cet accord gouvernemental qui est passé en direct à la télévision nationale. Je suis président de la commission électorale du parti ; mon équipe et moi-même travaillions sur la prochaine candidature du chef de l’Etat en 2023 », a-t-il déclaré.

Il est rappelé que, dans les conclusions de leur retraite, les membres du FCC ont dit maintenir leur refus de participer aux consultations que tient le chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi. Ils se sont également refusés de reconnaître la récente nomination des juges à la Cour constitutionnelle et invitent, par ailleurs, leur partenaire, le Cach, à la discussion dans un cadre prévu par l’accord de coalition qu’ils ont signé.

Avec Adiac-Congo par Christopher Khonde

RDC/Kinshasa : les marches de l’UDPS et du PPRD interdites

juillet 8, 2020

 

Le gouverneur Gentiny Ngobila Mbaka n’a pas donné son avis favorable pour les deux manifestations d’expression populaire prévues dans la capitale pour bloquer le choix de Ronsard Malonda à la tête de la centrale électorale et pour exiger la stabilité des institutions de la République.

 

Le gouverneur de la ville-province de Kinshasa, Gentiny Ngobila Mbaka, a interdit la marche du parti présidentiel, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) prévue pour le jeudi 9 juillet. Il en est de même des trois marches du Parti du peuple pour la reconstruction et le développement (PPRD) annoncées du mercredi 8 au 10 juillet dans la capitale congolaise ainsi que dans plusieurs autres villes du pays. Le chef de l’exécutif provincial motive son refus par le respect des mesures sanitaires liées à la riposte à la propagation de la pandémie à coronavirus, notamment celles édictées par le chef de l’Etat, dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, qui interdit les manifestations ou les réunions de plus de vingt personnes.

Pour le gouverneur Gentiny Ngobila,  il serait impossible lors de ces manifestations de faire respecter toutes les mesures barrières édictées dans le cadre de la riposte à la covid-19.  » Cette marche violerait ainsi les mesures restrictives prises par le chef de l’État pour stopper la propagation de covid-19« , fait comprendre le chef de l’exécutif de Kinshasa. Je tiens à vous rappeler, a-t-il écrit en réponse à ces deux formations politiques, que la République est en état d’urgence sanitaire pour lutter contre la propagation de covid-19, lequel a amené le chef de l’État à prendre des mesures restrictives, telles que l’interdiction de rassemblement de plus de vingt personnes et le respect de la distanciation physique. La manifestation que vous comptez organiser ( du mercredi 8 au vendredi 10 juillet pour le PPRD), ( du jeudi 9 juillet, pour l’UDPS), a soutenu le maire de la ville capitale, va à l’encontre de ces mesures.

Fort de cet argumentaire, Gentiny Ngobila conclut qu’il ne saurait donc prendre acte de la demande lui faite par Ferdinand Kambere, pour le compte du PPRD, et Augustin Kabuya, pour l’UDPS. L’UDPS maintient sa marche malgré ce refus du gouveneur Ngobila de prendre acte des marches de ces deux formations politiques. Pour le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, le parti de Félix-Antoine Tshisekedi maintient sa marche prevue pour le 9 juillet.  »L’UDPS ne se voit pas céder aux manœuvres de Ngobila et de sa famille politique’‘, note-t-on au parti présidentiel, qui appelle la population à participer massivement à cette manifestation pour rejeter le choix de Ronsard Malonda à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

L’UDPS, souligne-t-on, a, dans une correspondance adressée le 6 juillet au gouverneur de la ville de Kinshasa, Gentiny Ngobila, annoncé la tenue d’une marche en lui dévoilant les différents itinéraires à emprunter par les manifestants dont le point de chute est le Palais du peuple. La manifestation vise, selon ce parti, à protester contre la désignation de Ronsard Malonda à la tête de la Céni. Le PPRD, dans sa correspondance adressée le mardi 7 juillet au même gouverneur, lui annonce également sa marche, mais cette fois-ci de soutien aux institutions de la République. Si pour l’UDPS les itinéraires sont répartis en trois axes (axe 1 : Kin-Est : Echangeur de Limete-Sonahydroc-Pont Kasavubu jusqu’au Palais du peuple. Axe 2 : Binza Barré et Route Matadi – Kintambo Magasin-Rond-Point Moulaert-Marché Bayaka-Av Assosa jusqu’au Palais du peuple. Axe 3 : Rond-point Huillerie jusqu’au Palais du peuple), lit-on dans cette lettre adressée à Ngobila. le PPRD dont les activités sont prévues du 8 juillet au 10 juillet, maintient presque les mêmes itinéraires (6e rue Limete au Palais du peuple ; Kintambo magasin à la place royale ; Bandal Moulaert au Palais du peuple).

 

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

RDC/Succession de Kabund au bureau de l’Assemblée : l’UDPS s’en remet à l’arbitrage du président Tshisekedi

juin 6, 2020

 

Pour le groupe parlementaire de cette formation politique, l’autorité de référence de leur parti doit s’imposer afin de ne pas perdre ce poste « stratégique ».

 

Jean-Marc Kabund, lors du vote qui l’avait porté au bureau de l’Assemblée nationale/DR

 

Les députés devront élire le remplaçant de Jean-Marc Kabund à la première vice-présidence de l’Assemblée nationale, le 12 juin 2020. « L’élection du premier vice-président aura lieu au cours de la séance plénière du 12 juin 2020 à partir de 12 heures », a annoncé la présidente de la Chambre basse du Parlement, Jeannine Mabunda, aux députés.

Au sein de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le remplacement de son président par intérim au bureau de l’Assemblée nationale n’a pas fait l’unanimité. Le choix de son successeur continue à diviser. Le secrétaire général du parti au pouvoir en RDC, Augustin Kabuya, a officiellement instruit les députés membres de leur formation politique à ne pas postuler à ce poste laissé vacant par l’éviction de l’un de leurs et qui reviendrait de droit à l’UDPS.

Pour décanter la situation, le groupe parlementaire UDPS en appelle à l’intervention personnelle du chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi. Les députés membres de cette formation politique, par le président de leur groupe, Léon Mubikayi intervenu sur les antennes de Top Congo, disent, en effet, s’en référer à leur autorité de référence pour décanter la situation afin que leur parti ne perde pas ce poste stratégique. « On est arrivé à un niveau où on ne peut compter que sur le chef de l’Etat. C’est lui qui doit déterminer qui est son candidat pour ce poste, qui est très important pour l’UDPS. Le parti a décidé qu’on ne pouvait pas chercher à briguer ce poste mais, moi, je pense qu’il était temps que le président s’impose pour ne pas perdre ce poste », a-t-il déclaré. A en croire ce député de l’UDPS, des conseils ont été donnés mais, comme il est toujours difficile de trouver un compromis au sein, la référence est faite au président Tshisekedi pour mettre fin à cette polémique.

Le programme déjà établi

Dans ce communiqué émis pour l’annonce de la date du scrutin pour combler le vide laissé par la déchéance, le 25 mai dernier, du Jean-Marc Kabund du poste du premier vice-président de la Chambre basse du Parlement congolais, la présidente Jeannine Mabunda a également étalé tout le programme conçu pour le remplacement de ce membre du bureau de cette institution. Selon ce canevas, le dépôt des candidatures ira du samedi 6 au lundi 8 juin à 17 heures ; alors que leur examen et affichage des listes des candidats sont prévus pour le 9 juin. La compagne électorale est programmée du 9 au 10 juin à minuit. Puis, l’audition des messages des candidats, le vote et l’installation du premier vice-président de l’Assemblée nationale interviennent le jeudi 12 juin à parti de 12 heures dans la salle de plénières.

Jean-Marc Kabund, rappelle-t-on, a été évincé de ce poste de premier vice-président de la Chambre basse du Parlement à la suite d’une pétition initiée par le député Jean-Jacques Mamba, qui l’avait accusé d’affirmer sans preuve que le congrès allait coûter sept millions de dollars américains. Une vive tension avait été observée dans la salle de plénières, le 25 mai, avant le vote qui avait conduit à l’éviction de Kabund de son poste. Les députés UDPS, mécotents avaient, par la suite, quitté la salle, laissant le vote se tenir sans eux.

Dans ses premières déclarations, le premier-vice président déchu avait accepté cette décision de ses collègues députés, avant de se retracter. De son côté, son parti, l’UDPS n’a jamais accepté cette déchéance. Ce qui l’avait conduit à instruire les députés membres de son groupe parlementaire à ne pas postuler à ce poste pour succéder à Jean-Marc Kabund. Devant ce risque de voir ce poste leur échapper, les députés UDPS ont eu recours à Félix-Antoine Tshisekedi de qui ils disent attendre de trancher en « s’imposant« .

 

Avec Adiac-congo par Lucien Dianzenza

RDC: Bagarre entre députés de l’UDPS et FCC, à l’Assemblée nationale, après la destitution de Jean-Marc Kabund

mai 25, 2020

 

 

Avec Vitrine RDC

RDC/Vie des partis : Jean Marc Kabund recadre le collectif « Sauvons l’UDPS »

mars 17, 2020

 

En réaction aux charges portées contre sa personne, le président ad intérim de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) s’est exprimé, le mardi 17 mars, au lendemain des dernières violences qui ont éclaté devant le siège du parti.

 

En posture de défense face aux accusations dont il a été l’objet ces derniers temps, Jean Marc Kabund est sorti de ses gonds mardi pour tenter de recadrer ses détracteurs. Pour communiquer, il a choisi les réseaux sociaux où circule une vidéo dans laquelle il s’exprime en toute liberté, assénant des coups à tout vent, démontrant ainsi sa capacité de réaction. Très détendu et portant une torpette traduisant son attachement à l’idéal de l’UDPS, le président intérimaire avait réponse à tout, lui qui visiblement n’est pas prêt à rendre le tablier. Alors qu’expire l’ultimatum lui lancé par une frange de cadres du parti réunis au sein du collectif « Sauvons l’UDPS » pour qu’il démissionne, Jean Marc Kabund est apparu serein, comme si de rien n’était. « J’y suis et j’y reste », ainsi peut être décrypté le message qu’il a voulu faire passer dans l’opinion avec, en arrière-fond, l’idée d’éclabousser Peter Kazadi, Jacquemin Shabani et Paul Tshilumbu, ses pires adversaires.

C’est dans ce contexte de reniement et de polémique continue que le président a.i de l’UDPS a annoncé des mesures importantes à prendre incessamment en vue de restructurer et redynamiser le parti présidentiel. A propos de la mise à l’écart de Jacquemin Shabani à la tête de la Commission électorale du parti (CEP) et de l’investiture du nouveau bureau, le vice-président de la chambre basse du Parlement s’est dédouané en disant que cette décision était bien conforme à la procédure en la matière. C’est, en âme et conscience qu’il a pris la décision après vérification de sa légalité et de sa régularité et dans le souci d’éviter la cacophonie au sein de cette structure importante de l’UDPS. « Il y a lieu de rappeler que la CEP est un organe indépendant et que seule sa plénière est habilitée à élire son bureau et éventuellement à le démettre. À cet effet, considérant le principe de parallélisme des formes et des compétences, j’ai été simplement tenu informé de l’élection d’un nouveau bureau de ladite commission », a-t-il déclaré.

Jean Marc Kabund reste convaincu que les actions menées par le collectif « Sauvons l’UDPS » visent tout simplement à déstabiliser le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. « Nos détracteurs ont reçu une mission de déstabiliser le président de la République en cherchant à fragiliser l’UDPS son appareil politique d’appui », a-t-il dénoncé. Et de relever au public l’achat des consciences moyennant des espèces sonnantes et trébuchantes qui a cours actuellement aux fins de diviser l’UDPS. Parlant de la discrimination dont seraient victimes certains combattants enclins au chômage, il a contredit l’affirmation selon laquelle aucun combattant n’a trouvé du travail jusqu’à ce jour pour le compte du parti. « Certains parmi nous travaillent déjà à la présidence de la République, dans des cabinets ministériels et même dans mon cabinet à l’Assemblée nationale », a t-il indiqué.

C’est sur une note rassurante que Jean Marc Kabund a terminé son propos en s’adressant aux combattants. « Le chef de l’Etat avec son gouvernement ne ménagent aucun effort pour attirer des investisseurs dans notre pays, créer des emplois et donner du travail aux Congolais. Ce combat, la présidence du parti le mène en collaboration avec le gouvernement », a-t-il conclu comme pour les apaiser et aiguiller en eux la perspective  d’une vie meilleure.

 

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso