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RDC : André Mbata, nouvel atout de Tshisekedi au bureau de l’Assemblée

avril 28, 2022

Le député de l’UDPS succède à Jean-Marc Kabund, tombé en disgrâce, au poste de premier vice-président de l’Assemblée nationale. À travers lui, le président congolais va pouvoir renforcer son emprise sur la chambre basse.

Andre Mbata, nouveau premier vice-président de l’Assemblée nationale congolaise © DR

Il n’y avait aucun suspens. Désigné comme candidat de l’Union sacrée, André Mbata a été élu au poste de premier vice-président de l’Assemblée nationale, mercredi 27 avril. Alors que beaucoup d’élus du Front commun pour le Congo (FCC, de Joseph Kabila) boycottaient ces dernières semaines les séances consacrées aux négociations autour de la loi électorale, de nombreux députés (439) ont participé au vote. Avec 402 voix en sa faveur, André Mbata, membre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS, au pouvoir), succède à Jean-Marc Kabund.

Ancien patron du parti par intérim, Kabund a connu un début d’année mouvementé. De plus en plus critiqué par l’entourage du chef de l’État, il avait annoncé sa démission du bureau de l’Assemblée en janvier dernier, après un accrochage avec la Garde républicaine. S’il a dans un premier temps laissé planer le doute, il a finalement renoncé à son poste le 31 mars, évoquant « des raisons de convictions politiques ». Depuis, le siège stratégique de premier vice-président était donc vacant.

Ceni et « loi Tshiani »

Si Kabund, qui a largement contribué au renversement de la majorité détenue par Kabila, occupait un rôle central au sein du dispositif parlementaire de Félix Tshisekedi, André Mbata est loin d’être un inconnu au sein du camp présidentiel. Natif du territoire de Dimbelenge (Kasaï central), ce député de 61 ans, élu pour la première fois en 2006 pour le compte du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), est aujourd’hui membre du groupe parlementaire de Cap pour le changement, la coalition qui regroupe l’UDPS et l’Union pour la nation congolaise (UNC), de Vital Kamerhe.

CE DOCTEUR EN DROIT ÉTAIT SOUVENT CONSULTÉ AU SEIN DE LA MAJORITÉ AU SUJET DES DIFFÉRENTS PROJETS DE LOIS

Docteur en droit, il était, jusqu’à son élection au poste de premier vice-président de l’Assemblée, à la tête de la Commission politique, administrative et juridique de la chambre basse. À ce titre, il était souvent consulté au sein de la majorité au sujet des différents projets de lois. En mai 2021, Mbata et quelques autres députés spécialistes en droit avaient ainsi été mandatés par le président de l’Assemblée, Christophe Mboso, pour évaluer la faisabilité de la très polémique « loi Tshiani », qui prévoit de verrouiller l’accès à la magistrature suprême aux seuls citoyens nés de mères et de pères congolais.

André Mbata a aussi été au cœur de la polémique autour de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), puisqu’il dirigeait la commission paritaire mixte chargée d’étudier les candidatures. Face à l’opposition, qui a contesté le choix de Denis Kadima pour diriger l’instance, Mbata a régulièrement défendu un processus jugé « conforme » à la procédure. « Il s’agit de la meilleure équipe de la Ceni depuis que les élections ont été organisées dans ce pays », a-t-il estimé, en dépit des critiques formulées par les représentants des Églises catholique et protestante.

Nul doute que son élection viendra renforcer encore un peu plus l’emprise de Félix Tshisekedi sur l’Assemblée nationale, à l’heure où les députés votent l’une des réformes les plus importantes du quinquennat : celle de la loi électorale.

Avec Jeune Afrique par Romain Gras

RDC : la chute de Jean-Marc Kabund met (encore) l’Union sacrée en ébullition

février 5, 2022
Kash © Kash

L’annonce de la démission de Jean-Marc Kabund de son poste de premier vice-président de l’Assemblée nationale, suivi de sa radiation de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), n’en finit pas de créer des remous au sein de la coalition gouvernementale.

Mis en minorité au sein du parti sur lequel il régnait jusque-là sans partage, Kabund s’était fait de nombreux ennemis, qui n’ont pas hésité à le pousser vers la sortie à la première occasion. Ses amis, eux, sont rares. Et les quelques soutiens qu’il a reçu viennent… de ses ennemis d’hier.

Plusieurs cadres du Front commun pour le Congo de Joseph Kabila ont en effet paru venir en aide à celui qui fut longtemps considéré comme une personnalité clé du pouvoir actuel, avant que Félix Tshisekedi ne décide de s’en séparer. Du grain à moudre pour les pro-Kabila, qui accusent le chef de l’État de chercher par tous les moyens à écarter ceux qui l’ont aidé à accéder à la présidence.

Les lignes bougent

Au sein de la majorité parlementaire, le départ de celui que ses partisans surnomment le « maître-nageur » a fait bouger les lignes. Les alliés de l’UDPS se bousculent au portillon pour tenter de remplir l’espace laissé libre par ce départ soudain. Et tandis qu’une nouvelle redistribution des cartes commence au sein de la majorité, certains députés d’Ensemble pour la République de Moïse Katumbi viennent de créer un courant dit « progressiste », et cherchent à prendre leurs distances avec l’ancien gouverneur du Katanga, à qui ils reprochent de se montrer trop critique envers le gouvernement…

Avec Jeune Afrique

Kash

par Kash

Caricaturiste, bédéiste et peintre congolais installé à Kinshasa.

RDC-Célébration : Félix Tshisekedi a rendu hommage à son défunt père

février 2, 2022

Le président de la République a rendu hommage, le 1er février, au fondateur de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le Dr Étienne Tshisekedi Wa Mulumba, disparu le 1er février 2017. 

Peut être une image de 6 personnes et personnes debout 1- Félix Tshisekedi au culte d’action de grâce

La commémoration du  cinquième anniversaire du décès d’Etienne Tshisekedi Wa Mulumba a donné l’occasion au chef de l’État de se rendre à Nsele, dans la périphérie Est de Kinshasa, au mausolée où il repose. A cette occasion, une imposante statue de 8,50 m de haut représentant le Dr Etienne Tshisekedi, le bras levé et faisant un signe de victoire, a été dévoilée au public. Ce monument a été érigé en hommage à celui qui a été élevé au rang de héros national, en reconnaissance de son noble combat politique visant l’établissement d’un État de droit  en République démocratique du Congo. Le président Félix Tshisekedi a procédé aussi au dépôt d’une couronne de fleurs au mausolée, entouré de sa famille et de certains dirigeants de l’UDPS.

Quelques heures plus tôt, le chef de l’Etat avait pris part, à la paroisse catholique Sainte Anne, dans la commune de la Gombe, à une messe d ‘actions de grâce et de suffrages en la mémoire de feu Étienne Tshisekedi wa Mulumba. Cette messe de requiem, à laquelle plusieurs personnalités politiques y ont été conviées, entrait dans le cadre des différentes activités programmées par  la Maison civile du président de la République pour commémorer le cinquième anniversaire de la mort de l’illustre disparu.Peut être une image de debout, monument et plein air

2 -Dévoilement du monument en mémoire d’Etienne Tshisekedi

Prenant la parole en premier lieu, le chef de la maison civile a d’abord circonscrit le cadre de la cérémonie avant de souligner le caractère précoce de la mort du « Sphinx de Limete », eu égard aux espoirs qu’il suscitait au sein de la population congolaise. Il a présenté Étienne Tshisekedi comme un héros de la lutte pacifique désintéressée pour le bien du Congo. Le chef de la maison civile du chef de l ‘État a mis à profit l’occasion lui offerte pour  annoncer  l’instauration, à l’Unikin, du Prix « Excellence Étienne Tshisekedi »  qui récompensera chaque  année les meilleurs étudiants de cette Alma  mater, une façon de récompenser la jeunesse estudiantine de cette université.

Dans son homélie, l’officiant du jour,  Mgr Félicien Mwanana, évêque de Luiza, dans la province du Kasaï central, a présenté Étienne Tshisekedi pour quelqu’un qui a fait la politique comme un apostolat, mieux, comme une charge, celle d’appliquer sa propre vision politique telle que résumée dans le slogan de « Le peuple d’abord ».

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

RDC : Jean-Marc Kabund radié de l’UDPS, parti présidentiel

janvier 31, 2022
Jean-Marc Kabund

Le parti présidentiel en République démocratique du Congo a destitué et exclu son président Jean-Marc Kabund qui assure l’intérim du Président Félix Tshisekedi depuis son accession au pouvoir en 2019.

La destitution et l’exclusion de Jean-Marc Kabund interviennent deux semaines après que ce dernier ait annoncé sa démission de ses fonctions de premier vice-président de l’Assemblée nationale.

“Vu la gravité des manquements mis à sa charge, la commission nationale de discipline prend les sentences suivantes : déchéance de M. Jean-Marc Kabund, de toutes ses fonctions au sein de l’UDPS Tshisekedi”, souligne la décision de la commission de discipline du parti.

Kabund est accusé d’escroquerie “par la vente des cartes, acte de corruption et d’extorsion dans les nominations aux postes de l’État, violences physiques et verbales sur les combattants” et de n’avoir pas répondu aux convocations de la commission de discipline.

Il est également mis à sa charge la “supercherie politique en s’autoproclamant informateur lors de la coalition FCC-CACH et de l’agression répétée contre les éléments de la garde républicaine”.

Kabund avait annoncé sa démission via son compte Twitter mais peine à la formaliser devant l’Assemblée nationale. Il a été désavoué par les élus de son camp et d’autres instances au sein de la coalition gouvernementale, l’union sacrée qui regroupe des dissidents du camp de l’ancien président Joseph Kabila, des membres de l’ancienne opposition et des partisans de Tshisekedi.

Le Président entend briguer un second mandat, mais ses opposants l’accusent d’avoir pris le contrôle de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et de la cour constitutionnelle.

Par Lassaad Ben Ahmed  avec Pascal Mulegwa

RDC-UDPS : Jean-Marc Kabund de plus en plus isolé !

janvier 22, 2022

Le président par intérim du parti présidentiel, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), et vice-président de l’Assemblée nationale, qui voit le cercle autour de lui se rétrécir chaque jour, reste comme un homme seul, déplumé et perdant une grande partie de son soutien.

Jean-Marc Kabund/DR

Après avoir été lâché par certains députés de l’Union sacrée qui disent attendre la session prochaine pour lui régler les comptes, en cas de non-concrétisation de ses menaces de démissionner de son poste à l’Assemblée nationale, Jean-Marc Kabund voit de plus en plus son cercle se rétrécir.

Cette fois-ci, ce sont les secrétaires nationaux de l’UDPS et leurs adjoints qui le désavouent et lui retirent leur confiance.

Dans une communication faite le 21 janvier, trente-sept secrétaires nationaux du parti présidentiel et leurs adjoints réitèrent leur soutien au chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et désavouent par la même occasion le président par intérim de leur formation politique et vice-président de la chambre basse du Parlement, Jean-Marc Kabund. Les signataires lui reprochent la « répétition d’un comportement inacceptable envers le chef de l’Etat », « les actes ignobles et de barbarie causés en s’attaquant à la Garde présidentielle », « la mise en circulation des vidéos avec intention de ternir l’image de marque de l’autorité suprême de la nation », ainsi que son « adresse subversive dans laquelle il appelle les combattants à lui faire allégeance pour le suivre dans sa nouvelle vision politique en opposition au pouvoir en place et aux statuts du parti ».

La messe est déjà dite !

L’opinion se rappellera les paroles de l’ancien directeur de cabinet du président Félix-Antoine Tshisekedi, Vital Kamerhe, à sa famille, avant la dernière audience de sa condamnation dans le cadre du procès du programme des Cent jours du chef de l’Etat. Cette dernière soirée avant le prononcé du verdict, Kamerhe aurait averti son épouse et ses enfants de l’issue fatale de ce procès. « La messe est déjà dite », leur aurait-il dit, selon lui-même.

Pour Jean-Marc Kabund également, les choses sont en train de se préciser, malgré que lui-même ait fait le rétropédalage, par rapport à sa démission dont il avait annoncé avec pompe le dépôt de la lettre au bureau de l’Assemblée nationale.

Les secrétaires nationaux de l’UDPS et leurs adjoints disent ne pas pouvoir restés indifférents face à ce « comportement peu modeste de M. Jean-Marc Kabund ». Renouvelant leur attachement à Félix Tshisekedi et leur accompagnement dans son mandat, ils ont également affirmé avoir pris acte de la démission unilatérale de Jean-Marc Kabund. Ils ont rappelé que celui-ci n’a consulté ni le chef de l’Etat moins encore le parti, tombant ainsi sous le coup d’un « manque de respect et/ou de chantage à l’endroit de la haute autorité de référence du parti ». « Pour ce motif, nous condamnons cette attitude et le désavouons. Par conséquent, lui retirons toute confiance », ont déclaré les secrétaires nationaux de l’UDPS et leurs adjoints.

Les signataires de la déclaration demandent, par ailleurs, aux députés nationaux et provinciaux ainsi qu’à toute la base de l’UDPS d’en tirer toutes les conséquences politiques et de droit. Ils en appellent également aux combattants de rester mobilisés et vigilants, dans l’attente de nouvelles orientations. Ces responsables de l’UDPS ont, enfin, renouvelé leur soutien à l’armée, particulièrement à la Garde présidentielle, à la police et aux services de sécurité, avec lesquels ils doivent travailler en harmonie, pour la paix sur l’ensemble du pays.

Las carottes sont-elles cuites pour Kabund ? C’est le cas de le dire, parce que l’homme est de plus en plus isolé et les derniers verrous risquent de sauter d’ici peu, pour lui permettre d’écrire une autre page de son histoire sociale et politique. Sa garde, rappelons-le, a eu une altercation, il y a près de deux semaines, avec un élément de la Garde présidentielle qu’elle a maîtrisé, désarmé et amené devant la justice militaire. En représailles, la Garde présidentielle serait allée vandaliser la résidence du vice-président de l’Assemblée nationale, qu’elle a accusé d’avoir donné l’ordre aux policiers commis à sa garde d’humilier un de ses éléments commis à la garde d’un membre du chef de l’Etat, et, par là, tout le corps. Jean-Marc Kabund, dont cet acte sur la voie publique de Kinshasa n’est pas le premier du genre, avait annoncé qu’il allait introduire, en début de la semaine dernière, sa lettre de démission au bureau de l’Assemblée nationale. L’opinion a été surprise que celui qui avait annoncé avec pompe et fermeté sa décision, rétropédalant, ne l’a jamais concrétisée. Et depuis, des réactions vont dans le sens de pousser Jean-Marc Kabund à agir comme préalablement annoncé.

Avec Addiac-Congo par Lucien Dianzenza

RDC: Jean-Marc Kabund, après sa démission, distille quelques mots auprès de ses militants de l’UDPS

janvier 15, 2022

Avec Yoka Son TV UDPS

RDC : Tshisekedi réserve-t-il son grand cru pour le prochain mandat ?

janvier 15, 2022
Félix Tshisekedi, chef d’État congolais et président de l’UA en 2021, au Sommet de Paris pour le financement des économies africaines, le 18 mai 2021. © Ludovic Marin/Pool via REUTERS

À moins de deux ans de la présidentielle, le président congolais aura-t-il le temps et les marges de manœuvres suffisantes pour peaufiner son bilan et convaincre ses compatriotes ? Majorité, opposition, société civile, tout le monde pense déjà à 2023.

« Laissez décanter et oxygénez » : ce tutoriel de consommation de vins s’appliquerait-il aux process politiques, singulièrement lorsqu’ils sont congolais ? À ceux qui accusent le régime Tshisekedi d’avoir consumé une bonne moitié de son mandat présidentiel en affinages politiciens, les aficionados de « Fatshi » répondraient qu’une décantation quasi œnologique était indispensable après les périodes fermentées de Mobutu Sese Seko et des Kabila père et fils.

Dans cette sorte de mise en carafe d’un alcool politique congolais plutôt âcre, le fils de feu Étienne devait d’abord séparer le vin de goutte de l’alternance du dépôt de la continuité. Sans le jeu de bonneteau dont Emmanuel Ramazani Shadary fut le leurre, Félix Tshisekedi aurait-il pu constituer finalement son Union sacrée de la nation expurgée des kabilistes ?

Après sédimentation, dans la foulée d’une nouvelle majorité déjà en passe de célébrer son premier anniversaire, vint le temps des limogeages, des poursuites et des audits : à la Gécamines, au gouvernorat du Lualaba, à la Banque centrale du Congo (BCC) ou ceux que l’on décèle dans les interlignes de quelques contrats sino-congolais.

L’ivresse de l’autosatisfaction

Ajoutez à la décantation purgative l’oxygénation par la promotion de nouvelles personnalités politiques et le tour de passe-passe semblait jouer. Trop tard ? Alors que la précampagne de l’élection présidentielle de fin 2023 ne devrait pas manquer de débuter dès 2022, faut-il se résigner à ne voir dans le mandat actuel qu’une transition, un apprentissage, un soubassement, voire un tour de chauffe ?

Pour filer la métaphore vinicole jusqu’à la lie électorale, le régime peut brandir le millésime de la présidence – même mitigée – de l’Union africaine, avec l’affirmation d’un charisme présidentiel à l’international, charisme jusque-là sous-estimé, voire insoupçonné.

L’ENQUÊTE « CONGO HOLD-UP » POURRAIT DEVENIR UNE ALLIÉE OBJECTIVE DU PRÉSIDENT CANDIDAT

Et puisque le vin de la précampagne est presque tiré –  le président est candidat à sa réélection –, autant le boire en acceptant l’ivresse de l’autosatisfaction : la croissance de l’économie pour 2021 a dépassé les prévisions du Fonds monétaire international (FMI) ; des infrastructures se concrétisent, comme la route à péage vers Dar es-Salaam ; les réserves de la BCC augmentent ; les filières cacaoyères et caféicoles se professionnalisent ; la collecte fiscale s’affine ; la Cour des comptes prend ses marques ; le collectif budgétaire est en hausse ; les investissements dans les secteurs de l’électricité ou de la fibre laissent espérer la diversification économique tant invoquée…

Certes, il y a loin de la coupe du grand cru aux lèvres populaires. En ce qui concerne la mise en lumière, par les futurs candidats-adversaires, du verre à moitié vide – l’insuffisant succès économique au regard du potentiel ou l’introuvable sécurité dans l’est du pays –, « Congo Holdup » pourrait devenir un allié objectif du président-candidat. L’enquête collaborative pourrait en effet tout autant anesthésier les envies de revanche rapide du clan de Joseph Kabila que refroidir les ambitions présumées de certains poids lourds comme Moïse Katumbi.

Tshisekedi s’est fait un prénom et le vin est censé se bonifier avec l’âge. Si le beaujolais nouveau sort en novembre, à quand le « Fatshi » nouveau ?

Damien Glez

Avec Afrique par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

RDC : Augustin Kibassa rame pour se maintenir à flot

octobre 15, 2021
Kash © Kash

Fragilisé par la polémique qui fait rage autour de la taxe sur le Registre des appareils mobiles (RAM), le ministre des Télécommunications a gagné un sursis. Mais pour combien de temps ?

La barque commence à être bien chargée… Mais Augustin Kibassa Maliba a réussi pour le moment à conserver son poste. Mercredi 13 octobre, les députés ont rejeté une motion de défiance à son égard, initiée par le Front commun pour le Congo (FCC, de Joseph Kabila) qui reproche au ministre des Postes, des Télécommunications et des Nouvelles technologies de l’information et de la communication sa volonté de maintenir la taxe sur le Registre des appareils mobiles (RAM), vouée aux gémonies par de nombreux élus et représentants de la société civile.

Les députés de la majorité présidentielle ont volé au secours du ministre, faisant valoir qu’il fallait, avant de procéder à un vote d’une telle importance, lui laisser le temps de venir s’expliquer de vive-voix devant les élus.

« Sauver le soldat Kibassa »

Augustin Kibassa a pour sa part assuré avoir entendu les critiques. Et s’être même « senti personnellement interpellé par la pertinence des interventions des députés ». Il leur a promis de saisir le gouvernement à ce sujet lors d’un prochain conseil des ministres. Une manière pour lui de partager une part des attaques dont il fait l’objet depuis plusieurs semaines avec l’ensemble du gouvernement…

Au sein de l’Union sacrée, le mot d’ordre est encore de « sauver le soldat Kibassa ». Mais pour combien de temps ? Lors de la réunion qui s’est tenue, lundi 11 octobre, pour mobiliser les députés de la majorité sur ce dossier, certains d’entre eux ont rué dans les brancards lorsque Jean-Marc Kabund-a-Kabund, premier vice-président de l’Assemblée nationale et patron de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS, de Félix Tshisekedi), a pris la défense du ministre.

Kash

Avec Jeune Afrique par Kash

Caricaturiste, bédéiste et peintre congolais installé à Kinshasa.

RDC-Religion : la Cénco fustige la haine contre l’Eglise catholique

août 2, 2021

Les cardinal, archevêques et évêques indignés face aux attaques perpétrés contre l’Eglise promettent, par ailleurs, de continuer à jouer leur rôle de sentinelle et réitère leur engagement à poursuivre l’accompagnement du peuple congolais dans la consolidation de la démocratie et l’amélioration de ses conditions de vie.

Des lieux de culte catholiques profanés

Dans leur réaction du 2 août, le cardinal, les archevêques et évêques catholiques membres du comité permanent de la Conférence épiscopale nationale de la République démocratique du Congo (Cénco) ont exprimé leur peine face à la haine contre leur église ainsi que des actes de vandalisme perpétrés contre certains lieux de culte et des installations de cette confession religieuse. « La Cénco condamne fermement ces actes de violence inadmissibles qui sont une atteinte à la  liberté religieuse et d’expression, mais aussi une entorse à la démocratie. C’est un grand recul sur le chemin de l’état de droit auquel aspire tout le peuple congolais », ont fait savoir les prélats catholiques.

Face à ces actes décriés, le cardinal, les archevêques et évêques, qui notent que le cardinal n’a pas pris une position qui n’est pas celle de la Cénco dans le cadre de sa mission prophétique, leur peine est d’autant plus grande que tous ces actes manifestent une haine contre l’Eglise catholique.  Pour la Cénco, dans sa position prise, elle ne fait qu’accomplir sa mission prophétique, dans la recherche du bien-être du peuple congolais. « Pourquoi s’en prendre à la Cénco quand elle prêche la cohésion nationale ? Pourquoi l’attaquer quand elle défend l’indépendance de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) ? », se sont-ils demandé. Ils ne s’expliquent pas que leur position leur attire la foudre.

La poursuite de sa mission

Malgré ces actes d’agression et de vandalisme, la Cénco promet de continuer à mener sa mission et réitère son engagement à poursuivre l’accompagnement du peuple congolais dans la consolidation de la démocratie et l’amélioration de ses conditions de vie. « Pour l’amour des Congolais, la Cénco ne se taira point », ont dit les prélats.

Toutefois, la Cénco, qui condamne ces actes ignobles, demande à ses fidèles chrétiens et aux défenseurs de la démocratie de ne pas réagir violemment. « La violence est l’arme de ceux qui maquent les arguments dans un débat démocratique et citoyen. Elle tue la démocratie qu’elle remplace par la dictature », a-t-elle noté.

Les prélats catholiques attendent, cependant, des commanditaires de ces actes, d’arrêter alors qu’au gouvernement, ils demandent de pendre cette situation en  main, en identifiant ces inciviques qui ont opéré à visage découvert afin qu’ils soient sévèrement sanctionnés et que plus jamais pareils attaques ne se répètent.

Dans les faits, la Cénco note, par ailleurs, que c’est depuis le mois d’avril que des actes abominables de profanation sur les lieux de culte sont enregistrés notamment à Mbuji-Mayi dans le Kasaï. Elle se dit aussi consternée de voir sur la toile, le 31 juillet, le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Augustin Kabuya, tenir des propos désobligeants à l’endroit du cardinal archevêque de Kinshasa et son secrétaire général, les accusant entre autres de politiser l’Eglise.

Les prêtres se disent choqués de constater que, juste après ces déclarations d’un de haut cadre du parti au pouvoir, des actes de vandalisme accompagnés des injures macabres sont posés à l’archevêché de Kinshasa et à la résidence du cardinal par un groupe de jeunes non autrement identifiés qui, dans leur discours, ont repris certains propos du secrétaire général de l’UDPS.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

RDC : manifestation de soutien à Tshisekedi en pleine crise avec le camp Kabila

novembre 15, 2020
Le président congolais Félix Tshisekedi, en octobre 2020 lors de la prestation de serment des nouveaux juges nommés à la Cour constitutionnelle.

Plusieurs milliers de militants du parti présidentiel UDPS ont marché samedi à Kinshasa pour soutenir les consultations initiées par le président Félix Tshisekedi en vue de constituer « une union de la nation » en pleine crise avec le camp de son prédécesseur Joseph Kabila.

Ces milliers de militants du parti présidentiel UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) ont scandé des slogans hostiles à l’ancien président Joseph Kabila. Ils ont aussi appelé, à travers des chansons, à la fin de la coalition Front commun pour le Congo (FCC) de Kabila et Cap pour le changement (Cach) de Tshisekedi qui dirige la RDC en vertu d’un accord.

Effigie de Kabila

Bien qu’encadrés par la police sous un soleil de plomb sur un trajet de près de 5 km, ces manifestants ont tenté de brûler une effigie de l’ancien président Kabila avec un cocktail Molotov. Des policiers ont rapidement éteint le feu.

« Le résultat final de la marche de ce jour est la rupture du mariage FCC-CACH », a déclaré Sylvain Mutombo, l’un des manifestants, ministre délégué à la défense et chef d’un parti allié au parti présidentiel UDPS.

C’EST UN COMPLOT POUR NEUTRALISER NOTRE AUTORITÉ MORALE JOSEPH KABILA

Sur le parcours, aucune banderole ou affiche ne reprend cet appel à la fin de la coalition FCC-Cach. Le camp Kabila voit à travers ces consultations et la marche, une tentative de refaire l’unité de l’ex-opposition dont est issue le président Tshisekedi.

« C’est un complot pour neutraliser notre autorité morale Joseph Kabila, le mettre hors-jeu, avec lui le FCC », a déclaré André-Alain Atundu, l’un des parte-parole des pro-Kabila.

Mais, les marges de Félix Tshisekedi sont cependant étroites. Le FCC fidèle à l’ex-président Kabila, revendique 319 députés sur les 500 à l’Assemblée nationale et plus de 90 sénateurs sur 109.

Le rôle des évêques

Lancées le 2 novembre, les consultations menées par le président Tshisekedi, se poursuivront lundi après la trêve du week-end.

De leur côté, les évêques catholiques ont rendu visite à l’ancien président Kabila, au candidat malheureux à la présidentielle du 30 décembre 2018, Martin Fayulu ainsi qu’au Premier ministre Sylvestre Ilunga.

Par Jeune Afrique avec AFP