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Emmanuel Macron et les dirigeants de l’UE rendent hommage à Giscard d’Estaing

décembre 2, 2021

Un an jour pour jour après sa disparition, le « grand capitaine » de l’Europe est mis à l’honneur au Parlement européen, à Strasbourg.

Emmanuel Macron a rendu hommage a l'ancien president mort le 2 decembre 2020.
Emmanuel Macron a rendu hommage à l’ancien président mort le 2 décembre 2020.© FREDERICK FLORIN / POOL / AFP

Le président français Emmanuel Macron, aux côtés des dirigeants de l’UE, a rendu jeudi hommage, au premier anniversaire de sa mort, à l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing, « grand capitaine du projet européen ». « Valéry Giscard d’Estaing rendit notre Union plus démocratique », « plus solide et plus solidaire » et « plus étroite », a souligné le président français dans l’hémicycle du Parlement européen à Strasbourg, précédé à la tribune des dirigeants des trois institutions européennes, le président du Parlement David Sassoli, celui du Conseil européen Charles Michel et la présidente de la Commission Ursula von der Leyen.

Pour Valéry Giscard d’Estaing, « l’Europe était plus qu’une utopie pour un avenir lointain et certainement plus qu’un vague paquet d’opportunités économiques sur le plus petit dénominateur commun politique », a insisté le président allemand Frank-Walter Steinmeier. Mais il était aussi l’« ami de l’Allemagne et des Allemands », et particulièrement du chancelier de l’époque, Helmut Schmidt, a-t-il rappelé devant l’épouse de l’ancien président, Anne-Aymone Giscard d’Estaing, ses enfants et petits-enfants.

Nicolas Sarkozy et Jean-Pierre Raffarin sur place

La cérémonie, initialement prévue le jour anniversaire de la naissance de VGE, le 2 février, a été retardée de dix mois en raison de la situation sanitaire. Elle a donc finalement eu lieu un an jour pour jour après son décès des suites du Covid-19, le 2 décembre 2020, à l’âge de 94 ans. Parmi les quelques centaines d’invités présents figuraient l’ancien président français Nicolas Sarkozy et l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. La présidente grecque, Katerina Sakellaropoulou, et les présidents portugais, Marcela Rebelo de Sousa, bulgare, Roumen Radev, et slovène, Borut Pahor, sont également venus à Strasbourg célébrer la mémoire de VGE.

« Homme d’exception à qui notre Europe doit tant » et « Européen aux mille facettes », selon les mots de David Sassoli, Valéry Giscard d’Estaing « a été architecte et artisan de l’intégration européenne tout au long de sa vie », a souligné Ursula von der Leyen. « Il est frappant aujourd’hui de constater combien les lignes de crête de son action dessinent les défis d’aujourd’hui et inspirent notre génération pour les relever », a considéré Charles Michel à la tribune du Parlement européen, au côté d’un grand portrait de l’ancien président.

Giscard d’Estaing « a fait progresser la démocratie française »

Député européen de 1989 à 1993, après son mandat présidentiel, Valéry Giscard d’Estaing est considéré comme l’un des bâtisseurs de l’Europe, ayant œuvré pour des étapes essentielles de sa construction telles la création du Conseil européen, l’élection du Parlement européen au suffrage universel direct, les prémices de l’union monétaire ou encore la fondation de l’Agence spatiale européenne, comme l’avait rappelé l’Élysée en amont de la cérémonie. Des actions rappelées par des images d’archives lors de la cérémonie. À partir de 2001, VGE présida la Convention sur l’avenir de l’Europe, engageant débats et réflexions sur l’évolution de l’Union.

Les dirigeants de l’UE ont aussi souligné à plusieurs reprises son action qui « a fait progresser la démocratie française », avec l’abaissement de la majorité à 18 ans, la dépénalisation de l’avortement ou le divorce par consentement mutuel.

« Nous vous demandons de réussir »

À moins d’un mois du début de la présidence française du Conseil de l’UE, Emmanuel Macron, accompagné de son épouse, profite de cette visite à Strasbourg pour rencontrer, à l’issue de la cérémonie, les responsables des groupes politiques du Parlement européen afin d’évoquer ses priorités pour ce semestre de présidence tournante.

À cinq mois aussi de l’élection présidentielle, le chef de l’État entend faire de cette présidence française un moment de promotion de l’Europe et d’accélération des décisions des 27 sur plusieurs sujets, comme la politique migratoire, la taxation carbone aux frontières européennes ou encore l’instauration d’un salaire minimum dans toute l’UE alors que six pays n’en disposent pas. Citant les ultimes volontés de VGE pour l’Europe, son « cri du cœur : « nous vous demandons de réussir » », Emmanuel Macron a enchaîné : « Nous n’avons pas le choix et nous y sommes prêts. » Une messe, ouverte au public, en mémoire de Valéry Giscard d’Estaing doit avoir lieu en la cathédrale de Strasbourg à 15 heures.

Par Le Point avec AFP

Covid-19 : une plainte contre l’UE pour violation des droits de l’homme

novembre 30, 2021

Les syndicats d’infirmières de vingt-huit pays et territoires, représentant plus de 2,5 millions d’agents de santé, ont déposé une plainte auprès du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, accusant certains pays à revenu élevé opposés à une dérogation temporaire aux Adpic à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), d’une violation des droits.

Dans une lettre soumise par Global Nurses united et Progressive International, au nom des syndicats d’infirmières au rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à la santé, Tlaleng Mofokeng, ce dernier est exhorté à entreprendre une mission pour enquêter et déterminer comment les actions de l’Union européenne (UE) et de ses États membres, du Royaume-Uni, de la Norvège, de la Suisse et de Singapour en refusant de soutenir une dérogation à l’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (Adpic), à l’OMC, « constituent une violation continue de leurs obligations de garantir le droit à la santé physique et mentale de chacun ». Selon la lettre, « ces pays ont violé nos droits et les droits de nos patients – et ont causé la perte d’innombrables vies – d’infirmières et d’autres soignants et de ceux dont nous avons pris soin ».

Une dérogation temporaire aux Adpic permettrait aux pays de fabriquer des produits covid-19 (vaccins et traitements), pendant la pandémie sans solliciter le consentement d’un titulaire de brevet. Pour les partisans, cela aiderait à stimuler la production de technologies covid-19 et à résoudre les problèmes et les inégalités d’approvisionnement en vaccins. Mais certains pays à revenu élevé et sociétés pharmaceutiques se sont opposés à la dérogation, affirmant que les brevets ne sont pas le problème, mais que la capacité de fabrication est limitée à l’échelle mondiale. Certains ont également déclaré que la levée des brevets ne suffirait pas, compte tenu du fait que la fabrication de produits covid-19 nécessitera également des transferts de technologie de la part des sociétés d’origine.

Un appel a été lancé pour les réunions ministérielles de l’OMC cette semaine, qui a été reportée, après la détection d’une nouvelle variante de covid-19 nommée Omicron. Pour le directeur de la communication de Progressive International, James Schneider, le report de la réunion et la détection d’une nouvelle variante de covid-19 ne font que renforcer le dossier des infirmières. Il y a plus d’un an que l’Inde et l’Afrique du Sud ont soumis une proposition à l’OMC visant à  renoncer temporairement aux protections de la propriété intellectuelle pour les produits covid-19.

Malgré le soutien de plus de cent pays, dont les États-Unis, la proposition n’a pas encore été adoptée. Certains experts affirment que des investissements supplémentaires (main-d’œuvre) seraient toujours nécessaires en plus de la propriété intellectuelle. Mais d’autres soutiennent qu’il existe des moyens d’y remédier, car il existe des usines de fabrication potentielles qui peuvent être modernisées pour produire des vaccins covid-19, et  un corps d’ingénieurs à la retraite dans le monde qui pourrait fournir une expertise dans l’intervalle, a rapporté le directeur technique de Racing Point, Andrew Green.  

Avec Adiac-Congo par Noël Ndong

Migrants illégaux: « pas de remise en cause » des accords du Touquet, il faut un accord UE/Royaume-Uni, selon Darmanin

novembre 29, 2021
Migrants illegaux: "pas de remise en cause" des accords du Touquet, il faut un accord UE/Royaume-Uni, selon Darmanin
Migrants illégaux: « pas de remise en cause » des accords du Touquet, il faut un accord UE/Royaume-Uni, selon Darmanin© AFP/FRANCOIS LO PRESTI

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a affirmé lundi qu’il n’y aurait « pas de remise en cause » des accords du Touquet sur la frontière franco-britannique et souhaité un accord entre l’Union européenne et le Royaume-Uni pour endiguer les traversées de migrants illégaux dans la Manche.

Il faut un « accord Union européenne (UE) et Grande-Bretagne » car « cela ne peut pas être un simple accord de réadmission de migrants sur le territoire » français, a déclaré M. Darmanin, rejetant fermement la proposition du Premier ministre britannique Boris Johnson.

Il s’exprimait lors d’une conférence de presse après la réunion le matin d’un Conseil de défense de sécurité intérieure, présidée par le chef de l’État Emmanuel Macron, et consacrée à la lutte contre les traversées de la Manche par des immigrés clandestins.

« Ce que nous voulons », a-t-il insisté, « c’est un accord équilibré qui offre de réelles solutions y compris aux problèmes de la France et de l’Europe (…) Nous ne voulons pas d’un accord unilatéral ».

Gérald Darmanin a annoncé que le Premier ministre Jean Castex écrirait mardi à son homologue Boris Johnson pour lui proposer de travailler à l’élaboration de cet accord.

« C’est un accord qui règle le travail entre la Grande-Bretagne et les pays frontaliers dans un cadre d’immigration pas négocié lors du Brexit », a souligné le ministre.

M. Darmanin a par ailleurs rejeté toute « remise en cause » des accords du Touquet (2004) qu placent la frontière britannique côté français, ainsi que l’ont suggéré plusieurs personnalités d’opposition, en rappelant que ce texte ne concernait que l’immigration légale.

Par ailleurs, il a mis en garde les Britanniques contre toute velléité de remettre à la mer les migrants qui arriveraient sur leurs côtes, ce qui serait « une ligne rouge inacceptable ». « Nous n’accepterons jamais la pratique des refoulements en mer », a-t-il assuré, car « le Royaume-Uni n’est pas exonéré du droit international ».

Plus tôt lundi matin, Gérald Darmanin avait appelé le Royaume-Uni à ouvrir un « accès légal à l’immigration » et à prendre « ses responsabilités ».

« Que faire avec les Anglais ? Et bien qu’ils changent leur législation, qu’ils prennent leurs responsabilités », avait-il lancé sur BFM/RMC, rappelant que, chaque année, 30.000 demandes d’asile sont enregistrées en Grande-Bretagne contre environ 150.000 en France.

Soulignant la nécessité de lutter contre les passeurs, le ministre a annoncé le doublement des effectifs de l’Office central dédié à la lutte contre l’immigration clandestine.

Il a prévu de se rendre mardi en « Slovénie » et vendredi en « Pologne » dans le cadre de la préparation du Conseil des ministres de l’Intérieur européen le 9 décembre prochain, qui évoquera le dossier.

Par Le Point avec AFP

Le vaccin de Valneva contre le Covid-19 décroche une commande de l’Union européenne

novembre 10, 2021

Après un premier contrat avorté avec le Royaume-Uni, le laboratoire franco-autrichien vient de conclure un accord avec la Commission européenne. Les premières livraisons pourraient débuter en avril 2022.

C’est sans nul doute un soulagement pour Valneva. La Commission européenne a annoncé mercredi 10 novembre avoir conclu un accord avec le laboratoire franco-autrichien pour l’achat de son vaccin contre le Covid-19. Selon les termes du contrat, la biotech, installée à Saint-Herblain près de Nantes, fournira aux pays membres de l’Union européenne jusqu’à 60 millions de doses de VLA2001 – le nom de son candidat-vaccin à virus inactivé –, au cours des deux prochaines années, dont environ 27 millions de flacons en 2022.

Après le camouflet infligé par le Royaume-Uni, qui avait brutalement rompu son contrat avec l’entreprise pharmaceutique il y a deux mois, et qui prévoyait la fourniture de 100 millions de doses à Londres, la commande de la Commission européenne arrive à point nommé pour Valneva. La société, qui travaille sur l’élaboration de son vaccin contre le Covid-19 depuis le printemps 2020, avait dévoilé mi-octobre des résultats « initiaux positifs » de ses essais cliniques de phase 3 – dernière étape avant la mise sur le marché – pour son produit.

Ce nouveau vaccin viendra compléter l’arsenal mis à disposition par l’Union européenne pour répondre à la crise sanitaire. « Le vaccin Valneva ajoute une autre option à notre vaste portefeuille, une fois que son innocuité et son efficacité auront été prouvées par l’Agence européenne des médicaments », a commenté la commissaire européenne à la santé, Stella Kyriakides.

L’annonce du contrat européen a redonné des couleurs à la société

L’arrivée de ce vaccin à virus inactivé, une technologie plus « traditionnelle » que celle de l’ARN messager utilisée par les vaccins de Pfizer-BioNTech et Moderna – les deux solutions les plus administrées aujourd’hui en Europe –, pourrait notamment convaincre certains adultes aujourd’hui réticents à se faire vacciner. Les Etats-membres pourraient également décider de faire don d’une partie de ces vaccins aux pays à revenu faible et intermédiaire, où les taux de vaccination sont encore faibles.

Il reste désormais au laboratoire franco-autrichien à obtenir une approbation des autorités réglementaires européennes afin de débuter la commercialisation de son produit. L’agence européenne des médicaments devrait bientôt dans ce cadre, commencer la revue progressive des données du VLA2001. Sous réserve d’une autorisation, les premières livraisons de vaccins, dont Valneva a déjà entamé la production depuis plusieurs mois, arriveront en avril 2022.

En attendant, l’annonce du contrat européen a redonné des couleurs à la société, qui avait chuté en Bourse après la résiliation du contrat avec Londres. Le titre progressait de plus de 20 % en milieu d’après-midi mercredi.

Avec Le Monde par Zeliha Chaffin

Migrants : fortes tensions à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie

novembre 8, 2021

L’Union européenne accuse le président biélorusse, Alexandre Loukachenko – lequel dément –, d’avoir orchestré l’arrivée d’une vague de migrants et de réfugiés, en réponse aux sanctions imposées par Bruxelles.

Des migrants tentent de franchir le passage frontalier de Kuznica, le lundi 8 novembre 2021.
Des migrants tentent de franchir le passage frontalier de Kuznica, le lundi 8 novembre 2021. HANDOUT / VIA REUTERS

Les autorités polonaises ont averti, lundi 8 novembre, que des centaines de migrants, en provenance de la Biélorussie, essayaient de franchir la frontière de la Pologne, limite orientale de l’Union européenne (UE). Cette dernière accuse le président biélorusse, Alexandre Loukachenko – lequel dément –, d’avoir orchestré l’arrivée d’une vague de migrants et de réfugiés, venus principalement du Moyen-Orient pour tenter d’entrer sur le territoire de l’UE, en réponse aux sanctions imposées par Bruxelles à la suite de la répression brutale de son régime contre l’opposition.

La Pologne a envoyé des milliers de soldats à la frontière, y a construit une clôture de fils barbelés à lames de rasoir et a appliqué un état d’urgence local interdisant aux journalistes de travailler. « Un groupe de quelques centaines de personnes se dirigent vers le passage frontalier de Kuznica. Un groupe a déjà essayé de franchir la frontière », a déclaré à la presse le porte-parole du gouvernement polonais Piotr Müller. Selon lui, cette opération est organisée « par les personnes liées à des services spéciaux biélorusses ».about:blankhttps://acdn.adnxs.com/dmp/async_usersync.html

« L’utilisation des migrants par le régime [du président biélorusse Alexandre] Loukachenko comme tactique hybride est inacceptable », a estimé dans un communiqué un responsable de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord. Et d’ajouter : « Nous sommes préoccupés par la récente escalade à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie. Nous appelons la Biélorussie à se conformer au droit international. »

Une partie de la clôture frontalière détruite

Depuis lundi matin, des dizaines de vidéos ont été publiées sur les réseaux sociaux. Les images montrent des groupes de centaines de personnes, avec des vêtements chauds et des sacs à dos, marchant le long d’une route. Selon une géolocalisation faite par le service de vérification des informations de l’Agence France-Presse, une des vidéos a été prise près de bâtiments situés à Bruzgi, en Biélorussie, à 1,2 km de la frontière avec la Pologne. Une vidéo publiée sur Twitter par le ministère de la défense polonais fait, quant à elle, état de centaines de migrants massés le long de la frontière près du poste-frontière de Kuznica-Bruzgi.

Une autre vidéo publiée par le ministère de l’intérieur montre une partie de la clôture frontalière installée par la Pologne détruite, avec, d’un côté, des centaines de migrants et, de l’autre, des soldats, gardes-frontières polonais et des policiers en tenue antiémeute. « Les services polonais ont empêché les migrants de se frayer un chemin du côté polonais au sud du poste-frontière de Kuznica. La situation était sous contrôle », a fait savoir le ministère dans le tweet.

De leur côté, les gardes-frontières biélorusses ont confirmé lundi dans un communiqué : « En ce moment, un grand groupe de réfugiés avec des effets personnels se déplace le long de l’autoroute vers la frontière avec la Pologne. »

Cellule de crise

A Varsovie, une cellule de crise du gouvernement – à laquelle ont participé le premier ministre, Mateusz Morawiecki, et les ministres de l’intérieur et de la défense – s’est réunie à 13 heures pour discuter de la situation. Au moins dix migrants sont morts jusqu’à présent dans la région, dont sept du côté polonais de la frontière, selon le quotidien du pays Gazeta Wyborcza.

La chef de l’opposition biélorusse, Svetlana Tsikhanovskaïa, a reproché lundi au président Alexandre Loukachenko d’avoir orchestré ce qu’elle a qualifié d’« attaque hybride » et a appelé le Conseil de sécurité des Nations unies à réagir dans un message publié lundi sur Twitter :

« Les migrants sont poussés à la frontière par des hommes armés. Loukachenko est pleinement responsable de l’attaque hybride contre la Pologne, la Lituanie et l’Union européenne. Le trafic de migrants, la violence et les mauvais traitements doivent cesser. Une réponse forte est nécessaire. #UNSC devrait discuter de cette crise. »

Avec Le Monde avec AFP

Soudan : après le coup d’État, les grandes puissances placent leurs pions

octobre 27, 2021
Le général en chef de l’armée soudanaise, Abdel Fattah al-Burhane, à Khartoum, le 26 octobre 2021. © ASHRAF SHAZLY/AFP

Avec le putsch militaire survenu le 25 octobre, le pays suscite l’intérêt de nombreux pays. États-Unis, Égypte, Émirats… chacun cherche à préserver ses intérêts face à la nouvelle donne politique.

Le coup d’État militaire au Soudan, le 25 octobre dernier, est un nouveau camouflet pour la diplomatie américaine. Les putschistes n’ont pas hésité à agir quelques jours seulement après la réunion de crise entre le Premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, et l’envoyé spécial de Washington, le sous-secrétaire d’État américain Jeffrey Feltman, à Khartoum.

Signe de leur intérêt pour le pays, les États-Unis ont été les premiers à condamner le coup d’État, aussitôt suivis par l’Union européenne, la Ligue arabe et l’Union africaine (UA), notamment. Après la timide réaction de l’organisation continentale face aux coups d’État survenus cette année au Mali, au Tchad et en Guinée, le président de l’UA, Moussa Faki Mahamat, a exprimé le 25 octobre sa « profonde consternation » face à la « situation actuelle au Soudan », appelant à la reprise des consultations entre civils et militaires, au strict respect des droits humains, et à la libération de tous les dirigeants politiques arrêtés. Une réunion d’urgence du Conseil de paix et de sécurité de l’UA a été convoquée dans la foulée. 

L’Égypte et les Émirats, soutiens des putschistes ?

Les yeux sont également rivés sur l’Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad), la principale organisation régionale de la Corne de l’Afrique. Elle est attendue sur ce dossier après avoir été mise à l’écart lors du déclenchement de la guerre au Tigré, en Éthiopie, en novembre 2020.

DANS LA BATAILLE DU GRAND BARRAGE DE LA RENAISSANCE, LE CAIRE GAGNE UN ALLIÉ PLUS CLAIR

Pour le voisin éthiopien, le coup d’État au Soudan est d’ailleurs une mauvaise nouvelle. Face au Premier ministre Hamdok, l’armée soudanaise faisait pression depuis des mois pour qu’une ligne plus agressive à l’encontre d’Addis-Abeba soit adoptée. Le Soudan, l’Éthiopie et l’Égypte sont en conflit autour du contrôle des eaux du Nil à cause de la construction du Grand Barrage de la Renaissance (Gerd) par Addis-Abeba. Dans cette bataille, Le Caire gagne un allié plus clair depuis que les militaires soudanais ont exclu les civils du pouvoir. 

Vus par de nombreux politiciens et militants soudanais comme ayant soutenu – voire encouragé – le coup d’État, les Égyptiens, tout comme les Émiratis et les Saoudiens, feront sans doute profil bas dans un premier temps. Leur inflexibilité idéologique va être mise à l’épreuve. Ces pays semblent craindre davantage une transition démocratique au Soudan que l’influence de leurs ennemis politiques, les Frères musulmans.

À la recherche de nouveaux alliés

Les mouvements politiques islamistes soudanais, liés au Parti du Congrès national d’Omar el-Béchir et aux Frères musulmans, appellent depuis plusieurs semaines à un coup d’État contre les civils du gouvernement de transition. Le putsch du 25 octobre va relancer leur combat contre les réformes politiques, économiques et judiciaires déjà entamées. Alors que le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et le prince héritier des Émirats arabes unis Mohammed ben Zayed al-Nahyan sont des ennemis déclarés des Frères et de leurs affiliés, des représentants égyptiens et émiratis vont se rendre à Khartoum, comme ce fut le cas après le renversement d’Omar el-Béchir en avril 2019, pour défendre leurs intérêts dans les négociations à venir.

La junte va avoir grand besoin de ses alliés dans le Golfe, car avec cette nouvelle donne politique, l’accord international de réduction de la dette du Soudan, l’accord avec le FMI et la Banque mondiale et les centaines de millions de dollars d’aide bilatérale américaine vont être menacés.

NOUS APPELONS LE PEUPLE SOUDANAIS À MANIFESTER

Le pays, dont l’avenir politique demeure incertain, promet donc de devenir un jeu d’échec entre grandes puissances. Alors qu’Abdallah Hamdok était encore détenu par les militaires, son bureau a publié une déclaration exhortant les manifestants à descendre dans la rue pour protéger les récents progrès accomplis en matière de droits démocratiques. « Nous appelons le peuple soudanais à manifester en utilisant tous les moyens pacifiques possibles… pour reprendre sa révolution aux voleurs. »

Ce mardi 26 octobre, le Premier ministre renversé a été ramené chez lui par les militaires, mais il reste en résidence surveillée. Et les manifestants continuaient de battre le pavé. 

Avec Jeune Afrique par Patrick Smith

Congo-Port de Pointe-Noire : l’UE soutient la construction d’un site des pêcheurs artisanaux

août 18, 2021

L’ambassadeur sortant de l’Union européenne (UE) au Congo, Raul Matheus Paula, a réitéré, le 16 août, la volonté de l’institution de financer la réalisation du projet de port de pêche artisanal moderne dans la deuxième ville du Congo. Approuvée depuis 2019, l’initiative bénéficie aussi d’un appui de l’Agence française de développement (AFD).

Des pêcheurs artisanaux/DR

Ces dernières années, la porte maritime congolaise connaît une forte expansion de la pêche industrielle au détriment des activités de la pêche artisanale dont dépend la majorité de la population riveraine. Malgré les alertes données par les experts, le risque lié à la surpêche et à la destruction de l’environnement ne faiblit pas. En décembre 2017, par exemple, plus de 110 navires opérant sur une zone de pêche relativement limitée étaient recensés, contre 60 en 2015.

L’aide des partenaires européens vise à contenir l’expansion de la pêche industrielle au niveau de la côte de Pointe-Noire, à travers une gestion plus durable des ressources halieutiques. Il s’agit de renforcer la filière halieutique locale, afin qu’elle joue son rôle dans l’approvisionnement alimentaire du pays. L’essentiel des captures est souvent vendu sur le marché national, principalement dans les villes de Pointe-Noire et de Brazzaville.

L’UE devrait débloquer, pour cela, un montant total de 29,3 millions d’euros, soit près de 20 milliards FCFA, dont la gestion est déléguée à l’AFD. Cette enveloppe est destinée exactement à la construction d’un ouvrage de protection de la zone de débarquement de la pêche artisanale. Les travaux devraient normalement débuter dès le deuxième semestre 2020. Une partie de la subvention de l’UE est censée revenir au ministère en charge de la Pêche pour la mise en place d’un système de suivi-contrôle-surveillance de l’activité de pêche maritime.

« C’est d’abord à la pêche artisanale et à la population locale que devrait bénéficier ce programme. À terme, la maîtrise de l’effort de pêche et un bon dispositif de suivi-contrôle-surveillance garantissent le non-épuisement des ressources, la préservation de tout un pan de l’économie locale et de la sécurité alimentaire des habitants du Congo », a expliqué Hélène Gobert de l’AFD.

Les dirigeants du Port autonome de Pointe-Noire(PAPN) sont directement concernés par le projet, car la subvention devrait également permettre une mise en conformité du port aux standards internationaux, principalement en matière de gestion des déchets, des matières dangereuses et des pollutions aux hydrocarbures. « C’est une subvention qui s’est arrimée à un prêt que nous a octroyé l’AFD. Elle va permettre non seulement de réaliser un port de pêche moderne, d’accompagner, d’assister également le volet pêche artisanale », a précisé le directeur général du PAPN, Séraphin Bhalat.

L’annonce de l’ambassadeur sortant de l’UE, lors d’une rencontre d’adieux avec le chef de l’État congolais, constitue une lueur d’espoir pour les bénéficiaires du projet de port des pêcheurs artisanaux.

Avec Adiac-Congo par Fiacre Kombo

Covid-19 : l’Angleterre met fin à la quarantaine pour les voyageurs vaccinés aux Etats-Unis et dans l’UE, à l’exception de la France

juillet 28, 2021

La présence du variant Beta sur le territoire français préoccupe les autorités britanniques, qui ont choisi d’exclure le pays de la liste des pays concernés par cette mesure très demandée par les expatriés.

Une passagère à l’aéroport londonien d’Heathrow, le 10 juillet 2020.
Une passagère à l’aéroport londonien d’Heathrow, le 10 juillet 2020. DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP

La France est le seul pays de l’Union européenne à ne pas bénéficier de cet assouplissement. Les voyageurs complètement vaccinés contre le Covid-19, dans l’Union européenne (UE) ou aux Etats-Unis, seront désormais exemptés de quarantaine en Angleterre, a annoncé, mercredi 28 juillet, le gouvernement britannique.

Cette mesure, ardemment réclamée par les expatriés et par le secteur touristique, entrera en vigueur à partir de lundi à 5 heures, heure française, a précisé le ministère britannique des transports. Mais elle ne s’appliquera pas aux arrivées de France.

La France exclue à cause du variant Beta

Pour les voyageurs venus de pays classés « orange », soit la grande majorité des destinations touristiques, dont l’UE et les Etats-Unis, le Royaume-Uni impose une quarantaine d’au moins cinq jours, ainsi que de coûteux tests. Le pays avait déjà exempté de quarantaine les arrivants vaccinés par le service de santé britannique, mais pas ceux vaccinés à l’étranger, au grand désespoir des expatriés britanniques dans ces pays, pour lesquels tout retour à la maison est très difficile.about:blankclose

Désormais, l’Angleterre appliquera la même mesure aux personnes vaccinées dans l’Union européenne ou aux Etats-Unis, pour les arrivées de tous les pays de la liste orange, sauf la France, en raison de la présence du variant Beta, répertorié pour la première fois en Afrique du Sud. « Des règles distinctes vont continuer de s’appliquer pour les arrivées de France », a affirmé le ministère dans un communiqué.

Les voyageurs vaccinés aux Etats-Unis devront, eux, prouver en plus qu’ils sont résidents aux Etats-Unis. Un test PCR restera obligatoire deux jours après leur arrivée. En outre, ces mesures ne concernent pas les pays classés « rouge » par Londres, comme l’Inde, les Emirats arabes unis, ou les pays d’Amérique du Sud. Seuls les résidents du Royaume-Uni peuvent en revenir, en observant une coûteuse quarantaine à leurs frais, dans des hôtels réservés à cet effet.

Par Le Monde avec AFP

Covid-19 : l’UE ouvre ses portes aux voyageurs entièrement vaccinés

mai 19, 2021

Les États membres de l’UE sont parvenus à un accord concernant la circulation de voyageurs étrangers en Europe : cela concerne les personnes vaccinées.

Les représentants des États membres se sont mis d’accord mercredi pour permettre l’entrée dans l’Union européenne aux voyageurs de pays tiers ayant reçu les doses nécessaires de vaccins anti-Covid autorisés au niveau européen. À l’approche de la saison touristique estivale, les ambassadeurs des 27 ont approuvé cette recommandation proposée par la Commission européenne, qui n’est toutefois pas d’application contraignante pour les États. Mais l’UE tente de coordonner ses mesures aux frontières extérieures, étant donné leurs conséquences sur la libre circulation au sein du bloc.

L’UE a fermé ses frontières extérieures en mars 2020 pour les voyages dits non essentiels et établi à partir de juin une liste restreinte, révisée régulièrement, de pays tiers dont les résidents – vaccinés ou non – peuvent entrer dans l’Union. Les représentants des États membres ont aussi accepté mercredi d’assouplir le critère du taux d’incidence du virus pris en compte pour élaborer cette liste. Le taux est relevé de 25 à 75 cas (pour 100 000 habitants sur les 14 derniers jours).

La liste, qui compte actuellement sept pays (AustralieIsraëlNouvelle-ZélandeRwandaSingapour, Corée du Sud, Thaïlande, plus la Chine en attente de réciprocité), devrait significativement s’allonger en conséquence. Parallèlement, les États membres se sont mis d’accord pour mettre en place un mécanisme d’urgence coordonné pour suspendre rapidement les arrivées d’un pays tiers en cas de détérioration de la situation sanitaire due à l’apparition de variants.

Avec Le Point

UE-Côte d’Ivoire : 1 milliard d’euros pour le cacao ivoirien, vraiment ?

février 28, 2021
Cacao

Si l’annonce de l’ambassadeur de l’Union européenne (UE) en Côte d’Ivoire a fait du bruit, il y a encore loin de la parole aux actes : seuls 25 millions d’euros sont à ce jour confirmés.

C’est ce que l’on appelle un effet d’annonce. En fin de semaine dernière, l’ambassadeur de l’Union européenne (UE) en Côte d’Ivoire, Jobst von Kirchmann, a mentionné une enveloppe pouvant aller jusqu’à un milliard d’euros destinée à la filière ivoirienne de l’or brun sur la période 2021-2027 pour l’aider à devenir plus durable.

La déclaration, faite à nos confrères de Reuters et qui a marqué les esprits, intervenait un mois après une réunion mi-janvier à Abidjan entre les autorités ivoiriennes – la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de fèves – et l’UE – son premier acheteur – pour discuter de l’avenir de leurs relations commerciales cacaoyères.

Et pour cause : l’UE prévoit de présenter d’ici à l’été 2021 une nouvelle réglementation visant à interdire l’importation de produits liés à la déforestation et à rendre obligatoire un « devoir de vigilance » pour les acteurs privés. Une réforme qui va bousculer le secteur de l’or brun et l’obliger à renforcer ses contrôles sur l’origine des fèves – un sujet hautement sensible – s’il veut continuer à avoir accès au marché européen. D’autres réunions sont d’ailleurs prévues en mars à Bruxelles et Abidjan.

Beaucoup d’incertitudes

C’est dans ce cadre que l’UE défend la mise en œuvre d’un projet Team Europe – cacao durable devant apporter une « enveloppe budgétaire très importante », a indiqué en janvier l’ambassadeur avant d’évoquer le chiffre choc d’un milliard un mois plus tard, en réunissant l’ensemble des financeurs potentiels : les États européens, la Banque européenne d’investissement (BEI), les institutions de développement nationales (AFD, KfW, GIZ,…) et même les chocolatiers privés.

Sauf que, dans les faits, il reste encore beaucoup d’incertitudes. « L’exercice de programmation 2021-2027 pour la Côte d’Ivoire est toujours en cours et sera conclu cette année. En ce moment aucune décision n’a encore été prise », a indiqué une porte-parole de l’UE sollicitée par Jeune Afrique.

« Si elle devait être retenue, un montant important serait alloué à cette importante priorité [la Team Europe], mais aucun chiffre ne peut être fourni à ce stade », a-t-elle ajouté.

Pour l’heure, la seule aide confirmée, annoncée fin janvier, se monte à 25 millions d’euros, une somme bien modeste face aux ambitions affichées. Et elle n’est pas destinée à la seule Côte d’Ivoire, mais aussi au Ghana et au Cameroun.

Enjeux multiples et complexes

La majeure partie de la somme (17 millions) financera de l’assistance technique « dans des domaines tels que la surveillance de la déforestation, la fourniture de services analytiques et consultatifs, la facilitation des politiques, les interventions spécifiques tout au long de la chaîne de valeur et le soutien aux investissements », précise l’UE.

Les 8 millions restant doivent « soutenir des réformes législatives substantielles en Côte d’Ivoire » afin de « créer un nouveau cadre juridique pour la production et le commerce du cacao ».

« Un apport de 200 millions d’euros serait déjà énorme », souligne un bon connaisseur du secteur, expliquant que l’enveloppe pourrait gonfler si les prêts ciblés aux États étaient inclus dans le dispositif. Localement, un acteur du secteur met, lui, en avant la difficulté pour l’UE de soutenir efficacement la filière face aux enjeux multiples et complexes que sont la déforestation, le travail des enfants et le revenu des producteurs.

Sollicité par Jeune Afrique, le Conseil café cacao, organisme de régulation du secteur en Côte d’Ivoire, n’a pas donné de suite avant la publication de cet article.

Avec Jeune Afrique par Estelle Maussion