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L’Union européenne veut se débarrasser du pétrole russe d’ici six mois

mai 4, 2022
Une station service en Allemagne.

L’embargo sur le pétrole russe risque d’entraîner une hausse du prix de l’essence sur le territoire de l’Union européenne. Photo : Getty Images/Maja Hitij

Embargo sur le pétrole russe, déconnexion d’autres banques du système SWIFT, interdiction de diffusion pour certains médias : la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a officiellement dévoilé mercredi son sixième train de sanctions destiné à punir la Russie pour son agression militaire de l’Ukraine.

La pièce de résistance de ces sanctions, qui doivent encore être validées, est la mise en œuvre d’ici six mois d’un embargo sur le pétrole russe, qui compte actuellement pour environ 25 % des importations des 27 pays membres de l’Union européenne (UE).

Les produits raffinés seraient aussi interdits d’ici la fin de l’année. Il s’agira d’un embargo total sur l’ensemble du pétrole russe, livré par voie maritime ou via des oléoducs, brut ou raffiné, a expliqué Mme von der Leyen.

Ça ne sera pas facile, car certains États membres sont fortement dépendants du pétrole russe. Mais nous nous devons de le faire.

« Poutine doit payer le prix, et le prix fort, pour son agression brutale. »— Une citation de  Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne

La cheffe de l’exécutif européen n’a pas évoqué de dérogations à cet embargo, mais des diplomates européens annoncent depuis déjà quelques jours que la Hongrie et la Slovaquie, deux pays enclavés très dépendants du pétrole russe, seront exemptés de l’embargo jusqu’à la fin de 2023.Ursula von der Leyen, souriante, marche dans une enceinte.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à son arrivée pour une session du Parlement européen, mercredi, à Strasbourg. Photo : Getty Images/AFP/Patrick Hertzog

Le front uni que souhaite présenter l’Union européenne devant la Russie menace toutefois de se fissurer en Hongrie, où le premier ministre nationaliste Viktor Orban, qui a noué des liens étroits avec Vladimir Poutine, a rejeté jusqu’ici tout embargo sur le pétrole ou le gaz venus de Moscou.

Nous ne voyons pas de plan concernant la manière de réussir une transition sur la base des propositions actuelles et de garantir la sécurité énergétique de la Hongrie, a commenté le service de presse du gouvernement hongrois, sans s’avancer clairement sur un rejet du projet de la Commission européenne.

Nous ne voterons pas pour des sanctions qui rendraient impossible l’approvisionnement de la Hongrie en pétrole ou en gaz, avait prévenu mardi le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto.

« Il ne s’agit pas d’une décision politique […] c’est une véritable question d’approvisionnement pour nous, car il est actuellement impossible de faire fonctionner la Hongrie et son économie sans le pétrole russe. »— Une citation de  Peter Szijjarto, ministre hongrois des Affaires étrangères, mardiViktor Orban, assis, parle avec un homme qui se tient debout.

Le premier ministre de la Hongrie, Viktor Orban, lors de la session inaugurale du Parlement, à Budapest, le 2 mai 2022. Photo : Reuters/Bernadett Szabo

Le ministre tchèque de l’Industrie et du Commerce, Jozef Sikela, a jugé qu’il manquait un mécanisme visant à répartir les contraintes consécutives à cet embargo sur le pétrole russe.

La proposition ne précise pas […] comment les volumes manquants seront répartis équitablement afin de partager cette charge, et il manque aussi une proposition sur des achats et une distribution groupés, a-t-il déclaré à Reuters. C’est encore à l’étude, mais pour moi, c’est un problème, a-t-il dit.

Le ministre allemand de l’Économie, Robert Habeck, a soutenu que son pays serait en mesure de supporter l’embargo sur le pétrole en tant que nation, mais a prévenu que des perturbations dans son approvisionnement pourraient survenir.

Il a notamment précisé que la raffinerie PCK située à Schwedt, dans l’État régional du Brandebourg, et qui appartient au conglomérat russe Rosneft pourrait particulièrement être concernée. Celle-ci fournit environ 90 % du pétrole consommé à Berlin et dans la région environnante, y compris l’aéroport de Berlin Brandebourg (BER).

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a a réagi en faisant valoir que des sanctions européennes était une arme à double tranchantEn essayant de nous faire mal, ils devront aussi payer le prix fort. Ils le payent déjà. Et le coût des sanctions pour les citoyens de l’Europe va croître de jour en jour, a-t-il dit.

D’autres banques russes dans la ligne de mire

Le nouveau train de sanctions européennes propose également de déconnecter trois autres banques du système interbancaire SWIFT, dont Sberbank, la plus importante institution bancaire russe. Sept autres banques russes ont été déconnectées du système début mars, mais Sberbank avait été épargnée, tout comme Gazprombank.

Selon une source européenne, Credit Bank of Moscow et Russian Agricultural Bank seraient les autres banques visées par cette mesure, qui vise à renforcer l’isolement complet du système financier russe du système mondial , selon Mme von der Leyen.

La Commission européenne suggère également d’interdire trois autres chaînes de télévision publiques russes sur le territoire des 27, que ce soit sur le câble, via satellite, sur internet ou par le biais d’applications, a précisé la cheffe de l’exécutif européen.

Selon des diplomates, RTR-Planeta et R24 seraient touchées par cette décision, qui vise à contrer la désinformation  russe. Deux autres médias russes, Sputnik et RT, sont déjà interdits de diffusion sur le territoire des 27 depuis environ deux mois.

La Commission européenne propose également d’ajouter les noms de 58 personnalités russes à la liste noire  des personnalités ciblées par des sanctions individuelles [d’interdiction d’entrée sur le territoire européen et gels d’avoirs].

Cela inclurait notamment trois membres de la famille du porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, et le chef de l’Église orthodoxe russe, le patriarche Kirill, qui a multiplié les sermons soutenant la guerre du Kremlin en Ukraine.

Les ambassadeurs des pays membres auprès de l’UEUnion européenne devraient se réunir d’ici la fin de la semaine pour se prononcer sur ce nouveau train de sanctions.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

Ukraine : l’UE va discuter lundi d’un 6e paquet de sanctions contre Moscou

avril 10, 2022

Ursula von der Leyen a visité Kiev vendredi. Photo : Reuters/via le Service de Presse de la Présidence Ukrainienne

Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne vont discuter lundi à Luxembourg d’un 6e paquet de sanctions contre Moscou, mais l’arrêt des achats de pétrole et de gaz pour cesser de financer l’effort de guerre russe divise les 27.

Nous venons d’imposer de lourdes sanctions à la Russie et nous sommes en train de préparer une sixième vague, a annoncé vendredi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors de sa visite à Kiev avec le chef de la diplomatie Josep Borrell.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky ne cesse de demander à tous ses interlocuteurs européens l’adoption de sanctions puissantes. Il réclame un arrêt des achats de pétrole et de gaz et la fourniture d’armes lourdes pour résister à l’offensive annoncée dans la région du Donbass (est).

Josep Borrell a annoncé son intention de lancer lundi la discussion sur un embargo pétrolier, mais une proposition formelle n’est pas sur la table, a reconnu vendredi un haut fonctionnaire européen.

« L’unanimité est nécessaire pour l’adoption des sanctions. Or on voit bien les dépendances vis-à-vis de la Russie dans plusieurs États membres. »— Une citation de  Josep Borrell, chef de la diplomatie Union européenne

L’Allemagne, l’Italie, l’Autriche et la Hongrie sont très dépendantes du gaz russe.

On ne va pas présenter quelque chose qui ne passera pas. Les propositions doivent être faites au moment opportun, a-t-il expliqué.

Depuis le début de la guerre en Ukraine fin février, le Kremlin a engrangé 27,3 milliards de dollars avec les achats de pétrole, gaz et charbon de l’Union européenneUE, selon Velina Tchakarova, directrice de l’Institut autrichien pour l’Europe et la politique de sécurité (AIES).

Financer et livrer de nouvelles armes

L’Union européenneUE a décrété un embargo sur les achats de charbon, mais leur montant est très inférieur à ceux de gaz et pétrole.

Les ministres vont en revanche valider le déblocage de 500 millions d’euros supplémentaires pour financer et livrer de nouvelles armes à Kiev, selon plusieurs diplomates de l’Union européenneUE.

Les sanctions sont importantes, mais elles ne résoudront pas le problème dans le Donbass. La bataille dans le Donbass sera décisive pour l’issue de la guerre, a souligné samedi Josep Borrell.

La Russie bombarde l’Ukraine depuis la mer à partir de navires situés hors de portée des armes ukrainiennes et les forces de Kiev ont besoin d’armes à longue portée et de davantage de véhicules blindés, a expliqué un haut responsable européen.

La Slovaquie a annoncé vendredi avoir fourni à Kiev un système de défense anti-aérien russe S-300.

Lors de leur réunion, les ministres s’entretiendront avec le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, du soutien de l’Union européenneUE aux enquêtes sur de possibles crimes de guerre en Ukraine.

Par Radio-Canada avec AFP

Des leaders de la diplomatie européenne se rendent en Ukraine

avril 8, 2022

Paris qualifie l’attaque contre la gare de Kramatorsk de « crime contre l’humanité ».

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a effectué un arrêt à Boutcha, vendredi, en Ukraine. Photo : Reuters/Valentyn Ogirenko

Pendant que les opérations de secours se poursuivaient à la gare de Kramatorsk, où deux roquettes russes se sont abattues sur des centaines de civils qui tentaient de fuir le Donbass, le chef de la diplomatie de l’Union européenne, Josep Borrell, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, étaient de passage à Kiev.

Les leaders européens y ont rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky, vendredi, afin de lui démontrer leur soutien. Mme von der Leyen a d’abord fait un détour à Boutcha, où les experts en médecine légale commençaient à extraire des corps enterrés dans les fosses communes. Des dizaines d’Ukrainiens massacrés y ont été retrouvés la semaine dernière, après le départ des troupes russes.

L’impensable s’est produit ici, a-t-elle déclaré. Nous avons vu la face cruelle de l’armée de [Vladimir] Poutine. Nous avons vu son irresponsabilité et son cynisme pendant l’occupation de la ville.

Les Ukrainiens défendent la frontière de l’Europe, défendent l’humanité, défendent la démocratie et nous les soutenons dans ce combat, a-t-elle ajouté.

Manifestement ébranlée par ce qu’elle a vu à Boutcha, Mme von der Leyen a assuré que Bruxelles aiderait l’Ukraine à prendre les mesures nécessaires pour qu’elle puisse adhérer à l’Union européenne.

La Russie va sombrer dans la décomposition économique, financière et technologique, tandis que l’Ukraine marche vers un avenir européen, a affirmé la présidente de la Commission européenne.

Le chancelier autrichien Karl Nehammer se rendra à son tour à Boutcha, samedi, avant de rencontrer M. Zelensky.

Josep Borrell a de son côté condamné avec fermeté l’attaque aveugle de [vendredi] matin par la Russie.

Cette nouvelle frappe russe a aussi été dénoncée par d’autres dirigeants européens. Les crimes de la Russie en Ukraine ne resteront pas impunis, a averti le premier ministre britannique Boris Johnson lors d’une conférence de presse.

Le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Olaf Scholz étaient également consternés par les récents bombardements. Le chef de la diplomatique française, Jean-Yves Le Drian, est allé plus loin en qualifiant l’assaut de crime contre l’humanité.

C’est sordide, un carnage de plus, a-t-il lancé en entrevue à la chaîne de télévision France 5. Ces crimes ne pourront pas rester impunis.

Le temps presse

Plus tôt en journée, M. Zelensky a affirmé devant le Parlement finlandais que l’Ukraine ne pouvait pas attendre davantage de nouvelles armes occidentales et qu’elle avait besoin de sanctions puissantes contre la Russie.

Pour défendre nos vies, a-t-il lancé, nous avons besoin d’armes dont disposent certains de nos partenaires de l’Union européenne.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky lors de son récent passage à Boutcha Photo: AFP via Getty Images/Ronaldo Schemidt

La Slovaquie a répondu à son appel. En effet, le premier ministre slovaque Edouard Heger a annoncé que son pays avait fourni le système de défense aérienne S-300 à l’Ukraine pour la soutenir dans son effort de guerre contre la Russie.

Pour M. Heger, qui était aussi attendu à Kiev vendredi, ce don est une réponse de son pays à une demande d’assistance formulée par l’Ukraine dans l’exercice de la légitime défense, en vertu de l’article 51 de la Charte des Nations unies.

Selon le premier ministre slovaque, ce système aidera à sauver autant d’Ukrainiens innocents que possible face à l’agression du régime de Vladimir Poutine.

Le président américain Joe Biden, qui a qualifié d’horrible atrocité l’assaut contre la gare de Kramatorsk, a salué le geste de la Slovaquie.

Boris Johnson a quant à lui annoncé la livraison d’équipements militaires de haute qualité d’une valeur de 120 millions d’euros, dont des missiles antiaériens Starstreak et 800 missiles antichars.

Le chancelier allemand Olaf Scholz et le premier ministre britannique Boris Johnson veulent mettre fin à la dépendance de leurs pays au gaz russe. Photo: Getty Images/WPA Pool

Zelensky réclame un cocktail Molotov de sanctions

Autrement, les sanctions continuent de se multiplier en Europe face à la Russie.

Les transporteurs routiers russes et bélarusses ont été frappés d’une interdiction d’opérer dans l’Union européenne, jeudi. De nouvelles exportations ont aussi été interdites vers la Russie, notamment celles de biens de haute technologie, à hauteur de 10 milliards d’euros. La liste des produits russes interdits d’importation dans l’Union européenne a également été élargie à certaines matières premières et matériaux critiques pour une valeur estimée de 5,5 milliards d’euros par an.

La Commission européenne a annoncé vendredi avoir déjà gelé 29,5 milliards d’euros d’avoirs russes et bélarusses. Ces actifs incluent des bateaux, des hélicoptères, des biens immobiliers et des œuvres d’art pour près de 6,7 milliards d’euros.

Pour sa part, le Royaume-Uni a imité Washington et Bruxelles en annonçant, vendredi, qu’il refusait l’accès à son territoire aux deux filles du président russe Vladimir Poutine et à celle du chef de la diplomatie Sergueï Lavrov.

Mais le président Zelensky réclame des mesures beaucoup plus sévères pour affaiblir la Russie.

Combien de temps l’Europe peut-elle ignorer un embargo sur le pétrole russe? Combien de temps? s’est questionné le président ukrainien.

Dans le cadre de la cinquième série de sanctions contre Moscou, les représentants de l’Union européenne ont décidé, jeudi, de placer un embargo sur le charbon russe et de fermer les ports européens aux navires russes. Mais Kiev demande plus.

Nous avons besoin de sanctions puissantes et efficaces contre la Russie, des sanctions permanentes, un « cocktail de sanctions » dont on se souviendra comme les cocktails Molotov, a indiqué M. Zelensky.

Deux dirigeants européens à Kiev

La présidente de la Commission européenne et le chef de la diplomatie de l’Union européenne sont arrivés à Kiev, capitale de l’Ukraine. Les deux dirigeants vont notamment rencontrer le président Zelensky, comme nous le dit notre envoyé spécial Sylvain Desjardins.

La dépendance énergétique des pays européens face à la Russie explique la réticence de certains à boycotter le gaz russe. L’idée commence toutefois à faire son chemin.

En effet, Londres a affirmé sa volonté de mettre fin dès cette année à tout achat de pétrole et de charbon russes. Elle a appelé les Européens à en faire plus pour atteindre cet objectif.

Nous ne pouvons pas transformer nos systèmes énergétiques du jour au lendemain, mais nous savons aussi que la guerre de Poutine ne va pas se terminer du jour au lendemain, a assuré M. Johnson.

Nous faisons tout ce que nous pouvons et nous en faisons beaucoup, a affirmé de son côté M. Scholz. Nous sommes assez optimistes sur le fait que nous allons nous débarrasser de la nécessité d’importer du gaz de Russie très prochainement.

Néanmoins, les sanctions occidentales à l’égard de Moscou ont un poids réel sur l’économie russe, comme le démontrent les données dévoilées par l’agence de statistiques Rosstat. En effet, l’inflation a atteint 16,7 % en Russie au mois de mars, une augmentation de 7,6 % depuis février.

Conséquence directe des sanctions occidentales, l’inflation devrait continuer d’augmenter en Russie. Des experts prévoient qu’elle atteindra 24 % d’ici l’été.

Le Donbass dans la mire de Moscou

Le président français Emmanuel Macron a qualifié d’abominable l’attaque de vendredi contre des civils à Kramatorsk. Il s’attend toutefois à d’autres violentes frappes dans les zones séparatistes du Donbass d’ici le 9 mai, qui est la date de l’anniversaire de la capitulation de l’Allemagne nazie en 1945.

Pour la Russie, le 9 mai est une fête nationale, un rendez-vous militaire important, et il est à peu près sûr que, pour le président Poutine, le 9 mai doit être un jour de victoire, a expliqué M. Macron.

Nous pensons aux victimes de Kramatorsk, de Boutcha, de Marioupol, de Kharkiv, a-t-il poursuivi. Partout en Ukraine, nous soutiendrons les enquêtes pour que la justice soit faite. Nous pensons aux familles qui continuent de fuir, nous les accueillerons dans notre Union, notre Union de paix.

Des réfugiés ukrainiens affluent à la gare de train de Przemysl, en Pologne. Photo: Getty Images/Jeff J MitchelI

Selon la dernière mise à jour du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR), 4,38 millions d’Ukrainiens ont fui leur pays depuis le début du conflit. La majeure partie d’entre eux ont trouvé refuge en Pologne, très solidaire de l’Ukraine.

À la fin mars, la Pologne a d’ailleurs expulsé 45 espions russes se faisant passer pour des diplomates. Cette mesure fait preuve d’une volonté consciente de Varsovie de détruire définitivement les relations bilatérales, a dénoncé la diplomatie russe.

En guise de représailles, la Russie a à son tour expulsé 45 diplomates polonais vendredi.

La Turquie veut des négociations

Les attaques ouvertes contre les civils en Ukraine compliquent grandement le retour à la table de négociations. C’est pourtant ce que cherche à faire la Turquie, qui veut relancer les pourparlers entre les dirigeants russes et ukrainiens.

Les images honteuses et inacceptables des corps suppliciés dans les rues de Boutcha et d’Irpin, près de Kiev, ont éclipsé les échanges diplomatiques, a reconnu jeudi le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu.

Il a aussi exprimé sa grande tristesse à la suite de l’attaque sur la gare de Kramatorsk et a demandé l’ouverture urgente de couloirs d’évacuation pour les civils.

Une attaque a visé la gare de trains de Kramatorsk, dans l’est de l’Ukraine, faisant des dizaines de morts. Photo : Getty Images/Herve Bar

Malgré tout, Ankara assure que les deux pays sont toujours disposés à se réunir – et la Turquie à les accueillir – pour avancer vers une solution au conflit.

La Russie et l’Ukraine sont d’accord pour tenir des pourparlers en Turquie, mais elles restent loin de s’accorder sur un texte commun, a confirmé vendredi un responsable turc de haut niveau qui a refusé d’être nommé.

La dernière session de pourparlers directs s’est tenue le 29 mars à Istanbul et avait permis aux deux parties de discuter des questions les plus sensibles, a-t-il souligné, parmi lesquelles la neutralité de l’Ukraine.

Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

Les sanctions contre Moscou exposent la vie privée bien gardée de Poutine

avril 7, 2022
Les sanctions contre Moscou exposent la vie privée bien gardée de Poutine© RIA-NOVOSTI/AFP/Archives/MIKHAIL METZEL

Les sanctions occidentales visant non seulement le cercle rapproché du président russe, mais aussi sa famille, ont jeté une lumière inhabituelle sur la vie privée de Vladimir Poutine, maintenue d’ordinaire dans une stricte opacité.

Les Etats-Unis et l’Union européenne ont annoncé les premières sanctions contre les deux filles adultes du chef de l’Etat issu de son premier mariage avec Lyudmila. La pression monte aussi en parallèle sur Alina Kabaeva, ancienne gymnaste dont certains médias et opposants affirment qu’elle serait sa maîtresse, allégations jamais confirmées par le Kremlin.

Poutine est pour le moins discret sur sa vie privée. Les médias d’Etat le montrent habituellement travaillant ou voyageant seul, trop occupé à servir le pays pour jouir de loisirs privés.

L’unique entorse à cette omerta fut son apparition publique avec Lyudmila à l’entracte d’un ballet à Moscou en 2013, l’occasion d’annoncer une séparation consommée finalement un an plus tard.

Les médias russes prénomment les deux filles de cette union Maria Vorontsova et Katerina Tikhonova, mais Poutine n’y a jamais fait référence. « Mes enfants vont bien. Ils sont à Moscou (…). Tout va bien dans leur vie privée et leurs carrières professionnelles. Je suis fier d’eux », a-t-il déclaré dans un de ses rares commentaires publics en 2012.

Le porte-parole du Kremlin Dmitry Peskov a refusé de commenter les nouvelles sanctions contre Maria et Katerina, jugeant que cette décision « parlait d’elle même ».

Mais les longues absences en public de leur mère Lyudmila, et son air maussade lorsqu’elle apparaissait, avaient suscité de multiples spéculations sur la vie privée de l’homme fort de Moscou bien avant son divorce.

En 2008, un petit tabloïd, Moskovsky Korrespondent, avait affirmé que Poutine souhaitait épouser Alina Kabaeva. Furieux, celui-ci avait invité les journalistes à garder leur « nez plein de morve » à l’écart de sa vie privée.

Le journal de l’homme d’affaires Alexander Lebedev, dont le fils Yevgeny est devenu une figure des médias en Grande-Bretagne, avait publié des excuses circonstanciées avant de fermer boutique définitivement.

Mais cette relation entre Poutine et la gymnaste est restée dans les esprits et fait l’objet d’une enquête du dissident Alexei Navalny, publiée juste avant son arrestation en janvier 2021.

« Cercle restreint »

L’opposant affirmait que Kabaeva jouissait d’un réseau de propriétés de luxe en Russie, ainsi que d’un poste grassement payé au conseil d’administration du groupe public National Media Group (NMG), offert par l’oligarque Yuri Kovaltchouk, proche de Poutine et lui-même frappé de sanctions individuelles aujourd’hui.

« Il ne fait pas de doute qu’Alina Maratovna Kabaeva a dansé mieux que quiconque avec un ballon et un ruban mais n’aurait aucune compétence à gérer des sociétés audiovisuelles et des journaux sans sa connexion avec Poutine », affirmait Navalny.

Des informations sur les réseaux sociaux l’ont localisée actuellement en Suisse et une pétition revendiquant 75.000 signatures exige des sanctions à son encontre. « Pourquoi, vu le volume de sanctions contre la Russie, continuez-vous maintenant de l’accueillir avec sa famille quand Poutine détruit la vie de millions de gens ? », interroge le texte.

Selon la télévision suisse RTS, citant un communiqué officiel, le gouvernement fédéral a examiné le dossier mais n’a trouvé « aucune indication que cette personne se trouvait en Suisse ».

Georgy Alburov, chercheur au sein du fonds anti-corruption de Navalny, a jugé inconcevable qu’elle échappe à des sanctions. « Elle fait partie du cercle restreint de Poutine, elle est un membre de sa famille qui profite de sa situation », a-t-il estimé, précisant que son rôle dans un média officiel faisait d’elle une « propagandiste russe majeure ».

Les opposants affirment aussi que la liaison prêtée à Poutine avec Kabaeva n’est pas exclusive. En novembre 2020, le site d’investigation en ligne Proekt a affirmé qu’une certaine Svetlana Krivonogikh s’était vu octroyer des parts dans la banque Rossia, et ce par le même Yuri Kovaltchouk.

En 2003, elle a donné naissance à une fille avec Vladimir pour patronyme. Le Kremlin avait refusé de commenter un article dépourvu « d’éléments sérieux ».

Par Le Point avec AFP

Crise alimentaire : comment l’UA et l’UE veulent faire face

mars 27, 2022
30 % du blé consommé en Afrique provient de Russie et d’Ukraine. © Vadim Ghirda/AP/SIPA

L’initiative Food on Agriculture Resilience Mission (Farm), présentée par Emmanuel Macron, vise à augmenter la production de blé dans certains pays et à mettre en place un système de solidarité internationale.

« Nous sommes en train d’entrer dans une crise alimentaire sans précédent ». Emmanuel Macron a présenté jeudi aux dirigeants du G7 l’initiative Farm (Food on Agriculture Resilience Mission) pour anticiper les conséquences néfastes de la guerre en Ukraine sur les semailles de blé et plus largement de céréales.

S’exprimant après les sommets du G7 et de l’Otan, le président français a appelé Moscou à être « responsable » en permettant que les semis en Ukraine aient lieu. Faute de quoi la guerre provoquera dans douze à dix-huit mois « une famine inéluctable », avec notamment des risques de pénurie de céréales en Afrique. Des risques particulièrement élevés en Afrique du Nord. Si 30 % du blé consommé en Afrique provient de la Russie (3e producteur mondial) et de l’Ukraine (9e producteur mondial), en Afrique du Nord – plus précisément en Égypte et en Libye – cette proportion dépasse largement les 50 %. Depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, la crainte de pénurie a d’ailleurs déjà fait augmenter le prix du pain dans ces deux pays et dans beaucoup d’autres sur le continent.

L’Union européenne (UE), qui a déjà embarqué l’Union africaine (UA) dans l’initiative Farm et qui veut y associer le Programme alimentaire mondial (PAM), entend débloquer, en réponse immédiate à cette crise, 595 millions de dollars.

Plus de production

L’initiative Farm interviendra à plusieurs niveaux, à moyen comme à court terme. D’abord, en élaborant un plan d’urgence commercial ; en instaurant un système de solidarité permettant de libérer le surplus dans les stocks de certains pays producteurs pour les répartir équitablement aux pays les plus nécessiteux. Ensuite, pour anticiper le manque de production dès cet été, une aide financière sera apportée aux pays les plus dépendants pour leur permettre d’accroître leur propre production. Un projet d’aide similaire avait déjà été présenté le 15 mars par la Banque africaine de développement (BAD), avec l’annonce d’une levée de fonds d’1 milliard de dollars pour aider 40 millions d’agriculteurs africains à augmenter leur production de variétés de blé.

LE CONTINENT AFRICAIN SUBIT DE PLEIN FOUET CETTE GUERRE EN UKRAINE

Plus tôt cette semaine à l’occasion du Forum mondial de l’eau, le chef d’État sénégalais Macky Sall, président en exercice de l’UA, avait appelé les partenaires internationaux, dont la Banque mondiale, à aider l’Afrique à faire face aux conséquences de la guerre en Ukraine en lui réallouant notamment les droits de tirage spéciaux (DTS) des pays riches.

« Le continent africain subit de plein fouet cette guerre en Ukraine », a déclaré Macky Sall qui a rappelé « l’urgence de la demande africaine de réallocation des DTS des pays riches en faveur des pays en développement, particulièrement des pays africains pour soutenir nos efforts de résilience et de relance économique », après avoir fait une première demande à Bruxelles en février.

La communauté internationale s’est accordée sur le principe d’une émission globale de DTS de 650 milliards de dollars pour amortir l’impact de la pandémie de Covid-19, dont 33 milliards doivent revenir mécaniquement à l’Afrique par le jeu des quotes-parts au sein de l’institution de Washington. « Il y a une inflation réelle qui frappe les pays [alors que] nous avons un autre choc dans le Sahel, le terrorisme, qui fait que les États font face à des dépenses nouvelles qui n’étaient pas prévues », a ajouté le président sénégalais.

Par Jeune Afrique avec AFP

Initiative du Canada et de l’UE pour les réfugiés ukrainiens

mars 26, 2022

Le premier ministre Justin Trudeau et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, mercredi à Bruxelles. Photo: AFP/Geert Vanden Wijngaert

Le Canada et l’Union européenne (UE) ont annoncé samedi le lancement d’une collecte internationale de fonds en faveur des réfugiés ukrainiens, qui culminera le 9 avril avec une « conférence des donateurs » organisée conjointement par Bruxelles et Ottawa.La campagne « Agir pour l’Ukraine » cherche à mobiliser les gouvernements, les institutions, les artistes, les entreprises et les particuliers à allouer des fonds pour soutenir les efforts humanitaires en Ukraine et dans les pays voisins, a expliqué le bureau du premier ministre canadien Justin Trudeau, dans un communiqué co-signé par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Mme Von der Leyen et M. Trudeau ont indiqué répondre à l’appel du président ukrainien Volodymyr Zelensky pour qu’ait lieu le 9 avril, un grand rassemblement […] sur les médias sociaux pour soutenir les personnes qui ont été forcées de fuir l’Ukraine.

L’initiative de la Commission européenne et du gouvernement canadien est effectuée en partenariat avec l’Organisation non gouvernementaleONG Global Citizen.

Elle aura pour point d’orgue […] une conférence des donateurs organisée le 9 avril par la présidente de la Commission européenne, Mme Von der Leyen, et le premier ministre Justin Trudeau, qui aura pour objectif de lever des fonds et de mobiliser un soutien plus large en faveur des réfugiés et déplacés ukrainiens.

Près de 3,8 millions de personnes ont fui l’Ukraine, majoritairement pour la Pologne, depuis l’invasion de l’armée russe le 24 février, selon l’Organisation des Nations uniesONU, qui estime à presque 6,5 millions le nombre de déplacés à l’intérieur de l’Ukraine.

Au total, plus de dix millions de personnes, soit plus d’un quart de la population, ont dû quitter leur foyer.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse

Europe-Afrique : Barkhane, investissements et vaccins… Ce qu’il faut retenir du sommet UE-UA

février 18, 2022
Ursula von der Leyen, Macky Sall, Emmanuel Macron et Charles Michel, le 18 février 2022 à Bruxelles lors du sommet UE-UA. © John Thys/AP/SIPA

L’Union européenne et l’Union africaine ont scellé vendredi à Bruxelles un « partenariat rénové », avec notamment le lancement d’une stratégie européenne d’investissements de 150 milliards d’euros et une aide accrue pour produire des vaccins anti-Covid en Afrique. Les questions sécuritaires dans le Sahel ont également été au coeur des discussions.

Les Européens ouvrent également la voie à une ré-allocation accrue en faveur des Africains des droits de tirage spéciaux du Fonds monétaire international (FMI) destinés aux pays riches, mais sans engagement ferme, selon la déclaration commune adoptée lors du 6e sommet des deux organisations. « Notre vision commune (…) a pour objectif de consolider un partenariat renouvelé pour la solidarité, la sécurité, la paix, le développement économique durable », ont plaidé les dirigeants africains et européens, réunis depuis jeudi pour « réinventer » leur relation et « installer un nouveau logiciel », selon la formule du Sénégalais Macky Sall, président de l’UA.

La réunion a été l’occasion pour les Vingt-Sept de lancer une stratégie globale d’investissements dotée d’au moins 150 milliards d’euros sur sept ans pour « aider des projets voulus et portés par les Africains », avec une priorité aux infrastructures de transport, réseaux numériques et énergie. Le tout en garantissant « une gouvernance responsable, transparente, inclusive », selon la déclaration. Parallèlement, des programmes financiers spécifiques soutiendront des projets dans la santé et l’éducation.

Accélérer la vaccination

Les Européens, qui promettent d’avoir fourni à l’été un total cumulé d’au moins 450 millions de doses de vaccins anti-Covid aux Africains, se sont également engagés à aider des pays africains à produire sur leur sol des vaccins à ARN messager, un programme dévoilé vendredi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’UE mobilisera également 425 millions d’euros pour accélérer les campagnes de vaccinations en soutenant la distribution des doses et la formation des équipes médicales.

En revanche, préconisant un transfert encadré de technologies, les dirigeants de l’UE ont rappelé leur opposition à une levée des brevets des vaccins, âprement réclamée par leurs homologue africains, en particulier le président sud-africain Cyril Ramaphosa. La déclaration finale appelle par ailleurs à « des contributions volontaires et ambitieuses » des pays riches, qui peuvent redistribuer aux Africains leurs droits de tirage spéciaux (DTS) — titres convertibles créés par le Fonds monétaire international et alloués à ses Etats membres, qui peuvent les dépenser sans s’endetter.

Jusqu’ici, les Européens ont collectivement ré-alloué à l’Afrique 13 milliards de dollars de leurs DTS, sur 55 milliards réalloués par les pays riches au niveau mondial, un niveau très en-deçà de l’objectif des 100 milliards réclamés par l’UA. Alors que coups d’État et terrorisme alimentent l’instabilité en Afrique, et au lendemain de l’annonce par Paris et ses alliés de leur retrait du Mali, l’UE s’est également engagée à aider les missions et opérations de paix menées par les forces africaines, en les formant et en renforçant leurs équipements et capacités.

Retrait de Barkhane

La veille, le président sénégalais, président en exercice de l’Union africaine, avait insisté : « L’Afrique est en pleine mutation, elle a beaucoup changé (…) Plus qu’une mise à jour du logiciel, nous proposons d’installer ensemble un nouveau logiciel adapté aux mutations en cours ». Il avait par ailleurs plaidé pour « un nouveau départ ». « Nous devons réinventer la relation », a reconnu le président français Emmanuel Macron. « L’Europe a besoin d’une Afrique stable, sûre et prospère », a estimé pour sa part le président du Conseil européen, Charles Michel, avertissant que « les coups d’État mettent en péril le développement ».

Le sommet s’est tenu quelques heures après l’annonce par la France du retrait de hommes de l’opération militaire Barkhane du territoire malien. Un décision que le président Macky Sall a dit « comprendre », tout en avertissant que « la lutte contre le terrorisme au Sahel ne saurait être la seule affaire des pays africains ».

L’UE va vérifier « d’ici quelques jours » si les conditions et les garanties sont remplies pour le maintien au Mali de ses deux missions de formation militaire (EUTM) et policière (EUCAP), a annonce de son côté le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell. L’instabilité du continent africain est également alimentée par « les nouveaux acteurs » chinois et russes « dont les méthodes et les agendas sont très différents des nôtres », a-t-il souligné, évoquant la présence de mercenaires de la société de sécurité privée russe Wagner, au coeur du bras de fer entre Paris et Bamako.

Par Jeune Afrique avec AFP

Emmanuel Macron et les dirigeants de l’UE rendent hommage à Giscard d’Estaing

décembre 2, 2021

Un an jour pour jour après sa disparition, le « grand capitaine » de l’Europe est mis à l’honneur au Parlement européen, à Strasbourg.

Emmanuel Macron a rendu hommage a l'ancien president mort le 2 decembre 2020.
Emmanuel Macron a rendu hommage à l’ancien président mort le 2 décembre 2020.© FREDERICK FLORIN / POOL / AFP

Le président français Emmanuel Macron, aux côtés des dirigeants de l’UE, a rendu jeudi hommage, au premier anniversaire de sa mort, à l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing, « grand capitaine du projet européen ». « Valéry Giscard d’Estaing rendit notre Union plus démocratique », « plus solide et plus solidaire » et « plus étroite », a souligné le président français dans l’hémicycle du Parlement européen à Strasbourg, précédé à la tribune des dirigeants des trois institutions européennes, le président du Parlement David Sassoli, celui du Conseil européen Charles Michel et la présidente de la Commission Ursula von der Leyen.

Pour Valéry Giscard d’Estaing, « l’Europe était plus qu’une utopie pour un avenir lointain et certainement plus qu’un vague paquet d’opportunités économiques sur le plus petit dénominateur commun politique », a insisté le président allemand Frank-Walter Steinmeier. Mais il était aussi l’« ami de l’Allemagne et des Allemands », et particulièrement du chancelier de l’époque, Helmut Schmidt, a-t-il rappelé devant l’épouse de l’ancien président, Anne-Aymone Giscard d’Estaing, ses enfants et petits-enfants.

Nicolas Sarkozy et Jean-Pierre Raffarin sur place

La cérémonie, initialement prévue le jour anniversaire de la naissance de VGE, le 2 février, a été retardée de dix mois en raison de la situation sanitaire. Elle a donc finalement eu lieu un an jour pour jour après son décès des suites du Covid-19, le 2 décembre 2020, à l’âge de 94 ans. Parmi les quelques centaines d’invités présents figuraient l’ancien président français Nicolas Sarkozy et l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. La présidente grecque, Katerina Sakellaropoulou, et les présidents portugais, Marcela Rebelo de Sousa, bulgare, Roumen Radev, et slovène, Borut Pahor, sont également venus à Strasbourg célébrer la mémoire de VGE.

« Homme d’exception à qui notre Europe doit tant » et « Européen aux mille facettes », selon les mots de David Sassoli, Valéry Giscard d’Estaing « a été architecte et artisan de l’intégration européenne tout au long de sa vie », a souligné Ursula von der Leyen. « Il est frappant aujourd’hui de constater combien les lignes de crête de son action dessinent les défis d’aujourd’hui et inspirent notre génération pour les relever », a considéré Charles Michel à la tribune du Parlement européen, au côté d’un grand portrait de l’ancien président.

Giscard d’Estaing « a fait progresser la démocratie française »

Député européen de 1989 à 1993, après son mandat présidentiel, Valéry Giscard d’Estaing est considéré comme l’un des bâtisseurs de l’Europe, ayant œuvré pour des étapes essentielles de sa construction telles la création du Conseil européen, l’élection du Parlement européen au suffrage universel direct, les prémices de l’union monétaire ou encore la fondation de l’Agence spatiale européenne, comme l’avait rappelé l’Élysée en amont de la cérémonie. Des actions rappelées par des images d’archives lors de la cérémonie. À partir de 2001, VGE présida la Convention sur l’avenir de l’Europe, engageant débats et réflexions sur l’évolution de l’Union.

Les dirigeants de l’UE ont aussi souligné à plusieurs reprises son action qui « a fait progresser la démocratie française », avec l’abaissement de la majorité à 18 ans, la dépénalisation de l’avortement ou le divorce par consentement mutuel.

« Nous vous demandons de réussir »

À moins d’un mois du début de la présidence française du Conseil de l’UE, Emmanuel Macron, accompagné de son épouse, profite de cette visite à Strasbourg pour rencontrer, à l’issue de la cérémonie, les responsables des groupes politiques du Parlement européen afin d’évoquer ses priorités pour ce semestre de présidence tournante.

À cinq mois aussi de l’élection présidentielle, le chef de l’État entend faire de cette présidence française un moment de promotion de l’Europe et d’accélération des décisions des 27 sur plusieurs sujets, comme la politique migratoire, la taxation carbone aux frontières européennes ou encore l’instauration d’un salaire minimum dans toute l’UE alors que six pays n’en disposent pas. Citant les ultimes volontés de VGE pour l’Europe, son « cri du cœur : « nous vous demandons de réussir » », Emmanuel Macron a enchaîné : « Nous n’avons pas le choix et nous y sommes prêts. » Une messe, ouverte au public, en mémoire de Valéry Giscard d’Estaing doit avoir lieu en la cathédrale de Strasbourg à 15 heures.

Par Le Point avec AFP

Covid-19 : une plainte contre l’UE pour violation des droits de l’homme

novembre 30, 2021

Les syndicats d’infirmières de vingt-huit pays et territoires, représentant plus de 2,5 millions d’agents de santé, ont déposé une plainte auprès du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, accusant certains pays à revenu élevé opposés à une dérogation temporaire aux Adpic à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), d’une violation des droits.

Dans une lettre soumise par Global Nurses united et Progressive International, au nom des syndicats d’infirmières au rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à la santé, Tlaleng Mofokeng, ce dernier est exhorté à entreprendre une mission pour enquêter et déterminer comment les actions de l’Union européenne (UE) et de ses États membres, du Royaume-Uni, de la Norvège, de la Suisse et de Singapour en refusant de soutenir une dérogation à l’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (Adpic), à l’OMC, « constituent une violation continue de leurs obligations de garantir le droit à la santé physique et mentale de chacun ». Selon la lettre, « ces pays ont violé nos droits et les droits de nos patients – et ont causé la perte d’innombrables vies – d’infirmières et d’autres soignants et de ceux dont nous avons pris soin ».

Une dérogation temporaire aux Adpic permettrait aux pays de fabriquer des produits covid-19 (vaccins et traitements), pendant la pandémie sans solliciter le consentement d’un titulaire de brevet. Pour les partisans, cela aiderait à stimuler la production de technologies covid-19 et à résoudre les problèmes et les inégalités d’approvisionnement en vaccins. Mais certains pays à revenu élevé et sociétés pharmaceutiques se sont opposés à la dérogation, affirmant que les brevets ne sont pas le problème, mais que la capacité de fabrication est limitée à l’échelle mondiale. Certains ont également déclaré que la levée des brevets ne suffirait pas, compte tenu du fait que la fabrication de produits covid-19 nécessitera également des transferts de technologie de la part des sociétés d’origine.

Un appel a été lancé pour les réunions ministérielles de l’OMC cette semaine, qui a été reportée, après la détection d’une nouvelle variante de covid-19 nommée Omicron. Pour le directeur de la communication de Progressive International, James Schneider, le report de la réunion et la détection d’une nouvelle variante de covid-19 ne font que renforcer le dossier des infirmières. Il y a plus d’un an que l’Inde et l’Afrique du Sud ont soumis une proposition à l’OMC visant à  renoncer temporairement aux protections de la propriété intellectuelle pour les produits covid-19.

Malgré le soutien de plus de cent pays, dont les États-Unis, la proposition n’a pas encore été adoptée. Certains experts affirment que des investissements supplémentaires (main-d’œuvre) seraient toujours nécessaires en plus de la propriété intellectuelle. Mais d’autres soutiennent qu’il existe des moyens d’y remédier, car il existe des usines de fabrication potentielles qui peuvent être modernisées pour produire des vaccins covid-19, et  un corps d’ingénieurs à la retraite dans le monde qui pourrait fournir une expertise dans l’intervalle, a rapporté le directeur technique de Racing Point, Andrew Green.  

Avec Adiac-Congo par Noël Ndong

Migrants illégaux: « pas de remise en cause » des accords du Touquet, il faut un accord UE/Royaume-Uni, selon Darmanin

novembre 29, 2021
Migrants illegaux: "pas de remise en cause" des accords du Touquet, il faut un accord UE/Royaume-Uni, selon Darmanin
Migrants illégaux: « pas de remise en cause » des accords du Touquet, il faut un accord UE/Royaume-Uni, selon Darmanin© AFP/FRANCOIS LO PRESTI

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a affirmé lundi qu’il n’y aurait « pas de remise en cause » des accords du Touquet sur la frontière franco-britannique et souhaité un accord entre l’Union européenne et le Royaume-Uni pour endiguer les traversées de migrants illégaux dans la Manche.

Il faut un « accord Union européenne (UE) et Grande-Bretagne » car « cela ne peut pas être un simple accord de réadmission de migrants sur le territoire » français, a déclaré M. Darmanin, rejetant fermement la proposition du Premier ministre britannique Boris Johnson.

Il s’exprimait lors d’une conférence de presse après la réunion le matin d’un Conseil de défense de sécurité intérieure, présidée par le chef de l’État Emmanuel Macron, et consacrée à la lutte contre les traversées de la Manche par des immigrés clandestins.

« Ce que nous voulons », a-t-il insisté, « c’est un accord équilibré qui offre de réelles solutions y compris aux problèmes de la France et de l’Europe (…) Nous ne voulons pas d’un accord unilatéral ».

Gérald Darmanin a annoncé que le Premier ministre Jean Castex écrirait mardi à son homologue Boris Johnson pour lui proposer de travailler à l’élaboration de cet accord.

« C’est un accord qui règle le travail entre la Grande-Bretagne et les pays frontaliers dans un cadre d’immigration pas négocié lors du Brexit », a souligné le ministre.

M. Darmanin a par ailleurs rejeté toute « remise en cause » des accords du Touquet (2004) qu placent la frontière britannique côté français, ainsi que l’ont suggéré plusieurs personnalités d’opposition, en rappelant que ce texte ne concernait que l’immigration légale.

Par ailleurs, il a mis en garde les Britanniques contre toute velléité de remettre à la mer les migrants qui arriveraient sur leurs côtes, ce qui serait « une ligne rouge inacceptable ». « Nous n’accepterons jamais la pratique des refoulements en mer », a-t-il assuré, car « le Royaume-Uni n’est pas exonéré du droit international ».

Plus tôt lundi matin, Gérald Darmanin avait appelé le Royaume-Uni à ouvrir un « accès légal à l’immigration » et à prendre « ses responsabilités ».

« Que faire avec les Anglais ? Et bien qu’ils changent leur législation, qu’ils prennent leurs responsabilités », avait-il lancé sur BFM/RMC, rappelant que, chaque année, 30.000 demandes d’asile sont enregistrées en Grande-Bretagne contre environ 150.000 en France.

Soulignant la nécessité de lutter contre les passeurs, le ministre a annoncé le doublement des effectifs de l’Office central dédié à la lutte contre l’immigration clandestine.

Il a prévu de se rendre mardi en « Slovénie » et vendredi en « Pologne » dans le cadre de la préparation du Conseil des ministres de l’Intérieur européen le 9 décembre prochain, qui évoquera le dossier.

Par Le Point avec AFP