Posts Tagged ‘uhuru kenyatta’

Un Chinois arrêté pour avoir comparé le président kényan à un « singe »

septembre 6, 2018

Nairobi – Un homme d’affaires chinois a été arrêté au Kenya après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo où il compare les Kenyans et leur président Uhuru Kenyatta à des « singes », a déclaré jeudi le service de l’immigration de Nairobi.

Le ressortissant chinois, identifié comme Liu Jiaqi, va être expulsé. « Son permis de travail a été annulé et il va être expulsé pour racisme », a précisé l’immigration kényane sur son compte Twitter.

Dans une vidéo de deux minutes et demi partagée sur Twitter et ailleurs, l’homme, qui semble se disputer avec un de ses employés, profère une série d’insultes racistes.

« Tous, tous les Kényans… comme un singe, même Uhuru Kenyatta. Tous », l’entend-on dire.

Après la suggestion d’un employé de « rentrer en Chine », l’homme d’affaires réplique de plus belle en (mauvais) anglais: « Ce n’est pas ma place ici. Je n’aime pas cet endroit, des gens comme des singes, je n’aime pas leur parler, ça sent mauvais, et pauvres et stupides, et noirs. Je ne les aime pas. Pourquoi pas (comme) les Blancs, comme les Américains »?

Il ajoute ne rester au Kenya que parce que « l’argent est important ».

Des internautes ont réclamé qu’il soit poursuivi et pas seulement expulsé du Kenya.

Un porte-parole de l’ambassade de Chine au Kenya, Zhang Gang, a assuré à l’AFP que l’extrait vidéo date de juin. L’homme filmé « a déjà fait l’objet d’une sanction par sa société et s’est excusé auprès de son collègue kényan ». Les propos de cet homme « ne représentent pas l’opinion de la vaste majorité des Chinois », a tenu à ajouter la même source.

Ce n’est pas la première fois que des Chinois travaillant au Kenya sont accusés de racisme.

Il y a trois ans, un petit restaurant chinois de Nairobi avait été fermé par les autorités et son propriétaire poursuivi pour refuser de servir les Noirs après 17H00.

Cette année, ce sont des Kényans travaillant sur une nouvelle voie de chemin de fer construite par la Chine entre la ville côtière de Mombasa et Nairobi qui ont accusé du personnel et des cadres chinois de racisme et discrimination. Le gouvernement a toutefois rejeté les accusations dans le cadre de cet important projet d’infrastructure de 3,2 milliards de dollars (2,8 milliards d’euros).

Le président Kenyatta a participé cette semaine à une grande conférence sino-africaine à Pékin où la Chine a promis d’investir 60 milliards de dollars de plus sur le continent.

L’incident impliquant l’homme d’affaires chinois survient au lendemain d’une descente de police au siège africain, situé à Nairobi, de la chaîne de télévision chinoise CGTN dans le cadre d’une opération visant les étrangers en situation irrégulière.

Plusieurs journalistes ont été brièvement interpellés. L’ambassade de Chine a exprimé sa « préoccupation » après une série d’incidents où des Chinois en situation régulière ont été emmenés au poste de police pour des vérifications.

« L’ambassade de Chine au Kenya a protesté officiellement auprès des responsables kényans, et les personnes concernées ont toutes été libérées le jour-même », a déclaré jeudi Hua Chunying, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

« Le Kenya a reconnu des manières inadaptées en matière d’application de la loi et s’est excusé. Il a promis d’améliorer le comportement de ses agents de police sur le terrain afin d’éviter la répétition de ce genre de cas », a-t-elle ajouté au cours d’une conférence de presse à Pékin.

Romandie.com avec(©AFP / 06 septembre 2018 10h36)                                                        

Kenya: Rex Tillerson, souffrant, annule son programme du jour à Nairobi

mars 10, 2018
Le président kényan Uhuru Kenyatta accompagné du Secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, le 9 mars 2018 à Nairobi. © JONATHAN ERNST/AP/SIPA

Le secrétaire d’État américain, Rex Tillerson, en tournée en Afrique, a annulé son programme pour la journée de samedi à Nairobi car il « ne se sent pas bien », a annoncé la délégation américaine.

« Le secrétaire ne se sent pas bien après deux longues journées à travailler sur des questions importantes comme la Corée du Nord et il a annulé ses événements du jour », a déclaré le sous-secrétaire d?État Steve Goldstein.

M. Tillerson devait assister à un événement dans le cadre du programme américain d’aide aux malades du sida en Afrique, le PEPFAR.

Attendu au Tchad et au Nigeria

Il devait aussi prendre part à une cérémonie pour le 20e anniversaire des attentats contre les ambassades des États-Unis dans la capitale kényane et à Dar es-Salaam, capitale économique de la Tanzanie, qui avaient fait 224 morts et plus de 5 000 blessés le 7 août 1998.

Cette cérémonie pourrait être reprogrammée plus tard si M. Tillerson est rétabli, a précisé M. Goldstein.

Le secrétaire d’État est arrivé mercredi en Ethiopie. Il s’est rendu vendredi matin à Djibouti et est arrivé en fin d’après-midi au Kenya. Il doit aller lundi au Tchad et mardi au Nigeria.

Jeuneafrique.com avec AFP

Hier ennemis jurés, Uhuru Kenyatta et Raila Odinga s’unissent « pour le Kenya »

mars 9, 2018

 

À la surprise générale, le président et l’opposant ont annoncé, après des mois d’une âpre bataille politique, leur souhait de travailler à la réunification du pays.

 

Le président du Kenya, Uhuru Kenyatta (à gauche), saluant le leader de l’opposition, Raila Odinga, lors d’une conférence de presse, le 9 mars à Nairobi. Crédits : THOMAS MUKOYA / REUTERS

Terminées, les invectives méprisantes, les accusations de « dictature », les menaces d’arrestation d’un côté et de renversement de l’autre. À la surprise générale, Uhuru Kenyatta, réélu en octobre 2017, et Raila Odinga, qui avait boycotté ce scrutin « illégitime », ont annoncé vendredi 9 mars s’unir « pour le Kenya ». Au terme d’une rencontre à Harambee House, les bureaux de la présidence, le chef de l’Etat et l’opposant historique ont fait une déclaration commune, tout sourires, apostrophes fraternelles et poignées de mains appuyées.

Une réconciliation peu avant l’arrivée de Rex Tillerson

« Mon frère et moi sommes ici aujourd’hui pour dire que les dissensions doivent stopper. Nous refusons que nos différences tuent notre nation », a déclaré le même Raila Odinga qui, un mois plus tôt, rassemblait des milliers de partisans dans le centre de Nairobi pour prêter serment en tant que « président du peuple du Kenya ». Une cérémonie symbolique qui aurait pu lui valoir d’être arrêté pour trahison et qui avait fortement tendu le climat politique et sécuritaire (les principales télévisions privées avaient été coupées pendant plusieurs jours). L’épisode semble aujourd’hui oublié.

« Aujourd’hui démarre un processus qui vise à rassembler le peuple et nous espérons le soutien de chaque Kényan afin de construire ensemble une nation unie, harmonieuse et stable, où personne ne se sentira laissé de côté », a poursuivi Uhuru Kenyatta, le président réélu, alors que la police a été très critiquée ces derniers mois pour sa brutalité. Au moins 100 personnes sont mortes depuis août 2017 au cours d’affrontements, principalement du fait des policiers.

À quelques heures de l’arrivée à Nairobi de Rex Tillerson, le secrétaire d’Etat américain (dont le pays a réitéré les appels au dialogue), cette réconciliation inattendue éloigne la crainte de nouvelles violences. Elle marque aussi la fin d’une bataille électorale de près d’un an (un premier scrutin a été annulé par la Cour suprême) entre ces deux figures de la politique kényane, dont les pères se sont battus ensemble pour l’indépendance avant de se déchirer.

Les contours de cette collaboration restent flous

« Ce qui s’est passé aujourd’hui est très significatif, car ces deux leaders ont une grande influence auprès de leurs partisans, il ne faut pas sous-estimer l’événement », estime Murithi Mutiga, chercheur à l’International Crisis Group (ICG), pour qui chacun trouve un avantage à ce rapprochement : « Uhuru Kenyatta va gagner en stabilité pour son second mandat, ce qui va bénéficier à l’économie, et Raila Odinga pourrait obtenir les réformes structurelles qu’il réclame depuis longtemps, notamment donner moins de pouvoir au président. »

Les contours de cette collaboration restent flous, tout comme les réformes qui pourraient en découler. Dans un communiqué publié après leur déclaration, les deux leaders citent plusieurs domaines sur lesquels travailler ensemble, comme la corruption, l’unité du pays ou encore la décentralisation. Dans ce sens, un « programme » sera proposé et un « bureau » sera créé, précise le texte, sans plus d’explications.

Il ne mentionne pas non plus de mission ou de position spécifique pour Raila Odinga, qui avait été nommé premier ministre après les violences post-électorales de 2007-2008. À 72 ans, ce vétéran de la politique menait l’année dernière sa quatrième et probable dernière campagne électorale en tant que chef de l’opposition.

Ces dernières semaines, de profondes fissures se sont fait jour au sein sa coalition, NASA. Aucun des trois principaux alliés de Raila Odinga, les chefs de partis Kalonzo Musyoka, Musalia Mudavadi et Moses Wetangula, n’avaient assisté fin janvier à la prestation de serment symbolique du vieux leader luo. Une absence très remarquée, qui disait l’ampleur de leurs désaccords stratégiques avec lui (ils ont depuis évoqué la nécessité de regarder vers la prochaine échéance, en 2022). Cette fois, à Harambee House, ils n’ont pas été invités.

Lemonde.fr par Marion Douet (Nairobi, correspondance)

Kenya: l’opposant Raila Odinga investi « président du peuple » malgré sa défaite

janvier 30, 2018

L’opposant kenyan Raila Odinga brandit une bible lors d’un rassemblement public le 27 janvier 2018 à Homa Bay, sur les bords du lac Victoria / © AFP / BRIAN ONGORO

L’opposant kényan Raila Odinga a prêté serment mardi comme « président du peuple » malgré sa défaite électorale en 2017, un geste aux conséquences incertaines alors que les autorités avaient averti qu’une telle investiture pourrait constituer à un acte de « trahison ».

Devant des milliers de partisans en délire rassemblés dans le centre de Nairobi, M. Odinga a prêté serment bible en main lors d’une cérémonie aussi courte que chaotique, dont la diffusion par les médias avait été interdite par le gouvernement.

« Moi, Raila Amolo Odinga (…), je prends la fonction de président du peuple de la République du Kenya », a déclaré l’opposant. « Nous avons tenu notre promesse ».

M. Odinga, 72 ans, refuse de reconnaître la réélection du président sortant Uhuru Kenyatta en 2017, couplée à des mois de troubles qui ont fait 92 morts, selon des défenseurs des droits de l’Homme, principalement dans la répression de manifestations de l’opposition. M. Odinga estime que la victoire à la présidentielle lui a une nouvelle fois été volée.

L’annonce d’une prestation de serment alternative avait fait craindre des violences, mais les forces de l’ordre ont toutefois gardé leurs distances avec la foule, qui s’est rapidement dispersée une fois la cérémonie achevée.

Le procureur général Githu Muigai avait averti le mois dernier que toute « investiture » équivaudrait à un acte de « trahison », soulevant la possibilité d’une arrestation, à haut risque, de M. Odinga.

Les conséquences de l’investiture de Raila Odinga sont toutefois peu claires, relèvent les observateurs, notamment car l’opposant n’a pas prononcé le même serment que celui prévu par la Constitution pour l’investiture du chef d’Etat. Raila Odinga s’est par exemple proclamé « président du peuple » et non « président ».

Signe d’un possible désaccord au sein de la coalition d’opposition Nasa, plusieurs de ses responsables étaient absents mardi, le plus notable d’entre eux étant le colistier de M. Odinga à l’élection de 2017, Kalonzo Musyoka.

– Saga électorale –

Les Kényans étaient appelés en 2017 à choisir leur président, mais cet exercice démocratique s’est assimilé à une véritable saga: un premier vote avait eu lieu le 8 août, remporté par M. Kenyatta, mais le résultat avait été annulé par une décision historique de la Cour suprême et un nouveau scrutin organisé le 26 octobre.

Affirmant que l’élection ne pouvait être crédible, M. Odinga avait boycotté le vote d’octobre. M. Kenyatta l’avait dès lors emporté avec 98% des voix, avant d’être officiellement investi fin novembre.

A la veille de l’investiture de M. Odinga, les patrons de presse ont publié un communiqué assurant que le président Kenyatta les avait convoqués pour menacer de « fermer et retirer les licences de tout média qui retransmettrait en direct » la cérémonie.

Certaines chaînes de télévision ont toutefois défié l’interdiction et une des principales, Citizen TV, a rapporté en ligne mardi matin que ses transmissions avaient été coupées par l’autorité des communications. La retransmission s’est malgré tout poursuivie sur son site web.

« Ils ont peur, ils ne veulent pas que le monde voie ce qu’il se passe, ce que veut le peuple », a déclaré un homme une pierre à la main, attendant la venue de M. Odinga, qui avait déjà reporté une cérémonie d’investiture alternative en décembre.

– ‘Jeu dangereux’ –

Dans le parc Uhuru de Nairobi, des gens ont défilé des sifflets à la bouche et des branchages à la main, tandis que des banderoles clamaient « Raila Odinga président du peuple ».

Un homme d’affaires en costume qui a demandé l’anonymat a expliqué à l’AFP que la cérémonie d’investiture avait une valeur symbolique. « Cela fait du bien au moral des gens de sentir qu’on entend leurs voix », a-t-il expliqué.

Depuis son boycottage de l’élection d’octobre, la coalition Nasa a eu pour stratégie de contester la légitimité du président Kenyatta en cherchant à créer des structures de gouvernement parallèles. Des « assemblées du peuple » se sont réunies dans certains comtés et l’investiture de M. Odinga comme « président du peuple » doit marquer l’apogée du processus.

Le centre d’analyse International Crisis Group s’est inquiété dans un communiqué que MM. Odinga et Kenyatta « jouaient un jeu dangereux » dans un pays divisé et où des violences politico-ethniques avaient fait un millier de morts après l’élection de 2007.

« Etant donné la profonde polarisation sociale et des antécédents d’affrontements violents entre la police et les manifestants, les actions des deux dirigeants risquent de se traduire par un bain de sang significatif », écrit l’ICG.

Romandie.com avec(©AFP / 30 janvier 2018 14h11)                

Kenyatta, l’héritier multi-millionnaire face au défi de la réconciliation

novembre 28, 2017

Le président kényan Uhuru Kenyatta prête serment pour un deuxième mandat à Nairobi, le 28 novembre 2017 / © AFP / YASUYOSHI CHIBA

Le président kényan Uhuru Kenyatta, l’héritier du père fondateur de la nation investi mardi pour un second mandat, devra faire oublier les circonstances controversées de sa réélection et réconcilier un pays fracturé de toutes parts.

Son score fleuve de 98,26% des voix, obtenu en raison du boycott de l’opposition, est en trompe l’oeil: seulement 7,5 millions d’électeurs sur 19,6 millions d’inscrits, ont porté leur voix sur M. Kenyatta, 56 ans, bien loin du triomphe dont il avait rêvé.

Il avait obtenu 8,2 millions lors d’un premier scrutin le 8 août, annulé par la Cour suprême pour « irrégularités », et son camp a répété à l’envi qu’il visait les 10 millions cette fois-ci. Sa légitimité pourrait se ressentir de ces chiffres décevants.

Le leader de l’ethnie kikuyu va être confronté à un défi immense: réconcilier un pays divisé sur des lignes politico-ethniques. Mais l’intransigeance dont il a fait preuve jusqu’ici ne laisse pas forcément présager qu’il en soit capable.

M. Kenyatta a refusé de s’asseoir à la même table que son vieux rival Raila Odinga, 72 ans, un Luo, qui s’est montré tout aussi hostile à l’idée de négociations. Celui-ci a boycotté le scrutin du 26 octobre, estimant qu’il ne pourrait jamais être libre et équitable, et, estimant avoir remporté la première élection du 8 août, a annoncé mardi qu’il prêterai serment à son tour comme président le 12 décembre, jour anniversaire de l’indépendance.

Le gouvernement de M. Kenyatta a laissé la police mener une répression impitoyable des manifestations de l’opposition, qui a provoqué la mort d’au moins 49 personnes depuis le 8 août, pour la plupart tuées par balle.

Après l’invalidation de la première élection, il n’avait pu cacher sa rancœur à l’égard des juges, qu’il avait qualifiés d' »escrocs ».

Le faible taux de participation (38%) est d’autant plus embarrassant que M. Kenyatta avait mené une campagne active aux quatre coins du pays, avec son vice-président William Ruto, un Kalenjin, pour vanter son bilan économique, plutôt honnête.

– Héritier dilettante –

Mais, perçu comme l’incarnation d’une élite politique corrompue et peu concernée par l’intérêt général, et contesté pour sa gestion de la crise, il n’a pu convaincre au-delà de son ethnie et de celle de M. Ruto.

Uhuru, un multi-millionnaire éduqué aux États-Unis, avait été élu président en 2013, un demi-siècle après son père Jomo Kenyatta, le premier chef d’État (1964-1978) du Kenya devenu indépendant du Royaume-Uni.

Lui et son colistier étaient alors pourtant inculpés par la Cour pénale internationale (CPI) pour leur rôle dans les violences post-électorales de 2007-2008 (plus de 1.100 morts), où Kikuyu et Kalenjin s’étaient entretués.

Mais MM. Kenyatta et Ruto ont habilement transformé cette inculpation en atout politique, se dépeignant en victimes d’un tribunal « néo-colonial ». Ils ont plus tard été exonérés, faute de preuves, après la rétractation de témoins.

Charismatique et moderne pour les uns, héritier dilettante pour les autres, M. Kenyatta a passé une bonne partie de son premier mandat à se dépêtrer des accusations de la CPI, qui avaient amené de nombreux pays occidentaux à se détourner de lui.

Après l’abandon des poursuites à son encontre fin 2014, le Kenya est redevenu fréquentable. Il a accueilli le président américain Barack Obama puis le pape François.

Mais son mandat a aussi été marqué par les attaques meurtrières des militants islamistes somaliens shebab contre le centre commercial Westgate à Nairobi en 2013 et l’université de Garissa (est) en 2015.

– Empire financier –

Uhuru (« liberté » en swahili) est né le 26 octobre 1961, quelques mois après la libération de son père, emprisonné pendant près de dix ans par le pouvoir colonial.

L’empire financier de la famille Kenyatta comprend notamment l’entreprise laitière Brookside, la banque CBA (Commercial Bank of Africa), le groupe de média Mediamax et un groupe d’hôtels de luxe.

Elle est surtout le principal propriétaire terrien du Kenya, à la tête de plus de 200.000 hectares de terres achetées par Jomo au moment de l’indépendance, via un programme critiqué de transfert foncier à bas prix.

En 2011, le magazine Forbes avait estimé la fortune d’Uhuru à 500 millions de dollars (423 millions d’euros). Proche des gens – il parle aux jeunes en argot et esquisse régulièrement quelques pas de danse -, il n’a jamais vraiment fait oublier sa réputation de fêtard et le penchant pour la bouteille qu’on lui prête.

« Les handicaps de Kenyatta sont au moins aussi importants que ses forces. Il boit trop et n’est pas un bourreau de travail », écrivait mi-2009 l’ambassadeur américain à Nairobi dans un télégramme publié par Wikileaks.

Regard alourdi par de profondes poches sous les yeux, marié et père de trois enfants, Uhuru ne doit pas son ascension à son père, mais au successeur de ce dernier, l’autocrate Daniel arap Moi (1978-2002).

Celui-ci le propulse candidat de la Kanu à la présidentielle de 2002, suscitant l’ire des caciques de l’ex-parti unique. Battu, il devient le chef de l’opposition, avant de soutenir la réélection de Mwai Kibaki à la présidentielle du 27 décembre 2007, face, déjà, à Raila Odinga.

La contestation de la courte victoire de Kibaki dégénère en tueries politico-ethniques, qui lui voudront d’être inculpé par la CPI. Il entrera ensuite dans le gouvernement de coalition formé par M. Odinga, avant de se présenter à la présidentielle de 2013.

Romandie.com avec(©AFP / 28 novembre 2017 16h13)

Validation de la réélection d’Uhuru Kenyatta: violences dans les bastions de l’opposition

novembre 20, 2017

Des partisans de Raila Odinga, lors d’une manifestation à Nairobi ce lundi 20 novembre 2017, après la validation de la victoire de Uhuru Kenyatta. © Brian Inganga/AP/SIPA

Le Cour suprême du Kenya a rejeté les deux recours demandant l’invalidation de l’élection présidentielle du 26 octobre, validant de fait la réélection du président sortant Uhuru Kenyatta. Cette annonce a été suivie de manifestations violentes dans les bastions de l’opposition. Deux personnes ont été tuées à Kibera, bidonville de Nairobi.

« La Cour a décidé à l’unanimité que les recours ne sont pas fondés, a déclaré son président, David Maraga, en rendant la décision ce 20 novembre. En conséquence, l’élection présidentielle du 26 octobre est validée et la réélection d’Uhuru Kenyatta est confirmée ». Cette décision signifie que le président sortant, âgé de 56 ans et au pouvoir depuis 2013, sera investi le 28 novembre pour un nouveau mandat de cinq ans.

Cette annonce a aussitôt été suivie de violences dans les bastions de l’opposition. Un jeune homme a été tué par balles dans le bidonville de Kibera à Nairobi, où la police est intervenue pour disperser des manifestants.

Un autre homme a été tué dans à Migori, dans le sud-ouest du pays, d’après le chef de la police locale. Selon une autre source policière, il s’agit d’un ambulancier qui était intervenu pour prêter assistance à des personnes blessées.

Après l’incident, de nombreux habitants ont commencé à se diriger vers le poste de police local, pour demander des comptes aux policiers. Sitôt l’annonce de la Cour suprême confirmée, des manifestations de faible ampleur ont eu lieu dans ces bastions de l’opposition que sont les bidonvilles de Nairobi et l’ouest du Kenya.

Bataille juridique

Les membres de la Cour suprême du Kenya, le 1er septembre 2017. © Ben Curtis/AP/SIPA

Le 1er septembre, la même Cour suprême, plus haute juridiction kényane, avait pris la décision historique sur le continent d’invalider l’élection du 8 août. Uhuru Kenyatta a remporté l’élection d’octobre avec 98% des voix. Mais sa victoire a été ternie par une faible participation (39%), le scrutin ayant été boycotté par l’opposition.

Pendant deux jours, la Cour a examiné en les fusionnant deux recours, déposés par un homme d’affaires et ancien député proche de l’opposition, John Harun Mwau, et par deux responsables d’ONG, Njonjo Mue et Khelef Khalifa.

Elle a écouté leurs avocats arguer que la Commission électorale (IEBC) aurait dû procéder à une nouvelle sélection de candidats après l’annulation de la première élection, et mettre en cause le manque d’indépendance de cet organe, incapable à leurs yeux de garantir un scrutin libre et équitable.

Ils ont en outre rappelé les propos du président de l’IEBC en personne, Wafula Chebukati, qui avait avoué, une semaine avant le scrutin, s’estimer incapable de garantir l’équité de l’élection et avait dénoncé des interférences politiques. Il avait ensuite affirmé que les conditions étaient réunies pour l’organiser.

Regain de tension

La crise politique a été marquée par des violences qui ont fait au moins 52 morts depuis le 8 août, pour la plupart dans la répression brutale des manifestations de l’opposition par la police.

Dans l’attente du jugement de la Cour suprême, la tension est encore montée d’un cran dans le pays. Trois personnes ont été tuées par balle le 17 novembre dans les manifestations de partisans de l’opposition venus accueillir Raila Odinga. Ce dernier était de retour d’une visite de 10 jours aux Etats-Unis.

Par ailleurs, ce 19 novembre, des échauffourées ont éclaté entre police et habitants d’un bidonville de Nairobi, Mathare, après la découverte de quatre cadavres gisant sur la chaussée dans leur sang.

Raila Odinga avait refusé de participer à l’élection d’octobre au motif que les conditions d’un scrutin équitable n’étaient pas réunies selon lui, et ses partisans avaient empêché la tenue du scrutin dans quatre comtés de l’ouest sur les 47 que compte le pays.

Devant la Cour suprême, les avocats d’Uhuru Kenyatta ont dénoncé ces violences orchestrées selon eux par l’opposition pour délégitimer le scrutin.

Jeuneafrique.com avec AFP

Kenya: la Commission électorale annonce la victoire d’Uhuru Kenyatta avec 98,2% des voix

octobre 30, 2017

Le président kényan Uhuru Kenyatta lors du vote pour la présidentielle, le 26 octobre à Gatundu. © Ben Curtis/AP/SIPA

 

La Commission électorale kényane a annoncé ce lundi 30 octobre la victoire d’Uhuru Kenyatta à l’élection présidentielle du 26 octobre, en dépit du fait que le scrutin n’a pas pu se tenir dans quatre comtés de l’ouest du pays, acquis à l’opposition, qui l’a boycotté.

La très contestée Commission électorale kényane (IEBC) a annoncé ce lundi le résultat de l’élection présidentielle du 26 octobre, bien que le scrutin n’ait pas pu se tenir dans quatre comtés de l’ouest du pays acquis à l’opposition, qui l’a boycotté. Uhuru Kenyatta, le président sortant, a remporté 98,26% des suffrages, soit 7,483 millions de voix. L’opposant Raila Odinga, lui, a réuni sur son nom 73 228 voix.

Avant d’annoncer les résultats définitifs, le président de la commission électorale, Wafula Chebukati a commencé son discours en demandant un moment de silence en hommage aux victimes des violences post-électorales.

Le scrutin du 26 octobre avait été organisé après un coup de théâtre, inédit en Afrique : l’annulation, le 1er septembre, par la justice de l’élection du 8 août, à l’issue de laquelle Uhuru Kenyatta avait été proclamé vainqueur face à Raila Odinga.

La Cour suprême avait justifié cette décision par des irrégularités dans la transmission des résultats, faisant peser la responsabilité de ce scrutin « ni transparent, ni vérifiable » sur la Commission électorale.

Faible participation

Raila Odinga, 72 ans et trois fois candidat malheureux à la présidence (1997, 2007, 2013), avait fait pression pour obtenir une réforme de cette Commission, mais il a jugé insuffisants les changements récemment mis en œuvre.

Raila Odinga avait appelé ses partisans à boycotter ce qu’il qualifie de « mascarade » électorale, estimant que les conditions n’étaient absolument pas réunies pour la tenue d’un scrutin transparent. Mais des bulletins à son nom étaient disponibles dans les bureaux de vote.

Le très faible taux de participation, à 38,8%, pose d’ores et déjà la question de la légitimité d’Uhuru Kenyatta. Ce taux est, de loin, le plus bas depuis les premières élections multipartites dans le pays en 1992.

Jeuneafrique.com

Kenya: violences, faible participation…la présidentielle accumule les ratés

octobre 26, 2017

Des Kényans attendent pour voter lors de la présidentielle, le 26 octobre 2017 à Kiambu / © AFP / SIMON MAINA

Boycott de l’opposition, participation en berne, au moins quatre morts dans des heurts avec la police, report du scrutin à samedi dans l’ouest: l’élection présidentielle jeudi au Kenya a connu une accumulation de ratés qui laisse augurer des lendemains difficiles.

Convoquée après une première présidentielle annulée et au terme d’une crise de deux mois qui a divisé la Nation, cette élection devrait voir le président sortant Uhuru Kenyatta, 56 ans, être largement réélu, en raison du boycott de son principal opposant, Raila Odinga, 72 ans.

Mais pour le fils de Jomo Kenyatta, le père de l’indépendance, cette réélection promise apparaît comme une victoire à la Pyrrhus. Le leader de l’ethnie kikuyu, la plus nombreuse et influente du pays, a d’ores-et-déjà perdu son pari.

Après avoir tout fait pour éviter le report de l’élection souhaité par l’opposition, il comptait sur une large mobilisation des électeurs pour se redonner un peu de légitimité démocratique. Mais lassés de l’inconséquence de leurs dirigeants, ceux-ci ont massivement boudé les urnes.

La participation était estimée à 17h00 (14H00 GMT) à 48%, en forte baisse par rapport aux 79% du scrutin présidentiel du 8 août, invalidé par la justice pour « irrégularités », a annoncé en soirée le président de la Commission électorale (IEBC), Wafula Chebukati.

M. Kenyatta, dont la réélection attendue promet d’être soumise à une multitude de recours en justice, ne semble pas avoir été capable de convaincre au-delà de ses électeurs du premier scrutin.

Quelque 19,6 millions d’inscrits étaient en théorie attendus dans les bureaux de vote. Mais les files d’attente sont restées bien maigres, dans un contraste saisissant avec l’effervescence qui avait marqué les élections générales du 8 août.

Surtout, ce nouveau scrutin, marqué par des violences dans les bastions de l’opposition entre certains de ses partisans, qui ont tenté de bloquer l’accès aux bureaux de vote, et la police, a laissé apparaître un pays profondément fracturé.

– ‘Ils nous tirent dessus’ –

Au moins quatre personnes ont été tuées par balle et des dizaines d’autres blessées, selon des sources policière et hospitalière. Trois hommes sont morts dans le bidonville de Mathare à Nairobi, et les villes de Kisumu et Homa Bay, dans l’ouest. La police a précisé en soirée qu’une autre personne avait succombé à une blessure à une jambe à Kisumu.

Au moins 87% des 40.883 bureaux de vote ont ouvert, selon le chef de l’IEBC. Mais dans l’ouest, la plupart sont restés fermés, le matériel électoral n’ayant pu être acheminé et les agents électoraux craignant pour leur sécurité.

Cette situation a incité la Commission électorale à reporter le scrutin à samedi dans quatre des 47 comtés du pays (Homa Bay, Kisumu, Migori et Siaya), tous situés dans l’ouest et majoritairement peuplés par l’ethnie luo de M.Odinga.

Les mêmes difficultés risquent toutefois de se répéter samedi. « Je déclare une semaine de deuil et nous ne participerons pas à une élection si nous sommes en deuil », a ainsi lancé le gouverneur du comté de Kisumu, Anyang’ Nyong’o.

M. Odinga avait appelé ses partisans à rester « chez eux ». Mais tous n’ont pas respecté cette consigne. A Kisumu, les manifestants ont érigé très tôt des barricades, où ils faisaient brûler des pneus. En fin d’après-midi, la ville et ses alentours étaient quadrillés de dizaines de barrages.

La police a fait un usage régulier de gaz lacrymogène et parfois tiré en l’air pour disperser ces groupes. Les mêmes scènes se sont répétées à Siaya et Homa Bay, et dans des bidonvilles de Nairobi, Kibera et Mathare.

« C’est fou, ils nous tirent dessus. Nous manifestons et ils nous tirent dessus. De quel genre de pays s’agit-il? », a déclaré à l’AFP Samuel Okot, 20 ans, venu dans un hôpital de Kisumu avec son ami Joseph Ouma, blessé par balle à un genou.

– ‘Mouvement de résistance’ –

Le calme a régné dans le reste du pays, placé sous très haute sécurité après des semaines de climat politique délétère. Au moins 44 personnes ont été tuées depuis le 8 août, la plupart dans la répression des manifestations par la police.

Ce nouveau scrutin était organisé après l’annulation le 1er septembre par la Cour suprême de l’élection du 8 août, à l’issue de laquelle M. Kenyatta avait été proclamé vainqueur avec 54,27% des voix, contre 44,74% à M. Odinga.

La Cour avait justifié cette décision – une première en Afrique – par des irrégularités dans la transmission des résultats, faisant peser la responsabilité de ce scrutin « ni transparent, ni vérifiable » sur l’IEBC.

Galvanisé par ce jugement, M. Odinga, déjà trois fois candidat malheureux à la présidence (1997, 2007, 2013), a fait pression pour obtenir une réforme de cette Commission. Mais si l’IEBC a entrepris quelques timides changements, l’opposition estime qu’elle reste acquise au pouvoir.

M. Chebukati avait lui-même accrédité cette idée la semaine passée en admettant qu’il ne pensait pas l’IEBC en mesure de garantir un scrutin crédible.

Dénonçant la « dictature » qui s’est abattue sur le Kenya, Raila Odinga avait appelé de ses voeux mercredi la création d’un « Mouvement national de résistance » contre « l’autorité illégitime du gouvernement ». Ce jour d’élection pourrait avoir marqué le lancement de ce mouvement.

Cette crise, la pire depuis les violences politico-ethniques de 2007-2008 (au moins 1.100 morts), a remis en lumière les profondes divisions sociales, géographiques et ethniques qui traversent le Kenya et ses 48 millions d’habitants.

Romandie.com avec(©AFP / 26 octobre 2017 22h19)

Kenya: incertitude à deux jours d’une élection boycottée par l’opposition

octobre 24, 2017

Le président kenyan Uhuru Kenyatta et son vice-président William Ruto arrivent à un meeting électoral le 23 octobre 017 à Nairobi / © AFP / SIMON MAINA

Les Kényans sont à nouveau appelés aux urnes jeudi pour une présidentielle à hauts risques, en raison du boycott annoncé par l’opposition et de l’organisation dans la hâte du scrutin après l’invalidation en justice de la réélection du chef de l’Etat Uhuru Kenyatta.

Dans un climat politique délétère, marqué par de nombreuses manifestations de l’opposition implacablement réprimées par la police, la Commission électorale (IEBC) assure être prête d’un point de vue technique et logistique, après avoir été accablée par la Cour suprême pour sa gestion du scrutin invalidé.

Mais son président Wafula Chebukati, de plus en plus isolé au sein de la commission, a publiquement émis des doutes sur sa capacité à garantir la crédibilité du scrutin.

Parallèlement, les appels se multiplient en faveur d’un report de l’élection au-delà de la date limite du 31 octobre, prévue par la Constitution. Mardi, la Cour suprême a convoqué en urgence une audience mercredi matin, après avoir été saisie par trois militants des droits de l’homme qui souhaitent un report pouvant aller jusqu’à 90 jours.

Cette période d’incertitude et de tension, qui affecte durement l’économie la plus dynamique d’Afrique de l’Est, avait paradoxalement débuté par une décision historique de cette même Cour suprême, le 1er septembre. Saisie par l’opposition, elle évoque alors des irrégularités dans la transmission des résultats et invalide contre toute attente la présidentielle du 8 août, une première en Afrique.

Le jugement est salué comme une opportunité pour les politiciens kényans de renforcer la démocratie, mais ces derniers n’auront finalement redoublé d’efforts que dans leurs invectives, faisant sonner bien creux leurs appels à la paix.

– Au moins 40 morts –

L’IEBC a depuis entrepris certaines réformes, mais l’opposition estime que l’institution est toujours partiale et majoritairement acquise au parti au pouvoir. Dans ces conditions, l’opposant Raila Odinga, 72 ans, a annoncé le 10 octobre son retrait de l’élection, sans pour autant le formaliser.

L’opposition a depuis envoyé des messages contradictoires sur la marche à suivre le jour du scrutin, qu’elle a promis de communiquer en temps utile à ses partisans.

En attendant, elle a organisé de nouvelles manifestations mardi, malgré une interdiction du ministre de l’Intérieur.

A Kisumu, un des bastions de M. Odinga, quelque 2.000 manifestants ont défilé dans le centre-ville avant que n’éclatent des échauffourées avec la police dans le principal bidonville de la cité. A Nairobi, quelques centaines de personnes ont été dispersées au gaz lacrymogène.

Au moins 40 personnes ont été tuées depuis le 8 août, la plupart dans la répression brutale des manifestations par la police dans des bastions de l’opposition, selon les organisations de défense des droits de l’homme.

Après s’en être pris verbalement aux juges de la Cour suprême, qualifiés d' »escrocs », Uhuru Kenyatta, 55 ans, n’a lui cessé de répéter que le scrutin devait avoir lieu le 26.

Son gouvernement a également entrepris d’amender la loi électorale dans l’urgence, officiellement pour corriger les erreurs évoquées par la Cour suprême. Mais l’opposition estime que les amendements offrent de nombreuses possibilités pour truquer l’élection.

Le texte, adopté par le parlement, n’a pas encore été signé par le président Kenyatta, enjoint par la communauté internationale de s’en abstenir.

– ‘Avide de pouvoir’ –

Mardi, le quotidien Daily Nation a une nouvelle fois appelé les responsables politiques « à la raison ». « Le Kenya est un acteur crucial du commerce régional et un membre respecté de la communauté des nations, et cela ne doit pas être souillé par des politiciens avides de pouvoir », a prié le journal dans son éditorial.

Lundi, vingt ambassadeurs occidentaux avaient eux parlé d’une voix pour dénoncer la « détérioration de l’environnement politique » kényan.

Car dans un pays où le vote se joue plus sur des sentiments d’appartenance ethnique et géographique que sur des programmes, cette crise politique a une nouvelle fois mis en lumière les profondes divisions sociales, géographiques et ethniques qui traversent le Kenya et ses quelque 48 millions d’habitants.

M. Odinga, déjà trois fois candidat malheureux à la présidence (1997, 2007, 2013), plaide pour l’organisation d’un tout nouveau processus électoral. Selon lui, l’élection de jeudi se résumera à un « sondage d’opinion » au sein du parti au pouvoir.

Le centre d’analyse International Crisis Group (ICG) estime lui qu’un report « aiderait à éviter une crise au Kenya », dix ans après les pires violences post-électorales de l’histoire du pays (1.100 morts). « Les institutions et les dirigeants politiques devraient envisager un court report, et de son côté, Odinga devrait s’engager à participer », dit-il.

Romandie.com avec(©AFP / 24 octobre 2017 19h34)                

Kenya: Raila Odinga se retire de la présidentielle

octobre 10, 2017
Raila Odinga, leader de l’opposition kényane. © Sven Torfinn/PANOS-REA

Raila Odinga a annoncé le retrait de sa candidature à l’élection présidentielle prévue le 26 octobre prochain au Kenya. L’opposant a expliqué avoir pris cette décision « dans l’intérêt des Kényans ».

Raila Odinga a annoncé ce retrait surprise lors d’une conférence de presse ce mardi 10 octobre. « Dans l’intérêt des Kényans, de la région et plus largement du monde, nous estimons que le mieux sera que la National Super Alliance (la Nasa, coalition de l’opposition, ndlr) soit absente de l’élection présidentielle prévue pour le 26 octobre 2017 », a-t-il déclaré.

Le 1er septembre dernier, la Cour suprême kényane avait invalidé les résultats de l’élection présidentielle du 8 août ayant donné Uhuru Kenyatta vainqueur et exigé l’organisation d’un nouveau scrutin. Ces résultats, délivrés par la Commission électorale indépendante (IEBC), donnaient gagnant Uhuru Kenyatta dès le premier tour avec 54,27% des suffrages, contre 44,74% pour Odinga.

Raila Odinga et ses partisans avaient remis en cause ces résultats dès leur proclamation. « Nous sommes arrivés à la conclusion que l’IEBC n’a pas l’intention d’entreprendre les changements au niveau de ses opérations et de son personnel pour garantir que les illégalités et irrégularités qui ont conduit à l’invalidation du scrutin du 8 août ne se reproduisent pas », a-t-il martelé ce mardi en annonçant son retrait.

Jeuneafrique.com avec AFP